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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Le mal lib&#233;rien, la d&#233;rive africaine</title>
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		<dc:date>2008-07-30T21:11:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;oise Nduwimana</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique sub-saharienne</dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Nduwimana, Fran&#231;oise</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#192; l'instar de tous les dictateurs qui ont ensanglant&#233; le continent africain sans avoir &#224; r&#233;pondre de leurs actes, Charles Taylor se tire d'affaire avec pour toute r&#233;primande l'asile politique au Nigeria. Olu Adeniji, ministre nig&#233;rian des affaires &#233;trang&#232;res, a d&#233;clar&#233; qu'il est hors de question que Taylor, &#171; re&#231;u au Nigeria pour des motifs humanitaires &#187;, soit extrad&#233; en Sierra Leone o&#249; il est l'objet d'un mandat d'arr&#234;t d&#233;livr&#233; par un tribunal sp&#233;cial sur les crimes commis durant la guerre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-02-nov-dec-2003-" rel="directory"&gt;No 002 - nov. / d&#233;c. 2003&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nduwimana-Francoise-+" rel="tag"&gt;Nduwimana, Fran&#231;oise&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton478.jpg?1642092269' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;227&#034; height=&#034;136&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'instar de tous les dictateurs qui ont ensanglant&#233; le continent africain sans avoir &#224; r&#233;pondre de leurs actes, Charles Taylor se tire d'affaire avec pour toute r&#233;primande l'asile politique au Nigeria. Olu Adeniji, ministre nig&#233;rian des affaires &#233;trang&#232;res, a d&#233;clar&#233; qu'il est hors de question que Taylor, &#171; &lt;i&gt;re&#231;u au Nigeria pour des motifs humanitaires&lt;/i&gt; &#187;, soit extrad&#233; en Sierra Leone o&#249; il est l'objet d'un mandat d'arr&#234;t d&#233;livr&#233; par un tribunal sp&#233;cial sur les crimes commis durant la guerre civile de ce pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Charles Taylor pr&#233;sente son exil comme un acte de patriotisme. &#192; l'entendre, il serait une colombe de la paix. Cependant, avait-il d'autre alternative que de prendre la fuite, alors qu'il &#233;tait abandonn&#233; par ses anciens alli&#233;s, encercl&#233; par deux fronts rebelles, le LURD (Lib&#233;riens unis pour la r&#233;conciliation et la d&#233;mocratie) et le MODEL (Mouvement pour la d&#233;mocratie au Liberia), et frapp&#233; par un embargo international sur les armes ? Il a plut&#244;t &#233;vit&#233; une fin aussi tragique que celle de son pr&#233;d&#233;cesseur, Samuel Doe, ou celle de Jonas Savimbi en Angola, tous deux assassin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, au nom du respect pour les victimes de la guerre au Liberia, tout devrait &#234;tre mis en &#339;uvre pour qu'il soit traduit en justice. M&#234;me si l'actuel acte d'accusation est bas&#233; sur son implication personnelle dans la guerre civile qui a d&#233;chir&#233; la Sierra Leone, il est tout autant important de l'inculper pour les crimes commis &#224; l'&#233;gard de son propre peuple. Ce qui suppose une volont&#233; de mettre sur pied des m&#233;canismes judiciaires sur les crimes commis tant par Taylor que par ses anciens opposants. Il est assez d&#233;routant de voir la condamnation internationale se limiter au cas sierra l&#233;onais, comme si les victimes lib&#233;riennes de la guerre des ann&#233;es 90 m&#233;ritaient ce qui leur est arriv&#233;. Un tel d&#233;ni de justice, qui puise sa justification dans l'imp&#233;ratif de la r&#233;conciliation nationale, nourrit paradoxalement la violence politique et l'impunit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une paix sans justice&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience africaine montre qu'au nom d'une pseudo n&#233;cessit&#233; de pardon et de r&#233;conciliation, les grands dictateurs ont pu se tirer d'affaire, perp&#233;tuant ainsi le cycle de l'impunit&#233;. Mobutu est mort au Maroc sans avoir &#233;t&#233; jug&#233;. Il en fut de m&#234;me pour Sani Abasha, Bokassa et Idi Amin Dada, d&#233;c&#233;d&#233; le 16 ao&#251;t dernier en Arabie Saoudite o&#249; il avait trouv&#233; un asile dor&#233;. Curieusement, une telle tradition de d&#233;ficit judiciaire est susceptible de fournir des munitions aux avocats de Taylor. Il suffirait en effet qu'ils rel&#232;vent les incoh&#233;rences de la justice internationale pour discr&#233;diter le bien- fond&#233; du proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mani&#232;re dont Taylor est arriv&#233; au pouvoir, sa fa&#231;on criminelle de le g&#233;rer ainsi que son r&#244;le dans la guerre en Sierra Leone n'ont rien d'in&#233;dit. L'histoire r&#233;cente du Liberia offre l'exemple d'un conflit o&#249; les diff&#233;rents mouvements arm&#233;s ont &#233;t&#233; soutenus par les pays voisins comme la Guin&#233;e, la C&#244;te d'Ivoire et le Burkina Faso (Peter Takiramudde, &#171; Where the arms come from &#187;, &lt;i&gt;Herald Tribune&lt;/i&gt;, 17 septembre 2003). Au Congo, l'implication de plusieurs r&#233;seaux et pays &#233;trangers n'est plus &#224; d&#233;montrer. Les actes criminels qu'on reproche &#224; Taylor traduisent malheureusement une r&#233;alit&#233; de violence, d'ing&#233;rence et d'impunit&#233; qui s&#233;vit en Afrique depuis des d&#233;cennies. R&#233;alit&#233; qui a fini par se constituer en mod&#232;le de gouvernance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu des ant&#233;c&#233;dents politiques de Taylor, il e&#251;t &#233;t&#233; plus brillant de se demander comment un homme, en sept ans de guerre civile, s'est-il rendu coupable de crimes aussi r&#233;pugnants, comment a-t-il pu &#234;tre port&#233; au pouvoir et reconnu par la communaut&#233; internationale ? Charles Taylor a gagn&#233; les &#233;lections avec 75 % des suffrages, d'aucuns diront. Mais la population du Liberia avait-elle vraiment le choix, dans la mesure o&#249; ne pas &#233;lire Taylor, alors seigneur de guerre le plus redoutable, voulait dire la poursuite de la guerre civile ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute fa&#231;on, aux yeux des civils victimes de cette guerre, traumatis&#233;s par un bilan aussi lourd que 200 000 morts, 700 000 r&#233;fugi&#233;s et 1,4 million de d&#233;plac&#233;s (selon le rapport d'Amnesty International publi&#233; le 1er octobre 1987), quelle diff&#233;rence pouvait-il y avoir entre Taylor et Prince Jonhson, deux seigneurs de guerre issus du NPFL (National Patriotic Front of Liberia), tant&#244;t alli&#233;s, tant&#244;t ennemis ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord de paix sign&#233; en 1997, qui a valid&#233; l'accession de Taylor au pouvoir, n'exprimait pas une aspiration d&#233;mocratique, mais une amnistie pour les criminels de guerre, pour ne pas dire un dividende politique pour les crimes commis. Press&#233;e de mettre un terme &#224; ce conflit, la communaut&#233; internationale esp&#233;rait calmer les ardeurs guerri&#232;res de Taylor et de ses opposants. Dans le m&#234;me temps, cette fa&#231;on d'ignorer la marque ind&#233;l&#233;bile laiss&#233;e sur la population par ces criminels de guerre d&#233;finissait et ent&#233;rinait les &#171; conditions gagnantes &#187; requises pour acc&#233;der au pouvoir. Au Liberia, en C&#244;te d'Ivoire, en R&#233;publique Centrafricaine, en R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo et ailleurs, il suffit maintenant de bien pr&#233;parer la guerre, de bien conqu&#233;rir militairement le territoire, de commettre le maximum de crimes contre des civils et le pouvoir vous est servi sur un plateau d'argent. Cyniquement, cela s'appelle &#171; &lt;i&gt;n&#233;gociations de paix en vue de la r&#233;conciliation nationale&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La guerre, une fin en soi&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La logique guerri&#232;re s'impose donc de plus en plus comme un nouveau paradigme de gouvernance. Et c'est ici que se situe le paradoxe de la plupart des guerres africaines postcoloniales. Issue d'une perspective d'&#233;mancipation collective dans laquelle se situaient les mouvements de lib&#233;ration nationale au temps de la d&#233;colonisation, la guerre africaine est aujourd'hui en voie de devenir une guerre du ventre. La gu&#233;rilla (ou l'insurrection) n'est plus populaire, mais contr&#244;l&#233;e par une poign&#233;e d'individus avides de pouvoir qui, par la violence et la victimisation, fabriquent le consentement populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Liberia est un exemple typique d'une tendance dangereuse : le viol des id&#233;aux. Comme bon nombre d'autres ailleurs en Afrique, les personnages qui ont marqu&#233; l'histoire de ce pays repr&#233;sentent une &#233;nigme. Avant qu'ils ne deviennent de redoutables sanguinaires, Samuel Doe et Charles Taylor ont tous les deux appartenu &#224; des mouvements panafricains de lib&#233;ration, motiv&#233;s par la dignit&#233; et l'&#233;mancipation des peuples opprim&#233;s. Quand, en 1980, le sergent Samuel Doe renverse William Tolbert, il op&#232;re une r&#233;volution en mettant un terme au r&#232;gne h&#233;g&#233;monique de la minorit&#233; am&#233;ricano-lib&#233;rienne. Mais il instaure aussi une logique de violence politique et de dictature militaire dont le Liberia a visiblement du mal &#224; se d&#233;faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre &lt;i&gt;L'&#201;tat en Afrique&lt;/i&gt;, publi&#233; chez Fayard en 1992, Jean-Fran&#231;ois Bayart d&#233;crit la d&#233;sillusion cr&#233;&#233;e par ce coup d'&#201;tat. Au d&#233;part per&#231;u comme le d&#233;fenseur des aspirations de la majorit&#233; autochtone, Samuel Doe s'av&#233;ra &#234;tre un leader d&#233;pourvu de vision sociale, singularis&#233; par le pouvoir personnel, brutal et pr&#233;dateur. &#192; y regarder de pr&#232;s, Charles Taylor est le prototype de Doe. De militant de la cause des autochtones lib&#233;riens qu'il &#233;tait dans les ann&#233;es 60, il s'est transform&#233; en tyran pour qui la guerre est une fin en soi. Cette perte totale du sens patriotique est malheureusement un pi&#232;ge qui guette toute la classe politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Taylor parti, on ignore quelle surprise nous r&#233;servent ses tombeurs. Dans un rapport intitul&#233; &lt;i&gt;Back to the brink : war crimes by Liberian government and rebels&lt;/i&gt;, publi&#233; le 1er mai 2002, l'organisation internationale am&#233;ricaine Human Rights Watch a soulign&#233; les nombreux crimes commis par le LURD contre les civils accus&#233;s d'&#234;tre proches des forces gouvernementales. Tout comme ces derni&#232;res, la r&#233;bellion a commis de nombreux viols, ex&#233;cutions sommaires, mutilations, d&#233;placements forc&#233;s, enr&#244;lements d'enfants, etc. Elle partage aussi la responsabilit&#233; des 2 000 civils tu&#233;s l'&#233;t&#233; dernier, lors des affrontements avec les partisans de Taylor. Et l'on ne peut que se demander si la victoire militaire des deux factions rebelles, le LURD et le MODEL, augure une &#232;re de paix pour les Lib&#233;riens ou simplement une accalmie en attendant que d'autres fronts n&#233;s de nouveaux mouvements arm&#233;s s'ouvrent et r&#233;clament &#224; leur tour le pouvoir, r&#233;duit dans ce cas de figure &#224; rien d'autre qu'un butin de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai qu'un accord de paix a &#233;t&#233; sign&#233; le 18 ao&#251;t dernier entre les forces rebelles et gouvernementales. Le principal mouvement rebelle, le LURD, qui estimait qu'il revenait naturellement &#224; son pr&#233;sident Sekou Damate Conneh de diriger la transition du pays, a d&#251; fl&#233;chir sa position et accepter de partager le pouvoir en attendant les prochaines &#233;lections. Applaudi par la communaut&#233; internationale, ce geste lui donne un important cr&#233;dit politique. Mais il ne r&#233;sout en rien plusieurs probl&#232;mes majeurs qui &#233;touffent ce pays. La disparition du politique, l'absence de projet de soci&#233;t&#233;, l'&#233;clatement et la rivalit&#233; des identit&#233;s ethniques continueront &#224; torpiller tous les efforts de paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces probl&#232;mes, il faut ajouter le silence de la communaut&#233; internationale, particuli&#232;rement celui des &#201;tats-Unis pourtant li&#233;s par l'histoire au Liberia. Fond&#233; au XVIIIe si&#232;cle par des esclaves am&#233;ricains affranchis et proclam&#233; &#201;tat ind&#233;pendant en 1847, le Liberia a longtemps &#233;t&#233; le pays africain le plus assist&#233; &#233;conomiquement par les &#201;tats-Unis. Mais cette assistance n'&#233;tait pas d&#233;nu&#233;e d'int&#233;r&#234;t. Aux yeux du Pentagone, le Liberia devait surtout servir de satellite am&#233;ricain en Afrique de l'Ouest et du Nord. Durant la guerre froide, Monrovia a constitu&#233; la plaque tournante des services de renseignement am&#233;ricains (rapport &lt;i&gt;Africa Watch&lt;/i&gt;, 1989). La surveillance du tumultueux Khadafi importait plus que l'instauration d'un &#201;tat de droit. Pendant ces longues ann&#233;es de chasse aux sorci&#232;res communistes, la pr&#233;occupation am&#233;ricaine &#233;tait avant tout de s'assurer la collaboration des alli&#233;s africains, fussent-ils criminels. L'envoi r&#233;cent de troupes par George W. Bush est peut-&#234;tre attribuable au fait que le Liberia est soup&#231;onn&#233; d'&#234;tre un transit pour le trafic des armes destin&#233;es &#224; Al Qa&#239;da (&lt;i&gt;The Herald Sun&lt;/i&gt;, 13 juin 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La paix au Liberia reste donc tr&#232;s fragile, car elle est non seulement prisonni&#232;re des vell&#233;it&#233;s g&#233;ostrat&#233;giques, mais repose aussi sur l'essoufflement momentan&#233; des seigneurs de guerre plut&#244;t que sur leur volont&#233; de construire la d&#233;mocratie. Cette paix reste fragile car elle &#233;merge des crimes impunis. Elle est au bout du canon et non dans l'esprit des dirigeants lib&#233;riens. &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;oise Nduwimana&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consultante en droits de la personne et en d&#233;veloppement international&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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