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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Entre le soleil de France et de Bab El Oued</title>
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		<dc:date>2008-08-01T01:58:24Z</dc:date>
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		<dc:creator>Christian Brouillard, Amazigh Kateb</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
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&lt;p&gt;L'art n'est pas un antre o&#249; pourraient se r&#233;fugier int&#233;gristes de tout poil ou amuseurs publics. Il s'agit plut&#244;t d'une navigation, d'un entre-deux o&#249; circulent et dialoguent de multiples points d'ancrage. Navigation &#224; haut risque comme celle d'Ulysse mais, malgr&#233; ses p&#233;rils, elle seule peut arracher un peu de sens &#224; ce qui ne serait qu'une &#171; histoire dite par un idiot, pleine de fracas et de furie, et qui ne signifie rien &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'artiste, donc, comme passeur de signes et de symboles. Rebelle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-06-oct-nov-2004-" rel="directory"&gt;No 006 - oct. / nov. 2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brouillard-Christian-+" rel="tag"&gt;Brouillard, Christian&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Kateb-Amazigh-+" rel="tag"&gt;Kateb, Amazigh &lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton556.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;203&#034; height=&#034;300&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'art n'est pas un antre o&#249; pourraient se r&#233;fugier int&#233;gristes de tout poil ou amuseurs publics. Il s'agit plut&#244;t d'une navigation, d'un entre-deux o&#249; circulent et dialoguent de multiples points d'ancrage. Navigation &#224; haut risque comme celle d'Ulysse mais, malgr&#233; ses p&#233;rils, elle seule peut arracher un peu de sens &#224; ce qui ne serait qu'une &#171; histoire dite par un idiot, pleine de fracas et de furie, et qui ne signifie rien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste, donc, comme passeur de signes et de symboles. Rebelle aussi. Rebelle &#224; tout ce qui emprisonne et mutile la vie. Alors qu'un nouveau cycle de luttes contre la mondialisation capitaliste semble s'&#234;tre enclench&#233;, de nombreux artistes ont repris le flambeau du refus. Qu'on songe, pour la France, au Massilia sound system, aux Fabulous troubadours, &#224; Zebda et, enfin, &#224; Gnawa diffusion. Fond&#233; en 1992 &#224; Grenoble par Amazigh Kateb, ce groupe distille une musique proprement universelle avec de profondes racines africaines et alg&#233;riennes. Issue de la tradition &lt;i&gt;gnawa&lt;/i&gt;, celle des chants des esclaves africains, cette musique fusionne les instruments traditionnels avec l'&#233;lectricit&#233;. Propuls&#233;es par cet environnement sonore, les paroles des chansons de Gnawa diffusion sont comme de v&#233;ritables missiles dirig&#233;s contre les crimes et les injustices perp&#233;tr&#233;s par les dominants &#224; l'encontre de l'ensemble de la plan&#232;te. &lt;br class='autobr' /&gt;
Entre le soleil de France, de Kingston et de Bab El Oued, Gnawa diffusion et Amazigh Kateb arpentent ainsi l'espace d'une libert&#233; &#224; cr&#233;er, par-del&#224; les fronti&#232;res de styles ou de territoires. Une entrevue, donc, avec un homme libre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Amazigh signifie, dans la langue parl&#233;e berb&#232;re, &#171; homme libre &#187;.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Pourriez-vous nous dire comment le groupe est n&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Amazigh Kateb&lt;/strong&gt; &#8211; Le groupe s'est mont&#233;, en 1992, suite &#224; une audition pour laquelle j'avais r&#233;uni six musiciens dans le but de pr&#233;senter quelques chansons que j'avais compos&#233;es. &#192; l'&#233;poque, nous abritions autant de visions et de concepts que d'individus. Nous n'avions aucune plate-forme commune &#224; part la sc&#232;ne. La fusion, en th&#233;orie, nous aurait permis de pr&#233;server les diff&#233;rentes influences en cr&#233;ant un son commun. Or, nous nous sommes vite aper&#231;us du contraire. La musique ressemblait &#224; du collage et beaucoup de bonnes id&#233;es n'ont jamais vu le jour parce que trop typ&#233;es. Nous nous sommes noy&#233;s non pas dans un verre d'eau mais dans un cocktail alcoolis&#233;... Heureusement, certains d'entre nous, qui savaient nager, ont ramen&#233; toute l'&#233;quip&#233;e sur la berge ou, pour reprendre notre exemple tout droit sorti d'une taverne, sur le bord du verre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois vraiment que ce groupe est n&#233; le jour o&#249; nous avons d&#233;cid&#233; de faire des chansons simples pour le peuple. C'est l&#224; que nos influences et nos couleurs ont r&#233;ellement pu s'exprimer puisque, au-del&#224; de ces derni&#232;res, nous avions un axe central, un th&#232;me autour duquel nous nous exprimions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Vous soulignez l'importance de l'Afrique dans votre d&#233;marche et dans l'histoire de l'Alg&#233;rie. Comment d&#233;finir cette africanit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; &#8211; L'axe central de Gnawa diffusion est l'africanit&#233; du Maghreb : les gnawas sont les esclaves noirs d&#233;port&#233;s en Afrique du Nord par les riches seigneurs du Maghreb d'antan et, pour ceux qui l'ignorent, leur musique est une sorte de gospel, &#224; la diff&#233;rence que les gnawas chantent Allah et Mohammed au lieu de J&#233;hovah et J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important de pr&#233;ciser, nous concernant, que nous ne reprenons pas le r&#233;pertoire traditionnel des gnawas (hormis 2 ou 3 exceptions) mais nous utilisons les instruments gnawas dans un travail de cr&#233;ation et de composition moderne et contemporaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; de l'aspect africain, il y a l'univers de l'exil longuement &#233;voqu&#233; par les multiples complaintes gnawies traditionnelles qui renvoient directement au monde de l'immigration et des nouveaux langages et codages que celui-ci v&#233;hicule &#224; travers la recherche de son identit&#233; en mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite il y a un certain nombre de fractures socioculturelles qu'il nous importe de combattre. Nous sommes souvent, en tant que Maghr&#233;bins, face &#224; une contradiction de taille : quand nous allons vers la modernit&#233;, nous avons l'impression d'avoir perdu la trace de l'anc&#234;tre et quand nous allons vers l'anc&#234;tre, il s'instaure une sorte de Moyen-&#194;ge absolu qui ne s'accorde pas avec la modernit&#233;. Sur le plan culturel, ce ph&#233;nom&#232;ne cr&#233;e des d&#233;g&#226;ts consid&#233;rables. Les Alg&#233;riens francophones, par exemple, sont consid&#233;r&#233;s comme des supp&#244;ts de la France et des pro-occidentaux. Les arabophones, eux, sont associ&#233;s &#224; l'archa&#239;sme. Ce paradoxe nourrit des clans et des &#171; petites bourgeoisies &#187; de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi nous nous exprimons en arabe, en fran&#231;ais et avec d'autres langues si possible et que nous tenons &#224; teinter notre musique de sonorit&#233;s &#224; la fois anciennes et nouvelles, africaines, occidentales, maghr&#233;bines ou carib&#233;ennes. Nous voulons, &#224; travers la musique, casser un certain nombre de carcans et montrer qu'on peut cr&#233;er sa propre culture et sa propre identit&#233; en faisant un tri personnel, exactement comme quand on compose une musique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de cela, il y a la probl&#233;matique arabo-berb&#232;re qui est, aujourd'hui, objet de diverses manipulations. Il se produit des tensions identitaires, exacerb&#233;es par une politique de la division qui ne m&#232;ne &#224; rien. &#199;a va parfois jusqu'&#224; des r&#233;flexions x&#233;nophobes du type &#171; Je suis un pur berb&#232;re, je n'ai pas de sang arabe &#187; ou &#171; l'Alg&#233;rie est arabe et rien d'autre. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ma part, l'Alg&#233;rie est berb&#232;re, arabe, latine, m&#233;diterran&#233;enne et peut-&#234;tre m&#234;me un peu martienne. Ce qui est s&#251;r, c'est qu'elle est africaine et que cette identit&#233;-l&#224; est beaucoup plus juste en ce qui nous concerne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il y a un troisi&#232;me &#233;l&#233;ment tr&#232;s important, sur lequel j'insiste toujours, celui de reconna&#238;tre que l'esclavage et, par cons&#233;quent le racisme, font partie de notre histoire. C'est une approche essentielle si nous voulons que le monde occidental, &#224; son tour, fasse une d&#233;marche de reconnaissance historique &#224; notre &#233;gard. Je suis par cons&#233;quent fier de jouer du gumbri, instrument d'esclave qui m'aide &#224; me sentir libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B&lt;/strong&gt; ! &#8211; Par-del&#224; la tradition arabe et africaine, on retrouve dans votre musique aussi bien du reggae, du rock, du rap ou du latino. Quels sont les liens qu'on peut faire entre ces multiples musiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; &#8211; La musique ressemble beaucoup &#224; la cuisine : souvent quand on n'a pas de recette, on improvise en pensant &#224; un go&#251;t que l'on aime et que l'on veut faire aimer. Dans une musique, on met aussi ce qu'on aime et on essaye diff&#233;rentes combinaisons pour trouver la meilleure pr&#233;sentation ou expression. Il y a aussi, bien s&#251;r, le fait que nous aimons les musiques que nous introduisons dans notre travail et, au-del&#224;, il y a une similitude entre le gnawi, le reggae, la salsa, le blues, etc... C'est une seule et m&#234;me famille de musiques, n&#233;es dans des contextes similaires d'esclavage et d'exil. L'Afrique m&#232;ne &#224; l'universel et c'est ce qui peut nous arriver de mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; En bout de ligne, comment concilier nos particularit&#233;s identitaires avec l'universel ? La tradition et la modernit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; &#8211; Pour les particularit&#233;s culturelles et identitaires, je crois, &#224; l'heure actuelle, qu'on ne peut plus parler de cultures exclusives ou alors tr&#232;s rarement. Il y a maintenant tellement d'information nous arrivant des quatre coins du monde que l'Alg&#233;rien ou le Qu&#233;b&#233;cois d'aujourd'hui n'ont pas du tout le m&#234;me bagage culturel que l'Alg&#233;rien ou le Qu&#233;b&#233;cois d'il y a 20 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; part quelques constantes, aujourd'hui, chacun porte ce qu'il veut de sa culture ou d'une autre. Moi-m&#234;me, en travaillant sur la musique gnawa, ne suis-je pas en train de v&#233;hiculer une culture qui n'est pas celle de mes anc&#234;tres ? Pourtant, je la d&#233;fends comme si elle &#233;tait mienne parce que c'est &#224; travers elle que je m'exprime le plus naturellement. Si un de mes a&#239;eux a pu &#234;tre esclavagiste, alors j'affirme, quatre si&#232;cles plus tard, que je me sens plus proche de ses esclaves que de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Vos textes sont de tr&#232;s claires critiques de l'ordre actuel, &#171; engag&#233;s politiquement &#187; aurions-nous dit &#224; une certaine &#233;poque. Est-ce qu'on peut vraiment faire de la politique par le biais de la musique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; &#8211; La musique est un art qui peut tout exprimer concr&#232;tement. C'est une expression qui regroupe &#224; la fois les &#233;tats d'&#226;mes et ceux de l'esprit. Personnellement je ne pourrai jamais chanter quelque chose que je ne pense pas et heureusement que je ne chante pas tout ce que je pense. Tr&#232;s souvent, les chansons naissent des discussions, des lectures, des confrontations ou, parfois, des r&#233;v&#233;lations surtout avec les chansons d'amour. Ce sont d'abord des choses qui m'intriguent ou me tourmentent et sur lesquelles un certain nombre de r&#233;flexions peuvent na&#238;tre et &#234;tre formul&#233;es en chanson. Ce qui est clair, en revanche, c'est qu'une chanson ne suffit pas pour traiter d'un sujet politique : cela conduit &#224; un travail de simplification du propos, voire &#224; un choix arbitraire de provocation ou d'humour pour, &#224; d&#233;faut de pouvoir d&#233;velopper des id&#233;es trop complexes, inciter les gens au d&#233;bat et &#224; la discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Il y a dans votre musique, en plus du politique, tout un c&#244;t&#233; festif. Il n'y a pas un danger de &#171; noyer &#187; le versant critique du discours avec ce c&#244;t&#233; ludique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; &#8211; Il est certain que l'esprit de Gnawa diffusion n'a rien d'aust&#232;re et tant mieux. Trop souvent, la musique v&#233;hiculant une id&#233;ologie ou un engagement a &#233;t&#233; assimil&#233;e &#224; quelque chose de sombre, de grave et de s&#233;rieux. C'est s&#251;rement cela qui a tu&#233; la musique engag&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
La musique est l'art populaire par excellence, elle accompagne souvent les plus beaux moments de la vie. Je crois que c'est une erreur de vouloir isoler les musiques engag&#233;es du ph&#233;nom&#232;ne de la f&#234;te. C'est pr&#233;cis&#233;ment de l'enthousiasme et de l'&#233;nergie qu'il faut pour faire une belle r&#233;volution. Pendant les concerts, il y a une atmosph&#232;re insurrectionnelle d&#232;s que les corps transpirent dans la danse. De plus, je crois que l'aspect aust&#232;re que l'on pr&#234;te au monde militant est la pire des &#233;tiquettes. Si nous ne faisons rien pour prouver le contraire, les gens continueront &#224; bouffer dans les Macdonald en dansant sur &#171; shake your ass babe &#187; et nous continuerons &#224; dire que ce n'est pas bien. La r&#233;volution future est dans l'&#233;ducation de nos enfants o&#249; nous devons leur apprendre &#224; faire sa f&#234;te au capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; L'Alg&#233;rie, actuellement, ne fait plus beaucoup la &#171; une &#187; des m&#233;dias officiels. Quelle est la situation, politiquement et culturellement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; &#8211; Pr&#233;cis&#233;ment au moment o&#249; on n'entend plus parler de l'Alg&#233;rie, il s'y passe beaucoup de choses : notamment qu'un journaliste et un directeur de journal ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et emprisonn&#233;s ; cinq hauts fonctionnaires de l'arm&#233;e dont le g&#233;n&#233;ral Laamari ont &#233;t&#233; d&#233;mis de leurs fonctions ; les victimes des inondations n'ont pas &#233;t&#233; toutes relog&#233;es, celles du tremblement de terre de mai 2003 encore moins. Le terrorisme n'a pas compl&#232;tement disparu, Bouteflika non plus. Et pour quelques ann&#233;es encore, les investisseurs pullulent, le ch&#244;mage augmente, les prix aussi, les magasins s'ouvrent, le pouvoir pas encore. La presse n'est plus ind&#233;pendante, l'ind&#233;pendance n'est plus appr&#233;ci&#233;e et le gaz et le sang qui se m&#233;langent &#224; la terre que nous foulons et &#224; laquelle nous sommes forc&#233;s de confier nos morts, coulent toujours d'un triste flot qui abreuve notre mis&#232;re et nos bourreaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; &#201;voquer la culture alg&#233;rienne c'est, par n&#233;cessit&#233; on oserait dire, &#233;voquer la figure de votre p&#232;re Kateb Yacine. Comment situez vous la place de son &#339;uvre dans l'histoire de la culture alg&#233;rienne ? Son influence actuelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; &#8211; C'est avant tout un p&#232;re que j'ai &#224; l'esprit et, dans mon c&#339;ur, son &#339;uvre est encore tr&#232;s vivante &#224; travers les pi&#232;ces qui sont et qui ont &#233;t&#233; mont&#233;es des deux c&#244;t&#233;s de la M&#233;diterran&#233;e. Il fait l'objet de nombreuses recherches et th&#232;ses traitant de la litt&#233;rature ou de la culture alg&#233;rienne en g&#233;n&#233;ral. Dans les cercles militants, il avait la r&#233;putation d'&#234;tre impitoyable et radical dans ses positions. C'est quelqu'un qui ne souffrait pas le compromis et la l&#226;chet&#233;. Je crois que c'&#233;tait quelqu'un qui n'a jamais cess&#233; d'&#234;tre un insoumis dans une peau de po&#232;te. Il y a, h&#233;las, tellement &#224; dire qu'il vaut peut-&#234;tre mieux le lire. [Voir encadr&#233;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Pour conclure, quel bilan tracez-vous de l'ensemble de la d&#233;marche du groupe Gnawa diffusion ? Quels sont vos projets ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; &#8211; D'abord, nous n'avons pas fait le bilan, car nous ne sommes pas encore en fin d'exercice. Nous savons seulement que le bonheur est dans le pr&#233; et le plaisir sur la sc&#232;ne. Nous avons travers&#233; des moments plus ou moins difficiles, mais le cap reste maintenu &#224; l'oppos&#233; de tous les diktats. Ce qui me nourrit le plus dans l'exp&#233;rience de ce groupe, c'est que cette musique a donn&#233; envie &#224; d'autres un peu partout (notamment au Maghreb) de faire des choses et cela, &#231;a agrandit consid&#233;rablement le champ des perspectives &#224; venir. La transmission est ce qui m'importe le plus dans mon m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bient&#244;t, j'esp&#232;re deux concerts au Canada (pour la premi&#232;re fois), une tourn&#233;e au Maghreb et au Moyen Orient, un nouveau site Web, un DVD, un album et, j'esp&#232;re, des vacances.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.gnawa-diffusion.com" class="spip_out"&gt;Le site officiel de Gnawa diffusion&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Amazigh signifie, dans la langue parl&#233;e berb&#232;re, &#171; homme libre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Christian Brouillard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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