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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Les limites de Labont&#233;</title>
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		<dc:date>2009-02-07T22:21:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard St-Jacques</dc:creator>


		<dc:subject>St-Jacques, Bernard</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D&#233;but juin 2007, un poignard dans le dos des jeunes punks du centre-ville : l'arrondissement Ville-Marie annonce qu'il met en application un r&#232;glement interdisant les chiens dans les Carr&#233;s Berri et Viger. Le jour de son entr&#233;e en vigueur, la place se vide. Le message, crach&#233; &#224; grands coups d'encre et de flashes, a &#233;t&#233; compris. Plus besoin d'&#233;mettre des tickets, les jeunes et les chiens ne circulant plus dans ces endroits normalement fortement fr&#233;quent&#233;s. En somme, la situation n'est pas en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton811.gif?1642092275' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;500&#034; height=&#034;739&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;but juin 2007, un poignard dans le dos des jeunes punks du centre-ville : l'arrondissement Ville-Marie annonce qu'il met en application un r&#232;glement interdisant les chiens dans les Carr&#233;s Berri et Viger. Le jour de son entr&#233;e en vigueur, la place se vide. Le message, crach&#233; &#224; grands coups d'encre et de flashes, a &#233;t&#233; compris. Plus besoin d'&#233;mettre des tickets, les jeunes et les chiens ne circulant plus dans ces endroits normalement fortement fr&#233;quent&#233;s. En somme, la situation n'est pas en constante d&#233;gradation, elle s'est d&#233;j&#224; d&#233;grad&#233;e depuis les 15 derni&#232;res ann&#233;es. Ce n'est que la fa&#231;on de &#171; g&#233;rer &#187; l'espace public par nos forces de l'ordre qui a chang&#233;. Constats et espoirs&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un portrait&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; fait &#233;tat de ce qui caract&#233;rise l'espace public moderne &#224; Montr&#233;al&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; babord !, no. 20, juin 2007.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une &#233;tude produite par C&#233;line Bellot de l'Universit&#233; de Montr&#233;al&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C&#233;line Bellot, 2007, disponible au .&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; nous a r&#233;v&#233;l&#233; que l'&#233;mission de contraventions a quadrupl&#233; entre 1994 et 2004 et que dans 72,3 % des cas, les personnes recevant un constat le payent par la prison. On explique souvent ce recours abusif aux contraventions par la transformation massive des centres-villes et par la folie de la s&#233;curit&#233; qui nous a pris aux tripes depuis quelques ann&#233;es. S'en est suivi tout un ensemble de petites mesures : de vieux r&#232;glements ressortis des boules &#224; mite auxquels on trouve une nouvelle vocation, transformation du statut de certaines places publiques, interventions polici&#232;res plus muscl&#233;es (ou &#224; plusieurs agents) pour une peccadille&#8230; Ces m&#233;thodes sont venues confirmer le d&#233;ni du droit de cit&#233; des plus marginaux d'entre nous et, peut-&#234;tre encore plus, inaugurer l'&#232;re de la fermeture de l'espace public.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#233;ger contraste d'aujourd'hui&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On peut identifier trois nouveaux facteurs qui caract&#233;risent l'espace public aujourd'hui. Premi&#232;rement, un ph&#233;nom&#232;ne que nous appellerons la territorialisation des festivals : nos quartiers centraux connaissent de v&#233;ritables cures de jouvence pour des imp&#233;ratifs---- de nature culturelle, commerciale, immobili&#232;re ou autres. Les festivals et autres activit&#233;s (comme la pi&#233;tonisation de la rue Sainte-Catherine) occupant toute la saison estivale assurent une surveillance exponentielle du centre-ville. Le territoire s'en trouve enclav&#233;, presque &#224; moiti&#233; contr&#244;l&#233; par des services de s&#233;curit&#233; priv&#233;s. Bien qu'il ne s'y accumule pas de contraventions pour les personnes itin&#233;rantes dans cet &#233;tat de choses, on imagine que ce pullulement d'&#233;v&#233;nements ne contribue pas &#224; leur accorder de r&#233;pit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, la pr&#233;sence polici&#232;re s'est constamment accrue, surtout &#224; l'ext&#233;rieur des p&#233;rim&#232;tres des festivals, assurant meilleures concentration et visibilit&#233;. Les quartiers centraux aux prises avec les gangs de rue constituent toujours la justification d'une aussi forte pr&#233;sence polici&#232;re alors que dans chaque rafle visant ces potentiels r&#233;seaux, on retrouve bon nombre de personnes itin&#233;rantes dans les mailles du m&#234;me filet (des consommateurs et de pauvres diables qui passaient tout simplement par l&#224;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, l'arme de la r&#233;glementation d&#233;velopp&#233;e par le maire de l'arrondissement Ville-Marie, Benoit Labont&#233;, serait en partie justifi&#233;e par la lutte &#224; la criminalit&#233;. Celui-ci n'a pourtant jamais pu convaincre que son r&#232;glement de septembre 2006 sur la fermeture des parcs la nuit a d'abord &#233;t&#233; mis en place pour pouvoir mieux contr&#244;ler la prostitution et les &lt;i&gt;dealers&lt;/i&gt;. En juin 2007, il lance son fameux r&#232;glement interdisant les chiens dans les deux espaces dont nous avons parl&#233; plus t&#244;t. Plus que les &lt;i&gt;punks&lt;/i&gt;, le maire assurait que c'&#233;tait les chiens qui en &#233;taient la cause. &#199;a doit d'ailleurs &#234;tre pour cette raison que la Commission des droits de la personne n'est pas intervenue dans cet exemple patent de discrimination. Bien s&#251;r, il n'est question que de chiens ici !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Politique en itin&#233;rance : la panac&#233;e n&#233;cessaire !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un peu comme l'affirmait Robespierre pendant la r&#233;volution fran&#231;aise, &#171; &lt;i&gt;&#224; situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles&lt;/i&gt; &#187;. Bien que le contexte soit tr&#232;s diff&#233;rent, l'exception devrait ici passer ni plus ni moins par une politique globale en itin&#233;rance. La commission parlementaire de l'automne 2008 sur le sujet constitue une avanc&#233;e et une bonne tribune pour le milieu, mais elle n'est qu'une &#233;tape. La politique en itin&#233;rance se base sur les droits des personnes qui sont bafou&#233;s quotidiennement : droits de cit&#233;, au logement, &#224; un revenu d&#233;cent, &#224; la sant&#233;, &#224; l'&#233;ducation et &#224; un r&#233;seau d'aide et de solidarit&#233;. &#192; des mesures structurelles plus que n&#233;cessaires (plus de logement sociaux, un meilleur revenu, etc.) devrait s'ajouter une priorisation de l'itin&#233;rance dans le menu gouvernemental. Aussi bizarre que cela puisse para&#238;tre, celui-ci serait ainsi tenu d'&#233;tendre les connaissances de tous et toutes sur le ph&#233;nom&#232;ne et d'en d&#233;velopper une vision globale, notamment par une meilleure harmonisation des interventions de chacun des minist&#232;res concern&#233;s. En somme, &#224; l'oppos&#233; de la terreur sugg&#233;r&#233;e par Robespierre, il est imp&#233;ratif que nous nous dotions des meilleurs outils afin de viser la solidarit&#233; et la responsabilit&#233; collective. Qui a dit qu'il &#233;tait mauvais d'esp&#233;rer ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#192; babord !&lt;/i&gt;, no. 20, juin 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C&#233;line Bellot, 2007, disponible au &lt;a href=&#034;http://www.rapsim.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rapsim.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Bernard St-Jacques&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Quand la marge encaisse</title>
		<link>https://www.ababord.org/Quand-la-marge-encaisse</link>
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		<dc:date>2008-07-31T00:19:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard St-Jacques</dc:creator>


		<dc:subject>St-Jacques, Bernard</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Triste sort que celui du sans-abri au moment o&#249; les canicules et les festivals viennent meubler les quartiers centraux de notre ch&#232;re m&#233;tropole. Cet &#233;t&#233;, encore trop fr&#233;quenteront des prisons qu'on dirait destin&#233;es &#224; tout ce qu'il y a de pauvre dans notre soci&#233;t&#233;. D'autres subiront les frasques d'une intimidation polici&#232;re quotidienne. D'autres encore feront face au regard haineux de r&#233;sidentEs qui connaissaient &#224; peine l'existence de ces personnes itin&#233;rantes quand ils ont atterri r&#233;cemment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-20-ete-2007-" rel="directory"&gt;No 020 - &#233;t&#233; 2007&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Inegalites-et-pauvrete-+" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton488.jpg?1642092269' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;227&#034; height=&#034;340&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Triste sort que celui du sans-abri au moment o&#249; les canicules et les festivals viennent meubler les quartiers centraux de notre ch&#232;re m&#233;tropole. Cet &#233;t&#233;, encore trop fr&#233;quenteront des prisons qu'on dirait destin&#233;es &#224; tout ce qu'il y a de pauvre dans notre soci&#233;t&#233;. D'autres subiront les frasques d'une intimidation polici&#232;re quotidienne. D'autres encore feront face au regard haineux de r&#233;sidentEs qui connaissaient &#224; peine l'existence de ces personnes itin&#233;rantes quand ils ont atterri r&#233;cemment dans leur condo du centre-ville. Chronique d'un autre &#233;t&#233; chaud annonc&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Clich&#233;s du centre-ville&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'elle ne fasse pas exception &#224; d'innombrables grandes villes occidentales, Montr&#233;al a particuli&#232;rement appuy&#233; sur l'acc&#233;l&#233;rateur du d&#233;veloppement et de la revitalisation de son centre-ville dans les derni&#232;res ann&#233;es. Les vell&#233;it&#233;s du milieu culturel commercial, salivant son quartier des spectacles avec sa rue Sainte-Catherine transform&#233;e en Broadway, croisent sur leur chemin une population marginalis&#233;e qui occupe le quartier depuis des lunes. L'extension du campus de l'UQAM, la Grande Biblioth&#232;que et l'acharnement commercial rencontrent ces m&#234;mes &lt;i&gt;weirdos&lt;/i&gt; comme autant d'obstacles &#224; leurs entreprises. Enfin, le centre-ville n'&#233;chappe pas au ph&#233;nom&#232;ne de l'embourgeoisement qui, lui aussi, tra&#238;ne son lot de plaignants. Difficile de dire &#224; quel point l'application de cette revitalisation du centre-ville &#224; vitesse grand V a jou&#233; ou continuera de jouer un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans la mont&#233;e de la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en place de la police de quartier en 1996, fond&#233;e sur des mod&#232;les nord-am&#233;ricains de police de proximit&#233;, a co&#239;ncid&#233; avec la mont&#233;e subite de la r&#233;pression. Cette approche, qui vise pr&#233;tendument &#224; se rapprocher des citoyens et de leurs pr&#233;occupations, a accompagn&#233; l'&#233;mergence d'un &#171; sentiment d'ins&#233;curit&#233; &#187; dans la population. Des gestes qui deviennent soudainement intol&#233;rables pour la &#171; population &#187; alors qu'ils ont pourtant toujours fait partie de notre paysage urbain, comme la mendicit&#233; et autres m&#233;tiers de rue. En 2004, le Service de police de la Ville de Montr&#233;al (SPVM) fait le bilan des premi&#232;res ann&#233;es de la mise sur pied de cette politique et lance son plan d'Optimisation de la police de quartier en mettant d&#233;sormais l'accent sur la lutte aux incivilit&#233;s (&lt;i&gt;petty crimes&lt;/i&gt;). Parmi ces dites incivilit&#233;s, on retrouve notamment les graffitis, la pr&#233;sence d&#233;rangeante de mendiantes et le rassemblement de jeunes dans les espaces publics. D&#232;s lors, l'itin&#233;rance est devenue un acte incivil qui sugg&#232;re des comportements d&#233;rangeants et qui devient l'une des cibles polici&#232;res principales, aux c&#244;t&#233;s des crimes &#233;conomiques et des gangs de rue. Bizarrement, c'est au cours de cette m&#234;me ann&#233;e 2004 que sera recens&#233; le plus grand nombre de contraventions &#233;mises &#224; des personnes en situation d'itin&#233;rance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des chiffres et des lettres sur la r&#233;pression&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Professeure &#224; l'&#201;cole de service social de l'Universit&#233; de Montr&#233;al, C&#233;line Bellot a recens&#233; et analys&#233;, en 2005, quelque 22 685 constats d'infraction &#233;mis &#224; 4036 sans-abri entre 1994 et 2004 dans le cadre d'une &#233;tude sur la judiciarisation &#224; Montr&#233;al&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, &#233;galement de C&#233;line Bellot, l'article &#171; L'itin&#233;rance en prison : le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les r&#233;sultats de cette &#233;tude se sont av&#233;r&#233;s accablants pour la municipalit&#233; et son service de police. On y a d'abord constat&#233; que le nombre de contraventions &#233;mises a quadrupl&#233; en 10 ans et qu'elles rel&#232;vent, pour la plupart, d'infractions li&#233;es &#224; l'unique pr&#233;sence de ces personnes dans l'espace public. Par ailleurs, on voit appara&#238;tre ce qu'on appelle un ph&#233;nom&#232;ne de surjudiciarisation, par lequel on confirme l'existence de sc&#233;narios catastrophes caract&#233;ris&#233;s par un nombre impressionnant de constats &#233;mis &#224; une seule personne dans un tr&#232;s court laps de temps. Enfin, et c'est peut-&#234;tre le plus surprenant, on apprend que dans les &#190; des cas (72 %) o&#249; il y a &#233;mission de contraventions, la radiation des constats se termine ni plus ni moins par l'emprisonnement de la personne dans une soci&#233;t&#233; o&#249; la prison constitue pourtant une mesure d'exception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril dernier, rattrapant les deux ann&#233;es perdues depuis 2004, la poursuite de cette &#233;tude a confirm&#233; la contraventionnalisation comme &#171; mode de gestion &#187; courant de notre espace public. On souligne une baisse globale de 11,3 % du nombre d'infractions entre 2004 et 2005. On peut donc parler d'une diminution sensible, mais fort peu significative si on la compare aux r&#233;centes d&#233;clarations optimistes des services municipaux de m&#234;me qu'aux protestations, aux r&#233;actions et &#224; l'indignation qui ont suivi la premi&#232;re phase de l'&#233;tude (1994-2004). Plus sp&#233;cifiquement, pour les infractions en vertu de la r&#233;glementation municipale, la baisse atteint 25,2 %. Mais comme l'affirme C&#233;line Bellot dans &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt; du 16 avril 2007, &#171; &lt;i&gt;les autorit&#233;s municipales ont lev&#233; le pied sur l'acc&#233;l&#233;rateur, mais n'ont pas encore pes&#233; sur le frein. Le fait qu'on revienne au niveau de 2003, c'est encore &#233;norme par rapport aux ann&#233;es ant&#233;rieures&lt;/i&gt; &#187;. Enfin, la plus grande surprise provient des infractions &#224; la r&#233;glementation du m&#233;tro (R-036 et R-037). La Soci&#233;t&#233; de transport (STM), qui fait actuellement l'objet d'une restructuration devant donner lieu &#224; l'entr&#233;e massive de la police sous terre, a connu une hausse de 225 % des constats d'infraction (passant de 1750 en 2003 &#224; 3934 en 2004, pour se maintenir avec 3942 constats en 2005). Il faut souligner, en terminant, que les policiers et polici&#232;res autant que les agentEs de surveillance de la STM partagent la responsabilit&#233; de cette hausse massive comme personnes dispensatrices des constats.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Montr&#233;al estival 2007 : festival des &lt;i&gt;tickets&lt;/i&gt; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour la saison estivale, on peut parier que l'action se passera bien davantage dans les rues et dans les parcs de la m&#233;tropole que dans le m&#233;tro. Mais quel sort attend les quelques weirdos que nous rencontrerons ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, on aura peut-&#234;tre l'occasion d'en savoir un peu plus sur les effets d'un r&#232;glement adopt&#233; en ao&#251;t dernier, qui a fait couler beaucoup d'encre, sur la fermeture des parcs la nuit. Ce tristement c&#233;l&#232;bre r&#232;glement, adopt&#233; par l'arrondissement Ville-Marie, a entra&#238;n&#233; la transformation des 15 places publiques restantes au centre-ville en parcs municipaux. D&#232;s lors, ces lieux sont tomb&#233;s sous la juridiction d'une r&#233;glementation sp&#233;cifique aux parcs qui inclut, entre autres, leur fermeture de minuit &#224; 6 heures. Aussi symbolique que r&#233;pressive, cette nouvelle mesure a &#233;t&#233; agressivement d&#233;nonc&#233;e par les groupes communautaires de m&#234;me que par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJQ). Pour plusieurs, elle constitue ni plus ni moins que la fermeture d&#233;finitive de l'espace public montr&#233;alais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons &#224; cette baisse de 25,2 % des contraventions en vertu des r&#232;glements municipaux qui pourrait d'ailleurs supposer que la population itin&#233;rante se d&#233;place et sort du centre-ville. En effet, le Poste de quartier 21 (centre-ville) affirme avoir diminu&#233; de moiti&#233; la remise de contraventions li&#233;es aux incivilit&#233;s. Pour leur part, les donn&#233;es de l'&#233;tude concernent l'ensemble du territoire de la Ville de Montr&#233;al et on sait que la tr&#232;s forte majorit&#233; des constats sont normalement &#233;mis au centre-ville et en p&#233;riode estivale. Si on suppose que les donn&#233;es du SPVM sont r&#233;alistes, on peut alors conclure qu'une plus grande partie des interventions polici&#232;res se d&#233;roule dans les quartiers p&#233;riph&#233;riques et que les sans-abri d&#233;laissent de plus le plus le centre-ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, en p&#233;riode estivale, l'&#233;mission de contraventions ne peut expliquer &#224; elle seule l'importante augmentation de la r&#233;pression dans les quartiers centraux. En effet, les postes de quartier (PDQ) ont connu une augmentation constante de leurs effectifs en plus de la mise en place d'escouades sp&#233;ciales en p&#233;riode chaude. Par la m&#234;me occasion, les PDQ augmentent et varient leurs m&#233;thodes de patrouille : &#224; pied, en patin &#224; roues align&#233;es, en v&#233;lo, &#224; cheval, etc. L'omnipr&#233;sence des forces de l'ordre dans l'espace public a de quoi rendre la vie difficile aux personnes marginalis&#233;es de par le nombre d'altercations et de gestes d'intimidation possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginez le nombre d'agentes &#224; l'heure le jeune punk r&#233;calcitrant s'aventurant &#224; qu&#234;ter &#224; l'angle des rues Sainte-Catherine et Saint-Hubert doit faire face, un jeudi ensoleill&#233; en d&#233;but de soir&#233;e&#8230; Combien de fois par jour cette personne peut-elle se faire dire qu'elle est en infraction et se voir menacer de recevoir un ticket avant de, finalement, encaisser ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.rapsim.org" class="spip_out"&gt;R&#233;seau d'aide au personnes seule et itin&#233;rantes de Montr&#233;al&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, &#233;galement de C&#233;line Bellot, l'article &#171; L'itin&#233;rance en prison : le cas de Montr&#233;al &#187; dans le dossier &#171; Pauvret&#233; et contr&#244;le social &#187; de la revue &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; # 13 (f&#233;vrier/mars 2006).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard St-Jacques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur &#339;uvre dans le milieu du soutien aux personnes itin&#233;rantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sources :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;line Bellot et al., &lt;i&gt;La judiciarisation et la criminalisation des populations itin&#233;rantes &#224; Montr&#233;al de 1994 &#224; 2004&lt;/i&gt;, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;line Bellot et al., &lt;i&gt;La judiciarisation et la criminalisation des populations itin&#233;rantes &#224; Montr&#233;al de 2004 &#224; 2006&lt;/i&gt; (extraits du rapport pr&#233;liminaire), 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clairandr&#233;e Cauchy, &#171; Amendes impay&#233;es : des itin&#233;rants doivent au moins 3,3 millions &#224; la Ville de Montr&#233;al &#187;, &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, lundi 16 avril 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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