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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Quel principe sous-tend l'imposition ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Quel-principe-sous-tend-l</link>
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		<dc:date>2009-04-12T22:12:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Deneault</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Deneault, Alain</dc:subject>
		<dc:subject>Sociologie et anthropologie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le fisc ne se r&#233;duit pas &#224; un m&#233;canisme technique de redistribution de la richesse. C'est pour donner corps &#224; un principe civique sup&#233;rieur qu'il remplit cet office. Pointe d'&#233;pine dans le gras du riche, il rappelle &#224; ce dernier que l'enrichissement personnel est tributaire d'une organisation collective. Sans un contexte social structur&#233;, il n'y aurait nul lieu d'engranger des profits &#224; soi seul. &lt;br class='autobr' /&gt; Le titulaire de capitaux se sait donc redevable d'une structure collective. C'est pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Fiscalite-equitable-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Fiscalit&#233; &#233;quitable et justice sociale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Deneault-Alain-+" rel="tag"&gt;Deneault, Alain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sociologie-et-anthropologie-+" rel="tag"&gt;Sociologie et anthropologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton833.gif?1642092275' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;236&#034; height=&#034;367&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le fisc ne se r&#233;duit pas &#224; un m&#233;canisme technique de redistribution de la richesse. C'est pour donner corps &#224; un principe civique sup&#233;rieur qu'il remplit cet office. Pointe d'&#233;pine dans le gras du riche, il rappelle &#224; ce dernier que l'enrichissement personnel est tributaire d'une organisation collective. Sans un contexte social structur&#233;, il n'y aurait nul lieu d'engranger des profits &#224; soi seul.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le titulaire de capitaux se sait donc redevable d'une structure collective. C'est pour refouler cette id&#233;e et annuler cette dette dont il ne veut en rien avoir conscience qu'il s'attaque &#224; l'imp&#244;t avec opini&#226;tret&#233;. Le principe fiscal qui tombe sous le sens, voil&#224; que la rh&#233;torique financi&#232;re cherche depuis des d&#233;cennies &#224; taire, sinon &#224; faire passer pour anomalie. &#171; Trop d'imp&#244;ts &#187;. Cette expression demeure r&#233;currente chez des nantis qui, pourtant, toute proportion gard&#233;e, en paient fort peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les adversaires du fisc s'y opposent eux aussi tant&#244;t du point de vue de sa structure technique, tant&#244;t du point de vue de son principe philosophique. R&#233;duit au r&#244;le de m&#233;canisme technique de redistribution de la richesse, le fisc appara&#238;t &#171; vorace &#187;. Du point de vue de son principe, le fisc heurte la morale de la discr&#233;tion et se montre effront&#233;. Bref, il s'ing&#232;re dans la vie priv&#233;e, ce qui est immoral, et de surcro&#238;t, c'est pour en demander &#171; trop &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux griefs viendront jusqu'&#224; l&#233;gitimer politiquement et moralement l'existence de ces &#233;chappatoires politiques que sont les paradis fiscaux et judiciaires. C'est selon ce premier point de vue que le magazine &#233;conomique fran&#231;ais &lt;i&gt;Challenges&lt;/i&gt; les justifie. Spirituel, il rebaptise l'Imp&#244;t de solidarit&#233; sur la fortune (ISF) qu'il juge trop lourd par &#171; l'Incitation &#224; sortir de la France &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Livraison du 31 mai 2007&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Suisse, c'est philosophiquement que les derniers tenants du secret bancaire d&#233;fendront les dispositions &lt;i&gt;offshore&lt;/i&gt; de ce pays, en y voyant le reflet de ses &#171; valeurs &#187; que soutient ce petit pays parmi les derniers d&#233;fenseurs de la &#171; libert&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sylvain BESSON, L'argent secret des paradis fiscaux, notamment les pp. 178 &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Chantre des paradis fiscaux, Gr&#233;goire Duhamel rench&#233;rit : les paradis fiscaux pr&#233;munissent les derniers d&#233;fenseurs de la libert&#233; contre l'&#171; inquisition &#187; et le &#171; kidnapping &#187; fiscaux de l'Union europ&#233;enne et de ses &#201;tats de droit aux r&#233;flexes &#171; marxistes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gr&#233;goire DUHAMEL, Les paradis fiscaux, Paris, Grancher, 2006.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre culture, de telles d&#233;clarations foisonnent. L'imposition quasi nulle des juridictions &lt;i&gt;offshore&lt;/i&gt; permet aux ayants droit de se soustraire aux dispositions techniques du fisc. Le secret bancaire qui y pr&#233;vaut leur permet pour sa part de d&#233;nier le lien de causalit&#233; qui lie le riche &#224; l'ensemble social. C'est la raison pour laquelle on parle de paradis fiscaux et judiciaires. Sur son &#238;le imaginaire, il ira contempler sa montagne d'or comme une affaire qui lui est propre et exclusive.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Relire Georg Simmel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La collectivit&#233; peut se d&#233;fendre face &#224; ces sophismes en relisant l'essai de Georg Simmel intitul&#233; &lt;i&gt;Secret et soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Georg Simmel, Secret et soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes, Paris, Circ&#233;, coll. &#171; Poche &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'auteur revient sur des donn&#233;es aussi fondamentales que contradictoires quant &#224; l'imp&#233;ratif du secret en soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 &#8211; &lt;strong&gt;Oui&lt;/strong&gt;, le secret est indispensable au bon d&#233;roulement de la vie psychologique, sociale et administrative. Ne serait-ce que d'un point de vue psychologique, on ne saurait souffrir que tous s'&#233;panchent quant &#224; tout ce qui les regarde, sans discr&#233;tion aucune. L'appr&#233;ciation d'autrui n&#233;cessite une part cach&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Les forces que l'on consid&#232;re comme socialisantes par excellence, telles que l'entente, l'harmonie, l'action commune, doivent &#234;tre m&#234;l&#233;es d'une certaine part de distance, de concurrence, de r&#233;pulsion, afin de produire la configuration r&#233;elle de la soci&#233;t&#233; ; les formes organisatrices stables, qui semblent constituer la soci&#233;t&#233; en tant que telle, ou y tendre, doivent &#234;tre constamment perturb&#233;es, d&#233;s&#233;quilibr&#233;es, rong&#233;es par des forces irr&#233;guli&#232;res individualistes, afin qu'en c&#233;dant et en r&#233;sistant, leurs mouvements de r&#233;action et d'&#233;volution prennent vie&lt;/i&gt; &#187;. ( p. 19)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- &lt;strong&gt;Non&lt;/strong&gt;, le secret n'a pas n&#233;cessairement sa place. La lev&#233;e du secret s'impose pour permettre une organisation &#233;l&#233;mentaire du fait collectif. On ne saurait imaginer quelque forme de rapport des uns envers les autres sans pouvoir conna&#238;tre et reconna&#238;tre l'autre &#224; quelques-uns de ses traits. Savoir minimalement avec qui on interagit s'impose pour engager quelque rapport que ce soit. &#171; &lt;i&gt;Le commer&#231;ant sait que son partenaire en affaires veut acheter au prix le plus bas et vendre le plus cher possible.&lt;/i&gt; &#187; (p. 7) La vie sociale, par d&#233;finition, entame le secret. Le pur secret interdit la vie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pour les principes. L'argumentaire des d&#233;fenseurs &#171; moraux &#187; du &#171; moins d'imp&#244;ts &#187; et des paradis fiscaux s'affaire &#224; confondre le moment o&#249; il convient socialement de d&#233;fendre le secret et celui o&#249; il sied de s'y attaquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profitant de ce que nos m&#339;urs conviennent de la part irr&#233;ductible du secret dans notre organisation sociale, ils s'empressent d'inscrire les affaires financi&#232;res priv&#233;es sous la cat&#233;gorie &#233;thique de la discr&#233;tion, et associent donc &#224; des signes de vulgarit&#233; effront&#233;e toute vell&#233;it&#233; du fisc &#224; enqu&#234;ter sur les actifs personnels des uns et des autres. Les anath&#232;mes de nos fiscalistes pro-&lt;i&gt;offshore&lt;/i&gt;, qui les am&#232;nent &#224; traiter d'&#171; escroquerie &#187; et d'&#171; hypocrisie &#187; les &#171; paradis de fonctionnaires &#187; que constituent les &#201;tats de droit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces finesses sont tir&#233;es du dernier Guide&#8230; d'&#201;douard CHAMBOST, op. cit.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, reposent sur une telle confusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la part de secret que cherchent &#224; cultiver les int&#233;ress&#233;s des centres &lt;i&gt;offshore&lt;/i&gt; passe pr&#233;cis&#233;ment, chez Simmel, pour celle qui gagne &#224; demeurer publique. Il rappelle que la divulgation de l'information a &#233;t&#233; rendue n&#233;cessaire par les grandes transitions &#171; d&#233;mocratiques &#187; de la modernit&#233;. Il ne s'agit m&#234;me pas l&#224; d'&lt;i&gt;imaginer&lt;/i&gt; un monde meilleur. Simmel explique cet &#233;tat de fait par le d&#233;veloppement technologique et l'&#233;conomie de cr&#233;dit de la d&#233;mocratie lib&#233;rale. Ceux-ci rendent l'acteur moderne tributaire d'une s&#233;rie infinie de donn&#233;es entre elles correspondantes, qui peuvent le conduire &#224; sa perte si elles se r&#233;v&#232;lent fausses ou erron&#233;es. &#192; cette &#233;chelle d'organisation, plus les responsables d'activit&#233;s se d&#233;roulant &#224; large &#233;chelle sont contraints &#224; la v&#233;rit&#233;, plus la grande entreprise se verra en mesure de vanter les m&#233;rites de ses produits sans susciter de soup&#231;ons, ou plus l'&#201;tat sera capable de pr&#233;senter ses comptes sans qu'on juge qu'il les maquille. &#171; &lt;i&gt;L'&lt;/i&gt;information &lt;i&gt;qui tend &#224; &#233;liminer les contrev&#233;rit&#233;s &#224; l'&#339;uvre dans la vie sociale a un caract&#232;re tout &#224; fait d&#233;mocratique&lt;/i&gt; &#187;. (p. 18)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce principe s'est impos&#233; &#224; la modernit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Au XIXe si&#232;cle, la publicit&#233; s'empare des affaires de l'&#201;tat, &#224; un point tel que dor&#233;navant les gouvernements publient eux-m&#234;mes les donn&#233;es que jusque-l&#224; les r&#233;gimes se croyaient oblig&#233;s de tenir secr&#232;tes pour pouvoir subsister.&lt;/i&gt; &#187; (p. 48) Cette exigence nouvelle p&#232;sera progressivement sur les citoyens de l'&#201;tat. L'&#201;tat occupe alors cette fonction paradoxale qui consiste &#224; garantir ce qui rel&#232;ve de la vie priv&#233;e tout en contraignant la r&#233;v&#233;lation de donn&#233;es n&#233;cessaires au maintien des formes de vie collective. En cela se d&#233;finira une double tendance de la d&#233;mocratie lib&#233;rale, &#171; &lt;i&gt;le public devient de plus en plus public, le priv&#233; de plus en plus priv&#233;.&lt;/i&gt; &#187; (p. 48) Et l'interd&#233;pendance s'accro&#238;t entre ces sph&#232;res publiques comme priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La sp&#233;cificit&#233; de l'argent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La chose est d'autant plus n&#233;cessaire que l'argent &#8211; un m&#233;dia dont l'importance a cr&#251; sans commune mesure dans la modernit&#233; &#8211; est lui-m&#234;me garant de secrets : il ne t&#233;moigne pas lui-m&#234;me de la fa&#231;on dont il a &#233;t&#233; acquis, il n'engage donc en rien la personne de son titulaire lorsqu'il est investi (par exemple dans une soci&#233;t&#233; par actions) et son utilisation n'exige en rien &#171; &lt;i&gt;que les uns connaissent les autres psychologiquement.&lt;/i&gt; &#187; (p. 21) L'argent n'a pas d'odeur ; il ne conserve aucune trace de tout l'itin&#233;raire qu'il a fait pour arriver l&#224; o&#249; on le trouve. &#171; &lt;i&gt;Depuis que la circulation &#233;conomique des biens se fait par le moyen de la monnaie, elle peut s'effectuer dans une certaine clandestinit&#233; qui lui &#233;tait interdite autrefois.&lt;/i&gt; &#187; (p. 46)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas de figure, le moi tend &#224; s'identifier de fa&#231;on morbide &#224; sa richesse priv&#233;e. Ses actifs et acquis lui conf&#232;rent sa personnalit&#233; et sa stature sociale. &#171; &lt;i&gt;La propri&#233;t&#233;, c'est ce qui ob&#233;it &#224; la volont&#233; de son propri&#233;taire, comme le fait, avec une simple diff&#233;rence de degr&#233;, notre corps, qui est notre &#8220;bien&#8221; premier&lt;/i&gt; &#187; (p. 27). Associer ses biens mat&#233;riels &#224; son corps, voire &#224; sa personne propre, &#224; son for, son &lt;i&gt;coffre-for&lt;/i&gt;, voil&#224; certes une strat&#233;gie rh&#233;torique, mais aussi une impression vive longtemps cultiv&#233;e par la bourgeoisie. C'est parce que le bourgeois attribue aux m&#233;rites de sa propre personne, et non &#224; une certaine organisation sociale, la puissance d'accumulation de ses actifs, qu'il fait bon imaginer d&#232;s le XIXe si&#232;cle l'agent du fisc sonner chez lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela entra&#238;nera la r&#233;plique historique qu'on conna&#238;t jusqu'&#224; maintenant : le fisc et ses agents seraient des agresseurs violant l'intimit&#233; d'autrui. On aura beau jeu au XXe si&#232;cle de justifier leur exil fiscal dans les paradis fiscaux par l'effronterie d'un fisc qui s'ing&#232;re dans leurs affaires comme dans leur &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt;. Simmel disait de la discr&#233;tion qu'elle &#171; &lt;i&gt;n'est autre que le sentiment du droit appliqu&#233; &#224; la sph&#232;re des contenus existentiels incommunicables.&lt;/i&gt; &#187; (p. 27) C'est &#224; cela qu'on se r&#233;f&#232;re comme si l'honneur des sujets &#233;tait subitement en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout cela est un peu court. Ce que le fisc vient plut&#244;t rappeler, au-del&#224; des seules questions de justice sociale qui tombent sous le sens (la r&#233;partition des richesses&#8230;), c'est qu'&#171; &lt;i&gt;aujourd'hui, le secret de la personne est plus limit&#233; sociologiquement&lt;/i&gt; &#187;. La possession priv&#233;e d'un sujet s'explique par un ordre institu&#233; des choses. Paradoxalement, c'est &#224; travers diff&#233;rentes structures et institutions sociales que se dessine la possibilit&#233; pour un sujet de cultiver ce qui, par-devers lui, constituera son secret. L'imp&#244;t rappelle seulement cette contrepartie, &#224; savoir que tout priv&#233; qu'il soit, ce&lt;i&gt; coffre-for&lt;/i&gt; int&#233;rieur reste redevable de l'organisation sociale. &#171; &lt;i&gt;On ne peut pas approuver dans l'absolu le droit de cette propri&#233;t&#233; priv&#233;e, pas plus dans le domaine de l'esprit que dans le domaine mat&#233;riel. Nous savons que dans une civilisation sup&#233;rieure, cette propri&#233;t&#233; mat&#233;rielle, avec ses trois aspects &#8211; acqu&#233;rir, assurer, faire fructifier &#8211; ne repose jamais sur les seules forces de l'individu, mais qu'elle a besoin pour y parvenir des conditions et des forces du milieu social.&lt;/i&gt; &#187; (p. 28)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; droit de l'ensemble &#187;, qu'il se traduise par une restriction du droit &#224; la propri&#233;t&#233; ou &#171; par l'imp&#244;t &#187; , conditionne la possibilit&#233; de ce que Simmel appelle, au sens large comme restreint, le &#171; commerce &#187; entre les int&#233;ress&#233;s. La propri&#233;t&#233; priv&#233;e d&#233;pend de la possibilit&#233; de ce commerce et ne saurait &#234;tre d&#233;fendue de fa&#231;on &#233;tanche d&#232;s lors que le tout social qui l'autorise se trouve menac&#233;. &#171; &lt;i&gt;Car il est n&#233;cessaire, dans l'int&#233;r&#234;t du commerce entre les hommes et de la coh&#233;sion sociale, que l'un sache certaines choses sur l'autre, et l'autre n'a pas le droit de s'y opposer d'un point de vue moral, ni d'exiger la discr&#233;tion c'est-&#224;-dire la possession pleine et enti&#232;re de son &#234;tre et de sa conscience au risque m&#234;me de l&#233;ser les int&#233;r&#234;ts de la soci&#233;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187; (p. 28)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite rel&#232;ve d'un d&#233;bat politique et historique. O&#249; doit advenir la fronti&#232;re entre l'intime et le public ? &#171; &lt;i&gt;Aucune norme g&#233;n&#233;rale ne peut pr&#233;juger&lt;/i&gt; &#187; de la finesse et de la complexit&#233; de cette question philosophique. C'est parce qu'il reste difficile, voire impossible, de d&#233;terminer &#171; &lt;i&gt;les limites l&#233;gales d'une telle invasion&lt;/i&gt; &#187; (p. 29) publique que les tenants de la discr&#233;tion &#224; tout crin ont eu beau jeu de se dire l&#233;s&#233;s et de d&#233;velopper en guise de r&#233;plique une multitude de &#171; produits financiers &#187; &lt;i&gt;offshore&lt;/i&gt;. Ils profitent aussi de l'existence absolue du secret l&#224;-bas pour le faire passer comme essentiel au d&#233;veloppement spirituel de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'absence de m&#233;diation permettant le &lt;i&gt;commerce&lt;/i&gt; entre les gens peut provoquer le pire. &#171; &lt;i&gt;Si le secret n'est pas li&#233; directement au mal, le mal est li&#233; directement au secret.&lt;/i&gt; &#187; (p. 41) Et personne ne s'&#233;tonnera que les fonds de l'&#233;vasion fiscale se confondent &lt;i&gt;offshore&lt;/i&gt; &#224; ceux de la fraude internationale et de la grande criminalit&#233;. Une question historique se pose maintenant : jusqu'o&#249;, ind&#233;pendamment de leurs diff&#233;rentes all&#233;geances politiques, les acteurs de la vie sociale admettront-ils cette entorse aux principes de la d&#233;mocratie lib&#233;rale ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Livraison du 31 mai 2007&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sylvain BESSON, &lt;i&gt;L'argent secret des paradis fiscaux&lt;/i&gt;, notamment les pp. 178 &#224; 180.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gr&#233;goire DUHAMEL, &lt;i&gt;Les paradis fiscaux&lt;/i&gt;, Paris, Grancher, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Georg Simmel, &lt;i&gt;Secret et soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes&lt;/i&gt;, Paris, Circ&#233;, coll. &#171; Poche &#187;, 1996. Les autres r&#233;f&#233;rences &#224; ce livre sont indiqu&#233;es dans cet article par leur num&#233;ro de page.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces finesses sont tir&#233;es du dernier Guide&#8230; d'&#201;douard CHAMBOST, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Alain Deneault&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaire Mondialisation, citoyennet&#233; et d&#233;mocratie de l'UQAM&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Barrick Gold contre la libert&#233; d'expression</title>
		<link>https://www.ababord.org/Barrick-Gold-contre-la-liberte-d</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Barrick-Gold-contre-la-liberte-d</guid>
		<dc:date>2008-09-10T04:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Deneault, Le Collectif de la revue &#192; b&#226;bord !</dc:creator>


		<dc:subject>Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Poursuites b&#226;illon (SLAPP)</dc:subject>
		<dc:subject>Le Collectif de la revue &#192; b&#226;bord !</dc:subject>
		<dc:subject>Deneault, Alain</dc:subject>
		<dc:subject>Editoriaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Barrick Gold est une grosse compagnie. Premi&#232;re dans l'extraction mini&#232;re de l'or, elle affiche des profits de 514 millions $ au premier trimestre 2008 et a produit 1,7 millions d'onces d'or de janvier &#224; mars. L'augmentation du cours de l'or permet &#224; ses actions de s'envoler en Bourse et &#224; ses actionnaires d'empocher d'importants profits. Sur son site Internet, dans la section &#171; Vision &amp; Values &#187;, la compagnie se vante d'adopter des &#171; comportements responsables &#187;, d'apporter &#171; des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-25-ete-2008-" rel="directory"&gt;No 025 - &#233;t&#233; 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cies-minieres-et-petrolieres-+" rel="tag"&gt;Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Poursuites-baillon-SLAPP-+" rel="tag"&gt;Poursuites b&#226;illon (SLAPP)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Le-Collectif-de-la-revue-A-babord-+" rel="tag"&gt;Le Collectif de la revue &#192; b&#226;bord !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Deneault-Alain-+" rel="tag"&gt;Deneault, Alain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Editoriaux-+" rel="tag"&gt;Editoriaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton185.jpg?1642092156' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;267&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Barrick Gold est une grosse compagnie. Premi&#232;re dans l'extraction mini&#232;re de l'or, elle affiche des profits de 514 millions $ au premier trimestre 2008 et a produit 1,7 millions d'onces d'or de janvier &#224; mars. L'augmentation du cours de l'or permet &#224; ses actions de s'envoler en Bourse et &#224; ses actionnaires d'empocher d'importants profits. Sur son site Internet, dans la section &#171; Vision &amp; Values &#187;, la compagnie se vante d'adopter des &#171; &lt;i&gt;comportements responsables&lt;/i&gt; &#187;, d'apporter &#171; &lt;i&gt;des b&#233;n&#233;fices &#224; long terme aux communaut&#233;s chez lesquelles elle exploite des mines&lt;/i&gt; &#187; et d'encourager &#171; &lt;i&gt;une culture de l'excellence et de collaboration avec ses employ&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Deneault et ses collaborateurs Delphine Abadie et William Sacher ne sont pas d'accord avec cette vision idyllique que la compagnie se donne d'elle-m&#234;me et l'expriment dans un livre solidement document&#233;, &lt;i&gt;Noir Canada&lt;/i&gt;, publi&#233; aux &#201;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233;. Ces auteurs ne sont pas les seuls &#224; partager cette opinion, loin de l&#224;. En fait, les succ&#232;s de Barrick, comme ceux de la majorit&#233; des compagnies mini&#232;res, sont associ&#233;s &#224; des pratiques plus que douteuses : destruction de l'environnement, corruption, pillage. Que ce soit en Am&#233;rique du Sud, en Australie ou en Afrique, Barrick a &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;e &#224; r&#233;p&#233;tition pour ses pratiques inacceptables par nombre d'ONG, associations environnementales, d&#233;fenseurs des droits de la personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les d&#233;tracteurs de Barrick sont nombreux, c'est pourtant &#224; Alain Deneault, &#224; ses collaborateurs et aux &#201;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233; que la compagnie a choisi de s'en prendre tout r&#233;cemment, m&#234;me si ces auteurs ne font que reprendre, dans une synth&#232;se d'une grande qualit&#233;, des travaux ex&#233;cut&#233;s par d'autres et des textes provenant de sources dignes de confiance. Un jour avant que le livre ne soit distribu&#233; en librairie, Barrick a adress&#233; une mise en demeure aux auteurs et &#224; l'&#233;diteur, les accusant d'all&#233;gations &#171; &lt;i&gt;fausses et diffamatoires&lt;/i&gt; &#187; au sujet de mineurs artisanaux enterr&#233;s vivants lors d'une expropriation en Tanzanie. Puis, le couperet est tomb&#233; : puisque le livre est paru en d&#233;pit des menaces de la compagnie, celle-ci poursuit les auteurs et l'&#233;diteur pour la modique somme de 6 millions $.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barrick est g&#233;ante, mais &#201;cosoci&#233;t&#233; est un petit &#233;diteur. Organisme sans but lucratif, cette maison d'&#233;dition a fait jusqu'&#224; aujourd'hui un travail remarquable, publiant des auteurs respect&#233;s tels Serge Mongeau, Laure Waridel et Jacques B. G&#233;linas. Ses diverses parutions sont devenues un jalon incontournable dans l'expression de la diversit&#233; des id&#233;es au Qu&#233;bec. Il va de soi, &#233;tant donn&#233; le montant de la poursuite, qu'il s'agit ici d'une poursuite-b&#226;illon, ou SLAPP, et que Barrick porte directement atteinte &#224; la libert&#233; d'expression. &lt;br class='autobr' /&gt;
Riche, puissante, profitant &#224; fond du paradis judiciaire qu'est le Canada pour les compagnies mini&#232;res, ma&#238;trisant avec aisance l'art du lobbying et incluant dans son Conseil d'administration nul autre que l'ex-premier ministre Brian Mulroney, Barrick trouve qu'elle n'en a pas assez. Elle doit se faire en plus censeur, contr&#244;ler la libre pens&#233;e, menacer, s'attaquer &#224; des chercheurs comp&#233;tents qui n'ont d'autre int&#233;r&#234;t que de mettre courageusement au jour des agissements n&#233;fastes. Choisir le b&#226;illon contre un d&#233;tracteur ouvre plut&#244;t mal le d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ce que raconte &lt;i&gt;Noir Canada&lt;/i&gt; nous concerne tous. Personne ne peut rester insensible &#224; la d&#233;rive d'un continent tout entier. Personne ne peut &#234;tre indiff&#233;rent au sort de l'Afrique, au pillage syst&#233;matique dont elle est victime, aux guerres qui la d&#233;chirent, tr&#232;s souvent provoqu&#233;es par la volont&#233; de s'approprier des richesses naturelles, &#224; la corruption qui la gangr&#232;ne, encourag&#233;e par des corrupteurs avides de ces richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a soulign&#233; &#224; plusieurs reprises Alain Deneault, &#171; &lt;i&gt;le d&#233;bat que ce livre cherche &#224; inscrire dans la sph&#232;re publique est d'autant plus l&#233;gitime que les actifs des Canadiens (fonds de retraite, RE&#201;R, fonds publics&#8230;) sont souvent indirectement investis dans ces soci&#233;t&#233;s via la Bourse de Toronto.&lt;/i&gt; &#187; Le syst&#232;me &#233;conomique qui est le n&#244;tre, avec la privatisation des fonds de retraite et l'app&#233;tit toujours plus grand pour un retour &#233;lev&#233; sur les investissements, rend nombre d'&#233;pargnants complices de pratiques douteuses de grandes compagnies, qu'ils le veuillent ou non. Un livre qui souligne ce lien et force &#224; r&#233;fl&#233;chir sur la responsabilit&#233; des investisseurs, m&#234;me petits, devrait &#234;tre port&#233; tr&#232;s haut sur la place publique plut&#244;t que b&#226;illonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans une longue et &#233;puisante bataille que s'engagent les &#201;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233; et les auteurs de &lt;i&gt;Noir Canada&lt;/i&gt;. &#192; une &#233;chelle nettement plus restreinte, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; a aussi subi une poursuite portant atteinte &#224; la libert&#233; d'expression. Ainsi, le danger d'une g&#233;n&#233;ralisation de ces tentatives d'intimidation nous inqui&#232;te grandement. Il est donc urgent pour le gouvernement du Qu&#233;bec d'adopter de toute urgence une loi anti-SLAPP contraignante et r&#233;troactive, de fa&#231;on &#224; prot&#233;ger toutes les organisations des poursuites abusives. Par solidarit&#233;, par un sens &#233;l&#233;mentaire de la justice et parce que nous tenons plus que tout aux valeurs d&#233;mocratiques, nous offrons notre soutien &#224; Alain Deneault, Delphine Abadie, William Sacher et aux &#201;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233;. Nous invitons nos lecteurs et lectrices &#224; leur manifester fermement leur appui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://slapp.ecosociete.org" class="spip_out"&gt;Solidarit&#233; avec &#201;cosoci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;Collectif&lt;/strong&gt; de la revue &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Deneault, avec la collaboration de Delphine Abadie et William Sacher, &lt;i&gt;Noir Canada. Pillage, corruption et criminalit&#233; en Afrique&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C'est la lutte fiscale</title>
		<link>https://www.ababord.org/C-est-la-lutte-fiscale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/C-est-la-lutte-fiscale</guid>
		<dc:date>2008-08-13T11:54:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Deneault</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Deneault, Alain</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#201;tat-clochard ne se conna&#238;t plus d'ambition ni d'autorit&#233;. Les motivations ayant jadis pr&#233;sid&#233; &#224; l'&#233;laboration des infrastructures et institutions publiques &#8212; l'&#233;laboration d'un bien commun garanti par l'&#201;tat &#8212; ont &#233;t&#233; perdues de vue. Ces derni&#232;res se sont donc &#233;rod&#233;es. Le principal sympt&#244;me de cette impuissance se r&#233;v&#232;le l'incapacit&#233; du fisc &#224; faire autorit&#233; aupr&#232;s des puissances financi&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt; Les acquis des ann&#233;es 1960 &#8212; &#233;poque de la modernisation du Qu&#233;bec &#8212; chancellent ensemble : des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-22-dec-2007-jan-2008-" rel="directory"&gt;No 022 - d&#233;c. 2007 / jan. 2008&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Deneault-Alain-+" rel="tag"&gt;Deneault, Alain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton411.jpg?1642092268' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;397&#034; height=&#034;312&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#201;tat-clochard ne se conna&#238;t plus d'ambition ni d'autorit&#233;. Les motivations ayant jadis pr&#233;sid&#233; &#224; l'&#233;laboration des infrastructures et institutions publiques &#8212; l'&#233;laboration d'un bien commun garanti par l'&#201;tat &#8212; ont &#233;t&#233; perdues de vue. Ces derni&#232;res se sont donc &#233;rod&#233;es. Le principal sympt&#244;me de cette impuissance se r&#233;v&#232;le l'incapacit&#233; du fisc &#224; faire autorit&#233; aupr&#232;s des puissances financi&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les acquis des ann&#233;es 1960 &#8212; &#233;poque de la modernisation du Qu&#233;bec &#8212; chancellent ensemble : des viaducs s'affaissent ou risquent de le faire, un carrefour du centre-ville de Montr&#233;al s'&#233;ventrerait si on ne le retenait pas par des moyens de fortune, une universit&#233; publique que l'on s'offre en &lt;i&gt;potlatch&lt;/i&gt;, des h&#244;pitaux dont on sort plus malade et d&#233;prim&#233; qu'on y est entr&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de d&#233;bats secondaires ou partiels, l'heure a sonn&#233; de r&#233;fl&#233;chir globalement aux moyens d'entretenir, de consolider et de d&#233;velopper le bien public, en &#233;vitant de c&#233;der pr&#233;cipitamment &#224; l'id&#233;e empreinte de religiosit&#233; voulant que le march&#233; puisse aveugl&#233;ment r&#233;gler toutes ces questions, si l'on venait &#224; privatiser notre richesse publique aux fins de la marchandisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bien public n'existe, digne de ce nom, qu'&#224; deux conditions : l'instance publique qui est charg&#233;e d'en faire valoir le principe doit effectivement y croire et militer en sa faveur ; les institutions et infrastructures qui en sont le r&#233;sultat doivent &#234;tre ad&#233;quatement financ&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le fisc comme r&#233;v&#233;lateur de la d&#233;mocratisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; une impression malheureusement partag&#233;e, la fiscalit&#233; n'est pas une affaire d'experts et de sp&#233;cialistes. Elle est au contraire l'instrument privil&#233;gi&#233; de mesure de l'&#233;tat de d&#233;mocratisation d'une soci&#233;t&#233;. Dans un essai brillant, &lt;i&gt;Secret et soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes&lt;/i&gt;, le philosophe allemand Georg Simmel pr&#233;sentait le fisc comme l'&#233;pine qui rappelle aux titulaires de biens priv&#233;s qu'ils doivent n&#233;cessairement leurs titres de propri&#233;t&#233;s &#224; un ordre social donn&#233;, aux modalisations de la culture et donc, en derni&#232;re instance, &#224; autrui. &#171; &lt;i&gt;On ne peut pas approuver dans l'absolu le droit de cette propri&#233;t&#233; priv&#233;e,&lt;/i&gt; &#233;crivait-il, &lt;i&gt;pas plus dans le domaine de l'esprit que dans le domaine mat&#233;riel. Nous savons que dans une civilisation sup&#233;rieure, cette propri&#233;t&#233; mat&#233;rielle, avec ses trois aspects &#8211; acqu&#233;rir, assurer, faire fructifier &#8211; ne repose jamais sur les seules forces de l'individu, mais qu'elle a besoin pour y parvenir des conditions et des forces du milieu social.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, repr&#233;senter le fisc comme un intrus malpoli s'ing&#233;rant dans les affaires intimes de la finance personnelle, s'en mettre hors de port&#233;e gr&#226;ce &#224; des abris fiscaux vot&#233;s par des amis en place dans les milieux du pouvoir politique ou gr&#226;ce aux canaux de l'&#233;vasion bancaire vers les paradis fiscaux&#8230; consistent &#224; nier un principe qui nous est fondamental. Personne n'est ici-bas &lt;i&gt;autonome&lt;/i&gt; de part en part et redevable qu'&#224; lui-m&#234;me. Un ordre de la collectivit&#233; pr&#233;vaut plut&#244;t dans l'ordonnancement des fonctions et des parts qui profite tant aux ayants droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paradis fiscaux ne sont pas seulement &#224; concevoir comme des &lt;i&gt;ailleurs&lt;/i&gt; o&#249; &lt;i&gt;fuit&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;s'&#233;vade&lt;/i&gt; le capital, mais tels des p&#244;les autonomes o&#249; s'&#233;rigent progressivement, rapidement, les formes positives de nouveaux pouvoirs. C'est ce que j'appelle &#171; la souverainet&#233; offshore &#187;. L&#224;, des institutions financi&#232;res puissantes, de nombreuses filiales de multinationales, des chambres de compensation aveugles, des trafiquants incontr&#244;l&#233;s de toute engeance, des armateurs douteux, des sous-traitants libres de toute contrainte dans les zones franches de travail permettent l'&#233;laboration d'institutions &#171; bis &#187; face auxquelles nos &#201;tats de droit ne font plus le poids.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ensuit dans nos &#201;tats un v&#233;ritable &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; fiscal, juridique et normatif. &#171; Bon &#233;l&#232;ve &#187; dans l'ordre mondial de la &lt;i&gt;gouvernance&lt;/i&gt;, le Qu&#233;bec, par exemple, cherche &#224; accueillir par tous les moyens possibles les soci&#233;t&#233;s priv&#233;es, notamment en affichant son faible co&#251;t d'imposition sur les investissements priv&#233;s &#8212; &#171; 9,9 % &#187; ! &#8212; &#224; la mani&#232;re d'un prix &#233;tiquet&#233; sur les babioles &#224; bon march&#233; que nous offrent les bazars. Le gouvernement f&#233;d&#233;ral feint, lui, toujours, de croire que la menace offshore vient des petits filous qui cherchent &#224; planquer leur bas de laine dans les &#201;tats-confettis d&#233;gag&#233;s d'imposition, pour n'&#233;voquer jamais ces autoroutes de l'argent sale que constitue le r&#233;seau de centres financiers occultes. Pendant ce temps, le corridor fiscal entre le Canada et la Barbade, permettant d'introduire au pays des fonds qui ont &#233;t&#233; pratiquement exempts d'imp&#244;ts, continue d'exister. Pis, Halifax tend &#224; concurrencer aujourd'hui les Bermudes dans certains secteurs de l'activit&#233; financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, nous connaissons la valeur de ce que ce pays a &#224; offrir, et le prix qu'il en co&#251;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les actifs canadiens inscrits offshore s'&#233;l&#232;veraient, selon Statistique Canada, &#224; au moins 88 milliards $ CAN, nous nous d&#233;couvrons confront&#233;s &#224; des partis politiques qui confondent tous les maux &#233;conomiques de l'&#233;poque &#224; leur rem&#232;de (privatisations, primat de l'investissement priv&#233;, &#171; gouvernance &#187;, diminution des imp&#244;ts&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, il importe maintenant, prestement, de penser la fa&#231;on dont le fisc saura imposer convenablement des d&#233;tenteurs abusifs de capitaux (plut&#244;t que de subventionner &#224; l'absurde la moindre &#171; cr&#233;ation d'emploi &#187;), tout en luttant fermement contre l'&#233;vasion fiscale vers l'ext&#233;rieur et en abolissant, &#224; l'int&#233;rieur, les abris fiscaux qui sont injustifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, les d&#233;positaires de la raison d'&#201;tat qui occupent aujourd'hui le pouvoir ne proc&#233;deront pas &#224; cela de leur propre gr&#233;, et il faudra les &lt;i&gt;accompagner&lt;/i&gt;. C'est pourquoi il importe maintenant d'inscrire la question fiscale ainsi que le probl&#232;me de l'&#233;vasion des capitaux dans les plaidoyers que nous faisons respectivement pour l'entretien et le d&#233;veloppement de nos infrastructures, le financement coh&#233;rent et soutenu de nos institutions de recherche et d'enseignement de m&#234;me que pour l'&#233;laboration de politiques rigoureuses de sant&#233; publique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alain Deneault&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chercheur ind&#233;pendant et auteur de &lt;i&gt;Paul Martin et compagnies&lt;/i&gt; (VLB, 2004) et de &lt;i&gt;Noir Canada&lt;/i&gt; (&#201;cosoci&#233;t&#233;, 2008).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La haine de la d&#233;mocratie</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-haine-de-la-democratie</link>
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		<dc:date>2008-07-27T15:32:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Deneault</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Deneault, Alain</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jacques Ranci&#232;re, La haine de la d&#233;mocratie, La Fabrique, Paris, 2005 &lt;br class='autobr' /&gt; L'anarchie au fondement de l'oligarchie &#171; d&#233;mocratique &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme il l'avait fait quant &#224; sa th&#233;orie esth&#233;tique dans Le Destin des images , Jacques Ranci&#232;re, dans La Haine de la d&#233;mocratie, met sa pens&#233;e politique &#224; l'&#233;preuve du pr&#233;sent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Peu de contributions pouvaient aussi efficacement remettre les pendules &#224; l'heure sur les enjeux contemporains touchant &#224; la &#171; d&#233;mocratie &#187;. L'auteur de La M&#233;sentente &#8211; pour qui la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-12-dec-2005-jan-2006-" rel="directory"&gt;No 012 - d&#233;c. 2005 / jan. 2006&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Deneault-Alain-+" rel="tag"&gt;Deneault, Alain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton377.jpg?1642092268' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;262&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jacques Ranci&#232;re, &lt;i&gt;La haine de la d&#233;mocratie&lt;/i&gt;, La Fabrique, Paris, 2005&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'anarchie au fondement de l'oligarchie &#171; d&#233;mocratique &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il l'avait fait quant &#224; sa th&#233;orie esth&#233;tique dans &lt;i&gt;Le Destin des images&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Fabrique &#233;ditions, Paris, 2003.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Jacques Ranci&#232;re, dans &lt;i&gt;La Haine de la d&#233;mocratie&lt;/i&gt;, met sa pens&#233;e politique &#224; l'&#233;preuve du pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de contributions pouvaient aussi efficacement remettre les pendules &#224; l'heure sur les enjeux contemporains touchant &#224; la &#171; d&#233;mocratie &#187;. L'auteur de &lt;i&gt;La M&#233;sentente&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;d. Galil&#233;e, Paris, 1995.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; pour qui la d&#233;mocratie n'est ni un r&#233;gime, ni un programme de gouvernement, mais le fait historiquement r&#233;current d'interventions, sur la sc&#232;ne des ayants droit de la vie publique (l'&#233;lite &#233;conomique et politique de m&#234;me que les diff&#233;rents nobles institu&#233;s), de sujets marginalis&#233;s de l'histoire, capables pourtant de produire dans un langage qui n'est pas celui des puissants une pens&#233;e sur les affaires communes &#8211; rel&#232;ve un nombre &#233;lev&#233; de cas o&#249;, aujourd'hui, la puissance de dire et de penser de ceux qui n'ont pas de titre &#224; gouverner fait chez les d&#233;positaires de ces titres l'objet d'une &#171; haine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette haine consiste le plus souvent &#224; associer les maux du temps aux vanit&#233;s consum&#233;ristes des individus, &#224; leurs diff&#233;rentes orientations sexuelles, aux professions de foi religieuses affich&#233;es dans leur h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;, aux revendications populaires et professionnelles, comme si toutes ces questions diff&#233;rentes les unes des autres pouvaient se laisser r&#233;sumer par l'id&#233;e d'un peuple infantile sujet &#224; pervertir le mod&#232;le id&#233;al et &#233;clair&#233; qu'incarne une &#233;lite &#171; &#233;lue &#187; au-del&#224; de tout suffrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, pour Jacques Ranci&#232;re, il y a toujours &#224; l'&#339;uvre, dans les justifications historiques conf&#233;rant &#224; tel ou tel le monopole de la domination &#8211; que ce soit sur la base de la force, du savoir, du rang dans l'appartenance religieuse, de la classe ou des titres de naissance &#8211;, un principe d'&#233;galit&#233; en vertu duquel seulement ceux qui se pr&#233;sentent comme ma&#238;tres peuvent signaler leur sup&#233;riorit&#233; aupr&#232;s de ceux qu'ils conduisent. &#171; &lt;i&gt; Pas de service qui s'ex&#233;cute, pas de savoir qui se transmette, pas d'autorit&#233; qui s'&#233;tablisse sans que le ma&#238;tre ait, si peu que ce soit, &#224; parler &#171; d'&#233;gal &#224; &#233;gal &#187; avec celui qu'il commande ou instruit. La soci&#233;t&#233; in&#233;galitaire ne peut fonctionner que gr&#226;ce &#224; une multitude de relations &#233;galitaires. C'est cette intrication de l'&#233;galit&#233; dans l'in&#233;galit&#233; que le scandale d&#233;mocratique vient manifester pour en faire le fondement m&#234;me du pouvoir commun.&lt;/i&gt; &#187; [pp. 55-56]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en r&#233;pondant de ce principe d'&#233;galit&#233;, au fondement m&#234;me des oligarchies continuant aujourd'hui &#224; gouverner le monde, fut-ce sous l'&#233;tiquette usurp&#233;e de &#171; d&#233;mocraties &#187;, que les peuples ont pu contraindre les pouvoirs &#224; certaines concessions historiques de type d&#233;mocratique, soit par exemple des droits du travail, quelques programmes sociaux, des acquis fondamentaux et certaines mesures environnementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;finir rigoureusement des mots que nous avons pris l'habitude de galvauder, Ranci&#232;re rel&#232;gue &#224; un ph&#233;nom&#232;ne d'illusion l'id&#233;e que nous soyons dans une &#232;re jamais vue d'avanc&#233;es et de progr&#232;s, pour camper les termes du d&#233;bat politique contemporain exactement dans les cat&#233;gories et probl&#232;mes qui pr&#233;occupaient les Grecs, il y a 2 500 ans. &#192; l'&#233;poque, Platon d&#233;finissait, selon des formes qui ne sont pas sans nous concerner, la limite &#224; poser entre ceux qui ont un titre &#224; gouverner et l'absence de crit&#232;re absolu qui conf&#232;re &#224; ceux-ci ce droit dans la communaut&#233; des &#233;gaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ranci&#232;re devient par cons&#233;quent l'un des rares auteurs contemporains &#224; pouvoir soutenir des th&#232;ses d'une radicalit&#233; quasi insoutenable tout en respectant la lettre des grands classiques de la pens&#233;e politique, Hannah Arendt et surtout Platon, ceux-l&#224; m&#234;me que citeraient volontiers ses adversaires. Lui seul parvient donc &#224; pr&#233;senter comme coulant soudainement de source l'id&#233;e que la seule d&#233;mocratie possible en fut une du tirage au sort, un gouvernement &#233;tant par d&#233;finition anarchique (en consid&#233;rant sa racine &lt;i&gt;arkh&#232;&lt;/i&gt;), c'est-&#224;-dire incapable, en derni&#232;re instance, de commander en vertu d'un indubitable principe premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ranci&#232;re se voit enfin tout l&#233;gitim&#233;, au bonheur du lecteur, &#224; invalider les th&#232;ses d'id&#233;ologues &#171; r&#233;publicains &#187; ainsi que de censeurs patent&#233;s de l'&#171; exc&#232;s d&#233;mocratique &#187;, qui occupent avec grand tapage les aires discursives contemporaines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Fabrique &#233;ditions, Paris, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;d. Galil&#233;e, Paris, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alain Deneault&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Apr&#232;s la Fran&#231;afrique, le Canadafric</title>
		<link>https://www.ababord.org/Apres-la-Francafrique-le</link>
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		<dc:date>2008-07-16T16:10:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Deneault</dc:creator>


		<dc:subject>Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique sub-saharienne</dc:subject>
		<dc:subject>Deneault, Alain</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fran&#231;ois-Xavier Verschave a propos&#233; &#224; ce jour davantage qu'une critique p&#233;n&#233;trante des r&#233;seaux franco-africains qui g&#233;n&#232;rent en Afrique une r&#233;elle sous-France. Ses &#339;uvres sur la &#171; Fran&#231;afrique &#187;, qui sont au regard du continent noir notre Dix-huit Brumaire de Louis Bonaparte, dispensent aussi une m&#233;thode heuristique &#224; partir de laquelle penser plus g&#233;n&#233;ralement les rapports de domination Nord-Sud et comprendre l'entreprise de spoliation &#224; travers laquelle se profile aussi une Canadafrique. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-09-avril-mai-2005-" rel="directory"&gt;No 009 - avril / mai 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cies-minieres-et-petrolieres-+" rel="tag"&gt;Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Afrique-sub-saharienne-+" rel="tag"&gt;Afrique sub-saharienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Deneault-Alain-+" rel="tag"&gt;Deneault, Alain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fran&#231;ois-Xavier Verschave a propos&#233; &#224; ce jour davantage qu'une critique p&#233;n&#233;trante des r&#233;seaux franco-africains qui g&#233;n&#232;rent en Afrique une r&#233;elle sous-France. Ses &#339;uvres sur la &#171; Fran&#231;afrique &#187;, qui sont au regard du continent noir notre &lt;i&gt;Dix-huit Brumaire de Louis Bonaparte&lt;/i&gt;, dispensent aussi une m&#233;thode heuristique &#224; partir de laquelle penser plus g&#233;n&#233;ralement les rapports de domination Nord-Sud et comprendre l'entreprise de spoliation &#224; travers laquelle se profile aussi une Canadafrique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Fran&#231;afrique est un r&#233;seau postcolonial, occulte, arm&#233;, pilleur et mafieux. Les r&#233;seaux qui la constituent arrosent quasi toute la classe politique fran&#231;aise, des &#171; socialistes &#187; &#224; l'extr&#234;me-droite. Leurs m&#233;thodes sont n&#233;cessairement dissimul&#233;es et inavouables : assassinats politiques, coups d'&#201;tat ; soutiens &#224; de cruelles dictatures ; contr&#244;le de la presse ; trucages &#233;lectoraux ; machinations juridiques ; corruption, pillage et spoliation ; encadrement de barbouzards, mercenaires et vrais-faux mercenaires ; entreprises &#224; faux-nez (trafiquants d'armes d&#233;guis&#233;s en vendeurs de bonbons) ; organisation ou exaltation de guerres &#171; ethniques &#187; ; massacres de civils ; tortures des opposants politiques ; viols ethniques et complicit&#233; de g&#233;nocide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association Survie, que Fran&#231;ois-Xavier Verschave pr&#233;side, s'&#233;tait adress&#233;e &#224; eux &#8211; les &#233;lus politiques, dont r&#233;pondent les militaires de l'&#201;tat et auxquels les entreprises doivent des comptes &#8211; avant de comprendre que les d&#233;mocraties occidentales ne reconnaissent pas l'ind&#233;pendance qu'elles ont consentie &#224; leurs anciennes colonies dans les ann&#233;es soixante. En ce qui regarde la France, de Gaulle n'avait diplomatiquement plus le choix que de la leur c&#233;der, puis le jeu &#224; l'ONU requerrait bien &#224; l'ex-grande puissance une s&#233;rie de pions &#224; l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. Les anciennes colonies seraient facticement ind&#233;pendantes au niveau de l'&#233;cume pendant que le bras droit de de Gaulle, Jacques Foccard, instaurerait des r&#233;seaux d'influences dans les bas-fonds. Il s'agit pour elle de forcer en Afrique la pr&#233;sence de dictateurs de son choix : le transfuge Houphou&#235;t-Boigny en C&#244;te d'Ivoire ; le sergent de l'arm&#233;e fran&#231;aise &#201;tienne Gnassingbe Eyad&#233;ma apr&#232;s un coup d'&#201;tat soutenu par la m&#233;tropole au Togo ; le sous-officier de l'arm&#233;e fran&#231;aise, lui-m&#234;me citoyen fran&#231;ais, Omar Bongo au Gabon ; les despotes Idriss D&#233;by au Tchad et Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville ; l'ind&#233;logeable Blaise Comparo&#233; au Burkina Faso ; le psychopathe Charles Taylor au Liberia ; on s'est aussi risqu&#233; &#224; soutenir les g&#233;nocidaires du Hutu Power au Rwanda&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois-Xavier Verschave, entre autres sources : La Fran&#231;afrique. Le plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant de m&#233;faits et de crimes sont requis pour faire main basse sur les ressources dont l'Afrique regorge : p&#233;trole, diamant, bois d'&#339;uvre, cobalt, poisson&#8230; La supercherie consiste le plus souvent &#224; endetter un pays sur la base d'une production en mati&#232;re premi&#232;re qui ne figure pas au budget national, et ce jusqu'&#224; deux ou trois fois la production annuelle. Les Congolais, par exemple, d&#233;couvrent une dette qui exc&#232;de par trois fois leur production annuelle de p&#233;trole, nulle part budg&#233;tis&#233;e. Ils ne sont donc pas endett&#233;s mais vol&#233;s, trois fois plut&#244;t qu'une, par ceux qui en profitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fruits financiers de ce rapt aboutissent dans les paradis fiscaux et sont d&#233;partag&#233;s entre potentats africains, parrains politiques, trafiquants d'armes, ministres blancs et entreprises p&#233;trolif&#232;res ou mini&#232;res concern&#233;es par ces &#233;changes. Les paradis fiscaux ob&#233;issant &#224; des vocations respectives, chacun ayant des raisons d'agir dans le leur : les dictateurs placent leur fortune en Suisse, les entreprises classent leurs illicites affaires dans les paisibles &#206;les anglo-normandes, les compagnies de transport maritime optent pour le Liberia, les Bermudes ou la Barbade&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et le Canada ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une Canadafrique se d&#233;veloppe de fa&#231;on analogue aux &#171; d&#233;mocratures &#187; fran&#231;africaines. Les entreprises mini&#232;res arrachent en Afrique la part qui revient traditionnellement au Canada&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bonnie Campbell, Les int&#233;r&#234;ts miniers canadiens et les droits de la personne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en d&#233;pit des discours droit-de-l'hommistes dont une galerie de premiers ministres entretiennent ici la tradition, le c&#339;ur sur la main. Puis, dans le domaine p&#233;trolier, Talisman et Sundan Oil ont entach&#233; la r&#233;putation canadienne au Soudan. Au Congo-Kinshasa, une autre entreprise canadienne, Heritage Oil, est engag&#233;e dans une tr&#232;s sombre affaire : le pr&#233;sident Joseph Kabila lui a c&#233;d&#233; pour une ristourne encore &#224; n&#233;gocier une zone dans l'est du pays que son arm&#233;e ne contr&#244;le pas. Elle compte sur son administrateur Tony Buckingham (nom de guerre), tr&#232;s actif dans une ancienne agence de mercenaires r&#233;put&#233;e pour ses affres en Angola, afin d'y faire place nette. Paul Martin, alors candidat en 2003 &#224; la direction du Parti lib&#233;ral, s'est port&#233; &#224; la d&#233;fense du camp pr&#233;sidentiel en guerre pour Heritage Oil, en sugg&#233;rant que l'arm&#233;e canadienne intervienne, mais s'est tu lorsque les civils du camp oppos&#233;s au projet ont &#233;t&#233; victimes de croisades g&#233;nocidaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il n'est pas temps ici de rappeler les d&#233;tails de cette affaire, relat&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire continue d'&#234;tre censur&#233;e par les m&#233;dias qu&#233;b&#233;cois, qui n'ont cit&#233; le nom de l'entreprise que quatre fois dans leur histoire, dont une pour laisser entendre, contre un d&#233;tracteur, que tous les &#171; lecteurs de journaux s&#233;rieux &#187; connaissent le dossier et savent de quoi il en retourne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon le performant moteur de recherche Eureka.cc sur la presse qu&#233;b&#233;coise.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle n'en traduit pas moins l'existence de r&#233;seaux d'influences canadafricains comparables &#224; tous points de vue &#224; ceux que Verschave a d&#233;nonc&#233;s en France.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contribution de Vershave&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Verschave a t&#244;t fait d'insister, dans ses analyses, sur la nature indispensable des paradis fiscaux dans ces montages occultes. Les sommes en jeu sont colossales et ne doivent appara&#238;tre ni dans les pays pill&#233;s, ni dans les &#201;tats o&#249; l'on fomente ces machinations. Les paradis fiscaux n'ont donc pas seulement l'&#233;vasion fiscale pour raison d'&#234;tre, mais une entreprise de spoliation des biens africains. Y verront une &#171; th&#233;orie du complot &#187; ceux qui pr&#233;f&#232;rent se laisser bercer au rythme du mythe occidental sur la &#171; transparence &#187;. Les autres resteront perplexes, car en marge des &#201;tats la moiti&#233; du stock mondial d'argent transite annuellement au profit d'entreprises impossibles &#224; d&#233;finir. La grande criminalit&#233; (armement, prostitution, drogue, blanchiment&#8230;) y fait ses choux gras &#8211; comme pr&#233;tendent s'en inqui&#233;ter parfois l'OCDE, la banque mondiale et la Maison Blanche &#8211; en faisant fructifier un capital qui se confond tout &#224; fait &#224; celui des formes classiques de gestion. Par exemple, Elf vend honn&#234;tement du p&#233;trole dans les villes de France en organisant elle-m&#234;me le trafic d'armes en Angola&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paradis fiscaux se d&#233;signent en cette histoire comme le lieu d'une souverainet&#233; qui &#233;chappe &#224; l'&#201;tat. l'&#201;tat n'est plus souverain comme sujet de l'histoire, car une &lt;i&gt;souverainet&#233; offshore&lt;/i&gt; agit ind&#233;pendamment de lui et en dispose. Pour celle-ci, l'&#201;tat se pose comme un instrument parmi tous ceux qu'elle a &#224; sa disposition : les armes, les transports, l'arm&#233;e et les milices priv&#233;es, les m&#233;dias&#8230; Il p&#232;se ainsi sur le plus grand nombre pour s'assurer que personne ne puisse concourir avec eux dans les ailleurs hors la loi. La citoyennet&#233; est le nom de cette soumission des peuples &#224; un r&#233;gime de contraintes exclusivement tourn&#233;es vers eux. Les droits et devoirs qu'elle engage sont si parodi&#233;s par des chefs d'&#201;tat qui en &#171; garantissent &#187; le s&#233;rieux de fa&#231;on contradictoire ou ubuesque &#8211; Berlusconi, Bush, Chirac-Raffarin, Martin&#8230; &#8211; que Verschave redoute un discr&#233;dit g&#233;n&#233;ral. &#171; Dans la th&#233;orie des biens publics, il y a ce qu'on appelle le probl&#232;me du passager clandestin. Si vous avez 10 % de passagers clandestins, vous continuerez &#224; faire fonctionner un syst&#232;me de transport public, mais si vous en avez 70 %, les derniers qui payent encore leur billet se disent : &#171; Je suis le dernier des imb&#233;ciles, seuls ceux qui fraudent sont gagnants, moi aussi je ne vais plus payer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois-Xavier Verschave, De la Fran&#231;afrique &#224; la mafiafrique, Bruxelles, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Un ph&#233;nom&#232;ne analogue a cours quant aux attendus globaux de la citoyennet&#233;. Aucune citoyennet&#233; &#224; partir de laquelle ou au nom de laquelle se prononcer n'est en vigueur contre la souverainet&#233; offshore. Il y va d'une citoyennet&#233; &#224; faire. La citoyennet&#233;, comme Survie l'a montr&#233; aux c&#244;t&#233;s d'autres associations fran&#231;aises, en cr&#233;ant une commission citoyenne d'enqu&#234;te sur le Rwanda, n'est plus garantie par l'&#201;tat, mais elle se constitue en ces marges pour en neutraliser les exc&#232;s. L'action &#171; citoyenne &#187; en est une aujourd'hui d'exception davantage que de droit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois-Xavier Verschave, entre autres sources : &lt;i&gt;La Fran&#231;afrique. Le plus long scandale de la R&#233;publique&lt;/i&gt;, Paris, Stock, 1998 ; &lt;i&gt;Noir Silence, Qui arr&#234;tera la Fran&#231;afrique ?&lt;/i&gt;, Paris, Les Ar&#232;nes, 2000 ; (avec Laurent Beccaria), &lt;i&gt;Noir Proc&#232;s, Offense &#224; chef d'&#201;tat&lt;/i&gt;, Paris, Les Ar&#232;nes, 2001 ; &lt;i&gt;Noir Chirac, Secret et impunit&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Les Ar&#232;nes, 2002 ; &lt;i&gt;L'Envers de la dette, Criminalit&#233; politique et &#233;conomique au Congo-Brazza et en Angola&lt;/i&gt;, Marseille, Agone, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bonnie Campbell, &lt;i&gt;Les int&#233;r&#234;ts miniers canadiens et les droits de la personne en Afrique dans le cadre de la mondialisation&lt;/i&gt;, D&#233;partement de sciences politiques, UQAM, &lt;a href=&#034;http://www.ichrdd.ca/francais/commdoc/publications/mondialisation/afriqueMondial.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ichrdd.ca/francais/commdoc/publications/mondialisation/afriqueMondial.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il n'est pas temps ici de rappeler les d&#233;tails de cette affaire, relat&#233;e dans mon &lt;i&gt;Paul Martin et Compagnies, Soixante th&#232;ses sur les paradis fiscaux&lt;/i&gt;, VLB &#201;diteur, 2004, p. 45 &#224; 50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon le performant moteur de recherche Eureka.cc sur la presse qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois-Xavier Verschave, &lt;i&gt;De la Fran&#231;afrique &#224; la mafiafrique&lt;/i&gt;, Bruxelles, &#201;ditions Tribord, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alain Deneault&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Docteur en philosophie, auteur de &lt;i&gt;Paul Martin et compagnies&lt;/i&gt; (VLB, 2004) et de &lt;i&gt;Noir Canada&lt;/i&gt; (&#201;cosoci&#233;t&#233;, 2008).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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