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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>L'&#233;conomie circulaire : une transition en cours vers un mod&#232;le plus soutenable ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-economie-circulaire-une-transition-en-cours-vers-un-modele-plus-soutenable</link>
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		<dc:date>2024-12-28T18:06:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Coderre-Proulx, Abigaelle Dussol, &#201;variste Feurtey</dc:creator>


		<dc:subject>Coderre-Proulx, Jean-Michel</dc:subject>
		<dc:subject>Dussol, Abigaelle</dc:subject>
		<dc:subject>Feurtey, &#201;variste</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;conomie circulaire permet de red&#233;finir notre mode de production et de consommation pour limiter l'utilisation de ressource et prot&#233;ger les &#233;cosyst&#232;mes. Elle diff&#232;re de l'&#233;conomie lin&#233;aire qui se caract&#233;rise par la cha&#238;ne de valeur suivante : extraire, fabriquer et &#233;liminer. Pour une &#233;conomie alternative, il s'agit de r&#233;cup&#233;rer ce qui se perd comme &#233;nergie dans la production ou qui se retrouve &#224; la fin du cycle pour le r&#233;investir. Au Bas-Saint-Laurent, ce mod&#232;le &#233;conomique s'implante &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Bas-Saint-Laurent-Repousser-l-horizon-" rel="directory"&gt;Dossier : Bas-Saint-Laurent. Repousser l'horizon&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Dussol-Abigaelle-+" rel="tag"&gt;Dussol, Abigaelle&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/8768.jpg?1735409055' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1427&#034; height=&#034;981&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;conomie circulaire permet de red&#233;finir notre mode de production et de consommation pour limiter l'utilisation de ressource et prot&#233;ger les &#233;cosyst&#232;mes. Elle diff&#232;re de l'&#233;conomie lin&#233;aire qui se caract&#233;rise par la cha&#238;ne de valeur suivante : extraire, fabriquer et &#233;liminer. Pour une &#233;conomie alternative, il s'agit de r&#233;cup&#233;rer ce qui se perd comme &#233;nergie dans la production ou qui se retrouve &#224; la fin du cycle pour le r&#233;investir. Au Bas-Saint-Laurent, ce mod&#232;le &#233;conomique s'implante &#224; travers de nombreuses initiatives citoyennes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e au Qu&#233;bec, pr&#232;s de 271 millions de tonnes de ressources entrent dans les syst&#232;mes de production et de consommation, soit un niveau sup&#233;rieur &#224; la moyenne canadienne. Or, seulement 3,5 % de ces ressources sont dites &#171; circularis&#233;es &#187; en 2022. Pour rem&#233;dier &#224; cette situation, nous devons r&#233;duire cette consommation insoutenable des ressources. C'est pourquoi il est pertinent de s'interroger sur le sujet suivant : peut-on miser sur l'&#233;conomie circulaire pour r&#233;duire notre consommation de mani&#232;re viable &#224; long terme ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;conomie circulaire et d&#233;croissance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; premi&#232;re vue, il serait erron&#233; de voir l'&#233;conomie circulaire comme une voie d'acc&#232;s vers la d&#233;croissance. L'&#233;conomie circulaire vise plut&#244;t un d&#233;couplage de la croissance &#233;conomique et de la consommation grandissante de ressources naturelles. Valoriser ses mati&#232;res r&#233;siduelles ou implanter des mesures d'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique n'emp&#234;che pas une entreprise de faire des profits ou d'&#234;tre en croissance, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, l'&#233;conomie circulaire peut &#234;tre vue comme une solution transitoire de transformation &#233;conomique et sociale qui guide les acteurs &#233;conomiques vers l'atteinte d'objectifs de la d&#233;croissance. L'&#233;conomie circulaire introduit des concepts fondamentaux partag&#233;s par l'approche ax&#233;e sur la d&#233;croissance, comme la mutualisation ou la coop&#233;ration. En cela, l'&#233;conomie circulaire permet aux entreprises de d&#233;roger du cadre &#233;conomique dominant reposant sur l'extraction d'une ressource, la transformation et la vente de celle-ci, r&#233;sultant en bout de piste par la production d'un d&#233;chet et/ou de gaz &#224; effet de serre. Elle permet une sensibilisation des acteur&#183;rices, les invitant &#224; remettre en question les fa&#231;ons de faire dans l'ensemble du cycle &#233;conomique (extraction, production, transformation, consommation, fin de vie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre r&#233;ellement compatible avec la d&#233;croissance, il faut cependant que les gains d'efficacit&#233; engendr&#233;s par l'&#233;conomie circulaire soient r&#233;investis en actifs immat&#233;riels, par exemple en temps de repos, et non en production suppl&#233;mentaire. Plus concr&#232;te et socialement accept&#233;e que la d&#233;croissance, l'&#233;conomie circulaire peut donc &#234;tre comprise comme une &#233;tape essentielle qui peut conduire nos soci&#233;t&#233;s vers une transformation beaucoup plus large de nos fa&#231;ons de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques exemples au Bas-Saint-Laurent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il existe au Bas-Saint-Laurent une forte culture ax&#233;e sur la concertation, les circuits courts, la valorisation des mati&#232;res et le partage de ressources. Aujourd'hui, cette mentalit&#233; s'incarne de plusieurs fa&#231;ons &#224; travers des projets men&#233;s tant par la communaut&#233; bas-laurentienne que par des entreprises et OBNL de notre r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, le Bas-Saint-Laurent est le premier territoire canadien membre du regroupement mondial Fabcity, un large r&#233;seau de villes et de territoires autosuffisants. Nomm&#233; &lt;em&gt;FabR&#233;gion Bas-Saint-Laurent&lt;/em&gt;, cette d&#233;marche mobilise un grand nombre d'acteur&#183;rices, (&#233;lu&#183;es, citoyen&#183;nes, expert&#183;es et institutions de recherche) dans le but d'atteindre d'ici 2054 un seuil d'autosuffisance de 50 % de nos consommations. Apr&#232;s un diagnostic de la situation r&#233;alis&#233; en 2021-2023, la seconde phase 2023-2026 visera &#224; passer &#224; l'action en mettant en &#339;uvre des projets d'autosuffisance territoriale dans les diff&#233;rents axes de travail suivants : se v&#234;tir, se nourrir, se transporter et se loger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve aussi une grande concertation r&#233;gionale sur les plastiques agricoles (notamment les plastiques employ&#233;s pour l'ensilage), puisque le Bas-Saint-Laurent se classe au troisi&#232;me rang des r&#233;gions utilisatrices au Qu&#233;bec, avec pr&#232;s de 1000 tonnes de plastique agricole produit annuellement. Un projet d&#233;but&#233; en 2021, pilot&#233; par &#201;lyme Conseils, a permis de mettre en relation l'ensemble des acteur&#183;rices de la cha&#238;ne de valeur afin de d&#233;terminer comment r&#233;duire &#224; la source leur utilisation par de meilleures pratiques et comment am&#233;liorer le taux de recyclage de ces mati&#232;res. La situation est d'autant plus urgente &#224; traiter que ce taux de r&#233;cup&#233;ration est actuellement de seulement 10 % (le reste se retrouvant &#224; l'enfouissement ou &#224; la valorisation &#233;nerg&#233;tique) et qu'une r&#232;glementation provinciale va encadrer prochainement leur gestion et obliger l'atteinte de cibles plus ambitieuses d'ici juin 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; une &#233;chelle plus locale, un projet de Synergie Matanie est en cours d'implantation &#224; Matane pour r&#233;aliser un incubateur d'entreprises en &#233;conomie circulaire dans une usine laiss&#233;e &#224; l'abandon depuis 2012, l'usine RockTenn. Ce projet implique la r&#233;habilitation compl&#232;te du site (d&#233;contamination, r&#233;habilitation des installations et partage de l'espace) pour permettre de d&#233;marrer des entreprises et des projets innovateurs dans un environnement con&#231;u pour g&#233;n&#233;rer des symbioses industrielles. Ce projet est novateur dans son concept puisqu'il envisage d'autres perspectives que la construction de nouveaux b&#226;timents, celle de la valorisation des &#171; verrues urbaines &#187; comme solutions &#224; la crise du logement que la plupart des r&#233;gions du Qu&#233;bec connaissent actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, on retrouve aussi des entreprises qui innovent en &#233;conomie circulaire en trouvant des d&#233;bouch&#233;s pour des sous-produits. C'est le cas par exemple de l'entreprise Ellipse conservation, qui revalorise des r&#233;sidus d'&#233;picerie pour les transformer en collation &#224; partir d'un processus de lyophilisation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Freins et perspectives d'avenir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les initiatives foisonnent au Bas-Saint-Laurent pour mettre en place des produits et services faits par et pour la communaut&#233; dans le but de tendre vers une carboneutralit&#233; et une forte autonomie r&#233;gionale. De plus en plus d'entrepreneur&#183;euses, d'&#233;lu&#183;es municipaux et de citoyen&#183;nes sont conscient&#183;es des gains &#233;conomiques et sociaux que l'&#233;conomie circulaire peut apporter &#224; leur entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance &#233;conomique a apport&#233; au Qu&#233;bec une prosp&#233;rit&#233; qui profite beaucoup &#224; de nombreuses industries. Toutefois, pour faire face aux enjeux socio&#233;conomiques et environnementaux propres &#224; notre &#233;poque, un changement de paradigme doit s'op&#233;rer. Il nous faut, pour reprendre la d&#233;finition du d&#233;veloppement durable de Gro Harlem Brundtland, pr&#233;sidente de la commission mondiale sur l'environnement et le d&#233;veloppement, &#171; r&#233;pondre &#224; nos besoins actuels sans compromettre la capacit&#233; des g&#233;n&#233;rations futures &#224; r&#233;pondre aux leurs &#187;. Maximiser le potentiel de circularit&#233; de l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise nous semble une avenue porteuse pour respecter un tel engagement au regard du d&#233;fi important qu'il reste encore &#224; surmonter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour y arriver, il importe de faire lever les nombreux freins qui emp&#234;chent de prendre le virage vers l'&#233;conomie circulaire. Ceux-ci sont souvent de nature financi&#232;re ou r&#232;glementaire. Par exemple, concernant les plastiques agricoles au Bas-Saint-Laurent, la plupart des municipalit&#233;s r&#233;gionales de comt&#233; (MRC) et producteur&#183;rices de la r&#233;gion souhaiteraient s'aligner vers des collectes porte &#224; porte par conteneur qui permettent d'atteindre les cibles gouvernementales de mani&#232;re p&#233;renne. Or, que faire lorsque la nouvelle r&#233;glementation implant&#233;e ne tient pas compte des meilleures pratiques du secteur, de la volont&#233; de plusieurs organisations du milieu, et rend le financement de telles initiatives plus difficiles qu'auparavant ? Il faut mobiliser les acteur&#183;rices apr&#232;s coup pour faire adopter des ajustements aux r&#232;glements. D'ailleurs, un tel front commun s'est mis en place au cours des derni&#232;res semaines et des discussions en ce sens sont en cours pour obtenir gain de cause au niveau provincial. Cette situation est contre-productive et constitue une d&#233;plorable perte de temps. Et elle n'est malheureusement pas isol&#233;e ! Pour la valorisation des r&#233;sidus de viande, par exemple, des initiatives technologiques existent et permettraient de r&#233;duire le volume de ces r&#233;sidus de 80 %, mais ce sont des normes sanitaires qui bloquent la r&#233;alisation de projets pilotes en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'organisme d'accompagnement, on se demande comment soutenir les entreprises de mani&#232;re p&#233;renne alors que le financement du gouvernement est allou&#233; au projet, et non &#224; la mission. La transition vers une &#233;conomie plus propre et durable exigera de nos gouvernements et des institutions publiques une grande proactivit&#233; et un soutien continu envers les acteurs locaux qui sont beaucoup plus dispos&#233;s qu'on le pense &#224; changer les fa&#231;ons de faire. Cela passera donc par une reconnaissance du travail des organismes d'accompagnement en d&#233;veloppement durable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jean-Michel Coderre-Proulx, Abigaelle Dussol et &#201;variste Feurtey, &#201;lyme conseils, Organisme sp&#233;cialis&#233; en d&#233;veloppement durable bas&#233; &#224; Rimouski&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : La p&#234;cheuse de crabe Louise Lemay durant une sortie sur le crabier, un matin de printemps. Ann&#233;es 1990, au large de Rimouski. Au loin, on voit l'&#238;le Saint-Barnab&#233; (Michel Dompierre).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La t&#234;te dans le sable bitumineux</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-tete-dans-le-sable-bitumineux</link>
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		<dc:date>2008-07-21T14:06:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;variste Feurtey</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Energie</dc:subject>
		<dc:subject>Arctique et Grand nord</dc:subject>
		<dc:subject>Feurtey, &#201;variste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'exploitation acc&#233;l&#233;r&#233;e des sables bitumineux constitue le principal enjeu de la politique &#233;nerg&#233;tique du Canada dans la perspective du protocole de Kyoto. Les sables bitumineux sont la principale source d'&#233;mission de gaz &#224; effet de serre (GES) au Canada et la principale raison de leur hausse. Avec tous les projets de d&#233;veloppement actuellement en cours et approuv&#233;s par le gouvernement, la production de GES canadiens va doubler entre 2000 et 2012. Face &#224; ce constat, on comprend mieux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-17-dec-2006-jan-2007-" rel="directory"&gt;No 017 - d&#233;c. 2006 / jan. 2007&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Energie-+" rel="tag"&gt;Energie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arctique-et-Grand-nord-+" rel="tag"&gt;Arctique et Grand nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feurtey-Evariste-+" rel="tag"&gt;Feurtey, &#201;variste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'exploitation acc&#233;l&#233;r&#233;e des sables bitumineux constitue le principal enjeu de la politique &#233;nerg&#233;tique du Canada dans la perspective du protocole de Kyoto. Les sables bitumineux sont la principale source d'&#233;mission de gaz &#224; effet de serre (GES) au Canada et la principale raison de leur hausse. Avec tous les projets de d&#233;veloppement actuellement en cours et approuv&#233;s par le gouvernement, la production de GES canadiens va doubler entre 2000 et 2012. Face &#224; ce constat, on comprend mieux pourquoi le gouvernement conservateur de Harper et la ministre de l'Environnement Rona Ambrose ont annonc&#233;, le 20 octobre dernier, que le Canada repousse &#224; 2050 ses objectifs de r&#233;duction de GES.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En fait, ce que l'on observe depuis l'arriv&#233;e des conservateurs au pouvoir, c'est l'interf&#233;rence croissante du lobby des producteurs de p&#233;trole sur la politique &#233;nerg&#233;tique du Canada. Ces nouveaux rois du p&#233;trole nord-am&#233;ricains, chefs de multinationales am&#233;ricaines et canadiennes, investiront plus de 125 milliards $ dans l'exploitation des sables bitumineux au cours de la prochaine d&#233;cennie. D'ici 2015, les revenus des sables bitumineux devraient rapporter annuellement plus de 2,4 milliards $ au gouvernement de l'Alberta, et 3,5 milliards $ au gouvernement f&#233;d&#233;ral&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Toutes les donn&#233;es empiriques de cet article proviennent de l'Office (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces chiffres parlent d'eux-m&#234;mes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La ru&#233;e vers l'or noir albertain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au milieu des ann&#233;es 1990, les investissements dans les sables bitumineux &#233;taient risqu&#233;s et peu rentables, d&#251; principalement au prix relativement bas du baril de p&#233;trole sur le march&#233; (autour de 30-35 $). Mais depuis, la forte demande mon-diale en p&#233;trole, propulsant le prix du baril au-del&#224; de 50 $, a compl&#232;tement modifi&#233; la donne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pop&#233;e bitumineuse en Alberta a &#233;t&#233; stimul&#233;e par l'adoption, en 1996, d'une politique fiscale incitative du gouvernement de Ralph Klein. Selon celle-ci, tout promoteur n'est tenu de payer que 1 % de redevances sur ses revenus bruts, tant et aussi longtemps que ses co&#251;ts d'investissement n'aient &#233;t&#233; &#233;pong&#233;s. Apr&#232;s quoi, ce taux est major&#233; &#224; 25 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique tr&#232;s avantageuse, la hausse du prix du baril de p&#233;trole et l'am&#233;lioration des technologies d'extraction ont grandement contribu&#233; &#224; l'essor faramineux du d&#233;veloppement des sables bitumineux, dont la production en 2004 atteignait 1,1 million de barils par jour. Aujourd'hui en 2006, les sables bitumineux repr&#233;sentent 45 % de toute la production canadienne de p&#233;trole brut. Et cette part ira en augmentant avec le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exploitation des sables bitumineux est devenue une op&#233;ration si rentable, qu'elle suscite un engouement sans pr&#233;c&#233;dent chez les promoteurs p&#233;troliers du monde entier. En tenant compte des projets majeurs en cours et des investissements annonc&#233;s dans cette industrie, les experts &#233;valuent qu'on triplera, en dix ans, la production actuelle de p&#233;trole pour atteindre 3 millions de barils par jour en 2015, et 5 millions de barils en 2030. Au rythme de cette expansion ph&#233;nom&#233;nale, on &#233;value que les r&#233;serves de sables bitumineux seront &#233;puis&#233;es d'ici 50 ans, au mieux 80 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une production totale assur&#233;e de 176 milliards de barils de p&#233;trole au cours des prochaines d&#233;cennies, les sables bitumineux de l'Alberta sont le second gisement en importance d'hydrocarbure exploitable (apr&#232;s l'Arabie Saoudite) avec 15 % des ressources mondiales en p&#233;trole. C'est dire toute l'importance strat&#233;gique que rev&#234;t l'exploitation de cette ressource dans le contexte mondial actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#233;trole canadien d&#233;riv&#233; des sables bitumineux a un potentiel &#233;lev&#233; d'expansion sur les march&#233;s : d'abord, saturation du march&#233; int&#233;rieur canadien, puis augmentation de son volume d'exportations actuelles vers les &#201;.-U. tout en &#233;largissant ce march&#233; &#224; la Californie et, finalement, ouverture sur le march&#233; asiatique pour combler la forte demande en p&#233;trole des pays &#233;mergents comme la Chine et l'Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;.-U., avec une capacit&#233; de raffinage de 16 millions de barils par jour, repr&#233;sentent le principal march&#233; d'exportation &#224; d&#233;velopper, d'autant plus que la capacit&#233; pipelini&#232;re de transport est d&#233;j&#224; install&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2002, 63 % de la production de p&#233;trole brut de l'Alberta &#233;tait d&#233;j&#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qui laisse pr&#233;sager un rapport de d&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique encore plus &#233;troit entre les &#201;.-U. et le Canada dans les ann&#233;es &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Impacts environnementaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comparativement &#224; l'extraction du p&#233;trole conventionnel, l'extraction des sables bitumineux est cinq fois plus &#233;nergivore et g&#233;n&#232;re trois fois plus d'&#233;missions de GES. C'est la ressource fossile la plus polluante et la plus &#233;nergivore qui soit, dont l'exploitation est en parfaite contradiction avec les principes animant le protocole de Kyoto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre cet apport important en &#233;mission de GES, l'exploitation des sables bitumineux entra&#238;ne d'autres impacts environnementaux majeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;servation de l'eau. L'extraction des sables bitumineux n&#233;cessite une &#233;norme quantit&#233; d'eau. Il faut en moyenne trois barils d'eau pour produire un baril de p&#233;trole. Actuellement, l'eau utilis&#233;e provient de la rivi&#232;re Athabasca, un affluent du Mackenzie. Les retraits en eau effectu&#233;s par l'industrie bitumineuse s'&#233;l&#232;vent &#224; 140 millions de m3 annuellement, soit l'&#233;quivalent de la consommation en eau de la ville de Calgary (800 000 hab.) Pour mener &#224; bien les nouveaux projets d'exploitation, il faudrait augmenter encore de 50 % les pr&#233;l&#232;vements en eau dans la rivi&#232;re, ce qui, selon une r&#233;cente &#233;tude, est physiquement impossible sans mettre en danger l'approvisionnement en eau potable de la Saskatchewan et des Territoires du Nord-Ouest&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tude r&#233;alis&#233;e par la Sage Foundation et le Fonds mondial de la nature, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour solutionner ce probl&#232;me, on envisage le d&#233;tournement de rivi&#232;res secondaires et d'importants stockages d'eau dans des r&#233;servoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gestion des mati&#232;res toxiques. Les eaux utilis&#233;es dans l'extraction du bitume sont grandement contamin&#233;es par des m&#233;taux lourds (m&#233;thane, arsenic, mercure) et ne sont donc pas retourn&#233;es &#224; la rivi&#232;re. Ces eaux toxiques et naus&#233;abondes sont plut&#244;t stock&#233;es dans d'immenses bassins de d&#233;cantation, constituant ainsi un probl&#232;me majeur pour la sant&#233; publique et l'environnement. Par ailleurs, l'infiltration des eaux de surface dans les sites d'enfouissement des d&#233;chets solides repr&#233;sente &#233;galement un risque de contamination de la nappe phr&#233;atique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;t&#233;rioration des &#233;cosyst&#232;mes. La d&#233;forestation, l'excavation du sol en profondeur, l'occupation du sol par des m&#233;ga-usines de transformation et des infrastructures de transport (r&#233;seau de pipeline, routes, etc.), toutes ces activit&#233;s ont des impacts irr&#233;m&#233;diables sur l'environnement. D'autant plus qu'il n'y a aucune obligation l&#233;gale pour les promoteurs de r&#233;habiliter les terrains. Apr&#232;s qu'ils aient gravement pertub&#233; les &#233;cosyst&#232;mes depuis dix ans, on observe aujourd'hui leurs effets n&#233;gatifs sur la biodiversit&#233; : diminution de 10 % des terres humides, disparition des tourbi&#232;res et des plantes indig&#232;nes, r&#233;duction de l'habitat de la faune sauvage mettant en p&#233;ril la survie de certaines esp&#232;ces animales comme le caribou des bois, le lynx, la martre et divers oiseaux des bois.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un n&#233;cessaire retour &#224; la raison &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si l'expansion bitumineuse s'acc&#233;l&#232;re au rythme pr&#233;vu, on &#233;value que les dommages environnementaux affecteront jusqu'&#224; 20 % du territoire albertain. Un moratoire s'impose... pour emp&#234;cher un d&#233;sastre &#233;cologique &#224; grande &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tout ce d&#233;lire, il y a n&#233;anmoins une lueur d'espoir : les habitantes de l'Alberta commencent &#224; s'interroger sur l'acceptabilit&#233; sociale de l'exploitation effr&#233;n&#233;e des sables bitumineux. Selon un sondage r&#233;alis&#233; en avril 2006 par le Pembina Institute, 86 % des Albertaines souhaitent qu'on &#171; &lt;i&gt;exige des entreprises qu'elles diminuent leurs &#233;missions de GES&lt;/i&gt; &#187;. C'est peut-&#234;tre le d&#233;but de la contestation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essor de l'industrie des sables bitumineux est devenu le moteur &#233;conomique de l'Alberta et l'enjeu majeur de la politique &#233;nerg&#233;tique du gouvernement Harper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure du protocole de Kyoto, le temps presse pour exploiter le filon bitumineux. C'est ainsi que le gouvernement Harper met tous ses efforts &#224; renier ses engagements et &#224; retarder l'atteinte des objectifs du protocole de Kyoto. Loin de lutter contre les changements climatiques, la politique actuelle du gouvernement Harper fait tout pour encourager l'industrie des sables bitumineux qui, en 2012, sera responsable de 50 % des &#233;missions canadiennes de gaz &#224; effet de serre. L'enjeu en cours est simple : des milliards $ de profits &#224; court terme pour le lobby p&#233;trolier nord-am&#233;ricain au d&#233;triment des cons&#233;quences du r&#233;chauffement plan&#233;taire pour les g&#233;n&#233;rations futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sinon, comment expliquer ces d&#233;cisions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. le renoncement du Canada &#224; atteindre les objectifs de Kyoto pour l'ann&#233;e 2012 et leur report jusqu'en 2050 ! ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. l'annulation du budget de 10 miliards $ consacr&#233; au plan canadien de lutte contre les changements climatiques ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. le prolongement de l'all&#232;gement fiscal consenti aux promoteurs de l'industrie bitumineuse ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. l'abolition du cr&#233;dit &#224; l'Encouragement Pour l'&#201;nergie &#201;olienne dans le &#171; plan vert f&#233;d&#233;ral &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le refus de valider le &#171; plan vert &#187; qu&#233;b&#233;cois (y compris le transfert de 328 millions $), tout en d&#233;bloquant en m&#234;me temps des fonds importants pour appuyer l'Ontario dans son &#171; programme de r&#233;duction du smog &#187;. Il est vrai que le plan vert du Qu&#233;bec est ax&#233; sur les &#233;nergies renouvelables et que l'Ontario (sans aucun plan vert int&#233;gr&#233;) est toujours de plus en plus assoiff&#233; de p&#233;trole albertain !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et finalement, le comble... Comment expliquer les comportements erratiques de la ministre Ambrose : d&#233;clarations provocantes, ent&#234;tements, contradictions, multiples volte-face, refus d'entendre... Elle fut la &#171; honte canadienne &#187; &#224; la Conf&#233;rence de Nairobi. Oui, Madame Ambrose, vous avez tout int&#233;r&#234;t, comme le volatile, &#224; vous enfouir profond&#233;ment la t&#234;te dans le... bitume !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Toutes les donn&#233;es empiriques de cet article proviennent de l'Office National de l'&#201;nergie du Canada.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 2002, 63 % de la production de p&#233;trole brut de l'Alberta &#233;tait d&#233;j&#224; export&#233;e vers les &#201;.-U. (source O.N.&#201;.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tude r&#233;alis&#233;e par la Sage Foundation et le Fonds mondial de la nature, section Canada,&lt;i&gt; Le Devoir&lt;/i&gt;, 9 novembre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;variste Feurtey&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ing. Jr., sp&#233;cialiste en &#233;nergie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un monde &#224; bout d'&#233;nergie</title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-monde-a-bout-d-energie</link>
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		<dc:date>2008-07-15T19:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luciano Benvenuto, &#201;variste Feurtey</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Energie</dc:subject>
		<dc:subject>Benvenuto, Luciano </dc:subject>
		<dc:subject>Feurtey, &#201;variste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La consommation mondiale d'&#233;nergie primaire a augment&#233; ces dix derni&#232;res ann&#233;es de 13 % pour s'&#233;tablir &#224; un niveau de 9,405 M de T.E.P. Comme nous pouvons le constater &#224; la figure 1 ci-dessous, les combustibles fossiles (p&#233;trole, gaz naturel et charbon) r&#233;pondent &#224; nos besoins &#233;nerg&#233;tiques &#224; hauteur de 85 %, le reste du g&#226;teau &#233;tant partag&#233; par le nucl&#233;aire et les &#233;nergies renouvelables (hydraulique compris). Cela d&#233;montre notre &#233;norme d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard des producteurs de p&#233;trole et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-energie-du-desespoir-" rel="directory"&gt;Dossier : L'&#233;nergie du d&#233;sespoir&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Energie-+" rel="tag"&gt;Energie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Benvenuto-Luciano-+" rel="tag"&gt;Benvenuto, Luciano &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feurtey-Evariste-+" rel="tag"&gt;Feurtey, &#201;variste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La consommation mondiale d'&#233;nergie primaire a augment&#233; ces dix derni&#232;res ann&#233;es de 13 % pour s'&#233;tablir &#224; un niveau de 9,405 M de T.E.P.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M de T.E.P. : Million de tonnes &#233;quivalent p&#233;trole. Toutes les donn&#233;es de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Comme nous pouvons le constater &#224; la figure 1 ci-dessous, les combustibles fossiles (p&#233;trole, gaz naturel et charbon) r&#233;pondent &#224; nos besoins &#233;nerg&#233;tiques &#224; hauteur de 85 %, le reste du g&#226;teau &#233;tant partag&#233; par le nucl&#233;aire et les &#233;nergies renouvelables (hydraulique compris). Cela d&#233;montre notre &#233;norme d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard des producteurs de p&#233;trole et de gaz naturel, qui devrait cro&#238;tre si rien n'est fait au niveau politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par r&#233;gion g&#233;ographique (fig. 2), il ressort rapidement que les pays industrialis&#233;s ou occidentaux s'accaparent &#224; eux seuls quasiment la moiti&#233; de la consommation mondiale d'&#233;nergie. L'Asie est en plein essor et sa part est en constante croissance avec notamment l'&#233;mergence de deux grandes nations : la Chine et l'Inde. L'Am&#233;rique du Sud et l'Afrique repr&#233;sentent quant &#224; elles seulement 8 % de la consommation mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bilan des r&#233;serves mondiales en &#233;nergies fossiles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2001, les donn&#233;es sur l'&#233;valuation des r&#233;serves mondiales d'&#233;nergies fossiles &#233;taient les suivantes (voir figure 3) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le charbon y d&#233;tient la plus grande part avec 65 % du total et une dur&#233;e de vie, au rythme de consommation actuel, de plus de deux si&#232;cles. C'est lui qui poss&#232;de la plus forte intensit&#233; carbonique parmi les &#233;nergies fossiles avec 95 kg de CO2 par GJ. Ses lieux de consommation sont principalement l'Asie &#224; 40 % et les &#201;tats-Unis &#224; 32 %. Le charbon assure 38 % de la production d'&#233;lectricit&#233; mondiale et constitue la mati&#232;re premi&#232;re la plus exploit&#233;e en sid&#233;rurgie. Son r&#244;le est indispensable &#224; long terme, car cette source d'&#233;nergie est stable et abondante. Le charbon est surtout n&#233;cessaire pour les pays en d&#233;veloppement l&#224; o&#249; il est produit. Mais son utilisation requiert principalement des am&#233;liorations techniques pour diminuer notamment la pollution engendr&#233;e par les GES &#233;mis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;serves de p&#233;trole repr&#233;sentent quant &#224; elles 18 % des r&#233;serves mondiales d'&#233;nergies fossiles et permettent une marge d'exploitation estim&#233;e &#224; 40 ans avec le rythme de consommation actuel. Ses &#233;missions de carbone sont comprises entre 70 et 80 kg de CO2 par GJ, ce qui est plus faible que le charbon. Il est consomm&#233; &#224; 31 % pour l'Am&#233;rique du Nord seulement, 21 % pour l'Asie et 17,8 % pour l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des pays producteurs de p&#233;trole sont regroup&#233;s dans l'O.P.E.P. qui repr&#233;sente 78 % de ces r&#233;serves. Le plus important est l'Arabie Saoudite avec le quart des r&#233;serves. Avec l'&#233;puisement du p&#233;trole pr&#233;vu vers les ann&#233;es 2040-50, il faudra trouver d'ici 15 ans une &#233;nergie de remplacement, car au rythme actuel, les pays consommateurs seront de plus en plus d&#233;pendants des pays producteurs. Les technologies innovantes pour am&#233;liorer son extraction et sa r&#233;cup&#233;ration et la d&#233;couverte de nouveaux gisements ne devraient retarder la fin annonc&#233;e de l'&#232;re du p&#233;trole que de quelques ann&#233;es. Sa raret&#233; croissante entra&#238;ne la flamb&#233;e de sa valeur et la cupidit&#233; des p&#233;troli&#232;res et associ&#233;s les entra&#238;ne &#224; outrepasser les lois environnementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gaz naturel. Ses ressources mondiales sont de 17 % et ont une esp&#233;rance d'exploitation de l'ordre de 60 ans. L'&#233;nergie gazi&#232;re &#233;met nettement moins de CO2 (57 kg par GJ) que le p&#233;trole. C'est donc la source la moins polluante des &#233;nergies fossiles, tout en ayant un rendement &#233;nerg&#233;tique quasiment identique au p&#233;trole. C'est le type d'&#233;nergie la plus utilis&#233;e pour le chauffage et il sert dans l'industrie principalement comme combustible ou mati&#232;re premi&#232;re. Le march&#233; du gaz est en plein essor partout dans le monde. Sa consommation est importante dans les pays d&#233;velopp&#233;s. Tout comme pour le p&#233;trole, l'Europe et les &#201;tats-Unis devront trouver &#224; court terme des solutions pour pallier &#224; leur d&#233;pendance croissante en approvisionnement en gaz. Toutefois les pays producteurs sont l&#233;g&#232;rement diff&#233;rents, les r&#233;serves &#233;tant majoritairement en Russie (35 %), au Moyen-Orient (36 %) et en Europe de l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nucl&#233;aire a pris son essor lors des grandes crises p&#233;troli&#232;res de 1973 et de 1979. Face &#224; la flamb&#233;e des prix du p&#233;trole et &#224; l'accroissement massif de la demande &#233;nerg&#233;tique, certains pays ont manifest&#233; un d&#233;sir ardent d'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique en recourant au nucl&#233;aire. Aujourd'hui, il y a quelques 441 r&#233;acteurs en fonctionnement dont 146 en Europe et 125 en Am&#233;rique du Nord. Cette source d'&#233;nergie assure 7 % de la consommation mondiale, soit l'&#233;quivalent de la part de l'hydro&#233;lectricit&#233;. Depuis la catastrophe de Tchernobyl, cette nucl&#233;arisation s'est quasiment totalement arr&#234;t&#233;e partout dans les pays occidentaux. Les r&#233;serves d'uranium (&#233;valu&#233;es &#224; 60 ans) sont principalement r&#233;parties en Australie (28 %), au Kazakhstan (15 %) et au Canada (14 %) qui est le premier producteur d'uranium au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les perspectives de d&#233;veloppement de cette &#233;nergie sont maintenant en Asie et en Europe de l'Est qui se partagent &#224; elles seules les 33 r&#233;acteurs en construction. En fait, ce sont les pays ne poss&#233;dant pas d'autres ressources &#233;nerg&#233;tiques qui tentent de la d&#233;velopper (Cor&#233;e du Sud, Japon, Ta&#239;wan, Chine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La hantise du nucl&#233;aire semble toutefois s'effriter et sera probablement remise en question dans la prochaine d&#233;cennie, qui co&#239;ncide avec la fin de la mise en service de plusieurs centrales nucl&#233;aires aux &#201;tats-Unis, au Canada et ailleurs. Derni&#232;rement, le gouvernement Bush a donn&#233; son aval au re-d&#233;veloppement de l'&#233;nergie nucl&#233;aire, consid&#233;r&#233;e maintenant comme &#171; &lt;i&gt;une composante majeure de la politique &#233;nerg&#233;tique nationale&lt;/i&gt; &#187;. Curieusement, le gouvernement Harper vient d'abonder dans le m&#234;me sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs pays jaugent aujourd'hui le nucl&#233;aire de mani&#232;re diff&#233;rente selon que cette &#233;nergie rev&#234;t un caract&#232;re strat&#233;gique pour contrer leur d&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique. Il n'existe en fait aucun consensus social ou politique sur cette forme d'&#233;nergie. L'&#233;nergie nucl&#233;aire, bien que non &#233;mettrice de GES, ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une source d'&#233;nergie durable &#224; cause notamment de ses nombreux probl&#232;mes s&#233;curitaires (accidents, d&#233;chets radioactifs, prolif&#233;ration nucl&#233;aire). C'est en 2012, &#224; l'&#233;ch&#233;ance du protocole de Kyoto, que se posera v&#233;ritablement la question du r&#244;le du nucl&#233;aire dans notre soci&#233;t&#233; future.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;nergies renouvelables ne repr&#233;sentent que 8 % (1 % si on exclut l'hydro&#233;lectricit&#233;) de la demande d'&#233;nergie mondiale mais leur part devrait augmenter substantiellement d'ici 2015 en vue de respecter les accords de Kyoto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Canada, gr&#226;ce &#224; son potentiel hydro&#233;lectrique, est le chef de file mondial dans l'utilisation de ces formes d'&#233;nergie propre. Environ 17 % de son approvisionnement en &#233;nergie primaire provient des &#233;nergies renouvelables, comparativement &#224; 6 % pour les autres pays de l'OCDE. Le Canada a ainsi produit 13,3 % de l'hydro&#233;lectricit&#233; mondiale en 2002. Le potentiel hydro&#233;lectrique pr&#233;sente des perspectives int&#233;ressantes de d&#233;veloppement, surtout en Am&#233;rique du Sud et en Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;nergie &#233;olienne conna&#238;t depuis les deux derni&#232;res d&#233;cennies la croissance la plus &#233;lev&#233;e, avec un taux de 20 &#224; 30 % annuellement, et aucune perspective d'essoufflement n'appara&#238;t &#224; l'horizon. Au contraire. L'essor faramineux de la technologie &#233;olienne a permis une augmentation de 500 % de sa production &#233;nerg&#233;tique par rapport &#224; 1997. Cette &#233;volution est particuli&#232;rement spectaculaire en Europe, o&#249; on retrouve 70 % de la production mondiale d'&#233;nergie &#233;olienne avec comme chefs de file : l'Allemagne (14,612 MW), l'Espagne (6,420 MW) et le Danemark (3,076 MW). On estime actuellement la puissance &#233;olienne r&#233;cup&#233;rable &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire au double de ce que sera la demande mondiale en &#233;lectricit&#233; pr&#233;vue pour l'an 2020. Il y a de quoi &#234;tre souffl&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une crise de l'&#233;nergie &#224; l'horizon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au rythme actuel de la croissance de la consommation &#233;nerg&#233;tique mondiale d'une part et de la diminution des ressources disponibles d'autre part, la catastrophe &#171; d'un monde en manque d'&#233;nergie &#187; appara&#238;t in&#233;luctable. L'&#233;nergie va devenir in&#233;vitablement un enjeu crucial au cours du XX1e si&#232;cle. L'&#233;tat de la balance &#233;nerg&#233;tique de certains pays (voir figure 4) aura des impacts majeurs sur la g&#233;opolitique du monde. De vrais choix &#233;nerg&#233;tiques pour l'avenir des g&#233;n&#233;rations s'imposent d&#232;s aujourd'hui. Et le constat est clair : seules les &#233;nergies renouvelables sont garantes de l'environnement et &#233;conomiquement rentables &#224; long terme pour l'approvisionnement en &#233;nergie. Il n'en reste pas moins que la meilleure &#233;nergie qui soit est celle que l'on ne consomme pas... Pourquoi tant d'ent&#234;tement ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M de T.E.P. : Million de tonnes &#233;quivalent p&#233;trole. Toutes les donn&#233;es de cet article sont tir&#233;es de &#171; &lt;i&gt;L'&#233;nergie dans le monde, au Canada et au Qu&#233;bec&lt;/i&gt; &#187;, M. Benhaddadi, G. Olivier, Polytechnique de Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;variste Feurtey&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ing. Jr., Sp&#233;cialiste en &#233;nergie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;avec la collaboration de &lt;strong&gt;Luciano Benvenuto&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; quand la cr&#233;ation d'&#201;ole-Qu&#233;bec ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/A-quand-la-creation-d-Eole-Quebec</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/A-quand-la-creation-d-Eole-Quebec</guid>
		<dc:date>2008-07-14T19:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;variste Feurtey</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Energie</dc:subject>
		<dc:subject>Feurtey, &#201;variste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Canada vient de d&#233;cider qu'il ne se conformerait pas aux exigences de Kyoto, qui sont pourtant minimales. Le Qu&#233;bec, se glorifiant d'&#233;mettre moins de GES que d'autres provinces, prend une direction similaire avec sa nouvelle politique &#233;nerg&#233;tique ax&#233;e sur les &#233;nergies fossiles (exploration gazi&#232;re dans le Golfe, port m&#233;thanier &#224; Cacouna). Les alternatives d'&#233;nergie propre sont sciemment n&#233;glig&#233;es en d&#233;pit du fait que contrairement aux &#233;nergies conventionnelles, qui voient leurs prix (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-energie-du-desespoir-" rel="directory"&gt;Dossier : L'&#233;nergie du d&#233;sespoir&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Energie-+" rel="tag"&gt;Energie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feurtey-Evariste-+" rel="tag"&gt;Feurtey, &#201;variste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Canada vient de d&#233;cider qu'il ne se conformerait pas aux exigences de Kyoto, qui sont pourtant minimales. Le Qu&#233;bec, se glorifiant d'&#233;mettre moins de GES que d'autres provinces, prend une direction similaire avec sa nouvelle politique &#233;nerg&#233;tique ax&#233;e sur les &#233;nergies fossiles (exploration gazi&#232;re dans le Golfe, port m&#233;thanier &#224; Cacouna). Les alternatives d'&#233;nergie propre sont sciemment n&#233;glig&#233;es en d&#233;pit du fait que contrairement aux &#233;nergies conventionnelles, qui voient leurs prix augmenter constamment, les &#233;nergies renouvelables ont une tendance de prix &#224; la baisse. Pourquoi ce retard &#224; d&#233;velopper l'&#233;nergie &#233;olienne quand on sait que cette industrie a fait ses preuves et qu'elle a &#171; le vent dans les pales &#187; en Europe ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une forme de production conviviale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Toute forme de production d'&#233;nergie occasionne des impacts n&#233;gatifs sur l'environnement. Dans le cas de l'&#233;olien, ceux-ci sont minimes. Les &#233;oliennes n'&#233;mettent pratiquement pas de GES et occupent seulement 2 % de l'espace au sol, laissant ainsi libre cours &#224; la production agricole ou &#224; la migration des animaux. Autres avantages par rapport aux &#233;nergies concurrentes (p&#233;trole, nucl&#233;aire, hydro), un parc d'&#233;oliennes peut &#234;tre install&#233; dans un laps de temps relativement court (2-3 ans) et ses structures l&#233;g&#232;res peuvent &#234;tre facilement d&#233;mont&#233;es ou renouvel&#233;es si les conditions changent. Cette flexibilit&#233; rehausse le caract&#232;re convivial de l'&#233;nergie &#233;olienne. &#201;videmment, certains inconv&#233;nients demeurent, comme la pollution visuelle et la pollution sonore. Cependant l'emplacement judicieux d'un site d'exploitation &#233;olien et l'int&#233;gration paysag&#232;re optimale sur ce site peuvent minimiser en grande partie ces impacts n&#233;gatifs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le potentiel &#233;olien au Qu&#233;bec&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Toutes les &#233;tudes le confirment, le Qu&#233;bec jouit d'avantages incomparables pour le d&#233;veloppement de l'&#233;nergie &#233;olienne, qui tient &#224; la sp&#233;cificit&#233; m&#234;me de sa ressource.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une mati&#232;re premi&#232;re excellente. Le Qu&#233;bec poss&#232;de en effet le meilleur potentiel &#233;olien au monde. Le Nord du Qu&#233;bec et la C&#244;te-Nord ont des gisements &#233;oliens de tr&#232;s haute qualit&#233;. Les r&#233;gions de la Gasp&#233;sie, du Bas-St-Laurent et du Saguenay-Lac-St-Jean rec&#232;lent aussi des vents &#233;lev&#233;s et constants. La ressource &#233;olienne s'av&#232;re plus importante que la ressource hydraulique et est mieux r&#233;partie sur le territoire. Actuellement, le potentiel &#233;olien facilement exploitable serait de 138 500 MW, soit 4 fois la puissance annuelle install&#233;e par Hydro-Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cycle de production mensuel de l'&#233;olien suit la courbe de la demande. En effet, la meilleure p&#233;riode d'exploitation &#233;olienne au Qu&#233;bec se situe en janvier/f&#233;vrier, exactement au moment o&#249; la demande d'&#233;lectricit&#233; se fait la plus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En hiver, non seulement la vitesse des vents est plus &#233;lev&#233;e mais la densit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La distribution saisonni&#232;re de l'&#233;nergie &#233;olienne est non seulement en symbiose avec la demande au Qu&#233;bec, mais elle compl&#233;mente l'apport hydraulique, permettant aux barrages de sauver plus d'eau dans les r&#233;servoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ad&#233;quation des grands espaces qu&#233;b&#233;cois et de la ressource &#233;olienne qui favorise la diss&#233;mination de parcs &#233;oliens sur un vaste territoire accident&#233; et peu habit&#233;. Il est alors possible de trouver facilement des sites exploitables, quasi invisibles, sans impacts n&#233;gatifs pour les riverains, les habitants ou les touristes. Cette dispersion en des lieux g&#233;ographiques distincts am&#233;liore la souplesse d'utilisation de l'&#233;nergie &#233;olienne en r&#233;duisant la n&#233;cessit&#233; de stockage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La synergie possible de l'&#233;olien avec l'hydraulique. Cette caract&#233;ristique est propre au r&#233;seau &#233;lectrique qu&#233;b&#233;cois o&#249; la demande est concentr&#233;e au sud et la production au nord (Baie-James, C&#244;te-Nord). Deux lieux distincts, desservis par deux corridors de distribution hydro&#233;lectrique, constituent des atouts majeurs pour faire le maillage avec l'&#233;olien. Et d'autant plus rentables, que ces r&#233;gions rec&#232;lent des potentiels &#233;oliens &#233;lev&#233;s et que les infrastructures d'acc&#232;s existent d&#233;j&#224; pour la cr&#233;ation de parcs &#233;oliens (chemins, d&#233;forestation, lignes haute tension).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les co&#251;ts de production&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, l'&#233;volution de la technologie &#233;olienne et les expertises acquises ont permis de r&#233;duire sensiblement les co&#251;ts de production &#233;olienne. D&#233;pendant de la qualit&#233; du gisement &#233;olien, ces co&#251;ts tournent en ce moment autour de 9&#162; le kWh et moins. Ces co&#251;ts sont comparables et m&#234;me concurrentiels &#224; ceux qu'Hydro pr&#233;voit pour ses futurs projets de grands barrages (Eastman 5&#162;, La Romaine 8&#162;, Caniapiscau 12&#162;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche et le d&#233;veloppement fonctionnent &#224; plein r&#233;gime dans le secteur de l'&#233;nergie &#233;olienne. Continuant de perfectionner les techniques d'extraction de l'&#233;nergie du vent, on travaille pr&#233;sentement &#224; trouver des solutions pour l'am&#233;lioration du stockage, pour accro&#238;tre l'efficacit&#233; du transport de puissance vers un r&#233;seau &#233;lectrique. On &#233;tudie le taux de p&#233;n&#233;tration limite versus la stabilit&#233; d'un r&#233;seau...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux autres facteurs ont une incidence directe sur la baisse des co&#251;ts du kWh &#233;olien : les &#233;conomies de volume que peut apporter un nombre croissant d'installations &#233;oliennes et l'existence ou non d'une industrie nationale de l'&#233;olien. Les exp&#233;riences en cours d&#233;montrent clairement que si la conception, la fabrication en s&#233;rie, l'installation, l'entretien et la formation sont assur&#233;s par le pays h&#244;te, alors les retomb&#233;es sont telles que le prix unitaire du kWh &#233;olien chute grandement (30 % et +). Par ailleurs, la cr&#233;ation d'une industrie &#233;olienne au Qu&#233;bec ne peut avoir que des retomb&#233;es positives sur le d&#233;veloppement r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'avenir de l'&#233;olien au Qu&#233;bec
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour assurer un d&#233;veloppement efficace et harmonieux de l'&#233;olien au Qu&#233;bec, nos &#233;lus doivent prendre la d&#233;cision politique de cr&#233;er une entit&#233; autonome au sein d'Hydro-Qu&#233;bec (sinon une Soci&#233;t&#233; d'&#201;tat, genre &#201;ole-Qu&#233;bec) qui aurait comme mandat de promouvoir la s&#233;cutit&#233; &#233;nerg&#233;tique des Qu&#233;b&#233;coises par le d&#233;veloppement intelligent de la fili&#232;re &#233;olienne au Qu&#233;bec, plut&#244;t que par de nouveaux grands barrages &#233;lectriques. Mettant &#224; profit les ressources, les installations et les expertises d'Hydro, cette Soci&#233;t&#233; de l'&#233;olien pourrait privil&#233;gier trois axes majeurs de d&#233;veloppement en vue d'assurer l'avenir &#233;nerg&#233;tique du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exploiter des lieux o&#249; le couplage hydraulique-&#233;olien pr&#233;sente une synergie importante, i.e. pr&#232;s des lignes de transmission ou sur les r&#233;servoirs. L'&#233;olien s'av&#232;re un partenaire id&#233;al de l'hydraulique, car il permet &#224; ce dernier une utilisation presque optimale de sa production hydro&#233;lectrique tout en assurant une r&#233;gulation maximale de l'eau dans les r&#233;servoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;velopper l'&#233;olien dans les milieux isol&#233;s et non rattach&#233;s au r&#233;seau &#233;lectrique (&#206;les-de-la-Madeleine, villages du Grand Nord). Le jumelage &#201;olien-Diesel permet une r&#233;duction de 30 &#224; 50 % du carburant n&#233;cessaire au fonctionnement des groupes &#233;lectrog&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;velopper les possibilit&#233;s de production &#233;olienne communautaire pr&#232;s des lieux de consommation. L'&#233;nergie &#233;olienne ainsi produite diminuerait non seulement les co&#251;ts de transport et les pertes de tranmission, mais contribuerait grandement &#224; r&#233;duire la pression sur le r&#233;seau hydro-&#233;lectrique en p&#233;riode de forte demande, tout en permettant en d'autre temps d'y injecter les surplus non consomm&#233;s, r&#233;utilisables ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contexte &#233;nerg&#233;tique &#233;tant ce qu'il est, l'&#233;nergie &#233;olienne ne peut plus &#234;tre per&#231;ue comme &#171; du vent pour doux r&#234;veur &#187;, c'est maintenant un choix &#233;cologique et &#233;conomique &#224; faire pour les g&#233;n&#233;rations futures. L'&#233;olien au Qu&#233;bec doit &#234;tre entrevu collectivement comme partie prenante d'un projet politique en faveur d'une autre mani&#232;re de vivre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En hiver, non seulement la vitesse des vents est plus &#233;lev&#233;e mais la densit&#233; plus forte de l'air froid contribue &#224; accro&#238;tre les performances des &#233;oliennes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;variste Feurtey&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ing. Jr., Sp&#233;cialiste en &#233;nergie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es et argumentaires de cet article proviennent de &#171; &lt;i&gt;Compl&#233;mentarit&#233; des &#233;nergies renouvelables et de l'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique pour un d&#233;veloppement durable de l'&#233;nergie : th&#233;orie et &#233;tude de deux cas type &lt;/i&gt; &#187;, &#201;variste Feurtey, Ma&#238;trise, &#201;cole Polytechnique de Montr&#233;al, 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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