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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>R&#233;seaux d'affaires et think tanks arch&#233;olib&#233;raux</title>
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		<dc:date>2008-08-20T04:39:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Perron</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Perron, Beno&#238;t</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lors de son allocution au Congr&#232;s am&#233;ricain &#224; la suite de son retour de la conf&#233;rence de Yalta pour le partage du vieux continent en f&#233;vrier 1945, le pr&#233;sident Frank Delano Roosevelt d&#233;clare que &#171; Le monde est d&#233;sormais domin&#233; par des sph&#232;res d'influence &#187;. Deux id&#233;ologies &#233;conomiques opposent l'Est et l'Ouest : le communisme et l'&#233;conomie planifi&#233;e versus le capitalisme et l'&#233;conomie de march&#233;. C'est le d&#233;but de la Guerre froide. Une guerre psychologique sur fond d'id&#233;ologies. Roosevelt, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-institut-economique-de-" rel="directory"&gt;Dossier : L'institut &#233;conomique de Montr&#233;al, repaire de la droite&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Perron-Benoit-+" rel="tag"&gt;Perron, Beno&#238;t&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lors de son allocution au Congr&#232;s am&#233;ricain &#224; la suite de son retour de la conf&#233;rence de Yalta pour le partage du vieux continent en f&#233;vrier 1945, le pr&#233;sident Frank Delano Roosevelt d&#233;clare que &#171; &lt;i&gt;Le monde est d&#233;sormais domin&#233; par des sph&#232;res d'influence&lt;/i&gt; &#187;. Deux id&#233;ologies &#233;conomiques opposent l'Est et l'Ouest : le communisme et l'&#233;conomie planifi&#233;e versus le capitalisme et l'&#233;conomie de march&#233;. C'est le d&#233;but de la Guerre froide. Une guerre psychologique sur fond d'id&#233;ologies. Roosevelt, p&#232;re du New Deal et ardent d&#233;fenseur de l'&#201;tat-providence, est min&#233; par la maladie (il meurt deux mois plus tard). Lucide, il per&#231;oit le mal qui ronge l'&#233;conomie mixte (public/priv&#233;) et affaiblit la d&#233;mocratie. Ce mal, il &#233;mane de puissants r&#233;seaux d'affaires financ&#233;s par les fondations charitables de riches familles industrielles d'Am&#233;rique du Nord et d'Europe de l'Ouest. Ainsi, lors des n&#233;gociations de paix tenues &#224; Paris en 1919 et qui aboutiront au Trait&#233; de Versailles, les financiers de Londres (La City) et de Paris d&#233;cident de mettre en place la Chatham House, un puissant et influent r&#233;seau d'affaires regroupant l'&#233;lite des affaires, de la finance et de la politique. Fonctionnant sur le principe de la cooptation, la Chatham House est financ&#233;e &#224; l'origine par le magnat Cecil Rhodes, baron du diamant et fondateur de l'empire De Beers. La Chatham House est renomm&#233;e Royal Institute for International Affairs (RIIA) et en 1921, &#224; New York, est fond&#233;e une branche am&#233;ricaine : le Council on Foreign Relations (CFR), financ&#233;e par la Rockefeller Foundation (le paravent des cinq s&#339;urs du p&#233;trole am&#233;ricain). Deux autres puissants r&#233;seaux d'affaires verront le jour : d'abord le Groupe Bilderberg fond&#233; en 1954 par le Prince Bernhard des Pays-Bas (ex-nazi admirateur du fasciste Mussolini) et David Rockefeller (PDG de la Chase Manhattan Bank), puis la Commission Trilat&#233;rale cr&#233;&#233;e en 1973 par David Rockefeller pour l'int&#233;gration &#233;conomique de l'Am&#233;rique du Nord, de l'Europe de l'Ouest et du Japon. Convaincus que leurs id&#233;es ont un impact et peuvent influer sur l'opinion publique et sur les &#233;lus (malgr&#233; le fait que la valeur de leurs id&#233;es est inversement proportionnelle &#224; la valeur de l'argent qui les soutient), ces coteries &#233;litistes vont financer l'implantation d'une myriade d'incubateurs d'id&#233;es servant d'antennes pour la diffusion de leur id&#233;ologie dominante en phase avec leur int&#233;r&#234;t mercantile : les think tanks ou r&#233;servoirs d'id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'obscurantisme religieux &#224; l'obscurantisme &#233;conomique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1928, Sir Alfred Milner (RIIA) et Sir Robert Borden (premier ministre canadien de 1911 &#224; 1920) fondent &#224; Vancouver le Canadian Institute for International Affairs (CIIA), v&#233;ritable &lt;i&gt;who's who&lt;/i&gt; de l'&#233;lite canadienne des affaires et de la politique, financ&#233; en partie par les Barons de la contrebande d'alcool, dont Samuel Bronfman de l'empire Seagram. Le CIIA se d&#233;crit comme un institut de recherches ind&#233;pendant et neutre, non partisan et &#224; but non lucratif, vou&#233; &#224; la vulgarisation des grands enjeux socio&#233;conomiques dans l'int&#233;r&#234;t des Canadiens. Les &#233;tudes du CIIA inondent les m&#233;dias traditionnels qui deviennent des courroies de transmission des id&#233;ologies dominantes. Il est imp&#233;ratif de se questionner sur la pseudo l&#233;gitimit&#233; scientifique de ces intellectuels conservateurs de droite au sein de ces &lt;i&gt;think tanks&lt;/i&gt;, pr&#233;tendument neutres et ind&#233;pendants d'esprit, mais dont les &#233;tudes et les salaires sont financ&#233;s par les puissances d'argent. En 1951, le comptable Walter L. Gordon (Clarkson, Gordon &amp; Co.) est nomm&#233; directeur du CIIA. En 1963, le premier ministre f&#233;d&#233;ral Lester B. Pearson en fait son ministre des Finances. Gordon quitte la politique en 1966 pour fonder, avec son fr&#232;re Duncan, la Walter &amp; Duncan Gordon Foundation (elle est pr&#233;sid&#233;e par le s&#233;nateur Hugh Segal, homme lige de Brian Mulroney et pr&#233;sident de l'Institut de recherches en politiques publiques (IRPP) avec Bob Rae) qui finance notamment le CIIA et la Nature Conservancy of Canada (paravent &#233;cologique de Paul Desmarais de Power Corporation).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les int&#233;gristes du march&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, constatant la place occup&#233;e par les th&#232;ses de l'&#233;conomiste anglais John M. Keynes au sein des gouvernements occidentaux de m&#234;me que la mont&#233;e du socialisme en Europe de l'Ouest, l'&#233;conomiste autrichien Von Hayek fonde en 1947, en Suisse, la Soci&#233;t&#233; du Mont-P&#232;lerin (SMP), v&#233;ritable &#233;picentre des th&#232;ses arch&#233;olib&#233;rales qui d&#233;ferleront sur le globe. Second&#233; par les &#233;conomistes Milton Friedman et Ludwig Von Mises (mentor de Hayek), Hayek et ses affid&#233;s vont s'attaquer au New Deal de Roosevelt et saccager l'h&#233;ritage social de Keynes. Les membres coopt&#233;s de la SMP deviendront des missionnaires charg&#233;s de r&#233;pandre les enseignements de leur gourou au sein de leurs r&#233;seaux de think tanks, notamment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Friedman &#224; la Hoover Institution (Universit&#233; Stanford, base id&#233;ologique du pr&#233;sident Reagan avec l'&#233;conomiste Gary Becker et Newt Gingrich du Parti R&#233;publicain) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Antony Fisher et Ralph Harris du Institute of Economic Affairs (IEA). Le IEA fonde CIVITAS (Institute for the Study of Civil Society) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Edwin J. Feulner avec la Heritage Foundation (premi&#232;re base id&#233;ologique de Reagan avec le projet Mandate for Leadership, financ&#233;e par le Baron de la bi&#232;re Joseph Coors et Richard M. Scaife de l'empire Mellon) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; et enfin, James Buchanan avec le James Buchanan Center for Political Economy (Universit&#233; George Mason, dont la filiale est l'Institute for Humane Studies).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Expansion id&#233;ologique par implantation de think tanks&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La SMP pr&#233;conise l'implantation graduelle d'un capitalisme de relations, d'un capitalisme de connivences dans un univers discret de liaisons organiques, avec des passerelles id&#233;ologiques entre la noblesse d'&#201;tat et l'establishment oligarchique. Bienvenue dans le capitalisme parasitaire. D&#233;sormais, la d&#233;rive des id&#233;es a remplac&#233; la d&#233;rive des continents, o&#249; les failles sismiques sont devenues des creusets id&#233;ologiques provoqu&#233;s par le poids d&#233;mesur&#233; des think tanks, accroissant de facto l'&#233;cart entre les tr&#232;s riches et, les autres, laiss&#233;s pour compte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Figure de proue au Canada&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; En 1958 est fond&#233; le CD Howe Institute &#224; Toronto, un think tank ultraconservateur. Dirig&#233; par William Robson, ses directeurs sont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; H&#233;l&#232;ne Desmarais : &#233;pouse de Paul Desmarais Jr et directrice de l'Institut de recherches cliniques de Montr&#233;al avec l'ex-ambassadeur Raymond Chr&#233;tien de la Trilat&#233;rale) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Sylvia Ostry : Power Corp, Group of 30 de David Rockefeller, CFR, Pacific Council on International Policy avec Joe Clark et Thomas D'Aquino	du CCCE, CIIA, BMO) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Daniel Labrecque : NM Rothschild &amp; Sons Ltd et important bailleur de fonds du CD Howe) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; John Crow : ex-gouverneur de la BDC ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Gordon Thiessen : ex-gouverneur de la BDC ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Yvan Allaire, Marcel Boyer, Pierre Fortin (&#233;conomistes) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Allan Gotlieb : avocat et ex-ambassadeur canadien aux &#201;tats-Unis, (membres de CIIA, Trilat&#233;rale, Alcan, Suncor, AXA, BMO, Burson-Marsteller et gouverneur de la Peter Munk Charitable Foundation), est un associ&#233; du CD Howe et un important d&#233;fenseur du Partenariat Nord-Am&#233;ricain pour la S&#233;curit&#233; et la Prosp&#233;rit&#233; (PSP), un accord commercial visant une int&#233;gration &#233;conomique profonde des Am&#233;riques, concoct&#233; au sein des univers opaques et feutr&#233;s des r&#233;seaux d'affaires et relay&#233; dans les m&#233;dias par leurs antennes id&#233;ologiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; tribord toute&#8230; le vent leur est favorable !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; Vancouver, l'influent Fraser Institute voit le jour en 1974 gr&#226;ce &#224; l'&#233;conomiste Michael Walker, partenaire de tennis de Milton Friedman. Le Fraser est le relais canadien de la SMP. Plusieurs directeurs et membres du Fraser proviennent de think tanks internationaux dont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Michael Walker : SMP, Milton et Rose Friedman Foundation, Max Bell Foundation et un ex-employ&#233; de la Banque du Canada ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Jason Clemens : Democracy Institute, une branche du National Endowment for Democracy (NED) fond&#233; en 1983 par Reagan pour lutter contre le communisme et financ&#233; par la CIA) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Andrea Mrozek : Institut du Mariage et de la Famille, branche canadienne de la droite religieuse am&#233;ricaine Fellowship House).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fraser Institute est en &#233;troite relation id&#233;ologique avec le Preston Manning Centre for Building Democracy, le c&#233;nacle canadien des ap&#244;tres du Nation Building (ses directeurs sont Michael Harris du Fraser, Lorne Gunter du Civitas, Michel Kelly-Gagnon du Fraser et du Conseil du Patronat du Qu&#233;bec, Ralph Klein, Tom Long du cabinet Harper, Michael Walker du Fraser et Bernard Lord, l'homme lige de Mulroney). En Europe, le Fraser est reli&#233; au RIIA et &#224; l'Institut Euro 92.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le financement du Fraser Institute provient en partie de la William H. Donner Foundation de Washington et dont le directeur est Allan Gotlieb (cette fondation canadienne finance une flopp&#233;e de think tanks canadiens).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;cumeurs de fonds publics et fossoyeurs de l'&#201;tat-providence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec n'&#233;chappe pas &#224; ce raz-de-mar&#233;e arch&#233;olib&#233;ral et la social-d&#233;mocratie qu&#233;b&#233;coise est abord&#233;e par les corsaires de l'Institut &#201;conomique de Montr&#233;al (IEDM) et les pirates lucides de l'Illusion Tranquille. Fond&#233; &#224; Montr&#233;al en mars 1999, les flibustiers de l'IEDM sont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; H&#233;l&#232;ne Desmarais,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; St&#233;phan Cr&#233;tier (Garda, Kroll),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Donald Johnston (Trilat&#233;rale),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Bernard Lord (Ex-PM Nouveau-Brunswick),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Marcel Boyer (Fraser),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Jasmin Gu&#233;nette (Civitas),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; James Buchanan (SMP et Davos),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Peter Cowley (Fraser),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Wendell Cox * (Heartland Institute),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Jean-Luc Migu&#233; (Fraser et ENAP-Qu&#233;.),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Robert Gagn&#233; (Cirano),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Yanick Labrie (Cirano),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Valentin Petkantchin (Inst. for Human Studies James Buchanan).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Wendell Cox si&#232;ge &#233;galement au conseil du &lt;i&gt;think tank&lt;/i&gt; ultrar&#233;actionnaire de Winnipeg : le Frontier Centre for Public Policy avec Ruth Richardson (SMP), Peter Holle (SMP), David Henderson (Hoover Institution) et Brian Lee Crowley (pr&#233;sident du Atlantic Institute for Market Studies). Crowley est un disciple &#233;m&#233;rite de la Heritage Foundation et l'actuel pr&#233;sident de Civitas-Canada, le puissant &lt;i&gt;think tank&lt;/i&gt; de droite fond&#233; en 1997 par William Gairdner et Tom Flanagan (prof. &#224; l'Universit&#233; de Calgary et premier conseiller id&#233;ologique de Stephen Harper). Civitas chapeaute quelque 300 &lt;i&gt;think tanks&lt;/i&gt; canadiens obs&#233;d&#233;s par la loi et l'ordre, le laissez-faire, le moins d'&#201;tat, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et le march&#233; libre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Kabbale arch&#233;olib&#233;rale et monoculture des esprits&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La $ainte Trinit&#233; louang&#233;e par ces ap&#244;tres de la cr&#233;ation de richesse repose sur trois axiomes devenus leur mantra : Libert&#233; des march&#233;s, Libert&#233; &#233;conomique et Libert&#233; politique. Ces nouveaux crois&#233;s de la pens&#233;e unique sont en mission divine pour faire le forcing dans les soci&#233;t&#233;s civiles des lois naturelles du march&#233; de droit divin. Le salut des d&#233;mocraties passe in&#233;luctablement par notre conversion totale, aveugle et par le sacrifice de l'&#201;tat-providence sur l'autel du march&#233;. Quand toutes leurs proph&#233;ties se seront r&#233;alis&#233;es, il ne restera plus que l'enfer social pour les damn&#233;s de la social-d&#233;mocratie et le paradis fiscal pour l'&#233;lite affairiste qui tire toutes les ficelles du pouvoir. Nous aurons alors atteint la Terre promise par le prix Nobel d'&#233;conomie James Buchanan en 1986 : &#171; &lt;i&gt;La situation id&#233;ale, pour une personne, est celle qui lui permet la pleine libert&#233; d'action et qui inhibe les comportements d'autrui en les contraignant &#224; adh&#233;rer &#224; ses d&#233;sirs. En d'autres termes, toute personne cherche &#224; &#234;tre en pleine ma&#238;trise d'un monde compos&#233; d'esclaves&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amen... nous la lumi&#232;re !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Benoit Perron&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charg&#233; de cours-UQAM&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sources :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tout pouvoir confondu&lt;/i&gt;, Geoffrey Geuens, &#201;d. EPO, 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;seaux d'influence&lt;/i&gt;, Alain Marty, &#201;d. Ramsay, 2001&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Think Tanks&lt;/i&gt;, Paul Dickson, &#201;d. Atheneum, 1971&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Atlas Economic Research Foundation, &lt;a href=&#034;http://www.atlasusa.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.atlasusa.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Canadian Conservative Forum, &lt;a href=&#034;http://www.conservativeforum.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.conservativeforum.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'arbre qui ne cache plus rien</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-arbre-qui-ne-cache-plus-rien</link>
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		<dc:date>2008-08-07T23:00:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Perron</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Perron, Beno&#238;t</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec traverse pr&#233;sentement une grave crise foresti&#232;re. Une crise annonc&#233;e par des artistes et des environnementalistes depuis dix ans sans qu'aucun grand m&#233;dia n'en fasse &#233;cho... jusqu'&#224; l'automne 2006. Subitement, la for&#234;t qu&#233;b&#233;coise fait la une de tous les journaux : 10 000 emplois perdus et quelque 125 fermetures de scieries depuis 2005. Pour l'industrie foresti&#232;re qu&#233;b&#233;coise qui compte 300 scieries, 60 usines de p&#226;te et papier, dix usines de panneaux, et qui emploie directement et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-18-fevrier-mars-2007-" rel="directory"&gt;No 018 - f&#233;vrier / mars 2007&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Perron-Benoit-+" rel="tag"&gt;Perron, Beno&#238;t&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec traverse pr&#233;sentement une grave crise foresti&#232;re. Une crise annonc&#233;e par des artistes et des environnementalistes depuis dix ans sans qu'aucun grand m&#233;dia n'en fasse &#233;cho... jusqu'&#224; l'automne 2006. Subitement, la for&#234;t qu&#233;b&#233;coise fait la une de tous les journaux : 10 000 emplois perdus et quelque 125 fermetures de scieries depuis 2005. Pour l'industrie foresti&#232;re qu&#233;b&#233;coise qui compte 300 scieries, 60 usines de p&#226;te et papier, dix usines de panneaux, et qui emploie directement et indirectement 150 000 travailleurs, c'est l'h&#233;catombe. Comment en est-on arriv&#233; l&#224; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour les Barons du bois, le coupable est le gouvernement du Qu&#233;bec, trop &#224; l'&#233;coute des r&#233;criminations des exalt&#233;s de l'Erreur bor&#233;ale et des conclusions du Rapport Coulombe qui ont forc&#233; l'&#201;tat &#224; charcuter de 20 % leurs droits de coupe. En cons&#233;quence, l'&#201;tat, pour stopper l'h&#233;morragie, doit leur verser imm&#233;diatement 350 millions $ et abaisser le co&#251;t du m&#232;tre cube de fibre de 13 $ &#224; 3 $. Sinon, 5 000 autres emplois devront &#234;tre sacrifi&#233;s d'ici deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le ministre f&#233;d&#233;ral Jean-Pierre Blackburn, les causes de cette crise sont &#233;videntes : &#171; &lt;i&gt;Regardez ce qui se passe quand on va trop loin avec les questions environnementales. Je ne sais pas si, demain matin, il va y avoir un chanteur pour venir en aide &#224; nos ch&#244;meurs. Quand on va trop loin, &#231;a nous p&#232;te au visage !&lt;/i&gt; &#187; Pour d&#233;tourner l'attention de l'opinion publique et l'emp&#234;cher de conna&#238;tre les racines profondes de cette crise foresti&#232;re, les Barons du bois, avec la complicit&#233; des &#233;lus, d&#233;clarent les &#233;colos terroristes seuls responsables. Pour les chantres de l'&#171; arch&#233;olib&#233;ralisme &#187; et autres ap&#244;tres du laisser-faire, le lobby vert du Qu&#233;bec constitue un frein &#224; la cr&#233;ation de richesse et &#224; l'enrichissement des patrons lucides, seuls capables de faire prosp&#233;rer le Qu&#233;bec et de rompre avec le statu quo impos&#233; par des &#233;colos antiprogressistes. Et si l'arbre m&#233;diatique cachait une v&#233;rit&#233; foresti&#232;re que les Barons du bois ont int&#233;r&#234;t &#224; occulter ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les racines de la crise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1986, le gouvernement qu&#233;b&#233;cois promulgue la Loi sur les for&#234;ts qui ent&#233;rine les contrats d'approvisionnement et d'am&#233;nagement forestier (CAAF), lesquels accroissent les pouvoirs des Barons du bois sur la mati&#232;re ligneuse au d&#233;triment des salari&#233;s et de l'&#201;tat. Ainsi, le taux de syndicalisation passe de 81,9 % en 1986 &#224; 22 % en 2005. Au Qu&#233;bec, la for&#234;t occupe 50 % du territoire et 90 % appartient &#224; l'&#201;tat qui n'en prot&#232;ge que 4 %. Tout le reste est exploit&#233; par les Barons du bois qui versent &#224; l'&#201;tat des droits de coupe. En 2001, pour chaque m&#232;tre cube de bois coup&#233;, ces droits de coupe moyens vers&#233;s &#224; l'&#201;tat se chiffraient &#224; 11,80 $, soit 390 millions $. Au m&#234;me moment, l'&#201;tat leur octroyait 320 millions $ en subventions diverses. En r&#233;alit&#233;, l'industrie foresti&#232;re ne g&#233;n&#232;re que 100 millions $ de recettes fiscales annuellement au Qu&#233;bec, soit 0,3 % de la valeur marchande de la ressource.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de mieux qu'une crise, r&#233;elle ou fabriqu&#233;e de toutes pi&#232;ces, pour forcer la main des gouvernements. En 1990 et 1991, les Barons du bois ont brandi l'&#233;pouvantail de la crise foresti&#232;re afin d'obtenir l'aide de l'&#201;tat tandis qu'ils se versaient 1,2 milliard $ en dividendes, tout en serinant aux m&#233;dias qu'ils avaient remis 5,5 milliards $ aux gouvernements en imp&#244;ts, en omettant de mentionner que 3,9 milliards $ provenaient directement des poches de leurs propres salari&#233;s, via leurs imp&#244;ts et taxes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1998, le ministre des Ressources naturelles, Jacques Brassard, mandate Guy Chevrette afin qu'il effectue une vaste consultation aupr&#232;s de l'industrie foresti&#232;re. En r&#233;alit&#233;, il s'agit carr&#233;ment d'un exercice de relations publiques au profit de l'industrie qui aboutira, en 2001, &#224; la nouvelle Loi sur les for&#234;ts, qui ne fait que confirmer les pouvoirs acquis en 1986. Dans la for&#234;t, rien ne change : la ressource est toujours surexploit&#233;e ; trop de joueurs se disputent une ressource qui se rar&#233;fie et les obligent &#224; aller toujours plus loin en for&#234;t ; il y a un surplus de travailleurs tandis que les Barons du bois, pr&#233;f&#233;rant fermer les yeux sur la crise syst&#233;mique qui approche, refusent de r&#233;investir leurs profits dans la modernisation de leurs usines et privil&#233;gient le versement de juteux dividendes aux actionnaires majoritaires. La crise est dor&#233;navant in&#233;luctable. Pour les Barons du bois, le seul rem&#232;de capable d'endiguer la maladie est l'injection massive de capitaux publics.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lobby et d&#233;sinformation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour vendre cette posologie aux contribuables, les Barons du bois activent leurs lobbies et autres groupes de pression dont la mission consiste &#224; inonder les grands m&#233;dias de statistiques &#171; apocapitalistiques &#187;, 24 heures sur 24. Les Barons du bois peuvent compter sur leurs antennes au sein m&#234;me du gouvernement et sur d'anciens hauts fonctionnaires qui occupent des postes de lobbyistes pour l'industrie foresti&#232;re. Ainsi : Gilbert Paill&#233;, ex-sous-ministre aux For&#234;ts dans les ann&#233;es 1980 devenu administrateur de l'Institut canadien de recherche en g&#233;nie forestier, lui-m&#234;me associ&#233; au professeur Louis B&#233;langer du D&#233;partement de g&#233;nie forestier de l'Universit&#233; Laval ; Jean-Claude Mercier, ex-sous-ministre aux For&#234;ts dans les ann&#233;es 1980 devenu vice-pr&#233;sident de l'Institut de recherche sur les produits du bois du Canada ; Jacques Robitaille, ex-sous-ministre aux For&#234;ts de 1991 &#224; 1998 devenu pr&#233;sident de l'Association des manufacturiers de bois de sciage du Qu&#233;bec. Et enfin, Guy Chevrette, devenu pr&#233;sident du Conseil de l'industrie foresti&#232;re du Qu&#233;bec, le puissant lobby des Barons du bois. Il importe de se rappeler qu'en 1998, Chevrette avait fond&#233; l'organisme For&#234;ts Qu&#233;bec pour le conseiller sur l'industrie foresti&#232;re, compos&#233; de 11 administrateurs dont sept provenaient de l'industrie du bois. Chevrette n'est pas un inconnu pour les Barons du bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La main qui donne est la main qui dirige. De serviteurs de l'&#201;tat, ces carri&#233;ristes opportunistes ont eu recours aux portes tournantes pour aller pantoufler dans le priv&#233; et ainsi devenir des serviteurs loyaux des int&#233;r&#234;ts des Barons du bois. Sommes-nous toutefois mieux inform&#233;s en tant que citoyens parce que tous les chiffres concernant l'industrie foresti&#232;re proviennent d'anciens serviteurs de l'&#201;tat qui pr&#233;tendent, c&#339;ur sur la main, vouloir notre bien national, pour le plus grand profit de leur nouvel employeur, les Barons du bois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises sont profitables pour les d&#233;tenteurs du capital et des moyens de production. Elles leur permettent de n&#233;gocier plus facilement des concessions de la part des gouvernements, des syndicats, des salari&#233;s et des &#233;colos. Pour ces lobbies, il importe de jouer &#224; fond la carte des pertes d'emploi et ainsi appliquer une pression constante sur l'&#201;tat, par m&#233;dias interpos&#233;s, face &#224; l'urgence d'agir. Puis, quand tout le monde aura troqu&#233; son sens critique pour une s&#233;curit&#233; d'emploi bidon financ&#233;e par les fonds publics, les Barons du bois et leurs laquais lanceront une vaste campagne de relations publiques afin de promouvoir leur nouveau concept de coupe avec protection de la r&#233;g&#233;n&#233;ration des sols (CPRS), un nouveau nom scientifique servant de paravent &#224; leurs coupes &#224; blanc syst&#233;matiques. Circulez, y'a rien &#224; voir !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Beno&#238;t Perron&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journaliste, conf&#233;rencier et militant &#233;cologiste&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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