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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>La conqu&#234;te du P&#244;le Nord</title>
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		<dc:date>2008-08-13T10:43:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Batiste Foisy</dc:creator>


		<dc:subject>Militarisme et antimilitarisme</dc:subject>
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&lt;p&gt;Alors que la course au p&#244;le pr&#233;cipite la militarisation de l'Arctique, les populations nordiques canadiennes restent tenues &#224; l'&#233;cart du d&#233;bat. C'est comme si on r&#233;glait la souverainet&#233; du Qu&#233;bec sans les Qu&#233;b&#233;coises. &lt;br class='autobr' /&gt; Avril 2007. La tension est palpable au centre de commandement de Yellowknife. La relationniste a beau r&#233;p&#233;ter &#224; la demi-douzaine de journalistes entass&#233;s dans le salon des officiers que c'est avec grand plaisir que les Forces canadiennes les re&#231;oivent, &#224; voir l'air interdit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Militarisme-et-antimilitarisme-+" rel="tag"&gt;Militarisme et antimilitarisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arctique-et-Grand-nord-+" rel="tag"&gt;Arctique et Grand nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Foisy-Batiste-+" rel="tag"&gt;Foisy, Batiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton405.gif?1642092268' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;283&#034; height=&#034;338&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que la course au p&#244;le pr&#233;cipite la militarisation de l'Arctique, les populations nordiques canadiennes restent tenues &#224; l'&#233;cart du d&#233;bat. C'est comme si on r&#233;glait la souverainet&#233; du Qu&#233;bec sans les Qu&#233;b&#233;coises.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avril 2007. La tension est palpable au centre de commandement de Yellowknife. La relationniste a beau r&#233;p&#233;ter &#224; la demi-douzaine de journalistes entass&#233;s dans le salon des officiers que c'est avec grand plaisir que les Forces canadiennes les re&#231;oivent, &#224; voir l'air interdit du brigadier g&#233;n&#233;ral Christine Whitecross, commandante en chef de la Force op&#233;rationnelle interarm&#233;es du Nord (FOIN), on se doute bien qu'elle se serait pass&#233;e de ce point de presse impromptu. Elle balaie m&#233;ticuleusement l'assistance du regard, rel&#232;ve la t&#234;te et r&#233;sume enfin la situation : &#171; &lt;i&gt;Nous ne comprenons pas&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;tail qui &#233;chappe &#224; l'arm&#233;e, ce sont les motifs qui incitent les Premi&#232;res nations Dehcho &#224; d&#233;noncer le d&#233;barquement que pr&#233;parerait, selon eux, l'arm&#233;e canadienne dans leur territoire ancestral. C'est un malentendu, insiste Whitecross, l'&lt;i&gt;Op&#233;ration Narwhal&lt;/i&gt; est un exercice routinier qui vise &#224; entra&#238;ner les Forces &#224; r&#233;pondre &#224; des situations d'urgence dans le Nord canadien. C'est pour la s&#233;curit&#233; et la souverainet&#233; nationale, assure-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans son fief de Fort Simpson, le chef des Dehcho, Herb Norwegian, voit l'affaire d'un autre &#339;il. Celui qui proclame la souverainet&#233; de son peuple sur 212 000 km2 de terres au c&#339;ur des Territoires du Nord-Ouest ne s'explique pas de quel droit le Canada entend d&#233;ployer l'arm&#233;e chez lui, sous pr&#233;texte d'affirmer la sienne de souverainet&#233;. &#171; &lt;i&gt;Pour nous, c'est un affront &#224; nos terres et &#224; nos droits&lt;/i&gt; &#187;, dit-il. &#171; &lt;i&gt;On pourrait m&#234;me dire que c'est un exercice d'intimidation des Dehcho&lt;/i&gt; &#187;. Il affirme n'avoir &#233;t&#233; ni consult&#233; ni averti et r&#233;clame une rencontre &#171; &lt;i&gt;de gouvernement &#224; gouvernement&lt;/i&gt; &#187;. Puisque l'exercice en question doit simuler une attaque terroriste dans la vall&#233;e du Mackenzie, le grand chef sugg&#232;re que le Canada &#171; &lt;i&gt;utilise l'excuse du terrorisme pour faire flotter son drapeau sur nos terres&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dehcho First Nations, &#171; Troops at Fort Simpson will not be welcomed &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux jours plus tard, l'arm&#233;e d&#233;barque comme pr&#233;vu &#224; Fort Simpson o&#249; elle est accueillie par des manifestants arm&#233;s&#8230; de tambours traditionnels. Cet incident diplomatique, pass&#233; plus ou moins inaper&#231;u, &#233;claire une facette peu abord&#233;e du discours sur la souverainet&#233; canadienne en Arctique : les investissements r&#233;alis&#233;s pour militariser le Nord se font sans consulter les communaut&#233;s nordiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;n&#233;, Inuit, Gwich'in, Inuvialuit, Tlicho, Chipwyan, Tutchone, M&#233;tis, plus d'une douzaine de nations peuplent les Territoires du Nord, en plus de la population migrante. Il est impossible de r&#233;duire &#224; un seul point de vue l'opinion multi-voix du Canada circumpolaire. Mais &#224; d&#233;faut d'un processus de consultation &#233;tabli, les gouvernements du Nunavut, du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest se sont r&#233;solus &#224; produire une d&#233;claration commune afin de pr&#233;senter leur position &#224; Stephen Harper, qui allait d'un moment &#224; l'autre annoncer son Plan nordique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pour que les habitants du Nord continuent de jouer le r&#244;le de gardiens de la souverainet&#233; canadienne, le Nord a besoin de communaut&#233;s viables&lt;/i&gt; &#187;, sugg&#232;re le document publi&#233; en quatre langues, en mai dernier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une vision nordique, document pr&#233;par&#233; par les gouvernements du Yukon, des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; &lt;i&gt;Les habitants du Nord ont besoin d'appuis pour b&#226;tir des communaut&#233;s o&#249; ils peuvent avoir une vie saine ; o&#249; ils ont des possibilit&#233;s d'emplois, d'&#233;ducation et de formation ; o&#249; ils peuvent &#233;lever leurs familles dans des foyers ad&#233;quats, convenables et abordables ; o&#249; les services de sant&#233; et les services sociaux sont comparables &#224; ceux qui sont offerts dans le reste du pays ; et o&#249; ils peuvent b&#226;tir l'avenir pour eux-m&#234;mes et leurs enfants&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t la suite. Harper a tout mis&#233; sur la D&#233;fense. Plus de sept milliards de dollars sont engag&#233;s dans la construction de navires de guerre, d'un centre d'entra&#238;nement martial et d'un port militaire, ainsi que dans le recrutement des Rangers, les r&#233;servistes autochtones. Pas un sou pour les populations nordiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce de ces investissements a &#233;t&#233; re&#231;ue avec une certaine amertume &#224; Iqaluit, o&#249; l'on attendait depuis plusieurs ann&#233;es d&#233;j&#224; les engagements f&#233;d&#233;raux pour la construction du port en eaux profondes. Cette infrastructure est vue comme un &#233;l&#233;ment essentiel au d&#233;veloppement &#233;conomique du territoire. Il n'y a aucune route au Nunavut et une plus grande mobilit&#233; des marchandises et des individus est fortement souhait&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communaut&#233;s d'Iqaluit, Cambridge Bay et Tuktoyaktuk &#233;taient toutes candidates &#224; l'accueil du port. Or, au grand &#233;tonnement des Nunavummiut, c'est plut&#244;t le site de Nanisivik qui a &#233;t&#233; retenu. Nanisivik est une ex-ville mini&#232;re abandonn&#233;e (et d&#233;truite !) depuis 2002 o&#249; les perspectives d'un usage civil du port sont &#224; peu pr&#232;s inexistantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain des annonces, la mairesse d'Iqaluit, Elisapee Sheutiapik, d&#233;plorait &#224; la cha&#238;ne locale CBC North le choix du f&#233;d&#233;ral et indiquait qu'un port situ&#233; dans la capitale aurait pu servir de centre de services pour les communaut&#233;s &#233;loign&#233;es, ce qui ne sera pas le cas, selon elle, &#224; Nanisivik.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sergent Manasie Kilikishak du corps des Rangers, r&#233;sidant d'une communaut&#233; situ&#233;e non loin du futur port, craint pour sa part que le projet ait des impacts n&#233;gatifs sur la faune et la chasse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Northerners divided over proposed Arctic military facilities &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme politique gwich'in Cece Hodgson-McCauley, c&#233;l&#232;bre dans tout le Denendeh pour ses opinions de droite bien camp&#233;es, se dit &#233;galement oppos&#233;e au projet de port arctique. &#171; &lt;i&gt;Je pense qu'on ferait mieux de renforcer la c&#244;te ! [&#8230;] Ramenez les troupes et la ligne DEW&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit-elle dans sa chronique hebdomadaire du News/North. &#171; &lt;i&gt;Et nous devons compl&#233;ter la route du Mackenzie&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Cece is off to Ottawa &#187;, News/North, 15 octobre 2007. La &#171; ligne DEW &#187; est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ajoute-t-elle. Comme &#224; chaque semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Kaludjak est pr&#233;sident de la soci&#233;t&#233; &lt;i&gt;Nunavut Tunngavik Inc.&lt;/i&gt; (NTI) qui administre les revenus tir&#233;s de la mise en &#339;uvre de l'&lt;i&gt;Accord sur les revendications territoriales du Nunavut&lt;/i&gt;. Ce chasseur et homme d'affaires est, au sens de la loi du moins, le porte-parole officiel des Inuit du Nunavut. Rejoint via une ligne satellitaire qui finira par couper au milieu de l'entrevue, Kaladjuak se dit &#171; &lt;i&gt;pas trop en d&#233;saccord&lt;/i&gt; &#187; avec l'id&#233;e que le Canada doive d&#233;montrer sa souverainet&#233; dans l'Arctique. Mais, s'empresse-t-il d'ajouter, &#171; &lt;i&gt;nous avons nos pr&#233;occupations&lt;/i&gt; &#187;. Au premier chef, il note le choix malavis&#233; de la solution militaire : &#171; &lt;i&gt;Nous pr&#233;f&#233;rerions qu'on investisse dans les gens plut&#244;t que dans les vaisseaux de guerre. Nous n'avons pas besoin de bateaux, nous avons besoin de gens, nous avons besoin des Inuit&lt;/i&gt; &#187;. Surtout, il souhaite que son peuple soit partie prenante des d&#233;cisions. &#171; &lt;i&gt;Les Inuit doivent &#234;tre impliqu&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, mart&#232;le-t-il. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, signale l'ancien Ranger, les Inuit n'ont &#171; &lt;i&gt; &#224; peu pr&#232;s pas&lt;/i&gt; &#187; &#233;t&#233; consult&#233;s. &#171; &lt;i&gt;C'est tr&#232;s minimal. On apprend les d&#233;cisions d'Ottawa le jour des annonces. C'est comme une surprise&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vertu de l'&lt;i&gt;Accord sur le Nunavut&lt;/i&gt;, les Inuit ont abdiqu&#233; leur souverainet&#233; historique sur le territoire contre l'engagement du Canada de le d&#233;velopper et, notamment, de leur retourner une partie des revenus tir&#233;s des ressources. Selon le pr&#233;sident de NTI, la loi est loin d'avoir &#233;t&#233; enti&#232;rement mise en &#339;uvre. Cela n'emp&#234;che pas le Canada de clamer sa souverainet&#233; par la bouche de ses canons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vus du Nord, les montants allou&#233;s &#224; la militarisation de l'Arctique sont colossaux : les navires pour patrouiller le Passage du Nord-Ouest co&#251;tent l'&#233;quivalent de deux fois et demi le budget annuel des gouvernements du Nunavut, du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest r&#233;unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Paul Kaludjak avait autant d'argent &#224; sa disposition, le d&#233;penserait-il de la m&#234;me fa&#231;on que Stephen Harper ? &#171; &lt;i&gt;Non, pas du tout !&lt;/i&gt; &#187; Sa priorit&#233; serait plut&#244;t d'assurer aux r&#233;sidants du Nord un niveau de vie comparable &#224; celui des autres Canadiens. &#171; &lt;i&gt;Et &#231;a co&#251;terait moins cher&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La convoitise industrielle pour les ressources mini&#232;res et gazi&#232;res du Grand Nord, v&#233;ritable enjeu derri&#232;re le d&#233;bat international sur la propri&#233;t&#233; de l'Arctique, attise aujourd'hui une nouvelle course au p&#244;le. Les huit &#201;tats ceinturant le cercle arctique sont d&#233;termin&#233;s &#224; d&#233;montrer leurs droits fonciers sur un Nord bient&#244;t libre de glaces et ouvert &#224; l'exploitation. T&#244;t ou tard, cette course se soldera par une entente internationale &#8212; ou une confrontation arm&#233;e. Ce que le journaliste am&#233;ricain McKenzie Funk entrevoit comme &#171; &lt;i&gt;la derni&#232;re grande partition imp&#233;riale&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Funk, McKenzie, &#171; Cold Rush &#187;, Harper's Magazine, septembre 2007.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On ne peut que souhaiter que, le moment venu, les populations nordiques, tant celles du Canada que celles des autres &#201;tats circumpolaires, soient, au moins pour une fois, invit&#233;es aux discussions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dehcho First Nations, &#171; &lt;i&gt;Troops at Fort Simpson will not be welcomed&lt;/i&gt; &#187;, communiqu&#233; &#233;mis le 13 avril.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Une vision nordique&lt;/i&gt;, document pr&#233;par&#233; par les gouvernements du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, mai 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Northerners divided over proposed Arctic military facilities&lt;/i&gt; &#187;, cbc.ca/north, 13 ao&#251;t 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Cece is off to Ottawa &#187;, News/North, 15 octobre 2007. La &#171; ligne DEW &#187; est une s&#233;rie de stations radars &#233;rig&#233;es par le gouvernement am&#233;ricain dans l'Arctique canadien durant la Guerre froide. Aujourd'hui abandonn&#233;e, la ligne a laiss&#233; sur place une grande quantit&#233; de d&#233;chets dangereux constituant une des pires catastrophes environnementales du Nord. Apr&#232;s avoir soutenu que la t&#226;che incombait aux Canadiens, Washington a consenti en 1992 &#224; d&#233;frayer le sixi&#232;me du co&#251;t des travaux de nettoyage.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Funk, McKenzie, &#171; Cold Rush &#187;, &lt;i&gt;Harper's Magazine&lt;/i&gt;, septembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Batiste Foisy&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur est journaliste ind&#233;pendant. Il vit aux Territoires du Nord-Ouest depuis 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Le saccage du Grand Nord</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-saccage-du-Grand-Nord</link>
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		<dc:date>2008-07-19T22:56:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Batiste Foisy</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Arctique et Grand nord</dc:subject>
		<dc:subject>Foisy, Batiste</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ottawa s'appr&#234;te &#224; donner le feu vert &#224; un projet colossal qui transformera l'Arctique en un chantier g&#233;ant et en profite pour faire des g&#226;teries aux richissimes p&#233;troli&#232;res. &#201;tat des lieux d'une catastrophe sociale et environnementale en pr&#233;paration. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; L'argent parle. Le pouvoir parle. Nous, les Autochtones, nous parlons aussi, mais notre voix est musel&#233;e par le pouvoir. C'est d&#233;solant. &#192; nouveau, nous devons nous battre pour maintenir nos modes de vie traditionnels. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce cri du c&#339;ur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-25-ete-2008-" rel="directory"&gt;No 025 - &#233;t&#233; 2008&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton188.gif?1642092159' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1708&#034; height=&#034;1324&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ottawa s'appr&#234;te &#224; donner le feu vert &#224; un projet colossal qui transformera l'Arctique en un chantier g&#233;ant et en profite pour faire des g&#226;teries aux richissimes p&#233;troli&#232;res. &#201;tat des lieux d'une catastrophe sociale et environnementale en pr&#233;paration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'argent parle. Le pouvoir parle. Nous, les Autochtones, nous parlons aussi, mais notre voix est musel&#233;e par le pouvoir. C'est d&#233;solant. &#192; nouveau, nous devons nous battre pour maintenir nos modes de vie traditionnels.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cri du c&#339;ur est celui de Richard Gordon, un chasseur et garde-parc inuvialuit qui s'adressait en novembre 2005, &#224; Inuvik dans le Grand Nord canadien, &#224; la commission charg&#233;e de d&#233;terminer si le Projet de Gazoduc Mackenzie vaut la peine d'&#234;tre mis en chantier. Ce projet, dont le co&#251;t est aujourd'hui &#233;valu&#233; &#224; plus de 16 milliards de dollars, est pilot&#233; par Exxon Mobil, Shell et ConnocoPhillips et vise &#224; implanter un couloir de transport de 1 500 kilom&#232;tres dans la vall&#233;e du fleuve Mackenzie pour acheminer le gaz naturel de la mer de Beaufort jusqu'au r&#233;seau de gazoducs albertain. Gordon &#233;tait le premier &#171; repr&#233;sentant du vrai monde &#187; &#224; se positionner publiquement contre le projet. Au cours des deux ans qu'ont dur&#233; les audiences publiques des centaines d'autres r&#233;sidantes du Nord l'ont imit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont quelque 12 000 pages de transcription que la commission pr&#233;sid&#233;e par le consultant Robert Hornal devra &#233;plucher avant de remettre son rapport attendu cet automne. Ces verbatims d'audience se lisent comme un roman et sont truff&#233;s de t&#233;moignages poignants de trappeurs constatant quotidiennement les cons&#233;quences des changements climatiques, de professeurs de petites communaut&#233;s isol&#233;es s'inqui&#233;tant que les jeunes n'auront pas les qualifications requises pour &#234;tre embauch&#233;s par les p&#233;troli&#232;res, d'a&#238;n&#233;es racontant leur expropriation sauvage par ces m&#234;mes p&#233;troli&#232;res au tournant des ann&#233;es 1950, de jeunes Am&#233;rindiennes frais sorties de l'universit&#233; r&#233;clamant l'abandon des &#233;nergies fossiles au profit du solaire et de l'&#233;olien et de m&#232;res de familles s'&#233;mouvant des ravages de la drogue dans les communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelle que soit la d&#233;cision que prendra la Commission Hornal, il y a fort &#224; parier que &#231;a ne changera pas grand-chose. Lors d'une visite &#224; Yellowknife &#224; l'&#233;t&#233; 2006, le premier ministre Stephen Harper a promis &#224; la presse locale que son gouvernement ferait &#171; &lt;i&gt;tout ce qui est l&#233;galement possible pour s'assurer que&lt;/i&gt; [le Projet Mackenzie] &lt;i&gt;aille de l'avant&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut voir des s&#233;quences de la conf&#233;rence de presse sur YouTube : tapez &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Et la Loi pr&#233;voit qu'il peut faire fi des recommandations de la commission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne s'&#233;tonnera pas que la grande majorit&#233; des gens ayant t&#233;moign&#233; aux audiences publiques sur le Projet Mackenzie se soient prononc&#233;s contre. Les opposantes sont naturellement plus enclines &#224; se faire entendre dans ce genre de consultation. Mais aux Territoires du Nord-Ouest (TNO), le dossier divise la population qui est partag&#233;e entre la promesse de milliers d'emplois et la perspective de voir leur territoire, fondement de leur alimentation, de leur spiritualit&#233; et de leur identit&#233; collective, &#224; jamais d&#233;figur&#233; pour 50 ann&#233;es de gaz. En septembre 2007, un sondage r&#233;alis&#233; aupr&#232;s de 500 r&#233;sidantes des TNO classait la protection de l'environnement au premier rang des pr&#233;occupations. Ce m&#234;me sondage r&#233;v&#233;lait que 65 % des r&#233;pondantes estiment qu'il est n&#233;cessaire de prot&#233;ger plus de la moiti&#233; du territoire contre le d&#233;veloppement industriel avant l'autorisation du Projet Mackenzie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;McAllister Research, &#171; Conservation Issues are Top-of-Mind for NWT Residents (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans cette r&#233;gion d&#233;favoris&#233;e o&#249; des villages entiers vivent de l'aide sociale, tous ne peuvent se payer le luxe de penser &#224; l'environnement avant leur ventre. Nellie Cournoyea fait partie des gens favorables au gazoduc. Cette politicienne et femme d'affaires inuivialuite a &#233;t&#233; premi&#232;re ministre des TNO de 1991 &#224; 1995 et est aujourd'hui pr&#233;sidente de la Inuvialuit Regional Corporation et vice-pr&#233;sidente du Aboriginal Pipeline Group, une soci&#233;t&#233; autochtone actionnaire du Projet Mackenzie. Si le pipeline va de l'avant, elle fera beaucoup d'argent : &#171; &lt;i&gt;Le p&#233;trole et le gaz sont nos seules sources d'activit&#233; &#233;conomique.&lt;/i&gt; &#187; Elle en veut personnellement aux environnementalistes et aux m&#233;dias relayant leur message, qu'elle accuse d'avoir tu&#233; l'industrie de la fourrure. Si Paul Watson, PeTA et consorts n'&#233;taient pas aussi z&#233;l&#233;s, laisse-t-elle entendre, son peuple pourrait peut-&#234;tre encore vivre de chasse et de trappe, mais dans le contexte actuel ils n'ont plus d'autre choix que de laisser Exxon Mobil et Shell forer des puits dans leur territoire de chasse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cheval de Troie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'on pr&#233;voit que le Projet Mackenzie fera doubler les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre des Territoires du Nord-Ouest, la construction du pipeline demeure en elle-m&#234;me relativement b&#233;nigne. Il y a d&#233;j&#224; un ol&#233;oduc dans la vall&#233;e du Mackenzie depuis les ann&#233;es 1950 et le territoire se porte pourtant bien. Le v&#233;ritable enjeu se trouve dans les d&#233;veloppements futurs que provoquera le projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agissant comme un cheval de Troie, le nouveau corridor de transport permettra &#224; terme d'ouvrir des dizaines de champs gaziers suppl&#233;mentaires jusque-l&#224; inaccessibles. Tour &#224; tour, les compagnies gazi&#232;res, le ministre f&#233;d&#233;ral de l'Industrie Jim Prentice, le premier ministre des TNO et m&#234;me Stephen Harper ont tous salu&#233; les bienfaits &#224; long terme qu'aura le pipeline, qualifi&#233; en ch&#339;ur de &#171; &lt;i&gt;bassin-opening project&lt;/i&gt; &#187; &#8211; un euph&#233;misme signifiant qu'avec le pipeline le territoire en entier, y compris l'&#233;cosyst&#232;me marin de la mer de Beaufort, sera livr&#233; &#224; la pr&#233;dation des foreuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Canadian Arctic Resources Committee, une ONG qui &#233;tudie depuis les ann&#233;es 1970 les cons&#233;quences des projets miniers et p&#233;troliers dans le Grand Nord canadien, a eu l'id&#233;e de cartographier l'impact de cet &#171; effet cumulatif &#187;, qui fait qu'un projet en attire un autre. Se basant sur les donn&#233;es fournies par les compagnies elles-m&#234;mes, qui doivent d&#233;montrer le potentiel &#224; long terme de leur investissement, le Committee a produit une dizaine de cartes pr&#233;sentant l'&#233;volution du projet sur 50 ans, comme l'envisage Exxon Mobil. Le portrait est saisissant : des milliers de kilom&#232;tres de pipelines, de routes et de coupes de sondage s'enchev&#234;trant pour former une gigantesque toile d'araign&#233;e mortelle dans un des derniers endroits sur Terre encore &#233;pargn&#233;s par la marche du progr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette perspective a particuli&#232;rement &#233;branl&#233; les D&#233;n&#233;s K'asho Got'ine qui se rendaient ainsi compte qu'on convoitait ouvertement le sous-sol de la r&#233;gion de Colville Lake o&#249; se trouve leur territoire de chasse ancestral, un lieu sacr&#233;. Frank T'Seleie, un leader K'asho Got'ine qui est aujourd'hui favorable au pipeline et qui a si&#233;g&#233; quelques temps au conseil d'administration d'Aboriginal Pipeline Group, a exprim&#233; sans d&#233;tour ce qu'il en pensait &#224; la Commission Hornal : laisser les p&#233;troli&#232;res forer la r&#233;gion de Colville Lake, a-t-il pr&#233;venu, &#171; &lt;i&gt;d&#233;truirait notre base traditionnelle et nous emp&#234;cherait de vivre le mode de vie d&#233;n&#233;. Ce ne serait pas un d&#233;veloppement pour les K'asho Got'ine ; ce serait la fin des K'asho Got'ine. Ce serait un g&#233;nocide&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Transcription des audiences publiques de la Commission d'examen conjoint du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement pour T'Seleie et son peuple, il sera difficile d'&#233;viter l'h&#233;catombe. Le contrat &#224; l'origine d'Aboriginal Pipeline Group qui lie les autochtones aux p&#233;troli&#232;res ne le permet simplement pas. Selon les termes de ce contrat, les nations le long de la route du pipeline peuvent esp&#233;rer toucher le tiers des droits d'utilisation du gazoduc (et non pas du gaz), mais seulement dans l'&#233;ventualit&#233; que d'autres champs gaziers soient d&#233;velopp&#233;s. Tant que le pipeline n'attire pas de projets additionnels, la part des Autochtones reste en dessous de 5 % et l'exploitation de leurs terres ne leur rapporte presque rien. En clair : en adh&#233;rant &#224; l'Aboriginal Pipeline Group, les Autochtones ont abdiqu&#233; leur droit de contr&#244;ler le rythme du d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Trop d'argent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En octobre 2005, alors qu'il &#233;tait ministre de l'Environnement au sein du cabinet de Paul Martin, St&#233;phane Dion a fait une confidence d'une rare honn&#234;tet&#233; au journaliste am&#233;ricain Clifford Krauss : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas un seul ministre de l'Environnement sur cette plan&#232;te qui puisse emp&#234;cher le p&#233;trole de se faire extraire de la terre. Il y a trop d'argent en jeu.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Krauss, Clifford, &#171; In Canada's Wilderness, Measuring the Cost of Oil (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Comment, en effet, se montrer ferme quand on n&#233;gocie avec Exxon Mobil, la plus grosse compagnie priv&#233;e au monde, et qu'on n'est que le pauvre repr&#233;sentant du peuple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette souplesse naturelle des gouvernements face aux richissimes p&#233;troli&#232;res ne fait pas exception dans le Grand Nord. Depuis trois ans, Exxon et les autres promoteurs du Projet Mackenzie r&#233;clament des subventions au f&#233;d&#233;ral qui ne les lui refuse pas. Pour ne pas avoir l'air de qu&#234;ter avec les poches pleines, les compagnies pr&#233;f&#232;rent cependant parler de &#171; &lt;i&gt;cadre &#233;conomique&lt;/i&gt; &#187; ; de son c&#244;t&#233;, le gouvernement, qui ne veut pas donner l'impression qu'il enrichit les plus riches, parle d'&#171; &lt;i&gt;incitatifs fiscaux&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; en novembre 2005, la vice-premi&#232;re ministre lib&#233;rale Anne McLellan faisait parvenir une missive au consortium gazier dans laquelle elle annon&#231;ait que &#171; &lt;i&gt;le gouvernement du Canada s'&lt;/i&gt;[&#233;tait] &lt;i&gt;engag&#233; &#224; travailler avec vous en r&#233;ponse &#224; votre demande de bonification des modalit&#233;s financi&#232;res.&lt;/i&gt; &#187; Entre autres bonifications, la vice-premi&#232;re ministre sugg&#233;rait &#171; &lt;i&gt;l'acceptation de redevances en nature&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;des ajustements sym&#233;triques au r&#233;gime de redevances&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;diff&#233;rentes formes d'investissements f&#233;d&#233;raux dans une ou plusieurs composantes du projet&lt;/i&gt; &#187;. Peu importe la surench&#232;re de g&#226;teries, Anne McLellan assurait pourtant que &#171; &lt;i&gt;le gouvernement du Canada n'&lt;/i&gt;[&#233;tait] &lt;i&gt;pas pr&#234;t &#224; subventionner&lt;/i&gt; &#187; le gazoduc&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;McLellan, Ann, &#171; Lettre du gouvernement du Canada aux promoteurs du gazoduc (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Conservateurs, jadis prompts &#224; condamner les cabrioles langagi&#232;res de McLellan, se sont av&#233;r&#233;s tout aussi aptes &#224; se prononcer contre les subventions aux p&#233;troli&#232;res, tout en proposant&#8230; des subventions. Le 23 mai 2006, alors qu'il prenait part au d&#238;ner annuel de l'Association canadienne de pipelines d'&#233;nergie, &#224; Calgary, le ministre Jim Prentice d&#233;clarait aux repr&#233;sentants de l'industrie que &#171; des discussions [&#233;taient] en cours avec les promoteurs du Projet [Mackenzie] et d'autres intervenants, tels que le Mackenzie Explorer's Group, au sujet du r&#233;gime fiscal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Note pour une allocution prononc&#233;e par l'honorable Jim Prentice &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce jour, le f&#233;d&#233;ral et les p&#233;troli&#232;res ne se sont toujours pas entendus sur le moyen le plus s&#251;r de d&#233;guiser les subventions, mais il devient de plus en plus clair que le &#171; &lt;i&gt;r&#233;ajustement du r&#233;gime fiscal&lt;/i&gt; &#187; fera partie de l'&#233;quation. Il s'agit essentiellement de percevoir moins de redevances. C'est une &#233;ventualit&#233; pour le moins inqui&#233;tante quand on sait que le r&#233;gime de taxation des ressources naturelles en vigueur dans les territoires canadiens est d&#233;j&#224; &#171; &lt;i&gt;l'un des plus comp&#233;titifs au monde&lt;/i&gt; &#187;, pour reprendre l'expression d'une brochure du minist&#232;re des Affaires indiennes destin&#233;e aux investisseurs &#233;trangers. En vertu du &#171; R&#232;glement sur les redevances relatives aux hydrocarbures provenant des terres domaniales &#187;, un texte &#233;tabli en 1988 et qui n'a pas &#233;t&#233; r&#233;vis&#233; depuis 18 ans, le Nord offre un commode taux de type &#171; 1/5 &#187;. On pourrait croire que cela signifie qu'on exige des redevances de 20 %, mais en r&#233;alit&#233; il faut plut&#244;t comprendre que le taux commence &#224; 1 % et qu'il augmente par la suite de 1 % tous les 18 mois, jusqu'&#224; concurrence de 5 %. Des pinottes. En moyenne, le f&#233;d&#233;ral se contente de redevances cinq fois inf&#233;rieures &#224; ce que per&#231;oit l'Alberta, qui n'est pas la plus socialiste des provinces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2006, alors qu'il tentait d'&#233;touffer une &#233;ni&#232;me rumeur de subvention douteuse accord&#233;e au Projet Mackenzie, le ministre Jim Prentice a &#233;mis un communiqu&#233; dans lequel il a expliqu&#233; la position f&#233;d&#233;rale en mati&#232;re de d&#233;veloppement industriel nordique. &#171; &lt;i&gt;Toute allusion voulant que le projet soit motiv&#233; par des int&#233;r&#234;ts non commerciaux, comme l'emploi ou les politiques autochtones, est totalement incorrecte et non fond&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clarait le ministre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le communiqu&#233; &#233;mis le 18 mai 2006 a depuis &#233;t&#233; retir&#233; du site Internet du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;]. Qu'on se le tienne pour dit : pour Ottawa, la seule chose qui compte quand vient le temps de d&#233;cider si on d&#233;truira ou non le Nord et ses habitants, c'est la marge de profit des p&#233;troli&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut voir des s&#233;quences de la conf&#233;rence de presse sur YouTube : tapez &#171; Harper's last visit to the north &#187; dans votre moteur de recherche.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;McAllister Research, &#171; Conservation Issues are Top-of-Mind for NWT Residents &#187;, communiqu&#233; &#233;mis le 24 septembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Transcription des audiences publiques de la Commission d'examen conjoint du Projet Gazoduc Mackenzie, vol. 22, p. 2056, audience tenue &#224; Fort Good Hope le 11 avril 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Krauss, Clifford, &#171; In Canada's Wilderness, Measuring the Cost of Oil Profits &#187;, &lt;i&gt;The New York Times&lt;/i&gt;, 9 oct. 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;McLellan, Ann, &#171; Lettre du gouvernement du Canada aux promoteurs du gazoduc &#187;, minist&#232;re des Affaires indiennes et du Nord Canada, 17 novembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Note pour une allocution prononc&#233;e par l'honorable Jim Prentice &#224; l'occasion du d&#238;ner annuel de l'Association canadienne de pipelines d'&#233;nergie &#187;, minist&#232;re des Affaires indiennes et du Nord Canada, 23 mai 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le communiqu&#233; &#233;mis le 18 mai 2006 a depuis &#233;t&#233; retir&#233; du site Internet du minist&#232;re des Affaires indiennes et du Nord Canada.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Batiste Foisy&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur revient d'un s&#233;jour de quatre ans aux Territoires du Nord-Ouest. Il a publi&#233; pr&#232;s d'une centaine d'articles sur l'exploitation mini&#232;re et gazi&#232;re dans le Grand Nord canadien. Voir &#171; La conqu&#234;te du P&#244;le Nord et les autochtones &#187;, &lt;i&gt;AB !&lt;/i&gt;, no 22.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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