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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>L'aide sociale et la pauvret&#233;. Une lutte inachev&#233;e</title>
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		<dc:date>2021-03-21T15:03:23Z</dc:date>
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		<dc:creator>Fran&#231;oise David, Fran&#231;ois Saillant</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Saillant, Fran&#231;ois </dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>David, Fran&#231;oise</dc:subject>

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&lt;p&gt;La marche &#171; Du pain et des roses &#187; s'&#233;branle le 26 mai 1995 en trois contingents. De Montr&#233;al, de Longueuil et de Rivi&#232;re-du-Loup, des centaines de femmes marcheront durant 10 jours pour se rendre devant l'Assembl&#233;e nationale. Le th&#232;me central de cette longue caravane est la lutte &#224; la pauvret&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; cette &#233;poque, pr&#232;s de 20 % de la population qu&#233;b&#233;coise vit sous le seuil de faible revenu : des b&#233;n&#233;ficiaires de l'aide sociale, des a&#238;n&#233;s&#183;e&#183;s, des jeunes sans emploi, et dans cette foule de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-82-janvier-2020-" rel="directory"&gt;No 082 - janvier 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-David-Francoise-+" rel="tag"&gt;David, Fran&#231;oise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La marche &#171; Du pain et des roses &#187; s'&#233;branle le 26 mai 1995 en trois contingents. De Montr&#233;al, de Longueuil et de Rivi&#232;re-du-Loup, des centaines de femmes marcheront durant 10 jours pour se rendre devant l'Assembl&#233;e nationale. Le th&#232;me central de cette longue caravane est la lutte &#224; la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; &#192; cette &#233;poque, pr&#232;s de 20 % de la population qu&#233;b&#233;coise vit sous le seuil de faible revenu : des b&#233;n&#233;ficiaires de l'aide sociale, des a&#238;n&#233;s&#183;e&#183;s, des jeunes sans emploi, et dans cette foule de gens pauvres, on compte beaucoup de femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La question du logement est au c&#339;ur des revendications de la marche. Le Front d'action population en r&#233;am&#233;nagement urbain (FRAPRU) devient donc un alli&#233; proche, un partenaire actif de la F&#233;d&#233;ration des femmes du Qu&#233;bec (FFQ). Fran&#231;oise et Fran&#231;ois font la paire ! Et cela nous am&#232;nera &#224; militer ensemble durant de nombreuses ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH316/b23133ec0310822ddc93e652a0470786-e1333.jpg?1729027777' width='500' height='316' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 4 juin 1995, Jacques Parizeau vient lui-m&#234;me devant une foule estim&#233;e &#224; 18 000 personnes annoncer que, oui, il construira des logements sociaux avec soutien communautaire. Oui, il augmentera le salaire minimum de 45 &#162; de l'heure. Oui, nous aurons une loi sur l'&#233;quit&#233; salariale. Nous sommes alors &#224; quelques mois d'un r&#233;f&#233;rendum crucial. Cela a-t-il contribu&#233; &#224; ses r&#233;ponses satisfaisantes aux revendications des femmes ? Bien s&#251;r que oui. Sans oublier que le gouvernement p&#233;quiste de l'&#233;poque comprenait des f&#233;ministes convaincues. La suite accord&#233;e &#224; ces engagements du premier ministre sera cependant moins rose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le r&#233;f&#233;rendum a lieu le 30 octobre suivant. C'est non au pays. Et nous assistons en direct &#224; un discours qui cible injustement les minorit&#233;s ethniques du Qu&#233;bec. Jacques Parizeau d&#233;missionne et Lucien Bouchard lui succ&#232;de comme premier ministre. Cela change tout. La lutte &#224; la pauvret&#233; ne sera plus une priorit&#233; pour un gouvernement qui met l'atteinte de l'&#233;quilibre budg&#233;taire en t&#234;te de ses pr&#233;occupations et de ses politiques publiques et fiscales.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; La pauvret&#233; sacrifi&#233;e au d&#233;ficit z&#233;ro&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Nous avons un avant-go&#251;t des batailles qui nous attendent d&#232;s le 24 novembre 1995 : Jeanne Blackburn, ministre de la Solidarit&#233; sociale, annonce des coupes de 186 millions &#224; l'aide sociale. Stupeur. Le r&#233;veil est brutal. Nous ne savons pas encore que ces premi&#232;res coupes seront suivies de plusieurs autres en quelques ann&#233;es seulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D&#232;s la fin-janvier, Louise Harel devient ministre de la Solidarit&#233; sociale. Elle a bonne r&#233;putation dans le milieu communautaire, car elle fait partie de l'aile progressiste et f&#233;ministe du PQ. Et pourtant&#8230; Comme les autres ministres du gouvernement Bouchard, madame Harel se plie &#224; l'objectif du d&#233;ficit z&#233;ro : il y aura des coupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Du 18 au 20 mars 1996 se tient &#224; Qu&#233;bec un Sommet sur l'avenir &#233;conomique du Qu&#233;bec. Il r&#233;unit tous les principaux acteurs &#8211; et quelques actrices &#8211; des mondes politiques, &#233;conomiques, sociaux, syndicaux, municipaux, institutionnels et autres. L'objectif est de cr&#233;er un consensus sur la situation &#233;conomique du Qu&#233;bec, en particulier sur le d&#233;ficit des finances publiques, et de trouver des solutions. D&#232;s le d&#233;but, nous demandons, avec les organismes communautaires, la suspension d'une coupe de 72 millions &#224; l'aide sociale qui doit entrer en vigueur le 1er avril. La demande est rejet&#233;e par le premier ministre. Et c'est dans un silence de mort que nous demandons &#224; l'ensemble des personnalit&#233;s rassembl&#233;es : quelqu'un peut-il faire quelque chose ? La salle demeure silencieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'autres coupes sont annonc&#233;es dans les mois qui suivent : allocation logement diminu&#233;e pour les familles avec enfants mineurs, perte de l'indexation des ch&#232;ques pour les b&#233;n&#233;ficiaires de l'aide sociale ayant des contraintes s&#233;v&#232;res &#224; l'emploi alors que celles qui sont cens&#233;es ne pas avoir ces contraintes sont d&#233;j&#224; priv&#233;es d'indexation depuis 1993.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous sommes scandalis&#233;s. Mais nous r&#233;alisons aussi que nous &#233;tions fort mal pr&#233;par&#233;s &#224; ce premier Sommet qui &#233;tait tout &#224; fait nouveau pour nous. C'est tout de m&#234;me d&#233;routant de se retrouver dans une immense salle remplie de personnes habitu&#233;es &#224; naviguer dans des n&#233;gociations plus ou moins secr&#232;tes, n'en d&#233;voilant publiquement que ce qu'ils jugent utile. Nous apprenons que plusieurs participant&#183;e&#183;s s'&#233;taient concert&#233;&#183;e&#183;s avant le Sommet. Les d&#233;cisions &#233;taient d&#233;j&#224; prises. Nous, nous &#233;tions les maringouins fatigants qu'il faut endurer, mais auxquels on ne donne rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On d&#233;cide alors de s'organiser en vue du sommet suivant qui aura lieu en octobre 1996. Une dizaine d'organismes appel&#233;s sociocommunautaires par le gouvernement se r&#233;unissent &#224; notre initiative. Cette toute nouvelle coalition rassemble des membres aussi diversifi&#233;s que la FFQ, Solidarit&#233; populaire Qu&#233;bec, l'Assembl&#233;e des &#233;v&#234;ques du Qu&#233;bec (eh oui !), Solidarit&#233; rurale, les f&#233;d&#233;rations &#233;tudiantes, un regroupement d'a&#238;n&#233;s&#183;e&#183;s. Vivian Labrie, qui accompagne la FFQ, a une id&#233;e g&#233;niale : nous irons &#224; ce Sommet r&#233;clamer une clause d'appauvrissement z&#233;ro. Ce que &#231;a veut dire : le gouvernement s'engagerait &#224; ne prendre aucune mesure, &#224; n'adopter aucune politique, &#224; n'effectuer aucune compression qui r&#233;duise encore le niveau de vie des 20 % les plus pauvres de la population. Peut-on imaginer revendication plus raisonnable ? Et pourtant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH575/90906c7c99445fa7d1c0ea87092a38cf-9ce1f.png?1729027777' width='500' height='575' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il faudra un sondage SOM dans &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt; du 1er novembre indiquant que 69 % des gens appuient cette demande pour que le premier ministre consente &#224; y souscrire&#8230; mais seulement pour les b&#233;n&#233;ficiaires de l'aide sociale ayant des contraintes s&#233;v&#232;res &#224; l'emploi. Il r&#233;pond aussi favorablement &#224; une demande pressante de Nancy Neamtan &#224; l'effet de cr&#233;er un Fonds de lutte &#224; la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est trop peu, trop tard. Forts de l'appui populaire, convaincus de la justesse de notre demande pour les 20 % les plus pauvres et non seulement pour une partie d'entre elles et eux, nous quittons le sommet avec Th&#233;r&#232;se Sainte-Marie, qui repr&#233;sente la Coalition des femmes contre la pauvret&#233;. Encore une fois, dans un silence assourdissant. Il n'est pas inutile de r&#233;affirmer aujourd'hui que nous avons eu mille fois raison de ne pas plier devant l'inacceptable : appauvrir la plus grande partie des plus pauvres au nom du d&#233;ficit z&#233;ro !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Le combat se poursuit&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &#192; peine remis de nos &#233;motions, nous devons faire face encore une fois &#224; de nouvelles compressions et au d&#233;p&#244;t d'un Livre vert sur la s&#233;curit&#233; du revenu par Louise Harel. En gros, ce document pr&#233;figure ce que d&#233;posera le gouvernement Couillard bien des ann&#233;es plus tard : il faut contraindre les jeunes &#224; l'aide sociale &#224; accepter un parcours d'insertion sous peine de coupes importantes dans leurs ch&#232;ques. Le PQ veut aussi saisir les ch&#232;ques d'aide sociale en cas de non-paiement de loyer. M&#234;me si elle est adopt&#233;e, cette mesure inique ne sera jamais mise en application, &#224; la suite de pressions continues exerc&#233;es par les groupes communautaires et d'une condamnation par un comit&#233; de l'ONU. Nous mettons imm&#233;diatement sur pied une Coalition nationale sur l'aide sociale. Nous organisons des manifestations, dont une &#224; Westmount, qui n'y est pas vraiment habitu&#233;e&#8230; Graduellement, nous rempla&#231;ons le vocable appauvrissement z&#233;ro par celui de pauvret&#233; z&#233;ro, qui devient notre v&#233;ritable objectif. Une p&#233;tition est sign&#233;e par 46 000 personnes et nous d&#233;non&#231;ons le Livre vert et les coupes sur toutes les tribunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH303/b949b73a091dff0c1b64b42635851331-6eeb7.jpg?1729027777' width='500' height='303' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; l'automne 1997, le Carrefour de pastorale en monde ouvrier, anim&#233; par Vivian Labrie, pr&#233;sente un projet de loi pour l'&#233;limination de la pauvret&#233;. La Coalition Droits de Qu&#233;bec organise un Parlement de la rue &#224; proximit&#233; de l'Assembl&#233;e nationale. Ce parlement parall&#232;le dure un mois et des milliers de personnes s'y joignent. L'id&#233;e d'une loi-cadre pour &#233;liminer la pauvret&#233; fait son chemin dans nos rangs. La situation n'est pas simple. Le gouvernement p&#233;quiste joue avec nos nerfs. Il annonce la construction de logements sociaux&#8230; mais coupe maintenant dans l'allocation-logement pour les personnes seules et les couples &#224; faible revenu de 59 ans et plus. En 1998, devant des pressions r&#233;p&#233;t&#233;es, il d&#233;cide que la coupe pour partage de logement ne s'appliquera plus aux familles monoparentales. Notre combat est complexe et l'id&#233;e de la loi-cadre vient lui donner un nouveau souffle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De plus en plus de groupes se joignent au Collectif pour un Qu&#233;bec sans pauvret&#233;. Un travail colossal d'&#233;ducation populaire et de mobilisation est accompli. 215 000 personnes signeront ainsi une p&#233;tition appuyant le projet de loi pr&#233;par&#233; longuement par le Collectif. Cela n'emp&#234;che pas le gouvernement p&#233;quiste de refuser en octobre 2000 presque toutes les revendications des femmes regroup&#233;es au sein de la Marche mondiale des femmes. L'une de ces revendications &#233;tait l'adoption d'une loi-cadre pour mettre fin &#224; la pauvret&#233; et &#224; l'exclusion. Une autre portait sur la construction de logements sociaux. La ministre responsable du logement nous a plut&#244;t parl&#233; d'acc&#232;s &#224; la propri&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est un dur coup pour le mouvement des femmes et ses alli&#233;s, le Collectif pour un Qu&#233;bec sans pauvret&#233;, le FRAPRU et bien d'autres organismes communautaires et syndicaux. Cette rebuffade provoquera un effet inattendu quelques ann&#233;es plus tard : l'implication acharn&#233;e de plusieurs militantes et militants engag&#233;s dans les luttes sociales dans la fondation d'un parti politique f&#233;ministe et de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Deux ans avant l'&#233;lection o&#249; le PQ perdra le pouvoir, le nouveau premier ministre, Bernard Landry, annonce que la lutte &#224; la pauvret&#233; sera une v&#233;ritable obsession. Mesure-t-il enfin la col&#232;re des femmes et de leurs alli&#233;s ? La ministre des Finances, Pauline Marois, annonce vers la fin de 2001 la construction de 13 000 logements sociaux en cinq ans. Et le 13 d&#233;cembre 2002, le projet de loi 112 visant &#224; lutter contre la pauvret&#233; et l'exclusion sociale est adopt&#233; &#224; l'unanimit&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Cela a &#233;t&#233; rendu possible par l'extraordinaire mobilisation de tous les milieux, partout au Qu&#233;bec, pendant plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais, car il y a un &lt;em&gt;mais&lt;/em&gt;&#8230; la loi adopt&#233;e est loin d'&#234;tre satisfaisante si l'on porte le r&#234;ve d'&#233;liminer vraiment la pauvret&#233;. C'est une loi-cadre sans caract&#232;re contraignant. Une fois adopt&#233;e, la loi a aussi pour effet d'&#233;teindre la mobilisation g&#233;n&#233;rale. Tout se passe un peu comme si plusieurs s'imaginaient que l'on pouvait d&#233;sormais passer &#224; autre chose. &#199;a fait sept ans qu'on parle de pauvret&#233;, on pourrait changer de disque ? La lassitude se fait sentir m&#234;me chez les plus militants. Les lib&#233;raux prennent le pouvoir en 2003 et gouvernent presque sans discontinuer jusqu'en 2014. Durant toutes ces ann&#233;es, les groupes repr&#233;sentant les b&#233;n&#233;ficiaires de l'aide sociale s'affaiblissent, certains n'existent plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'histoire se chargera de nous dire si nous avons eu raison d'utiliser cette strat&#233;gie : manifester, p&#233;titionner, revendiquer haut et fort et, en m&#234;me temps, n&#233;gocier pied &#224; pied le texte d'une loi-cadre. Soyons clairs cependant : jamais au Qu&#233;bec n'a-t-on autant parl&#233; de pauvret&#233;, de justice, d'in&#233;galit&#233;s qu'entre 1995 et 2002. Ce discours est bien moins pr&#233;sent dans l'espace public en 2019. D'autres enjeux, et pas les moindres, ont pris le dessus : environnement, droits des minorit&#233;s, maintien des services publics, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Et maintenant ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Plusieurs animateurs et animatrices des luttes anti-pauvret&#233; ont pris leur retraite. Des dizaines d'organismes communautaires continuent d'&#339;uvrer &#224; l'am&#233;lioration du sort des personnes pauvres et exclues. Car malgr&#233; un taux de ch&#244;mage tr&#232;s bas, les banques alimentaires sont d&#233;bord&#233;es et font r&#233;guli&#232;rement appel &#224; la g&#233;n&#233;rosit&#233; du public. Pourquoi ? Parce que les pauvres sont plus pauvres qu'auparavant. Le salaire minimum est trop bas, l'aide sociale d&#233;risoire (surtout pour les personnes dites sans contraintes &#224; l'emploi), les loyers sont &#233;lev&#233;s, la nourriture ch&#232;re. On vit aujourd'hui dans un Qu&#233;bec o&#249; la plupart des gens arrivent &#224; vivre d&#233;cemment (ou en s'endettant !), mais o&#249; environ 10 % des personnes ont un faible revenu. Beaucoup moins qu'en 1995. Sauf pour les personnes itin&#233;rantes &#8211; dont le nombre grossit &#8211;, on ne les voit plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En 2016, le gouvernement Couillard a fait adopter une loi qui oblige les jeunes b&#233;n&#233;ficiaires de l'aide sociale &#224; entrer dans un parcours d'insertion sous peine de coupe importante dans leurs ch&#232;ques. Seuls deux d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s ont men&#233; bataille : Fran&#231;oise David de Qu&#233;bec solidaire et Dave Turcotte du Parti qu&#233;b&#233;cois. De nombreux organismes sont venus plaider contre cette mesure en commission parlementaire. Mais force est de constater que la mobilisation populaire n'a pas &#233;t&#233; au rendez-vous. Est-ce un signe des temps ? Devons-nous y voir simplement de la fatigue, un manque de ressources, ou bien devons-nous convenir que l'aide sociale n'est plus un enjeu qui mobilise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour nous qui avons &#233;t&#233; de toutes les luttes pour combattre le m&#233;pris envers les personnes pauvres et le sort qui leur est fait, cette situation est un peu cr&#232;ve-c&#339;ur. Nous ne pr&#233;tendons cependant pas avoir de recette toute faite pour remobiliser les progressistes face au scandale d'une pauvret&#233; persistante au Qu&#233;bec, m&#234;me si num&#233;riquement moins importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pouvons-nous simplement rappeler que les personnes pauvres sont, chez nous et dans le monde, celles qui subissent le plus durement les effets des changements climatiques ? Que ce sont ces personnes qui souffrent le plus des manques criants de services dans les services publics ? Que les enfants pauvres, souvent racis&#233;s, sont loin d'avoir tout le soutien n&#233;cessaire &#224; leur plein &#233;panouissement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il faudra bien en reparler un jour !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Fran&#231;oise David est ex-pr&#233;sidente de la FFQ et Fran&#231;ois Saillant est ex-coordonnateur du FRAPRU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photos : Marche &#171; Du pain et des roses &#187;, d&#233;part du contingent de Montr&#233;al le 26 mai 1995 ; Marche &#171; Du pain et des roses &#187;, pr&#233;sence de Jacques Parizeau au rassemblement &#224; Qu&#233;bec le 4 juin 1995 ; Marche &#171; Du pain et des roses &#187;, contingent de Montr&#233;al en direction de Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Fran&#231;ois Saillant en cinq temps</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isabelle Bouchard, Fran&#231;ois Saillant</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Saillant, Fran&#231;ois </dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>
		<dc:subject>Manchette</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Bouchard, Isabelle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Saillant est un militant important et influent de l'histoire du Qu&#233;bec. Alors qu'il est &#224; l'aube de sa retraite en tant que coordonnateur du FRAPRU (depuis 1979 !), la revue &#192; b&#226;bord ! a souhait&#233; revenir sur son parcours extr&#234;mement riche. Nous lui avons demand&#233; de pr&#233;senter, &#224; partir de photos qu'il a lui-m&#234;me choisies, cinq moments charni&#232;res de sa propre histoire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Propos recueillis par Isabelle Bouchard. &lt;br class='autobr' /&gt; 1988 &#8211; Overdale &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai commenc&#233; &#224; m'impliquer dans les luttes urbaines (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-67-dec-2016-janv-2017-" rel="directory"&gt;No 067 - d&#233;c. 2016 / janv. 2017&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Manchette-+" rel="tag"&gt;Manchette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bouchard-Isabelle-+" rel="tag"&gt;Bouchard, Isabelle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2325.jpg?1642092187' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;387&#034; height=&#034;604&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fran&#231;ois Saillant est un militant important et influent de l'histoire du Qu&#233;bec. Alors qu'il est &#224; l'aube de sa retraite en tant que coordonnateur du FRAPRU (depuis 1979 !), la revue &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; a souhait&#233; revenir sur son parcours extr&#234;mement riche. Nous lui avons demand&#233; de pr&#233;senter, &#224; partir de photos qu'il a lui-m&#234;me choisies, cinq moments charni&#232;res de sa propre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Isabelle Bouchard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#D7162D&#034;&gt;1988 &#8211; Overdale&lt;/font&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'ai commenc&#233; &#224; m'impliquer dans les luttes urbaines de Montr&#233;al en 1975, au moment o&#249; la d&#233;molition massive de maisons et l'&#233;viction des familles qui y demeuraient n'&#233;taient pas chose exceptionnelle. C'est pourtant plus tard que j'ai &#233;t&#233; m&#234;l&#233; &#224; l'une des r&#233;sistances les plus farouches contre un projet de d&#233;molition, celui des 107 logements et chambres de l'&#238;lot Overdale, au centre-ville de Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_212 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;141&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L387xH604/1-_overdale-94695.jpg?1729029547' width='387' height='604' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-212 '&gt;&lt;strong&gt;Arrestation &#224; Overdale (Pierre Obendrauf, The Gazette)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-212 '&gt;Arrestation &#224; Overdale (Pierre Obendrauf, The Gazette)
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-212 '&gt;Pierre Obendrauf, The Gazette
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En juin 1987, l'administration du maire Jean Dor&#233;, pourtant reconnue comme progressiste, annon&#231;ait une entente avec les promoteurs d'un projet de 650 condominiums de luxe. Pour y faire place, l'administration acceptait la d&#233;molition de l'&#238;lot, en &#233;change de la construction d'appartements de remplacement dans un autre quartier. Les locataires que la Ville n'avait pas pris soin de consulter ont, en majeure partie, rejet&#233; l'entente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'en est suivi une lutte qui s'est graduellement durcie au fil des mois apr&#232;s que les promoteurs eurent d&#233;lib&#233;r&#233;ment laiss&#233; leurs immeubles se d&#233;labrer et ainsi convaincu les autorit&#233;s que le bulldozer &#233;tait d&#233;sormais la seule possibilit&#233;. &#192; quatre reprises en 1988, les locataires et les personnes qui les appuyaient ont tent&#233; d'emp&#234;cher l'&#233;viction de r&#233;sident&#183;e&#183;s, puis la d&#233;molition de leurs logements. Il en a r&#233;sult&#233; des affrontements avec les forces polici&#232;res et 36 arrestations, dont la mienne &#224; deux reprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant 25 ans, il n'est rest&#233; de l'&#238;lot Overdale qu'un terrain de stationnement et un immeuble patrimonial autrefois habit&#233; par Louis-Hippolyte Lafontaine. C'est l&#224; que des militant&#183;e&#183;s ont commenc&#233; un long squat &#224; l'&#233;t&#233; 2001.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#D7162D&#034;&gt;1990 &#8211; Contre l'apartheid d'ici&lt;/font&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette photographie a &#233;t&#233; prise, le 10 novembre 1990, &#224; la fin de la Marche pour la paix et la libert&#233; au Nitassinan. Quelques mois plus t&#244;t, j'avais particip&#233; &#224; la cr&#233;ation du Regroupement de solidarit&#233; avec les Autochtones, form&#233; pour r&#233;agir &#224; l'attaque polici&#232;re du 11 juillet contre la communaut&#233; mohawk de Kanehsatake.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_213 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;61&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/jpg/2-_apartheid.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH338/2-_apartheid-5783d.jpg?1729029547' width='500' height='338' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-213 '&gt;&lt;strong&gt;Fin de la Marche pour Nitassinan (photo d'origine inconnue)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de l'&#233;t&#233; 1990, le Regroupement a multipli&#233; les manifestations, les assembl&#233;es, les actions pour d&#233;montrer sa solidarit&#233; avec les Mohawks, s'opposer au racisme ambiant et pr&#244;ner une paix juste et n&#233;goci&#233;e. Quelques personnalit&#233;s se sont associ&#233;es &#224; ces activit&#233;s : l'&#233;crivain Pierre Valli&#232;res, l'anthropologue R&#233;mi Savard, les syndicalistes Madeleine Parent, Michel Chartrand et L&#233;a Roback, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est curieusement le 9 juin pr&#233;c&#233;dent, lors du grand rassemblement marquant le passage &#224; Montr&#233;al de Nelson Mandela, que je m'&#233;tais convaincu de la n&#233;cessit&#233; de m'impliquer plus activement dans la lutte contre l'apartheid d'ici. L'occasion n'a pas tard&#233; &#224; se pr&#233;senter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Regroupement a intens&#233;ment poursuivi son travail pendant plusieurs ann&#233;es en appui aux personnes arr&#234;t&#233;es &#224; Kanehsatake, mais aussi &#224; d'autres luttes comme celles des Cris contre le projet Grande-Baleine, des Innus contre le barrage SM3, des Anishnabe de Lac-Barri&#232;re, des Cris du lac Lubicon, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je demeure convaincu que notre avenir collectif d&#233;pend de la qualit&#233; de nos relations avec les peuples qui habitaient le territoire bien avant nous et qui y vivent encore. Cela passe par la pleine reconnaissance de leurs droits, y compris celui de d&#233;cider librement d'eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#D7162D&#034;&gt;1992 &#8211; Le logement social&lt;/font&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1981 que le Front d'action populaire en r&#233;am&#233;nagement urbain (FRAPRU), pour lequel je travaillais depuis deux ans, a choisi le logement social comme grande priorit&#233; de lutte. &#199;a l'est encore apr&#232;s 35 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette longue bataille a &#233;t&#233; marqu&#233;e par de multiples victoires. Au total, des dizaines de milliers de logements publics, coop&#233;ratifs et sans but lucratif ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s, repr&#233;sentant autant d'avanc&#233;es pour le droit au logement. De tr&#232;s s&#233;v&#232;res d&#233;faites ont cependant &#233;t&#233; subies, la pire &#233;tant le retrait f&#233;d&#233;ral du financement de nouveaux logements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_214 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;53&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH437/3-_logement-1a362.jpg?1729029547' width='500' height='437' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-214 '&gt;&lt;strong&gt;Camp sur la rivi&#232;re Outaouais (photo Bill Clennett)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans son budget de 1990, le gouvernement conservateur de Brian Mulroney amputait le budget consacr&#233; &#224; cette fin et il a r&#233;cidiv&#233; &#224; trois reprises par la suite, de sorte qu'il ne restait que des miettes lorsqu'il a annonc&#233;, dans son budget d'avril 1993, qu'il cesserait tout financement &#224; partir du 1er janvier 1994. Durant toute cette p&#233;riode, le FRAPRU a multipli&#233; les actions, les manifestations, les alliances, les d&#233;nonciations, les coups d'&#233;clat. Lors du budget de f&#233;vrier 1992, il a install&#233;, durant trois jours et deux nuits, un camp sur les eaux gel&#233;es de la rivi&#232;re Outaouais. Tout cela ne fut cependant pas suffisant pour emp&#234;cher le retrait f&#233;d&#233;ral qui faisait tomber &#224; z&#233;ro le d&#233;veloppement du logement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille s'est poursuivie par la suite, cette fois pour obtenir que le gouvernement qu&#233;b&#233;cois prenne la place laiss&#233;e vacante dans le financement de logements sociaux, ce qui fut obtenu en 1997, avec la cr&#233;ation du programme Acc&#232;sLogis, toujours &#224; l'&#339;uvre aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#D7162D&#034;&gt;1996 &#8211; La sortie du Sommet&lt;/font&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du 29 octobre au 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; novembre 1996, le gouvernement p&#233;quiste de Lucien Bouchard a organis&#233; un Sommet sur l'&#201;conomie et l'Emploi. Il faisait suite &#224; une conf&#233;rence, tenue en mars de la m&#234;me ann&#233;e, qui avait avalis&#233; l'objectif de d&#233;ficit z&#233;ro en quatre ans. Les milieux communautaires, f&#233;ministes et &#233;tudiants participaient, pour une premi&#232;re fois, &#224; un tel exercice de concertation et leur influence avait &#233;t&#233; nulle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'&#233;tait pas question de revivre le m&#234;me sc&#233;nario &#224; l'automne. Les organismes sociocommunautaires se sont donc mobilis&#233;s autour d'une revendication : une clause d'appauvrissement z&#233;ro pour le quintile de la population le plus pauvre. La demande &#233;tait minimale, mais elle avait l'avantage de confronter le gouvernement aux pires cons&#233;quences du d&#233;ficit z&#233;ro. Autres diff&#233;rences avec la premi&#232;re mobilisation survenue quelques mois plus t&#244;t : l'organisation d'une grande manifestation au d&#233;but du Sommet et la menace que les groupes se retirent si la clause propos&#233;e &#233;tait rejet&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_215 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;97&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/jpg/4-_sommet.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH376/4-_sommet-5d634.jpg?1729029547' width='500' height='376' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-215 '&gt;&lt;strong&gt;Sortie du Sommet avec Fran&#231;oise David et Th&#233;r&#232;se Sainte-Marie (photo Jacques Nadeau, Le Devoir)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La sortie a eu lieu, le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; novembre, lors du huis clos final du Sommet. Embarrass&#233; par une demande qui avait &#233;t&#233; propuls&#233;e au c&#339;ur du Sommet et qui avait re&#231;u de nombreux appuis, le gouvernement Bouchard &#233;tait pr&#234;t &#224; accepter une clause d'appauvrissement z&#233;ro, mais uniquement pour les personnes ayant des contraintes s&#233;v&#232;res &#224; l'emploi. C'&#233;tait inacceptable pour les repr&#233;sentantes des groupes de femmes, Fran&#231;oise David et Th&#233;r&#232;se Sainte-Marie, et pour moi-m&#234;me, qui repr&#233;sentait les groupes communautaires via la coalition Solidarit&#233; populaire Qu&#233;bec. Notre retrait du Sommet signifiait que nous ne signerions pas sa d&#233;claration finale. Le &#171; consensus &#187; sur le d&#233;ficit z&#233;ro commen&#231;ait &#224; s'effriter.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#D7162D&#034;&gt;2006 &#8211; Prendre parti&lt;/font&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La fondation de Qu&#233;bec solidaire, en f&#233;vrier 2006, repr&#233;sente une des grandes fiert&#233;s de ma vie militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'&#233;tait pas la premi&#232;re fois que je m'impliquais politiquement. J'ai milit&#233; au Parti qu&#233;b&#233;cois d&#232;s sa fondation en 1968, alors que je n'avais que 17 ans. Je m'en suis &#233;loign&#233; apr&#232;s les &#233;lections de 1973. Je me suis ensuite rapproch&#233; du marxisme-l&#233;ninisme, m'engageant &#224; En Lutte ! en 1977. J'ai &#233;t&#233; journaliste pour son hebdomadaire jusqu'&#224; la dissolution de l'organisation en 1982. J'ai par la suite &#233;t&#233; un des animateurs d'une revue politique radicale baptis&#233;e &lt;i&gt;R&#233;voltes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon activit&#233; politique directe s'est arr&#234;t&#233;e &#224; la fin des ann&#233;es 1980. C'est pr&#232;s de 15 ans plus tard, &#224; l'automne 2003, que je m'y suis r&#233;investi, en participant au noyau fondateur du mouvement Option citoyenne. J'en ai &#233;t&#233; porte-parole avec Fran&#231;oise David. J'ai aussi fait partie du comit&#233; qui, durant plus d'un an, a n&#233;goci&#233; sa fusion avec l'Union des forces progressistes (UFP).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement ces n&#233;gociations se sont-elles d&#233;roul&#233;es de mani&#232;re exemplaire, mais le ciment entre les membres des deux organisations a pris d&#232;s la fondation de Qu&#233;bec solidaire. J'ai &#233;t&#233;, pendant neuf ans, membre de son comit&#233; de coordination national et je me suis pr&#233;sent&#233; aux &#233;lections de 2007, 2008 et 2012 dans la circonscription de Rosemont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si je suis un peu moins actif &#224; Qu&#233;bec solidaire, je demeure convaincu de sa pertinence et de celle de son projet politique, situ&#233; au carrefour de l'anticapitalisme, du f&#233;minisme, de l'&#233;cologie, de l'altermondialisme et de l'ind&#233;pendantisme.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_216 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;126&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH376/5-_parti-d8a26.jpg?1729029547' width='500' height='376' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-216 '&gt;&lt;strong&gt;Fondation de QS, avec le regrett&#233; Fran&#231;ois Cyr, Amir Khadir, Fran&#231;oise David et Alexa Conradi (photo de provenance inconnue)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cr&#233;dits photo, dans l'ordre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pierre Obendrauf, &lt;i&gt;The Gazette&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Photo d'origine inconnue
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bill Clennett
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jacques Nadeau, &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Photo d'origine inconnue&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qui doit porter la responsabilit&#233; de la crise d'Oka ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Qui-doit-porter-la-responsabilite</link>
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		<dc:date>2011-08-19T01:59:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Saillant</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Saillant, Fran&#231;ois </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 20e anniversaire de la soi-disant crise d'Oka a permis de constater jusqu'&#224; quel point la perception de ces &#233;v&#233;nements n'avait pas &#233;volu&#233; depuis 1990. Les grands m&#233;dias ont pour la plupart fait porter la responsabilit&#233; des affrontements sur la pr&#233;sence de guerriers arm&#233;s sur le territoire mohawk de Kanehsatake, en ne mentionnant m&#234;me pas que la grande majorit&#233; des personnes arr&#234;t&#233;es &#224; la fin de la crise ont par la suite &#233;t&#233; acquitt&#233;es des accusations port&#233;es &#224; leur &#233;gard. Au mieux, se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1161.gif?1642092122' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;533&#034; height=&#034;400&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 20e anniversaire de la soi-disant crise d'Oka a permis de constater jusqu'&#224; quel point la perception de ces &#233;v&#233;nements n'avait pas &#233;volu&#233; depuis 1990. Les grands m&#233;dias ont pour la plupart fait porter la responsabilit&#233; des affrontements sur la pr&#233;sence de guerriers arm&#233;s sur le territoire mohawk de Kanehsatake&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pr&#233;cisons que la pr&#233;sence d'armes et de personnes associ&#233;es &#224; la Warrior (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en ne mentionnant m&#234;me pas que la grande majorit&#233; des personnes arr&#234;t&#233;es &#224; la fin de la crise ont par la suite &#233;t&#233; acquitt&#233;es des accusations port&#233;es &#224; leur &#233;gard. Au mieux, se sont-ils &#233;galement permis de critiquer l'irresponsabilit&#233; de l'ex-maire d'Oka, Jean Ouellette, qui &#233;tait pr&#234;t &#224; tout pour permettre l'agrandissement d'un terrain de golf et le d&#233;veloppement d'une cinquantaine de r&#233;sidences de luxe dans la pin&#232;de de Kanehsatake. Bien peu se sont par contre interrog&#233;s sur les causes profondes de ces &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Or, il est impossible de comprendre la r&#233;sistance de l'&#233;t&#233; 1990 sans remonter &#224; 1721, alors que des Autochtones, majoritairement des Mohawks, &#233;tablis au Sault-au-R&#233;collet, au nord de l'&#206;le de Montr&#233;al, ont &#233;t&#233; d&#233;m&#233;nag&#233;s sur les terres de la Seigneurie du Lac des Deux-Montagnes. Le roi de France avait conc&#233;d&#233; ces terres aux pr&#234;tres du S&#233;minaire de Saint-Sulpice dans le but explicite d'y permettre l'installation des Autochtones. La tradition orale et certaines d&#233;couvertes arch&#233;ologiques tendent par ailleurs &#224; d&#233;montrer que des Mohawks &#233;taient d&#233;j&#224; install&#233;s en cet endroit depuis des temps imm&#233;moriaux. Quoi qu'il en soit, le d&#233;m&#233;nagement a marqu&#233; le d&#233;but d'une longue p&#233;riode de violation des droits des Mohawks sur un territoire qu'ils consid&#233;raient le leur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me la Conqu&#234;te britannique n'emp&#234;chera pas les Messieurs de Saint-Sulpice de conserver un contr&#244;le sans partage sur le territoire de la Seigneurie jusqu'en 1945, alors qu'ils ont vendu au gouvernement f&#233;d&#233;ral le peu de terres dont ils ne s'&#233;taient pas d&#233;j&#224; d&#233;partis, soit 3,1 milles carr&#233;s sur les 240 d'origine. C'est ce territoire minuscule qui se nomme aujourd'hui Kanehsatake, un territoire en damier, entrecoup&#233; de propri&#233;t&#233;s priv&#233;es, qui de surcro&#238;t n'a jamais &#233;t&#233; c&#233;d&#233; l&#233;galement aux Mohawks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, le peuple mohawk a toujours affirm&#233; ses droits sur l'ensemble du territoire de la Seigneurie. Tous les moyens ont &#233;t&#233; tent&#233;s pour les faire reconna&#238;tre, des requ&#234;tes r&#233;p&#233;t&#233;es aupr&#232;s de la Couronne britannique puis du gouvernement f&#233;d&#233;ral aux recours devant les Tribunaux et &#224; des gestes de protestation et de r&#233;appropriation de toutes sortes. Pour toute r&#233;ponse, la r&#233;sistance mohawk s'est but&#233;e &#224; une prolif&#233;ration d'arrestations, de condamnations, d'emprisonnements, d'amen-des et autres formes d'intimidation et de harc&#232;lement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La communaut&#233; de Kanehsatake n'a pas eu plus de succ&#232;s au d&#233;but des ann&#233;es 1960, alors qu'elle s'est oppos&#233;e &#224; l'adoption par le Parlement f&#233;d&#233;ral d'un projet de loi permettant la construction d'un terrain de golf priv&#233; de neuf trous dans la pin&#232;de, sur un terrain baptis&#233; la Commune que les Mohawks avaient traditionnellement utilis&#233; pour le p&#226;turage et qui servait maintenant &#224; de multiples autres activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une bataille qui, elle, ne pouvait pas &#234;tre perdue&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Faut-il se surprendre de la col&#232;re de la communaut&#233; quand elle a pris connaissance en 1989 du projet de la municipalit&#233; d'Oka d'agrandir ce m&#234;me terrain de golf et d'&#233;riger un d&#233;veloppement r&#233;sidentiel, entre autres sur le cimeti&#232;re ancestral de Kanehsatake ? Pouvait-elle se permettre de perdre une nouvelle bataille ?&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est n&#233;anmoins par des moyens pacifiques que le peuple de la pin&#232;de a d'abord tent&#233; de faire reculer la municipalit&#233;. Les marches de protestation ne suffisant pas &#224; &#233;branler le maire Ouellette, plusieurs personnes, largement appuy&#233;es par la communaut&#233;, ont, &#224; partir du 11 mars 1990, occup&#233; la pin&#232;de et bloqu&#233; le petit chemin de terre y donnant acc&#232;s. Selon les t&#233;moignages des personnes impliqu&#233;es dans l'occupation, c'est bien apr&#232;s cette date, devant une attaque polici&#232;re imminente, que les armes ont fait leur apparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de juillet, la S&#251;ret&#233; du Qu&#233;bec et le gouvernement lib&#233;ral de Robert Bourassa ont acquiesc&#233; &#224; la demande d'intervention polici&#232;re formul&#233;e par la municipalit&#233; d'Oka, et ce, en d&#233;pit de l'opposition du ministre des Affaires autochtones, John Ciaccia. Un an plus t&#244;t, la Commission des droits de la personne du Qu&#233;bec avait aussi mis publiquement en garde la SQ contre des interventions muscl&#233;es comme celles qui s'&#233;taient d&#233;roul&#233;es depuis 1988 &#224; Kahnawake, Akwesasne et Kanehsatake, cette derni&#232;re contre les activit&#233;s suppos&#233;ment ill&#233;gales d'une salle de bingo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La SQ est n&#233;anmoins pass&#233;e &#224; l'offensive, t&#244;t le matin du 11 juillet, avec les r&#233;sultats que nous connaissons : fusillade qui a caus&#233; la mort du caporal Marcel Lemay ; &#233;rection de barricades mohawks sur la route 344 et sur le pont Mercier s&#233;parant Montr&#233;al et les populeuses banlieues de la rive sud ; si&#232;ge de Kanehsatake et de Kahnawake par la S&#251;ret&#233; du Qu&#233;bec, puis par l'Arm&#233;e canadienne ; manifestations racistes &#224; l'&#233;gard des Autochtones, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vingt ans plus tard, les projets de la ville d'Oka ne se sont jamais r&#233;alis&#233;s. Les droits territoriaux des Mohawks n'ont cependant pas &#233;t&#233; davantage reconnus et la communaut&#233; de Kanehsatake doit les d&#233;fendre contre de nouveaux dangers dont un projet de mine de niobium, &#233;l&#233;ment aux propri&#233;t&#233;s radioactives, &#224; Oka, sur des terres qu'elle revendique depuis maintenant 290 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quand la prochaine crise ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pr&#233;cisons que la pr&#233;sence d'armes et de personnes associ&#233;es &#224; la Warrior Society ne faisait pas consensus chez les Mohawks et les personnes appuyant leur cause, surtout quelques mois apr&#232;s que de violents affrontements, causant deux morts, soient survenus &#224; Akwesasne sur le controvers&#233; enjeu des casinos.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Fran&#231;ois Saillant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Militant communautaire et politique, l'auteur est aussi membre du Regroupement de solidarit&#233; avec les Autochtones n&#233; &#224; l'occasion de la crise de l'&#233;t&#233; 1990 et qui a r&#233;cemment repris ses activit&#233;s (&lt;a href=&#034;http://rsa.site.koumbit.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://rsa.site.koumbit.net/&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les 150 premiers jours du gouvernement lib&#233;ral</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-150-premiers-jours-du</link>
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		<dc:date>2008-07-27T12:56:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Molly Alexander, Ga&#233;tan Breton, Lorraine Guay, Claude Rioux, Fran&#231;ois Saillant, Arthur Sandborn</dc:creator>


		<dc:subject>Rioux, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) </dc:subject>
		<dc:subject>Breton, Ga&#233;tan </dc:subject>
		<dc:subject>Sandborn, Arthur</dc:subject>
		<dc:subject>Guay, Lorraine </dc:subject>
		<dc:subject>Saillant, Fran&#231;ois </dc:subject>
		<dc:subject>Alexander, Molly </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e au pouvoir du gouvernement lib&#233;ral a suscit&#233; bien des angoisses. Pour en discuter, &#192; b&#226;bord ! a r&#233;uni les repr&#233;sentants de quatre groupes importants dans notre soci&#233;t&#233; : Lorraine Guay, du collectif D'Abord solidaires, Molly Alexander, de l'Union des forces progressistes, Arthur Sandborn, du Conseil central du Montr&#233;al m&#233;tropolitain (CSN) et Fran&#231;ois Saillant du FRAPRU. Nous r&#233;sumons ici &#8211; sur la base de deux grandes questions de fond &#8211; l'essentiel de leurs propos. &lt;br class='autobr' /&gt; 1- (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'arriv&#233;e au pouvoir du gouvernement lib&#233;ral a suscit&#233; bien des angoisses. Pour en discuter, &#192; b&#226;bord ! a r&#233;uni les repr&#233;sentants de quatre groupes importants dans notre soci&#233;t&#233; : Lorraine Guay, du collectif D'Abord solidaires, Molly Alexander, de l'Union des forces progressistes, Arthur Sandborn, du Conseil central du Montr&#233;al m&#233;tropolitain (CSN) et Fran&#231;ois Saillant du FRAPRU. Nous r&#233;sumons ici &#8211; sur la base de deux grandes questions de fond &#8211; l'essentiel de leurs propos.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1- Gouvernement Charest : rupture ou continuit&#233; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les mesures prises par les deux gouvernements peuvent effectivement se ressembler. Mais il semble que l'esprit qui anime le gouvernement Charest soit nouveau. C'est l'id&#233;ologie du n&#233;olib&#233;ralisme qui, sans &#233;l&#233;ments mod&#233;rateurs, fonctionne &#224; plein gaz. Par exemple, il est vrai que le Parti qu&#233;b&#233;cois s'&#233;tait d&#233;j&#224; attaqu&#233; &#224; l'article 45 du Code du travail parce qu'il emp&#234;chait les entreprises de sous-traiter une partie de leurs activit&#233;s &#8211; dans le but de renvoyer du personnel syndiqu&#233;. Mais les lib&#233;raux veulent l'affaiblir plus encore et leur gouvernement a commenc&#233; le nettoyage de l'&#201;tat. Il a aboli le minist&#232;re de la condition f&#233;minine et ne semble pas tr&#232;s enclin &#224; appliquer des mesures d'&#233;quit&#233; salariale. Il met un frein au d&#233;veloppement du r&#233;seau public des Centre de la petite enfance (CPE), augmente les frais pour les parents et lance un mouvement de privatisation des garderies. De plus, il restreint encore les crit&#232;res d'acc&#232;s &#224; l'aide juridique et ignore superbement, dans son budget, et la lutte &#224; la pauvret&#233; et le soutien aux r&#233;gions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'id&#233;ologie lib&#233;rale, lib&#233;r&#233;e...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement est profond. Avant, les combats servaient &#224; faire avancer les choses, depuis quelques mois, ils servent &#224; ne pas trop reculer. Par exemple, le gouvernement p&#233;quiste avait pr&#234;t&#233; l'oreille aux arguments des propri&#233;taires sur la question du contr&#244;le des prix des loyers. Le nouveau gouvernement a quant &#224; lui donn&#233; un contrat important &#224; une firme de consultants pour s'assurer, non pas des abus qu'il aurait pu y avoir par rapport aux r&#233;novations et aux hausses consenties, mais pour &#233;valuer si le contr&#244;le des prix ne serait pas une cause importante de la p&#233;nurie de logements &#224; laquelle nous faisons face, &#224; chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les investissements promis dans le budget Marois pour la construction de logements sociaux ont fondu comme neige au soleil dans le budget S&#233;guin. On a coup&#233; de 25 % les fonds allou&#233;s pr&#233;c&#233;demment pour l'entretien des HLM, ce qui est dramatique quand on consid&#232;re le vieillissement de ce parc de logements. De plus, on annonce que le gouvernement veut faire baisser le nombre d'assist&#233;s sociaux. &#201;videmment, le ministre a dit que sa fa&#231;on de le faire serait de les mettre au travail. Cependant, on ne voit pas beaucoup comment il pourrait le faire avec les moyens que le gouvernement s'est donn&#233;. Donc, le mouvement para&#238;t assez semblable &#224; celui qu'on connaissait avant, avec tous les parcours obligatoires et les coupures de prestations assorties, mais il s'acc&#233;l&#232;re avec ce gouvernement et cette acc&#233;l&#233;ration pourrait &#234;tre catastrophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;volution du bon sens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement annonce la &#171; r&#233;volution du bon sens &#187;. Cette r&#233;volution passe par une &#171; r&#233;ing&#233;n&#233;rie &#187; de l'&#201;tat. Le ministre de la sant&#233;, fort r&#233;put&#233; dans le milieu de la neurochirurgie, n'est pas n&#233;cessairement un administrateur chevronn&#233;. Il pr&#233;sente le syst&#232;me de sant&#233; de l'Alberta comme &#233;tant un mod&#232;le. Or, on sait que c'est en Alberta que l'id&#233;al canadien du syst&#232;me public de sant&#233; est le plus fortement menac&#233;. L'abolition des R&#233;gies r&#233;gionales au profit d'une structure contr&#244;l&#233;e exclusivement par les administrateurs d'&#233;tablissements de sant&#233; vient sonner le glas de toute participation citoyenne aux orientations du syst&#232;me de sant&#233; et de services sociaux. Le gouvernement lib&#233;ral ressemble en ce sens au gouvernement r&#233;publicain qui s&#233;vit aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du &#171; no fault &#187; que le gouvernement veut modifier est aussi pr&#233;occupante. L'abolition du &#171; no fault &#187; ouvrirait la porte &#224; des poursuites sans fin comme on le voit aux &#201;tats-Unis. On pense toujours aux conducteurs ivres, mais d'autres raisons que l'ivresse peuvent provoquer des accidents et les conducteurs pourraient toujours &#234;tre poursuivis. M&#234;me les compagnies d'assurances auraient d&#233;clar&#233; que les primes allaient augmenter pour couvrir des montants de responsabilit&#233; beaucoup plus importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la question de l'&#233;quit&#233; salariale ne fait pas partie des priorit&#233;s de ce gouvernement et risque de devoir &#234;tre encore report&#233;e. On peut donc voir une continuit&#233; entre les deux gouvernements, mais il faut remarquer que celui-ci y va plus directement et plus vite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Effectivement, maintenant, les positions sont plus claires. Les acquis sociaux sont menac&#233;s et il faut s'organiser pour les prot&#233;ger. Mais, par contre, on risque de tomber dans l'action pr&#233;ventive et de se consumer dans les luttes de d&#233;tails. Il faut retourner aux questions fondamentales et tisser des liens avec les groupes affinitaires. Il devient imp&#233;rieux de commencer la mise sur pieds des programmes s&#233;rieux d'&#233;ducation politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut identifier clairement les reculs qui d&#233;coulent des politiques du gouvernement. Par exemple, sabrer dans la fonction publique a peu de chances de soulever l'indignation de la population, convaincue qu'elle est que les fonctionnaires sont pay&#233;s trop cher et ne font rien. La diminution des services qui va en r&#233;sulter sera probablement imput&#233;e &#224; l'inefficacit&#233; des fonctionnaires et non pas &#224; la r&#233;duction de leur nombre. En cons&#233;quence, quand on parlera de privatiser les services, cette solution semblera providentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au minist&#232;re de la sant&#233;, les principaux piliers, y compris le ministre principal, sont tous des m&#233;decins. Or, on le sait, ce ne sont g&#233;n&#233;ralement pas les pr&#233;occupations sociales qui les animent le plus fortement. Donc, on peut s'attendre &#224; des reculs de ce c&#244;t&#233;. &#201;limination des r&#233;gies r&#233;gionales, c'est d&#233;j&#224; fait, leur remplacement par des conseils r&#233;gionaux form&#233;s des directeurs d'&#233;tablissements de sant&#233;, ce qui suppose une dynamique tout &#224; fait diff&#233;rente.&lt;br class='autobr' /&gt;
En &#233;ducation, on doit aussi s'attendre &#224; un s&#233;rieux ressac. &#192; partir de l'abolition de l'aide pour l'achat de fournitures scolaires, dont on ne fait rien par ailleurs pour contr&#244;ler l'augmentation des co&#251;ts, jusqu'&#224; une augmentation appr&#233;hend&#233;e des frais de scolarit&#233;, il n'est plus question d'avancer. On se bat donc pour rester o&#249; on est, c'est la politique du moindre mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le conditionnement id&#233;ologique international&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce changement de cap refl&#232;te ce qu'on retrouve partout dans le monde, en ce moment. Partout les acquis sociaux sont mis en danger. Le travail coordonn&#233; de l'OCDE, du Fonds Mon&#233;taire International (FMI) et de la Banque mondiale &#233;limine petit &#224; petit ce qui restait encore de filet social aussi bien dans les pays d&#233;velopp&#233;s que dans les pays en voie de d&#233;veloppement. Le r&#244;le de r&#233;gulateur jou&#233; par l'&#201;tat est remis en question partout sur la plan&#232;te, un capitalisme de plus en plus sauvage s'installe au pouvoir, avec ses organismes comme l'OMC. Quand d'un c&#244;t&#233; on coupe l'aide aux entreprises, c'est bien, mais il faut encore consid&#233;rer les effets que ces mesures auront sur les travailleurs et le niveau des emplois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand l'&#233;conomisme triomphe, le d&#233;ficit d&#233;mocratique augmente. Les structures de consultation sont de plus en plus &#233;limin&#233;es. M&#234;me si ces structures ne produisait pas n&#233;cessairement ce qu'on peut appeler la d&#233;mocratie participative, elles formaient des lieux de rencontre et exer&#231;aient une certaine influence. Leur disparition constitue un recul de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'arriv&#233;e des lib&#233;raux au pouvoir, la question nationale est remise aux calendes. Des lib&#233;raux &#224; Qu&#233;bec et &#224; Ottawa, quelle belle combinaison pour gommer la diff&#233;rence qu&#233;b&#233;coise et faire accepter tout ce qui bloquait encore, m&#234;me si la super-structure &#233;tait d&#233;j&#224; inscrite dans la plate-forme &#233;lectorale du Parti qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation internationale cr&#233;e un bloc derri&#232;re les politiques lib&#233;rales. M&#234;me si le programme de Charest n'&#233;tait pas aussi clair que celui de Harris et bien que Charest ait d&#233;fendu les fonctionnaires et les programmes sociaux durant le d&#233;bat, contre les projets de coupures de Mario Dumont, il applique une politique similaire &#224; celle pr&#244;n&#233;e par l'ADQ. Par exemple, la hausse annonc&#233;e des tarifs d'Hydro-Qu&#233;bec (car annoncer que la R&#233;gie de l'&#233;nergie va &#233;tudier la question c'est annoncer que la d&#233;cision est prise) ou la hausse des sommes &#224; verser en vertu de l'assurance m&#233;dicaments t&#233;moignent du fait que le gouvernement lib&#233;ral a fermement d&#233;cid&#233; de couper dans les mesures sociales et d'augmenter les pr&#233;l&#232;vements. Donc, d'un c&#244;t&#233; on va se faire de la publicit&#233; en pr&#233;tendant baisser les imp&#244;ts, mais de l'autre on va financer ces r&#233;ductions d'imp&#244;t par des coupures de services et des hausses de tarifs. Encore une fois, on assiste &#224; une acc&#233;l&#233;ration du virage n&#233;olib&#233;ral et mondialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le financement des baisses d'imp&#244;ts va se faire de plusieurs fa&#231;ons. La remise en question de l'article 45 du Code du travail dans le secteur public et le recours &#224; la sous-traitance par l'&#201;tat se situent dans cette perspective &#8211; ce qui en fait un enjeu majeur. Les compagnies tendent de plus en plus &#224; sous-traiter leurs activit&#233;s &#224; des entreprises plus petites dans lesquelles les employ&#233;s ne sont pas syndiqu&#233;s, sont pay&#233;s moins cher et surtout ont de tr&#232;s mauvaises conditions de travail sans parler des avantages sociaux quasi inexistants. C'est le mouvement actuel tant dans les entreprises que dans les administrations publiques. On a des quotas de sous-traitance &#224; atteindre. La plupart des r&#233;centes gr&#232;ves sont li&#233;es &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne. Lorsqu'on annonce que 10 % des employ&#233;s seront remerci&#233;s, cela correspond g&#233;n&#233;ralement &#224; un octroi de la m&#234;me proportion des activit&#233;s en sous-traitance. En plus, les employ&#233;s ainsi mis &#224; pied sont de moins en moins bien prot&#233;g&#233;s et le seront encore bien moins si on joue dans l'article 45.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de Paul Martin au pouvoir &#224; Ottawa ne va pas arranger les choses. Il est un repr&#233;sentant type de la droite. Le duo Martin-Charest risque de faire des ravages profonds dans la vie quotidienne des travailleurs au b&#233;n&#233;fice des multinationales. Par exemple, dans les chroniques des catastrophes annonc&#233;es, on peut s'attendre &#224; une ratification de l'entente sur l'Accord g&#233;n&#233;ral sur le commerce des services, n&#233;goci&#233; actuellement dans le cadre de l'OMC et repris dans le projet de ZL&#201;A. Une telle entente va mettre tous les services publics &#224; la merci des entreprises priv&#233;es avec toutes les cons&#233;quences que cela implique comme on l'a vu dans les pays o&#249; la privatisation est d&#233;j&#224; tr&#232;s avanc&#233;e et comme le syst&#232;me de sant&#233; am&#233;ricain en t&#233;moigne. Le Parti qu&#233;b&#233;cois, au moins, avait pris position contre l'article 11 de l'AL&#201;NA. Ceci dit, &#231;a n'a jamais emp&#234;ch&#233; cet article de s'appliquer au Canada, incluant le Qu&#233;bec, et aux poursuites de se faire contre le Canada entier avec les sanctions et les limitations que cela implique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2- Quelle riposte envisager ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec est dans le monde. Nous devons donc modifier nos fa&#231;ons de voir et connecter nos luttes avec celles des autres qui sont touch&#233;s par les m&#234;mes probl&#232;mes. La nouvelle donne r&#233;sultant de la mondialisation va provoquer des changements profonds dans la fa&#231;on de concevoir nos luttes. Les questions locales vont devoir &#234;tre arrim&#233;es &#224; des id&#233;es plus globales pour int&#233;grer plus d'intervenants et mobiliser le plus de gens possible, ici et ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les formes de la lutte &#224; venir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pourtant pas renoncer aux luttes sectorielles, elles vont se faire sur des questions qui touchent &#224; la vie quotidienne (ex. : les garderies). Mais il va aussi falloir d&#233;passer ce niveau. On a souvent, au cours des derni&#232;res ann&#233;es, manqu&#233; des occasions de se coaliser sur des questions d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Le d&#233;ficit z&#233;ro, par exemple, a touch&#233; tout le monde d'une mani&#232;re ou d'une autre. Tout devait aller mieux apr&#232;s avoir atteint le niveau z&#233;ro, mais on ne cesse de nous annoncer de nouvelles coupures. Apr&#232;s le d&#233;ficit z&#233;ro ce sont les remboursements de la dette qui sont invoqu&#233;s et les lendemains ne chantent toujours pas, ou ils chantent faux. Maintenant, on nous parle de baisses d'imp&#244;ts qui seront financ&#233;es par des coupures. Ces baisses d'imp&#244;t sont sens&#233;es relancer l'&#233;conomie par une relance de la consommation. On tourne en rond. Il devient imp&#233;rieux de garder le cap sur les grandes revendications communes et comprendre la n&#233;cessit&#233; de s'unir, car en face, du c&#244;t&#233; des entreprises transnationales, l'organisation s'am&#233;liore de plus en plus. Il faut lutter, bien s&#251;r, contre les effets particuliers des politiques mondialistes actuelles, mais il est surtout crucial de lutter globalement contre la logique de plus en plus affirm&#233;e du capital qui utilise les humains comme des ressources, jetables apr&#232;s usage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;cessaires luttes sectorielles sont donc &#224; prendre comme des tremplins vers un lieu commun des revendications, o&#249; le plus grand nombre pourrait se retrouver. Nous devons r&#233;pondre clairement au gouvernement lib&#233;ral et aux gouvernements en g&#233;n&#233;ral et leurs alli&#233;s du monde des affaires que nous ne baisserons pas les bras : &#161; NO PASSARAN ! Les situations sont complexes et la compr&#233;hension des enjeux fait souvent d&#233;faut. De plus, les m&#233;dias sont de plus en plus concentr&#233;s entre les mains de quelques grandes firmes et serinent sans arr&#234;t le m&#234;me couplet id&#233;ologique. Devant ce blocus m&#233;diatique et la virulence des attaques, nous devons lancer de grandes campagnes d'&#233;ducation populaire sur tous les sujets, notamment les imp&#244;ts, qui sont la fa&#231;on que notre soci&#233;t&#233; s'est donn&#233;e pour mieux r&#233;partir la richesse. Il devient essentiel de mener les luttes id&#233;ologiques, par exemple sur la valeur compar&#233;e des syst&#232;mes public et priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que c'est dans les luttes sectorielles que les batailles se gagneront &#224; court terme. Une union plus large, bien qu'essentielle, ne se fera pas sans difficult&#233;s. Les Qu&#233;b&#233;cois ont toujours beaucoup de difficult&#233; &#224; se coaliser et les chapelles persistent en d&#233;pit de l'urgence. Par exemple, une fa&#231;on de multiplier les lieux de parole publique serait de changer le mode de scrutin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;forme du mode de scrutin qui ne soit pas que cosm&#233;tique est vitale. Nous devons aussi, ne serait ce que dans le but de sensibiliser l'opinion publique, consid&#233;rer la possibilit&#233; de former un groupe qui s'opposera syst&#233;matiquement &#224; la r&#233;pression polici&#232;re au service des forces de droite. Des actions concr&#232;tes vont &#234;tre pos&#233;es de toute fa&#231;on, il faut s'organiser pour faire les liens entre les groupes et les actions, autrement isol&#233;s. Apr&#232;s avoir fait ces liens, il est n&#233;cessaire de les expliquer correctement aux citoyens. L'&#233;ducation populaire devient de plus en plus essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations qui ont eu lieu &#224; la fin de juillet, contre l'OMC, ne sont pas &#224; prendre &#224; la l&#233;g&#232;re en raison du nombre restreint de participants. La r&#233;pression est dure, elle fait peur et surtout fait mal &#224; plusieurs militants. Les interpr&#233;tations purement statistiques sur le nombre de participants risquent donc de tomber &#224; court du sens r&#233;el de ces actions. L'importance de l'opposition &#224; l'OMC ne se mesure pas au nombre de personnes qui sont dans la rue &#224; un moment donn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus que jamais, &#171; faut se parler &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, quelle que soit la direction dans laquelle on regarde, les perspectives d'avenir semblent passablement sombres. Cependant, si on regarde la situation internationale, on voit qu'un peu partout des formes de r&#233;sistance s'organisent. La solution, si elle existe, passe s&#251;rement par la mobilisation politique et celle-ci ne sera vraiment efficace que si on r&#233;ussit &#224; vraiment cr&#233;er un mouvement consistant d'&#233;ducation populaire afin de contrer la d&#233;sinformation l'endoctrinement et la peur que propagent les m&#233;dias tomb&#233;s entre les mains des patrons de l'OMC.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Ga&#233;tan Breton&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Claude Rioux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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