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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Pesticides : le diagnostic n'est pas fait</title>
		<link>https://www.ababord.org/Pesticides-le-diagnostic-n-est-pas-fait</link>
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		<dc:date>2023-02-17T02:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>B&#233;atrice Landry-Belleau, Louis Robert</dc:creator>


		<dc:subject>Robert, Louis</dc:subject>
		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Biotechnologies et OGM</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Landry-Belleau, B&#233;atrice</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Longtemps, l'agriculture qu&#233;b&#233;coise s'est d&#233;velopp&#233;e sans que les citoyen&#183;ne&#183;s n'aient un mot &#224; dire, notamment parce que les autorit&#233;s s'en remettaient aux organisations directement concern&#233;es, fonctionnant pour la plupart en vase clos, mais aussi par manque d'int&#233;r&#234;t de la part de la soci&#233;t&#233; civile. &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, l'agriculture est un bien public, mais des d&#233;cennies de sous-traitance jalonn&#233;es de d&#233;cisions politiques aux vis&#233;es &#233;conomiques lib&#233;rales ont produit une agriculture qui ne ressemble (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Cultiver-la-resistance-agricole-" rel="directory"&gt;Dossier : Cultiver la r&#233;sistance agricole&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Biotechnologies-et-OGM-+" rel="tag"&gt;Biotechnologies et OGM&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Landry-Belleau-Beatrice-+" rel="tag"&gt;Landry-Belleau, B&#233;atrice&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Longtemps, l'agriculture qu&#233;b&#233;coise s'est d&#233;velopp&#233;e sans que les citoyen&#183;ne&#183;s n'aient un mot &#224; dire, notamment parce que les autorit&#233;s s'en remettaient aux organisations directement concern&#233;es, fonctionnant pour la plupart en vase clos, mais aussi par manque d'int&#233;r&#234;t de la part de la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Or, l'agriculture est un bien public, mais des d&#233;cennies de sous-traitance jalonn&#233;es de d&#233;cisions politiques aux vis&#233;es &#233;conomiques lib&#233;rales ont produit une agriculture qui ne ressemble gu&#232;re au type d'agriculture souhait&#233;e par la population. Jusqu'&#224; maintenant, les enjeux agricoles n'occupaient pas l'avant-sc&#232;ne des campagnes &#233;lectorales et l'id&#233;ologie dominante chez les d&#233;cideur&#183;euse&#183;s, peu importe le parti au pouvoir, se traduisait entre autres par une gestion de l'agriculture de type &#171; partenariat public-priv&#233; &#187;. L'agriculture &#233;tait consid&#233;r&#233;e principalement comme un moteur de d&#233;veloppement &#8211; un mot dont le sens est compl&#232;tement perverti &#8211; &#233;conomique traditionnel, soumis aux dictats d'industriels et de commer&#231;ants. Or, cette fa&#231;on de faire a conduit &#224; des abus. Le d&#233;veloppement durable en agriculture est un de ces enjeux dont les implications sociales, environnementales et m&#234;me &#233;conomiques interdisent les compromis et compromissions avec les int&#233;r&#234;ts commerciaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'ing&#233;rence aux conflits d'int&#233;r&#234;ts&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la d&#233;termination des recommandations pour la fertilisation min&#233;rale des cultures &#233;tait, jusqu'en 2020, confi&#233;e &#224; un comit&#233; o&#249; les compagnies d'engrais &#233;taient bien repr&#233;sent&#233;es et pesaient lourd. Il s'agit d'une situation unique en Am&#233;rique du Nord. Faisant fi de son propre code de d&#233;ontologie, l'Ordre des agronomes (OAQ) qui, comme tous les ordres professionnels, a pour mission la d&#233;fense de l'int&#233;r&#234;t public, permettait aux agronomes des compagnies priv&#233;es d'y si&#233;ger. L'OAQ &#233;laborait m&#234;me ses positions autant sur les OGM que sur les pesticides en formant des groupes de travail o&#249; il invitait des agronomes &#224; l'emploi des soci&#233;t&#233;s impliqu&#233;es dans le commerce de ces intrants. Sous pr&#233;texte de s'assurer de l'arrimage des orientations de recherche avec les besoins de l'industrie agricole, on a remis le contr&#244;le de centres de recherche, comme le Centre de recherche sur les grains (C&#201;ROM), &#224; des administrateurs et administratrices dont la comp&#233;tence dans le domaine de la recherche c&#233;dait le pas aux int&#233;r&#234;ts des organisations qu'ils et elles repr&#233;sentaient, notamment Sollio Agriculture (principal distributeur de pesticides au Qu&#233;bec) et la f&#233;d&#233;ration sp&#233;cialis&#233;e de l'UPA &#171; Les Producteurs de grains du Qu&#233;bec &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;duction des pesticides : trente ans d'&#233;checs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cela peut en surprendre plusieurs, mais il y a longtemps que les professionnel&#183;le&#183;s du MAPAQ travaillent &#224; r&#233;duire l'usage des pesticides. Le MAPAQ et l'UPA s'&#233;taient entendues d&#232;s 1992 (!) pour s'engager &#224; r&#233;duire de 50 % l'usage de pesticides pour l'an 2000 dans le cadre de ce qui &#233;tait connu alors sous le vocable de &#171; Strat&#233;gie phytosanitaire &#187;. &#201;chec apr&#232;s &#233;chec, les m&#234;mes &#171; partenaires &#187; ont r&#233;cidiv&#233; lors de trois moutures successives de ces plans de r&#233;duction, sans qu'aucun effort de diagnostic aussi minime soit-il n'ait &#233;t&#233; fait pour comprendre ce qui faisait d&#233;faut. Apr&#232;s 30 ans, aucune r&#233;duction n'a &#233;t&#233; atteinte. Le manque de ressources et surtout de ressources humaines pour faire conna&#238;tre et adopter des m&#233;thodes alternatives aux pesticides, de m&#234;me que les nombreuses ing&#233;rences des int&#233;r&#234;ts commerciaux et corporatistes autant en recherche qu'en service-conseil (c'est-&#224;-dire dans tout ce qui est en amont de la d&#233;termination des besoins du producteur) sont les deux principales causes de ces &#233;checs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me la fameuse &#171; Commission sur les pesticides &#187;, dot&#233;e d'un mandat d'initiative de la Commission de l'agriculture, des p&#234;cheries, de l'&#233;nergie et des ressources naturelles (CAPERN), qui devait enfin apporter un &#233;clairage int&#232;gre sur la question, a &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations de lobbying, notamment de la part de Sollio Agriculture. On en atteint un point o&#249; des recommandations semblent sorties de nulle part, comme celle qui favorise une implication plus grande encore de l'industrie dans la recherche d'int&#233;r&#234;t public sur les pesticides, &#224; contresens des m&#233;moires d&#233;pos&#233;s. C'est ce qui m'a fait dire, en m'adressant entre autres aux groupes de pression environnementaux : &#224; quoi bon s'en prendre &#224; Sant&#233; Canada, qui est charg&#233;e de l'homologation des pesticides, et aux Monsanto et Bayer de ce monde, si on n'est pas aptes &#224; mettre de l'ordre dans notre propre cuisine ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Louis Robert est agronome et auteur de Pour le bien de la terre, paru en 2021 aux &#233;ditions MultiMondes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Biodiversit&#233;. L'offensive de la biologie de synth&#232;se</title>
		<link>https://www.ababord.org/Biodiversite-L-offensive-de-la-biologie-de-synthese</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Biodiversite-L-offensive-de-la-biologie-de-synthese</guid>
		<dc:date>2023-01-03T16:16:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Rogel</dc:creator>


		<dc:subject>Rogel, Jean-Pierre</dc:subject>
		<dc:subject>Biotechnologies et OGM</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Recherche scientifique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La nouvelle ing&#233;nierie du vivant propose des solutions &#224; l'&#233;rosion rapide de la biodiversit&#233;&#8230; &#224; quels risques, et au profit de qui ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Si nous en avons la possibilit&#233;, faut-il pour autant utiliser les nouveaux outils de l'ing&#233;nierie g&#233;n&#233;tique pour pr&#233;server &#8212; voire restaurer &#8212; la biodiversit&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a une quinzaine d'ann&#233;es, la question ne se posait m&#234;me pas. Des manipulations g&#233;n&#233;tiques permettaient de fabriquer des organismes g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s (OGM) essentiellement destin&#233;s &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Recherche-scientifique-+" rel="tag"&gt;Recherche scientifique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/73456.png?1672762484' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;781&#034; height=&#034;604&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La nouvelle ing&#233;nierie du vivant propose des solutions &#224; l'&#233;rosion rapide de la biodiversit&#233;&#8230; &#224; quels risques, et au profit de qui ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si nous en avons la possibilit&#233;, faut-il pour autant utiliser les nouveaux outils de l'ing&#233;nierie g&#233;n&#233;tique pour pr&#233;server &#8212; voire restaurer &#8212; la biodiversit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une quinzaine d'ann&#233;es, la question ne se posait m&#234;me pas. Des manipulations g&#233;n&#233;tiques permettaient de fabriquer des organismes g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s (OGM) essentiellement destin&#233;s &#224; l'agriculture. L'insertion de g&#232;nes de bact&#233;ries dans le g&#233;nome de plantes cultiv&#233;es les rendait r&#233;sistantes &#224; des pathog&#232;nes ou leur conf&#233;rait une croissance plus rapide, ou encore une plus grande r&#233;sistance &#224; la s&#233;cheresse ou au gel. On les semait dans des champs, ce qui &#233;tait d&#233;j&#224; probl&#233;matique, car on risquait de contaminer les cultures des champs voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des incertitudes scientifiques et de la question de s&#233;curit&#233; des aliments, ces OGM dits de premi&#232;re g&#233;n&#233;ration ont soulev&#233;, d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque, d'importantes questions &#233;thiques et sociales : qui les propose, qui en profite, selon quelles r&#232;gles de partage dans les r&#233;gimes de brevets, quels sont les impacts sur l'agriculture traditionnelle, sur les semences des agriculteurs (notamment des pays les plus pauvres) et sur l'avenir du monde agricole ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;CRISPR, la nouvelle &#233;dition g&#233;nomique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il existe cependant un tout nouveau contexte. Il est d&#233;sormais possible de faire de l'&#233;dition g&#233;nomique, c'est-&#224;-dire d'ajouter ou d'&#233;liminer un ou plusieurs g&#232;nes dans une esp&#232;ce donn&#233;e. La cl&#233; est la ma&#238;trise d'un syst&#232;me nomm&#233; CRISPR (d'un acronyme anglais plut&#244;t compliqu&#233;, prononc&#233; &#171; crisp&#232;re &#187; en fran&#231;ais), un m&#233;canisme naturel de d&#233;fense utilis&#233; par les bact&#233;ries. Lorsqu'elles sont attaqu&#233;es par un virus inconnu, elles d&#233;coupent l'ADN de ce virus et en conservent des morceaux en m&#233;moire. Quand elles sont de nouveau attaqu&#233;es par le virus, elles reconnaissent son ADN et d&#233;clenchent l'intervention d'un ciseau mol&#233;culaire, Cas9, qui d&#233;truit le virus. En 2012, plusieurs &#233;quipes ont adapt&#233; le principe aux cellules animales et d&#233;velopp&#233; des syst&#232;mes CRISPR/Cas9 pouvant &#234;tre programm&#233;s pour cibler n'importe quel g&#232;ne. Cette r&#233;volution biotechnologique a d'ailleurs valu le prix Nobel de chimie 2020 aux deux chercheuses qui ont d&#233;couvert CRISPR/Cas9.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est aussi possible de jumeler ce syst&#232;me &#224; ce qu'on appelle le for&#231;age g&#233;n&#233;tique ou genedrive. C'est une astuce pour contourner une des lois de l'h&#233;r&#233;dit&#233;, d&#233;couvertes par Gregor Mendel, selon laquelle chez les esp&#232;ces sexu&#233;es, les g&#232;nes transmis lors de la reproduction proviennent &#224; 50 % d'une femelle et l'autre moiti&#233; d'un m&#226;le. On introduit un fragment d'ADN qui oblige un g&#232;ne s&#233;lectionn&#233; &#224; se transmettre quasi syst&#233;matiquement &#224; sa descendance. Une population enti&#232;re peut ainsi h&#233;riter d'un g&#232;ne modifi&#233; en une dizaine de g&#233;n&#233;rations. La premi&#232;re d&#233;monstration r&#233;ussie de for&#231;age g&#233;n&#233;tique a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e en 2015 sur des mouches drosophiles &#224; qui on a rendu les yeux blancs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Nouveaux OGM, nouveaux risques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est en sant&#233; humaine que CRISPR/Cas9 suscite le plus d'int&#233;r&#234;t. Si la technique peut d&#233;boucher sur des pistes pour gu&#233;rir certaines maladies h&#233;r&#233;ditaires d&#233;g&#233;n&#233;ratives, elle rend aussi plus accessible la modification du g&#233;nome des cellules germinales et de l'embryon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En agriculture, cette technique permet de mettre au point de nouveaux v&#233;g&#233;taux OGM plus cibl&#233;s. Mais c'est du c&#244;t&#233; de l'environnement qu'il y a du neuf, dans le contexte de la crise de la biodiversit&#233;. Un article publi&#233; en f&#233;vrier 2017 dans la revue &lt;em&gt;Trends in Ecology and Evolution&lt;/em&gt; pr&#233;sente quelques applications envisag&#233;es : transfert de g&#232;nes de r&#233;sistance au syndrome du museau blanc chez les chauves-souris ; transfert de g&#232;nes de tol&#233;rance &#224; la chaleur et &#224; l'acidit&#233; aux coraux ; &#233;limination des populations de chiens ou de chats sauvages sans poison ou euthanasie, en produisant des populations programm&#233;es pour &#234;tre st&#233;riles. Mais c'est un autre projet qui capte l'attention du public, celui du consortium Target Malaria. Financ&#233; principalement par la Fondation Bill et Melinda Gates, il vise &#224; &#233;radiquer les moustiques porteurs du parasite causant le paludisme. Une de leurs &#233;quipes a r&#233;ussi &#224; modifier par for&#231;age les g&#232;nes de moustiques pour que leurs descendants ne soient plus que des m&#226;les ; une autre travaille sur une alternative, rendre les femelles st&#233;riles. Il faudra ensuite diss&#233;miner ces moustiques OGM dans l'environnement pour qu'ils se m&#233;langent aux moustiques sauvages et, en perturbant la reproduction, finissent par causer leur disparition. Target Malaria sert de phare &#224; la biologie de synth&#232;se. Pr&#233;sentant des enjeux moraux sup&#233;rieurs (une grave maladie humaine causant 400 000 d&#233;c&#232;s par an, la possibilit&#233; de la vaincre), il recueille beaucoup d'appuis. S'il doit &#234;tre &#233;valu&#233; sous l'angle classique des b&#233;n&#233;fices et des risques en sant&#233; humaine, il doit aussi l'&#234;tre sous l'angle des b&#233;n&#233;fices et des risques pour l'environnement. Par exemple, un agent pathog&#232;ne combattu par for&#231;age g&#233;n&#233;tique peut-il trouver un nouvel h&#244;te ? Un g&#232;ne forc&#233; peut-il &#234;tre transmis &#224; d'autres esp&#232;ces ? Comment tenir compte des risques de d&#233;tournement de ces techniques pour fabriquer des moustiques qui serviraient d'armes de guerre ou de bioterrorisme ? Derri&#232;re ces questions scientifiques, se profilent aussi des questions &#233;thico-sociales, comme celle du consentement des populations sur lesquelles les tests seront faits (Target Malaria veut r&#233;aliser ses tests en nature au Burkina Faso) et des cons&#233;quences sur la vie de ces populations.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un peu de r&#233;surrection, avec &#231;a ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;CRISPR/Cas9 a commenc&#233; &#224; faire l'objet d'&#233;valuations sur ses applications en sant&#233; humaine, mais pas sur les applications en environnement. Quelques comit&#233;s d'&#233;thique se sont pench&#233;s sur la question, aux &#201;tats-Unis, en France, en Grande-Bretagne et en Suisse, mais pas au Canada. Quoi qu'il en soit, nous sommes tr&#232;s loin d'un consensus et les &#233;valuations devront se poursuivre. Cependant, l'offensive de la biologie de synth&#232;se est en marche, certain&#183;e&#183;s chercheur&#183;se&#183;s appuy&#233;&#183;e&#183;s par l'industrie des biotechnologies menant une campagne pour convaincre le grand public et les pouvoirs politiques, y compris sur un sujet sur lequel la science est balbutiante, mais qui fait r&#234;ver certains : la recr&#233;ation d'animaux disparus afin, dit-on, de &#171; sauver la biodiversit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En anglais, on utilise le terme &lt;em&gt;de-extinction&lt;/em&gt; pour d&#233;signer la reconstruction g&#233;n&#233;tique d'animaux d'esp&#232;ces &#233;teintes. Dans le langage de certains m&#233;dias, on n'h&#233;site pas &#224; parler de r&#233;surrection d'esp&#232;ces, un choix de mots qui n'est pas anodin. Un groupe de chercheur&#183;se&#183;s de plusieurs pays, r&#233;uni&#183;e&#183;s dans l'organisme Revive and Restore, est au c&#339;ur d'une machine de propagande bien huil&#233;e. Lanc&#233; par la fondation priv&#233;e am&#233;ricaine Long Now, ce projet pr&#233;sente ainsi sa mission : &#171; &lt;em&gt;Genetic Rescue to Enhance Biodiversity&lt;/em&gt; &#187;. Ses chercheur&#183;se&#183;s proposent de ressusciter le furet &#224; pattes noires et le crabe limule de l'Atlantique, deux animaux non disparus, mais selon eux tr&#232;s menac&#233;s (ce qui est faux dans le cas du limule). Revive and Restore pr&#233;sente aussi trois projets de reconstruction g&#233;n&#233;tique d'animaux disparus : le pigeon migrateur am&#233;ricain, un coq des Prairies qui r&#233;pond au joli nom de &lt;em&gt;Tympanuchus cupido cupido&lt;/em&gt;, et&#8230; le mammouth laineux. Oui, la grosse b&#234;te pr&#233;historique. &#192; partir de quoi, pourquoi et pour le mettre o&#249; ? R&#233;ponse courte : &#224; partir d'&#233;l&#233;phants d'Asie, pour mieux prot&#233;ger cette esp&#232;ce, et pour r&#233;introduire les mammouths dans la steppe sib&#233;rienne. Ce qui, &#224; l'&#233;vidence, pose d'&#233;normes questions &#233;thiques, sociales, &#233;conomiques et environnementales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le ma&#238;tre-mot du laboratoire du Massachusetts Institute of Technology (MIT) consacr&#233; &#224; ces approches, la d&#233;marche g&#233;n&#233;rale est de &#171; sculpter l'&#233;volution &#187;. Ou encore, de &#171; modeler le vivant &#187;. Mais proposer l'extinction d&#233;lib&#233;r&#233;e d'esp&#232;ces et la reconstruction d'esp&#232;ces &#233;teintes comme outils de gestion de la nature repr&#233;sente un pas d&#233;cisif jamais franchi jusqu'ici. Dans le pass&#233;, l'humain est certes intervenu sur le vivant en cr&#233;ant des races animales domestiques et des vari&#233;t&#233;s v&#233;g&#233;tales, mais ces actions ne visaient pas &#224; modifier le patrimoine g&#233;n&#233;tique et l'avenir des esp&#232;ces consid&#233;r&#233;es. Il semblerait normal qu'au minimum on s'interroge sur cette volont&#233; d'imposer un pouvoir moral si total sur des individus, des populations humaines et des esp&#232;ces non humaines. C'est un seuil &#233;thique important qu'on ne saurait franchir sans un d&#233;bat approfondi et une certaine dose de restreinte.Face &#224; cette situation, le refus &#233;thique de sculpter la nature ou de &#171; modeler &#224; volont&#233; le vivant &#187; est l&#233;gitime et fort. Il est porteur d'une affirmation de respect pour tous les &#234;tres vivants et d'une vision responsable de la conservation. L'&#234;tre humain peut &#234;tre un gardien bienveillant de la biodiversit&#233; ; il n'en est pas le ma&#238;tre d&#233;cidant du cours des choses. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jean-Pierre Rogel est journaliste scientifique et auteur d'un essai sur la biodiversit&#233; : &lt;i&gt;La plan&#232;te du h&#233;ron bleu&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, &#201;ditions La Presse, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Anne-Laure Jean&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;thanol et terre agricole : la pression est d&#233;j&#224; l&#224; avec les m&#233;gaporcheries !</title>
		<link>https://www.ababord.org/Ethanol-et-terre-agricole-la-pression-est-deja-la-avec-les-megaporcheries</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Ethanol-et-terre-agricole-la-pression-est-deja-la-avec-les-megaporcheries</guid>
		<dc:date>2021-06-11T16:13:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Avignon</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Biotechnologies et OGM</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Manchette</dc:subject>
		<dc:subject>Avignon, Pierre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Si on fait du ma&#239;s pour de l'&#233;thanol, on va nourrir les autos, pas les humains &#187; affirmait le porte-parole du Regroupement vigilance hydrocarbure Qu&#233;bec dans un article fort pertinent d'Alexis Riopel publi&#233; dans Le Devoir. On y apprenait notamment qu'il faudrait utiliser la totalit&#233; des terres utilis&#233;es pour le ma&#239;s-grain afin d'atteindre les cibles dans ce domaine. Pour mener &#224; bien les r&#233;flexions sur cet enjeu, il est n&#233;cessaire de revenir sur l'utilisation actuelle des terres agricoles. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3149.jpg?1642092260' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;640&#034; height=&#034;480&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Si on fait du ma&#239;s pour de l'&#233;thanol, on va nourrir les autos, pas les humains&lt;/i&gt; &#187; affirmait le porte-parole du Regroupement vigilance hydrocarbure Qu&#233;bec dans un &lt;a href=&#034;https://www.ledevoir.com/societe/environnement/608421/agriculture-l-ethanol-va-exercer-une-pression-enorme-sur-le-secteur-agricole&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article fort pertinent&lt;/a&gt; d'Alexis Riopel publi&#233; dans &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;. On y apprenait notamment qu'il faudrait utiliser la totalit&#233; des terres utilis&#233;es pour le ma&#239;s-grain afin d'atteindre les cibles dans ce domaine. Pour mener &#224; bien les r&#233;flexions sur cet enjeu, il est n&#233;cessaire de revenir sur l'utilisation actuelle des terres agricoles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; On pouvait en effet lire dans un article r&#233;cent sign&#233; par Patrick Mundler de l'Universit&#233; Laval et publi&#233; dans la revue &lt;em&gt;Relations&lt;/em&gt; qu'actuellement la moiti&#233; des terres agricoles est utilis&#233;e pour les grandes cultures, dont 73 % pour le ma&#239;s et le soya, afin de nourrir des animaux. Le Qu&#233;bec produit quant &#224; lui moins de 10 % de ses besoins en l&#233;gumineuse et c&#233;r&#233;ales destin&#233;es aux besoins humains. Le chercheur affirme &#233;galement que : &#171; &lt;em&gt;Notre production nourrit nos cochons, mais ne nous permet pas de faire notre pain &lt;/em&gt; &#187;. En d'autres termes, les millions de porcs dont 70% de la production est export&#233;e et en partie subventionn&#233;e par les fonds publics mettent d&#233;j&#224; une pression &#233;norme sur nos terres agricoles !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Or, ces productions appartiennent &#224; ce que l'on appelle des int&#233;grateurs industriels qui sous-traitent toute la production &#224; des &#233;leveurs devenus employ&#233;s (quand ce n'est pas g&#233;r&#233; par des machines) puis privatisent leur profit, mais partagent publiquement les pertes c'est-&#224;-dire l'effet de cette production sur l'environnement. Sur cet aspect, l'agronome et lanceur d'alerte Louis Robert &lt;a href=&#034;https://www.latribune.ca/actualites/porcherie-a-maricourt-les-craintes-des-citoyens-confirmees-68bed20da067bf65e622d6caead94dfe&#034;&gt;vient d'appuyer un groupe citoyen&lt;/a&gt; oppos&#233; &#224; la multiplication des m&#233;gaporcheries dans leur milieu. Pour l'expert, les normes sur lesquelles se base le minist&#232;re de l'Environnement pour d&#233;livrer une autorisation ne permettent pas d'assurer la protection des cours d'eau. Il affirme ainsi que : &#171; &lt;em&gt;La terre est comme une &#233;ponge. Lorsqu'elle a trop absorb&#233; d'eau, l'&#233;ponge commence &#224; fuir. C'est la m&#234;me chose avec le sol : en ajoutant du phosphore ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, le sol devient satur&#233;&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; l'absence de normes ad&#233;quates s'ajoute un autre &#233;l&#233;ment mis de l'avant par monsieur Robert soit l'influence trop importante des entreprises priv&#233;es dans le comit&#233; qui d&#233;terminait les recommandations de fertilisation. Nous nous retrouvons aujourd'hui avec des normes li&#233;es au phosphore trois fois plus permissive qu'en Ontario par exemple. Nous retrouvons &#233;galement avec un cercle vicieux dans l'industrie porcine : importation d'engrais non n&#233;cessaires pour nourrir des porcs qui seront export&#233;s mais qui vont ajouter du phosphore &#224; nos terres d&#233;j&#224; satur&#233;es. Pour mettre fin &#224; cela, l'agronome propose de revoir les normes et les pratiques en utilisant plus judicieusement le lisier ce qui permettrait de r&#233;duire les importations d'engrais par la m&#234;me occasion. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Afin d'assurer un d&#233;bat coh&#233;rent sur l'utilisation des terres agricoles, la demande du regroupement citoyen du Val-Saint-Fran&#231;ois aupr&#232;s du ministre de l'Environnement monsieur Beno&#238;t Charrette afin de d&#233;clencher un BAPE sur la multiplication des &#233;levages porcins dans la r&#233;gion prend tout son sens. Depuis moins d'un an, quatre projets ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;s. Alors que la limite d'un &#233;levage pour exiger un BAPE est de 4000 porcs, trois de ces projets ont effectu&#233; une demande &#224; 3996. &#201;tant donn&#233; que ces projets viennent d'int&#233;grateurs, on peut rappeler un vieux principe de droit selon lequel : on ne peut faire indirectement ce que la loi interdit directement. &#192; l'heure de la volont&#233; exprim&#233;e visant l'autonomie alimentaire, de la transition &#233;nerg&#233;tique &#224; effectuer et de la n&#233;cessaire relance &#233;conomique, les privil&#232;ges accord&#233;s &#224; l'industrie contre nos territoires agricoles doivent prendre fin. Le sujet ayant &#233;t&#233; port&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale la semaine derni&#232;re d&#233;montre l'importance de cet enjeu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Pierre Avignon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Agro&#233;cologie 101</title>
		<link>https://www.ababord.org/Agroecologie-101</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Agroecologie-101</guid>
		<dc:date>2020-03-21T19:54:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Caroline Halde</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Biotechnologies et OGM</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Caroline Halde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lorsqu'on pense &#224; la transition &#233;cologique, les domaines des transports et de l'&#233;nergie sont souvent aux premiers rangs des consid&#233;rations citoyennes. Cependant, le domaine de l'alimentation (par cons&#233;quent l'agriculture) vous am&#232;ne &#224; faire des choix de consommation 3 fois par jour, 365 jours par ann&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; La simple question du choix de fruits pour vos c&#233;r&#233;ales matinales (bleuets du Lac-Saint-Jean cultiv&#233;s de fa&#231;on conventionnelle ou des bananes certifi&#233;es &#233;quitables produites en &#201;quateur) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Caroline-Halde-+" rel="tag"&gt;Caroline Halde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lorsqu'on pense &#224; la transition &#233;cologique, les domaines des transports et de l'&#233;nergie sont souvent aux premiers rangs des consid&#233;rations citoyennes. Cependant, le domaine de l'alimentation (par cons&#233;quent l'agriculture) vous am&#232;ne &#224; faire des choix de consommation 3 fois par jour, 365 jours par ann&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; La simple question du choix de fruits pour vos c&#233;r&#233;ales matinales (bleuets du Lac-Saint-Jean cultiv&#233;s de fa&#231;on conventionnelle ou des bananes certifi&#233;es &#233;quitables produites en &#201;quateur) est remarquablement pleine de cons&#233;quences &#233;cologiques. Omnipr&#233;sentes dans votre quotidien, ces d&#233;cisions concernant le contenu de votre assiette occupent un r&#244;le important dans le processus de transition &#233;cologique de nos soci&#233;t&#233;s. Effectivement, l'agriculture a un impact direct sur la gestion de notre territoire et la qualit&#233; de notre environnement (sols, eau, air). Peut-&#234;tre plus important encore, le mode de production agricole pratiqu&#233; aujourd'hui a un impact direct sur notre capacit&#233; future &#224; produire des aliments sains et en quantit&#233; suffisante. Plus que jamais, les 293 000 agricultrices et agriculteurs canadiens (soit moins de 1 % de la population canadienne) ont un pouvoir capital sur la souverainet&#233; alimentaire de l'autre 99 % non agricole de la population. L'int&#233;gration de l'agro&#233;cologie &#224; l'&#233;chelle de la ferme est une voie possible pour aider le domaine agricole &#224; entamer la transition &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#ff0000;&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'agro&#233;cologie et les entreprises agricoles actuelles&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; L'agro&#233;cologie est d&#233;finie &#224; la fois comme &#233;tant un mouvement social paysan, une discipline scientifique et un ensemble de pratiques agricoles &#233;cologiques. Les opinions divergent en ce qui a trait &#224; l'int&#233;gration de l'agro&#233;cologie et de la transition &#233;cologique dans le contexte agricole actuel. Peut-on esp&#233;rer des fermes appartenant au mod&#232;le agricole industriel actuel qu'elles modifient petit &#224; petit leurs pratiques agricoles ? Dans ce cas, ne serait-il pas souhaitable d'offrir un accompagnement &#224; ces fermes pour les voir cheminer le plus rapidement possible vers une transition &#233;cologique ? Ou au contraire, doit-on attendre que le mod&#232;le agricole industriel &#233;choue pour voir &#233;merger un nouvel ensemble de fermes agro&#233;cologiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt; Plusieurs chercheurs en agro&#233;cologie, comme Stephen Gliessman, Stuart Hill et Rob Mac Rae, privil&#233;gient la premi&#232;re option. Toute entreprise agricole a le potentiel de devenir agro&#233;cologique. Pour ce faire, ces chercheurs consid&#232;rent que les entreprises agricoles doivent suivre une s&#233;rie d'&#233;tapes appel&#233;es niveaux de transition agro&#233;cologique. Le mod&#232;le ESR (Efficience-Substitution-Reconception) est le cadre d'analyse le plus fr&#233;quemment utilis&#233; pour d&#233;finir et situer les diff&#233;rents niveaux de transition agro&#233;cologique. En voici les grandes lignes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#ff0000;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Niveau 1 : viser l'efficience&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; Deux fa&#231;ons efficaces d'am&#233;liorer l'efficience des flux de mati&#232;re (ex. : intrants agricoles) et d'&#233;nergie (ex. : carburant pour tracteur) &#224; l'&#233;chelle de la ferme sont l'optimisation des processus d'utilisation de la mati&#232;re et de l'&#233;nergie et la limitation des d&#233;chets et des pertes d'&#233;nergie. Par exemple, adapter son &#233;quipement de pulv&#233;risation de pesticides pour limiter les d&#233;rives de pesticides est un bon moyen d'am&#233;liorer l'efficience. Cela repr&#233;sente une premi&#232;re &#233;tape franchie vers la transition &#233;cologique, m&#234;me si l'utilisation de pesticides reste une pratique utilis&#233;e &#224; la ferme &#224; ce niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#ff0000;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Niveau 2 : substituer les anciennes pratiques agricoles&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; L'&#233;tape de la substitution se caract&#233;rise par le remplacement de pratiques et intrants conventionnels par des pratiques ou intrants alternatifs dits &#233;cologiques. Par exemple, pour limiter les dommages caus&#233;s par les insectes aux tomates de serre, les pesticides couramment utilis&#233;s peuvent &#234;tre substitu&#233;s par des insectes pr&#233;dateurs (lutte biologique). L'agriculture biologique est souvent caract&#233;ris&#233;e comme &#233;tant un mode de production appartenant &#224; ce niveau. On peut par exemple substituer des engrais min&#233;raux de synth&#232;se par des fumiers ou lisiers autoris&#233;s en production biologique, ou des insecticides par des filets anti-insectes dans la production de concombres en champs biologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#ff0000;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Niveau 3 : reconceptualiser l'agro&#233;cosyst&#232;me, rien de moins !&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; Pour plusieurs fervents de l'agro&#233;cologie, les deux premiers niveaux de la transition agro&#233;cologique d&#233;crits ci-haut ne sont que des &#233;tapes mineures dans l'atteinte de l'objectif ultime : l'&#233;tape de la reconception de l'agro&#233;cosyst&#232;me. Ce niveau, plus complexe, demande aux producteurs&#183;trices agricoles de retourner &#224; la table &#224; dessin et de r&#233;organiser et/ou r&#233;inventer les diff&#233;rentes composantes de leur ferme : cultures, &#233;levage, ressources humaines, mise en march&#233;, protection de l'environnement, etc. Cette reconceptualisation peut se faire entre autres par une diversification des cultures, l'implantation de haies brise-vent favorisant la biodiversit&#233; ou par l'envoi des animaux aux p&#226;turages. Cependant, cette r&#233;ing&#233;nierie du syst&#232;me agricole &#224; l'&#233;chelle de la ferme, du bassin versant ou de la r&#233;gion est complexe, intensive en ressources et co&#251;teuse. Elle reste l'&#233;tape la plus ardue, mais aussi la plus significative de la transition agro&#233;cologique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les n&#233;onics : un tueur silencieux</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-neonics-un-tueur-silencieux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-neonics-un-tueur-silencieux</guid>
		<dc:date>2018-11-28T02:18:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Rogel</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Biotechnologies et OGM</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Rogel, Jean-Pierre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les &#171; n&#233;onics &#187; (abr&#233;g&#233; de n&#233;onicotino&#239;des) d&#233;signent une s&#233;rie de compos&#233;s chimiques d&#233;riv&#233;s de la mol&#233;cule naturelle qu'est la nicotine. Commercialis&#233;s depuis la fin des ann&#233;es 1990 en tant qu'insecticides, les n&#233;onics se sont av&#233;r&#233;s &#234;tre des tueurs d'abeilles, malgr&#233; le fait que leur usage est d&#233;nonc&#233; depuis plus de cinquante ans. &lt;br class='autobr' /&gt; Pour la petite histoire, c'est en 1970 qu'un chimiste am&#233;ricain, Henry Feuer, synth&#233;tise un compos&#233; nomm&#233; nithiazine. En &#233;tudiant ses propri&#233;t&#233;s, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-72-dec-2017-janv-2018-" rel="directory"&gt;No 072 - d&#233;c. 2017 / janv. 2018&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Biotechnologies-et-OGM-+" rel="tag"&gt;Biotechnologies et OGM&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rogel-Jean-Pierre-+" rel="tag"&gt;Rogel, Jean-Pierre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2654.png?1642092219' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;833&#034; height=&#034;355&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#171; n&#233;onics &#187; (abr&#233;g&#233; de n&#233;onicotino&#239;des) d&#233;signent une s&#233;rie de compos&#233;s chimiques d&#233;riv&#233;s de la mol&#233;cule naturelle qu'est la nicotine. Commercialis&#233;s depuis la fin des ann&#233;es 1990 en tant qu'insecticides, les n&#233;onics se sont av&#233;r&#233;s &#234;tre des tueurs d'abeilles, malgr&#233; le fait que leur usage est d&#233;nonc&#233; depuis plus de cinquante ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour la petite histoire, c'est en 1970 qu'un chimiste am&#233;ricain, Henry Feuer, synth&#233;tise un compos&#233; nomm&#233; nithiazine. En &#233;tudiant ses propri&#233;t&#233;s, les chercheurs de la multinationale Shell d&#233;couvrent qu'il affiche une toxicit&#233; plut&#244;t faible pour les mammif&#232;res tout en &#233;tant extraordinairement toxique pour les insectes. Mais comme la nithiazine manque de stabilit&#233;, ils l'abandonnent. Une d&#233;cennie passe, puis les chimistes d'une autre multinationale, Bayer, r&#233;ussissent &#224; la rendre plus stable et d&#233;posent un brevet sur leur nouveau compos&#233;, l'imidaclopride, lequel est homologu&#233; comme insecticide en 1991, suivi quelques ann&#233;es plus tard de cinq autres compos&#233;s de la m&#234;me classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Bayer a introduit l'imidaclopride sur le march&#233;, c'&#233;tait sous la forme d'un &#171; traitement de semences &#187;, ce qui signifie que les graines sont pr&#233;alablement enrob&#233;es d'une pellicule qui contient l'insecticide. En grandissant, la plante absorbe le principe actif, qui passe alors dans tous ses tissus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mode d'application pr&#233;sente a priori un grand avantage pour les agricultrices et agriculteurs, puisque apr&#232;s avoir sem&#233;, ils n'ont en principe plus besoin de pulv&#233;riser d'autres insecticides sur les cultures en cas de pr&#233;sence de ravageurs. La compagnie Bayer faisait aussi valoir que la technique du pelliculage mettait l'insecticide &#224; faible dose exactement l&#224; o&#249; la plante en avait besoin.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le milieu apicole sonne l'alarme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un insecticide efficace, pratique &#224; utiliser et &#171; &#233;cologique &#187; ? Le succ&#232;s a &#233;t&#233; imm&#233;diat. Sous le nom commercial de Gaucho, l'imidaclopride est devenu l'insecticide le plus vendu en agriculture. Mais apr&#232;s un d&#233;but en fanfare, les probl&#232;mes des n&#233;onics n'ont pas tard&#233; &#224; se manifester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1997, en France, des scientifiques ind&#233;pendant&#183;e&#183;s trouvent de l'imidaclopride dans le nectar et le pollen des tournesols ainsi que dans les ruches. Assez pour intoxiquer des abeilles. Le 17 d&#233;cembre 1998, plus de 1000 apicultrices et apiculteurs d&#233;filent &#224; Paris devant la tour Eiffel, r&#233;clamant une interdiction du Gaucho. En janvier de l'ann&#233;e suivante, citant le principe de pr&#233;caution, le ministre de l'Agriculture fran&#231;ais interdit le Gaucho en semences enrob&#233;es sur les cultures de tournesol pour une dur&#233;e de deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2004, le Gaucho est interdit en France, cette fois sur le ma&#239;s. L'industrie agrochimique monte au cr&#233;neau et intensifie son lobby aupr&#232;s des autorit&#233;s, craignant que ce genre de mesures ne gagnent l'ensemble de l'Europe. Non sans raison, puisque plusieurs pays europ&#233;ens franchiront le pas quelques ann&#233;es plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on sort de &#171; l'affaire Gaucho &#187; en France en 2007, la remise en question des n&#233;onicotino&#239;des s'&#233;largit. Les &#201;tats-Unis sont alors en pleine crise du CCD, le &#171; &lt;i&gt;colony collapse disorder&lt;/i&gt; &#187;, du nom donn&#233; chez eux aux mortalit&#233;s massives d'abeilles. Ils ne trouvent pas de cause. De leur c&#244;t&#233;, les apicultrices et apiculteurs canadiens enregistrent eux aussi des taux record de mortalit&#233; dans leurs ruches, mais personne ne les &#233;coute. Des d&#233;clins dans les populations d'abeilles mellif&#232;res sont rapport&#233;s dans une trentaine de pays dans le monde et les recherches se multiplient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, l'industrie consid&#232;re que ce d&#233;clin est principalement d&#251; au parasite varroa, un acarien qui p&#233;n&#232;tre dans le corps de l'abeille et suce l'&#233;quivalent de son sang. Elle accuse aussi les maladies virales et bact&#233;riennes ainsi qu'un champignon nomm&#233; Nosema, et parle de &#171; causes multifactorielles &#187; pour expliquer le d&#233;clin des colonies. Ce faisant, elle tente de faire oublier que la multicausalit&#233; n'est pas un argument pour &#233;viter de traiter de causes sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une crise de la pollinisation et de la biodiversit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cennie 2010 voit la confirmation des effets d&#233;vastateurs des n&#233;onics sur les abeilles tant domestiques que sauvages. Or, les abeilles jouent un r&#244;le capital dans les &#233;cosyst&#232;mes. En butinant les fleurs, elles transportent le pollen d'une plante &#224; l'autre, ce qui permet la f&#233;condation. Et comme les trois quarts des plantes &#224; fleurs d&#233;pendent de la pollinisation, on craint un effondrement de l'alimentation mondiale et de la biodiversit&#233; si les populations d'abeilles d&#233;clinent massivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des abeilles, on mesure des niveaux alarmants de r&#233;sidus de n&#233;onics dans les cours d'eau et dans les sols. Cette toxicit&#233; s'observe &#233;galement chez les invert&#233;br&#233;s &#224; la base des &#233;cosyst&#232;mes et chez les oiseaux. On s'inqui&#232;te par ailleurs des effets sur la sant&#233; humaine, mal cern&#233;s mais inqui&#233;tants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En toile de fond, les grandes cultures gourmandes en n&#233;onicotino&#239;des &#8211; principalement le ma&#239;s, le soja et le colza &#8211; sont en expansion continue. Au Qu&#233;bec, ces cultures ne concernent globalement que le tiers des surfaces agricoles, mais c'est toute la plaine du Saint-Laurent qu'elles couvrent. Or, les semences de ma&#239;s sont &#224; plus de 95% trait&#233;es aux n&#233;onicotino&#239;des et celles du soja &#224; 50%. Recette pour une catastrophe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, on a l'impression que la critique publique envers les pesticides chimiques n'arrive plus &#224; se faire entendre, m&#234;me si une large partie de l'opinion publique est sensibilis&#233;e aux dangers que posent ces produits. On dirait que les environnementalistes continuent de protester, mais en vain, alors que les gouvernements n'&#233;coutent pas et que les agricultrices et agriculteurs regardent ailleurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En finir avec les &#171; printemps silencieux &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette crise a pourtant des racines historiques profondes. Il y a plus de 55 ans que les abus des pesticides synth&#233;tiques sont d&#233;nonc&#233;s. En 1962, la publication du livre de Rachel Carson intitul&#233; &lt;i&gt;Silent spring&lt;/i&gt;, traduit en fran&#231;ais sous le titre &lt;i&gt;Le printemps silencieux&lt;/i&gt;, avait fait grand bruit. On consid&#232;re que cet ouvrage est aux origines du mouvement environnementaliste nord-am&#233;ricain. Biologiste de formation, ayant commenc&#233; sa carri&#232;re au Bureau of US Fisheries, Rachel Carson r&#233;v&#233;lait dans son livre les ravages environnementaux des pesticides massivement utilis&#233;s par l'agriculture intensive nord-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le DDT, notamment, causait la disparition de beaucoup d'oiseaux, dont le c&#233;l&#232;bre pygargue, symbole am&#233;ricain par excellence. Toute la cha&#238;ne alimentaire &#233;tait affect&#233;e : pollution des eaux, des sols et de l'air... le constat &#233;tait alarmant. Carson avertissait : &#171; &lt;i&gt;Les ge&#769;ne&#769;rations a&#768; venir nous reprocheront probablement de ne pas nous e&#770;tre soucie&#769;s davantage du sort futur du monde naturel duquel de&#769;pend toute vie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un temps, le message a sembl&#233; &#234;tre entendu des autorit&#233;s et du monde agricole. Le DDT a &#233;t&#233; interdit, on a parl&#233; de gestion int&#233;gr&#233;e des cultures et de strat&#233;gies gouvernementales de r&#233;duction des pesticides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais depuis, plusieurs &#233;tudes ont montr&#233; que ces strat&#233;gies ont &#233;t&#233; des &#233;checs, la consommation de pesticides &#233;tant en augmentation constante dans tous les pays. &#192; peine a-t-on fait quelques progr&#232;s en interdisant les pesticides les plus nocifs en horticulture et dans les milieux urbains. Force est de constater que l'utilisation pratiquement effr&#233;n&#233;e des pesticides est toujours une question d'actualit&#233; en agriculture, du moins sous le mod&#232;le dominant de l'agriculture intensive. Et que les bilans des impacts environnementaux et sur la sant&#233; humaine de ces produits ne cessent de s'alourdir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule une r&#233;forme profonde du mode de production agricole pourrait nous sortir de cette impasse. L'agriculture devrait changer de telle mani&#232;re que le recours aux pesticides de synth&#232;se devienne exceptionnel, et non plus la norme. &#192; cet &#233;gard, les agricultrices et agriculteurs ont une responsabilit&#233; &#224; assumer, car ce sont ultimement les gardien&#183;ne&#183;s de la terre. Ils et elles devront bousculer les positions timor&#233;es de leurs syndicats qui, telle l'UPA au Qu&#233;bec, refusent de r&#233;former des modes inacceptables de production sur le plan de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233; des gouvernements, qui d&#233;livrent les homologations et en r&#233;glementent les usages, est encore plus importante. De mani&#232;re urgente, il leur faut interdire les pesticides les plus dangereux, dont les n&#233;onicotino&#239;des font indubitablement partie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est journaliste scientifique et auteur de &lt;i&gt;La crise des abeilles : une agriculture sous influence&lt;/i&gt; (&#201;ditions Multimondes, 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : r0m@in (CC BY-NC-ND 2.0)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Propri&#233;tarisation de l'alimentation</title>
		<link>https://www.ababord.org/Proprietarisation-de-l-alimentation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Proprietarisation-de-l-alimentation</guid>
		<dc:date>2016-11-21T01:58:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yannick Delbecque</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Biotechnologies et OGM</dc:subject>
		<dc:subject>Delbecque, Yannick</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le monde de l'alimentation risque-t-il la propri&#233;tarisation ? La propri&#233;tarisation est le processus qui permet de donner des propri&#233;taires &#224; des id&#233;es ou des choses qui devraient &#234;tre des biens communs pouvant &#234;tre librement utilis&#233;s et partag&#233;s. Le r&#233;flexe naturel est de consid&#233;rer les connaissances li&#233;es &#224; l'alimentation comme aussi importantes pour notre survie que l'eau et l'air, et donc aussi comme un bien commun. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les brevets sur le vivant sont un moyen bien connu pour propri&#233;tariser (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le monde de l'alimentation risque-t-il la propri&#233;tarisation ? La propri&#233;tarisation est le processus qui permet de donner des propri&#233;taires &#224; des id&#233;es ou des choses qui devraient &#234;tre des biens communs pouvant &#234;tre librement utilis&#233;s et partag&#233;s. Le r&#233;flexe naturel est de consid&#233;rer les connaissances li&#233;es &#224; l'alimentation comme aussi importantes pour notre survie que l'eau et l'air, et donc aussi comme un bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les brevets sur le vivant sont un moyen bien connu pour propri&#233;tariser certains aliments de base. L'utilisation de brevets dans le domaine alimentaire est cepen&#173;dant plus diversifi&#233;e. La cuisine utilisant, pour transformer les aliments, des proc&#233;d&#233;s chimiques et m&#233;caniques brevetables, la moindre am&#233;lioration de ces proc&#233;d&#233;s est souvent brevet&#233;e pour tenter d'en tirer des profits importants li&#233;s &#224; l'exclusivit&#233; d'utilisation et &#224; l'usage de menaces l&#233;gales. Par exemple, le Montr&#233;alais Marcellus Gilmore Edson obtint un brevet en 1884 pour son proc&#233;d&#233; de fabrication du beurre d'arachide, et ce, m&#234;me si cet aliment &#233;tait d&#233;j&#224; connu chez les Incas et les Azt&#232;ques. Cet aliment si courant en Am&#233;rique du Nord a depuis &#233;t&#233; l'objet de plus de 50 000 brevets ! En plus des am&#233;liorations m&#233;caniques ou chimiques de la production du beurre d'arachide, on a brevet&#233; des &#171; recettes &#187; comme cette variante du traditionnel sandwich beurre d'arachide et confiture qu'ont produite deux Am&#233;ricains en 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arsenal l&#233;gal utilis&#233; pour propri&#233;tariser la nourriture n'est pas limit&#233; aux brevets. M&#234;me si une simple liste d'ingr&#233;dients et d'instructions ne peut &#234;tre l'objet du droit d'auteur, il est quand m&#234;me possible de l'appliquer &#224; un texte plus complet expliquant une recette ou une photo du plat qui en r&#233;sulte. On utilise aussi les marques de commerce pour emp&#234;cher des concurrents d'utiliser des noms de plats, ou bien le secret industriel pour que certaines recettes restent&#8230; secr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force des mesures l&#233;gales pouvant &#234;tre utilis&#233;es pour s'approprier diff&#233;rentes facettes de notre alimentation peut &#234;tre d&#233;cupl&#233;e par l'effet des grands trait&#233;s commerciaux con&#231;us pour imposer au monde l'int&#233;r&#234;t des multinationales, sans r&#233;ellement tenir compte de leurs effets limitant la diversit&#233; alimentaire ou le partage de la culture culinaire. La propri&#233;tarisation de l'alimentation se met en place graduellement, &#224; travers les poursuites abusives contre des concurrents potentiels ou de simples internautes d&#233;sirant partager leurs d&#233;couvertes gastronomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment lutter contre cette propri&#233;tarisation ? Choisir ses aliments en fonction de diff&#233;rents crit&#232;res &#233;thiques (manger local, bio, etc.) permet une certaine r&#233;appropriation. Une piste originale s'inspire de l'informatique libre : il existe des projets d'outils en ligne pour publier des &#171; recettes libres &#187; que personne ne peut s'approprier l&#233;galement, dans un esprit similaire aux projets lanc&#233;s par les programmeurs&#183;euses pour faciliter le partage et le travail collaboratif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Agrochimie et ing&#233;nierie du climat</title>
		<link>https://www.ababord.org/Agrochimie-et-ingenierie-du-climat</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karine Peschard</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Biotechnologies et OGM</dc:subject>
		<dc:subject>Recherche scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>Peschard, Karine </dc:subject>

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&lt;p&gt;Une pionni&#232;re de la modification g&#233;n&#233;tique des plantes, Mary Dell-Chilton, d&#233;clarait &#224; Business Week, en 1984 : &#171; Les solutions arrivent maintenant tr&#232;s rapidement. Dans trois ans, nous serons en mesure de faire tout ce que notre imagination peut concevoir. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; l'&#233;poque, la perc&#233;e scientifique que repr&#233;sente la premi&#232;re modification g&#233;n&#233;tique d'une plante laisse pr&#233;sager une &#232;re nouvelle pour l'agriculture. On &#233;voque des lendemains qui chantent : les plantes g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Biotechnologies-et-OGM-+" rel="tag"&gt;Biotechnologies et OGM&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Recherche-scientifique-+" rel="tag"&gt;Recherche scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Peschard-Karine-+" rel="tag"&gt;Peschard, Karine &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1230.gif?1642092127' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;525&#034; height=&#034;515&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une pionni&#232;re de la modification g&#233;n&#233;tique des plantes, Mary Dell-Chilton, d&#233;clarait &#224; Business Week, en 1984 : &#171; Les solutions arrivent maintenant tr&#232;s rapidement. Dans trois ans, nous serons en mesure de faire tout ce que notre imagination peut concevoir. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque, la perc&#233;e scientifique que repr&#233;sente la premi&#232;re modification g&#233;n&#233;tique d'une plante laisse pr&#233;sager une &#232;re nouvelle pour l'agriculture. On &#233;voque des lendemains qui chantent : les plantes g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;es permettront d'augmenter les rendements tout en diminuant l'utilisation de produits chimiques. Au-del&#224; de la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration &#8211; les plantes r&#233;sistantes aux herbicides et celles qui produisent des insecticides &#8211; on parle de plantes &#171; &#224; valeur ajout&#233;e &#187;, modifi&#233;es afin de les rendre moins allerg&#232;nes ou d'am&#233;liorer leur valeur nutritive. Les plantes transg&#233;niques sont &#233;galement mises de l'avant comme une solution au probl&#232;me tenace de la faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il 25 ans plus tard ? Le constat est pour le moins mitig&#233;. La plus grande productivit&#233; des vari&#233;t&#233;s transg&#233;niques reste &#224; d&#233;montrer, avec ses rendements tr&#232;s variables et souvent inf&#233;rieurs &#224; ce que l'on connaissait ant&#233;rieurement. Plut&#244;t que de diminuer, l'utilisation d'herbicides tend &#224; augmenter puisque l'utilisation intensive d'un seul herbicide (le Roundup ou glyphosate) favorise le d&#233;veloppement de r&#233;sistances parmi les mauvaises herbes. Et &#8211; faut-il le pr&#233;ciser ? &#8211; les plantes transg&#233;niques n'ont rien chang&#233; au probl&#232;me de la faim.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Une logique productiviste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces constats ne sont gu&#232;re &#233;tonnants puisque, loin de rompre avec l'agriculture industrielle, les biotechnologies agricoles approfondissent la logique productiviste en agriculture. Questionn&#233;s au sujet du probl&#232;me croissant de la r&#233;sistance &#224; l'herbicide Roundup, Monsanto et consorts se font rassurants : ils sont en voie d'introduire de nouvelles vari&#233;t&#233;s transg&#233;niques r&#233;sistant &#224; des herbicides plus puissants que le Roundup. Celles-ci entra&#238;neront &#224; leur tour le d&#233;veloppement de r&#233;sistances, cr&#233;ant un march&#233; perp&#233;tuel pour de nouvelles vari&#233;t&#233;s transg&#233;niques. Il serait par ailleurs na&#239;f de croire que les entreprises de biotechnologie agricole aient &#224; c&#339;ur de r&#233;duire l'utilisation d'herbicides&#8194;quand ces derniers sont une de leurs principales sources de revenus. En effet, les six principaux producteurs d'OGM (Monsanto, BASF, Syngenta, Bayer, Dow et DuPont-Pioneer) sont avant tout des g&#233;ants de l'agrochimie, dont la principale source de revenus reste la vente de pesticides. Cela explique que la vaste majorit&#233; des plantes transg&#233;niques cultiv&#233;es dans le monde aujourd'hui soient des plantes r&#233;sistantes &#224; un herbicide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voie d'&#234;tre approuv&#233; pour la consommation humaine au Canada, l'Enviropig est un autre exemple de la fa&#231;on dont les biotechnologies sont utilis&#233;es pour perp&#233;tuer un syst&#232;me insoutenable plut&#244;t que de lui trouver de v&#233;ritables alternatives&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir la campagne du R&#233;seau canadien d'action sur les biotechnologies &#224; .&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . L'Enviropig est un cochon g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233; afin d'&#233;liminer moins de phosphore dans ses excr&#233;ments. Encore une fois, on trouve une solution illusoire plut&#244;t que de s'attaquer &#224; la racine du probl&#232;me : les m&#233;gaporcheries et leurs impacts environnementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utopie des biotechnologies comme &#171; solution miracle &#187; des probl&#232;mes sociaux ou environnementaux repose sur l'id&#233;e que les technologies peuvent apporter une r&#233;ponse &#224; des probl&#232;mes qui ne sont pas d'ordre technique, mais socio&#233;conomique. Le &#171; riz dor&#233; &#187; (ou &#171; Golden Rice &#187;) &#8211; g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233; afin d'augmenter sa teneur en b&#234;ta-carot&#232;ne (un pr&#233;curseur de la vitamine A) &#8211; illustre parfaitement cela. La faim n'est pas un probl&#232;me de production, mais de distribution. En d'autres mots, le probl&#232;me n'est pas que le riz ne contient pas assez de b&#234;ta-carot&#232;ne, mais que des populations en sont r&#233;duites &#224; ne consommer que du riz. Le probl&#232;me de la faim est autrement plus complexe que ne veulent l'admettre les d&#233;fenseurs du riz dor&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ing&#233;nierie du climat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re expression d'arrogance technologique et autre exemple d'utopie scientifique, le nouveau champ de l'ing&#233;nierie du climat, ou g&#233;o-ing&#233;nierie, met de l'avant la technologie comme solution aux d&#233;r&#232;glements du climat. Ses propositions rel&#232;vent de la science&#173;fiction : fertiliser les oc&#233;ans, capter les rayons solaires, placer des miroirs dans l'espace, couvrir les d&#233;serts de r&#233;flecteurs en poly&#233;thyl&#232;ne et aluminium ou encore vaporiser de l'eau de mer dans les nuages. Ces propositions ont cependant une chose en commun : elles visent &#224; att&#233;nuer notre impact sur le climat sans remettre en question notre d&#233;pendance aux combustibles fossiles &#8211; avec des cons&#233;quences possiblement d&#233;sastreuses. Le fait que plusieurs d&#233;fenseurs de la g&#233;o-ing&#233;nierie niaient encore r&#233;cemment jusqu'&#224; l'existence du r&#233;chauffement climatique a de quoi laisser sceptique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'excellent rapport d'ETC Group, Geopiracy : The Case Against (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuelle &#171; r&#233;volution technologique &#187; ne repr&#233;sente pas un changement de paradigme, mais son approfondissement. Que ce soit le Golden Rice, l'Enviropig ou l'ing&#233;nierie du climat, il s'agit de trouver une solution d'ordre technologique plut&#244;t que de remettre en cause notre mode de vie ou notre syst&#232;me agroalimentaire. Ces fausses solutions perp&#233;tuent l'illusion qu'il est possible de r&#233;soudre nos probl&#232;mes en appliquant le m&#234;me raisonnement qui les a engendr&#233;s. La v&#233;ritable utopie r&#233;side ailleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir la campagne du R&#233;seau canadien d'action sur les biotechnologies &#224; &lt;a href=&#034;http://www.rcab.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rcab.ca&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'excellent rapport d'ETC Group, &lt;i&gt;Geopiracy : The Case Against Geoengineering&lt;/i&gt;, disponible &#224; &lt;a href=&#034;http://www.etcgroup.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.etcgroup.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les biotechnologies agricoles</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-biotechnologies-agricoles</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-biotechnologies-agricoles</guid>
		<dc:date>2008-08-26T02:42:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karine Peschard</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Biotechnologies et OGM</dc:subject>
		<dc:subject>Recherche scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>Peschard, Karine </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;S'il est un mythe tenace, c'est bien celui voulant que la solution au probl&#232;me de la faim repose sur l'augmentation de la productivit&#233; agricole gr&#226;ce aux nouvelles technologies. D&#233;boulonn&#233; par l'&#233;conomiste Amartya Sen dans son classique Pauvret&#233; et Famine (1982), mis &#224; rude &#233;preuve par la mal nomm&#233;e &#171; R&#233;volution verte &#187;, ce mythe rena&#238;t aujourd'hui de ses cendres, ressuscit&#233; sur le tard par une industrie des &#171; sciences de la vie &#187; en mal de l&#233;gitimit&#233;. Regard critique sur les nouvelles (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Souverainete-alimentaire-" rel="directory"&gt;Dossier : Souverainet&#233; alimentaire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Biotechnologies-et-OGM-+" rel="tag"&gt;Biotechnologies et OGM&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Recherche-scientifique-+" rel="tag"&gt;Recherche scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Peschard-Karine-+" rel="tag"&gt;Peschard, Karine &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;S'il est un mythe tenace, c'est bien celui voulant que la solution au probl&#232;me de la faim repose sur l'augmentation de la productivit&#233; agricole gr&#226;ce aux nouvelles technologies. D&#233;boulonn&#233; par l'&#233;conomiste Amartya Sen dans son classique &lt;i&gt;Pauvret&#233; et Famine&lt;/i&gt; (1982), mis &#224; rude &#233;preuve par la mal nomm&#233;e &#171; R&#233;volution verte &#187;, ce mythe rena&#238;t aujourd'hui de ses cendres, ressuscit&#233; sur le tard par une industrie des &#171; sciences de la vie &#187; en mal de l&#233;gitimit&#233;. Regard critique sur les nouvelles biotechnologies agricoles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le &#171; riz dor&#233; &#187; ou la face humanitaire des biotechnologies agricoles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 7 ao&#251;t 2000, &lt;i&gt;Times Magazine&lt;/i&gt; publiait en premi&#232;re page une photo de l'inventeur du riz dor&#233;, accompagn&#233;e de la l&#233;gende : &#171; &lt;i&gt;Ce riz pourrait sauver des millions d'enfants chaque ann&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; riz dor&#233; &#187; (ou &lt;i&gt;Golden Rice&lt;/i&gt;) a &#233;t&#233; g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233; afin d'augmenter sa teneur en b&#234;ta carot&#232;ne, transform&#233;e par le corps humain en vitamine A. La carence en vitamine A provoque la c&#233;cit&#233; chez des millions d'enfants chaque ann&#233;e, d'o&#249; le ton triomphal de l'article du &lt;i&gt;Times&lt;/i&gt;. L'industrie des biotechnologies s'empresse de faire mousser la d&#233;couverte. L'occasion est trop belle de redorer son image, ternie par une s&#233;rie de controverses, de la contamination de la cha&#238;ne alimentaire par une vari&#233;t&#233; de ma&#239;s transg&#233;nique non autoris&#233;e pour la consommation humaine aux &#233;tudes de l'Universit&#233; Cornell sur les possibles effets n&#233;fastes du pollen de ma&#239;s transg&#233;nique sur les papillons monarques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le riz dor&#233; sombre toutefois rapidement dans une &#226;pre controverse. Lorsque ses inventeurs font la recherche de brevets habituelle, ils d&#233;couvrent avec stup&#233;faction qu'ils ont enfreint 70 brevets appartenant &#224; 32 compagnies diff&#233;rentes. Bien que le riz dor&#233; ait &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233; dans une institution publique, avec des fonds publics, toutes les grandes entreprises de l'agron&#233;goce ont des droits sur celui-ci, &#224; travers leurs brevets, sur un aspect ou l'autre du processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le riz dor&#233; est probl&#233;matique &#224; plusieurs niveaux : d'abord, il semble que la quantit&#233; qu'il faille consommer pour obtenir l'apport quotidien recommand&#233; en vitamine A soit prohibitive. D'autres critiques font remarquer qu'une solution autrement plus simple et abordable existe d&#233;j&#224; : la distribution de vitamine A. Apr&#232;s tout, qui dit que les populations concern&#233;es accepteront de se nourrir de riz jaune, alors que plusieurs valorisent davantage le riz blanc ? N&#233;gliger cette question refl&#232;te une m&#233;connaissance flagrante de l'importance socioculturelle de la nourriture. &#192; plus d'un titre, le riz dor&#233; est symptomatique de l'approche occidentale de la solution miracle, et reproduit les biais d'une grande partie de &#171; l'aide au d&#233;veloppement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces consid&#233;rations, l'exemple du riz dor&#233; est instructif, car il illustre plusieurs tendances pr&#233;occupantes et &#233;troitement li&#233;es : la formidable concentration de l'industrie des semences, le brevetage des ressources phytog&#233;n&#233;tiques (ou g&#233;n&#233;tique v&#233;g&#233;tale) et l'&#233;rosion de la biodiversit&#233; agricole.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Concentration de l'industrie, brevets et &#233;rosion g&#233;n&#233;tique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'industrie des biotechnologies agricoles est issue de l'acquisition massive, au cours des ann&#233;es 1990, de compagnies semenci&#232;res par quelques grandes compagnies chimiques et pharmaceutiques, et de leur fusion avec les &#171; start-up &#187; de la biotechnologie. En se basant sur les revenus de 2006, le groupe ETC estime que 10 compagnies repr&#233;sentent aujourd'hui 55 % du march&#233; commercial mondial des semences&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Groupe d'action sur l'&#233;rosion, la technologie, la concentration :&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La multinationale &#233;tats-unienne Monsanto m&#232;ne le bal. Traditionnellement une compagnie de produits chimiques, elle est aujourd'hui, au terme d'une longue s&#233;rie d'acquisitions et au co&#251;t de milliards de dollars, le leader indiscutable dans le secteur : elle d&#233;tient la presque totalit&#233; (88 %) des cultures transg&#233;niques dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ces nouvelles transnationales de l'agrobiotechnologie, une condition s'impose : que les r&#233;gimes de propri&#233;t&#233; intellectuelle en vigueur dans leur pays d'origine soient &#233;tendus &#224; l'ensemble de la plan&#232;te. Elles l'obtiennent en 1994, avec l'entr&#233;e en vigueur de l'&lt;i&gt;Accord sur les Aspects de la propri&#233;t&#233; intellectuelle qui touchent au commerce&lt;/i&gt; (ADPIC) de l'Organisation mondiale du commerce. Ce dernier accord rend obligatoire le brevetage des micro-organismes et des proc&#233;d&#233;s microbiologiques, et stipule que les vari&#233;t&#233;s v&#233;g&#233;tales doivent &#234;tre prot&#233;g&#233;es par des brevets ou par un syst&#232;me &lt;i&gt;sui generis&lt;/i&gt; &#233;quivalent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces changements ouvrent la voie &#224; une v&#233;ritable course au brevetage. Les entreprises brev&#232;tent all&#232;grement, avec la coop&#233;ration bienveillante du Bureau des brevets am&#233;ricain. La rh&#233;torique derri&#232;re les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle est que ceux-ci stimulent l'innovation en permettant aux inventeurs de r&#233;cup&#233;rer les investissements n&#233;cessaires au d&#233;veloppement de leurs produits. Comme le r&#233;v&#232;le toutefois l'exemple du riz dor&#233;, le brevetage dans le domaine des biotechnologies agricoles est tel qu'il est en passe d'avoir l'effet contraire de celui escompt&#233; : freiner la recherche. En effet, chaque innovation est susceptible d'enfreindre un brevet existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'effet conjugu&#233; de la consolidation de l'industrie et de l'extension des droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle, l'&#233;rosion de la biodiversit&#233; agricole s'acc&#233;l&#232;re &#224; un rythme inqui&#233;tant. Dans son premier rapport exhaustif sur l'&#233;tat des ressources phytog&#233;n&#233;tiques dans le monde (1996), l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) mettait en garde contre une perte massive des ressources phytog&#233;n&#233;tiques. Elle soulignait que l'expansion d'une agriculture commerciale moderne et l'introduction de nouvelles vari&#233;t&#233;s de cultures &#233;taient les causes principales de la perte de la diversit&#233; g&#233;n&#233;tique, et ajoutait que l'&#233;rosion de la biodiversit&#233; et la perte irr&#233;versible de g&#232;nes soulevaient des pr&#233;occupations vitales pour l'agriculture et la s&#233;curit&#233; alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reconnaissance de la gravit&#233; du probl&#232;me a donn&#233; lieu &#224; plusieurs initiatives internationales, telles que le Trait&#233; international sur les ressources phytog&#233;n&#233;tiques pour l'alimentation et l'agriculture. Ces initiatives sont toutefois paralys&#233;es par le manque de volont&#233; politique et les int&#233;r&#234;ts conflictuels de gouvernements soumis aux pressions de leurs industries.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la s&#233;curit&#233; alimentaire &#224; la souverainet&#233; alimentaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une critique plus profonde peut &#234;tre formul&#233;e &#224; l'&#233;gard du riz dor&#233;, dans la mesure o&#249; ce dernier participe des processus m&#234;mes qui sont &#224; la source du probl&#232;me. En misant tout sur un nombre r&#233;duit de grandes cultures &#8211; riz, bl&#233; et ma&#239;s &#8211; la R&#233;volution verte a certes permis une augmentation des rendements agricoles, mais au prix de la disparition de milliers de vari&#233;t&#233;s locales. Chercher une solution aux carences en vitamine A dans le riz pousse cette logique jusqu'&#224; l'absurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution verte a introduit un mod&#232;le d'agriculture intensive ax&#233; sur la culture de vari&#233;t&#233;s &#224; hauts rendements &#224; grands renforts d'engrais, de pesticides, de m&#233;canisation et d'irrigation. Si elle a permis d'&#233;viter la famine dans certaines r&#233;gions du monde, elle est loin d'avoir r&#233;solu le probl&#232;me de la faim. En effet, le revers de la m&#233;daille des formidables gains de productivit&#233; obtenus est l'endettement et l'exclusion de millions de petits paysans, l'appauvrissement des sols, la contamination des cours d'eau et la disparition de milliers de vari&#233;t&#233;s. Tous ces processus contribuent &#224; leur tour &#224; compromettre la s&#233;curit&#233; alimentaire des populations les plus pauvres. Dans son dernier rapport sur l'ins&#233;curit&#233; alimentaire (2003), la FAO constate que le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde a recommenc&#233; &#224; augmenter &#224; la fin des ann&#233;es 1990. Elle &#233;value &#224; deux milliards le nombre d'&#234;tres humains qui souffrent de carences alimentaires. Dans les pays pauvres, 800 millions de personnes sont affect&#233;es de malnutrition chronique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin dernier, la FAO concluait dans son rapport sur la Conf&#233;rence internationale sur l'agriculture biologique et la s&#233;curit&#233; alimentaire que l'agriculture biologique serait &#224; m&#234;me de r&#233;pondre aux besoins de la population mondiale. Ce faisant, elle battait en br&#232;che l'id&#233;e r&#233;pandue selon laquelle seule l'agriculture industrielle intensive est en mesure de nourrir la plan&#232;te. Elle ajoutait : &#171; &lt;i&gt;L'agriculture biologique est un mode de gestion globale de la production, qui exclut l'utilisation d'engrais et de pesticides de synth&#232;se et d'organismes g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s, r&#233;duit au maximum la pollution de l'air, du sol et de l'eau, et optimise la sant&#233; et la productivit&#233; des communaut&#233;s interd&#233;pendantes de v&#233;g&#233;taux, d'animaux, et d'&#234;tres humains.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est en effet de plus en plus &#233;vident que la solution aux d&#233;ficiences alimentaires d'une grande partie de la population mondiale repose sur une remise en question radicale du mod&#232;le agricole et &#233;conomique dominant. Pour le mouvement paysan international Via Campesina, la s&#233;curit&#233; alimentaire passe n&#233;cessairement par la souverainet&#233; alimentaire. Cette derni&#232;re implique le droit de chaque pays de maintenir et de d&#233;velopper sa capacit&#233; de produire son alimentation de base, en respectant la diversit&#233; culturelle et agricole&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir la D&#233;claration de Via Campesina pour la souverainet&#233; alimentaire, Rome, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle implique &#233;galement l'acc&#232;s des paysans et petits agriculteurs &#224; la terre, &#224; l'eau, aux semences et aux ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande ironie de l'&#233;pisode du riz dor&#233; est que ses inventeurs s'&#233;taient d'abord heurt&#233;s &#224; une fin de non-recevoir dans leurs recherches de financement aupr&#232;s de l'industrie. Ce qui, &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt;, est devenu l'enfant ch&#233;ri de l'industrie n'avait pas &#224; l'origine attir&#233; l'int&#233;r&#234;t d'entreprises qui n'y voyaient gu&#232;re un march&#233; lucratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;rite de toute technologie n'est pas intrins&#232;que &#224; celle-ci. Son potentiel &#8211; et ses d&#233;rives &#8211; d&#233;pend en grande partie du syst&#232;me socio&#233;conomique dans lequel elle s'ins&#232;re. Les biotechnologies agricoles ont &#233;t&#233; introduites aux &#201;tats-Unis &#224; l'&#232;re Reagan de la d&#233;r&#233;glementation &#224; outrance et sont port&#233;es par des entreprises mues par l'imp&#233;ratif du profit. Croire qu'elles puissent, dans ce contexte, apporter une solution au probl&#232;me de la faim revient &#224; prendre ses d&#233;sirs pour des r&#233;alit&#233;s &#8211; pour le plus grand bonheur des sp&#233;cialistes en marketing des multinationales de l'agron&#233;goce.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Groupe d'action sur l'&#233;rosion, la technologie, la concentration : &lt;a href=&#034;http://www.etcgroup.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.etcgroup.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir la D&#233;claration de Via Campesina pour la souverainet&#233; alimentaire, Rome, 1996 : &lt;a href=&#034;http://www.viacampesina.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.viacampesina.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karine Peschard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doctorante en anthropologie, correspondante d'&lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; au Br&#233;sil&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Monsanto se paie la cour Supr&#234;me</title>
		<link>https://www.ababord.org/Monsanto-se-paie-la-cour-Supreme</link>
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		<dc:date>2008-08-01T00:33:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>William Sloan</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Biotechnologies et OGM</dc:subject>
		<dc:subject>Sloan, William </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le canola est une jolie plante cultiv&#233;e massivement au Canada et qui sert &#224; fabriquer de l'huile v&#233;g&#233;tale et des aliments pour bestiaux. Le Roundup est un herbicide &#224; base de glyphosate fabriqu&#233; par la soci&#233;t&#233; transnationale Monsanto, un g&#233;ant de l'industrie mondiale de l'agroalimentaire. Le Roundup, disponible dans toutes les bonnes quincailleries, tue toutes les plantes&#8230; ou presque. &lt;br class='autobr' /&gt; En 1993, Monsanto obtient un brevet au Canada pour les &#171; Plantes r&#233;sistant au glyphosate &#187;, qui couvre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-06-oct-nov-2004-" rel="directory"&gt;No 006 - oct. / nov. 2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Biotechnologies-et-OGM-+" rel="tag"&gt;Biotechnologies et OGM&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sloan-William-+" rel="tag"&gt;Sloan, William &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le canola est une jolie plante cultiv&#233;e massivement au Canada et qui sert &#224; fabriquer de l'huile v&#233;g&#233;tale et des aliments pour bestiaux. Le &lt;i&gt;Roundup&lt;/i&gt; est un herbicide &#224; base de glyphosate fabriqu&#233; par la soci&#233;t&#233; transnationale Monsanto, un g&#233;ant de l'industrie mondiale de l'agroalimentaire. Le &lt;i&gt;Roundup&lt;/i&gt;, disponible dans toutes les bonnes quincailleries, tue toutes les plantes&#8230; ou presque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1993, Monsanto obtient un brevet au Canada pour les &#171; Plantes r&#233;sistant au glyphosate &#187;, qui couvre l'invention de g&#232;nes g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s ainsi que le proc&#233;d&#233; de leur insertion dans des plantes. Cela rend ces plantes r&#233;sistantes au glyphosate (dont est compos&#233; le &lt;i&gt;Roundup&lt;/i&gt;) et permet aux cultivateurs de tuer les mauvaises herbes en arrosant leurs champs avec le &lt;i&gt;Roundup&lt;/i&gt; sans que les plantes g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;es ne meurent. Le travail au sol pour enlever les mauvaises herbes, tr&#232;s co&#251;teux, est donc &#233;limin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1996, Monsanto commercialise au Canada des semences de &lt;i&gt;Roundup Ready Canola&lt;/i&gt;, version OGM du canola qui r&#233;siste au glyphosate. Cette m&#234;me ann&#233;e, 600 agriculteurs canadiens s&#232;ment 50 000 acres de &lt;i&gt;Roundup Ready Canola&lt;/i&gt;. En 2000, environ 20 000 agriculteurs s&#232;ment 5 millions d'acres de &lt;i&gt;Roundup Ready Canola&lt;/i&gt;, soit pr&#232;s de 40 % de tout le canola cultiv&#233; au Canada. Les fermiers doivent acheter leurs semences chaque ann&#233;e aupr&#232;s d'un vendeur autoris&#233; par Monsanto, vendre le produit au complet &#224; un acheteur autoris&#233; par Monsanto et payer &#224; Monsanto une redevance. En 1998, cette redevance &#233;tait de 15 $ l'acre. Monsanto recevait donc, en 2000, au moins 75 millions $ en redevances, avant m&#234;me d'avoir vendu une seule graine de &lt;i&gt;Roundup Ready Canola&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perry Schmeiser op&#232;re une grande ferme en Saskatchewan depuis 50 ans. En 1998, il avait mis la main sur suffisamment de semences de &lt;i&gt;Roundup Ready Canola&lt;/i&gt; pour semer 1 000 acres, mais sans passer par le processus de vente et redevance de Monsanto. La compagnie le poursuit alors pour contrefa&#231;on de son brevet et dommages-int&#233;r&#234;ts. La Cour f&#233;d&#233;rale donne raison &#224; Monsanto et le dossier se retrouve en Cour supr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretemps, en 2002, la Cour supr&#234;me rend jugement dans l'affaire &lt;i&gt;Harvard College c. Canada&lt;/i&gt; (Commissaire aux brevets). Les scientifiques d'Harvard ont &#171; invent&#233; &#187; une souris g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;e, pr&#233;dispos&#233;e au cancer. La &#171; Harvard Mouse &#187; est utilis&#233;e dans les recherches sur le cancer. Le brevet sur la souris comme telle est refus&#233; parce qu'on ne peut breveter les formes de vie sup&#233;rieures, y compris les plantes. Quatre juges, dont la Juge en chef McLachlin et Mme la juge Arbour, n'&#233;taient pas d'accord avec ce jugement.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2004, deux nouveaux juges si&#232;gent &#224; la Cour supr&#234;me, et la Juge en chef McLachlin peut r&#233;unir une majorit&#233; partageant sa position, m&#234;me sans la juge Arbour. Il faut comprendre que les juges &#224; la Cour supr&#234;me doivent appliquer les principes &#233;nonc&#233;s dans les jugements ant&#233;rieurs. Mme Arbour a bien compris le principe. Elle applique donc le principe du &#171; Harvard Mouse &#187;, selon lequel une forme de vie sup&#233;rieure (une plante) ne peut &#234;tre brevet&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mme la juge McLachlin, par contre, fait toutes sortes d'entourloupettes et de patinage artistique pour ne pas respecter le principe &#233;nonc&#233; dans le &#171; Harvard Mouse &#187; et pour donner raison &#224; Monsanto. Le probl&#232;me de Monsanto est que son brevet ne couvre pas la plante, mais seulement les cellules qui contiennent le g&#232;ne modifi&#233;. Or, ce que M. Schmeiser a fait, c'est de planter et replanter des graines de &lt;i&gt;Roundup Ready Canola&lt;/i&gt; qui existent dans la nature. Il ne fait pas de commerce des semences et il vend le produit de sa culture aux m&#234;mes fins et au m&#234;me prix que du canola ordinaire. Les juges majoritaires montrent leur jeu quand ils d&#233;clarent que l'&#233;l&#233;ment principal &#224; consid&#233;rer pour d&#233;terminer ce qui est prot&#233;g&#233; par le brevet est la valeur commerciale du monopole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Juge en chef d&#233;niche un vieux jugement o&#249; un machin brevet&#233; avait &#233;t&#233; ins&#233;r&#233; dans une machine, de fa&#231;on &#224; ce qu'on ne puisse plus faire fonctionner la machine sans le machin brevet&#233;. Elle d&#233;clare qu'il y a parall&#232;le puisque les cellules r&#233;sistantes au glyphosate sont partie int&#233;grante du &lt;i&gt;Roundup Ready Canola&lt;/i&gt; et ne peuvent &#234;tre dissoci&#233;es de la plante. C'est un &#171; parall&#232;le &#187; pour le moins douteux. La machine qui contenait le machin brevet&#233; &#233;tait brevetable, comme toute machine. Mais la plante, elle, qui est compos&#233;e enti&#232;rement de cellules OGM, n'est pas brevetable parce que c'est une forme de vie sup&#233;rieure. La Juge en chef d&#233;clare que les cellules OGM dans la plante de &lt;i&gt;Roundup Ready Canola&lt;/i&gt; ont une &#171; valeur latente &#187;, exploit&#233;e sans droit par Schmeiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette acrobatie &#233;hont&#233;e, dont le but avou&#233; est de prot&#233;ger la valeur commerciale du monopole accord&#233; par le brevet, i.e. les profits astronomiques de Monsanto, ne r&#233;siste pas &#224; l'analyse. Dans une dissidence &#233;loquente, Mme la Juge Arbour taille en pi&#232;ces les arguments de la majorit&#233;. Elle applique le jugement de &#171; Harvard Mouse &#187; pour conclure que le brevet relatif au g&#232;ne et &#224; la cellule v&#233;g&#233;tale ne conf&#232;re pas des droits exclusifs sur la plante et toute sa descendance :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les plantes contenant le g&#232;ne brevet&#233; ne peuvent avoir aucune valeur ou utilit&#233; latente, contrairement &#224; ce qu'all&#232;guent mes coll&#232;gues. Toute conclusion contraire aurait pour effet de rendre applicable &#224; la plante la protection conf&#233;r&#233;e par le brevet. (...) Il ne s'agit pas de savoir si les appelants (Schmeiser) ont priv&#233; Monsanto de tous les avantages commerciaux de son invention, ou d'une partie de ceux-ci.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le dicton appliqu&#233; par la Juge en chef et la Cour est vieux : &#171; &lt;i&gt;Ce qui est bon pour General Motors est bon pour le pays.&lt;/i&gt; &#187; Permettre aux soci&#233;t&#233;s transnationales de s'accaparer le monopole effectif sur des esp&#232;ces vivantes est un pas dangereux vers leurs vis&#233;es de domination totale de la plan&#232;te, aux fins seules d'en retirer le maximum de profits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;William Sloan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avocat, membre de l'Association am&#233;ricaine des juristes&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les aveugles et l'&#233;l&#233;phant</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-aveugles-et-l-elephant</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-aveugles-et-l-elephant</guid>
		<dc:date>2008-08-01T00:28:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Richard Rothschild</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Biotechnologies et OGM</dc:subject>
		<dc:subject>Rothschild, Richard </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que la sant&#233; constitue la priorit&#233; de la population, &#224; l'heure o&#249; le moindre d&#233;r&#232;glement biologique (SRAS, vache folle, grippe aviaire, etc.) risque d'entra&#238;ner des pand&#233;mies mondiales d&#233;vastatrices, les apprentis-sorciers favorables aux OGM continuent intens&#233;ment leur lobby pour faire reconna&#238;tre la l&#233;gitimit&#233; et la l&#233;galit&#233; de leurs produits modifi&#233;s. Et cela, sans qu'on en connaisse les impacts n&#233;gatifs &#224; moyen et &#224; long termes sur la sant&#233; publique. Voici deux cas qui illustrent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-06-oct-nov-2004-" rel="directory"&gt;No 006 - oct. / nov. 2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rothschild-Richard-+" rel="tag"&gt;Rothschild, Richard &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que la sant&#233; constitue la priorit&#233; de la population, &#224; l'heure o&#249; le moindre d&#233;r&#232;glement biologique (SRAS, vache folle, grippe aviaire, etc.) risque d'entra&#238;ner des pand&#233;mies mondiales d&#233;vastatrices, les apprentis-sorciers favorables aux OGM continuent intens&#233;ment leur lobby pour faire reconna&#238;tre la l&#233;gitimit&#233; et la l&#233;galit&#233; de leurs produits modifi&#233;s. Et cela, sans qu'on en connaisse les impacts n&#233;gatifs &#224; moyen et &#224; long termes sur la sant&#233; publique. Voici deux cas qui illustrent bien l'irresponsabilit&#233; de nos dirigeants pour faciliter l'intrusion &#224; grande &#233;chelle des OGM dans notre mode de vie. Comment expliquer cette attitude complaisante et n&#233;gligente de la part de nos autorit&#233;s charg&#233;es de veiller au bien-&#234;tre collectif, sinon par les profits exhorbitants que peut g&#233;n&#233;rer cette industrie du tripotage g&#233;n&#233;tique ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On demande &#224; quatre experts diff&#233;rents d'analyser un m&#234;me produit (f&#233;cule de pomme de terre) et d'en r&#233;diger une &#233;tiquette appropri&#233;e pour sa commercialisation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois prend la f&#233;cule de pomme de terre d'un coffre, remarque ses caract&#233;ristiques, remet l'aliment et entreprend d'&#233;laborer une &#233;tiquette qui se conforme &#224; la proposition de &lt;i&gt;Norme nationale sur l'&#233;tiquetage volontaire&lt;/i&gt; visant les aliments issus ou non du g&#233;nie g&#233;n&#233;tique [Can/ONGC-32.315-2004]. Francine reprend le m&#234;me &#233;chantillon de f&#233;cule, prend note de ses particularit&#233;s, le remet et retourne &#224; son bureau avec le m&#234;me but que son coll&#232;gue. &#192; peine a-t-elle referm&#233; sa porte que Frank fait le m&#234;me exercice. Puis, le croiriez-vous, France r&#233;p&#232;te aussi la d&#233;marche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tiquette de Fran&#231;ois indique &#171; &lt;i&gt;Cet aliment est issu du g&#233;nie g&#233;n&#233;tique&lt;/i&gt; &#187;. Il s'est report&#233; aux paragraphes 5.1.1 et 5.1.2 de la Norme. Sa camarade, apr&#232;s avoir v&#233;rifi&#233; le produit, propose l'all&#233;gation &#171; &lt;i&gt;Cette f&#233;cule est issue du g&#233;nie g&#233;n&#233;tique. Elle ne contient pas de mat&#233;riel modifi&#233; par g&#233;nie g&#233;n&#233;tique&lt;/i&gt; &#187;. Bien que ce libell&#233; pourrait embrouiller le consommateur, Francine s'en est tenue &#224; ce que lui permet le paragraphe 5.3.1.e de la Norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La f&#233;cule avait &#233;t&#233; transform&#233;e &#224; partir de pommes de terre entrepos&#233;es dans un autre coffre. Selon les &#233;chantillons pr&#233;lev&#233;s, &#224; peu pr&#232;s 95 % de ces tubercules sont modifi&#233;s par g&#233;nie g&#233;n&#233;tique. Par &#171; &#224; peu pr&#232;s &#187;, je veux dire parfois un peu plus, parfois un peu moins. Dans ce cas, &#224; la diff&#233;rence de ses coll&#232;gues, Frank opte pour &#171; un petit brin au-dessous &#187;. Ainsi formule-t-il l'all&#233;gation &#171; &lt;i&gt;M&#233;lange de produits issus et non issus du g&#233;nie g&#233;n&#233;tique (g.g.)&lt;/i&gt; &#187;, l'appellation approuv&#233;e pour les aliments dont les sources transg&#233;niques se situent entre 5 % et 95 % (parag. 5.3.1. de la Norme). Quant &#224; la clause &#171; &lt;i&gt;Ne contient pas de mat&#233;riel modifi&#233; par g.g.&lt;/i&gt; &#187;, et bien, on peut la laisser de c&#244;t&#233; ou la retenir, entendu que c'est un fait de notre f&#233;cule de pommes de terre. Sur quoi le quatri&#232;me membre de l'&#233;quipe, France, plus golfeuse que statisticienne, rappelle aux trois autres que &#171; &lt;i&gt;la Norme n'exige pas que l'on s'exprime sur les OGM&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, ils se d&#233;cident &#224; vendre la f&#233;cule, dont toutes les unit&#233;s se ressemblent en mati&#232;re de qualit&#233; et de caract&#233;ristiques, sous cinq &#233;tiquettes : 1- produit issu du g.g. ; 2- produit issu du g.g., ne contient pas de mat&#233;riel modifi&#233; ; 3- m&#233;lange de produits issus et non issus du g.g. ; 4- m&#233;lange de produits issus et non issus du g.g., ne contient pas de mat&#233;riel modifi&#233; ; 5- vide, le grand silence en ce qui concerne les OGM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, l'introduction de la &lt;i&gt;Norme nationale&lt;/i&gt; fait valoir que le but de l'exercice est &#171; &lt;i&gt;d'aider les consommateurs &#224; faire des choix &#233;clair&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Toutefois, puisqu'un seul et m&#234;me produit peut porter plusieurs costumes distincts, la &lt;i&gt;Norme&lt;/i&gt; ne tient point sa promesse. Face &#224; son objectif autoproclam&#233;, elle est donc inefficace, sans parler de son &#233;thique d&#233;plorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous protestez que notre exemple est un cas rarissime ? Qu'il ne soutient pas une telle critique g&#233;n&#233;rale ? Vous avez raison. Mais attendez : dans la plupart des cas, le choix d'all&#233;gations pour un seul aliment se fera entre trois possibilit&#233;s, soit la 1, la 2 et la 5. Et il faut souligner qu'il y a toujours, sans exception, au moins deux &#233;tiquettes possibles. Demandez &#224; votre partenaire de golf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, les gens ne sont pas plus en mesure de faire un choix &#233;clair&#233;. Exprim&#233;e d'une mani&#232;re abstraite, la &lt;i&gt;Norme&lt;/i&gt; stipule seulement ce que le vendeur peut d&#233;clarer et ce qu'il ne doit pas d&#233;clarer. Une formule &#233;prouv&#233;e pour ne pas livrer aux consommateurs les informations requises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans presque toutes les situations, de l'information v&#233;rifi&#233;e sur les origines et les composants d'un aliment est disponible. Cependant, d'une mani&#232;re perverse, la Norme ne permet toujours pas que ces renseignements soient mis en lumi&#232;re. Comment ? Les paragraphes 6.1.2 et B2.5.1 prescrivent que si un aliment est obtenu de sources dont moins de 5 % sont issus du g.g., alors on peut l'&#233;tiqueter &#171; &lt;i&gt;n'est pas issu du g&#233;nie g&#233;n&#233;tique&lt;/i&gt; &#187;. Toutefois, la Norme ne permet pas au vendeur d'ajouter &#224; l'&#233;tiquette que l'aliment ne contient aucune substance &#8211; ne laisse aucune trace (prot&#233;ine, ADN) &#8211; modifi&#233;e par g&#233;nie g&#233;n&#233;tique, et ce m&#234;me si l'absence de mat&#233;riel modifi&#233; est prouv&#233;e. Ainsi, &#224; cause de ces 5 % de contamination permise &#8211; surnomm&#233;e &#171; &lt;i&gt;mat&#233;riel adventice&lt;/i&gt; &#187; &#8211; il se peut que cet aliment contienne effectivement des substances modifi&#233;es. N&#233;anmoins, la &lt;i&gt;Norme&lt;/i&gt; interdit au vendeur de d&#233;clarer cette composition transg&#233;nique. &#192; titre de comparaison, en Europe, la contamination maximale permise est de 0,9 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, cette &lt;i&gt;Norme nationale&lt;/i&gt; ne s'applique pas &#224; la composition des aliments. Les normes d'&#233;tiquetage visant la valeur nutritive et la composition des aliments sont soumises &#224; la &lt;i&gt;Loi&lt;/i&gt; et au &lt;i&gt;R&#232;glement sur les aliments et les drogues&lt;/i&gt; ainsi qu'&#224; la &lt;i&gt;Loi&lt;/i&gt; et au &lt;i&gt;R&#232;glement sur l'emballage et l'&#233;tiquetage des produits de consommation&lt;/i&gt;. Or, alors que la nature et la composition d'un produit doivent &#234;tre affich&#233;es, il s'av&#232;re que &#171; &lt;i&gt;les produits pr&#233;emball&#233;s qui sont des fruits ou des l&#233;gumes frais et qui sont emball&#233;s dans une enveloppe ou une bande&#8230; sont exempt&#233;s&lt;/i&gt; &#187; de cette disposition. Mangez-vous des patates ou, dans un avenir rapproch&#233;, mangerez-vous des bananes g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;es ? Qui sait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, la &lt;i&gt;Norme&lt;/i&gt; impose un r&#233;gime de &#171; choix &#187; selon lequel le client, en choisissant un aliment dit &#171; &lt;i&gt;issu du g.g.&lt;/i&gt; &#187;, pourrait manger un repas ne comportant aucune substance transg&#233;nique, alors qu'en choisissant l'appellation &#171; &lt;i&gt;n'est pas issu du g&#233;nie g&#233;n&#233;tique&lt;/i&gt; &#187; il se pourrait tr&#232;s bien qu'il ait le bec plein de substances g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;es. Et le brocoli ? Tant pis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que la Norme n'entre en vigueur, la Chambre des Communes se prononcera &#224; ce sujet. Savez-vous qui est votre d&#233;put&#233; ? Mais attention ! Il se peut que l'affaire soit plus complexe que le simple fait d'insister pour une norme honn&#234;te qui tient sa promesse envers les consommateurs. Selon &lt;i&gt;The Guardian&lt;/i&gt; [R-U] du 27 avril 2004, &#171; &lt;i&gt;&#8230; les &#201;tats-Unis&#8230; sont r&#233;solus &#224; porter plainte [contre l'Union europ&#233;enne devant l'OMC] afin d'interdire que les aliments issus du g&#233;nie g&#233;n&#233;tique soient &#233;tiquet&#233;s et d'emp&#234;cher que devienne obligatoire la tra&#231;abilit&#233; des cultures d'OGM&lt;/i&gt; &#187; (trad. libre). Cette affirmation, &#224; certains &#233;gards, est regrettable. N&#233;anmoins, elle a une nette cr&#233;dibilit&#233;. On peut alors avancer une hypoth&#232;se : notre &lt;i&gt;Norme nationale&lt;/i&gt; est plut&#244;t continentale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Richard Rothschild&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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