<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_mot=371&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Avortement : le Canada, un mod&#232;le ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Avortement-le-Canada-un-modele</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Avortement-le-Canada-un-modele</guid>
		<dc:date>2024-06-17T16:10:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jade Almeida</dc:creator>


		<dc:subject>Sant&#233; des femmes et droits reproductifs</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Etats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Almeida, Jade</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 24 juin 2022, la Cour supr&#234;me des &#201;tats-Unis renverse l'arr&#234;t Roe v. Wade de 1973 qui prot&#233;geait le droit &#224; l'avortement. Quelle est la situation au Canada ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette d&#233;cision survient alors que les &#201;tats-Unis connaissent, depuis plusieurs ann&#233;es, un recul spectaculaire en mati&#232;re de droit &#224; l'avortement. Prenons le cas de l'Alabama qui, en 2019, avait vot&#233; une loi pour rendre l'avortement l&#233;gal uniquement en cas d'anomalie l&#233;tale du f&#339;tus ou de risque vital pour la personne enceinte. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-93-Automne-2022-" rel="directory"&gt;No 093 - Automne 2022&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-des-femmes-et-droits-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; des femmes et droits reproductifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-canadienne-+" rel="tag"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Etats-Unis-+" rel="tag"&gt;Etats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Almeida-Jade-+" rel="tag"&gt;Almeida, Jade&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/245234-5.png?1718640388' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;500&#034; height=&#034;533&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 24 juin 2022, la Cour supr&#234;me des &#201;tats-Unis renverse l'arr&#234;t &lt;i&gt;Roe v. Wade&lt;/i&gt; de 1973 qui prot&#233;geait le droit &#224; l'avortement. Quelle est la situation au Canada ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette d&#233;cision survient alors que les &#201;tats-Unis connaissent, depuis plusieurs ann&#233;es, un recul spectaculaire en mati&#232;re de droit &#224; l'avortement. Prenons le cas de l'Alabama qui, en 2019, avait vot&#233; une loi pour rendre l'avortement l&#233;gal uniquement en cas d'anomalie l&#233;tale du f&#339;tus ou de risque vital pour la personne enceinte. L'avortement est donc ill&#233;gal dans tout autre contexte, y compris en cas de viol ou d'inceste, sous peine d'emprisonnement pour le&#183;la patient&#183;e et le&#183;la praticien&#183;ne. Cette loi &#233;tait, jusqu'alors, la plus restrictive du pays, mais n'&#233;tait qu'un exemple parmi d'autres : uniquement en 2019, 28 &#201;tats font passer plus de 300 lois visant &#224; restreindre l'acc&#232;s &#224; l'avortement. Elles &#233;taient majoritairement des lois dites &#171; &lt;em&gt;Heartbeat Bills&lt;/em&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire des &#171; &lt;em&gt;lois de battement de c&#339;ur &lt;/em&gt; &#187; : l'avortement &#233;tait ill&#233;gal &#224; partir du moment o&#249; il y avait un battement de c&#339;ur, donc &#224; environ six semaines de grossesse. Or, six semaines, quand on ne cherche pas activement &#224; tomber enceinte, c'est tr&#232;s souvent le temps que cela prend pour r&#233;aliser qu'une grossesse est en cours. D'un point de vue l&#233;gal, si on compte les listes d'attente &#233;ventuelles ou encore le temps de recherche d'un m&#233;decin qui autorise la proc&#233;dure, ce qui est exig&#233; de certains &#201;tats, l'avortement devenait quasiment impossible. N&#233;anmoins, ces lois, bien que vot&#233;es, pouvaient &#234;tre renvers&#233;es gr&#226;ce &#224; l'arr&#234;t historique de &lt;em&gt;Roe v. Wade&lt;/em&gt;. Aujourd'hui, c'est termin&#233;. La derni&#232;re barri&#232;re de protection a &#233;t&#233; supprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'annonce de la Cour supr&#234;me, de nombreux discours m&#233;diatiques ont compar&#233; les &#201;tats-Unis au Canada. Le Canada est alors d&#233;peint de mani&#232;re tr&#232;s favorable vis-&#224;-vis de son voisin du Sud. Pour autant, cette propension &#224; chanter les louanges du Canada est surtout r&#233;v&#233;latrice de l'ignorance globale concernant les in&#233;galit&#233;s qui existent en mati&#232;re d'acc&#232;s &#224; la justice reproductive. Au Canada, le droit &#224; l'avortement a &#233;t&#233; d&#233;criminalis&#233; tandis qu'aux &#201;tats-Unis il a &#233;t&#233; l&#233;galis&#233;. Il s'agit d'une diff&#233;rence majeure en mati&#232;re de protection. L&#233;galiser signifie d'autoriser l'avortement sous certaines conditions. Si ces conditions ne sont pas respect&#233;es, il y a criminalisation. Or, si une loi met en place des conditions drastiques, cela revient dans les faits &#224; rendre l'acc&#232;s &#224; l'avortement impossible. C'est ce qu'illustre notamment le cas des &#171; &lt;em&gt;Heartbeat Bills&lt;/em&gt; &#187;. Au Canada, en 1988, le droit &#224; l'avortement a &#233;t&#233; d&#233;criminalis&#233; avec la d&#233;cision Morgentaler. Ce qui signifie qu'il est interdit de poursuivre en justice une personne ou un m&#233;decin pour avoir pratiqu&#233; un avortement. Il est important de noter que la Cour supr&#234;me canadienne a &#233;galement d&#233;clar&#233; le f&#339;tus comme n'ayant aucune personnalit&#233; juridique. Enfin, le&#183;la g&#233;niteur&#183;rice ne peut s'opposer &#224; la d&#233;cision d'interrompre la grossesse de la personne enceinte. Ce contexte juridique fait du Canada l'un des pays o&#249; le droit &#224; l'avortement est parmi le mieux prot&#233;g&#233; au monde et donc, th&#233;oriquement, l&#224; o&#249; c'est le plus improbable de le renverser.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;criminaliser sans rendre accessible&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Maintenant &#8211; et c'est l&#224; que le b&#226;t blesse &#8211;, qui dit droit &#224; l'avortement th&#233;orique, ne dit pas pour autant accessibilit&#233; en pratique. Depuis des ann&#233;es, des associations de d&#233;fense du droit &#224; l'avortement tirent la sonnette d'alarme sur le sujet. Des barri&#232;res d'acc&#232;s &#224; l'avortement existent bel et bien au Canada, et elles entravent l'exercice de ce droit. Notamment, parce que l'avortement est trait&#233; comme un acte m&#233;dical comme un autre, chaque province est libre d'en encadrer diff&#233;remment l'acc&#232;s. Par exemple, au Nouveau-Brunswick, seuls les h&#244;pitaux sont financ&#233;s, tandis qu'en Ontario toutes les cliniques ne sont pas enti&#232;rement financ&#233;es, ce qui a &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233; comme contraire &#224; la loi selon des associations de d&#233;fense de droit &#224; l'avortement. Dans ce contexte, la proc&#233;dure peut &#234;tre accessible uniquement dans le r&#233;seau priv&#233;, ce qui pose une barri&#232;re &#233;conomique. De plus, les distances g&#233;ographiques sont telles que, si seul un &#233;tablissement offre la proc&#233;dure pour toute une r&#233;gion, recevoir l'acte m&#233;dical peut devenir un v&#233;ritable p&#233;riple d'organisation. Cela, c'est avant m&#234;me de prendre en consid&#233;ration l'attente d'acc&#232;s aux services. La diff&#233;rence d'option est d'ailleurs drastique entre les zones urbaines et les zones rurales, tandis que les localit&#233;s du Nord sont parmi les moins bien desservies dans tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela s'ajoute le d&#233;sengagement public autour de l'avortement. Les groupes de d&#233;fense peinent &#224; recevoir du financement, tandis que collectivement l'impression de droit acquis se traduit par une perte de mobilisation active. Or, les associations d&#233;noncent depuis quelques ann&#233;es l'augmentation du nombre de groupes antiavortements qui eux disposent de plus de fonds provenant notamment du secteur priv&#233;. Certains sont m&#234;me &#233;troitement li&#233;s &#224; des groupes homologues aux &#201;tats-Unis. Particuli&#232;rement bien organis&#233;, le milieu anti-choix ouvre des cliniques d'accompagnement ou encore des lignes d'&#233;coute. Sous le couvert de conseils aux personnes enceintes, iels diffusent des discours antiavortements en jouant sur les mythes qui entourent la grossesse ou encore sur les proc&#233;dures m&#233;dicales et la culpabilit&#233; des personnes appelantes. Ces m&#234;mes groupes font du lobbyisme politique aupr&#232;s d'&#233;lu&#183;es canadien&#183;nes pour rouvrir le d&#233;bat sur l'avortement. Des d&#233;put&#233;&#183;es ont m&#234;me d&#233;j&#224; publiquement d&#233;clar&#233; leurs intentions de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une question de justice reproductive&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Enfin, gardons en t&#234;te que le droit &#224; l'avortement fait partie, de mani&#232;re plus globale, du droit &#224; la justice reproductive. Toutes les communaut&#233;s ne sont pas affect&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re par le manque d'accessibilit&#233;, au m&#234;me titre que toutes les communaut&#233;s n'ont pas les m&#234;mes droits &#224; disposer de leur corps. Par exemple, des membres issu&#183;es des communaut&#233;s autochtones ont subi des proc&#233;dures de st&#233;rilisation forc&#233;e. Une histoire pour laquelle justice ou m&#234;me reconnaissance n'a toujours pas eu lieu. De plus, les enfants des communaut&#233;s autochtones continuent d'&#234;tre plac&#233;s en familles d'accueil &#224; un rythme si effr&#233;n&#233; que des organismes de d&#233;fense parlent d'un nombre de s&#233;parations des familles plus &#233;lev&#233; qu'&#224; la p&#233;riode des pensionnats. L'acte m&#233;dical que repr&#233;sente l'avortement, tout comme l'existence de la contraception, c'est aussi une histoire d'instrumentalisation des corps noirs et racis&#233;s. Il s'agit de technologies d&#233;velopp&#233;es dans d'atroces souffrances et dans le non-respect de la vie d'autrui, notamment des personnes noires mises en esclavage ou encore des personnes issues des communaut&#233;s pauvres des territoires du Sud global. &#192; cela s'ajoute le fait que les risques de complications de grossesse et d'accouchement sont directement li&#233;s aux conditions de traitement m&#233;dical satur&#233; par le racisme syst&#233;mique. Enfin, la d&#233;cision d'avoir des enfants ou non se r&#233;duit pour beaucoup &#224; une impossibilit&#233; &#233;conomique. L'enjeu de classe rejoint ainsi celui de race, de genre, mais aussi de capacitisme, puisqu'une partie de la population se voit, encore aujourd'hui, priv&#233;e du choix d'avoir des enfants sous pr&#233;texte de normes eug&#233;nistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, l'actualit&#233; &#233;tats-unienne constitue certes un d&#233;veloppement d&#233;sastreux pour les droits de toute personne &#224; disposer de son corps, mais faire l'&#233;loge du Canada, c'est ignorer tout le travail qui reste &#224; faire en mati&#232;re de justice reproductive. C'est &#233;galement passer sous silence tout un contexte colonial qui produit d'innombrables violences envers de multiples communaut&#233;s minoris&#233;es. Enfin, c'est participer au mythe d'une Am&#233;rique du Nord id&#233;ale typique de protection des droits, ce que contredisent les centaines d'ann&#233;es de son histoire. Le Canada n'est certes pas les &#201;tats-Unis, mais cela ne suffit pas &#224; en faire un mod&#232;le. La barre n'est pas si basse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Elisabeth Doyon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EN SAVOIR PLUS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le num&#233;ro 92 d' &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;, Mat Michaud a fouill&#233; la question de l'acc&#232;s &#224; l'avortement. Il a d'abord rencontr&#233; Marie-Eve Blanchard, cofondatrice des Passeuses, pour aborder les obstacles &#224; l'acc&#232;s &#224; l'avortement au Qu&#233;bec, et s'est aussi entretenu avec Val&#233;rie Tremblay et Sylvie O'Connor du Centre des Femmes de Forestville pour aborder les difficult&#233;s d'acc&#232;s aux services qui sont particuli&#232;res &#224; la C&#244;te-Nord.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Avortement-Un-droit-encore-a-defendre&#034;&gt;Avortement : un droit encore &#224; d&#233;fendre&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;, no 92, 2022, p. 14&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Acces-difficile-a-l-avortement&#034;&gt;Acc&#232;s difficile &#224; l'avortement&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;, no 92, 2022, p. 52&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Avortement. Un droit encore &#224; d&#233;fendre</title>
		<link>https://www.ababord.org/Avortement-Un-droit-encore-a-defendre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Avortement-Un-droit-encore-a-defendre</guid>
		<dc:date>2024-02-24T18:29:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Eve Blanchard, Mat Michaud</dc:creator>


		<dc:subject>Michaud, Mat</dc:subject>
		<dc:subject>Blanchard, Marie-Eve</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; des femmes et droits reproductifs</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre aux difficult&#233;s d'acc&#232;s aux services en sant&#233; sexuelle, particuli&#232;rement pour l'avortement, le programme les Passeuses mise sur l'&#233;ducation pour d&#233;velopper l'autonomie corporelle des femmes. Propos recueillis par Mat Michaud. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; b&#226;bord ! : Qu'est-ce qui a men&#233; &#224; la cr&#233;ation des Passeuses ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Marie-Eve Blanchard : C'est un besoin d'agir ! &#192; la suite d'exp&#233;riences personnelles et professionnelles, ma coll&#232;gue M&#233;lina Castonguay, qui est sage-femme, et moi-m&#234;me avions l'impression (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-92-ete-2022-" rel="directory"&gt;No 092 - &#233;t&#233; 2022&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Michaud-Mat-+" rel="tag"&gt;Michaud, Mat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Blanchard-Marie-Eve-+" rel="tag"&gt;Blanchard, Marie-Eve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-des-femmes-et-droits-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; des femmes et droits reproductifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/123123-15.png?1708799271' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;498&#034; height=&#034;332&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre aux difficult&#233;s d'acc&#232;s aux services en sant&#233; sexuelle, particuli&#232;rement pour l'avortement, le programme les Passeuses mise sur l'&#233;ducation pour d&#233;velopper l'autonomie corporelle des femmes. Propos recueillis par Mat Michaud.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt; : Qu'est-ce qui a men&#233; &#224; la cr&#233;ation des Passeuses ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marie-Eve Blanchard :&lt;/strong&gt; C'est un besoin d'agir ! &#192; la suite d'exp&#233;riences personnelles et professionnelles, ma coll&#232;gue M&#233;lina Castonguay, qui est sage-femme, et moi-m&#234;me avions l'impression que les soins en avortement avaient &#233;t&#233; laiss&#233;s dans l'oubli, comme si &#224; force de nous battre collectivement pour le droit &#224; l'avortement, nous avions perdu de vue l'exp&#233;rience des personnes qui se trouvent au c&#339;ur de ce processus m&#233;dical. Nous nous sommes demand&#233; : les personnes qui ont recours &#224; l'avortement, les entendons-nous ? Les espaces de prise de parole &#233;tant rares, il nous fallait aller vers elleux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on s'int&#233;resse aux femmes et aux personnes qui ont interrompu une grossesse et qu'on leur pose des questions concernant les soins re&#231;us, une extr&#234;me solitude se d&#233;gage de leurs r&#233;cits. Comment se fait-il que nous avortions encore seul&#183;es aujourd'hui ? Comment se fait-il que le tabou et la honte se fraient un chemin jusqu'&#224; l'int&#233;rieur des murs o&#249; ont lieu les avortements ? Sans surprise, il y a des lacunes structurelles, organisationnelles, syst&#233;miques, culturelles, etc. &#199;a peut donner le vertige ! Pour le dire simplement, des notions qui gagnent de plus en plus de terrain dans le domaine de l'accouchement m&#233;riteraient d'&#234;tre davantage int&#233;gr&#233;es en avortement. On peut penser au droit d'&#234;tre accompagn&#233;&#183;e dans la salle d'intervention par un&#183;e proche, ou encore au principe de choix &#233;clair&#233;, le fait de prendre une d&#233;cision en ayant re&#231;u des explications compl&#232;tes relatives aux interventions ou aux actes m&#233;dicaux propos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Quelles sont vos activit&#233;s en lien avec l'acc&#232;s &#224; l'interruption de grossesse ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.-E. B. : &lt;/strong&gt;Notre mission est de d&#233;construire les pr&#233;jug&#233;s et de d&#233;mocratiser les informations qui concernent autant le droit &#224; l'avortement que les m&#233;thodes et leur d&#233;roulement. Nous nous y prenons en formant des professionnel&#183;les de divers horizons en vue de l'accompagnement &#224; l'interruption de grossesse (IG). Nous dirigeons ensuite les femmes et les personnes enceintes qui font appel &#224; ce service d'accompagnement vers les doulas (ou accompagnant&#183;es) que nous avons certifi&#233;&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Qu'est-ce qui distingue les r&#233;gions &#233;loign&#233;es des centres urbains lorsqu'il est question d'acc&#232;s &#224; l'IG ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.-E. B. :&lt;/strong&gt; Lorsqu'on consulte la carte interactive des quelque 50 points de services en avortement au Qu&#233;bec sur le site internet de la F&#233;d&#233;ration du Qu&#233;bec pour le planning des naissances (FQPN), on s'aper&#231;oit qu'ils sont concentr&#233;s en tr&#232;s grande majorit&#233; dans le sud de la province. Au Qu&#233;bec, on se f&#233;licite du nombre de points &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d'acc&#232;s qui existent : &#224; elle seule, la province offre la moiti&#233; de tous les services d'avortement du pays. Mais ces services, sont-ils accessibles &#224; tous&#183;tes ? Non. Des r&#233;gions enti&#232;res ne sont pas desservies !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et parmi les services disponibles, plusieurs offrent l'avortement une ou deux journ&#233;es par semaine seulement. Un processus d'avortement demande habituellement de deux &#224; cinq rendez-vous et le d&#233;lai d'attente pour obtenir le premier varie d'une &#224; trois semaines, selon les p&#233;riodes de l'ann&#233;e et les cliniques. Le processus d'obtention d'un service d'avortement m'appara&#238;t plus compliqu&#233; en r&#233;gion qu'&#224; Montr&#233;al, Qu&#233;bec ou Sherbrooke. Rappelons qu'environ 40 % des personnes qui demandent un service d'avortement ont d&#233;j&#224; au moins un enfant. Celles-ci pourraient avoir &#224; r&#233;organiser le retour &#224; l'&#233;cole de leur enfant, avoir &#224; pr&#233;parer en plus des collations ou repas, etc. &#199;a complexifie significativement l'acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;cueil observ&#233; &#8211; soulev&#233; dans un rapport de l'Institut national de sant&#233; publique du Qu&#233;bec (INSPQ) &#8211;, c'est le manque de formation des professionnel&#183;les de la sant&#233; et des services sociaux qui travaillent dans d'autres secteurs que celui de l'interruption de grossesse, mais qui doivent par exemple diriger des personnes enceintes vers des ressources sp&#233;cialis&#233;es ou donner des informations concernant les services d'avortement de leur r&#233;gion. &#192; cause d'un manque de connaissances, il arrive que des informations fausses ou erron&#233;es soient transmises. Cela peut entra&#238;ner de graves cons&#233;quences, par exemple en prolongeant inutilement le d&#233;lai pour obtenir une interruption de grossesse ou, pire, en dirigeant sans le savoir la personne vers une ressource anti-choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Canada, l'avortement est un droit du premier au troisi&#232;me trimestre de grossesse. Au Qu&#233;bec, nous nous sommes organis&#233;&#183;es pour garantir ces soins durant toute la grossesse. Avec les Passeuses, nous avons form&#233; des infirmi&#232;res qui &#233;taient &#233;tonn&#233;es d'apprendre qu'il n'y avait aucune limite quant au nombre de semaines de grossesse pour avorter. Elles ne l'avaient jamais appris ! Les informations sont connues par celleux qui travaillent en avortement et en d&#233;fense du droit &#224; l'avortement ou par les universitaires qui s'int&#233;ressent au sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#192;B ! : Quelles seraient les solutions pour am&#233;liorer l'acc&#232;s &#224; l'avortement ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.-E. B. : &lt;/strong&gt;Il faudrait que le Qu&#233;bec d&#233;ploie &#224; la grandeur de son territoire l'acc&#232;s au soin d'avortement m&#233;dicamenteux, aussi connu sous le nom de &#171; pilule abortive &#187;, mais le d&#233;ploiement de cette m&#233;thode, autoris&#233;e par Sant&#233; Canada, est frein&#233; par le Coll&#232;ge des m&#233;decins du Qu&#233;bec qui impose ses r&#232;gles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Canada, pendant la pand&#233;mie, des consultations m&#233;dicales se sont faites par t&#233;l&#233;m&#233;decine plut&#244;t qu'en cabinet. L'avortement n'a pas &#233;chapp&#233; &#224; cette r&#233;organisation, fort heureusement ! Or, une &#233;tude r&#233;alis&#233;e par des chercheuses de l'Universit&#233; de la Colombie-Britannique a r&#233;v&#233;l&#233; qu'au cours des deux derni&#232;res ann&#233;es, l'acc&#232;s &#224; l'avortement a augment&#233; partout au Canada, sauf au Qu&#233;bec. L'&#233;tude pointe du doigt le Coll&#232;ge des m&#233;decins, qui n'a pas daign&#233; revoir ses r&#232;gles pendant la pand&#233;mie, ce qui aurait &#233;t&#233; n&#233;cessaire pour permettre l'avortement m&#233;dicamenteux prescrit par t&#233;l&#233;m&#233;decine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des donn&#233;es probantes nombreuses et r&#233;centes attestent de la s&#233;curit&#233; et de l'efficacit&#233; de la pilule abortive lorsqu'elle est offerte par t&#233;l&#233;m&#233;decine. Des provinces canadiennes le font, ainsi que d'autres pays comme la France, l'Australie, le Royaume-Uni et les &#201;tats-Unis. Ce qui ressort d'&#233;tudes portant sur la pilule abortive, c'est que cette m&#233;thode accro&#238;t l'acc&#232;s &#224; l'avortement et r&#233;duit le d&#233;lai d'attente pour obtenir le service. Les grossesses sont interrompues plus pr&#233;cocement. Alors que le Qu&#233;bec se targue d'&#234;tre la province championne en mati&#232;re d'accessibilit&#233;, l&#224;, on est en train de manquer un gros bateau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#232;gles qui freinent ce d&#233;ploiement et qui sont maintenues en place par le Coll&#232;ge des m&#233;decins ne s'appuient sur aucune donn&#233;e probante. Plusieurs expert&#183;es d&#233;noncent &#231;a. Ces r&#232;gles seraient-elles id&#233;ologiques ? J'en ai bien peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cart d'acc&#232;s &#224; l'avortement entre les diverses r&#233;gions du Qu&#233;bec creuse les in&#233;galit&#233;s entre les personnes enceintes elles-m&#234;mes. Le Coll&#232;ge des m&#233;decins a un fort r&#244;le &#224; jouer. En maintenant son statu quo, il prive un grand nombre de personnes d'une option qui pourrait venir diminuer les emb&#251;ches dans leur parcours d'interruption de grossesse. C'est du paternalisme m&#233;dical !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Marie-Eve Blanchard est cofondatrice des Passeuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Haru__q (CC BY-SA 2.0)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Acc&#232;s difficile &#224; l'avortement</title>
		<link>https://www.ababord.org/Acces-difficile-a-l-avortement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Acces-difficile-a-l-avortement</guid>
		<dc:date>2023-12-28T19:32:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mat Michaud, Sylvie O'Connor, Val&#233;rie Tremblay</dc:creator>


		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; des femmes et droits reproductifs</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>
		<dc:subject>Michaud, Mat</dc:subject>
		<dc:subject>Tremblay, Val&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>O'Connor, Sylvie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, l'accessibilit&#233; des services d'avortement semble acquise sur l'ensemble du territoire. Or, des disparit&#233;s r&#233;gionales briment le droit de plusieurs femmes &#224; mettre un terme &#224; une grossesse, ce qui porte atteinte &#224; leur droit de contr&#244;ler leur corps. Propos recueillis par Mat Michaud. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; b&#226;bord ! : Comment d&#233;cririez-vous l'accessibilit&#233; &#224; l'avortement, tout particuli&#232;rement dans une r&#233;gion &#233;loign&#233;e comme la C&#244;te-Nord ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Val&#233;rie Tremblay : Je dirais que l'avortement est en fait (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Cote-Nord-Nitassinan-Territoires-enchevetres-" rel="directory"&gt;Dossier : C&#244;te-Nord - Nitassinan / Territoires enchev&#234;tr&#233;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-des-femmes-et-droits-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; des femmes et droits reproductifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Michaud-Mat-+" rel="tag"&gt;Michaud, Mat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Tremblay-Valerie-+" rel="tag"&gt;Tremblay, Val&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-O-Connor-Sylvie-+" rel="tag"&gt;O'Connor, Sylvie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/234134-2.png?1703791786' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;348&#034; height=&#034;231&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, l'accessibilit&#233; des services d'avortement semble acquise sur l'ensemble du territoire. Or, des disparit&#233;s r&#233;gionales briment le droit de plusieurs femmes &#224; mettre un terme &#224; une grossesse, ce qui porte atteinte &#224; leur droit de contr&#244;ler leur corps. Propos recueillis par Mat Michaud.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt; : Comment d&#233;cririez-vous l'accessibilit&#233; &#224; l'avortement, tout particuli&#232;rement dans une r&#233;gion &#233;loign&#233;e comme la C&#244;te-Nord ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Val&#233;rie Tremblay :&lt;/strong&gt; Je dirais que l'avortement est en fait loin d'&#234;tre une chose acquise. On a d&#233;criminalis&#233; l'avortement au Canada, mais l'acc&#232;s &#224; ce droit est constamment remis en question et n'est pas prot&#233;g&#233; ad&#233;quatement par la loi. &#192; chaque &#233;lection f&#233;d&#233;rale, c'est un sujet qui revient sur la table. &#199;a nous fait sentir la pr&#233;carit&#233; de l'acc&#232;s &#224; l'avortement. Au Qu&#233;bec, dans plusieurs r&#233;gions, c'est un service tr&#232;s difficile d'acc&#232;s et on doit encore se battre pour faire pr&#233;valoir ce droit-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Quelles sont les principales emb&#251;ches auxquelles font face les personnes qui souhaitent avoir acc&#232;s &#224; l'avortement sur la C&#244;te-Nord ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. T. : &lt;/strong&gt;Quand on parle d'avortement sur la C&#244;te-Nord, il est tr&#232;s important de prendre en consid&#233;ration les grandes variations dans l'acc&#232;s. La C&#244;te-Nord comprend six MRC (soit Caniapiscau, la Haute-C&#244;te-Nord, Manicouagan, la Minganie, Sept-Rivi&#232;res et Le Golfe-du-Saint-Laurent) et des services d'avortement sont seulement offerts dans deux d'entre elles. On peut aller &#224; l'H&#244;pital de Baie-Comeau et &#224; celui de Sept-&#206;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore l&#224;, les interruptions de grossesse se font jusqu'&#224; douze semaines &#224; Baie-Comeau et jusqu'&#224; quinze semaines &#224; Sept-&#206;les. Apr&#232;s, il faut sortir de la C&#244;te-Nord et se rendre &#224; Qu&#233;bec ou &#224; Montr&#233;al. Non seulement deux points de services, c'est loin d'&#234;tre suffisant pour r&#233;pondre &#224; la demande, mais aussi, pour nous qui op&#233;rons sur le territoire de la Haute-C&#244;te-Nord, on n'a acc&#232;s &#224; aucun service dans notre MRC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sylvie O'Connor : &lt;/strong&gt;Une des difficult&#233;s reli&#233;es &#224; l'accessibilit&#233; vient du d&#233;placement. Le CISSS rembourse les frais de d&#233;placement apr&#232;s 200 km, mais cette distance n'est pas atteinte pour les femmes de Forestville qui doivent se rendre &#224; Baie-Comeau ou encore celles des Escoumins qui se d&#233;placent vers Chicoutimi. Les frais de d&#233;placement ne sont donc pas couverts. Avec l'augmentation des co&#251;ts de l'essence, entre autres, les co&#251;ts montent tr&#232;s rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant un certain temps, le transport scolaire &#233;tait utilis&#233; pour avoir acc&#232;s aux services des CLSC en Haute-C&#244;te-Nord, mais le processus d'inscription &#224; ce service &#233;tait complexe, les horaires ne fonctionnaient pas toujours pour une population adulte, et le contact des adultes avec les enfants utilisant le transport scolaire donnait lieu &#224; des situations inconfortables. D'autres services existent, mais ils s'adressent souvent &#224; des populations tr&#232;s pr&#233;cises, comme les personnes &#226;g&#233;es ou les personnes avec une d&#233;ficience intellectuelle. &#199;a laisse un trou de service tr&#232;s important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela, on doit ajouter que les transports en commun priv&#233;s (comme Intercar) ont diminu&#233; leur offre de services depuis le d&#233;but de la pand&#233;mie. On est rendu &#224; un trajet par jour, ce qui veut dire qu'une personne qui utilise Intercar pour se rendre &#224; Baie-Comeau devra probablement y passer la nuit. &#199;a implique des frais d'h&#233;bergement, de restaurant, etc. De plus, la personne sera probablement seule, surtout si elle n'a pas de r&#233;seau social &#224; Baie-Comeau ou Sept-&#206;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. T. : &lt;/strong&gt;Aux frais de d&#233;placement, on peut aussi ajouter la perte de journ&#233;es de travail pay&#233;es, donc de revenus. M&#234;me si le rendez-vous peut durer seulement une vingtaine de minutes, c'est la journ&#233;e au complet qui passe dans le transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ajouter &#224; tout &#231;a le manque d'information sur des m&#233;thodes de contraception efficaces. La pauvret&#233; et les pr&#233;jug&#233;s, &#231;a veut non seulement dire un frein &#233;conomique et social &#224; l'acc&#232;s &#224; la contraception, mais aussi un frein &#224; l'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation et l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. O. : &lt;/strong&gt;Qui plus est, sur la C&#244;te-Nord tout particuli&#232;rement, l'acc&#232;s &#224; un m&#233;decin de famille est particuli&#232;rement difficile. &#192; l'exception de Montr&#233;al, c'est ici qu'on a le plus bas taux d'inscription au programme, avec seulement 77 % de la population desservie. Si on compare &#224; d'autres r&#233;gions &#233;loign&#233;es comme le Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean (93 %) ou encore la Gasp&#233;sie (91 %), c'est beaucoup plus bas. Ce que &#231;a implique, c'est que si tu n'as pas acc&#232;s &#224; un m&#233;decin de famille, il faut que tu te pr&#233;sentes &#224; l'urgence pour avoir acc&#232;s &#224; un examen et &#224; une r&#233;f&#233;rence dans un des deux h&#244;pitaux, pour la pilule abortive ou pour l'avortement chirurgical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. T. :&lt;/strong&gt; Finalement, je dirais que l'autre probl&#233;matique rencontr&#233;e sur la C&#244;te-Nord, c'est la confidentialit&#233;. C'est-&#224;-dire que les soins de sant&#233; sont souvent prodigu&#233;s par des personnes connues. Par exemple, la pharmacienne, c'est peut-&#234;tre ta tante, l'infirmi&#232;re de l'&#233;cole, ta cousine&#8230; &#199;a devient difficile de maintenir la confidentialit&#233; et certaines personnes pr&#233;f&#232;rent aller chercher de l'aide &#224; l'ext&#233;rieur de leur village ou de la r&#233;gion pour cette raison. C'est un facteur qui joue particuli&#232;rement sur l'acc&#232;s aux services pour les adolescentes, puisqu'elles sont beaucoup moins autonomes sur le plan financier et du transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Est-ce qu'il y a des enjeux socioculturels qui freinent l'acc&#232;s &#224; l'interruption de grossesse ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. T. :&lt;/strong&gt; &#192; ce niveau-l&#224;, il y a plusieurs barri&#232;res ! La plus importante, je dirais, c'est la pression familiale qui d&#233;coule, entre autres, de valeurs religieuses. La religion prend encore beaucoup de place sur la C&#244;te-Nord et &#231;a peut se faire sentir quand il est question d'avortement. En effet, l'avortement est encore tr&#232;s mal vu sur le territoire. Souvent, les familles vont pousser pour que la naissance ait lieu, quitte &#224; ce que la m&#232;re, la grand-m&#232;re ou toute autre personne prenne la charge de l'enfant. Trop souvent, les personnes qui vivent une grossesse non d&#233;sir&#233;e vont manquer d'information, s'isoler et ne seront pas conscientes du choix qui s'offre &#224; elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Quels sont les grands changements qui devraient &#234;tre mis en place afin de g&#233;n&#233;raliser l'acc&#232;s &#224; l'avortement et &#224; l'autonomie corporelle sur la C&#244;te-Nord ? Quelles sont les demandes du milieu communautaire et f&#233;ministe ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. O. :&lt;/strong&gt; &#192; court terme, on souhaiterait que le CISSS reconnaisse l'expertise des Centres de femmes comme ressource vers laquelle diriger les personnes venant pour un avortement. Autrement, bien &#233;videmment, on aimerait que les MRC et les centres de sant&#233; trouvent une solution au probl&#232;me de transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; plus long terme, c'est bien beau d'avoir d&#233;criminalis&#233; l'avortement, mais on ne doit pas s'arr&#234;ter l&#224;. Il faut travailler pour p&#233;renniser ce droit qui n'est toujours pas encadr&#233; par une loi. Sans &#231;a, &#224; chaque &#233;lection, &#231;a reviendra sur la table. Il faut se battre pour que le terrain gagn&#233; par les f&#233;ministes dans la bataille pour l'acc&#232;s &#224; l'avortement ne soit pas perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Quelles sont les initiatives en place sur la C&#244;te-Nord afin de pallier ces probl&#232;mes ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. T. :&lt;/strong&gt; Sur la C&#244;te-Nord, le programme des Passeuses (voir autre article du dossier) vise &#224; outiller les personnes qui font la demande de services en avortement. On fait autant de l'&#233;ducation que de l'accompagnement, avant, pendant et apr&#232;s l'avortement. On oublie souvent le &#171; apr&#232;s &#187;. Il n'existait pas de service pour supporter les personnes ayant re&#231;u un avortement. Dans le cas des adolescentes, c'est rare qu'elles se sentent &#224; l'aise d'en parler &#224; un parent, c'est donc important qu'elles aient quelqu'un &#224; qui parler. Cela dit, notre approche est pro-choix, ce qui veut dire que si la personne souhaite &#234;tre accompagn&#233;e, elle peut en faire la demande, mais si elle veut juste de l'information, on lui en donne sans pression. On va respecter son choix et ses besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. O. : &lt;/strong&gt;Le programme des Passeuses, c'est une premi&#232;re en mati&#232;re d'&#233;ducation &#224; l'autonomie corporelle. Quatre centres de femmes de la r&#233;gion (ceux de Sacr&#233;-C&#339;ur, de Forestville, de Baie-Comeau et de Sept-&#206;les) ont &#233;t&#233; form&#233;s et &#231;a nous permet maintenant d'augmenter significativement l'offre de services.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Val&#233;rie Tremblay et Sylvie O'Connor sont intervenantes au Centre des Femmes de Forestville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Rapha&#235;lle Ainsley-Vincent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR AVOIR ACC&#200;S &#192; DES SERVICES EN AVORTEMENT SUR LA C&#212;TE&#8722;NORD :&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#244;pital Le Royer 635, boul. Joliet, Baie-Comeau&lt;br class='autobr' /&gt;
RDV : 418 589-3701 # 302546&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#244;pital de Sept-&#206;les 45, rue du P&#232;re-Divet, Sept-&#206;les&lt;br class='autobr' /&gt;
RDV : 418 962-9761 # 452752&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi les femmes ont une meilleure vie sexuelle sous le socialisme</title>
		<link>https://www.ababord.org/Pourquoi-les-femmes-ont-une-meilleure-vie-sexuelle-sous-le-socialisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Pourquoi-les-femmes-ont-une-meilleure-vie-sexuelle-sous-le-socialisme</guid>
		<dc:date>2022-08-19T13:59:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eve-Marie Lacasse</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; des femmes et droits reproductifs</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Lacasse, Eve-Marie </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Kristen Ghodsee, Pourquoi les femmes ont une meilleure vie sexuelle sous le socialisme, Montr&#233;al, Lux &#201;diteur, 2020, 288 pages. &lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit de l'anglais par Charlotte Nordmann et Laura Raim. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'auteure, une anthropologue am&#233;ricaine qui s'int&#233;resse &#224; la transition du socialisme d'&#201;tat vers le capitalisme en Europe de l'Est, d&#233;veloppe la th&#232;se suivante : les pays socialistes de cette r&#233;gion ont favoris&#233; l'ind&#233;pendance &#233;conomique des femmes avec plusieurs infrastructures et mesures sociales, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-87-mars-2021-" rel="directory"&gt;No 087 - mars 2021&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-des-femmes-et-droits-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; des femmes et droits reproductifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lacasse-Eve-Marie-+" rel="tag"&gt;Lacasse, Eve-Marie &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3281.png?1663621309' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;205&#034; height=&#034;359&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Kristen Ghodsee, &lt;i&gt;Pourquoi les femmes ont une meilleure vie sexuelle sous le socialisme&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Lux &#201;diteur, 2020, 288 pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par Charlotte Nordmann et Laura Raim.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'auteure, une anthropologue am&#233;ricaine qui s'int&#233;resse &#224; la transition du socialisme d'&#201;tat vers le capitalisme en Europe de l'Est, d&#233;veloppe la th&#232;se suivante : les pays socialistes de cette r&#233;gion ont favoris&#233; l'ind&#233;pendance &#233;conomique des femmes avec plusieurs infrastructures et mesures sociales, permettant que leurs relations intimes soient moins contraintes par des consid&#233;rations &#233;conomiques. La chute du mur de Berlin a sonn&#233; le glas de cette relative ind&#233;pendance, la logique capitaliste rasant tout sur son passage et d&#233;truisant ces &#171; acquis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ghodsee nous explique comment le syst&#232;me capitaliste impose aux femmes d'&#234;tre les responsables des soins dans la soci&#233;t&#233;. Cette logique aurait &#233;t&#233; &#233;cart&#233;e sous les r&#233;gimes socialistes est-europ&#233;ens, le march&#233; du travail &#233;tant organis&#233; de mani&#232;re &#224; permettre aux femmes d'assurer &#224; la fois leur r&#244;le de travailleuse, leur r&#244;le de m&#232;re et leur r&#244;le de pourvoyeuse de soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ghodsee passe ainsi en revue certaines exp&#233;riences socialistes d'Europe de l'Est en s'attardant &#224; la condition des femmes. L'auteure nous entretient longuement des mesures mises de l'avant afin que les femmes int&#232;grent le march&#233; du travail socialiste &#8211; comme les syst&#232;mes de garderie et les assurances sant&#233; &#8211; ainsi que des comportements sexuels des femmes pendant cette p&#233;riode et apr&#232;s la chute du mur de Berlin. Nous croisons aussi certaines figures historiques du f&#233;minisme du 20e si&#232;cle, comme Alexandra Kollonta&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est le lien entre l'ind&#233;pendance &#233;conomique des femmes et leur vie sexuelle ? Ghodsee avance que dans les soci&#233;t&#233;s socialistes est-europ&#233;ennes, les besoins &#233;conomiques des femmes &#233;tant mieux remplis, elles n'ont plus besoin de choisir un compagnon en fonction de ses moyens &#233;conomiques. L'amour et l'attirance mutuelle seraient favoris&#233;s et les rapports sexuels seraient plus &#233;galitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;taillant les politiques de cette r&#233;gion du monde &#224; une certaine &#233;poque, d&#233;montrant que les femmes &#233;taient plus ind&#233;pendantes et &#171; &lt;em&gt;avaient une meilleure vie sexuelle sous le socialisme &lt;/em&gt; &#187;, Ghodsee propose surtout un contre-discours afin que les femmes am&#233;ricaines s'int&#233;ressent au socialisme et se d&#233;tournent des discours anti-communistes et oppos&#233;s &#224; l'intervention de l'&#201;tat.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet essai au titre qui attire l'&#339;il est certes int&#233;ressant, mais on reste sur sa faim en le refermant. L&#224; o&#249; l'essai de Ghodsee est plus faible, c'est dans son quasi-silence sur autre chose que les conditions &#233;conomiques des femmes, et son manque de critique de la notion de &#171; march&#233; du travail &#187;. Les conditions de vie des femmes ne pourraient &#234;tre am&#233;lior&#233;es que par des interventions sociales et &#233;conomiques visant leur entr&#233;e sur le march&#233; du travail : c'est ce que sous-tend la th&#232;se de l'auteure. Surtout, Ghodsee traite peu de la division sexuelle et raciale du travail, qui existe partout, peu importe le syst&#232;me politique et &#233;conomique dans lequel on se retrouve. Dans son empressement &#224; convaincre ses comparses am&#233;ricaines &#224; voter pour les d&#233;mocrates de Joe Biden, l'auteure tourne parfois les coins ronds et id&#233;alise un tantinet les exp&#233;riences socialistes et celles des pays scandinaves, auxquels elle fait abondamment r&#233;f&#233;rence.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nos corps de jeunes vieilles, ils en pensent quoi du f&#233;minisme ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Nos-corps-de-jeunes-vieilles-ils-en-pensent-quoi-du-feminisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Nos-corps-de-jeunes-vieilles-ils-en-pensent-quoi-du-feminisme</guid>
		<dc:date>2021-07-19T14:54:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Chanez</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; des femmes et droits reproductifs</dc:subject>
		<dc:subject>Chanez, Am&#233;lie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment se d&#233;finir comme femmes et f&#233;ministes vieillissantes dans nos soci&#233;t&#233;s contemporaines plurielles ? Quels dialogues se forment entre le corps et l'id&#233;ation de son contr&#244;le ? Voil&#224; des questions que nous nous proposons d'&#233;lucider &#224; travers la socioanalyse d'une discussion entre neuf femmes &#226;g&#233;es entre 35 et 45 ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les femmes qui ont particip&#233; &#224; la discussion ont eu des difficult&#233;s &#224; se d&#233;finir par un chiffre. L'&#226;ge, c'est relatif et nous en avons de multiples, ont-elles dit en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Vieillr-" rel="directory"&gt;Dossier : Vieillir&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-des-femmes-et-droits-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; des femmes et droits reproductifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Chanez-Amelie-+" rel="tag"&gt;Chanez, Am&#233;lie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3157.jpg?1642092261' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;800&#034; height=&#034;791&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment se d&#233;finir comme femmes et f&#233;ministes vieillissantes dans nos soci&#233;t&#233;s contemporaines plurielles ? Quels dialogues se forment entre le corps et l'id&#233;ation de son contr&#244;le ? Voil&#224; des questions que nous nous proposons d'&#233;lucider &#224; travers la socioanalyse d'une discussion entre neuf femmes &#226;g&#233;es entre 35 et 45 ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette rencontre, d'une dur&#233;e de 3 h 30, s'est tenue le 31 janvier 2020 &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les femmes qui ont particip&#233; &#224; la discussion ont eu des difficult&#233;s &#224; se d&#233;finir par un chiffre. L'&#226;ge, c'est relatif et nous en avons de multiples, ont-elles dit en contournant la question portant sur leur &#226;ge ressenti. L'&#226;ge est effectivement un r&#233;f&#233;rent identitaire complexe. Le mod&#232;le de l'identit&#233; de Nathalie Heinich&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nathalie Heinich, Ce que n'est pas l'identit&#233;, Paris, Gallimard, 2018, 134 p.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; peut aider &#224; en d&#233;nouer les fils. Lorsque les participantes affirment que l'&#226;ge &#171; &lt;em&gt;c'est dans la t&#234;te&lt;/em&gt; &#187;, qu'elles ne &#171; &lt;em&gt;sentent pas leur &#226;ge&lt;/em&gt; &#187;, elles font r&#233;f&#233;rence au premier moment de ce mod&#232;le, soit l'autoperception. Lorsqu'elles se maquillent, choisissent leurs tenues ou autres pratiques corporelles, il s'agit du second moment de l'identit&#233; o&#249; le sujet se met en sc&#232;ne, se pr&#233;sente aux yeux des autres avec des signes interpr&#233;tables. C'est ce qu'Heinich nomme la repr&#233;sentation. S'en suit la critique, le moment du jugement de l'autre sur la repr&#233;sentation du sujet. Ce troisi&#232;me moment survient lors d'un commentaire re&#231;u tel que &#171; &lt;em&gt;tu ne fais pas ton &#226;ge&lt;/em&gt; &#187; ou tout simplement lorsque les autres portent un int&#233;r&#234;t &#224; la repr&#233;sentation ou l'ignorent.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Heinich, les sujets sont en constante recherche de mise en coh&#233;rence de ces trois moments. Compl&#233;tons ce mod&#232;le par une dimension intersubjective pour comprendre que le complexe de l'identit&#233; d'un sujet se construit aussi et surtout en rentrant en r&#233;sonance/dissonance et/ou en lutte de reconnaissance avec d'autres sujets qui s'autoper&#231;oivent et se mettent en sc&#232;ne. C'est ainsi que l'&#226;ge et les signes de vieillissement des autres sujets en repr&#233;sentation, que ce soit les parents, les coll&#232;gues du bureau, les s&#339;urs, les tantes, les conjoints, les amants ou les &#171; jeunes filles &#187; du cours de danse influencent le rapport &#224; l'&#226;ge de nos participantes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'aversion du vieillissement&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&#226;ge pour soi/pour l'autre ne peut faire fi des normes et des valeurs soci&#233;tales qui lui donnent sens. Or, les r&#233;f&#233;rences constantes &#224; l'apparence et &#224; l'esth&#233;tique sont les signes symptomatiques d'une aversion occidentale pour le vieillissement et d'une idol&#226;trie pour la jeunesse. En ce sens, il nous appara&#238;t tr&#232;s &#233;vocateur que les participantes se soient r&#233;f&#233;r&#233;es d'elles-m&#234;mes &#224; la jeunesse pour situer leur &#226;ge ressenti alors que nous leur proposions uniquement de s'identifier &#224; un &#226;ge num&#233;rique. Bien qu'elles mentionnent valoriser l'exp&#233;rience et la maturit&#233; reli&#233;es au vieillissement, la volont&#233; marqu&#233;e de rester, de para&#238;tre et de se sentir jeune est transversale dans leurs discours et leurs pratiques corporelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;al de la jeunesse n'est pas qu'apparence, c'est aussi et surtout pour ces femmes un synonyme de dynamisme, de possibilit&#233;s et d'&#233;nergie sans limites. Les signes du vieillissement comme les probl&#232;mes de chevilles apr&#232;s avoir couru, les maux d'estomac apr&#232;s avoir bu du vin rouge et tous les petits bobos qui sont plus r&#233;currents ou ne gu&#233;rissent plus aussi facilement prennent alors aussi la forme ressentie d'un corps physique qui commence &#224; s'&#233;chauffer et qui devient moins r&#233;silient. Vieillir c'est aussi, pour elles, l'esprit qui commence &#224; s'effacer et les capacit&#233;s cognitives &#224; d&#233;faillir. Tous ces signes annoncent les limites du corps humain, la fin de la toute-puissance et la mort in&#233;vitable des sujets avec toutes les angoisses existentielles que cela peut faire vivre.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les autres r&#233;f&#233;rences normatives qui traversent les constructions identitaires de nos participantes, soulignons la prescription de l'authenticit&#233;. Comme le montre le sociologue Alain Ehrenberg&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Ehrenberg, La fatigue d'&#234;tre soi. D&#233;pression et soci&#233;t&#233;, Paris, Odile (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la d&#233;traditionnalisation des ann&#233;es 1960 et l'&#233;mancipation des individus qui en a r&#233;sult&#233; n'ont pas donn&#233; lieu &#224; une perte de rep&#232;res normatifs, mais plut&#244;t &#224; une possible confusion dans le pluralisme. L'individualisme a aussi &#233;t&#233; la source de nouvelles normes comme les injonctions &#224; devenir soi-m&#234;me, &#224; &#171; s'assumer &#187;, &#224; choisir, &#224; en porter la responsabilit&#233; personnelle et donc &#224; utiliser ses &#171; ressources internes &#187; pour donner un sens &#224; son existence. Ce qui place les sujets postmodernes dans un mouvement permanent de remises en question, de doutes et les expose &#224; ce qu'Ehrenberg nomme la &#171; fatigue d'&#234;tre soi &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#226;ge au f&#233;minin et l'&#233;clipse intersectionnelle expliqu&#233;e&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le choix de l'&#226;ge de notre &#233;chantillon se situant entre 35-45 ans n'est pas anodin. Pas plus que ne l'est le fait que toutes ces femmes aient r&#233;alis&#233; des &#233;tudes sup&#233;rieures, soient h&#233;t&#233;rosexuelles, cisgenres et appartiennent &#224; la classe moyenne sup&#233;rieure. Nous assumons l'&#233;clipse des autres variables intersectionnelles puisque nous avons fait le choix raisonn&#233; d'interroger des femmes qui sont susceptibles de percevoir et de vivre les premiers stigmates du vieillissement d'une mani&#232;re commune. Malgr&#233; et par leurs privil&#232;ges sociaux, elles ont appris que leur corps f&#233;minin peut devenir une valeur ajout&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les doubles standards du vieillissement&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les femmes que nous avons interrog&#233;es per&#231;oivent avec indignation l'existence de doubles standards du vieillissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;em&gt;Je pense que les femmes, pour le regard des autres, vieillissent pr&#233;matur&#233;ment. &lt;/em&gt; &#187; &#8211; Gabrielle&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;em&gt;Chez les hommes, c'est un vieillissement alors que chez les femmes, c'est un fl&#233;trissement.&lt;/em&gt; &#187; &#8211; Isabelle&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;em&gt;Le regard qui est port&#233; sur la femme vieillissante est plut&#244;t dur parce que la femme vieillissante perd du pouvoir. L'homme gagne dans les repr&#233;sentations sociales m&#234;me s'il perd en beaut&#233;. Ses tempes un peu grisonnantes sont regard&#233;es comme quelque chose de beau, comme de l'exp&#233;rience.&lt;/em&gt; &#187; &#8211; Jeanne&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jugement plus s&#233;v&#232;re envers le corps des femmes s'accompagne d'une in&#233;galit&#233; de nature biologique : la maternit&#233;. Pour les m&#232;res participantes, la maternit&#233; a &#233;t&#233; une exp&#233;rience corporelle transformatrice de longue dur&#233;e qui am&#232;ne des reconstructions identitaires dans une logique de r&#233;appropriation de soi. Pour celles qui n'ont pas d'enfants, la perspective de la quarantaine entra&#238;ne une remise en question identitaire importante qui peut m&#234;me &#234;tre v&#233;cue comme une injustice de genre, voire un double standard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;em&gt;Les gars peuvent faire leur famille quand ils veulent, jusqu'&#224; l'&#226;ge qu'ils veulent et moi j'ai une date limite et un temps limite &lt;/em&gt;[&#8230;] &lt;em&gt;Nous n'avons pas les m&#234;mes opportunit&#233;s, le m&#234;me &#233;ventail de choix&lt;/em&gt; [&#8230;] &lt;em&gt;J'aimerais cela pouvoir choisir.&lt;/em&gt; &#187; &#8211; Catherine&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les paradoxes de l'&#226;ge au f&#233;minin pour des f&#233;ministes&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En plus d'&#234;tre socialis&#233;es par les normes du &#171; bien vieillir &#187; et de l'authenticit&#233;, les pan&#233;listes construisent leur complexe identitaire dans un contexte social o&#249; se multiplient les rep&#232;res normatifs f&#233;ministes. Comme elles l'ont elles-m&#234;mes pr&#233;cis&#233;, &#171; &lt;em&gt;il n'y a pas un, mais des f&#233;minismes&lt;/em&gt; &#187;. De fait, il existe une multitude de prescriptions normatives parfois difficilement conciliables telles que : une femme doit &#234;tre jeune et belle, mais ne doit pas &#234;tre r&#233;duite &#224; son apparence ; il ne faut pas se comparer aux autres ; l'important c'est se sentir femme soi-m&#234;me ; le genre est une construction sociale ; le corps appartient &#224; la femme, mais la ma&#238;trise de son corps et la s&#233;duction peuvent &#234;tre synonymes d'&lt;em&gt;empowerment&lt;/em&gt;. Ces injonctions normatives potentiellement contradictoires fournissent &#233;ventuellement des mat&#233;riaux pour se bricoler une mise en coh&#233;rence identitaire individuelle.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une mani&#232;re de faire la synth&#232;se au f&#233;minin de ce pluralisme consiste &#224; percevoir son autodiscipline corporelle comme une repr&#233;sentation choisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;em&gt;Assumer que je suis une femme puis que j'ai le droit de m'habiller sexy si &#231;a me tente. Le maquillage, pour moi, c'est un extra&lt;/em&gt; [&#8230;] &lt;em&gt;mais au quotidien je refuse de le faire. Je refuse d'entrer l&#224;-dedans, mais c'est un geste conscient.&lt;/em&gt; &#187; &#8211; Bianca&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;em&gt;Je suis f&#233;ministe. Je fais ce que j'ai envie de faire, puis si j'ai le go&#251;t d'avoir une belle apparence, bien, je suis f&#233;ministe et je veux avoir une belle apparence.&lt;/em&gt; &#187; &#8211; Catherine&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La fatigue d'&#234;tre soi au f&#233;minin&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette tension entre les normes de beaut&#233; et la n&#233;cessit&#233; de s'en &#233;manciper peut conduire &#224; une fatigue d'&#234;tre soi au f&#233;minin. Pour certaines femmes, comme pour &#201;milie, la question de l'importance de l'esth&#233;tique du corps pour une femme f&#233;ministe vieillissante, c'est d'abord et avant tout un probl&#232;me d'autoperception qui se vit au quotidien surtout dans un contexte de transmission interg&#233;n&#233;rationnelle m&#232;re-fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;em&gt;Je trouve cela tr&#232;s difficile en tant que f&#233;ministe&lt;/em&gt; [&#8230;] &lt;em&gt;J'&#233;l&#232;ve une adolescente puis je suis la premi&#232;re personne &#224; lui dire que ce n'est pas important puis s'il y a bien une chose que j'ai r&#233;ussie, je ne mets jamais mes incertitudes devant elle. Elle a comme cent fois plus de confiance en elle que je n'ai jamais eue gr&#226;ce &#224; cela. Je suis tr&#232;s fi&#232;re, mais c'est cela que je trouve fou. Je me sens quasiment hypocrite de lui dire ces choses-l&#224;.&lt;/em&gt; &#187; &#8211; &#201;milie&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; leur autoperception, au jugement des autres, en choisissant de &#171; bien vieillir &#187; ou par n&#233;cessit&#233;, les participantes retravaillent constamment leur identit&#233; en adoptant des disciplines corporelles. Ainsi, &#201;lo&#239;se fait du v&#233;lo pour se rendre au travail chaque jour et se teint les cheveux depuis maintenant quelques ann&#233;es. Paule, elle, a arr&#234;t&#233; de se teindre les cheveux il y a deux ans, les a ras&#233;s et elle suit maintenant des cours de yoga chaud. &#201;milie pratique le &lt;em&gt;spinning&lt;/em&gt; trois fois par semaine et tente de maintenir des pratiques alimentaires saines. Marie et Jeanne font de la course et des demi-marathons. Jeanne avoue m&#234;me avoir eu recours &#224; la chirurgie esth&#233;tique.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jugement de l'autre sur sa beaut&#233; ou son &#226;ge, qu'il provienne des jeunes filles qui envient leur vieillissement ou d'un amoureux qui les choisit, elles, au lieu des autres femmes plus jeunes, favorisent cette autoperception d'un soi f&#233;minin en pleine ma&#238;trise de son &#226;ge. Ici appara&#238;t un dernier effet paradoxal des injonctions normatives multiples : pour ces femmes, &#171; ne pas faire son &#226;ge &#187; dans le regard de l'autre semble produire un complexe de sentiments troubles entre le plaisir, la fiert&#233;, la frustration et la culpabilit&#233;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'impossible individualit&#233; et la n&#233;cessaire intersubjectivit&#233;&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Est-ce vraiment possible de ne pas se d&#233;finir en dehors de l'autre ? Est-ce moi ou l'autre qui me veut belle et jeune ? Quand commence le sujet f&#233;minin qui s'autod&#233;finit et quand se termine le sujet socialis&#233; par les jugements ? La fronti&#232;re entre &lt;em&gt;ego&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;alter&lt;/em&gt; s'av&#232;re tr&#232;s poreuse. En fait, comme le souligne judicieusement Judith Butler&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Judith Butler, Troubles dans le genre. Pour un f&#233;minisme de la subversion, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#234;me le fait de se jouer des normes et de les re-signifier demande d'abord l'int&#233;riorisation de celles-ci. Les femmes que nous avons r&#233;unies &#233;non&#231;aient clairement le besoin de communiquer ce qu'elles vivaient et de sortir de leur solitude existentielle. Telle une socioth&#233;rapie collective, leur rencontre dans l'intersubjectivit&#233; leur a permis de partager leur complexe identitaire et de se reconna&#238;tre dans celui des autres pour soulager, l'espace d'un instant, la fatigue d'&#234;tre soi au f&#233;minin.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette rencontre, d'une dur&#233;e de 3 h 30, s'est tenue le 31 janvier 2020 &#224; Montr&#233;al. Les noms des participantes ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nathalie Heinich, &lt;em&gt;Ce que n'est pas l'identit&#233;&lt;/em&gt;, Paris, Gallimard, 2018, 134 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Ehrenberg, &lt;em&gt;La fatigue d'&#234;tre soi. D&#233;pression et soci&#233;t&#233;&lt;/em&gt;, Paris, Odile Jacob, 1998, 320 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Judith Butler, &lt;em&gt;Troubles dans le genre. Pour un f&#233;minisme de la subversion&lt;/em&gt;, Paris, &#201;ditions la D&#233;couverte, 2005, 283 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Am&#233;lie Chanez est enseignante en sociologie au Coll&#232;ge de Maisonneuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : &lt;i&gt;La Toilette&lt;/i&gt;, Louise Catherine Breslau, 1898.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ch&#244;mage et maternit&#233; : l'aberration du cong&#233; parental</title>
		<link>https://www.ababord.org/Chomage-et-maternite-l-aberration-du-conge-parental</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Chomage-et-maternite-l-aberration-du-conge-parental</guid>
		<dc:date>2019-06-28T19:58:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Kim Bouchard, J&#233;r&#233;mie Dhavernas</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; des femmes et droits reproductifs</dc:subject>
		<dc:subject>Bouchard, Kim</dc:subject>
		<dc:subject>Dhavernas, J&#233;r&#233;mie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au Mouvement Action-Ch&#244;mage (MAC) de Montr&#233;al, nous croyons que toutes les travailleuses ont droit &#224; la m&#234;me protection en mati&#232;re d'assurance-ch&#244;mage. C'est pourquoi nous avons r&#233;cemment entrepris un processus de contestation judiciaire afin que les m&#232;res aient acc&#232;s aux prestations r&#233;guli&#232;res d'assurance-ch&#244;mage si elles se retrouvent sans emploi, conform&#233;ment au droit &#224; l'&#233;galit&#233; prot&#233;g&#233; par la Charte canadienne des droits et libert&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce combat s'inscrit dans la longue histoire de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Justice-pour-toutes-" rel="directory"&gt;Dossier : Justice pour toutes !&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-des-femmes-et-droits-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; des femmes et droits reproductifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bouchard-Kim-+" rel="tag"&gt;Bouchard, Kim&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Dhavernas-Jeremie-+" rel="tag"&gt;Dhavernas, J&#233;r&#233;mie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2751.png?1642092229' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;417&#034; height=&#034;626&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Mouvement Action-Ch&#244;mage (MAC) de Montr&#233;al, nous croyons que toutes les travailleuses ont droit &#224; la m&#234;me protection en mati&#232;re d'assurance-ch&#244;mage. C'est pourquoi nous avons r&#233;cemment entrepris un processus de contestation judiciaire afin que les m&#232;res aient acc&#232;s aux prestations r&#233;guli&#232;res d'assurance-ch&#244;mage si elles se retrouvent sans emploi, conform&#233;ment au droit &#224; l'&#233;galit&#233; prot&#233;g&#233; par la Charte canadienne des droits et libert&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce combat s'inscrit dans la longue histoire de la discrimination subie par les ch&#244;meuses depuis la cr&#233;ation du programme d'assurance- ch&#244;mage canadien en 1940. En 1950, &#224; peine 20% des femmes sont actives sur le march&#233; du travail. Conform&#233;ment &#224; l'esprit de l'&#233;poque, on consid&#232;re que les femmes mari&#233;es ne peuvent se retrouver au ch&#244;mage ni m&#234;me &#234;tre en &#233;tat de travailler. Suspicieuse face aux &#233;pouses qui osent r&#233;clamer des prestations d'assurance-ch&#244;mage dans les deux ans suivant leur mariage, la Commission d'assurance-ch&#244;mage exige qu'elles remplissent des conditions suppl&#233;mentaires pour avoir droit &#224; ces prestations. Jusqu'&#224; l'abrogation de cette disposition r&#233;glementaire en 1957, entre 12000 et 14000 femmes se sont ainsi vu refuser l'acc&#232;s &#224; un remplacement de revenu d&#233;cent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bureau du Conseil priv&#233;, Rapport du Comit&#233; d'enqu&#234;te relatif &#224; la Loi sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte de changements des mentalit&#233;s et d'augmentation du salariat f&#233;minin, le gouvernement Trudeau modifie en 1971 la Loi sur l'assurance-ch&#244;mage et cr&#233;e des prestations sp&#233;ciales de maternit&#233;, am&#233;liorant la protection des travailleuses. Entretenant toujours une certaine m&#233;fiance face aux ch&#244;meuses, la l&#233;gislation leur impose des exigences particuli&#232;res. Une femme d&#233;sirant avoir acc&#232;s au ch&#244;mage-maternit&#233; doit avoir accumul&#233; 20 semaines de travail dans la derni&#232;re ann&#233;e, dont 10 durant sa grossesse, comparativement aux 8 semaines exig&#233;es aux autres prestataires. Pour couronner le tout, les travailleuses sont inadmissibles au b&#233;n&#233;fice des prestations r&#233;guli&#232;res pour la p&#233;riode d&#233;butant 8 semaines avant l'accouchement et se terminant 6 semaines apr&#232;s celui-ci, m&#234;me si elles sont aptes au travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Loi de 1971 sur l'assurance-ch&#244;mage, S.C. 1970-71-72, ch. 48, art. 46.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; In&#233;galit&#233; de nature &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces dispositions sexistes sont contest&#233;es en 1979 devant la Cour supr&#234;me du Canada dans le cadre de l'affaire Bliss. Bien qu'elle ait accumul&#233; suffisamment de semaines de travail pour &#234;tre admissible &#224; des prestations r&#233;guli&#232;res, l'appelante, Stella Bliss, ne r&#233;pond pas au crit&#232;re plus &#233;lev&#233; donnant acc&#232;s au ch&#244;mage-maternit&#233; et plaide la discrimination fond&#233;e sur le genre. La Cour lui r&#233;pond, sous la plume du juge Ritchie, que &#171; &lt;i&gt;toute in&#233;galit&#233; entre les sexes dans ce domaine n'est pas le fait de la l&#233;gislation, mais bien de la nature&lt;/i&gt; &#187; ! Il faudra attendre 1984 pour que le l&#233;gislateur corrige la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la Loi sur l'assurance-emploi, adopt&#233;e en 1996, cesse de discriminer directement les ch&#244;meuses, force est de constater qu'une m&#232;re est aujourd'hui plus souvent qu'autrement exclue du b&#233;n&#233;fice des prestations r&#233;guli&#232;res d'assurance-ch&#244;mage si elle se trouve sans emploi durant ou apr&#232;s son cong&#233; parental. Cette situation est v&#233;cue autant par les m&#232;res qu&#233;b&#233;coises qui touchent des prestations allou&#233;es par le R&#233;gime qu&#233;b&#233;cois d'assurance- parentale (RQAP) que par les m&#232;res des autres provinces touchant des prestations de ch&#244;mage-maternit&#233; et de ch&#244;mage-parental. &#201;tant donn&#233; le caract&#232;re unique du RQAP, seul r&#233;gime provincial d'assurance-parentale au Canada, et le fait que les cong&#233;s parentaux rel&#232;vent de l'assurance-ch&#244;mage dans les autres provinces, les prestations de RQAP sont assimil&#233;es &#224; des prestations d'assurance-ch&#244;mage (art 76.19 de la Loi sur l'assurance-emploi).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Iniquit&#233; pour les nouvelles m&#232;res&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me qui nous int&#233;resse est le suivant : lorsque des prestations sp&#233;ciales (ch&#244;mage-maternit&#233;, ch&#244;mage-parental ou RQAP) et r&#233;guli&#232;res d'assurance-ch&#244;mage sont per&#231;ues par une m&#234;me personne au cours d'une m&#234;me p&#233;riode de prestations, le nombre de semaines de prestations qu'elle peut toucher ne peut d&#233;passer 50. Ainsi, une personne qui touche le maximum de semaines pr&#233;vues au RQAP aura atteint la limite des 50 semaines de prestations pr&#233;vues &#224; l'assurance-ch&#244;mage et ne pourra d&#232;s lors recevoir d'indemnisation si elle se trouve sans emploi &#224; la fin de son cong&#233; parental. Si cette r&#232;gle ne semble pas directement viser les femmes, la r&#233;alit&#233; est toute autre&#8230; En effet, au Qu&#233;bec, les m&#232;res prennent en moyenne 45,2 semaines de prestations du RQAP, comparativement &#224; 6,7 semaines en moyenne pour les p&#232;res. Ces derniers, advenant qu'ils se retrouvent au ch&#244;mage, seront donc pleinement admissibles &#224; l'assurance-ch&#244;mage, loin d'avoir plafonn&#233; leur maximum de 50 semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus d'accorder une protection contre le ch&#244;mage aux nouvelles m&#232;res perp&#233;tue les iniquit&#233;s v&#233;cues par les femmes sur le march&#233; du travail. Pour celles-ci, l'ins&#233;curit&#233; &#233;conomique cr&#233;&#233;e par la perte d'un emploi s'ajoute aux d&#233;penses inh&#233;rentes &#224; l'arriv&#233;e d'un enfant. Dans ce contexte, l'impossibilit&#233; de toucher de l'assurance-ch&#244;mage pour une travailleuse cong&#233;di&#233;e en raison du seul fait qu'elle se soit pr&#233;value de son cong&#233; parental est une aberration. Aujourd'hui, le salaire f&#233;minin est une contribution essentielle au revenu du m&#233;nage et non plus un salaire d'appoint. Ne pas accorder l'assurance-ch&#244;mage &#224; ces femmes r&#233;sulte d'un pr&#233;jug&#233; anachronique rel&#233;guant l'apport aux revenus familiaux de ces derni&#232;res au second rang, derri&#232;re celui du &#171; bon p&#232;re de famille &#187; assumant l'enti&#232;ret&#233; des d&#233;penses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pleine &#233;galit&#233; devant la loi est un objectif qui commande &#224; l'&#201;tat de tout mettre en &#339;uvre pour que ses politiques sociales s'arriment aux r&#233;alit&#233;s du monde du travail. Des r&#233;alit&#233;s qui impliquent plus que jamais la pr&#233;sence massive des femmes sur le march&#233; du travail et les responsabilit&#233;s familiales qu'elles assument. Des r&#233;alit&#233;s qui ne sont nullement refl&#233;t&#233;es par le r&#233;gime actuel d'assurance-ch&#244;mage. En tant qu'acteur incontournable dans la lutte pour l'&#233;galit&#233; hommes-femmes, l'&#201;tat doit agir. &#192; d&#233;faut de quoi, le pouvoir judiciaire pourrait bien avoir &#224; intervenir&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bureau du Conseil priv&#233;, &lt;i&gt;Rapport du Comit&#233; d'enqu&#234;te relatif &#224; la Loi sur l'assurance-ch&#244;mage&lt;/i&gt;, Ottawa, 1962.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Loi de 1971 sur l'assurance-ch&#244;mage, S.C. 1970-71-72, ch. 48, art. 46.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Les auteur.e.s sont du Mouvement Action-Ch&#244;mage de Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : (CC BY-SA 2.0).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'avortement en Am&#233;rique latine : exc&#232;s d'objections de conscience</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-avortement-en-Amerique-latine-exces-d-objections-de-conscience</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-avortement-en-Amerique-latine-exces-d-objections-de-conscience</guid>
		<dc:date>2019-06-28T19:11:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vanessa Molina</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; des femmes et droits reproductifs</dc:subject>
		<dc:subject>Molina, Vanessa</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En Am&#233;rique latine, l'avortement est g&#233;n&#233;ralement ill&#233;gal ou autoris&#233; uniquement pour sauver la vie de la m&#232;re. C'est une situation qui ne trouve son pendant qu'au Moyen-Orient et en Afrique, exception faite de la Tunisie. Ces derni&#232;res ann&#233;es, quelques pays latino-am&#233;ricains ont gagn&#233; de chaude lutte sa d&#233;criminalisation partielle. N&#233;anmoins, la multiplication des recours &#224; &#171; l'objection de conscience &#187; de la part du personnel soignant tend &#224; limiter l'acc&#232;s aux interruptions de grossesse. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Justice-pour-toutes-" rel="directory"&gt;Dossier : Justice pour toutes !&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-des-femmes-et-droits-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; des femmes et droits reproductifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Molina-Vanessa-+" rel="tag"&gt;Molina, Vanessa&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En Am&#233;rique latine, l'avortement est g&#233;n&#233;ralement ill&#233;gal ou autoris&#233; uniquement pour sauver la vie de la m&#232;re. C'est une situation qui ne trouve son pendant qu'au Moyen-Orient et en Afrique, exception faite de la Tunisie. Ces derni&#232;res ann&#233;es, quelques pays latino-am&#233;ricains ont gagn&#233; de chaude lutte sa d&#233;criminalisation partielle. N&#233;anmoins, la multiplication des recours &#224; &#171; l'objection de conscience &#187; de la part du personnel soignant tend &#224; limiter l'acc&#232;s aux interruptions de grossesse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Carolina, 32 ans, est m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste &#224; Bogot&#225;. Depuis quelque temps, elle angoisse. Son travail &#224; l'h&#244;pital l'inqui&#232;te. Se sentant seule et mal inform&#233;e, elle &#233;crit un message sur le site Internet d'Unidos por la vida (Unis pour la vie) : &#171; &lt;i&gt;Avec les nouvelles lois, vais-je pouvoir continuer &#224; faire valoir mon objection de conscience &#224; la r&#233;alisation d'avortements ?&lt;/i&gt; &#187; Si certaines femmes ont le &#171; &lt;i&gt;droit de d&#233;cider&lt;/i&gt; &#187;, a-t-elle le droit, elle, de &#171; &lt;i&gt;respecter ses valeurs les plus profondes&lt;/i&gt; &#187; ? Bien s&#251;r ! L'objection de conscience rel&#232;ve d'un droit fondamental inscrit &#224; m&#234;me la Constitution, lui r&#233;pond Unidos por la vida.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve cette sc&#232;ne plus d'une fois sur des sites Internet d'associations &#339;uvrant contre la d&#233;criminalisation de l'avortement. &#192; travers cet &#171; &#233;change &#187; entre une citoyenne inqui&#232;te et quelqu'un qui lui r&#233;pond, &#224; grand renfort d'amendements &#224; la loi et de jugements rendus en appel, se dessine dans mon esprit la possibilit&#233; d'un conflit fort &#233;pineux. D'un c&#244;t&#233;, il y a le droit &#224; l'avortement (ou plus pr&#233;cis&#233;ment le droit de ne pas aller en prison pour un arr&#234;t volontaire de grossesse en cas de viol, danger pour la vie de la m&#232;re ou malformation grave du f&#339;tus &#8211; les seuls cas accept&#233;s en Colombie et au Chili, par exemple). De l'autre c&#244;t&#233;, il y a le droit au respect des croyances (notamment religieuses), le droit de rester coh&#233;rent avec soi-m&#234;me sur le plan des valeurs. Ce message de Carolina est repr&#233;sentatif de la confrontation possible entre deux droits fondamentaux : celui de la femme enceinte &#224; avorter (li&#233; &#224; l'&#233;galit&#233;, au droit &#224; la vie, &#224; la sant&#233;, &#224; l'int&#233;grit&#233; et &#224; l'autod&#233;termination) et celui de la femme m&#233;decin refusant, en son nom propre, de participer &#224; un avortement qui, selon elle, non seulement lui fait commettre un crime moral, mais de surcro&#238;t viole le serment d'Hippocrate qu'elle a pr&#234;t&#233; (&#171; tu feras tout ce qui est en ton pouvoir pour le bien de tes patients &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_552 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/2341234-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH369/2341234-2-a87a6.png?1729024016' width='500' height='369' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aper&#231;u des l&#233;gislations sur l'avortement dans les Am&#233;riques.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un recours douteux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En posant quelques questions, la sc&#232;ne se corse toutefois davantage et montre l'&#233;pineux probl&#232;me social et politique qu'elle pose, allant bien au-del&#224; du conflit potentiel entre deux droits fondamentaux individuels. Dans les pays latino-am&#233;ricains ayant depuis peu d&#233;criminalis&#233; en partie l'avortement, l'objection de conscience est pratiqu&#233;e massivement. En 2014 et 2016, deux s&#233;minaires r&#233;gionaux de discussion ont &#233;t&#233; organis&#233;s par une quinzaine d'associations f&#233;ministes et de sant&#233; publique, dont Cat&#243;licas por el derecho a decidir (Catholiques pour le droit de choisir). Le ph&#233;nom&#232;ne fait en sorte que, dans les pays o&#249; les l&#233;gislations ont chang&#233;, des r&#233;gions g&#233;ographiques enti&#232;res s'extraient des nouvelles lois. Les services d'interruption de grossesse l&#233;gale demeurent inexistants sur des kilom&#232;tres &#224; la ronde et les avortements clandestins continuent d'&#234;tre la premi&#232;re cause de morts maternelles, surtout au sein des populations les plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Dans les faits, c'est le plan B des opposants quand ils ont perdu la l&#233;gislation comme telle&lt;/i&gt; &#187;, me dit au t&#233;l&#233;phone Monica Roa, consultante en strat&#233;gie de d&#233;fense des droits humains et avocate ayant men&#233; la lutte de la d&#233;criminalisation de l'avortement en Colombie. &#171; &lt;i&gt;Et c'est d&#233;licat, car l'objection de conscience, habituellement individuelle, est un argument typiquement lib&#233;ral, pluraliste, que nous, les groupes de d&#233;fense des droits humains, avons beaucoup utilis&#233; par le pass&#233;.&lt;/i&gt; &#187; &#192; lire les rapports des s&#233;minaires de discussion et &#224; entendre Roa, il se produit actuellement une transformation historique dans la mani&#232;re de recourir &#224; l'objection de conscience. Ce principe de droit visait initialement &#224; prot&#233;ger le refus d'un individu de s'enr&#244;ler pour une guerre qu'il consid&#233;rait comme injuste. Il a par la suite &#233;t&#233; mobilis&#233; dans divers contextes pour prot&#233;ger les diff&#233;rences culturelles et religieuses de minorit&#233;s. Or, en empruntant les mots de Bernard Dickens, juriste et &#233;thicien canadien, il tend &#224; changer de nature lorsqu'on l'utilise non pas comme &#171; bouclier &#187; des droits fondamentaux, mais comme &#171; &#233;p&#233;e &#187; pour fragiliser la loi. Une &#233;p&#233;e effil&#233;e contre des lois fragiles. &#171; &lt;i&gt;Le plus pr&#233;occupant,&lt;/i&gt; pr&#233;cise Monica Roa, &lt;i&gt;c'est l'objection de conscience dite institutionnelle&lt;/i&gt; [lorsqu'un h&#244;pital entier refuse d'offrir des services en pr&#233;textant l'objection de conscience, &#224; titre de personne morale]. &lt;i&gt;En Colombie, cela a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; anticonstitutionnel et alors est apparue l'objection dite collective. En bref, des formulaires &#233;taient distribu&#233;s &#224; grande &#233;chelle dans les h&#244;pitaux pour amasser des objections individuelles&#8230; Cette autre strat&#233;gie a aussi &#233;t&#233; prohib&#233;e en Colombie, mais au Chili, par exemple, ce n'est pas encore clair.&lt;/i&gt; &#187; Les objections de conscience institutionnelles et collectives inversent la logique des choses : non seulement elles limitent absurdement l'acc&#232;s des femmes &#224; l'avortement d&#233;p&#233;nalis&#233;, mais elles menacent dans les faits la libert&#233; de conscience individuelle du personnel de sant&#233; publique qui est en faveur de la d&#233;criminalisation et qui est pr&#234;t &#224; l'implanter r&#233;ellement. Le droit se mord-il alors la queue ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Revenir &#224; l'esprit des lois&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment discerner le fameux &#171; esprit de la loi &#187; et les pratiques qui le d&#233;naturent ? Comment concr&#233;tiser les nouvelles lois en mati&#232;re d'avortement tout en pr&#233;servant vraiment le droit &#224; la libert&#233; de pens&#233;e ? &#171; &lt;i&gt;Il faut agir sur plusieurs fronts &#224; la fois !&lt;/i&gt; &#187;, s'exclame Monica Roa. D'abord, clarifier que l'objection de conscience a une l&#233;gitimit&#233; strictement individuelle en raison de convictions s&#233;rieuses, profondes et stables de la part des personnes qui proc&#232;dent directement &#224; l'intervention (elle ne s'applique pas au personnel administratif, par exemple). Ensuite, il faut &#171; &lt;i&gt;remettre dans la t&#234;te des &#201;tats&lt;/i&gt; &#187; que cette objection va de pair avec une responsabilit&#233; : assurer que les patientes aient un acc&#232;s aux services d'interruption de grossesse pr&#233;vus par la loi, de fa&#231;on non discriminatoire, notamment &#224; la lumi&#232;re de leur provenance socio&#233;conomique, et cela sur l'ensemble du territoire national. Enfin, diminuer les pr&#233;jug&#233;s qu'ont les prestataires des services de sant&#233; : &#171; &lt;i&gt;Restituer la conscience ; l'associer au fait de d&#233;cider de mani&#232;re r&#233;fl&#233;chie et non pas au seul fait de s'opposer &#224; l'avortement&lt;/i&gt; &#187;, signalent les participant&#183;e&#183;s aux s&#233;minaires r&#233;gionaux de discussion. Aussi, ajoute Roa, &#171; &lt;i&gt;montrer que l'objection de conscience n'est pas une mani&#232;re facile de s'&#233;chapper, sans faire de vague, dans un contexte de stigmatisation forte non seulement pour les femmes qui veulent avorter, mais aussi pour le personnel de sant&#233; publique. En fait, les m&#233;decins ont peur.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette peur parle d'elle-m&#234;me. Arrive-t-on au constat que les batailles sociales de grande ampleur ne se gagnent pas, en d&#233;finitive, ni en cour, ni au parlement, mais sur le plan des mentalit&#233;s ? Une loi peut-elle &#234;tre op&#233;ratoire si les mentalit&#233;s ne suivent pas ? Il faut aller encore plus loin, sugg&#232;re Roa. &#171; &lt;i&gt;Un papier juridique ne sert en effet &#224; rien s'il n'y a pas de travail de terrain qui est fait sur les valeurs, les priorit&#233;s et les comportements, c'est certain, mais en m&#234;me temps, le travail sur les mentalit&#233;s n'est pas suffisant si les gens ne font pas valoir leurs positions et leurs convictions, s'il ne font pas pression sur les structures politico-juridiques.&lt;/i&gt; &#187; Ces structures sont des ar&#232;nes d'inventivit&#233;, parfois scl&#233;ros&#233;es, parfois surprenantes ; elles suivent &#8211; comme elles les devancent aussi parfois &#8211; les imaginaires et les repr&#233;sentations sociales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le consentement apr&#232;s #MeToo</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-consentement-apres-MeToo</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-consentement-apres-MeToo</guid>
		<dc:date>2019-06-21T18:33:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Suzanne Zaccour</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; des femmes et droits reproductifs</dc:subject>
		<dc:subject>Zaccour, Suzanne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voil&#224; le refrain in&#233;vitable qu'on nous sort chaque fois que l'on discute de consentement, de culture du viol et de r&#233;forme du droit relatif aux agressions sexuelles. Le &#171; contrat en triple exemplaire &#187; se pr&#233;sente comme l'ultime transgression, la pers&#233;cution, la folie f&#233;ministe pouss&#233;e &#224; son comble. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce futur morose pourrait d'ailleurs se terrer bien moins loin qu'on le soup&#231;onne. &#192; preuve, l'application mobile LegalFling a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pour permettre aux partenaires d'un acte sexuel de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Justice-pour-toutes-" rel="directory"&gt;Dossier : Justice pour toutes !&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-des-femmes-et-droits-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; des femmes et droits reproductifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Zaccour-Suzanne-+" rel="tag"&gt;Zaccour, Suzanne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2742.png?1642092228' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;938&#034; height=&#034;626&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voil&#224; le refrain in&#233;vitable qu'on nous sort chaque fois que l'on discute de consentement, de culture du viol et de r&#233;forme du droit relatif aux agressions sexuelles. Le &#171; contrat en triple exemplaire &#187; se pr&#233;sente comme l'ultime transgression, la pers&#233;cution, la folie f&#233;ministe pouss&#233;e &#224; son comble.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce futur morose pourrait d'ailleurs se terrer bien moins loin qu'on le soup&#231;onne. &#192; preuve, l'application mobile LegalFling a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pour permettre aux partenaires d'un acte sexuel de consentir du bout du doigt et aux hommes de se d&#233;fendre avec cette preuve de &#171; consentement l&#233;gal &#187; lorsqu'arrivera l'Inquisition. Y a-t-il du vrai dans cette caricature ? Le consentement n&#233;goci&#233;, formalis&#233;, couch&#233; sur papier est-il l'ambition ultime des f&#233;ministes anti-viol ? Au contraire ! Un tel consentement contractualis&#233; est irr&#233;conciliable avec une vision f&#233;ministe de la sexualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une contradiction profonde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'essence m&#234;me du contrat est de s'obliger maintenant &#224; poser une action dans l'avenir. Or, le consentement donn&#233; &#224; l'avance est une situation que les f&#233;ministes connaissent bien et veulent &#224; tout prix &#233;viter : il nous ram&#232;nerait &#224; l'&#233;poque (pas si) r&#233;volue du consentement irr&#233;vocable donn&#233; par l'&#233;pouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; tout r&#233;cemment au Canada, un &#233;poux ne pouvait &#234;tre d&#233;clar&#233; coupable d'avoir viol&#233; sa femme. La justification de l'impossibilit&#233; du viol conjugal &#233;tait que l'&#233;pouse consentait &#224; avoir des rapports sexuels en se mariant. Ce consentement irr&#233;vocable faisant du sexe un &#171; devoir conjugal &#187; et de la femme un objet &#224; la disposition du mari. Ridicule ? Certainement, mais c'&#233;tait pourtant l'&#233;tat du droit au Canada jusqu'en 1983. En Angleterre, jusqu'en 1991. En France, jusqu'en 1994. Aux &#201;tats-Unis, l'immunit&#233; conjugale pour le viol existe toujours sous plusieurs formes dans 26 &#201;tats. Dans certains d'entre eux, un homme qui rend sa femme inconsciente sans son consentement puis se sert de son corps &#224; des fins sexuelles ne se rend pas coupable de viol. Voil&#224; la r&#233;alit&#233; &#224; laquelle nous ram&#232;ne l'id&#233;e selon laquelle le consentement peut &#234;tre donn&#233; en avance, puis exig&#233; en vertu d'un contrat. Le f&#233;minisme n'est certes pas un mouvement monolithique, mais on n'aura pas de mal &#224; se mettre d'accord sur cette question-ci : non merci !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse, le consentement requis par les principes d'&#233;galit&#233; des genres et d'autonomie sexuelle (ainsi que par le droit canadien) n&#233;cessite qu'il soit actualis&#233; et r&#233;it&#233;r&#233;. Il n'y a pas de consentement sans la possibilit&#233; de le r&#233;voquer (ce pourquoi une personne endormie ou inconsciente ne peut pas &#234;tre consentante). Lorsque le consentement est retir&#233;, l'activit&#233; sexuelle doit cesser imm&#233;diatement, sans obligation de se soumettre &#224; quelque acte que ce soit sous pr&#233;texte d'un consentement pass&#233;. Voil&#224; un aspect du droit canadien qui nous pla&#238;t. Les gens qui sugg&#232;rent que les f&#233;ministes voudraient faire du consentement un contrat sign&#233; en trois exemplaires n'ont rien compris au f&#233;minisme. Ou aux contrats. Ou aux deux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le grand myst&#232;re f&#233;minin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'outil rh&#233;torique du &#171; consentement contractuel &#187; est en outre une exag&#233;ration grossi&#232;re qui transforme en &#171; complications et formalit&#233;s &#187; les nuances et la sensibilisation autour du consentement que les f&#233;ministes veulent introduire dans le domaine des rapports sexuels. Les f&#233;ministes chercheraient &#224; tuer le romantisme et la spontan&#233;it&#233; avec des notions de consentement explicite, affirmatif, voire enthousiaste &#8211; diff&#233;rentes fa&#231;ons d'exprimer que seul un vrai &#171; oui &#187; veut dire &#171; oui &#187;. Pr&#233;cisons que l'id&#233;e selon laquelle &#171; le romantisme est mort &#187; n'a rien de nouveau. Et pourtant, ni le divorce, ni le condom, ni le mariage gai ne sont venus &#224; bout du couple h&#233;t&#233;rosexuel. Les inquiets peuvent dormir tranquilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vraie question est de savoir pourquoi certains hommes &#224; qui l'on demande de s'assurer du consentement de leur partenaire se tournent vers l'id&#233;e caricaturale du contrat &#233;crit. Selon la conception patriarcale de la sexualit&#233;, celle-ci serait pleine de &#171; zones grises &#187;, et le viol pourrait n'&#234;tre, en fin de compte, qu'un probl&#232;me de communication. Clarifier cette ambigu&#239;t&#233; exigerait donc une longue discussion assur&#233;ment inconfortable. Demander le consentement serait ainsi un vrai &lt;i&gt;buzzkill&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, plusieurs f&#233;ministes remettent en question l'id&#233;e qu'en mati&#232;re de sexualit&#233;, les hommes et les femmes ne parlent pas le m&#234;me langage. Ce que l'on d&#233;crit comme un &#171; probl&#232;me de communication &#187; serait plut&#244;t une ignorance culturellement avalis&#233;e. En bref, les hommes ne sont pas stupides et comprennent tr&#232;s bien lorsqu'une femme ne consent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette perspective est correcte, alors ridiculiser l'id&#233;e d'un consentement affirmatif comme une complexit&#233; monstre rel&#232;ve de la mauvaise foi. L'analyse conversationnelle r&#233;v&#232;le que, dans la vie de tous les jours, les personnes &#233;mettent typiquement des acceptations de fa&#231;on imm&#233;diate et directe et des refus de fa&#231;on subtile et sans employer le mot &#171; non &#187;. Hors du contexte sexuel, ces refus sont parfaitement compris : une pause de deux dixi&#232;mes de secondes suffit &#224; une personne pour comprendre qu'une autre s'appr&#234;te &#224; refuser son invitation ! Tout porte donc &#224; croire que les hommes comprennent d&#233;j&#224; que l'absence d'un consentement explicite signifie un non&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Celia Kitzinger et Hannah Frith, &#171; Just Say No ? The Use of (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me n'est pas l'absence de contrat, mais l'absence de pr&#233;occupation pour l'int&#233;grit&#233; sexuelle des femmes. &#201;lever le standard de consentement de &#171; non veut dire non &#187; &#224; &#171; seulement oui veut dire oui &#187; ne rend pas les interactions sexuelles compliqu&#233;es, g&#234;nantes ou difficiles : cela oblige simplement les hommes &#224; cesser de faire semblant que les femmes sont incompr&#233;hensibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un contrat de consentement n'arrangerait pas le probl&#232;me des &#171; zones grises &#187; du consentement, pour la simple raison que de telles zones grises n'existent pas. Le moindre doute quant au consentement devrait amplement suffire &#224; nous convaincre de ne pas prendre de risque. Est-ce aller trop loin ? Les femmes sont agress&#233;es sexuellement depuis des si&#232;cles et dans des proportions astronomiques. Il me semble que cet effort soi-disant colossal de v&#233;rifier le consentement n'est pas une demande exag&#233;r&#233;e envers les hommes qui pr&#233;tendent &#234;tre contre le viol.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Parlons de consentement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Continuons &#224; parler de consentement, &#224; remettre en question nos standards de sexualit&#233; moralement acceptable et &#224; imaginer des r&#233;formes, mais, de gr&#226;ce, laissons tomber l'&#233;pouvantail du contrat. Le consentement explicite (&lt;i&gt;affirmative consent&lt;/i&gt;) recommand&#233; par de nombreuses f&#233;ministes est loin d'&#234;tre aussi compliqu&#233; que ses d&#233;tracteurs le pr&#233;tendent. Il s'agit seulement de s'assurer que notre partenaire est aussi partant&#183;e que nous &lt;i&gt;avant&lt;/i&gt; de proc&#233;der &#224; un acte sexuel, de ne pas contraindre le &#171; oui &#187; et de respecter le &#171; non &#187; &#8211; comme nous le faisons dans nos autres interactions sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;rifier le consentement co&#251;te bien peu, alors que le co&#251;t d'une agression sexuelle est infiniment plus grand. Dans un tel contexte, il n'y a pas de zones grises du consentement : il n'y a que des hommes qui ont des doutes et qui proc&#232;dent quand m&#234;me. Un contrat de consentement ne ferait qu'empirer les choses. Au final, peut-&#234;tre y a-t-il lieu de conclure que si un homme pense que le comble de la sexualit&#233; f&#233;ministe est le contrat de consentement, alors il ferait sans doute mieux de s'abstenir&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Celia Kitzinger et Hannah Frith, &#171; Just Say No ? The Use of Conversation Analysis in Developing a Feminist Perspective on Sexual Refusal &#187;, &lt;i&gt;Discourse &amp; Society&lt;/i&gt;, 10(3), 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Suzanne Zaccour est autrice et &#233;tudiante &#224; la ma&#238;trise en droit &#224; l'Universit&#233; de Cambridge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Manifestation des femmes &#224; Montr&#233;al le 20 janvier 2018 (Andr&#233; Querry).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bibliophares et ciment en Gasp&#233;sie</title>
		<link>https://www.ababord.org/Bibliophares-et-ciment-en-Gaspesie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Bibliophares-et-ciment-en-Gaspesie</guid>
		<dc:date>2019-02-18T17:06:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>G&#233;rald McKenzie</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; des femmes et droits reproductifs</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>McKenzie, G&#233;rald</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sur le comptoir, pr&#232;s des navets et d'un rouleau de baloney, The Gasp&#233; SPEQ. Le journal anglophone r&#233;gional publie un article sur Ciment McInnis de Gascon Port-Daniel. Lu vite, du coin de l'&#339;il, le texte du journaliste Gilles Gagn&#233; en sortant de l'&#233;picerie. &lt;br class='autobr' /&gt; La Caisse de d&#233;p&#244;t se questionne sur ses investissements. La pr&#233;f&#232;te de la MRC, Nadia Minassian, demande elle-m&#234;me qu'on d&#233;ploie des moyens pour r&#233;duire l'empreinte environnementale de ce plant de ciment. On parle de 1,8 million de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-73-fevrier-mars-2018-" rel="directory"&gt;No 073 - f&#233;vrier / mars 2018&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-des-femmes-et-droits-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; des femmes et droits reproductifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-McKenzie-Gerald-+" rel="tag"&gt;McKenzie, G&#233;rald&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur le comptoir, pr&#232;s des navets et d'un rouleau de baloney, &lt;i&gt;The Gasp&#233; SPEQ&lt;/i&gt;. Le journal anglophone r&#233;gional publie un article sur Ciment McInnis de Gascon Port-Daniel. Lu vite, du coin de l'&#339;il, le texte du journaliste Gilles Gagn&#233; en sortant de l'&#233;picerie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Caisse de d&#233;p&#244;t se questionne sur ses investissements. La pr&#233;f&#232;te de la MRC, Nadia Minassian, demande elle-m&#234;me qu'on d&#233;ploie des moyens pour r&#233;duire l'empreinte environnementale de ce &lt;i&gt;plant&lt;/i&gt; de ciment. On parle de 1,8 million de tonnes de gaz &#224; effet de serre, ce qui en fait le plus fort pollueur au Qu&#233;bec. Faut ben &#234;tre les plus forts quelque part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des montagnes d'argent public investies entre autres pour couvrir des co&#251;ts impr&#233;vus (&#224; hauteur de 400 millions). La Caisse de d&#233;p&#244;t est majoritaire pour l'instant. Beaudier, consortium appartenant &#224; la famille Beaudoin de Bombardier, est partenaire &#224; 45%. Le priv&#233; va-t-il ramasser le tout une fois le march&#233; redevenu favorable au ciment (ce qui semblerait &#234;tre le cas pr&#233;sentement) ? La Caisse de d&#233;p&#244;t va-t-elle vendre et r&#233;cup&#233;rer ses billes ? On parle de 153 emplois, y compris ceux chez les sous-traitants.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_521 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/234234-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH591/234234-2-f006d.png?1729024017' width='500' height='591' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En sortant du magasin, on tombe sur un petit phare. Dans les villages, &#224; la porte des magasins g&#233;n&#233;raux, on trouve des bibliophares. Sur les quelques &#233;tag&#232;res, des livres que des citoyen&#183;ne&#183;s offrent en partage. Des &lt;i&gt;bestsellers&lt;/i&gt; surtout, des romans ou des revues populaires parfois. En Gasp&#233;sie, ce sont les MRC qui les ont install&#233;s et des b&#233;n&#233;voles les entretiennent. Jimmy ouvre les petites portes et enl&#232;ve la neige qui s'est introduite entre les livres. J'entrevois &lt;i&gt;L'amant sans domicile fixe &lt;/i&gt; de Fruttero et Lucentini. Et un livre &#233;corn&#233;, aux pages mouill&#233;es, d'il y a bien longtemps, &lt;i&gt;L'avortement&lt;/i&gt; du Dr Serge Mongeau et de Ren&#233;e Cloutier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_522 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L417xH650/13123-645e7.png?1729024017' width='417' height='650' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; en 1968, &lt;i&gt;L'avortement&lt;/i&gt; fait scandale au moment o&#249; le Qu&#233;bec sort de l'h&#233;g&#233;monie catholique. &#199;a fait donc 50 ans que ce livre est paru. L'ouvrage de Mongeau et Cloutier, enfoui sous la neige dans un bibliophare, sur la pointe de la p&#233;ninsule gasp&#233;sienne, en temps de poudrerie, reste un document extraordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y trouve cette perle illustrant les pratiques m&#233;dicales (sous haute surveillance religieuse) impos&#233;es aux femmes, en Gasp&#233;sie entre autres, jusque dans les ann&#233;es 1970 : les notes de cours de l'illustre P&#232;re Marcel Marcotte aux futurs m&#233;decins sur leurs obligations morales : &#171; &lt;i&gt;Le m&#233;decin ne doit jamais&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;conseiller les pratiques anticonceptionnelles et [il doit] instruire ses patientes sur les dangers de l'onanisme. Le m&#233;decin est tenu&lt;/i&gt; &#8220;subgravi&#8221; &lt;i&gt;d'user de son influence pour d&#233;tourner de l'onanisme les &#233;poux qui inclinent &#224; le pratiquer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se r&#233;signe difficilement au seul acc&#232;s &#233;lectronique aux livres. Les bibliophares, c'est bien, mais&#8230; dans quel &#233;tat sont les biblioth&#232;ques dans les r&#233;gions &#233;loign&#233;es ? L'&#233;ducation &#233;mancipatrice, sans un acc&#232;s aux livres dans les biblioth&#232;ques publiques, risque d'&#234;tre mitig&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme quoi aller chercher une pinte de lait au village peut r&#233;server des surprises. En nous faisant passer des &#201;ditions du jour de 1968 aux immenses silos de Ciment McInnis dans la Baie des Chaleurs au mois de janvier 2018.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Maternit&#233; et m&#233;decine. Silence, on accouche !</title>
		<link>https://www.ababord.org/Maternite-et-medecine-Silence-on-accouche</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Maternite-et-medecine-Silence-on-accouche</guid>
		<dc:date>2018-11-28T02:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Val&#233;rie Beauchamp, Nesrine Bessa&#239;h, R&#233;mi Leroux</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Bessa&#239;h, Nesrine </dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; des femmes et droits reproductifs</dc:subject>
		<dc:subject>Leroux, R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>Beauchamp, Val&#233;rie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Longtemps, l'exp&#233;rience de l'enfantement a appartenu aux femmes : celles qui donnaient naissance et celles qui les accompagnaient. Ce dossier commence avec l'histoire de la d&#233;possession des femmes de leur savoir et de leur puissance d'agir. D&#233;pouill&#233;es de leur pouvoir, de leur corps et de l'acte de donner naissance, les femmes deviennent des figures passives de leur accouchement, des objets qu'il est possible de manipuler sans consentement. Des ut&#233;rus qu'on fait accoucher. La construction de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Maternite-et-medecine-Silence-on-accouche-" rel="directory"&gt;Dossier : Maternit&#233; et m&#233;decine. Silence, on accouche !&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bessaih-Nesrine-+" rel="tag"&gt;Bessa&#239;h, Nesrine &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-des-femmes-et-droits-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; des femmes et droits reproductifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Leroux-Remi-+" rel="tag"&gt;Leroux, R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Beauchamp-Valerie-+" rel="tag"&gt;Beauchamp, Val&#233;rie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2503.jpg?1642092205' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;684&#034; height=&#034;629&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Longtemps, l'exp&#233;rience de l'enfantement a appartenu aux femmes : celles qui donnaient naissance et celles qui les accompagnaient. Ce dossier commence avec l'histoire de la d&#233;possession des femmes de leur savoir et de leur puissance d'agir. D&#233;pouill&#233;es de leur pouvoir, de leur corps et de l'acte de donner naissance, les femmes deviennent des figures passives de leur accouchement, des objets qu'il est possible de manipuler sans consentement. Des ut&#233;rus qu'on fait accoucher. La construction de l'accouchement comme &#233;v&#232;nement m&#233;dical requ&#233;rant contr&#244;le et surveillance de la part de l'institution hospitali&#232;re s'est &#233;chelonn&#233;e sur plusieurs si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt;&#171; Silence, mesdames, on vous accouche ! &#187;&lt;/font&gt;&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui, dans plusieurs pays en Am&#233;rique latine et en Europe, on d&#233;nonce la violence obst&#233;tricale. Dans les derni&#232;res ann&#233;es, ce sujet a fait la manchette de plusieurs journaux et magazines, en France notamment. Au Qu&#233;bec, le Regroupement Naissance-Renaissance (RNR) d&#233;veloppe sa r&#233;flexion sur la violence obst&#233;tricale depuis plus de dix ans en travaillant &#224; faire &#233;merger cet enjeu dans l'espace public. C'est dans le cadre d'une collaboration avec le RNR que ce dossier a &#233;t&#233; possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons tent&#233; de faire un tour d'horizon de la situation, de donner la parole &#224; des femmes qui ont v&#233;cu la violence obst&#233;tricale et d'aborder les exp&#233;riences de naissance des femmes les plus marginalis&#233;es : les femmes noires ou autochtones, celles qui vivent en situation de handicap ou avec un statut migratoire pr&#233;caire. Nous ne sommes cependant pas parvenu&#183;e&#183;s &#224; offrir un regard sur l'exp&#233;rience des couples homoparentaux, des personnes non binaires et des hommes trans qui accouchent. C'est le signe que ce dossier ne fait qu'ouvrir une porte et qu'il reste encore beaucoup &#224; dire sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dossier se conclut sur la pratique sage-femme. Occult&#233;e du paysage pendant des si&#232;cles, elle r&#233;appara&#238;t gr&#226;ce aux luttes pour l'humanisation des naissances men&#233;es par des femmes et des familles aux quatre coins du Qu&#233;bec. De par son approche et ses principes, cette pratique constitue le meilleur rempart contre la violence obst&#233;tricale. Encore faut-il que son int&#233;gration au syst&#232;me de sant&#233; respecte sa sp&#233;cificit&#233;, car si elle ne devenait que le p&#226;le reflet d'elle-m&#234;me pour satisfaire ses d&#233;tracteurs, les personnes qui accouchent devront trouver de nouvelles avenues pour se r&#233;approprier la naissance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt;&#171; Silence, tout le monde, laissez-nous accoucher ! &#187;&lt;/font&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dossier comprend des contributions de Val&#233;rie Beauchamp, Nesrine Bessa&#239;h, Isabelle Boisvert, Isabelle Challut, Catherine Gerbelli, Camille G&#233;rin, V&#233;ronique Houle, C&#233;line Lemay, R&#233;mi Leroux, Roxanne Lorrain, Hirut Melaku, Nicole Pino et St&#233;phanie St-Amant. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Chlo&#233; Germain-Th&#233;rien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
