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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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<item xml:lang="fr">
		<title>S&#233;minaire La b&#234;te et le souverain - Volume 1, 2001-2002</title>
		<link>https://www.ababord.org/Seminaire-La-bete-et-le-souverain</link>
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		<dc:date>2009-10-26T23:23:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandre Costanzo</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Costanzo, Alexandre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jacques Derrida, S&#233;minaire La b&#234;te et le souverain - volume 1, 2001-2002, Paris, Galil&#233;e, 2008, 467 p. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans le premier volume du S&#233;minaire de Jacques Derrida, paru il y a d&#233;j&#224; plusieurs mois, il est question de curieuses figures &#224; travers lesquelles se superposent, s'aimantent, se confondent ou s'accouplent la b&#234;te et le souverain, au d&#233;tour d'une fable de La Fontaine ou dans les &#339;uvres de Hobbes, de Freud ou de Rousseau. Dans ce bestiaire inventori&#233; par Derrida, les figures animales du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-30-ete-2009-" rel="directory"&gt;No 030 - &#233;t&#233; 2009&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Costanzo-Alexandre-+" rel="tag"&gt;Costanzo, Alexandre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton887.gif?1642092277' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;394&#034; height=&#034;635&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jacques Derrida, &lt;i&gt;S&#233;minaire La b&#234;te et le souverain - volume 1, 2001-2002&lt;/i&gt;, Paris, Galil&#233;e, 2008, 467 p.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le premier volume du &lt;i&gt;S&#233;minaire&lt;/i&gt; de Jacques Derrida, paru il y a d&#233;j&#224; plusieurs mois, il est question de curieuses figures &#224; travers lesquelles se superposent, s'aimantent, se confondent ou s'accouplent &lt;i&gt;la b&#234;te et le souverain&lt;/i&gt;, au d&#233;tour d'une fable de La Fontaine ou dans les &#339;uvres de Hobbes, de Freud ou de Rousseau. Dans ce bestiaire inventori&#233; par Derrida, les figures animales du politique d&#233;voilent, d'une part, les logiques qui organisent la soumission du vivant au syst&#232;me de la souverainet&#233; et r&#233;v&#232;lent, d'autre part, des analogies troublantes entre la b&#234;te, le souverain et Dieu. Ce bestiaire d&#233;signe ainsi le lieu d'une ext&#233;riorit&#233; flottante, le continuum d'un &#171; hors la loi &#187; qui r&#233;unit les points de fuite du &#171; divin &#187;, de la &#171; b&#234;tise &#187; et de &#171; l'animalit&#233; &#187;. Et ce sont ces &lt;i&gt;fuites&lt;/i&gt; que Derrida suit comme les traces de quelque chose qui s'&#233;mancipe. Car c'est toujours cette &#171; r&#233;gion &#187; improbable qu'il appr&#233;hende dans sa philosophie en &#233;prouvant une trou&#233;e l&#224; o&#249; le sens, les concepts et les &#233;difices menacent de s'effondrer. Ainsi, cette &#171; trou&#233;e &#187;, il s'agit pr&#233;cis&#233;ment de l'approcher pour &#233;pouser le mouvement de sa fuite et la possibilit&#233; du monde qu'elle rec&#232;le. Et je crois que Derrida n'a jamais parl&#233; que de cela qui prendra plusieurs noms dans son &#339;uvre : don, pardon, hospitalit&#233;&#8230; et qu'il transmettait &#224; travers ses derni&#232;res le&#231;ons dans ce flottement du &#171; hors la loi &#187; et ces figures dessinant la topographie d'un rapport &#224; l'Autre et d&#233;signant les traces &#233;vanouies d'une &#233;chapp&#233;e &#8211; il aimait &#224; dire plut&#244;t un &#171; &lt;i&gt;possible impossible&lt;/i&gt; &#187;. Pour toucher au monde et le faire vaciller, il faut aussi toucher &#224; la langue, &#224; &#171; sa &#187; langue et &#171; ses &#187; concepts, et c'est ce que Derrida s'est &#233;vertu&#233; de faire &#224; travers ce style si singulier qui &#233;tourdit les significations en se fixant sur des glissements de terrain. Dans ces br&#232;ches, d&#232;s lors, il devient possible de suivre pr&#233;cis&#233;ment ce qui &#233;chappe dans le monde et dans les langages, le lieu ininscriptible d'un &#233;v&#233;nement &#233;vanoui ou &#224; venir, un possible qui flotte et contamine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, Jacques Derrida nous dit : &#171; &lt;i&gt;il y a du possible&lt;/i&gt; &#187;, un autre monde possible dont on aurait peut-&#234;tre l&#224; une trace fuyante. Et avec cette trace, il y aurait ainsi l'horizon d'un monde qu'il reste &#224; faire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Logiques des mondes</title>
		<link>https://www.ababord.org/Logiques-des-mondes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Logiques-des-mondes</guid>
		<dc:date>2008-07-21T21:50:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Badiou, Alexandre Costanzo</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Badiou, Alain</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Costanzo, Alexandre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alain Badiou, Logiques des mondes (L'&#234;tre et l'&#233;v&#233;nement, tome II), Seuil, Paris, 2006. &lt;br class='autobr' /&gt; Les v&#233;rit&#233;s d'Alain Badiou &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il n'y a que des corps et des langages &#187; : telle serait, selon Alain Badiou, la formule identifiant notre monde et sa consistance nihiliste. Cette formule ne vient pas simplement r&#233;sumer ce qu'est le temps pr&#233;sent dans l'irr&#233;ductibilit&#233; d'un &#171; ce qu'il y a &#187; : nos vies, nos corps, nos passions, nos fa&#231;ons d'&#234;tre, de d&#233;sirer et de penser, la mani&#232;re, pour le dire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-17-dec-2006-jan-2007-" rel="directory"&gt;No 017 - d&#233;c. 2006 / jan. 2007&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Badiou-Alain-+" rel="tag"&gt;Badiou, Alain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Costanzo-Alexandre-+" rel="tag"&gt;Costanzo, Alexandre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton253.jpg?1642092208' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;279&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alain Badiou, &lt;i&gt;Logiques des mondes (L'&#234;tre et l'&#233;v&#233;nement, tome II)&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les v&#233;rit&#233;s d'Alain Badiou&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il n'y a que des corps et des langages&lt;/i&gt; &#187; : telle serait, selon Alain Badiou, la formule identifiant notre monde et sa consistance nihiliste. Cette formule ne vient pas simplement r&#233;sumer ce qu'est le temps pr&#233;sent dans l'irr&#233;ductibilit&#233; d'un &#171; ce qu'il y a &#187; : nos vies, nos corps, nos passions, nos fa&#231;ons d'&#234;tre, de d&#233;sirer et de penser, la mani&#232;re, pour le dire autrement, dont se structure et s'&#233;prouve la r&#233;alit&#233;. Au-del&#224; de cela, cette formule fige surtout la puissante id&#233;ologie induisant pour chacun l'ordre du possible et celui de l'impossible. Car pr&#233;cis&#233;ment il y a autre chose, que le temps pr&#233;sent vient forclore dans l'&#233;vidence et dans l'irr&#233;ductibilit&#233; du &#171; ce qu'il y a &#187;, nous dit Alain Badiou, et c'est &#171; ce qu'il n'y a pas &#187;, soit des &#171; v&lt;i&gt;&#233;rit&#233;s suspendues entre le vide et l'&#233;v&#233;nement pur&lt;/i&gt; &#187;, des v&#233;rit&#233;s comme autant d'exceptions &#224; cet ordre. Ces v&#233;rit&#233;s sont tout simplement ces &#233;v&#233;nements qui viennent donner un sens &#224; une existence : une rencontre amoureuse ici, des cr&#233;ations artistiques ou scientifiques l&#224;, ou encore l'&#233;mancipation politique. Alors ces &lt;i&gt;Logiques des mondes&lt;/i&gt; se proposent de donner formellement chair &#224; ces v&#233;rit&#233;s, en assumant quelque chose comme une injonction de l'ouvert. Ce livre s'impose ainsi sans doute comme la plus puissante &#339;uvre philosophique contemporaine, inscrivant donc du m&#234;me coup, pour paraphraser Gilles Deleuze, &#171; &lt;i&gt;un acte de r&#233;sistance&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alexandre Costanzo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Bouff&#233;e de r&#233;el du printemps</title>
		<link>https://www.ababord.org/Bouffee-de-reel-du-printemps</link>
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		<dc:date>2008-07-18T20:52:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandre Costanzo</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Costanzo, Alexandre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le printemps aura donn&#233; lieu &#224; un mouvement de r&#233;volte des &#233;tudiants et des lyc&#233;ens, entre autres, contre le Contrat Premi&#232;re Embauche (CPE) destin&#233; aux &#171; jeunes &#187; sans qualification, &#171; ceux-l&#224; &#187; en somme qui auront anim&#233; les &#233;meutes de l'automne, provoquant la proclamation d'un &#233;tat d'urgence &#8211; ce que l'on n'avait pas vu depuis la Guerre d'Alg&#233;rie. Mais que signifiait exactement ce mouvement contre ce que le sens commun consid&#233;rait comme un projet cens&#233; r&#233;duire le ch&#244;mage et instituer la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-15-ete-2006-" rel="directory"&gt;No 015 - &#233;t&#233; 2006&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Costanzo-Alexandre-+" rel="tag"&gt;Costanzo, Alexandre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le printemps aura donn&#233; lieu &#224; un mouvement de r&#233;volte des &#233;tudiants et des lyc&#233;ens, entre autres, contre le &lt;i&gt;Contrat Premi&#232;re Embauche&lt;/i&gt; (CPE) destin&#233; aux &#171; jeunes &#187; sans qualification, &#171; ceux-l&#224; &#187; en somme qui auront anim&#233; les &#233;meutes de l'automne, provoquant la proclamation d'un &#233;tat d'urgence &#8211; ce que l'on n'avait pas vu depuis la Guerre d'Alg&#233;rie. Mais que signifiait exactement ce mouvement contre ce que le sens commun consid&#233;rait comme un projet cens&#233; r&#233;duire le ch&#244;mage et instituer la flexibilit&#233; dont les entreprises ont besoin ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour y voir plus clair, il importe pr&#233;cis&#233;ment d'interroger les &#233;vidences de ce &#171; sens commun &#187; et son contenu r&#233;el. &#192; titre d'exemple, le 30 ao&#251;t 2005, la pr&#233;sidente du Mouvement des entreprises de France (MEDEF) d&#233;clarait &#224; un quotidien : &#171; &lt;i&gt;La vie, la sant&#233;, l'amour sont pr&#233;caires, pourquoi le travail &#233;chapperait-il &#224; cette loi ?&lt;/i&gt; &#187; Mais quelle est cette &#171; loi &#187; ? Il faut bien entendre, loin de l'anecdote partisane, la port&#233;e de ces propos puisqu'ils fixent la notion de pr&#233;carit&#233; comme indice d'un bouleversement qui ne porte pas uniquement sur les modes d'organisation du travail et de la soci&#233;t&#233;, mais engage fondamentalement une d&#233;finition de l'homme. On peut le dire autrement avec Dominique de Villepin et ce principe sera valid&#233; par sa loi sur l'&#201;galit&#233; des chances instituant la &#171; pr&#233;carit&#233; &#187; comme norme relationnelle et subjective dans le monde du travail. Ces propos, cette loi et ce contrat ne sont donc finalement rien d'autre que les sympt&#244;mes d'une m&#234;me logique prescrivant une mani&#232;re de vivre, et c'est en somme contre cette mani&#232;re de vivre que s'est affirm&#233; ce mouvement afin d'en exp&#233;rimenter une autre. En d'autres termes, ce mouvement ne disait qu'une seule et m&#234;me chose : &#171; Nous ne voulons pas &#234;tre et nous ne sommes pas &lt;i&gt;ces corps&lt;/i&gt; &#224; la disposition du march&#233;. &#187; Cette affirmation est proprement inaudible et, de fait, elle est recouverte par autre chose si l'on en croit les experts, les l&#233;gislateurs, les syndicats et les m&#233;dias dispensant la bonne parole : crise de l'&#201;ducation, crise de l'Emploi, crise de ceci et de cela, et finalement refus du principe (marchand) de r&#233;alit&#233;. Mais cette crise est plut&#244;t une crise sur ce qu'est la consistance de cette r&#233;alit&#233; et une crise de la d&#233;mocratie parlementaire elle-m&#234;me qui gouverne sans le peuple &#8211; crise s'accentuant depuis les derni&#232;res &#233;lections pr&#233;sidentielles, le Non &#224; la Constitution europ&#233;enne ou les &#233;meutes de l'automne. Autrement dit, ce mouvement aura &#233;t&#233; une &#171; bouff&#233;e de r&#233;el &#187; o&#249; des lyc&#233;ens notamment auront d&#233;montr&#233; au fil des semaines qu'ils pensent, qu'ils savent ce qu'ils veulent et ce qu'ils ne veulent pas et qu'il ne revient &#224; personne de leur expliquer ce qu'ils doivent dire, faire ou penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que s'est-il pass&#233; ce printemps ? Les gouvernants expliquent qu'ils ont mal expliqu&#233; ce qu'il fallait comprendre. La police a proc&#233;d&#233; &#224; plusieurs milliers d'arrestations. Les syndicats ont jou&#233; leur r&#244;le, s'approprier la col&#232;re et la parole en les structurant dans des cort&#232;ges et dans des mots pour ensuite les &#233;touffer lors des n&#233;gociations. Les m&#233;dias se sont int&#233;ress&#233;s aux coulisses des minist&#232;res, au nombre de manifestants en distinguant les &#171; bons &#187; et les &#171; mauvais &#187; dans le spectacle des affrontements, autant de mani&#232;res de ne pas aller entendre ce qui se disait et de ne pas voir ce qu'il se passait. Que s'est-il pass&#233; alors ? Et bien pr&#233;cis&#233;ment, ces institutions et ces rouages symboliques et imaginaires se sont retrouv&#233;s litt&#233;ralement d&#233;nud&#233;s face &#224; un certain r&#233;el. Des lyc&#233;ens, des &#233;tudiants, des gens issus de classes diverses se sont r&#233;appropri&#233; ponctuellement la rue lors de manifestations sauvages, de jour comme de nuit. En se d&#233;barrassant de la peur et de l'infantilisation, ils ont occup&#233; ou bloqu&#233; leur lyc&#233;e, leur universit&#233;, des voies de passage. Ils ont ici ou l&#224; exp&#233;riment&#233; d'autres modes de circulation de la parole et des lieux, en assumant donc leur part de violence, soit-elle calme ou terrible. En somme, des gens se sont mis &#224; penser et &#224; lutter en exposant leur corps, leurs mots, pour imposer leurs points de vue, et c'est cela le r&#233;el de la politique. Ce &#171; r&#233;el &#187;, c'est ce qui s'est exp&#233;riment&#233; ; il n'en reste donc pas grand-chose puisqu'il s'agit de le vivre et de l'&#233;prouver. C'est ce que formulent finalement deux &#233;tudiantes dans ce tract &#233;crit apr&#232;s l'occupation de la Sorbonne : &#171; &lt;i&gt;Vers 1 h 00 du matin, nous avons pu nous d&#233;prendre d&#233;finitivement des formes us&#233;es de la tribune, des prises de parole contr&#244;l&#233;es. La discussion s'est enfin lib&#233;r&#233;e, personne ne parlait pour personne, toute repr&#233;sentation &#233;tait devenue impossible... Le vent tourne : c'est un Tout que nous refusons... Les dirigeants et les journaleux de tout bord l'ont bien per&#231;u. Ils s'acharnent &#224; s&#233;parer &#233;tudiants et vandales, casseurs et non-violents. Pourtant de l'int&#233;rieur, nous avons senti que cette distinction ne pouvait pas exister &#224; ce moment-l&#224;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il reste donc, ce sont ces moments-l&#224;, o&#249; l'on pouvait sentir le vent tourner. Ce qu'il reste, c'est que durant quelques semaines le dispositif d&#233;mocratico-parlementaire s'est d&#233;nud&#233;, car c'&#233;tait bien dans la rue que se jouait dans son effectivit&#233; la d&#233;mocratie, l&#224; o&#249; des gens l'ont assum&#233;e. Ce qu'il reste donc, c'est cette petite &#171; bouff&#233;e de r&#233;el &#187; qui venait r&#233;pondre &#224; cette autre, les grandes &#233;meutes de novembre, portant quelque chose comme un moment d'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alexandre&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Daniel Costanzo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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