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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Pr&#233;server l'eau de vie... pour la survie</title>
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		<dc:date>2008-07-28T20:48:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Ariane Denault-Lauzier, Louise Vandelac</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) </dc:subject>
		<dc:subject>Denault-Lauzier, Ariane</dc:subject>
		<dc:subject>Vandelac, Louise </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Louise Vandelac est chercheure de stature internationale, fondatrice de la Coalition Eau Secours et militante de multiples luttes allant du f&#233;minisme &#224; la question des OGM, en passant par une participation au collectif &#201;chec &#224; la guerre. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; b&#226;bord ! : L'eau, c'est la vie. Quels liens voyez-vous entre l'appropriation de l'eau et celle du vivant ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Louise Vandelac : Jusqu'&#224; pr&#233;sent, ce qui a marqu&#233; la r&#233;partition des pouvoirs et des richesses &#233;conomiques au niveau international fut (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-eau-c-est-politique-" rel="directory"&gt;Dossier : L'eau, c'est politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Privatisation-et-partenariats-+" rel="tag"&gt;Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Denault-Lauzier-Ariane-+" rel="tag"&gt;Denault-Lauzier, Ariane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vandelac-Louise-+" rel="tag"&gt;Vandelac, Louise &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Louise Vandelac est chercheure de stature internationale, fondatrice de la Coalition Eau Secours et militante de multiples luttes allant du f&#233;minisme &#224; la question des OGM, en passant par une participation au collectif &#201;chec &#224; la guerre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/strong&gt; : L'eau, c'est la vie. Quels liens voyez-vous entre l'appropriation de l'eau et celle du vivant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Louise Vandelac &lt;/strong&gt; : Jusqu'&#224; pr&#233;sent, ce qui a marqu&#233; la r&#233;partition des pouvoirs et des richesses &#233;conomiques au niveau international fut l'appropriation de territoires, de leurs richesses et de leur sous-sol. Parfois, ce fut aussi l'appropriation de populations enti&#232;res soumises &#224; l'esclavage et au servage. Actuellement, le pouvoir cherche &#224; s'accaparer du vivant sous toutes ses formes, notamment les g&#232;nes et l'eau. Bien que les modalit&#233;s de r&#233;partition de l'eau soient, depuis longtemps, prises en compte par les syst&#232;mes politiques, nous sommes aujourd'hui devant un ph&#233;nom&#232;ne nouveau : la r&#233;duction de l'eau &#224; une simple marchandise pouvant &#234;tre vendue sur les march&#233;s. En plus de sa vente sous forme d'eau embouteill&#233;e, nous assisterions litt&#233;ralement &#224; une forme d'appropriation massive de ressources souterraines pouvant aller jusqu'&#224; l'appropriation des glaciers. Or, cela a un impact majeur sur le cycle de l'eau et, par cons&#233;quent, sur les &#233;cosyst&#232;mes. Il faut bien comprendre qu'il n'y a pas, en tant que tel, de surplus d'eau dans un &#233;cosyst&#232;me, et que l'eau qu'on y retrouve lui est essentielle. Donc, il n'est pas possible d'en faire des ponctions massives ou des d&#233;tournements importants sans que cela n'entra&#238;ne des catastrophes dramatiques. De plus, la pollution massive des r&#233;gimes industriels est aussi une forme d'appropriation de l'eau, ce qu'on oublie trop souvent. Celle-ci implique des co&#251;ts de d&#233;pollution souvent absorb&#233;s par la communaut&#233; repr&#233;sentant, en quelque sorte, une taxe indirecte. Ce ph&#233;nom&#232;ne d'appropriation de l'eau est donc pr&#233;sent depuis fort longtemps. C'est plut&#244;t la mise en march&#233; des services de l'eau qui constitue un ph&#233;nom&#232;ne nouveau. En Afrique et en Asie, on pr&#233;voit faire passer la privatisation des infrastructures reli&#233;es &#224; l'eau de 0 % &#224; 8 %, si bien qu'on risque fort d'aller ponctionner l'ensemble des ressources internationales vou&#233;es &#224; donner de l'eau et des services de base aux populations qui n'en ont pas. En Am&#233;rique du Nord, on souhaite faire passer la privatisation au-del&#224; de 70 % et en Europe, au-del&#224; de 75 %. Chez nous, il s'agit donc de s'approprier les services publics d&#233;j&#224; pay&#233;s publiquement et, ensuite, de tarifer ces services aux utilisateurs. G&#233;n&#233;ralement, comme le profit tir&#233; de la privatisation des services d'eau est suffisamment important, on assiste &#224; une privatisation en &#171; cascade &#187; des autres services publics. On retrouve ici la strat&#233;gie partag&#233;e par les &#171; quasi-monopoles &#187; que sont les g&#233;ants de l'eau : environ trois ou quatre multinationales dans le monde contr&#244;leraient l'essentiel de ce march&#233; de plusieurs milliards de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; : Le poids de l'eau repose souvent sur les &#233;paules des femmes et m&#234;me des petites filles. Comment voyez-vous le lien entre l'appropriation de l'eau et la condition f&#233;minine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L.V. &lt;/strong&gt; : Pour les femmes &#224; l'&#233;chelle du monde, ce sont des dizaines de milliards d'heures qui sont perdues dans les t&#226;ches reli&#233;es &#224; l'eau, notamment en ce qui concerne son transport. &#192; partir du moment o&#249; on tarifie l'eau d'une fa&#231;on significative, il est clair que les premi&#232;res victimes sont les femmes qui auront &#224; r&#233;duire consid&#233;rablement la qualit&#233; de leur travail, voire &#224; augmenter le temps qui y est consacr&#233;. Ces restrictions peuvent aussi impliquer un accroissement des tensions avec les enfants sur le mode de &#171; ne te salis pas &#187;, &#171; non, on ne prendra pas de bain aujourd'hui &#187;. Les familles devront en fait modifier bon nombre d'habitudes compte tenu des co&#251;ts de l'eau. Fort heureusement, au Qu&#233;bec, o&#249; on dispose d'&#233;normes quantit&#233;s d'eau douce, je ne pense pas qu'on en soit &#224; ce genre de situation. Il faudrait &#224; tout prix l'&#233;viter, dans la mesure o&#249; les projets de privatisation de l'eau &#224; Montr&#233;al dans les ann&#233;es 95 risquaient d'avoir un impact consid&#233;rable sur les populations les plus appauvries. Or, imposer &#224; ces populations de vivre au compte goutte, ou du moins de r&#233;duire leur consommation en eau, peut avoir des cons&#233;quences assez significatives sur la sant&#233;. Il faut aussi bien comprendre que ce sont d'autres facteurs que la consommation personnelle d'eau qui expliquent son usage massif. Les syst&#232;mes de climatisation, le refroidissement de certains syst&#232;mes de chauffage, le faible co&#251;t de l'eau pour les entreprises qui l'utilisent massivement et l'absence de contr&#244;le des rejets de mati&#232;res toxiques et de m&#233;taux lourds (&#224; Montr&#233;al, on rejette dans l'eau apr&#232;s traitement au-del&#224; de 4 tonnes de plomb et une demie-tonne de cadmium par ann&#233;e) contribuent tous &#224; gonfler la facture globale des citoyens. Donc, je pense que le rapport entre les femmes et l'eau constitue un rapport multiple : direct pour ce qui est du transport, relativement direct pour ce qui est du travail domestique, indirect en ce qui concerne les questions de sant&#233; et de relations avec les enfants et global sur le revenu des m&#233;nages en ce qui concerne les prix de l'eau. L'ensemble de ces cons&#233;quences &#233;tant li&#233; aux strat&#233;gies de privatisations des infrastructures et de la gestion de l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; : Y a-t-il des solutions pour un meilleur partage de l'eau dans le monde &#224; une &#233;poque o&#249; m&#234;me &#171; l'eau nue &#187; semble sur le point de perdre toute cr&#233;dibilit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L.V.&lt;/strong&gt; : Je dirais qu'il y a un principe g&#233;n&#233;ral qui est de reconna&#238;tre l'eau comme un bien commun. Par contre, il faut &#233;galement la reconna&#238;tre comme &#233;l&#233;ment cl&#233; de la sant&#233; et de la survie des &#233;cosyst&#232;mes et des populations. Si on consid&#232;re l'eau strictement comme &#233;tant n&#233;cessaire aux besoins humains directs, et qu'on ne consid&#232;re pas la n&#233;cessit&#233; pour les &#233;cosyst&#232;mes de se r&#233;g&#233;n&#233;rer, on risque d'avoir une vision &#224; court terme. Autrement dit, il est tout aussi fondamental d'assurer la pr&#233;servation de l'&#233;quilibre des nappes phr&#233;atiques que d'assurer l'approvisionnement en eau pour l'agriculture. Je m'explique et je pr&#233;cise car ce sont des paroles glissantes. En fait, je consid&#232;re qu'il est important pour les agriculteurs de poss&#233;der l'eau dont ils ont besoin. Par contre, il faut bien comprendre qu'actuellement l'agriculture accapare plus des deux tiers de l'eau consomm&#233;e au niveau mondial. Or, on sait tr&#232;s bien qu'en modifiant les pratiques actuelles il serait facile de doubler, voire tripler l'efficacit&#233; de l'eau utilis&#233;e en agriculture. Il serait imp&#233;ratif de privil&#233;gier des pratiques agricoles qui consomment moins d'eau ainsi que des cultures davantage adapt&#233;es au climat et aux ressources locales en eau. Il est aussi important de rester attentif &#224; nos types de consommation en tant que soci&#233;t&#233; et de calculer comment ils affectent l'empreinte &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc avoir un autre sch&#233;ma de pens&#233;e que celui du simple partage de l'eau. Il faut cesser de croire que l'on va acheminer des bateaux entiers, que l'on construira des pipelines pour envoyer de l'eau dans le d&#233;sert. Je pense que ces types de strat&#233;gies sont absolument perdants et qu'il faut donc penser autrement les rapports &#224; l'eau. Certes, il existe des populations qui ont un acc&#232;s limit&#233; &#224; une eau d&#233;j&#224; fortement contamin&#233;e, et l&#224;, il y a des probl&#232;mes absolument massifs. Faudra-t-il, dans ce cas, trouver des solutions de remplacement comme le font certains pays arabes avec la d&#233;ssalinisation de l'eau de mer ? Encore faudrait-il faire un calcul global des co&#251;ts et des impacts environnementaux de cette m&#233;thode. Bref, nous sommes devant des limites objectives en terme technologiques, &#233;cologiques et d'impact sur la d&#233;gradation des &#233;cosyst&#232;mes. Il faut donc &#234;tre extr&#234;mement prudent et ce ne sont pas strictement des accords internationaux qui vont permettre de r&#233;gler cette probl&#233;matique. Il y a un travail de conscientisation internationale indispensable qui reste &#224; faire pour que chacun comprenne l'importance de pr&#233;server l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faudra le faire au niveau structurel. Par exemple, il faudra s&#251;rement modifier les syst&#232;mes sanitaires dans bon nombre de soci&#233;t&#233;s de fa&#231;on &#224; pouvoir pr&#233;server au maximum la qualit&#233; de l'eau, qui certes peut &#234;tre retrait&#233;e, mais qui ne peut l'&#234;tre ind&#233;finiment sans provoquer de perte significative. De la m&#234;me fa&#231;on, il faudra avoir un regard beaucoup plus critique sur nos types de production. En effet, nous devons cesser de croire que l'informatique ne provoque aucun impact sur la pollution : actuellement, une quinzaine de nappes phr&#233;atiques de la Californie sont contamin&#233;es par des usines d'informatique. Nous devons donc &#234;tre de plus en plus conscients de ces interactions. Certes, certains accords internationaux seront importants, certains accords bilat&#233;raux le seront aussi. On peut souhaiter la multiplication d'accords permettant une gestion relativement pr&#233;voyante des eaux, mais je pense qu'il reste un travail absolument colossal &#224; faire pour qu'on puisse commencer &#224; envisager des solutions. Par ailleurs, je continue de croire qu'il est absolument essentiel que les populations locales soient partie prenante et int&#233;grante des solutions sur la gestion de l'eau. Il est extr&#234;mement important de faire na&#238;tre une v&#233;ritable pr&#233;occupation &#171; d'&#233;cocitoyennet&#233; &#187; en ce qui concerne les modalit&#233;s de gestion de l'eau dans le monde. Ce ne sont pas des questions pouvant &#234;tre g&#233;r&#233;es comme le p&#233;trole ou d'autres ressources naturelles. L'eau est insubstituable et il est imp&#233;ratif de s'en rappeler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Ariane Denault-Lauzier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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