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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Ren&#233;gats. Les canadiens engag&#233;s dans la guerre civile espagnole </title>
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		<dc:date>2015-12-11T01:30:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louis Gill</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
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		<dc:subject>Gill, Louis </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ren&#233;gats. Les Canadiens engag&#233;s dans la guerre civile espagnole, Michael Petrou, Lux &#201;diteur, 2015, 402 pages. &lt;br class='autobr' /&gt; Pr&#232;s de 1 700 volontaires canadiens ont particip&#233; &#224; la guerre civile espagnole (1936-1939), la plupart au sein du bataillon Mackenzie-Papineau des Brigades internationales. Quatre cents d'entre eux y ont laiss&#233; leur vie. Des centaines d'autres y ont subi de graves blessures ou ont disparu sans laisser de traces. Dans un livre passionnant, le journaliste anglo-canadien Michael (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2084.png?1642092171' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;240&#034; height=&#034;360&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ren&#233;gats. Les Canadiens engag&#233;s dans la guerre civile espagnole&lt;/i&gt;, Michael Petrou, Lux &#201;diteur, 2015, 402 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pr&#232;s de 1 700 volontaires canadiens ont particip&#233; &#224; la guerre civile espagnole (1936-1939), la plupart au sein du bataillon Mackenzie-Papineau des Brigades internationales. Quatre cents d'entre eux y ont laiss&#233; leur vie. Des centaines d'autres y ont subi de graves blessures ou ont disparu sans laisser de traces. Dans un livre passionnant, le journaliste anglo-canadien Michael Petrou l&#232;ve le voile sur ce volet peu connu de notre histoire. Il nous r&#233;v&#232;le que 78 % de ces volontaires &#233;taient des N&#233;o-Canadiens, majoritairement des ouvriers, venus principalement d'Europe centrale et orientale. Sept cents quatre-vingts &#233;taient originaires de l'Ontario, 350 de la Colombie-Britannique, 200 du Qu&#233;bec, dont 59 francophones. Recrut&#233;s pour la plupart par le Parti communiste canadien, les deux tiers en &#233;taient membres. Petrou s'est employ&#233; &#224; retracer minutieusement l'origine, le m&#233;tier et le sort de chacun d'eux. Il en pr&#233;sente les r&#233;sultats dans un tableau d&#233;taill&#233; de 40 pages. Cet ouvrage, qui reprend les r&#233;sultats de sa th&#232;se de doctorat soutenue &#224; l'Universit&#233; d'Oxford, s'abreuve rigoureusement de divers fonds d'archives, dont celui, conserv&#233; &#224; Moscou, de l'Internationale communiste, devenu accessible apr&#232;s l'effondrement de l'Union sovi&#233;tique en 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fait le r&#233;cit des principales batailles (d&#233;fense de Madrid, fronts d'Aragon et de l'&#200;bre) auxquelles les volontaires canadiens ont particip&#233;, depuis leur arriv&#233;e en Espagne au printemps 1937 jusqu'&#224; leur d&#233;part en septembre 1938, au moment o&#249; se confirmait la d&#233;b&#226;cle du camp r&#233;publicain et la victoire sans appel de Franco. Un r&#233;cit navrant des rares victoires, mais surtout des d&#233;faites et des reculs de ces &#233;pris de libert&#233;, qui &#233;taient &#171; &lt;i&gt;mal entra&#238;n&#233;s, mal arm&#233;s et bien trop souvent envoy&#233;s au combat dans des attaques suicides par des militaires incomp&#233;tents&lt;/i&gt; &#187;, dans le contexte d'une aide militaire d&#233;ficiente et int&#233;ress&#233;e de l'Union sovi&#233;tique, surtout pr&#233;occup&#233;e de se disposer favorablement face au conflit mondial qui se pr&#233;parait et d'&#233;craser la r&#233;volution sociale en marche au c&#339;ur de la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions horribles dans lesquelles les volontaires canadiens ont &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; combattre en ont pouss&#233; plusieurs &#224; d&#233;serter (115, selon Petrou), &#224; r&#233;clamer instamment d'&#234;tre rapatri&#233;s, voire &#224; s'automutiler pour se rendre inaptes au combat. M&#234;me le plus haut grad&#233; canadien en Espagne, le commandant du bataillon Mackenzie-Papineau Edward Cecil-Smith, aurait tent&#233; de d&#233;serter et se serait tir&#233; une balle dans la jambe pour &#233;viter de retourner au front, &#233;crit Petrou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des accusations sans fondements d'indiscipline, d'anarchie, de collaboration avec l'ennemi, voire du crime ultime de &#171; trotskysme &#187;, prof&#233;r&#233;es dans le contexte de la terreur stalinienne qui s&#233;vissait alors en Espagne sous la direction du Parti communiste et des conseillers sovi&#233;tiques, ont men&#233; bon nombre d'entre eux &#224; des d&#233;tentions sans proc&#232;s dans des prisons politiques o&#249; ils &#233;taient &#171; &lt;i&gt;soumis par la coercition et une terreur constantes&lt;/i&gt; &#187;. Certains ont &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ce livre porte-t-il le titre &#171; Ren&#233;gats &#187; ? Parce que c'est ainsi que le gouvernement canadien consid&#233;rait les volontaires canadiens en Espagne. En fait, il les consid&#233;rait comme des criminels. Il faut pr&#233;ciser que les &#171; d&#233;mocraties &#187; qu'&#233;taient la Grande-Bretagne, la France, les &#201;tats-Unis et le Canada avaient refus&#233; d'apporter leur aide au gouvernement espagnol d&#233;mocratiquement &#233;lu, &#224; l'assaut duquel le g&#233;n&#233;ral Franco s'&#233;tait lanc&#233;. Une loi de 1937 avait interdit la participation de Canadiens &#224; la guerre d'Espagne et le gouvernement avait d&#233;cid&#233; de poursuivre les recruteurs de volontaires, c'est-&#224;-dire le Parti communiste canadien. M&#234;me si ces poursuites ont &#233;t&#233; abandonn&#233;es par la suite, et que les volontaires revenus au pays ont &#233;t&#233; exempts de mesures judiciaires, ces derniers ont continu&#233; &#224; &#234;tre espionn&#233;s par la GRC pendant plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une charge antisyndicaliste</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-charge-antisyndicaliste</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louis Gill</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Etats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Gill, Louis </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous publions ici la communication que l'auteur a donn&#233;e &#224; la Journ&#233;e de formation contre les politiques du gouvernement Harper organis&#233;e par le Conseil r&#233;gional du Montr&#233;al m&#233;tropolitain de la FTQ le 18 mars 2013. &lt;br class='autobr' /&gt; En novlangue &#233;tats-unienne, c'est-&#224;-dire dans cette langue orwellienne o&#249; les mots signi&#173;fient le contraire de ce qu'ils sont cens&#233;s d&#233;signer (&#171; la paix c'est la guerre, la libert&#233; c'est l'esclavage, la force c'est l'ignorance &#187;), les frauduleusement nomm&#233;es &#171; right-to-work (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-50-ete-2013-" rel="directory"&gt;No 050 - &#233;t&#233; 2013&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Controle-repression-et-securite-+" rel="tag"&gt;Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Etats-Unis-+" rel="tag"&gt;Etats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gill-Louis-+" rel="tag"&gt;Gill, Louis &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1782.png?1642092153' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;578&#034; height=&#034;441&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ici la communication que l'auteur a donn&#233;e &#224; la Journ&#233;e de formation contre les politiques du gouvernement Harper organis&#233;e par le Conseil r&#233;gional du Montr&#233;al m&#233;tropolitain de la FTQ le 18 mars 2013.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En novlangue &#233;tats-unienne, c'est-&#224;-dire dans cette langue orwellienne o&#249; les mots signi&#173;fient le contraire de ce qu'ils sont cens&#233;s d&#233;signer (&#171; la paix c'est la guerre, la libert&#233; c'est l'esclavage, la force c'est l'ignorance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;George Orwell, 1984, Gallimard, 1950.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;), les frauduleusement nomm&#233;es &#171; &lt;i&gt;right-to-work laws&lt;/i&gt; &#187;, ou lois de &#171; droit au travail &#187;, d&#233;sormais en vigueur dans 24 des 50 &#201;tats des &#201;tats-Unis, sont des lois qui n'ont rien &#224; voir avec une quelconque garantie du droit au travail. Leur unique objectif est de cr&#233;er pour les travailleuses et travailleurs r&#233;calcitrants &#224; l'adh&#233;sion syndicale un droit de b&#233;n&#233;ficier des avantages n&#233;goci&#233;s par le syndicat sans en &#234;tre membres et sans assumer les frais de son financement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a &#233;crit la journaliste Elizabeth Olson de la revue &lt;i&gt;Fortune&lt;/i&gt; lorsque l'Indiana est devenu, en f&#233;vrier 2012, le 23e &#201;tat &#224; adopter une telle loi, avant le Michigan qui l'a suivi en d&#233;cembre de la m&#234;me ann&#233;e, cette d&#233;nomination, qui a pour fonction d&#233;lib&#233;r&#233;e de semer la confusion, rel&#232;ve de cette &#171; &lt;i&gt;mani&#232;re propre aux &#201;tats-Uniens d'utiliser des mots pour d&#233;signer des r&#233;alit&#233;s qui sont le contraire de ce que ces mots signifient&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; What right-to-work laws really mean &#187;, 31 janvier 2012, accessible sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; en vigueur dans tous les &#201;tats du sud, c'est-&#224;-dire dans les anciens &#201;tats esclavagistes qui ont form&#233; en 1861 les &#201;tats conf&#233;d&#233;r&#233;s d'Am&#233;rique et men&#233; la guerre de S&#233;cession de 1861 &#224; 1865&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit des 11 &#201;tats suivants : Alabama, Arkansas, Caroline du Nord, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ainsi que dans la majorit&#233; des &#201;tats du Midwest et la moiti&#233; des &#201;tats de l'ouest&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arizona, Dakota du Nord, Dakota du Sud, Idaho, Iowa, Kansas, Kentucky, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les lois de &#171; &lt;i&gt;right-to-work&lt;/i&gt; &#187; ont d&#233;sormais fait une perc&#233;e dans le bastion industriel traditionnel, connu comme la &lt;i&gt;manufacturing belt&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;rust belt&lt;/i&gt; (ceinture de la rouille)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De la Pennsylvanie &#224; l'est jusqu'&#224; la r&#233;gion des Grands Lacs.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en gagnant l'Indiana et le Michigan. Berceau de grands syndicats comme les Travailleurs unis de l'automobile et les M&#233;tallurgistes unis d'Am&#233;rique, ces &#201;tats sont demeur&#233;s jusqu'ici des forteresses syndicales. Pour promouvoir ces lois et tout faire pour qu'elles soient adopt&#233;es, les gouverneurs r&#233;publicains des deux &#201;tats ont invoqu&#233; la n&#233;cessit&#233; de d&#233;fendre leur comp&#233;titivit&#233; contre la vague des emplois d&#233;plac&#233;s vers l'&#233;tranger au cours des derni&#232;res d&#233;cennies et b&#233;n&#233;fici&#233; d'&#233;normes moyens financiers fournis par le patronat et le radicalisme antisyndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va sans dire que ces deux gains du conservatisme r&#233;publicain contre le mouvement syndical contribueront &#224; r&#233;duire encore davantage un taux de syndicalisation qui s'est d&#233;j&#224; consid&#233;rablement &#233;rod&#233; au cours des derni&#232;res d&#233;cennies et &#224; pr&#233;cariser encore plus les conditions de travail. En 2011, ce taux n'&#233;tait que de 11 % de l'ensemble de la force de travail aux &#201;tats-Unis, soit seulement 7 % dans le secteur priv&#233; et 37 % dans le secteur public. &#192; des fins de comparaison, le taux global &#233;tait de 31 % en 1960 et 22 % en 1980&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bureau of Labor Statistics des &#201;tats-Unis et Statistiques de l'OCDE sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument &#233;conomique &#224; l'appui de l'introduction des lois de &#171; &lt;i&gt; right-to-work&lt;/i&gt; &#187; en Indiana et au Michigan n'est de toute &#233;vidence qu'un des volets d'une bataille &#233;minemment politique engag&#233;e en 2011 dans tout le Midwest par la droite r&#233;publicaine pour faire table rase des syndicats et des conventions collectives dans le secteur public &#224; la suite des &#233;lections de 2010 qui ont donn&#233; le pouvoir aux r&#233;publicains dans ces deux &#201;tats ainsi qu'en Ohio et au Wisconsin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance syndicale &#224; ce mouvement s'est exprim&#233;e avec une force remarquable en particulier dans les &#201;tats du Wisconsin et de l'Ohio. Appel&#233;e &#224; se prononcer par voie de r&#233;f&#233;rendum en novembre 2011, la population de l'Ohio a rejet&#233; par une majorit&#233; de 62 % la l&#233;gislation anti-ouvri&#232;re impos&#233;e par le gouvernement r&#233;publicain interdisant la n&#233;gociation collective avec les employ&#233;s de l'&#201;tat et des universit&#233;s publiques et retirant le droit de gr&#232;ve aux employ&#233;es des municipalit&#233;s et des &#233;coles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, un imposant mouvement de protestation a r&#233;uni un million de signatures pour demander la r&#233;vocation du gouverneur r&#233;publicain du Wisconsin, Scott Walker. Mais cela ne l'a pas emp&#234;ch&#233; de remporter avec une majorit&#233; d&#233;cisive l'&#233;lection de juin 2012 qui l'a confirm&#233; dans ses fonctions, gr&#226;ce au puissant financement dont il a b&#233;n&#233;fici&#233;, venu en grande partie de l'ext&#233;rieur de l'&#201;tat. Ce vote est tr&#232;s significatif. Il confirme la mont&#233;e de l'ultra-conservatisme dans cette r&#233;gion du pays et ouvre des perspectives d'extension des politiques antisyndicales aux &#201;tats voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dirigeant Greg Mc Neilly du &#171; Michigan Freedom Fund &#187;, un fonds finan&#173;c&#233; par le multi&#173;millionnaire et mercenaire du conservatisme Dick Devos, qui a investi des millions de dollars pour que la loi &#171; de droit au travail &#187; soit adopt&#233;e au Michigan, a exprim&#233; dans des termes on ne peut plus &#233;loquents la port&#233;e du coup inflig&#233; aux syndicats : &#171; &lt;i&gt;Je pense que leur d&#233;faite d'aujourd'hui est leur Waterloo. Voir le berceau du syndicalisme mordre ainsi la poussi&#232;re est pour nous un accomplissement monumental. Cela est historique.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Michael A. Fletcher et Sean Sullivan, dans &#171; Michigan enacts (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Quant au dirigeant Scott Hagerstrom du groupe &#171; Americans for prosperity &#187;, un groupe financ&#233; par les milliardaires notoirement antisyndicaux Charles et David Koch, il a d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;i&gt;Il s'agit vraiment d'un message adress&#233; &#224; tout autre &#201;tat o&#249; r&#232;gne encore l'atelier ferm&#233; : si nous avons pu r&#233;ussir ici nous pourrons y arriver partout ailleurs.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Press&#233; de se prononcer sur les pr&#233;tendues vertus &#233;conomiques de ces lois de &#171; droit au travail &#187;, pr&#233;sent&#233;es comme des mesures incontournables de recon&#173;qu&#234;te d'un avantage concurrentiel dans un monde de plus en plus globa&#173;lis&#233;, le pr&#233;sident Obama a d&#233;clar&#233;, lors d'une visite &#224; Redford dans le Michigan : &#171; &lt;i&gt;Vous savez, ces ainsi nomm&#233;es lois de droit au travail n'ont rien &#224; voir avec l'&#233;conomie. Elles ont tout &#224; voir avec la politique. Ce dont elles parlent vraiment, c'est de vous donner le droit de travailler pour moins d'argent.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les arguments ne manquent pas pour appuyer ces propos. En voici quelques-uns tels qu'ils sont diffus&#233;s notamment par l'AFL-CIO et par l'Economic Policy Institute, un institut progressiste de recherche &#233;conomique dont le si&#232;ge est &#224; Washington&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; alors que les lois de &#171; droit au travail &#187; sont pr&#233;sent&#233;es comme un stimulant de l'activit&#233; &#233;conomique, on constate que sur les dix &#201;tats qui avaient les taux de ch&#244;mage les plus &#233;lev&#233;s en 2011, sept sont des &#201;tats qui ont adopt&#233; une loi de &#171; droit au travail &#187; ; &#224; l'inverse, les deux &#201;tats qui ont connu la plus forte croissance de leur revenu per capita, le Massachusetts et le Connecticut, sont deux &#201;tats o&#249; il n'y a pas de telle loi ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; le taux d'accidents mortels sur des lieux de travail est de 53 % plus &#233;lev&#233; dans des &#201;tats qui ont adopt&#233; une loi de &#171; droit au travail &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; les lois de &#171; droit au travail &#187; poussent les salaires &#224; la baisse, tant pour les travailleurs syndiqu&#233;s que pour les travailleurs non syndiqu&#233;s ; les travailleurs et travailleuses vivant dans des &#201;tats o&#249; de telles lois sont en vigueur gagnent en moyenne 1 500 dollars de moins par ann&#233;e que dans les &#201;tats o&#249; il n'y a pas de telles lois ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; les in&#233;galit&#233;s entre les revenus sont plus &#233;lev&#233;es l&#224; o&#249; le taux de syndicalisation est plus faible et ce dernier est pouss&#233; &#224; la baisse par les lois de &#171; droit au travail &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; False claims, false promises : why &#171; Right-to-work &#187; is wrong for (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des &#233;chos au Canada&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'adoption r&#233;cente de nouvelles lois de ce type aux &#201;tats-Unis ne peut pas ne pas avoir de r&#233;percussions au nord de la fronti&#232;re. Trois partis politiques de droite au Canada ont d&#233;j&#224; manifest&#233; leur volont&#233; d'agir en ce sens : le Saskatchewan Party, la Wild Rose Alliance d'Alberta et le Parti conservateur de l'Ontario12. Le critique du Parti conservateur de l'Ontario en mati&#232;re de travail a r&#233;cemment pr&#233;sent&#233; un projet de loi priv&#233; &#224; cet effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au Qu&#233;bec, m&#234;me si aucun parti n'est encore intervenu dans ce sens sur le terrain du travail comme tel, il a d&#233;j&#224; une longueur d'avance sur le reste du Canada &#224; cet &#233;gard. Le gouvernement lib&#233;&#173;ral a en effet adopt&#233; l'an dernier, au c&#339;ur du Printemps &#233;rable, la loi 12 faisant suite au projet de loi 78, dont l'objectif &#233;tait d'imposer un soi-disant &#171; droit individuel aux &#233;tudes &#187;, &#224; l'encontre du droit collectif de repr&#233;sentation des associations &#233;tudiantes et de leur droit de recourir &#224; la gr&#232;ve pour appuyer leurs revendications. Souvenons-nous que le refus gouvernemental de reconna&#238;tre ces droits d'association et de repr&#233;sentation l'amenait &#224; parler de boycott individuel des cours au lieu de gr&#232;ve collective &#233;tudiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette loi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jim Stanford, &#171; US Right-to-Work Thinking Now Infecting Canada &#187;, The (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qu'on pourrait en paraphrasant d&#233;signer comme une &#171; &lt;i&gt;right-to-study law&lt;/i&gt; &#187;, on retrouve l'exacte r&#233;plique antid&#233;mocratique des &#171; &lt;i&gt;right-to-work laws&lt;/i&gt; &#187;. On y retrouve aussi le m&#234;me mensonge, celui de pr&#233;tendre d&#233;fendre le droit aux &#233;tudes, alors que le gouvernement portait simultan&#233;ment un dur coup &#224; ce droit aux &#233;tudes en r&#233;duisant leur accessibilit&#233; par une augmentation dramatique des droits de scolarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la voie insidieuse qu'a emprunt&#233;e jusqu'ici au Qu&#233;bec la puissante charge antisyndicale qui se d&#233;ploie actuellement aux &#201;tats-Unis. Sans parler des attaques qui sont r&#233;guli&#232;rement lanc&#233;es contre la formule Rand&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formule en vertu de laquelle l'employeur est tenu de pr&#233;lever &#224; la source (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dont l'abolition est sans cesse r&#233;clam&#233;e par le patronat et la droite politique. Il faut en &#234;tre conscients et prendre les moyens n&#233;cessaires pour y faire face.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;George Orwell, &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt;, Gallimard, 1950.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; What right-to-work laws really mean &#187;, 31 janvier 2012, accessible sur CNNMoney.com&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit des 11 &#201;tats suivants : Alabama, Arkansas, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Floride, G&#233;orgie, Louisiane, Mississippi, Tennessee, Texas et Virginie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arizona, Dakota du Nord, Dakota du Sud, Idaho, Iowa, Kansas, Kentucky, Nebraska, Nevada, Oklahoma et Utah.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De la Pennsylvanie &#224; l'est jusqu'&#224; la r&#233;gion des Grands Lacs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bureau of Labor Statistics des &#201;tats-Unis et Statistiques de l'OCDE sur l'emploi et le march&#233; du travail.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Michael A. Fletcher et Sean Sullivan, dans &#171; Michigan enacts right-to-work law, dealing blow to unions &#187;, &lt;i&gt;The Washington Post&lt;/i&gt;, 11 d&#233;cembre 2012. Les auteurs parlent d'une d&#233;faite d&#233;vastatrice pour le travail organis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.epi.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.epi.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#171; False claims, false promises : why &#171; Right-to-work &#187; is wrong for everyone &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.wrongforeveryone.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.wrongforeveryone.com&lt;/a&gt; ; Josh Mandryk, &#171; Right-to-work would be wrong for Ontario &#187;, &lt;i&gt;The Toronto Star&lt;/i&gt;, 29 mai 2012 ; et David Bush, &#171; Right-to-work in Canada ? &#187;, &lt;i&gt;rabble.ca&lt;/i&gt;, 7 d&#233;cembre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jim Stanford, &#171; US Right-to-Work Thinking Now Infecting Canada &#187;, The Progressive Economics Forum, 28 juin 2012, et Josh Mandryk, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Formule en vertu de laquelle l'employeur est tenu de pr&#233;lever &#224; la source aupr&#232;s de tous les salari&#233;s, qu'ils soient membres ou non du syndicat, la cotisation d&#233;termin&#233;e par le syndicat repr&#233;sentant les salari&#233;s d'une unit&#233; de n&#233;gociation. &#201;tablie en 1946 par le juge Ivan Rand agissant comme arbitre dans un conflit de travail, elle est fond&#233;e sur le principe selon lequel tous les salari&#233;s de l'unit&#233; de n&#233;gociation b&#233;n&#233;ficient &#233;galement de la convention collective et que tous doivent par &#233;quit&#233; payer la cotisation syndicale, qu'ils adh&#232;rent ou non au syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : artactqc.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Joyeux No&#235;l ou joyeux d&#233;cembre, monsieur Orwell ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Joyeux-Noel-ou-joyeux-decembre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Joyeux-Noel-ou-joyeux-decembre</guid>
		<dc:date>2010-09-04T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louis Gill</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Gill, Louis </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans un &#171; Devoir de philo &#187; intitul&#233; &#171; Joyeux No&#235;l ou Joyeux d&#233;cembre, monsieur Orwell ? &#187;, publi&#233; le 24 d&#233;cembre dans Le Devoir, un &#233;tudiant au doctorat en sociologie de l'UQAM, Mathieu Bock-C&#244;t&#233;, &#233;crit en se r&#233;f&#233;rant &#224; George Orwell : &#171; Tout comme le socialisme, le multiculturalisme s'impose par une forme particuli&#232;re de terreur id&#233;ologique, la rectitude politique, dont l'&#233;crivain aura probablement &#233;t&#233; le premier th&#233;oricien &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette affirmation est particuli&#232;rement perverse &#224; divers (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-34-avril-mai-2010-" rel="directory"&gt;No 034 - avril / mai 2010&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Litterature-+" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gill-Louis-+" rel="tag"&gt;Gill, Louis &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1026.gif?1642092114' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;924&#034; height=&#034;1407&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un &#171; Devoir de philo &#187; intitul&#233; &#171; Joyeux No&#235;l ou Joyeux d&#233;cembre, monsieur Orwell ? &#187;, publi&#233; le 24 d&#233;cembre dans &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, un &#233;tudiant au doctorat en sociologie de l'UQAM, Mathieu Bock-C&#244;t&#233;, &#233;crit en se r&#233;f&#233;rant &#224; George Orwell : &#171; &lt;i&gt;Tout comme le socialisme, le multiculturalisme s'impose par une forme particuli&#232;re de terreur id&#233;ologique, la rectitude politique, dont l'&#233;crivain aura probablement &#233;t&#233; le premier th&#233;oricien&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affirmation est particuli&#232;rement perverse &#224; divers points de vue. Elle laisse d'abord entendre qu'aux yeux d'Orwell, le socialisme serait le produit naturel de la terreur id&#233;ologique. Il faut tout ignorer d'Orwell et lui pr&#234;ter les id&#233;es les plus contraires aux siennes pour soutenir une telle chose. Il faut surtout confondre le socialisme, qu'il d&#233;fendait inconditionnellement, et son tragique travestissement, le totalitarisme stalinien, qu'il a d&#233;couvert au c&#339;ur de la guerre civile espagnole &#224; laquelle il a particip&#233; en tant que combattant dans les milices de ce petit parti communiste antistalinien qu'&#233;tait le Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM), et contre lequel il a lutt&#233; sans rel&#226;che jusqu'&#224; sa mort, par son engagement politique et ses &#233;crits, dont &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La ferme des animaux&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant toutes ces ann&#233;es, le volet indissociable du combat d'Orwell contre le totalitarisme a &#233;t&#233; son combat pour le socialisme. Parlant de sa participation &#224; la guerre civile espagnole comme de l'exp&#233;rience la plus importante de sa vie qui en influen&#231;a par la suite tout le parcours, il &#233;crit : &#171; &lt;i&gt;Chaque ligne de travail s&#233;rieux depuis lors a &#233;t&#233; &#233;crite, directement ou indirectement, contre le totalitarisme et en faveur du socialisme d&#233;mocratique [&#8230;] dont le v&#233;ritable objectif est la fraternit&#233; humaine&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans&lt;i&gt; Hommage &#224; la Catalogne&lt;/i&gt;, qui est le r&#233;cit de cette participation sur le front d'Aragon, il d&#233;crit dans les termes suivants les rapports d'&#233;galit&#233; qui y existaient entre miliciens : &#171; &lt;i&gt;En un sens, il serait conforme &#224; la v&#233;rit&#233; de dire qu'on faisait l&#224; l'exp&#233;rience d'un avant-go&#251;t du socialisme [&#8230;] L'habituelle division de la soci&#233;t&#233; en classes avait disparu. Et cela eut pour r&#233;sultat de rendre mon d&#233;sir de voir &#233;tabli le socialisme beaucoup plus r&#233;el qu'il ne l'&#233;tait auparavant&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque dix ann&#233;es plus tard, dans la pr&#233;face de l'&#233;dition ukrainienne de &lt;i&gt;La ferme des animaux&lt;/i&gt;, il se disait constern&#233; de la facilit&#233; avec laquelle la propagande totalitaire pouvait contr&#244;ler l'opinion d'individus &#233;clair&#233;s dans les pays d&#233;mocratiques. C'est ainsi, &#233;crit-il &#171; &lt;i&gt;que j'ai compris, plus clairement que jamais, l'influence n&#233;faste du mythe sovi&#233;tique sur le mouvement socialiste occidental&lt;/i&gt; [et qu'il est] &lt;i&gt;indispensable de d&#233;truire ce mythe si nous voulons assister &#224; la renaissance du mouvement socialiste&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de temps avant sa mort, il a r&#233;pondu comme suit &#224; ceux qui voyaient dans &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt; une attaque contre le socialisme : &#171; &lt;i&gt;Le propos de mon dernier roman n'est pas d'attaquer le socialisme ou le parti travailliste britannique (que je soutiens), mais de d&#233;noncer les risques que comporte une &#233;conomie centralis&#233;e et dont le communisme et le fascisme ont d&#233;j&#224; en partie donn&#233; l'exemple&lt;/i&gt; &#187; (pour &#233;viter toute confusion, sans doute conviendrait-il mieux d'utiliser ici le terme &#171; stalinisme &#187; plut&#244;t que le terme &#171; communisme &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se livrer &#224; une banalisation grotesque du totalitarisme pour y amalgamer le multiculturalisme, si pernicieux soit-il, comme le fait Bock-C&#244;t&#233;, et caract&#233;riser ce dernier comme un &#171; &lt;i&gt;syst&#232;me de censure id&#233;ologique qui criminalise sa contestation&lt;/i&gt; &#187;, ou de &#171; &lt;i&gt;corruption id&#233;ologique du langage politique, h&#233;rit&#233;e de cette utopie malfaisante qu'est le marxisme&lt;/i&gt; &#187;. On nage ici en plein d&#233;lire. Tout aussi grotesques sont les conjectures de Bock-C&#244;t&#233; quant &#224; ce qu'Orwell dirait de l'&#233;vacuation de No&#235;l de l'espace public : d&#233;fenseur des milieux populaires, Orwell, dit-il, &#171; &lt;i&gt;rappellerait probablement que la question du multiculturalisme recoupe une nouvelle lutte des classes&lt;/i&gt; &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Plut&#244;t que de se livrer &#224; des conjectures aussi rocambolesques, rappelons qu'Orwell, d&#233;fenseur des opprim&#233;s, appuyait ceux-ci int&#233;gralement, y compris dans leurs rejets les plus radicaux de symboles et de traditions de leur patrimoine historique lorsque ces symboles et traditions &#233;taient assimil&#233;s par eux &#224; leur exploitation. Parlant de la r&#233;action imm&#233;diate de la classe ouvri&#232;re espagnole &#224; l'insurrection militaire dirig&#233;e par le g&#233;n&#233;ral Franco, Orwell &#233;crit dans &lt;i&gt;Hommage &#224; la Catalogne &lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Les paysans saisirent la terre ; les syndicats saisirent beaucoup d'usines et la plus grande partie des moyens de transport. Les &#233;glises furent saccag&#233;es partout, parce qu'on avait parfaitement compris que l'&#201;glise espagnole &#233;tait partie int&#233;grante de la combine capitaliste&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Je pense donc ne pas trahir la pens&#233;e d'Orwell en disant que, selon moi, il aurait &#233;t&#233; d'une intransigeance totale &#224; l'&#233;gard de l'exhibition du crucifix &#224; l'Assembl&#233;e nationale et dans les autres lieux publics et qu'il aurait eu la m&#234;me attitude face au port de signes religieux ostentatoires dans le domaine public, en particulier de ceux qui font outrage aux femmes comme le voile islamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Je pense aussi qu'il aurait &#233;t&#233; favorable au maintien de la reconnaissance de la f&#234;te de No&#235;l en tant que f&#234;te la&#239;que, ce qu'elle est d'ores et d&#233;j&#224; devenue aux yeux d'une majorit&#233; de qu&#233;b&#233;cois, non croyants et croyants, toutes confessions confondues. Il aurait donc &#233;t&#233; favorable pour cette raison au maintien du souhait de &#171; Joyeux No&#235;l &#187; le 25 d&#233;cembre et oppos&#233; &#224; son remplacement par des inepties comme &#171; Joyeux d&#233;cembre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Je suis enfin convaincu qu'il aurait &#233;t&#233; contre le cours &lt;i&gt;&#201;thique et culture religieuse&lt;/i&gt;. Non pas parce que ce cours tendrait &#224; banaliser la foi catholique et &#224; promouvoir les autres confessions dans un esprit multiculturaliste. Mais parce que, favorable &#224; la diffusion des connaissances et partisan d'une &#233;thique la&#239;que, il aurait sans aucun doute appuy&#233; un cours d'histoire des religions et se serait vertement oppos&#233; &#224; un cours qui exclut l'ath&#233;isme et qui fonde l'&#233;thique sur les croyances religieuses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une crise annonc&#233;e</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-crise-annoncee</link>
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		<dc:date>2009-04-30T01:30:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louis Gill</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Gill, Louis </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'origine de la crise actuelle, on le sait, se trouve dans les d&#233;faillances massives des pr&#234;ts hypoth&#233;caires &#224; haut risque consentis &#224; grande &#233;chelle aux &#201;tats-Unis &#224; des acheteurs de maison non solvables. Mais elle puise ses racines profondes dans l'hyperd&#233;veloppement d'un capital volatil d&#233;tach&#233; de l'investissement dans la production, libre de se d&#233;placer dans l'espace plan&#233;taire en fonction des seuls besoins de sa valorisation. Le coup d'envoi de ce d&#233;veloppement, puissamment stimul&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-28-fevrier-mars-2009-" rel="directory"&gt;No 028 - f&#233;vrier / mars 2009&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gill-Louis-+" rel="tag"&gt;Gill, Louis &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton847.gif?1642092276' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;566&#034; height=&#034;377&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'origine de la crise actuelle, on le sait, se trouve dans les d&#233;faillances massives des pr&#234;ts hypoth&#233;caires &#224; haut risque consentis &#224; grande &#233;chelle aux &#201;tats-Unis &#224; des acheteurs de maison non solvables. Mais elle puise ses racines profondes dans l'hyperd&#233;veloppement d'un capital volatil d&#233;tach&#233; de l'investissement dans la production, libre de se d&#233;placer dans l'espace plan&#233;taire en fonction des seuls besoins de sa valorisation. Le coup d'envoi de ce d&#233;veloppement, puissamment stimul&#233; depuis 1980 par la lib&#233;ralisation et la d&#233;r&#233;glementation n&#233;olib&#233;rales, a &#233;t&#233; donn&#233; par l'effondrement en 1971 du syst&#232;me des taux de change fixes entre les monnaies mis en place &#224; Bretton Woods en 1944 et la naissance des anc&#234;tres des complexes produits d&#233;riv&#233;s* d'aujourd'hui que furent les premiers contrats de couverture (&lt;i&gt;hedge&lt;/i&gt;) sur les devises devenues fluctuantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;conomie mondiale domin&#233;e par la finance est le lieu naturel du d&#233;ploiement du capital fictif, de la sp&#233;culation, de la recherche par des moyens douteux du rendement maximum &#224; court terme, de la manipulation et de la fraude. De 5,2 % en 1980, la part du secteur financier dans la capitalisation boursi&#232;re a atteint 23,5 % en 2007 aux &#201;tats-Unis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;The Economist, 16 octobre 2008.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; l'&#233;chelle mondiale, la valeur des produits d&#233;riv&#233;s* de toute sorte atteignait &#224; la m&#234;me date pr&#232;s de 10 fois le Produit int&#233;rieur brut mondial. Cela d&#233;montre que la majeure partie du capital se trouve investie dans des op&#233;rations qui ont peu &#224; voir avec l'&#233;conomie r&#233;elle, des op&#233;rations dont la valeur fluctue au gr&#233; des mouvements sp&#233;culatifs* et dont le montant est propuls&#233; &#224; des sommets par des effets de levier donnant lieu &#224; un endettement de l'ordre de plus de 30 fois le capital propre des &#233;tablissements de cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte g&#233;n&#233;ral, la crise actuelle a &#233;t&#233; engendr&#233;e par les moyens m&#234;mes qui avaient &#233;t&#233; favoris&#233;s pour tirer l'&#233;conomie des &#201;tats-Unis de la l&#233;thargie cons&#233;cutive au d&#233;gonflement de la &#171; bulle technologique &#187; en 2001 et 2002 : taux d'int&#233;r&#234;t exceptionnellement bas, acc&#232;s facile &#224; la propri&#233;t&#233; sans &#233;gard aux moyens financiers des acheteurs et refinancement des hypoth&#232;ques sous la forme de marges de cr&#233;dit hypoth&#233;caires destin&#233;es &#224; accro&#238;tre la consommation courante. La formule a fonctionn&#233; tant que les prix immobiliers se sont maintenus et que les taux d'int&#233;r&#234;t sont rest&#233;s bas. Mais les prix ont d&#233;gringol&#233; &#224; partir de 2006, de sorte que la valeur marchande des maisons a chut&#233; sous la valeur du montant de l'emprunt &#224; renouveler et les taux d'int&#233;r&#234;t ont augment&#233; consid&#233;rablement : le taux directeur de la Banque centrale des &#201;tats-Unis, qui &#233;tait de l'ordre de 1 % de 2004 &#224; 2006, &#233;tait port&#233; &#224; 5,25 % en 2006. D'o&#249; un tr&#232;s grand nombre de d&#233;faillances qui ont entra&#238;n&#233; aux &#201;tats-Unis l'an&#233;antissement de milliers de milliards de dollars de valeur, la perte de leur maison pour des millions de m&#233;nages et l'&#233;viction d'une multitude de locataires &#224; la suite de la faillite de leurs propri&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les dessous de la crise financi&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise immobili&#232;re s'est d&#232;s lors transform&#233;e en crise financi&#232;re. De son &#233;picentre aux &#201;tats-Unis, elle s'est rapidement propag&#233;e dans le monde entier par le biais d'une opaque architecture financi&#232;re fond&#233;e sur une surexposition au risque, du fait que les pr&#234;ts hypoth&#233;caires &#224; haut risque avaient &#233;t&#233; massivement regroup&#233;s par tranches avec d'autres cr&#233;ances (cr&#233;ances sur cartes de cr&#233;dit, pr&#234;t-bail automobile, pr&#234;ts accord&#233;s aux entreprises et aux commer&#231;ants, pr&#234;ts personnels) au sein de nouveaux titres, de court terme, &#171; adoss&#233;s &#187; &#224; ces actifs (ou &#171; garantis &#187; par eux). Le march&#233; sur lequel se transigent ces cr&#233;ances s'est &#233;croul&#233; &#224; partir de 2007 en raison des nombreuses d&#233;faillances des pr&#234;ts hypoth&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adossement de titres &#224; des actifs est l'une des multiples facettes de la titrisation* g&#233;n&#233;ralis&#233;e, technique vue comme une g&#233;niale innovation des cr&#233;ateurs de montages financiers, suppos&#233;e garantir le syst&#232;me financier contre le risque dans un syst&#232;me qui rend opaque la composition des produits synth&#233;tiques qui en r&#233;sultent. Ces titres ont connu une croissance fulgurante, passant de 400 &#224; 2 500 milliards de dollars de 1995 au d&#233;but de 2008&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ils sont devenus de plus en plus complexes avec la cr&#233;ation de &#171; titres d&#233;riv&#233;s de titres &#187; (&lt;i&gt;collateralized debt obligations&lt;/i&gt;), c'est-&#224;-dire de regroupements d'amalgames de titres divers, r&#233;sultats d'un double processus de titrisation dont l'opacit&#233; a largement contribu&#233; &#224; pr&#233;cipiter les difficult&#233;s qui se sont manifest&#233;es &#224; partir de l'&#233;t&#233; 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se prot&#233;ger des risques, les d&#233;tenteurs de titres ont recouru &#224; ce nouvel instrument que sont les &#171; titres de garantie contre le d&#233;faut de paiement des emprunteurs &#187;, ou &lt;i&gt;credit default swaps&lt;/i&gt;, en particulier, pour les banques des &#201;tats-Unis, aupr&#232;s de ce g&#233;ant de l'assurance qu'est l'American International Group (AIG). D'un montant presque nul en 2001, les &lt;i&gt;credit default swaps&lt;/i&gt; ont connu une croissance ph&#233;nom&#233;nale pour atteindre le montant de 60 000 milliards de dollars en 2007&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'instruments de couverture du risque, ils sont devenus des instruments de sp&#233;culation. Pour ce qui est de la qualit&#233; de la couverture contre le risque, on peut en juger &#224; partir de la monumentale faillite de l'American International Group en septembre 2008 et de son sauvetage par sa nationalisation effective (acquisition de 80 % de son capital par le gouvernement des &#201;tats-Unis contre l'apport de 150 milliards de dollars de fonds).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;tendue garantie contre le risque que la titrisation &#233;tait cens&#233;e apporter &#233;tait fictive comme l'a d&#233;montr&#233; le d&#233;clenchement de la crise &#224; l'&#233;t&#233; 2007. Craignant un risque de d&#233;faillance des pr&#234;ts hypoth&#233;caires &#224; haut risque, les d&#233;tenteurs mondiaux de titres adoss&#233;s &#224; des actifs, dont les d&#233;tenteurs de papier commercial* (billets de tr&#233;sorerie &#224; tr&#232;s court terme) &#233;mis par des soci&#233;t&#233;s financi&#232;res, se sont de plus en plus abstenus de les renouveler &#224; l'&#233;ch&#233;ance. La situation s'est aggrav&#233;e en raison de la d&#233;cision de certains &#233;metteurs de geler leurs titres, refusant de les racheter &#224; l'&#233;ch&#233;ance, faute de liquidit&#233;s pour ce faire parce qu'incapables de trouver de nouveaux acheteurs. La crise de liquidit&#233;s ainsi cr&#233;&#233;e a &#233;t&#233; amplifi&#233;e par la m&#233;fiance des banques, h&#233;sitantes &#224; se pr&#234;ter les unes aux autres et conservant leurs liquidit&#233;s de peur d'en manquer. S'en est suivi un ass&#232;chement complet du cr&#233;dit interbancaire qui constituait une menace directe sur l'&#233;conomie r&#233;elle en raison de l'&#233;puisement des possibilit&#233;s de cr&#233;dit offertes aux entreprises et aux consommateurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un sauvetage aux frais de la collectivit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Atterr&#233;s par une marche &#224; l'effondrement de l'&#233;conomie mondiale qu'ils ont provoqu&#233;e par leurs politiques, les chefs d'&#201;tat et de gouvernement et les dirigeants des organismes internationaux ont multipli&#233; les d&#233;clarations quant &#224; la gravit&#233; de la situation. Certains ont parl&#233; d'une n&#233;cessaire refondation du capitalisme mondial, d'un &#171; nouveau Bretton Woods &#187;, etc. Mais ils ont manifest&#233; une profonde r&#233;ticence &#224; l'&#233;gard d'une action concert&#233;e en faveur de transformations r&#233;elles. La r&#233;union des pays du G-20 qui a eu lieu &#224; Washington le 15 novembre a accouch&#233; d'une souris et report&#233; toute d&#233;cision &#224; un nouveau rendez-vous en avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, on a vu se d&#233;ployer &#224; travers le monde un engagement commun spontan&#233; des gouvernements et des banques centrales en faveur de mesures d'urgence destin&#233;es &#224; rescaper leurs syst&#232;mes financiers nationaux, comme le rachat de titres toxiques, la nationalisation des banques, la cr&#233;ation d'&#233;normes quantit&#233;s de liquidit&#233;s par les banques centrales et la baisse des taux d'int&#233;r&#234;t. Aux &#201;tats-Unis, les sommes engouffr&#233;es dans les op&#233;rations de sauvetage du seul secteur financier ont &#233;t&#233; de 8 400 milliards de dollars de d&#233;cembre 2007 &#224; la fin de novembre 2008&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Desjardins, &#201;tudes &#233;conomiques, 28 novembre 2008.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un montant &#233;quivalant &#224; la moiti&#233; du Produit int&#233;rieur brut. Ces montants gigantesques, financ&#233;s par l'argent des contribuables et par un accroissement substantiel de la dette publique, ont &#233;t&#233; sans effet sur les march&#233;s boursiers qui ont continu&#233; &#224; piquer du nez pour retrouver, &#224; la fin de novembre 2008, les niveaux d'avant 2003, alors que la crise financi&#232;re et boursi&#232;re se propageait &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle d&#233;sormais plong&#233;e dans une s&#233;v&#232;re r&#233;cession mondiale. Pour combattre cette r&#233;cession, la plupart des gouvernements ont annonc&#233; des plans expansionnistes de r&#233;duction de taxes et de travaux publics. Ils ont aussi &#233;t&#233; appel&#233;s &#224; accorder des subventions aux entreprises priv&#233;es chancelantes des secteurs industriels n&#233;vralgiques, comme l'industrie automobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne jurant hier encore que par le march&#233;, ils sont intervenus massivement &#224; coup de milliards de dollars de fonds publics pour acqu&#233;rir, sur une base temporaire et sans revendiquer de droit de regard sur leurs d&#233;cisions, une partie du capital de grandes banques, de compagnies d'assurance et d'autres &#233;tablissements priv&#233;s, le temps d'en assurer le sauvetage aux frais de la collectivit&#233; et de jeter les bases d'un retour int&#233;gral &#224; l'initiative priv&#233;e rentable, par cons&#233;quent &#224; l'anarchie qui en est le fondement et aux crises &#224; venir qui ne pourront qu'en d&#233;couler. Ils invoquent pour ce faire l'argument du &#171; &lt;i&gt;too big to fail&lt;/i&gt; &#187; (expression consacr&#233;e du jargon financier anglophone qui signifie &#171; trop gros pour faire faillite &#187;) et agitent l'&#233;pouvantail des risques encore plus grands pour l'&#233;conomie et l'emploi qui r&#233;sulteraient d'un refus des pouvoirs publics d'intervenir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une n&#233;cessaire prise en main par l'&#201;tat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si ces interventions de l'&#201;tat n'ont rien de la &#171; socialisation &#187; que certains ont voulu y voir, elles mettent clairement en &#233;vidence l'impasse &#224; laquelle le syst&#232;me de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e m&#232;ne lorsqu'il est livr&#233; &#224; lui-m&#234;me, et l'obligation qui s'impose &#224; lui de chercher la voie de sortie de cette impasse &#224; l'ext&#233;rieur de ses propres cadres, c'est-&#224;-dire &#224; l'ext&#233;rieur du cadre de l'initiative priv&#233;e en faisant appel &#224; l'&#201;tat. La crise actuelle met &#233;minemment en relief les limites de ce syst&#232;me, l'incompatibilit&#233;, comme le disait Marx, entre la taille de plus en plus grande, c'est-&#224;-dire de plus en plus sociale, des moyens de production et le caract&#232;re de plus en plus priv&#233; et concentr&#233; de leur propri&#233;t&#233;. Une incompatibilit&#233; qui d&#233;signe la n&#233;cessit&#233; de leur prise en main par la collectivit&#233; et de leur planification d&#233;mocratique en tant que biens publics dot&#233;s d'une mission de service public, mais qui pointe aussi du doigt, dramatiquement, le degr&#233; actuel de d&#233;culturation politique produite par 30 ans de n&#233;olib&#233;ralisme et d'impr&#233;paration de la population travailleuse appel&#233;e &#224; relever ce d&#233;fi. D'o&#249; l'urgence de s'atteler &#224; la t&#226;che.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;***&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour aller de l'avant, il faut d'abord prendre conscience de ce qu'une entreprise priv&#233;e qui serait jug&#233;e &#171; &lt;i&gt;too big to fail&lt;/i&gt; &#187; et dont la survie reposerait sur le soutien de l'&#201;tat devrait &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme &#171; &lt;i&gt;too big to remain private&lt;/i&gt; &#187;, trop grosse pour demeurer propri&#233;t&#233; priv&#233;e, sous gestion priv&#233;e et source de profits priv&#233;s. La politique minimale qui d&#233;coule de ce corollaire devrait &#234;tre le refus de tout octroi de fonds publics qui ne s'accompagnerait pas d'une prise de possession au moins partielle sinon compl&#232;te par l'&#201;tat, sur une base permanente et avec un contr&#244;le d&#233;terminant de la gestion des &#233;tablissements au secours desquels il se porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politique radicale ? On en mesure au contraire la mod&#233;ration lorsqu'on constate que, r&#233;cemment, le tr&#232;s conservateur &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;dition du 21 novembre 2008.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; &#233;voquer l'&#233;ventuelle n&#233;cessaire reprise en main par l'&#201;tat des grandes banques rescap&#233;es par les fonds publics qui continueraient &#224; refuser de jouer leur r&#244;le social de dispensatrices de cr&#233;dit &#224; la population en destinant &#224; d'autres usages l'argent mis &#224; leur disposition. Nul doute que la propri&#233;t&#233; publique des grandes banques et des &#233;tablissements de cr&#233;dit garantirait l'exercice de cette fonction sociale qui est la leur, mais elle bannirait par ailleurs la sp&#233;culation, la fraude et les ind&#233;centes r&#233;mun&#233;rations des dirigeants qui gangr&#232;nent le syst&#232;me, et constituerait ainsi un rempart contre de nouvelles crises financi&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://ababord.org/spip.php?article844" class="spip_out"&gt;Lexique financier&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt;, 16 octobre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Desjardins, &lt;i&gt;&#201;tudes &#233;conomiques&lt;/i&gt;, 28 novembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;dition du 21 novembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Louis Gill&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>George Orwell : de la guerre civile espagnole &#224; 1984</title>
		<link>https://www.ababord.org/George-Orwell-de-la-guerre-civile</link>
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		<dc:date>2008-07-26T15:24:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Brouillard, Louis Gill</dc:creator>


		<dc:subject>Brouillard, Christian</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Gill, Louis </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Louis Gill, George Orwell : de la guerre civile espagnole &#224; 1984, Lux &#201;diteur, Montr&#233;al, 2005. &lt;br class='autobr' /&gt; Cauchemar totalitaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y aura cet &#233;t&#233; une date qui, sans nul doute, sera comm&#233;mor&#233;e &#171; officiellement &#187;, du moins en Espagne. En effet, le 18 juillet 1936, il y aura de cela soixante-dix ans cette ann&#233;e, les militaires espagnols se soulevaient contre le gouvernement l&#233;gitimement &#233;lu. C'&#233;tait le d&#233;but d'une atroce guerre civile qui allait durer trois ans et qui, avec l'implication d'&#201;tats (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-14-avril-mai-2006-" rel="directory"&gt;No 014 - avril / mai 2006&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brouillard-Christian-+" rel="tag"&gt;Brouillard, Christian&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gill-Louis-+" rel="tag"&gt;Gill, Louis &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton350.jpg?1642092267' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;268&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Louis Gill, &lt;i&gt;George Orwell : de la guerre civile espagnole &#224; 1984&lt;/i&gt;, Lux &#201;diteur, Montr&#233;al, 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cauchemar totalitaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aura cet &#233;t&#233; une date qui, sans nul doute, sera comm&#233;mor&#233;e &#171; officiellement &#187;, du moins en Espagne. En effet, le 18 juillet 1936, il y aura de cela soixante-dix ans cette ann&#233;e, les militaires espagnols se soulevaient contre le gouvernement l&#233;gitimement &#233;lu. C'&#233;tait le d&#233;but d'une atroce guerre civile qui allait durer trois ans et qui, avec l'implication d'&#201;tats comme l'Allemagne nazie, l'Italie fasciste ou l'URSS, devait constituer le prologue de la Seconde guerre mondiale. Cependant, derri&#232;re cette vision toute officielle des faits, tout un pan de l'Histoire est trop souvent occult&#233;. Comme le montre Louis Gill (&#224; la suite de bien d'autres) dans son ouvrage &lt;i&gt;George Orwell : de la guerre civile espagnole &#224; 1984&lt;/i&gt;, il y eut plus qu'une &#171; simple &#187; guerre en Espagne, car dans les zones dites r&#233;publicaines, on assista &#224; un formidable mouvement de changements sociaux o&#249; la classe ouvri&#232;re (mot qui n'est plus &#224; la mode, n'est-ce pas ?) tenta de reprendre en main l'appareil &#233;conomique en vue de le socialiser. Cet &#233;lan, dont l'&#233;crivain britannique George Orwell rend compte dans les premi&#232;res pages de son livre &lt;i&gt;Hommage &#224; la Catalogne&lt;/i&gt;, va rapidement &#234;tre bris&#233; non seulement par les militaires fascistes mais aussi par l'action d'un des seuls alli&#233;s de la R&#233;publique, l'URSS stalinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gill montre bien comment la direction stalinienne, avec l'aide du Parti communiste espagnol, importa en Espagne les m&#233;thodes totalitaires dont elle usait contre les dissidents sovi&#233;tiques. En pr&#233;textant qu'il fallait d'abord lutter contre le fascisme puis, apr&#232;s, faire la r&#233;volution, on &#233;crasa m&#233;thodiquement les conqu&#234;tes r&#233;volutionnaires (entreprises et terres collectivis&#233;es, milices populaires, etc.) ainsi que les organisations qui tentaient de poursuivre le processus dont la Conf&#233;d&#233;ration nationale du travail (CNT anarcho-syndicaliste) et le Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM). C'est dans les milices de cette derni&#232;re organisation qu'Orwell combattit durant son s&#233;jour en Espagne. Il fut le t&#233;moin de cette lente &#233;rosion de la r&#233;volution jusqu'&#224; l'insurrection de mai 1937 &#224; Barcelone o&#249;, &#224; la suite d'une provocation stalinienne, les ouvriers et ouvri&#232;res prirent la rue. Abandonn&#233;s par les directions de la CNT et du POUM, ils ne purent que d&#233;poser les armes, d&#233;faite qui ouvrit d&#233;finitivement les portes &#224; la contre-r&#233;volution stalinienne, pr&#233;lude &#224; la victoire du fascisme en 1939.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Orwell put assister, en premi&#232;re ligne, au d&#233;ploiement de l'arsenal r&#233;pressif des staliniens : prisons clandestines, disparitions de militants, usage de la torture &#224; large &#233;chelle, arrestations des proches de militants recherch&#233;s, calomnies et propagande d&#233;mentielle. Dans ce dernier cas, l'id&#233;e de la Novlangue qu'on retrouve dans son roman &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt; provient en droite ligne de la propagande stalinienne utilis&#233;e en Espagne o&#249; une d&#233;faite devenait une victoire et o&#249; des militants, ayant combattu bravement le fascisme, se retrouvaient &#233;tiquet&#233;s d'espions &#224; la solde des militaires ou de l'Allemagne nazie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Louis Gill, il est clair que c'est de son exp&#233;rience espagnole et du stalinisme qu'Orwell s'est inspir&#233; pour &#233;crire ses deux romans les plus c&#233;l&#232;bres : &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt; et&lt;i&gt; La ferme des animaux&lt;/i&gt;. Cette d&#233;nonciation du stalinisme a &#233;t&#233;, par ailleurs, toujours en lien avec la d&#233;fense du socialisme d&#233;mocratique dont Orwell avait eu un avant-go&#251;t dans les rues de Barcelone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, vivants du XXIe si&#232;cle, en quoi l'&#339;uvre d'Orwell peut-elle nous interpeller ? D'abord, comme conclut Louis Gill, en constatant que la Novlangue n'est pas morte, elle s'est modernis&#233;e en prenant les oripeaux du n&#233;olib&#233;ralisme, r&#233;duisant l'humain aux seules logiques de la marchandise. Il nous reste donc, &#224; la suite d'Orwell, &#224; promouvoir toutes les formes de dissidence aptes &#224; briser le consensus dominant. &#192; ce titre, l'ouvrage de Louis Gill, en extrayant de la m&#233;moire historique le souvenir de la r&#233;volution espagnole et de sa d&#233;faite, constitue un outil dans ce combat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Brouillard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les lucides et la dette</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-lucides-et-la-dette</link>
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		<dc:date>2008-07-24T17:09:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louis Gill</dc:creator>


		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Gill, Louis </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le manifeste Pour un Qu&#233;bec lucide a brandi la dette publique du Qu&#233;bec par habitant comme un &#233;pouvantail en la pr&#233;sentant comme la plus &#233;lev&#233;e du continent. Sans nier l'importance de cette dette, quel est son niveau relatif, non seulement &#224; l'&#233;chelle du continent, mais &#224; l'&#233;chelle mondiale ? &lt;br class='autobr' /&gt; Il est instructif de constater que son niveau global, mesur&#233; par la dette nette de l'ensemble des administrations publiques en pourcentage du PIB, &#224; 44 %, est l&#233;g&#232;rement inf&#233;rieur &#224; la moyenne des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-13-fevrier-mars-2006-" rel="directory"&gt;No 013 - f&#233;vrier / mars 2006&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gill-Louis-+" rel="tag"&gt;Gill, Louis &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le manifeste &lt;i&gt;Pour un Qu&#233;bec lucide&lt;/i&gt; a brandi la dette publique du Qu&#233;bec par habitant comme un &#233;pouvantail en la pr&#233;sentant comme la plus &#233;lev&#233;e du continent. Sans nier l'importance de cette dette, quel est son niveau relatif, non seulement &#224; l'&#233;chelle du continent, mais &#224; l'&#233;chelle mondiale ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est instructif de constater que son niveau global, mesur&#233; par la dette nette de l'ensemble des administrations publiques en pourcentage du PIB, &#224; 44 %, est l&#233;g&#232;rement inf&#233;rieur &#224; la moyenne des pays de l'OCDE (46 %) et du m&#234;me ordre que celui de pays comme le Canada (38 %), l'Espagne et la France (39 %), les &#201;tats-Unis (44 %) et l'Allemagne (49 %). Ce pourcentage atteint 72 % au Japon, 94 % en Italie et 96 % en Belgique. Panique, mais panique &#233;gale ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les vrais responsables de la dette&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Surtout, qui est responsable de cette dette ? L'explication de son origine et de son maintien &#224; un niveau sur lequel s'appuient sans cesse patronat et gouvernements pour justifier leurs efforts de r&#233;duction des services publics, se situe toujours du seul c&#244;t&#233; des d&#233;penses, jamais du c&#244;t&#233; des revenus. Pourtant, si le gouvernement du Qu&#233;bec, comme celui du Canada et ceux des autres pays, mettait un terme &#224; toutes les formes d'&#233;vitement fiscal et d'&#233;vasion fiscale dont b&#233;n&#233;ficient les entreprises et les nantis de la soci&#233;t&#233;, le probl&#232;me de la dette serait s&#251;rement fort diff&#233;rent de ce qu'il est actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement les privil&#233;gi&#233;s de la soci&#233;t&#233;, par les avantages dont ils b&#233;n&#233;ficient, sont-ils responsables de la dette publique, mais ils contribuent aussi de facto significativement moins que le commun des mortels &#224; son financement et &#224; son remboursement. Il y a quarante ans, au Qu&#233;bec, les contributions des particuliers et des entreprises aux imp&#244;ts sur le revenu et les profits &#233;taient respectivement de l'ordre de 40 % et de 60 %. Aujourd'hui, la situation est compl&#232;tement invers&#233;e : dans le budget de l'ann&#233;e en cours (2005-2006), la contribution des particuliers est de 80 %, celle des entreprises de 20 %. En tenant compte de la taxe de vente, mais sans tenir compte des autres taxes indirectes frappant surtout les particuliers, la contribution des particuliers est de 86 %, celle des entreprises de 14 %. On comprendra donc que pour le service de la dette, qui fait partie du budget gouvernemental, comme pour toutes les autres d&#233;penses, la part qui est pay&#233;e par les particuliers est plus de six fois plus importante que celle pay&#233;e par les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela ne suffit pas, selon les auteurs du &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt; qui proposent &#171; &lt;i&gt;une r&#233;forme majeure de la taxation&lt;/i&gt; &#187; accroissant les taxes &#224; la consommation et r&#233;duisant les taxes sur le revenu, sans compter les hausses des tarifs de l'&#233;lectricit&#233; et des droits de scolarit&#233;. Ap&#244;tres de la r&#233;duction de la dette publique, ils consid&#232;rent comme tout &#224; fait normale une hausse de la dette priv&#233;e, celle des individus frapp&#233;s par ces mesures.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des frais annuels d'int&#233;r&#234;ts de 7 milliards ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a plus. &#192; 7 milliards de dollars d'int&#233;r&#234;ts par ann&#233;e, le fardeau de la dette publique du Qu&#233;bec est prohibitif, lit-on en substance dans le manifeste. Mais est-il correct de dire que 7 milliards de dollars sortent effectivement des coffres du gouvernement chaque ann&#233;e pour payer les int&#233;r&#234;ts de la dette ? La r&#233;ponse est : &#171; non &#187; ! La dette publique totale, qui atteindra 119 milliards cette ann&#233;e, a en effet deux composantes : la dette directe, ou dette contract&#233;e sur les march&#233;s (82 milliards), qui est une v&#233;ritable dette sur laquelle le gouvernement a pay&#233; des int&#233;r&#234;ts annuels moyens de 4,5 milliards au cours des derni&#232;res ann&#233;es, et les engagements du gouvernement &#224; l'&#233;gard des r&#233;gimes de retraite du secteur public (37 milliards), auxquels le gouvernement ne fait qu'imputer une charge fictive d'int&#233;r&#234;ts qu'il comptabilise dans ses d&#233;penses courantes au chapitre du service de la dette, mais qui n'entra&#238;ne pas de versement de fonds. Inf&#233;rieur de quelque 2,5 milliards au montant pr&#233;tendu de 7 milliards, le d&#233;bours&#233; r&#233;el du gouvernement en int&#233;r&#234;ts sur la dette n'en demeure pas moins un montant &#233;lev&#233;, mais que personne n'est en droit de gonfler ind&#251;ment pour dramatiser la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moduler la vision alarmiste et unilat&#233;rale du &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt;, une remarque s'impose &#224; l'&#233;gard de la &#171; dette nette &#187; du gouvernement, d&#233;finie comme sa dette totale diminu&#233;e de la valeur des ses actifs financiers (mises de fonds dans les soci&#233;t&#233;s d'&#201;tat, pr&#234;ts et avances consentis &#224; des tiers, etc.). Il faut souligner que pour arriver &#224; cette dette nette, &#233;valu&#233;e &#224; 99 milliards, on tient compte des seuls actifs financiers du gouvernement, &#224; l'exclusion de ses actifs mat&#233;riels (routes, &#233;difices, etc.). Si on tenait compte aussi des actifs mat&#233;riels, la dette nette serait vraisemblablement nulle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une r&#233;duction relative de la dette, sans remboursement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les auteurs du &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt; alertent la population contre le risque d'un accroissement du fardeau de la dette qui r&#233;sulterait d'une hausse des taux d'int&#233;r&#234;t. &#171; &lt;i&gt;Avec une dette de 120 milliards, &#233;crivent-ils, chaque augmentation d'un point des taux ajoutera, &#224; terme, 1,2 milliard au service de la dette.&lt;/i&gt; &#187; Mais ils omettent de dire que chaque hausse du taux de l'inflation, qui semble actuellement vouloir reprendre de l'ampleur, aura un effet &#233;gal en sens inverse en diminuant d'autant la valeur r&#233;elle de la dette, et qu'une croissance &#233;conomique plus rapide que celle de la dette a pour effet de r&#233;duire sa valeur relative en proportion du Produit int&#233;rieur brut. &#192; titre d'illustration, malgr&#233; une augmentation de 24 milliards de 1997-98 &#224; 2005-06, la dette directe du gouvernement du Qu&#233;bec a l&#233;g&#232;rement diminu&#233; en termes relatifs, passant de 30,7 % &#224; 29,4 % du PIB, sans aucun remboursement de la dette. Pendant la m&#234;me p&#233;riode et sans remboursement de la dette, le service de la dette directe en pourcentage des revenus budg&#233;taires diminuait de 10,5 % &#224; 8,5 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc quelques observations sommaires qui permettent d'&#233;valuer le &#171; spectre &#187; de la dette avec une lucidit&#233; diff&#233;rente de celle des &#171; lucides &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Louis Gill&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crivain et professeur retrait&#233; du D&#233;partement d'&#233;conomie de l'UQAM. Il est notamment l'auteur de &lt;i&gt;George Orwell, de la guerre civile espagnole &#224; 1984&lt;/i&gt;, Lux &#201;diteur, Montr&#233;al, 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>R&#233;volution et Guerre civile </title>
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		<dc:creator>Louis Gill</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Gill, Louis </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a soixante-dix ans, le 18 juillet 1936, &#233;clatait en Espagne une insurrection militaire dirig&#233;e par le g&#233;n&#233;ral Francisco Franco, dont l'objectif &#233;tait de renverser le gouvernement r&#233;publicain d&#233;mocratiquement &#233;lu cinq mois plus t&#244;t, le 16 f&#233;vrier, et d'&#233;craser la r&#233;volution sociale en marche depuis lors. C'&#233;tait le d&#233;but d'une guerre civile qui allait durer pr&#232;s de trois ans, jusqu'en mars 1939, faire pr&#232;s d'un million de morts et se solder par la victoire de Franco et l'instauration (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-15-ete-2006-" rel="directory"&gt;No 015 - &#233;t&#233; 2006&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gill-Louis-+" rel="tag"&gt;Gill, Louis &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton165.jpg?1642092145' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;340&#034; height=&#034;98&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a soixante-dix ans, le 18 juillet 1936, &#233;clatait en Espagne une insurrection militaire dirig&#233;e par le g&#233;n&#233;ral Francisco Franco, dont l'objectif &#233;tait de renverser le gouvernement r&#233;publicain d&#233;mocratiquement &#233;lu cinq mois plus t&#244;t, le 16 f&#233;vrier, et d'&#233;craser la r&#233;volution sociale en marche depuis lors. C'&#233;tait le d&#233;but d'une guerre civile qui allait durer pr&#232;s de trois ans, jusqu'en mars 1939, faire pr&#232;s d'un million de morts et se solder par la victoire de Franco et l'instauration d'une dictature qui a &#233;touff&#233; le pays pendant trente-six ans, jusqu'en 1975. La guerre civile espagnole a eu une importance majeure dans la politique mondiale du 20e si&#232;cle. Le soixante-dixi&#232;me anniversaire de son d&#233;clenchement est l'occasion d'en rappeler les traits saillants et d'en d&#233;gager les enseignements.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un coup d'&#339;il sur l'histoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord que l'Espagne du d&#233;but du 20e si&#232;cle &#233;tait une soci&#233;t&#233; semi-coloniale et sous-industrialis&#233;e toujours domin&#233;e par des structures autoritaires et hi&#233;rarchiques h&#233;rit&#233;es du f&#233;odalisme, sous l'emprise de la monarchie, de l'&#201;glise catholique et de l'Arm&#233;e. Proclam&#233;e en 1873, la premi&#232;re R&#233;publique espagnole avait &#233;t&#233; renvers&#233;e d&#232;s l'ann&#233;e suivante et la monarchie, alors restaur&#233;e, devait survivre jusqu'en 1931 gr&#226;ce &#224; l'appui, de 1923 &#224; 1930, de la dictature militaire du g&#233;n&#233;ral Miguel Primo de Rivera, venue &#224; sa rescousse devant une agitation sociale de plus en plus mena&#231;ante. Mais cette dictature tombait &#224; son tour sous le poids d'un puissant mouvement de gr&#232;ves ouvri&#232;res, de soul&#232;vements paysans et de protestations &#233;tudiantes entra&#238;nant dans leur sillage de larges secteurs de la population, dont l'aboutissement a &#233;t&#233; la proclamation de la deuxi&#232;me R&#233;publique en 1931.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cinq ann&#233;es suivantes furent marqu&#233;es par une suite ininterrompue d'affrontements (gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales et insurrections arm&#233;es suivies d'une f&#233;roce r&#233;pression) entre les d&#233;fenseurs de la r&#233;publique qui ont exerc&#233; le pouvoir au cours des deux premi&#232;res ann&#233;es et les partisans du retour &#224; la monarchie qui les ont succ&#233;d&#233;, proc&#233;dant alors &#224; la mise en pi&#232;ces des r&#233;formes d&#233;mocratiques r&#233;alis&#233;es. Le rappel de ces faits permet de comprendre que la guerre civile qui a d&#233;but&#233; en 1936 n'avait rien d'un acte spontan&#233;, mais plongeait ses racines dans des int&#233;r&#234;ts inconciliables au sein de la soci&#233;t&#233;, lesquels avaient donn&#233; lieu depuis des d&#233;cennies &#224; une lutte sans merci entre le pass&#233; et l'avenir, entre les forces du progr&#232;s et celles de la r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, lorsqu'une coalition r&#233;publicaine de Front populaire, charg&#233;e des immenses aspirations d'&#233;mancipation de la population travailleuse, fut port&#233;e au pouvoir en f&#233;vrier 1936, on pouvait s'attendre &#224; ce que la r&#233;action monarchiste n'accepte pas sans mot dire d'&#234;tre jet&#233;e aux poubelles de l'histoire. On pouvait s'attendre aussi &#224; ce que, d&#232;s le moment o&#249; elle passerait &#224; l'attaque, ses alli&#233;s &#233;trangers viennent &#224; sa rescousse. Et, effectivement, d&#232;s le lendemain de l'insurrection militaire du 18 juillet, le camp franquiste a pu compter sur une aide militaire massive de l'Allemagne nazie et de l'Italie fasciste, ainsi que des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et financiers internationaux. Par contre, les &#171; d&#233;mocraties &#187; europ&#233;ennes voisines qu'&#233;taient la Grande-Bretagne et la France ont refus&#233; de venir au secours du gouvernement r&#233;publicain l&#233;gitime que le putsch militaire franquiste tentait de renverser. Pourquoi ce refus ? Parce que le peuple espagnol ne s'&#233;tait pas uniquement dress&#233; contre Franco mais qu'il avait, dans son mouvement pour faire &#233;chec &#224; l'insurrection militaire, entrepris une transformation de fond en comble de la soci&#233;t&#233; : les paysans avaient saisi les terres, les syndicats avaient pris le contr&#244;le de nombreuses usines, des moyens de transport et de communications. Il va sans dire que les puissances capitalistes &#233;taient d'abord pr&#233;occup&#233;es par la sauvegarde de leurs int&#233;r&#234;ts et que, selon toute &#233;vidence, l'instauration d'un r&#233;gime militaire constituait &#224; leurs yeux une meilleure garantie de leurs investissements en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule l'Union sovi&#233;tique, avec quatre mois de retard, est finalement intervenue en d&#233;fense de l'Espagne r&#233;publicaine, pouss&#233;e &#224; le faire d'abord et avant tout par ses int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques en pr&#233;vision de la guerre mondiale qui se pr&#233;parait, mais aussi par la menace que repr&#233;sentait la r&#233;volution sociale en marche en Espagne, pour ce r&#233;gime o&#249; la r&#233;volution avait d'ores et d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#233;trangl&#233;e par Staline. D&#232;s lors, la guerre civile au sein de laquelle fleurissait la r&#233;volution sociale n'eut plus rien &#224; voir avec une simple guerre entre Espagnols de deux camps oppos&#233;s, r&#233;publicains et monarchistes, mais se transforma en terrain d'affrontement entre grandes puissances militaires et champ d'exp&#233;rimentation de leurs nouvelles armes et techniques de guerre en vue de l'affrontement majeur qui pointait &#224; l'horizon, et en enjeu de la r&#233;volution socialiste mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Armer la r&#233;publique pour d&#233;sarmer la r&#233;volution&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En intervenant en Espagne sous le mot d'ordre de la &#171; lutte antifasciste &#187; et de la d&#233;fense de la r&#233;publique bourgeoise, l'URSS armait la r&#233;publique espagnole tout en d&#233;sarmant la r&#233;volution, et elle d&#233;ployait &#224; cet &#233;gard tous les moyens r&#233;pressifs qui avaient jusqu'alors &#233;t&#233; utilis&#233;s chez elle par la terreur stalinienne. Elle faisait table rase des avanc&#233;es r&#233;volutionnaires, directement et par l'interm&#233;diaire des ex&#233;cuteurs de ses ordres, le Parti communiste espagnol (PCE) et le Parti socialiste unifi&#233; de Catalogne (PSUC), et pourchassait et liquidait les militants qui avaient &#233;t&#233; &#224; leur origine, principalement les membres de la Conf&#233;d&#233;ration nationale du travail (CNT), anarcho-syndicaliste, et du Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM), petit parti antistalinien accus&#233; de &#171; trotskysme &#187;. La justification officielle de ces actes &#233;tait la n&#233;cessit&#233; de ne viser qu'un seul objectif, celui de gagner la guerre, et, &#224; cette fin, d'en finir avec le &#171; chaos r&#233;volutionnaire &#187;. Quiconque, dans cette perspective, tenterait de transformer la guerre civile en r&#233;volution sociale ferait le jeu des fascistes et serait &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; un tra&#238;tre. Il va sans dire que cette politique ne pouvait qu'avoir des effets strat&#233;giques n&#233;gatifs sur la conduite de la guerre elle-m&#234;me, dans laquelle les milices anarchistes et poumistes occupaient une place importante, mais &#233;taient syst&#233;matiquement priv&#233;es des armes fournies par l'Union sovi&#233;tique et distribu&#233;es par le PCE et le PSUC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;meutes de mai 1937 &#224; Barcelone, d&#233;clench&#233;es par une provocation de la police dirig&#233;e par le PSUC, mais dont la responsabilit&#233; a &#233;t&#233; faussement attribu&#233;e au POUM par les autorit&#233;s staliniennes, ont &#233;t&#233; un point tournant de l'organisation de la r&#233;pression et de l'ach&#232;vement de la liquidation des r&#233;alisations de la r&#233;volution sociale. Fait paradoxal s'il en est, la CNT, qui par principe rejetait toute forme d'&#201;tat et toute participation &#224; un gouvernement, s'&#233;tait jointe au gouvernement en avril 1937 en d&#233;pit du fait que ses militants &#233;taient l'objet d'une intense pers&#233;cution par ce gouvernement et que les r&#233;alisations auxquelles elle avait apport&#233; une contribution majeure &#233;taient mises en pi&#232;ces par lui ; elle y est demeur&#233;e jusqu'&#224; la fin de la guerre civile, en mars 1939. Le POUM quant &#224; lui avait &#233;t&#233; exclu de la Junte de d&#233;fense de Madrid et du Conseil de la G&#233;n&#233;ralit&#233; de Catalogne (nom que porte le gouvernement en Catalogne) &#224; la fin de 1936, &#224; la suite d'injonctions dict&#233;es personnellement par l'ambassadeur de l'URSS, Marcel Rosenberg, et le consul &#224; Barcelone, Vladimir Antonov-Ovssenko.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire sur la r&#233;volution allait-elle permettre de mieux mener la guerre contre Franco ? D'ores et d&#233;j&#224;, en mars 1938, devant la progression de l'arm&#233;e franquiste et la reconnaissance officieuse de Franco par l'Angleterre et la France, la d&#233;faite semblait aussi probable qu'imminente. L'Union sovi&#233;tique qui, pendant toute la guerre, avait livr&#233; ses armes au compte-gouttes au gr&#233; de l'application de ses diktats, sacrifiait maintenant d&#233;finitivement l'Espagne au nom de ses int&#233;r&#234;ts propres, ceux du &#171; pays du socialisme &#187;, et s'en d&#233;sengageait progressivement dans la perspective d'une r&#233;orientation de sa politique qui l'a amen&#233;e &#224; signer, en ao&#251;t 1939, son pacte germano-sovi&#233;tique avec Hitler, pr&#233;lude &#224; la Deuxi&#232;me Guerre mondiale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Louis Gill&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auteur de &lt;i&gt;George Orwell, de la guerre civile espagnole &#224;1984&lt;/i&gt;, Lux &#201;diteur, Montr&#233;al, 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La politique selon Orwell</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louis Gill</dc:creator>


		<dc:subject>Litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Gill, Louis </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;John Newsinger, La politique selon Orwell, Marseille, Agone, coll. &#171; Banc d'essai &#187;, 2006 &lt;br class='autobr' /&gt; Les convictions socialistes d'Orwell &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette biographie politique est une analyse minutieuse et captivante de l'&#233;volution de la pens&#233;e et de l'engagement politique de George Orwell (1903-1950). &#171; Rouage de la machinerie du despotisme &#187; (comme il s'est d&#233;crit lui-m&#234;me plus tard) en tant qu'officier de la police imp&#233;riale britannique en Birmanie de 1922 &#224; 1927, Orwell s'&#233;veille &#224; la politique au cours (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-19-avril-mai-2007-" rel="directory"&gt;No 019 - avril / mai 2007&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Litterature-+" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gill-Louis-+" rel="tag"&gt;Gill, Louis &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton123.jpg?1642092127' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;299&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;John Newsinger, &lt;i&gt;La politique selon Orwell&lt;/i&gt;, Marseille, Agone, coll. &#171; Banc d'essai &#187;, 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les convictions socialistes d'Orwell&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette biographie politique est une analyse minutieuse et captivante de l'&#233;volution de la pens&#233;e et de l'engagement politique de George Orwell (1903-1950). &#171; &lt;i&gt;Rouage de la machinerie du despotisme&lt;/i&gt; &#187; (comme il s'est d&#233;crit lui-m&#234;me plus tard) en tant qu'officier de la police imp&#233;riale britannique en Birmanie de 1922 &#224; 1927, Orwell s'&#233;veille &#224; la politique au cours des cinq ann&#233;es pass&#233;es dans cette fonction, qui le m&#233;tamorphosent en adversaire f&#233;roce de l'imp&#233;rialisme et de toute forme de domination. Le premier type d'action que prend cette conscientisation est la vie de boh&#232;me parmi les pauvres et les clochards de Londres et de Paris (d&#233;crite dans &lt;i&gt;Dans la d&#232;che &#224; Paris et &#224; Londres&lt;/i&gt;), qui l'am&#232;ne ensuite au nord de l'Angleterre o&#249; il d&#233;couvre le dur labeur des mineurs de charbon, la d&#233;tresse des ch&#244;meurs et les pr&#233;jug&#233;s de classes (d&#233;crits dans &lt;i&gt;Le Quai de Wigan&lt;/i&gt;). C'est alors qu'il adh&#232;re au socialisme et qu'il s'engage, &#224; la fin de 1936, dans ce qu'il a caract&#233;ris&#233; comme la plus importante exp&#233;rience de sa vie, sa participation &#224; la guerre civile espagnole en tant que combattant dans les milices du Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM). Cette exp&#233;rience dont il a rendu compte dans son &lt;i&gt;Hommage &#224; la Catalogne&lt;/i&gt; lui a inspir&#233; ses deux principaux romans, &lt;i&gt;La ferme des animaux&lt;/i&gt; et 1984. Profond&#233;ment marqu&#233; par la terreur stalinienne en Espagne, Orwell demeurera un antistalinien farouche jusqu'&#224; la fin de ses jours, tout comme il demeurera un ind&#233;fectible d&#233;fenseur du socialisme, &#233;crit Newsinger, ces deux engagements &#233;tant pour lui indissociables : &#171; &lt;i&gt;J'ai la conviction, &#233;crivait-il en effet dans la pr&#233;face ukrainienne de La ferme des animaux en&lt;/i&gt; 1947, &lt;i&gt;que la destruction du mythe sovi&#233;tique est indispensable si nous voulons faire rena&#238;tre le mouvement socialiste&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'engagement d'Orwell contre le totalitarisme n'est pas &#224; d&#233;montrer, tous ne sont pas aussi convaincus de la p&#233;rennit&#233; de sa ferveur socialiste. Et il faut reconna&#238;tre que certaines de ses prises de position tendent &#224; accr&#233;diter ce doute : d&#233;fense du patriotisme et de l'anglicit&#233; pendant la guerre, alignement &#224; partir de 1942 sur le r&#233;formisme du parti travailliste dont il appuie les politiques anti-ouvri&#232;res et la r&#233;pression contre les gr&#233;vistes. Autant de gestes politiques qui tranchent radicalement avec la flamme r&#233;volutionnaire rapport&#233;e d'Espagne et les appels de 1940 &#224; la transformation de la guerre contre Hitler en guerre r&#233;volutionnaire comme seul moyen de la victoire. Newsinger n'en soutient pas moins que le portrait d'Orwell dress&#233; par divers interpr&#232;tes, parmi lesquels son biographe le mieux connu, Bernard Crick, d'un militant qui &#224; partir du d&#233;but des ann&#233;es 1940 aurait sombr&#233; dans un &#171; &lt;i&gt;socialisme du d&#233;sespoir&lt;/i&gt; &#187; pour se rallier au r&#233;formisme travailliste, souffre d'une simplicit&#233; irrecevable. Une ligne de force du livre de Newsinger est pr&#233;cis&#233;ment de d&#233;montrer que ce &#171; &lt;i&gt;penseur politique si d&#233;concertant&lt;/i&gt; &#187; qu'&#233;tait Orwell n'a au contraire jamais abandonn&#233; ses convictions socialistes, m&#234;me s'il a perdu espoir de le voir triompher en Angleterre. &#192; l'appui de ce point de vue, il mentionne qu'au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es de sa vie, Orwell a entretenu des liens &#233;troits et ininterrompus avec des militants socialistes des &#201;tats-Unis, r&#233;unis autour de la &lt;i&gt;Partisan Review&lt;/i&gt;. C'est de ces discussions qu'est n&#233; notamment le th&#232;me du &#171; &lt;i&gt;collectivisme oligarchique&lt;/i&gt; &#187; qui est au centre de 1984. C'est aussi dans&lt;i&gt; Partisan Review&lt;/i&gt; qu'Orwell a pr&#233;sent&#233; en 1947 sa th&#232;se des &#201;tats-Unis socialistes d'Europe, &#171; &lt;i&gt;seul objectif valable&lt;/i&gt; &#187;, en tant que voie de l'&#233;dification du socialisme, qui ne saurait &#234;tre con&#231;u &#171; &lt;i&gt;qu'&#224; l'&#233;chelle mondiale&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Louis Gill&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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