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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Rwanda, l'histoire secr&#232;te</title>
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		<dc:date>2008-08-02T17:14:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Elie</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique sub-saharienne</dc:subject>
		<dc:subject>Elie, Julien</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>

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&lt;p&gt;Abdul Joshua Ruzibiza, Rwanda, l'histoire secr&#232;te, Paris, Panama, 2005 &lt;br class='autobr' /&gt; C'est pour quand, le proc&#232;s ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le g&#233;nocide rwandais nous renvoie sans contredit l'image la plus laide de l'esp&#232;ce humaine. Si certains ont essay&#233;, plus souvent qu'autrement sans r&#233;elle r&#233;percussion, d'&#233;clairer avec justesse le drame et d&#233;montrer que plusieurs des responsables des massacres sont non seulement en libert&#233;, mais aussi &#233;lus d&#233;mocratiquement et membres d'un gouvernement avec si&#232;ge &#224; l'ONU, le livre du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Conflits-droits-humains-et-+" rel="tag"&gt;Conflits, droits humains et impunit&#233;&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton635.jpg?1642092271' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;257&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Abdul Joshua Ruzibiza, &lt;i&gt;Rwanda, l'histoire secr&#232;te&lt;/i&gt;, Paris, Panama, 2005&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est pour quand, le proc&#232;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;nocide rwandais nous renvoie sans contredit l'image la plus laide de l'esp&#232;ce humaine. Si certains ont essay&#233;, plus souvent qu'autrement sans r&#233;elle r&#233;percussion, d'&#233;clairer avec justesse le drame et d&#233;montrer que plusieurs des responsables des massacres sont non seulement en libert&#233;, mais aussi &#233;lus d&#233;mocratiquement et membres d'un gouvernement avec si&#232;ge &#224; l'ONU, le livre du lieutenant Abdul Joshua Ruzibiza &#233;tait presque inesp&#233;r&#233;. Tr&#232;s vite on condamna, et avec raison, les membres du &lt;i&gt;Hutu Power&lt;/i&gt; pour le g&#233;nocide des centaines de milliers de Tutsis. On pr&#233;f&#233;ra aussi oublier que pendant et m&#234;me avant le d&#233;but des massacres, le Rwanda &#233;tait plong&#233; dans une guerre civile. Des exil&#233;s tutsis, sous la banni&#232;re du Front patriotique rwandais (FPR) dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Paul Kagam&#233;, voulant mettre fin au r&#233;gime du pr&#233;sident Juv&#233;nal Habyarimana et &#224; la r&#233;pression que subissait la minorit&#233; tutsie, attaquaient, depuis le maquis longeant la fronti&#232;re ougandaise, les troupes de l'arm&#233;e nationale du Rwanda. Depuis la fin du g&#233;nocide et la prise du pouvoir par le FPR, des opposant politiques ont sans cesse rappel&#233; les horreurs commises par les troupes de Kagam&#233;. Or, le g&#233;n&#233;ral avait jusqu'&#224; maintenant joui d'un appui inconditionnel de la communaut&#233; internationale. Quiconque osait d&#233;noncer l'implication du FPR dans des massacres &#233;tait trait&#233; de n&#233;gationniste (du g&#233;nocide des Tutsis). La logique est implacable. Il ne pouvait y avoir qu'un groupe de salauds et donc qu'un groupe de victimes. Malheureusement pour les Gil Courtemanche, Dominique Payette et autres amoureux de belles histoires, la v&#233;rit&#233; est tout autre. Encore plus dur pour les amis du FPR, cette fois la critique sans faille, minutieuse et courageuse vient de l'int&#233;rieur du FPR. Pire encore, le cri est celui d'un homme fort du r&#233;gime, d'un officier, fid&#232;le alli&#233; de Kagam&#233; &#224; l'&#233;poque. Et cette fois, on ne pourra s&#251;rement pas accuser le messager de connivence avec les g&#233;nocidaires hutus. Le lieutenant Abdul Ruzibiza est non seulement Tutsi, mais sa famille au grand complet a p&#233;ri sous le coup des machettes des ignobles &lt;i&gt;interhamwe&lt;/i&gt;, ces bandes meurtri&#232;res entra&#238;n&#233;es pour d&#233;cimer la population tutsie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ruzibiza va surtout beaucoup plus loin que la plupart des opposants de Kagam&#233;. G&#233;n&#233;ralement, on s'entendait pour dire que les atrocit&#233;s commises par les forces du FPR ne pouvaient, sur l'&#233;chelle de la barbarie, &#234;tre compar&#233;es &#224; celles commises par le &lt;i&gt;Hutu Power&lt;/i&gt;. Bien qu'il ne s'agissait pas de simples vengeances, on ne pouvait parler de double g&#233;nocide (celui des Tutsis versus celui des Hutus). Seuls des gens favorables aux g&#233;nocidaires hutus osaient mettre sur un pied d'&#233;galit&#233; ces crimes honteux. Mais comme un coup de massue dans le camp Kagam&#233;, Ruzibiza annonce en d&#233;but de livre : &#171; &lt;i&gt;J'affirme sans r&#233;serve que les exactions inflig&#233;es aux Hutus par les militaires de l'Arm&#233;e patriotique rwandaise&lt;/i&gt; [branche arm&#233;e du FPR] &lt;i&gt;constituent un g&#233;nocide. Mes coll&#232;gues et moi, nous le confirmons parce que nous l'avons vu de nos propres yeux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait la force du bouquin du lieutenant Ruzibiza, ce sont justement les faits rapport&#233;s avec exactitude par l'auteur. Il d&#233;crit avec moult d&#233;tails les d&#233;buts dans le maquis, depuis la formation du FPR jusqu'&#224; la prise du pouvoir de Kigali en juillet 1994. Quand Kagam&#233; r&#233;clamait la t&#234;te d'un tel ou le massacre d'un village, Ruzibiza &#233;coutait les ordres, et surtout prenait des notes. Chaque &#233;tape est relat&#233;e avec citations &#224; l'appui, chaque mouvement de troupes est expliqu&#233; avec le nom du commandant en charge et le nombre de victimes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre mythe, pris&#233; par les d&#233;fenseurs du FPR, vole en &#233;clat avec les r&#233;v&#233;lations de l'auteur : celui selon lequel les troupes du FPR avaient pour objectif non pas seulement le renversement du r&#233;gime Habyarimana mais en premier lieu la protection des civils, les populations tutsies victime du g&#233;nocide. Non seulement cela est faux, comme plusieurs s'en doutaient, mais plus effrayant encore &#171; &lt;i&gt;les Tutsis jouaient le r&#244;le d'otages pour les agressions du FPR&lt;/i&gt; [&#8230;], l&lt;i&gt;es repr&#233;sailles contre eux servaient bien la cause.&lt;/i&gt; &#187; Avec preuves et t&#233;moignages &#224; l'appui, l'auteur nous explique comment le chaos cr&#233;&#233; par le g&#233;nocide servaient les dessins de Kagam&#233; : &#171; &lt;i&gt;Plusieurs exemples sont l&#224; pour prouver comment le FPR multipliait les attaques afin d'inciter les populations &#224; s'en prendre aux Tutsis.&lt;/i&gt; &#187; Les calculs de Kagam&#233;, selon les conclusions de l'auteur, sont d'une simplicit&#233; &#224; glacer le sang : plus les Tutsis p&#233;riront dans les massacres, plus la venue du FPR sera souhaitable pour la communaut&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce sujet, le passage sur l'attentant contre l'avion du pr&#233;sident Habyarimana est probablement le plus attendu et le plus convaincant. Contrairement &#224; la croyance populaire qui voulait que l'attentat ait &#233;t&#233; commis par des membres du &lt;i&gt;Hutu Power&lt;/i&gt; (cette hypoth&#232;se voulait que des extr&#233;mistes hutus aient abattu l'avion pour faire croire &#224; une attaque du FPR et d&#233;clencher les foudres des populations), plusieurs clamaient haut et fort que les assassins du pr&#233;sident ne pouvaient &#234;tre que les hommes de Kagam&#233;. Gr&#226;ce au livre de Ruzibiza, qui &#233;tait aux premi&#232;res loges, on a droit &#224; une description m&#233;thodique et haletante de l'attentat qui mena &#224; la mort du pr&#233;sident Habyarimana. C'est d'autant plus effrayant de confirmer la culpabilit&#233; de Kagam&#233; dans ce crime que, comme l'auteur du livre le souligne, toutes les personnes bien inform&#233;es savaient depuis des mois que des miliciens hutus s'entra&#238;naient dans le but d'ex&#233;cuter la minorit&#233; tutsie, avec listes de noms par rue et maisons &#224; l'appui. Kagam&#233; avait-il conscience qu'en abattant l'avion, un g&#233;nocide se d&#233;clencherait dans les heures suivantes ? Bien s&#251;r. Car comme ce livre nous le d&#233;montre de la premi&#232;re &#224; la derni&#232;re page, le g&#233;n&#233;ral Kagam&#233; est un homme politique cruel qui n'avait qu'un objectif en t&#234;te, quitte &#224; ce que ses fr&#232;res et s&#339;urs tutsis en paient le prix : celui de prendre le pouvoir &#224; Kigali. On sait depuis que l'objectif &#233;tait encore plus grand et plus sinistre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crit parfois sch&#233;matiquement (l'auteur est un militaire, rappelons-le), avec un canevas qui peut devenir lassant par moment, &lt;i&gt;Rwanda, l'histoire secr&#232;te&lt;/i&gt; n'en reste pas moins un document de premier plan, essentiel et surtout courageux, peut-&#234;tre le plus important sur l'histoire r&#233;cente du Rwanda, attendu par certains et craint par d'autres. Ceux-l&#224; m&#234;me qu'on entendra &#233;tonnamment un peu moins souvent &#224; l'avenir. Et &#231;a, c'est d&#233;j&#224; une petite victoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julien &#201;lie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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