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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Les r&#233;serves de Monsieur Harper</title>
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		<dc:date>2008-07-31T00:32:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Monique Jeanmart</dc:creator>


		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Jeanmart, Monique </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 29 juin 2006, le Canada (avec la Russie) votait contre l'adoption de la D&#233;claration des droits des peuples autochtones &#224; la premi&#232;re s&#233;ance du Conseil des droits de l'homme des Nations unies. Ce vote constitue un revirement majeur par rapport &#224; l'attitude adopt&#233;e par le Canada durant les vingt ann&#233;es pendant lesquelles s'est &#233;labor&#233;e cette d&#233;claration. Un retour en arri&#232;re sur l'historique et le contexte d'&#233;laboration de cette d&#233;claration, ainsi qu'une analyse de la position du Canada, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-20-ete-2007-" rel="directory"&gt;No 020 - &#233;t&#233; 2007&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-canadienne-+" rel="tag"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Jeanmart-Monique-+" rel="tag"&gt;Jeanmart, Monique &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 29 juin 2006, le Canada (avec la Russie) votait contre l'adoption de la &lt;i&gt;D&#233;claration des droits des peuples autochtones&lt;/i&gt; &#224; la premi&#232;re s&#233;ance du Conseil des droits de l'homme des Nations unies. Ce vote constitue un revirement majeur par rapport &#224; l'attitude adopt&#233;e par le Canada durant les vingt ann&#233;es pendant lesquelles s'est &#233;labor&#233;e cette d&#233;claration. Un retour en arri&#232;re sur l'historique et le contexte d'&#233;laboration de cette d&#233;claration, ainsi qu'une analyse de la position du Canada, permettra de mieux comprendre &#8212; et d'expliquer &#8212; ce vote qui ne r&#233;pond aux demandes ni des autochtones, ni des partis d'opposition, ni des ONG, ni du Comit&#233; permanent des affaires autochtones.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique de la D&#233;claration des droits des peuples autochtones&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1985, un groupe de travail entreprend l'&#233;laboration d'un projet de d&#233;claration sur les droits des peuples autochtones en tenant compte des observations et des suggestions des participants aux sessions de travail. En 1993, lors de sa onzi&#232;me session, le groupe ent&#233;rine le texte d&#233;finitif d'un projet de d&#233;claration et le pr&#233;sente &#224; la sous-commission. En 1994, ce texte est pr&#233;sent&#233; &#224; la Commission des droits de l'homme, laquelle cr&#233;e l'ann&#233;e suivante le Groupe de travail des Nations unies sur le projet de d&#233;claration (GTPD), un groupe de travail intersession &#224; composition non limit&#233;e, charg&#233; d'&#233;tudier de fa&#231;on approfondie le projet de d&#233;claration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but, le projet rev&#234;t une importance cruciale pour tous : peuples autochtones, &#201;tats et organisations internationales. Bien qu'elle n'ait aucun caract&#232;re obligatoire, la d&#233;claration constitue un instrument juridique tr&#232;s complet et efficace pour faire reconna&#238;tre les droits des peuples autochtones. C'est la premi&#232;re reconnaissance qui prend en compte l'&lt;i&gt;ensemble des droits des peuples autochtones&lt;/i&gt; et leur donne une assise juridique formelle. L'int&#233;r&#234;t et la participation aux sessions de ce nouveau groupe de travail t&#233;moignent de l'importance que tous lui accordent. L'adoption est pr&#233;vue dans le cadre de la &lt;i&gt;D&#233;cennie internationale des peuples autochtones&lt;/i&gt; (1994-2004). Les rencontres et discussions se poursuivent jusqu'en 2004 (&#233;ch&#233;ance pr&#233;vue de la fin du mandat). Aucun consensus n'est d&#233;gag&#233; sur les points les plus litigieux, mais des progr&#232;s ayant &#233;t&#233; accomplis, le mandat est prolong&#233; pour une derni&#232;re ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, pour tenter d'aplanir les diff&#233;rends, le pr&#233;sident rapporteur a soumis des propositions. La 11e s&#233;ance du groupe de travail constitue une &#233;tape d&#233;cisive. Toutes les parties s'entendent pour produire un texte qui fera l'objet d'un consensus sur la base des propositions soumises par le rapporteur. Une entente est possible sur un bon nombre d'articles, mais achoppe toujours sur les points qui sont en litige (et en discussion) depuis 1995 : autod&#233;termination, terres et territoires, ressources naturelles principalement. &#192; la fin de la session, le pr&#233;sident rapporteur informe le groupe qu'il fera des propositions bas&#233;es sur les discussions de la session et que le texte r&#233;vis&#233; sera pr&#233;sent&#233; &#224; la Commission des droits de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29 juin 2006, le texte du pr&#233;sident rapporteur est transmis pour &#233;tude et approbation au nouveau Comit&#233; des droits de l'homme (cr&#233;&#233; en remplacement de l'ancienne Commission). Le Canada se pr&#233;sente &#224; la r&#233;union pour proposer un nouveau report. Devant le manque de consensus, n'ayant pas r&#233;ussi &#224; convaincre d'autres pays (sauf la Russie), le Canada demande la mise aux voix du projet de d&#233;claration. Le projet est adopt&#233; malgr&#233; l'opposition du Canada et de la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que la d&#233;claration soit adopt&#233;e par l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations unies, un ultime d&#233;bat a lieu &#224; la Troisi&#232;me commission des Nations unies, qui doit se prononcer sur l'opportunit&#233; d'envoyer le document &#224; l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale pour adoption finale. Le Canada, apr&#232;s avoir fait pression sur quelques pays africains et asiatiques, va s'associer &#224; trois pays (Australie, Nouvelle-Z&#233;lande et &#201;tats-Unis) qui, ne si&#233;geant pas au Conseil des droits de l'homme, m&#232;nent l&#224; leur bataille contre la d&#233;claration, pour retarder son adoption, voire en r&#233;duire la port&#233;e. &#192; la suite de leurs interventions, un amendement pour le report de la pr&#233;sentation de la d&#233;claration &#224; l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale sera vot&#233; et adopt&#233; (82 voix contre 67) &#224; la s&#233;ance du 28 novembre 2006. Pour les associations autochtones du Canada, le risque est grand qu'en raison de ce vote la d&#233;claration ne soit jamais adopt&#233;e formellement par les Nations unies.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le gouvernement conservateur et les droits des autochtones&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Alors que toutes les organisations impliqu&#233;es s'accordent pour reconna&#238;tre le r&#244;le proactif du Canada durant les vingt ann&#233;es qui ont men&#233; &#224; la r&#233;daction de la d&#233;claration, les prises de position r&#233;centes obligent &#224; questionner l'attitude du gouvernement Harper. Pour R&#233;mi Savard (professeur d'anthropologie sp&#233;cialiste des questions autochtones), le Parti conservateur s'est toujours oppos&#233; &#224; ce qu'une organisation internationale (comme l'ONU) reconnaisse les droits des autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de cette vision globale, le document &#233;mis par le gouvernement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Position du Canada : projet de d&#233;claration des Nations unies sur les droits (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour justifier sa position permet d'identifier clairement trois &#233;l&#233;ments qui justifient l'opposition farouche du gouvernement devant toute disposition touchant &#224; la terre, aux territoires, aux ressources naturelles. Tout aussi sensibles sont la reconnaissance du droit &#224; l'autod&#233;termination des peuples autochtones et enfin l'obligation faite aux &#201;tats d'obtenir le &#171; &lt;i&gt;consentement libre, pr&#233;alable et &#233;clair&#233;&lt;/i&gt; &#187; avant de prendre toute d&#233;cision dans des &#171; &lt;i&gt;projets de d&#233;veloppement&lt;/i&gt; &#187; susceptible de les concerner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argumentation du gouvernement repose sur plusieurs pr&#233;suppos&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; que la d&#233;claration a &#233;t&#233; con&#231;ue &#171; &lt;i&gt;par et pour les peuples autochtones&lt;/i&gt; &#187; et que, par cons&#233;quent, &#171; &lt;i&gt;les pr&#233;occupations des &#201;tats n'ont pas &#233;t&#233; suffisamment prises en compte&lt;/i&gt; &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; que certains articles sont &#171; &lt;i&gt;vagues et ambigus&lt;/i&gt; &#187; et, par cons&#233;quent, susceptibles d'&#234;tre interpr&#233;t&#233;s de mani&#232;re diff&#233;rente, voire contradictoire ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; que le texte ne sera pas applicable dans le contexte canadien sans mettre en p&#233;ril les &#171; &lt;i&gt;cadres juridiques et strat&#233;giques &#233;tablis&lt;/i&gt; &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; que la notion de consentement libre et &#233;clair&#233; pourrait &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme donnant aux peuples autochtones un droit de veto sur toutes propositions de d&#233;veloppement &#171; &lt;i&gt;qui int&#233;ressent la population en g&#233;n&#233;ral&lt;/i&gt; &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; que la reconnaissance des droits des autochtones entre en conflit &#171; &lt;i&gt;avec la reconnaissance des droits de tous les citoyens, tant autochtones que non autochtones&lt;/i&gt; &#187;. Explicitement, pour le gouvernement, reconna&#238;tre certains droits aux peuples autochtones va &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts &#171; &lt;i&gt;de nombreux groupes qui ont des int&#233;r&#234;ts dans un territoire donn&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'incompatibilit&#233; de la reconnaissance des droits et de l'id&#233;ologie du profit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour les observateurs, le Canada a &#233;t&#233;, d&#232;s le d&#233;but du processus, un moteur dans la r&#233;daction de la d&#233;claration. Que ce r&#244;le proactif soit d&#251; aux gouvernements eux-m&#234;mes ou &#224; l'implication continue des organisations et des associations autochtones est difficile &#224; d&#233;terminer. Mais ce qui ne fait aucun doute, c'est le changement d'attitude du gouvernement Harper sur ces questions, tant sur le plan national (rejet de l'accord de Kelowna sign&#233; par le gouvernement Martin) que sur le plan international (rejet de la d&#233;claration aux Nations Unies).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Canada, comme dans tous les pays o&#249; ils vivent, les peuples autochtones payent le prix de tous les projets dits &#171; de d&#233;veloppement &#187;. Partout, ils supportent de mani&#232;re disproportionn&#233;e le co&#251;t des d&#233;veloppements miniers, p&#233;troliers, gaziers et des infrastructures (barrages, routes, etc.) qui ont pour cons&#233;quences la perte de leurs territoires traditionnels et des ressources n&#233;cessaires &#224; leur survie, la destruction de leur environnement &#233;cologique, social et culturel. Partout, la ru&#233;e vers le p&#233;trole, l'or, les diamants et autres minerais entre en collision directe avec les populations locales souvent avec la collusion de gouvernements corrompus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le bulletin d'ATTAC de novembre 2006, p. 5.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Partout, les grands int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques priment sur la simple prise en compte de leurs int&#233;r&#234;ts (sans m&#234;me parler de leurs droits).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la d&#233;cennie, les investissements dans les secteurs miniers et p&#233;troliers ont explos&#233; dans le monde &#224; la suite de l'augmentation de la demande. Le Canada est particuli&#232;rement concern&#233; par cette acc&#233;l&#233;ration continuelle de l'exploitation des richesses naturelles. Quelques donn&#233;es permettent de saisir l'importance de cette industrie pour le Canada : 60 % de toutes les entreprises d'exploration et d'exploitation mini&#232;re actives dans le monde sont inscrites &#224; la bourse de Toronto ; ces firmes m&#232;nent environ 40 % des activit&#233;s d'exploitation mini&#232;re dans le monde ; elles sont actives dans plus de 8 000 projets r&#233;partis dans plus de 100 pays dans le monde ; si on consid&#232;re seulement l'Afrique, en 2005, 634 projets miniers canadiens &#233;taient en activit&#233; sur ce continent ; c'est &#224; Toronto que se tient chaque ann&#233;e l'&#233;v&#233;nement minier le plus important au monde, la &lt;i&gt;International Convention&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Trade Show &amp; Investors Exchange-Mining Investment Show&lt;/i&gt; (commandit&#233; par la Barrick Gold Corporation, d&#233;nonc&#233;e partout dans le monde).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Canada, la ru&#233;e vers le p&#233;trole (Alberta) et vers les diamants (Territoires du Nord-Ouest, Ontario) soul&#232;vent de graves questions : des centaines de milliers d'hectares de concessions sont c&#233;d&#233;s sans consultation ni approbation des collectivit&#233;s touch&#233;es. Les plus grandes compagnies diamantif&#232;res sont maintenant install&#233;es au Canada et souhaitent donner l'image de &#171; &lt;i&gt;diamant propre&lt;/i&gt; &#187; (pour &#233;viter la mauvaise image des &#171; &lt;i&gt;diamants tach&#233;s de sang&lt;/i&gt; &#187; d'Afrique). Mais cette nouvelle image ne doit pas faire illusion. Malgr&#233; les d&#233;n&#233;gations des compagnies concern&#233;es, ces projets mettent en danger le mode de vie des communaut&#233;s autochtones. Le grand chef de la nation Nishnawbe Aski (qui compte 49 communaut&#233;s dans une des r&#233;gions concern&#233;es) a &#233;crit r&#233;cemment &#224; l'acteur L.DiCaprio (du film &lt;i&gt;Blood Diamonds&lt;/i&gt;) pour lui demander de publiciser leur cause : &#171; &lt;i&gt;L'ajout de votre voix&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;pour d&#233;noncer ces diamants qui menacent le mode de vie des communaut&#233;s autochtones dans certaines des derni&#232;res r&#233;gions vierges de la plan&#232;te serait un beau geste d'inspiration et de solidarit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit-il. &#171; &lt;i&gt;Les diamants extraits ici ne sont pas propres. Ils ne sont pas libres de tout conflit. Il y a des gens qui vivent sur ces territoires et nous avons des droits&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place qu'occupe le Canada dans ces secteurs, la fr&#233;n&#233;sie actuelle pour l'exploitation des ressources naturelles et les b&#233;n&#233;fices qu'il en retire permettent de mieux comprendre les prises de position du gouvernement Harper en ce qui concerne les droits des peuples autochtones. De nombreux groupes r&#233;clament en vain un engagement du Canada pour prot&#233;ger la viabilit&#233; du territoire et des peuples qui y vivent, ainsi que l'&#233;laboration de m&#233;canismes de surveillance, de v&#233;rification et de conformit&#233; afin que les entreprises canadiennes &#339;uvrant ici et &#224; l'&#233;tranger soient tenues de se conformer &#224; des normes claires. Or, non seulement, le gouvernement se refuse &#224; agir, mais il favorise clairement par ses politiques fiscales et son code l&#233;gislatif les int&#233;r&#234;ts des capitaux et des compagnies, m&#234;me quand ils sont responsables de d&#233;g&#226;ts environnementaux et de graves atteintes aux droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on s'attendre qu'un gouvernement qui renie la signature du Canada &#224; Kyoto pour ne pas nuire au d&#233;veloppement de l'industrie p&#233;troli&#232;re de l'Ouest reconnaisse les droits des communaut&#233;s d&#233;truites par ce m&#234;me d&#233;veloppement ? Pour ce gouvernement, la dignit&#233; humaine a bien peu de poids &#224; c&#244;t&#233; des revenus, mais surtout des profits capitalistes et des int&#233;r&#234;ts des actionnaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Position du Canada : projet de d&#233;claration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones&lt;/i&gt;, 29 juin 2006 &lt;a href=&#034;http://www.ainc-inac.gc.ca/nr/spch/unp/06/ddr_f.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ainc-inac.gc.ca/nr/spch/unp/06/ddr_f.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le bulletin d'ATTAC de novembre 2006, p. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monique Jeanmart&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sociologue&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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