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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Pr&#233;carit&#233; post-r&#233;f&#233;rendaire au Kurdistan irakien</title>
		<link>https://www.ababord.org/Precarite-post-referendaire-au-Kurdistan-irakien</link>
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		<dc:date>2019-02-18T17:28:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Khaled Sulaiman, Guertin Tremblay</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Tremblay, Guertin </dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Sulaiman, Khaled</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 25 septembre dernier, les Kurdes irakiens &#233;taient appel&#233;s &#224; se prononcer par r&#233;f&#233;rendum sur leur avenir au sein de l'Irak. Les r&#233;sultats n'ont laiss&#233; aucun doute : l'ind&#233;pendance a recueilli pr&#232;s de 93% des voix. Depuis, la r&#233;gion a perdu plusieurs acquis et reste plong&#233;e dans une grande pr&#233;carit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Plusieurs observateurs pr&#233;voyaient une catastrophe si l'ex-pr&#233;sident du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, allait de l'avant avec son r&#233;f&#233;rendum. La d&#233;marche ne b&#233;n&#233;ficiait d'aucun appui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-73-fevrier-mars-2018-" rel="directory"&gt;No 073 - f&#233;vrier / mars 2018&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sulaiman-Khaled-+" rel="tag"&gt;Sulaiman, Khaled&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2688.png?1642092222' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;834&#034; height=&#034;556&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 25 septembre dernier, les Kurdes irakiens &#233;taient appel&#233;s &#224; se prononcer par r&#233;f&#233;rendum sur leur avenir au sein de l'Irak. Les r&#233;sultats n'ont laiss&#233; aucun doute : l'ind&#233;pendance a recueilli pr&#232;s de 93% des voix. Depuis, la r&#233;gion a perdu plusieurs acquis et reste plong&#233;e dans une grande pr&#233;carit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Plusieurs observateurs pr&#233;voyaient une catastrophe si l'ex-pr&#233;sident du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, allait de l'avant avec son r&#233;f&#233;rendum. La d&#233;marche ne b&#233;n&#233;ficiait d'aucun appui international, sauf celui d'Isra&#235;l, et ce, m&#234;me si les Kurdes pouvaient r&#233;cemment compter sur de nombreux alli&#233;s dans leur lutte contre l'organisation &#201;tat islamique (aussi connu sous l'acronyme arabe Daesh). C'est cet isolement, combin&#233; &#224; une sc&#232;ne politique kurde profond&#233;ment divis&#233;e, une &#233;conomie fragile et une soci&#233;t&#233; civile d&#233;sillusionn&#233;e et lasse de ses dirigeants, qui a permis &#224; Bagdad, d&#232;s le lendemain du vote, de reprendre en quelques semaines ce que le Kurdistan irakien avait mis des ann&#233;es &#224; acqu&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les divisions politiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gion kurde irakienne demeure une exception en mati&#232;re de s&#233;curit&#233; et de stabilit&#233; dans le bourbier post Saddam Hussein. Par rapport aux autres territoires kurdes (en Turquie, en Iran et en Syrie), elle poss&#232;de une longueur d'avance dans le d&#233;veloppement de son arm&#233;e (les Peshmergas), de son Parlement et de son gouvernement r&#233;gional (le GRK), qui est une entit&#233; juridique reconnue nationalement et internationalement. Pour l'historien et politologue Hamit Bozarslan, le Kurdistan irakien, depuis 2003, se trouve dans une situation de r&#233;el &#171; &lt;i&gt;empowerment&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la sc&#232;ne politique kurde y est profond&#233;ment divis&#233;e, ayant longtemps &#233;t&#233; domin&#233;e par le bipartisme. Les deux principales forces historiques, le Parti d&#233;mocratique du Kurdistan (PDK) et l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), entretiennent des relations conflictuelles qui ont culmin&#233; entre 1994 et 1996 avec une guerre civile. Depuis, le territoire kurde irakien est partag&#233; en deux zones d'influence : le nord-ouest (Erbil et Duhok), contr&#244;l&#233; par le PDK et son chef, Massoud Barzani, et le sud-est (Sulaimania et Kirkuk), fief de l'UPK de l'ancien pr&#233;sident irakien Jalal Talabani (d&#233;c&#233;d&#233; le 3 octobre 2017). Plus r&#233;cemment, c'est le parti Goran, issu de l'UPK, qui a gagn&#233; en importance au point de devenir la deuxi&#232;me force politique du GRK.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1991, le PDK et l'UPK contr&#244;lent tous les pouvoirs au Kurdistan irakien : ex&#233;cutif, l&#233;gislatif et judiciaire. Pour r&#233;ussir dans ces domaines, il faut &#234;tre membre d'un parti. Les forces arm&#233;es kurdes sont majoritairement sous la direction des partis politiques, ce qui complique toute forme de strat&#233;gie commune. En janvier 2017, 42% des Peshmergas ob&#233;issaient aux directives du PDK et 33% &#224; celles de l'UPK. Le reste de l'arm&#233;e a un statut gouvernemental et d&#233;pend directement du GRK. Pour le sociologue Adel Bakawan, ces divisions politiques illustrent l'&#233;chec du nationalisme kurde &#224; cr&#233;er un Kurdistan irakien politiquement unifi&#233;. Quelque peu mises de c&#244;t&#233; pour la tenue du r&#233;f&#233;rendum, les divisions se sont rapidement manifest&#233;es apr&#232;s le vote, alors que PDK et UPK s'accusaient de tra&#238;trise et d'hypocrisie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une &#233;conomie fragile&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gion kurde &#233;volue dans une position de subordination &#233;conomique. Elle d&#233;pend des transferts de fonds f&#233;d&#233;raux provenant de Bagdad, pr&#233;vus &#224; la Constitution irakienne de 2005. Ces sommes repr&#233;sentaient 17% du budget national du GRK et permettaient de payer 1,4 million de fonctionnaires kurdes. En janvier 2014, Bagdad a gel&#233; ces transferts en guise de repr&#233;sailles &#224; la d&#233;cision unilat&#233;rale d'Erbil d'exporter seule son p&#233;trole. Les revenus de cet or noir n'ont toutefois pas permis de combler le manque &#224; gagner. Depuis, les employ&#233;&#183;e&#183;s de l'&#201;tat demeurent impay&#233;&#183;e&#183;s ou, au mieux, touchent la moiti&#233; de leur salaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 27 d&#233;cembre 2017, le gouvernement irakien a annonc&#233; qu'il s'appr&#234;tait &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le GRK est presque en faillite : sa dette s'&#233;l&#232;ve &#224; plus de 20 milliards de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie du Kurdistan irakien en est une d'importation. Au fil des ann&#233;es, cela s'est traduit par la fermeture de nombreuses entreprises locales et une d&#233;pendance ext&#233;rieure accrue, principalement envers la Turquie et l'Iran. Les &#233;changes commerciaux entre Erbil et ces deux pays sont estim&#233;s &#224; plusieurs dizaines de milliards de dollars par ann&#233;e. D&#232;s le lendemain du r&#233;f&#233;rendum, Bagdad a ferm&#233; certains postes frontaliers et a interdit les vols internationaux au Kurdistan, fragilisant davantage l'&#233;conomie locale. Notons &#233;galement que 20% de la population active de la r&#233;gion est au ch&#244;mage, sans allocation ou aide sociale, et que certains foyers ne disposent que de quelques heures d'&#233;lectricit&#233; par jour.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une soci&#233;t&#233; civile d&#233;sillusionn&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, les familles Barzani et Talabani ont continu&#233; d'accumuler d'imposantes richesses et d'occuper des postes cl&#233;s au sein du GRK. Les &#233;carts se sont creus&#233;s entre les groupes sociaux, contribuant &#224; alimenter les frustrations et le cynisme. &#192; ce sujet, Adel Bakawan &#233;crit que &#171; &lt;i&gt;le divorce semble consacr&#233; entre la nouvelle g&#233;n&#233;ration majoritairement d&#233;favoris&#233;e et l'oligarchie des partis politiques&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que les Kurdes irakiens se sont prononc&#233;s sur leur avenir politique le 25 septembre dernier. Symbole de la division, les appuis variaient selon les r&#233;gions : alors que l'enthousiasme &#233;tait g&#233;n&#233;ral &#224; Erbil et que peu osaient critiquer la d&#233;marche de Barzani, les habitants de Sulaimania &#233;taient beaucoup plus sceptiques et r&#233;fractaires, et ce, m&#234;me si le PDK et l'UPK s'&#233;taient pr&#233;alablement mis d'accord pour pl&#233;bisciter le r&#233;f&#233;rendum. Goran, de son c&#244;t&#233;, demeurait neutre. Le taux de participation aussi r&#233;v&#232;le cette fracture r&#233;gionale : plus de 85% &#224; Erbil et Dohok contre 50% &#224; Sulaimania. Comme s'il s'agissait d'une fa&#231;on de dire aux vieux partis que, dans certaines r&#233;gions, &#171; &lt;i&gt;nous ne vous faisons plus confiance&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Protestation difficile &#224; crier haut et fort, cependant, car les critiques sont r&#233;guli&#232;rement r&#233;prim&#233;es, comme l'a d&#233;j&#224; d&#233;montr&#233; Human Rights Watch en d&#233;non&#231;ant l'emprisonnement arbitraire de journalistes et d'opposant&#183;e&#183;s &#224; Barzani. Le PDK contr&#244;le d'ailleurs une bonne partie des m&#233;dias kurdes irakiens : t&#233;l&#233;vision, radios et journaux. En d&#233;cembre 2017, des milliers d'&#233;tudiant&#183;e&#183;s, d'enseignant&#183;e&#183;s et de fonctionnaires ont manifest&#233; dans la r&#233;gion de Sulaimania pour demander la d&#233;mission de l'ensemble du GRK, accus&#233; de n&#233;potisme et de corruption. Bilan : des si&#232;ges de partis politiques incendi&#233;s, des centaines de personnes arr&#234;t&#233;es, plus de 100 bless&#233;s et au moins 5 morts du c&#244;t&#233; des manifestant&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les territoires perdus&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelques semaines apr&#232;s la tenue du r&#233;f&#233;rendum, &#224; la mi-octobre, l'arm&#233;e irakienne, aid&#233;e par des milices chiites li&#233;es &#224; T&#233;h&#233;ran (Hachd al-Chaabi), a repris en quelques jours la quasi-totalit&#233; des territoires disput&#233;s entre Bagdad et Erbil, mais n&#233;anmoins contr&#244;l&#233;s depuis 2014 par les Kurdes. Kirkouk, ville p&#233;troli&#232;re (la moiti&#233; des revenus du GRK provenait de ses puits), la &#171; J&#233;rusalem kurde &#187;, revendiqu&#233;e de longue date, est ainsi retourn&#233;e dans le giron irakien. L'avanc&#233;e des troupes irakiennes et des milices chiites dans cette r&#233;gion a entra&#238;n&#233; nombre d'exactions face aux civils : exodes forc&#233;s, pillages, maisons br&#251;l&#233;es, attaques violentes, etc. Les t&#233;moignages de civils kurdes en col&#232;re ont &#233;t&#233; relay&#233;s par diff&#233;rents m&#233;dias. Alors qu'il repr&#233;sentait un Kurdistan de plus en plus isol&#233;, d&#233;suni et d&#233;sillusionn&#233;, Massoud Barzani d&#233;missionnait de ses fonctions le 29 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques questions demeurent face &#224; l'initiative r&#233;f&#233;rendaire. &#201;tait-ce une r&#233;elle opportunit&#233; pour les Kurdes de mettre fin &#224; l'injustice du Trait&#233; de Lausanne (1923) et de sortir d'un si&#232;cle de domination et de colonialisme pour enfin obtenir leur toit politique ? &#201;tait-ce, comme se demande l'auteure kurde Choman Hardi, une tentative d&#233;sesp&#233;r&#233;e d'un homme politique de plus en plus contest&#233; et en fin de r&#233;gime&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Barzani n'avait plus de mandat officiel depuis 2015 et le Parlement d'Erbil (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Barzani souhaite-t-il, en effet, d&#233;tourner l'attention sur l'incapacit&#233; du GRK &#224; &#233;tablir un syst&#232;me bas&#233; sur la d&#233;mocratie et &#224; assurer la s&#233;curit&#233; &#233;conomique de son peuple ? Est-ce que ceux qui faisaient la promotion du r&#233;f&#233;rendum savaient que l'ind&#233;pendance &#233;tait difficilement r&#233;alisable dans le contexte local, r&#233;gional et international ? Barzani, qui r&#234;vait d'inscrire son nom dans l'Histoire comme le p&#232;re fondateur d'un &#201;tat kurde ind&#233;pendant, aura d&#233;finitivement rat&#233; sa sortie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans aucun doute, la grande majorit&#233; des Kurdes, peu importe o&#249; ils et elles vivent, r&#234;ve d'ind&#233;pendance. La question est de savoir de quel genre d'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le 27 d&#233;cembre 2017, le gouvernement irakien a annonc&#233; qu'il s'appr&#234;tait &#224; verser les salaires directement aux fonctionnaires kurdes, &#233;vitant ainsi de transf&#233;rer les sommes &#224; Erbil, comme c'&#233;tait le cas auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Barzani n'avait plus de mandat officiel depuis 2015 et le Parlement d'Erbil ne fonctionnait plus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Rassemblement au stade Franso Hariri, &#224; Erbil, au Kurdistan, une r&#233;gion d'Irak. (Levi Clancy, Wiki Commons (CC-BY-SA-4.0))&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Tapis glissant pour Erdo&#287;an</title>
		<link>https://www.ababord.org/Tapis-glissant-pour-Erdogan</link>
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		<dc:date>2014-11-05T01:56:19Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean Marcou, Guertin Tremblay</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Tremblay, Guertin </dc:subject>
		<dc:subject>Marcou, Jean</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 17 d&#233;cembre dernier, une vague d'arrestations a frapp&#233; le milieu politique et des affaires en Turquie. Plus de 50 personnes, dont des individus tr&#232;s en vue &#8211; fils de ministres, maire d'un arrondissement d'Istanbul, hauts fonctionnaires, directeur de banque, etc. &#8211;, ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es pour des motifs de malversations, de corruption et de blanchiment d'argent. Le Parti pour la justice et le d&#233;veloppement (AKP) du premier ministre Recep Tayyip Erdo&#287;an a &#233;t&#233; directement touch&#233; par cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-54-avril-mai-2014-" rel="directory"&gt;No 054 - avril / mai 2014&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Tremblay-Guertin-+" rel="tag"&gt;Tremblay, Guertin &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Marcou-Jean-+" rel="tag"&gt;Marcou, Jean&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1898.png?1642092161' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;406&#034; height=&#034;305&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 17 d&#233;cembre dernier, une vague d'arrestations a frapp&#233; le milieu politique et des affaires en Turquie. Plus de 50 personnes, dont des individus tr&#232;s en vue &#8211; fils de ministres, maire d'un arrondissement d'Istanbul, hauts fonctionnaires, directeur de banque, etc. &#8211;, ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es pour des motifs de malversations, de corruption et de blanchiment d'argent. Le Parti pour la justice et le d&#233;veloppement (AKP) du premier ministre Recep Tayyip Erdo&#287;an a &#233;t&#233; directement touch&#233; par cette op&#233;ration sans pr&#233;c&#233;dent. En pleine ann&#233;e &#233;lectorale et pr&#232;s d'un an apr&#232;s les manifestations de Gezi, qui ont enflamm&#233; les grandes villes turques &#224; l'&#233;t&#233; 2013, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; s'est entretenu avec Jean Marcou, professeur &#224; l'Institut d'&#233;tudes politiques de Grenoble et sp&#233;cialiste de la Turquie, afin de faire le point sur la situation sociale et politique en Turquie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; : Comment d&#233;cririez-vous le climat social et politique en Turquie &#224; la suite des arrestations du 17 d&#233;cembre dernier ?&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean Marcou&lt;/strong&gt; : Le gouvernement de Recep Tayyip Erdo&#287;an semble avoir &#233;t&#233; pris par surprise par les arrestations du 17 d&#233;cembre. Le cas des fils de trois ministres arr&#234;t&#233;s a &#233;t&#233; particuli&#232;rement dommageable pour l'image de l'AKP. Rappelons-nous qu'en 2002, ce parti a &#233;t&#233; &#233;lu avec la promesse de mettre fin &#224; la corruption en Turquie et en d&#233;non&#231;ant les pratiques de ses adversaires politiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;action d'Erdo&#287;an a &#233;t&#233; imm&#233;diate. Il a d'abord interdit &#224; la police turque d'ob&#233;ir aux juges. L'objectif, dans un premier temps, &#233;tait d'&#233;viter une deuxi&#232;me vague d'arrestations. Son fils, Bilal Erdo&#287;an, aurait pu &#234;tre l'un des prochains suspects sur la liste. Le gouvernement a ensuite effectu&#233; une vaste op&#233;ration d'&#233;puration dans les services de police du pays. Au total, plus de 6 000 personnes ont &#233;t&#233; touch&#233;es par des r&#233;affectations ou par des mises &#224; pied. Cela est &#233;norme. M&#234;me au moment des coups d'&#201;tat, il n'y a jamais eu de telles &#233;purations ! Erdo&#287;an s'est finalement attaqu&#233; au syst&#232;me &#173; et, plus directement, aux procureurs responsables des arrestations du 17 d&#233;cembre. Des centaines de magistrats ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;s ou remplac&#233;s. Le gouvernement a &#233;galement annonc&#233; une grande r&#233;forme du pouvoir judiciaire et, surtout, du syst&#232;me policier. En d&#233;pit des protestations non seulement internes mais internationales (notamment de l'Union europ&#233;enne), il a finalement fait adopter par le Parlement, le 15 f&#233;vrier, une loi qui accro&#238;t le contr&#244;le du pouvoir ex&#233;cutif sur le Haut Conseil des juges et des procureurs qui g&#232;re la carri&#232;re des magistrats. Une grande partie des personnes arr&#234;t&#233;es le 17 d&#233;cembre ont par ailleurs &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;es par les nouveaux procureurs en charge de l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela s'inscrit dans un contexte o&#249; l'intimidation des opposant&#183;e&#183;s, des contestataires et des journalistes s'accentue dans le pays. Cette tendance, qui a culmin&#233; avec les &#233;v&#233;nements de Gezi &#224; l'&#233;t&#233; 2013, se pr&#233;cise actuellement. D&#233;but f&#233;vrier, le gouvernement a fait voter une loi visant &#224; restreindre l'utilisation d'Internet. Cette loi comporte des mesures tr&#232;s pr&#233;occupantes, comme la possibilit&#233; pour l'autorit&#233; gouvernementale des t&#233;l&#233;communications turques d'interdire certains sites, et ce, sans devoir passer par le pouvoir judiciaire. Ou encore la possibilit&#233; de compiler des donn&#233;es sur les sites fr&#233;quent&#233;s par les internautes turcs. &#192; la suite des manifestations de Gezi, de nombreux journalistes qui avaient critiqu&#233; le gouvernement ont d&#251; d&#233;missionner ou ont &#233;t&#233; cong&#233;di&#233;s. Parmi ceux-ci, plusieurs se sont tourn&#233;s vers Internet. Ils utilisent les m&#233;dias sociaux, o&#249; ils sont tr&#232;s actifs, et ils publient leurs articles sur diff&#233;rents sites. On peut &#233;galement estimer que cette loi vise, une fois de plus, &#224; intimider l'opposition. Cela est tr&#232;s pr&#233;occupant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; : Apr&#232;s s'&#234;tre attaqu&#233; &#224; la toute puissante arm&#233;e turque, le premier ministre Erdo&#287;an semble d&#233;sormais viser les sympathisants de la confr&#233;rie de Fethullah G&#252;len, qui &#233;tait pourtant son alli&#233;e il y a quelques ann&#233;es &#224; peine. Comment en sommes-nous arriv&#233;s l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;JM&lt;/strong&gt; : Lorsqu'un parti domine totalement la sc&#232;ne politique au point qu'il n'y a plus d'enjeux capables d'impulser une alternance, la dynamique naturelle du conflit politique, puisqu'elle ne peut pas s'exprimer entre les partis, se d&#233;place &#224; l'int&#233;rieur du parti au pouvoir, voire &#224; l'int&#233;rieur de l'&#201;tat. C'est probablement ce qui est en train de se produire en Turquie depuis quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 2002, l'AKP a compl&#232;tement domin&#233; la sc&#232;ne politique, tandis que l'opposition s'est consid&#233;rablement affaiblie. Les d&#233;bats entre partis politiques ont eu tendance &#224; perdre de l'importance et de l'int&#233;r&#234;t. La confrontation s'est plut&#244;t d&#233;plac&#233;e, dans un premier temps, entre l'AKP et l'&#201;tat, c'est-&#224;-dire en fait les structures-cl&#233;s de l'&#201;tat k&#233;maliste traditionnel. Celles-ci se trouvaient alors dans l'arm&#233;e, les hautes cours de justice, la diplomatie, les &#233;lites universitaires, formant alors ce qu'on appelait l'establishment la&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 2007 et 2010, l'arm&#233;e a perdu le contr&#244;le du politique. Les &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2007 l'ont consid&#233;rablement affaiblie, car elle a &#233;chou&#233; dans sa tentative d'emp&#234;cher l'AKP de prendre la pr&#233;sidence de la R&#233;publique. Depuis, elle est tr&#232;s largement en repli. La principale figure d'opposition &#224; l'AKP s'&#233;tant ainsi effac&#233;e, les conflits se sont d&#233;plac&#233;s, dans un deuxi&#232;me temps, vers la confr&#233;rie de Fethullah G&#252;len et ses sympathisants. Il semble que la vague d'arrestations du 17 d&#233;cembre ait &#233;t&#233; orchestr&#233;e par cet influent pr&#233;dicateur turc, qui vit aux &#201;tats-Unis depuis 1999. Longtemps alli&#233; de l'AKP et responsable, en partie, de son succ&#232;s &#233;lectoral au cours des derni&#232;res ann&#233;es, G&#252;len est d&#233;sormais en conflit ouvert avec Recep Tayyip Erdo&#287;an. Or, les &#171; G&#252;lenistes &#187; sont tr&#232;s pr&#233;sents dans les sph&#232;res du pouvoir turc, et particuli&#232;rement dans l'appareil judiciaire et policier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La division entre les G&#252;lenistes et le premier ministre a &#233;clat&#233; au grand jour l'automne dernier, et surtout apr&#232;s l'affaire du 17 d&#233;cembre. Or, elle &#233;tait latente depuis quelques ann&#233;es. Des dissensions sont apparues, entre autres, en 2012 lors d'un &#233;v&#233;nement semblable au 17 d&#233;cembre 2013. Un procureur li&#233; &#224; la confr&#233;rie a ordonn&#233; l'arrestation de hauts responsables des services de renseignement turcs qui &#233;taient proches d'Erdo&#287;an. Le premier ministre a r&#233;agi imm&#233;diatement en faisant voter une loi contraignant les procureurs &#224; obtenir l'accord du gouvernement pour lancer des poursuites judiciaires concernant des membres des services de renseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conflits avec les G&#252;lenistes ont &#233;galement entra&#238;n&#233; des r&#233;percussions &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de l'AKP, particuli&#232;rement depuis les &#233;v&#233;nements de Gezi. La gestion de cette crise par le premier ministre a provoqu&#233; de vives critiques, notamment de la part du vice-premier ministre, B&#252;lent Ar&#305;n&#231;, et du pr&#233;sident, Abdullah G&#252;l. Ces deux figures importantes de la politique turque &#233;taient r&#233;put&#233;es proches de Fethullah G&#252;len. Pour le moment, on parle surtout de diff&#233;rences de sensibilit&#233;, voire de dissidence, et non pas d'opposition frontale. Mais le conflit est latent &#224; l'interne depuis plusieurs mois. Puis, au cours des derniers mois, neuf d&#233;put&#233;s de l'AKP ont d&#233;missionn&#233;, d&#233;&#231;us de la gestion du scandale du 17 d&#233;cembre par le premier ministre. Jusqu'&#224; ce jour, aucun &#233;v&#233;nement n'avait caus&#233; autant de d&#233;parts au sein du parti. Toutefois le c&#339;ur de l'appareil du parti ne semble pas &#234;tre fragilis&#233;, pour l'instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; : Quelle importance doit-on accorder aux &#233;lections qui auront lieu en 2014 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;JM &lt;/strong&gt; : L'ann&#233;e 2014 est cruciale pour l'AKP et pour Recep Tayyip Erdo&#287;an. En plus des &#233;lections locales du 30 mars, il y aura des &#233;lections pr&#233;sidentielles au mois d'ao&#251;t prochain. Ce sera la premi&#232;re fois que les &#233;lections pr&#233;sidentielles se d&#233;rouleront au suffrage universel. Depuis qu'elle est pass&#233;e &#224; la d&#233;mocratie parlementaire au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Turquie pratique un parlementarisme assez classique et comparable &#224; celui de la plupart des pays europ&#233;ens, plus ou moins bas&#233; sur le syst&#232;me de Westminster. Le premier ministre gouverne avec la majorit&#233; au parlement, tandis que le pr&#233;sident exerce une sorte de magistrature morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erdo&#287;an, qui ach&#232;vera th&#233;oriquement en 2015 son troisi&#232;me et dernier mandat comme premier ministre (selon les statuts de son propre parti, qu'il a contest&#233;s r&#233;cemment), compte se pr&#233;senter &#224; la pr&#233;sidence. S'il est &#233;lu, il ne serait pas &#233;tonnant de voir le syst&#232;me politique du pays se &#171; pr&#233;sidentialiser &#187; &#224; la fran&#231;aise. Ce type de transformation faisait d'ailleurs partie des plans d'Erdo&#287;an et de l'AKP jusqu'&#224; l'ann&#233;e derni&#232;re, lorsqu'ils ont tent&#233; de r&#233;former la Constitution turque pour y inclure des mesures allant dans ce sens, en se d&#233;clarant d'ailleurs pour un r&#233;gime carr&#233;ment pr&#233;sidentiel. Le projet a finalement &#233;t&#233; abandonn&#233; face au refus des partis d'opposition. On peut toutefois penser que l'&#233;lection d'ao&#251;t repr&#233;sente un &#233;l&#233;ment central dans la strat&#233;gie de &#171; pr&#233;sidentialisation &#187; d'Erdo&#287;an et de son parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; : Qu'advient-il du mouvement de Gezi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;JM &lt;/strong&gt; : Les &#233;v&#233;nements de Gezi ont vraiment secou&#233; la Turquie. Ils repr&#233;sentaient une sorte de Mai 68 &#224; la turque, qu'on ne peut comparer ni au printemps arabe, ni tout &#224; fait au mouvement des indign&#233;s. Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, la Turquie a connu une forte croissance &#233;conomique. Bien s&#251;r, il y a des jeunes au ch&#244;mage, mais on n'est pas en r&#233;cession comme dans certains pays europ&#233;ens. Dans ce contexte &#233;conomique plut&#244;t favorable, les contestataires ne voulaient pas tant la fin d'un r&#233;gime que critiquer la politique men&#233;e par le gouvernement et son usage de la croissance. Ces contestataires avaient surtout l'impression que la croissance &#233;tait mal utilis&#233;e. Entre la construction d'un troisi&#232;me pont sur le Bosphore, celle d'un troisi&#232;me a&#233;roport &#224; Istanbul, l'implantation de gigantesques h&#244;tels ou de centres commerciaux de luxe, il y avait mati&#232;re &#224; critiquer. Au d&#233;part, ces grands projets ont &#233;merveill&#233;, mais peu &#224; peu, les gens en ont vu la contrepartie : les probl&#232;mes environnementaux, les inqui&#233;tudes au sujet de l'approvisionnement en eau, la destruction du patrimoine, les atteintes au cadre de vie, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s d'un an apr&#232;s le soul&#232;vement, on constate que le mouvement, m&#234;me s'il ne s'est jamais compl&#232;tement &#233;teint, n'a pas repris significativement. Certes, il y a eu plusieurs actions citoyennes et des tentatives de reprise, voire des actions ponctuelles dans certains quartiers al&#233;vis d'Istanbul, mais nous n'avons pas assist&#233; &#224; une relance globale. Apr&#232;s le 17 d&#233;cembre, il y a eu des manifestations de d&#233;nonciation de la corruption qui auraient pu laisser croire &#224; un nouvel embrasement et provoquer de nouveau un choc dans la soci&#233;t&#233; turque. Or, &#231;a n'a pas &#233;t&#233; le cas. Les responsables des manifestations de l'&#233;t&#233; 2013 ne sont pas parvenus &#224; mobiliser sur la question de la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut toutefois se rappeler que la r&#233;pression des manifestations de Gezi a &#233;t&#233; tr&#232;s violente. L'intimidation continue pr&#233;sentement : plusieurs contestataires sont poursuivis en justice et des poursuites judiciaires sont toujours en cours. Pendant ce temps, les proc&#232;s des responsables de la mort de deux manifestants, qui devaient avoir lieu &#224; la mi-f&#233;vrier, ont &#233;t&#233; report&#233;s au mois de mai. Deux poids, deux mesures ? En quelque sorte, la strat&#233;gie d'intimidation d'Erdo&#287;an pourrait avoir fonctionn&#233;. Mais pour combien de temps ? &#937;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Guertin Tremblay&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cartographie : Luciano Benvenuto&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confr&#233;rie G&#252;len&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Secte musulmane et lobby socioreligieux n&#233;e dans les ann&#233;es 1970, la confr&#233;rie G&#252;len revendique plusieurs millions de sympathisants dans le monde entier. Elle est incarn&#233;e par son fondateur, Fethullah G&#252;len, un penseur mystique exil&#233; aux &#201;tats-Unis en 1999 afin d'&#233;chapper aux poursuites de la justice turque pour activit&#233;s anti-la&#239;ques. Lib&#233;ral, Fethullah G&#252;len pr&#244;ne en m&#234;me temps la foi islamique et l'esprit du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'elle s'en d&#233;fende, la confr&#233;rie prosp&#232;re depuis vingt ans dans les coulisses du pouvoir. Officiellement apolitique, elle est soup&#231;onn&#233;e d'avoir infiltr&#233; la bureaucratie turque, de contr&#244;ler la police et une partie de l'appareil judiciaire. Au moment de sa r&#233;&#233;lection en 2011, Erdogan avait re&#231;u l'appui d&#233;cisif de ce puissant lobby. Leur alliance depuis dix ans repose sur une opposition commune &#224; l'arm&#233;e turque et &#224; l'appareil bureaucratique k&#233;maliste. Mais lors des manifestations qu'a connues la Turquie depuis le printemps 2013, la confr&#233;rie a pris ses distances, d&#233;sapprouvant la r&#233;pression men&#233;e par le gouvernement d'Erdogan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La riposte par les urnes</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-riposte-par-les-urnes</link>
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		<dc:date>2009-10-29T00:31:34Z</dc:date>
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		<dc:creator>Guertin Tremblay</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Tremblay, Guertin </dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le 21 mars 2009, plusieurs centaines de milliers de Kurdes &#224; travers le monde c&#233;l&#233;braient leur f&#234;te nationale, le Newroz, journ&#233;e qui marque surtout l'arriv&#233;e du printemps. &#192; Diyarbak&#305;r, dans le sud-est de la Turquie, r&#233;gion &#224; forte majorit&#233; kurde, ils &#233;taient nombreux &#224; danser sur les rythmes de chansons que toutes et tous connaissaient par c&#339;ur. Le Parti de la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique (Demokratik Toplum Partisi ou DTP), principale formation politique kurde repr&#233;sent&#233;e au parlement turc et au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-30-ete-2009-" rel="directory"&gt;No 030 - &#233;t&#233; 2009&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Tremblay-Guertin-+" rel="tag"&gt;Tremblay, Guertin &lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton894.gif?1642092278' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;640&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 21 mars 2009, plusieurs centaines de milliers de Kurdes &#224; travers le monde c&#233;l&#233;braient leur f&#234;te nationale, le Newroz, journ&#233;e qui marque surtout l'arriv&#233;e du printemps. &#192; Diyarbak&#305;r, dans le sud-est de la Turquie, r&#233;gion &#224; forte majorit&#233; kurde, ils &#233;taient nombreux &#224; danser sur les rythmes de chansons que toutes et tous connaissaient par c&#339;ur. Le Parti de la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique (&lt;i&gt;Demokratik Toplum Partisi&lt;/i&gt; ou DTP), principale formation politique kurde repr&#233;sent&#233;e au parlement turc et au pouvoir dans plusieurs municipalit&#233;s du pays, organisait les festivit&#233;s. Quelques-uns de ses membres sont d'ailleurs venus s'adresser &#224; une foule gagn&#233;e d'avance. C'est que le 29 mars, les Kurdes devaient se rendre aux urnes pour choisir leurs maires pour les cinq prochaines ann&#233;es. Et pour plusieurs, les enjeux de cette &#233;lection d&#233;passaient largement la stricte sph&#232;re politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le climat social et politique dans le sud-est de la Turquie s'est visiblement d&#233;t&#233;rior&#233; depuis 2006, &#224; la suite des manifestations de Diyarbak&#305;r (voir &lt;i&gt;&#192; B&#226;bord !&lt;/i&gt; #15, &#201;t&#233; 2006 : &#171; L'&#233;pine kurde &#187;). Apr&#232;s une p&#233;riode relativement calme entre 1999 et 2004, alors qu'Ankara n&#233;gociait son acceptation au processus d'adh&#233;sion &#224; l'Union europ&#233;enne, on constate une augmentation des crimes contre les droits humains et une intensification des lois visant &#224; limiter l'utilisation des langues kurdes et les manifestations politiques. Parmi celles-ci, une loi vot&#233;e en 2008 par le Parti pour la justice et le d&#233;veloppement (&lt;i&gt;Adalet ve Kalk&#305;nma Partisi&lt;/i&gt; ou AKP, au pouvoir &#224; Ankara) de Recep Tayyip Erdogan, qui vise &#224; emprisonner un enfant si celui-ci affiche son soutien au Parti des travailleurs du Kurdistan (&lt;i&gt;Partiya Karker&#234;n Kurdistan&lt;/i&gt; ou PKK)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En lutte arm&#233;e contre Ankara depuis 1984 et consid&#233;r&#233; comme un groupe &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou &#224; son chef, avec des peines allant jusqu'&#224; 40 ans d'emprisonnement ! Selon Muharrem Erbey, avocat et pr&#233;sident de l'Association des droits de l'homme &#224; Diyarbak&#305;r, apr&#232;s des ann&#233;es de force et de terreur, Ankara utilise d&#233;sormais les lois afin de restreindre les ambitions des Kurdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs &#233;v&#233;nements ont contribu&#233; &#224; affaiblir le soutien des Kurdes pour l'AKP. Il n'y a pas si longtemps pourtant, ce dernier obtenait de bons r&#233;sultats dans les provinces kurdes. Par exemple, lors des &#233;lections nationales &#224; l'&#233;t&#233; 2007, &#224; Diyarbak&#305;r, le DTP l'avait emport&#233; de peu face &#224; son rival islamo-conservateur (AKP). &#192; l'&#233;poque, Erdogan avait un discours qui plaisait aux Kurdes. En plus de promouvoir la fraternit&#233; entre musulmans, Turcs et Kurdes, il s'opposait &#224; une intervention arm&#233;e contre le PKK au nord de l'Irak. Mais &#224; la suite des man&#339;uvres de l'arm&#233;e visant &#224; interdire le PKK, quelques mois apr&#232;s l'&#233;lection, le ton changea brusquement, et l'arm&#233;e turque bombarde toujours les monts Kandil. Ce revirement fut consid&#233;r&#233; comme une trahison par beaucoup de Kurdes de Turquie, alors que le PKK d&#233;tient toujours un important capital de sympathie dans la r&#233;gion. R&#233;cemment, l'AKP avait manifest&#233; des signes d'ouvertures envers les Kurdes et esp&#233;rait r&#233;colter les fruits de ces initiatives. Parmi les plus significatives, il y eut l'ouverture d'une cha&#238;ne t&#233;l&#233;vis&#233;e (d'&#201;tat) en langue kurde, le lancement de proc&#233;dures d'investigations face aux crimes et aux disparitions des ann&#233;es 1990&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon Muharrem Erbey, ces disparus sont estim&#233;s entre 1 375 et 1 500. Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'annonce d'investissements importants pour la cr&#233;ation d'emplois et le d&#233;veloppement &#233;conomique de la r&#233;gion (12 milliards $ US) et les efforts pour &#233;tablir de meilleures relations avec le gouvernement de la r&#233;gion autonome du Kurdistan d'Irak. Mais ces engagements d&#233;mocratiques et &#233;conomiques ne semblent pas avoir convaincu la majorit&#233; des Kurdes de Turquie. Dans les faits, ils sont confront&#233;s &#224; un durcissement des lois. Pour beaucoup, il manque toujours une r&#233;elle volont&#233; de changements profonds, alors que ceux-ci devraient se concr&#233;tiser par des modifications &#224; la Constitution, garantissant la reconnaissance des droits d&#233;mocratiques et de l'identit&#233; kurde.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques le&#231;ons &#224; tirer des r&#233;sultats&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour plusieurs, les &#233;lections du 29 mars repr&#233;sentaient beaucoup plus qu'un vote pour un parti. Il s'agissait d'abord de revendications identitaires et aussi de dire : &#171; &lt;i&gt;y'en a marre des politiques ultranationalistes et fascisantes de l'AKP&lt;/i&gt; &#187;. Certains repr&#233;sentants du DTP pr&#233;sentaient d'ailleurs les enjeux &#233;lectoraux de cette fa&#231;on. Dans certaines municipalit&#233;s, les r&#233;sultats traduisent ce fort rejet des politiques islamo-conservatrices, particuli&#232;rement &#224; Hakk&#226;ri (79 % pour le DTP), &#224; Diyarbak&#305;r (65 %), Batman (60 %), S&#305;rnak (53 %) et Van (53 %)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : H&#252;rriyet.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour certains &#233;ditorialistes turcs, les r&#233;sultats sont la preuve, une fois de plus, que le nationalisme kurde est toujours vigoureux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, entre autres, Mustafa Akyol, &#171; Kurdish nationalism on the rise, ballot (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats d&#233;montrent, nous le pensons, que pour en arriver &#224; une solution pacifique au conflit, les partis au pouvoir &#224; Ankara doivent accepter de &lt;i&gt;n&#233;gocier&lt;/i&gt; avec le DTP. Celui-ci doit &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un acteur politique &lt;i&gt;l&#233;gitime&lt;/i&gt; et in&#233;vitable &#224; tout processus de normalisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le DTP fait face &#224; une proc&#233;dure judiciaire d'interdiction pour ses liens (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour le journal turc &lt;i&gt;H&#252;rriyet&lt;/i&gt;, les r&#233;sultats poussent l'AKP &#224; la crois&#233;e des chemins : ses dirigeants doivent maintenant choisir entre les r&#233;formes d&#233;mocratiques ou encore poursuivre leur politique belliciste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ruling party at crossroads on its Kurdish issue policy &#187;, H&#252;rriyet, 1er (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les r&#233;sultats prouvent aussi qu'il est possible, pour les partis kurdes en Turquie, d'apporter une solution politique &#224; la question kurde en passant par le processus d&#233;mocratique et pacifique des urnes. Selon Azad Aslan, &#233;ditorialiste pour &lt;i&gt;Kurdish Globe&lt;/i&gt;, en termes de repr&#233;sentation, le DTP est actuellement en avance sur le PKK et poss&#232;de, de ce fait, de meilleures chances d'&#234;tre reconnu comme une force politique repr&#233;sentative des Kurdes de Turquie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Azad Aslan, &#171; Municipal Elections and DTP &#187;, Kurdish Globe, 4 avril 2009.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il doit jouer son r&#244;le dans la diplomatie et int&#233;grer pleinement le processus d&#233;mocratique. Cela passe par une distanciation par rapport au PKK. Il ne s'agit peut-&#234;tre pas n&#233;cessairement de d&#233;noncer ce dernier, comme le voudrait le gouvernement turc, mais de proposer des m&#233;thodes diff&#233;rentes, sans les armes. Le combat doit et peut maintenant &#234;tre livr&#233; sur le terrain de la d&#233;mocratie et dans la soci&#233;t&#233; civile. Cela risque certainement de faire perdre quelques appuis au DTP, puisque beaucoup pr&#244;nent toujours la ligne dure, mais toutes et tous observeront que la lutte arm&#233;e, apr&#232;s pr&#232;s de 25 ans de combats, n'a pas r&#233;pondu aux besoins de base de la population kurde de Turquie. La p&#233;riode qui s'amorce suscite beaucoup d'attentes et d'espoirs. Personne ne souhaite &#234;tre d&#233;&#231;u&#8230; de nouveau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En lutte arm&#233;e contre Ankara depuis 1984 et consid&#233;r&#233; comme un groupe &#171; terroriste &#187; par la Turquie, les &#201;tats-Unis et l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon Muharrem Erbey, ces disparus sont estim&#233;s entre 1 375 et 1 500. Le nombre r&#233;el serait toutefois plus &#233;lev&#233;, car beaucoup de cas ne sont pas connus. Plusieurs familles n'osent toujours pas parler.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Source : &lt;i&gt;H&#252;rriyet&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, entre autres, Mustafa Akyol, &#171; Kurdish nationalism on the rise, ballot suggests &#187;, &lt;i&gt;H&#252;rriyet&lt;/i&gt;, 31 mars 2009. Certains croient toutefois que le vote massif pour le DTP est principalement le r&#233;sultat d'absence d'alternative face &#224; l'AKP de Recep Tayyip Erdogan et ses politiques ultranationalistes contre les populations kurdes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le DTP fait face &#224; une proc&#233;dure judiciaire d'interdiction pour ses liens affirm&#233;s avec le PKK.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Ruling party at crossroads on its Kurdish issue policy &#187;, &lt;i&gt;H&#252;rriyet&lt;/i&gt;, 1er avril 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Azad Aslan, &#171; Municipal Elections and DTP &#187;, &lt;i&gt;Kurdish Globe&lt;/i&gt;, 4 avril 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;pine Kurde</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-epine-Kurde</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-epine-Kurde</guid>
		<dc:date>2008-07-18T20:38:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guertin Tremblay</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Tremblay, Guertin </dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les r&#233;centes violences au Kurdistan turc nous rappellent que l'&#233;pineuse question kurde est loin d'&#234;tre r&#233;gl&#233;e. Apr&#232;s des ann&#233;es de politiques n&#233;gationnistes et de r&#233;pression brutale, Ankara vise d&#233;sormais &#224; rassurer ses voisins europ&#233;ens de sa bonne volont&#233; envers ses populations minoritaires. L'adh&#233;sion in&#233;vitable de la Turquie au groupe des vingt-cinq devra n&#233;anmoins &#234;tre justifi&#233;e par de profondes r&#233;formes, et les Kurdes r&#233;clament des mesures concr&#232;tes face au sous-d&#233;veloppement de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-15-ete-2006-" rel="directory"&gt;No 015 - &#233;t&#233; 2006&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Moyen-Orient-+" rel="tag"&gt;Moyen-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Tremblay-Guertin-+" rel="tag"&gt;Tremblay, Guertin &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Conflits-droits-humains-et-+" rel="tag"&gt;Conflits, droits humains et impunit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;centes violences au Kurdistan turc nous rappellent que l'&#233;pineuse question kurde est loin d'&#234;tre r&#233;gl&#233;e. Apr&#232;s des ann&#233;es de politiques n&#233;gationnistes et de r&#233;pression brutale, Ankara vise d&#233;sormais &#224; rassurer ses voisins europ&#233;ens de sa bonne volont&#233; envers ses populations minoritaires. L'adh&#233;sion in&#233;vitable de la Turquie au groupe des vingt-cinq devra n&#233;anmoins &#234;tre justifi&#233;e par de profondes r&#233;formes, et les Kurdes r&#233;clament des mesures concr&#232;tes face au sous-d&#233;veloppement de l'Anatolie orientale. L'arm&#233;e, omnipr&#233;sente dans les affaires de l'&#201;tat en se proclamant l'unique garante du K&#233;malisme, observe attentivement les man&#339;uvres du premier ministre Recep Tayyip Erdogan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rappelons tout d'abord les faits. Le 25 mars dernier, 14 militants kurdes furent tu&#233;s dans la r&#233;gion de Diyarbarkir, au Kurdistan turc. Presque instantan&#233;ment, d'importantes manifestations &#233;clatent. Trois jours plus tard lors des fun&#233;railles des militants, la police ouvre le feu sur de jeunes kurdes qui leur lan&#231;aient des pierres. Bilan : trois morts. Les manifestations qui suivirent provoqu&#232;rent la mort de 13 autres personnes, dont 3 enfants, plusieurs bless&#233;s et des centaines d'emprisonnements. Alors que les principaux mouvements revendicateurs kurdes r&#233;clament une solution pacifique au conflit, alors que leurs demandes concernent la reconnaissance constitutionnelle de leur existence, de leur langue et de leur culture, le gouvernement turc continue sa politique r&#233;pressive et n&#233;gationniste qui caract&#233;rise la R&#233;publique depuis maintenant pr&#232;s d'un si&#232;cle. Voici un bref rappel historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience nationale kurde se d&#233;veloppa en Turquie durant la premi&#232;re moiti&#233; du XXe si&#232;cle, largement encourag&#233;e par les politiques des autorit&#233;s gouvernementales. Ce fut sous le r&#233;gime des &lt;i&gt;Jeunes-Turcs&lt;/i&gt; (1908-1914) qu'elle connut ses premi&#232;res manifestations. Groupe plut&#244;t lib&#233;ral &#224; l'origine, mais qui se transforma peu &#224; peu en une &#171; clique ultranationaliste &#187;, ces derniers montr&#232;rent beaucoup de rigidit&#233; &#224; l'&#233;gard des populations non turques. L'id&#233;e du panturquisme montait en popularit&#233;, et tandis que les Arm&#233;niens subissaient les exactions et les atrocit&#233;s des d&#233;portements, les Kurdes devaient &#234;tre assimil&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#234;me projet d'assimilation &#233;tait au c&#339;ur des politiques de Mustafa Kemal &#171; Atat&#252;rk &#187; qui, &#224; la suite de la guerre d'ind&#233;pendance turque (1921-1922), &#233;tablit une politique visant &#224; restreindre les droits des Kurdes. Leur langue fut interdite et son utilisation, associ&#233;e au s&#233;paratisme, &#233;tait passible d'emprisonnement. On obligea les femmes et les hommes &#224; adopter des noms turcs, tandis que le terme &#171; Kurde &#187; fut banni ; on utilisa d&#233;sormais l'expression &#171; Turcs des montagnes &#187;. Le nombre de Kurdes victimes de d&#233;portations et de massacres entre 1925 et 1938 est estim&#233; &#224; 1,5 million&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G&#233;rard Challiand (dir.), Les Kurdes et le Kurdistan, la question nationale (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1950 et 1980, la Turquie connut trois putschs. Les maigres gains obtenus sous les diff&#233;rents gouvernements au pouvoir entre ces putschs furent balay&#233;s &#224; chaque fois et la r&#233;pression augmenta. Les putschs de mai 1960 et de mars 1971 furent brutaux. Il y eut des milliers d'arrestations au Kurdistan. Les militaires adopt&#232;rent des lois n&#233;gationnistes, comme celle portant sur la &#171; turquification &#187; des noms des villes et villages kurdes. La r&#233;pression augmenta, particuli&#232;rement contre les personnes pouvant repr&#233;senter une menace &#224; l'unit&#233; nationale turque (c'est-&#224;-dire les Kurdes), et de violents &#171; avertissements &#187; furent &#233;mis &#224; tous ceux qui pouvaient entretenir des id&#233;es d'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militaires prirent le pouvoir lors d'un troisi&#232;me Coup d'&#201;tat en septembre 1980. Ils suspendirent la Constitution, d&#233;mantel&#232;rent les partis politiques, interdirent les formations syndicales, pourchass&#232;rent les groupes extr&#233;mistes et censur&#232;rent la presse. Beaucoup plus r&#233;pressifs que les deux pr&#233;c&#233;dents, ils accentu&#232;rent la destruction de villages kurdes et les d&#233;portations. Les assassinats d'intellectuels kurdes augment&#232;rent, plusieurs attribu&#233;s &#224; des myst&#233;rieux escadrons de la mort, tout comme les emprisonnements pour &#171; d&#233;lit d'opinion &#187;, touchant parfois des d&#233;put&#233;s kurdes &#233;lus d&#233;mocratiquement. La vie &#233;conomique, sociale et culturelle du Kurdistan turc fut compl&#232;tement d&#233;truite. La constitution adopt&#233;e en 1982 restreignait les droits des Kurdes, particuli&#232;rement concernant l'usage de la langue, tandis que le code p&#233;nal criminalisait toutes formes d'expression de &#171; l'identit&#233; ethnique kurde. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nader Entessar, Kurdish ethnonationalism, Colorado, Lynne Rienner Publish., (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection de Turgut &#214;zal en 1989 au poste de pr&#233;sident de la R&#233;publique permit une timide ouverture &#224; la question kurde. Le 27 janvier 1991, il abolit la loi interdisant leur langue, permettant la publication de journaux, de livres et de revues en kurde ; des partis &#171; pro-kurdes &#187; se form&#232;rent. La r&#233;pression continua toutefois malgr&#233; ces changements et elle s'accentua avec la mort de &#214;zal en avril 1993. En juillet 1995, le gouvernement confirma la destruction de 2700 villages kurdes &#171; pour des raisons de s&#233;curit&#233; &#187;. Le nombre de Kurdes d&#233;plac&#233;s depuis dix ans &#233;tait alors estim&#233; &#224; plus de 4 millions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant cette r&#233;pression institutionnalis&#233;e, l'action militante des jeunes et des intellectuels s'organisa. Plusieurs groupes politiques kurdes de gauche et des mouvements syndicalistes furent fond&#233;s dans la clandestinit&#233;, dont le &lt;i&gt;Parti des Travailleurs du Kurdistan&lt;/i&gt; (PKK) en 1978. L'interdiction de se regrouper sous des motifs r&#233;gionalistes ajout&#233;e &#224; la forte opposition au K&#233;malisme encourageaient la population &#224; se tourner vers ces formations. La lutte du PKK redoubla de violence &#224; la suite du putsch de 1980 et se transforma officiellement en combat arm&#233; en ao&#251;t 1984. Consid&#233;r&#233; par plusieurs comme le d&#233;but de la renaissance du mouvement national kurde en Turquie, ce combat attira la sympathie de milliers de femmes et d'hommes. Jamais un mouvement aussi large et durable n'avait embras&#233; la r&#233;gion, il permit certainement quelques avanc&#233;es concernant les droits des Kurdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de l'arrestation de son chef, Abdullah &#214;calan, en 1999, le PKK d&#233;cr&#233;ta un cessez-le-feu unilat&#233;ral qui dura jusqu'en juillet 2004. L'espoir d'une solution pacifique au conflit paraissait envisageable, mais devant le manque &#233;vident de bonne volont&#233; du gouvernement turc, les positions kurdes se radicalis&#232;rent &#224; nouveau. Les activit&#233;s militaires se poursuivirent et les bombardements de villages augment&#232;rent. Le 9 novembre 2005 &#224; Semdinli, pr&#232;s de la fronti&#232;re irakienne, une petite librairie, probablement affili&#233;e au PKK, explosa sous les bombes blessant plusieurs civils kurdes. On d&#233;couvrit plus tard que les auteurs du crime &#233;taient des officiers de l'arm&#233;e turque, lesquels furent reconnus coupables d'autres bombardements (17) faussement attribu&#233;s &#224; des militants kurdes. L'&#233;v&#233;nement d&#233;clencha des manifestations dans la r&#233;gion et peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une cause importante des affrontements de mars-avril 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir vu le r&#234;ve d'un Kurdistan autonome bris&#233; lors de la signature du trait&#233; de Lausanne en 1923, les Kurdes perdirent leur ind&#233;pendance culturelle au profit de nationalistes turcs et c'est pour retrouver celle-ci qu'ils se battent aujourd'hui. Actuellement, l'Anatolie orientale est fortement sous-d&#233;velopp&#233;e. Il est toujours permis d'y parler et d'&#233;crire en kurde, l'enseignement priv&#233; est tol&#233;r&#233;, mais le kurde reste interdit dans les &#233;coles publiques. Les politiques d'Ankara visant &#224; restreindre l'utilisation de cette langue ne permirent toutefois pas d'arriver aux r&#233;sultats escompt&#233;s, puisque une forte proportion des Kurdes ne parlent toujours pas la &#171; langue officielle &#187; de la R&#233;publique. Les taux d'analphab&#233;tisme restent tr&#232;s &#233;lev&#233;s dans les villages &#233;loign&#233;s. Apr&#232;s des ann&#233;es de r&#233;pression n&#233;gationniste combattues par des luttes meurtri&#232;res, les Kurdes r&#233;clament maintenant des changements radicaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G&#233;rard Challiand (dir.),&lt;i&gt; Les Kurdes et le Kurdistan, la question nationale kurde au Proche-Orient&lt;/i&gt;, Paris, Librairie Fran&#231;ois Maspero, 1980, p. 103.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nader Entessar, &lt;i&gt;Kurdish ethnonationalism,&lt;/i&gt; Colorado, Lynne Rienner Publish., 1992, p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guertin Tremblay&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Un territoire &#224; prot&#233;ger</title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-territoire-a-proteger</link>
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		<dc:date>2008-07-16T14:30:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guertin Tremblay</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Arctique et Grand nord</dc:subject>
		<dc:subject>Tremblay, Guertin </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#238;le Ren&#233;-Levasseur, situ&#233;e dans la r&#233;gion de Manicouagan, est unique au Qu&#233;bec et dans le monde. Son histoire g&#233;ologique tr&#232;s riche en fait un lieu d'&#233;tude exceptionnelle. Sur les cartes et sur les images satellites, sa forme circulaire tr&#232;s nette, accentu&#233;e par l'inondation caus&#233;e par les barrages d'Hydro-Qu&#233;bec, r&#233;v&#232;le son origine m&#233;t&#233;oritique il y a 210 millions d'ann&#233;es. Outre sa richesse g&#233;ologique, la faune et la flore actuelles repr&#233;sentent un important potentiel de recherche et, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-09-avril-mai-2005-" rel="directory"&gt;No 009 - avril / mai 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arctique-et-Grand-nord-+" rel="tag"&gt;Arctique et Grand nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Tremblay-Guertin-+" rel="tag"&gt;Tremblay, Guertin &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#238;le Ren&#233;-Levasseur, situ&#233;e dans la r&#233;gion de Manicouagan, est unique au Qu&#233;bec et dans le monde. Son histoire g&#233;ologique tr&#232;s riche en fait un lieu d'&#233;tude exceptionnelle. Sur les cartes et sur les images satellites, sa forme circulaire tr&#232;s nette, accentu&#233;e par l'inondation caus&#233;e par les barrages d'Hydro-Qu&#233;bec, r&#233;v&#232;le son origine m&#233;t&#233;oritique il y a 210 millions d'ann&#233;es. Outre sa richesse g&#233;ologique, la faune et la flore actuelles repr&#233;sentent un important potentiel de recherche et, surtout, de pr&#233;servation. Mais que restera-t-il de ce patrimoine lorsque les coupes foresti&#232;res auront d&#233;vast&#233; notre for&#234;t bor&#233;ale ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1997, le minist&#232;re des Ressources naturelles accorde &#224; la compagnie Kruger et sa Scierie Manic un contrat d'approvisionnement et d'am&#233;nagement forestier (CAAF) sur le territoire, pour une dur&#233;e de 100 ans. Les activit&#233;s de cette multinationale canadienne de p&#226;tes et papiers s'&#233;tendent des &#201;tats-Unis &#224; l'Amazonie jusqu'au Royaume-Uni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite d'une &#233;tude du Bureau d'audience publique en environnement (BAPE), le projet de coupe foresti&#232;re est d&#233;finitivement lanc&#233; en 1997. Bien que le territoire insulaire ne compte que pour 12 % de la superficie totale, on y retrouve 35 % du volume total des ressources foresti&#232;res. 75 % des r&#233;sineux de l'&#238;le sont des &#233;pinettes noires, esp&#232;ce unique en Am&#233;rique du Nord et tr&#232;s pris&#233;e par les compagnies foresti&#232;res. Les droits de coupe par m&#232;tre cube ne constituent qu'une fraction des droits par rapport &#224; d'autres territoires qu&#233;b&#233;cois. Il en co&#251;te 15,95 $ par m&#232;tre cube dans la r&#233;gion de Charlevoix tandis que le m&#234;me m&#232;tre cube co&#251;te 5,40 $ dans la r&#233;gion de Manic 5. Un volume de 260 000 m3 de bois devrait normalement quitter l'&#238;le &#224; chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Opposition des Innus&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Innus de Betsiamites ont d&#233;pos&#233; deux demandes d'injonction depuis l'automne dernier. Ils r&#233;clament l'annulation des permis de coupe pour des raisons environnementales et le respect de leurs droits ancestraux sur le territoire. De plus, s'appuyant sur une entente de principe conclue avec le gouvernement du Qu&#233;bec le 31 mars 2004 leur accordant le droit d'&#234;tre mieux consult&#233;s avant les coupes, ils d&#233;noncent l'absence de dialogue avec la compagnie. Avec &#224; leur t&#234;te le chef de bande Rapha&#235;l Picard, les Innus ont &#233;t&#233; entendus au palais de justice de Montr&#233;al lors de la premi&#232;re partie des audiences les 14 et 15 f&#233;vrier dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la multinationale ne croit pas &#224; l'urgence d'arr&#234;ter les coupes, elle s'est toutefois formellement engag&#233;e &#224; les suspendre jusqu'au d&#233;but des audiences, le 16 mai 2005. Mince concession : de toutes fa&#231;ons, aucune coupe n'est effectu&#233;e sur l'&#238;le en hiver, les activit&#233;s devant normalement reprendre au printemps. Les Innus demandaient une &#171; ordonnance de sauvegarde &#187; et une acc&#233;l&#233;ration des proc&#233;dures en raison de l'urgence de la situation afin d'obtenir l'interdiction des coupes. La juge devra entendre plusieurs sp&#233;cialistes (historien, &#233;cologiste, anthropologue, ing&#233;nieur forestier) avant de se prononcer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Kruger, BAPE et gouvernement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La compagnie Kruger pr&#233;tend participer &#224; sa fa&#231;on &#224; la pr&#233;servation du milieu en proposant des activit&#233;s qui valorisent la sauvegarde des richesses naturelles. Elle a indiqu&#233;, dans un communiqu&#233; de presse le 26 novembre 2003, qu'elle utiliserait les m&#233;thodes de pr&#233;servation n&#233;cessaires s'il y avait des &#233;cosyst&#232;mes exceptionnels &#224; prot&#233;ger. Ses recherches sur le terrain, combin&#233;es &#224; celles des minist&#232;res des Ressources naturelles et de l'Environnement du Qu&#233;bec, l'ont toutefois amen&#233;e &#224; conclure &#224; l'inexistence de ces sites &#171; exceptionnels &#187; : &#171; &lt;i&gt;&#192; ce jour, rien n'indique que le type de for&#234;t que nous retrouvons sur l'&#206;le est diff&#233;rent de celui que l'on retrouve ailleurs sur la C&#244;te Nord. Cependant, si tel &#233;tait le cas, nous avons des engagements fermes quant &#224; leur protection.&lt;/i&gt; &#187; Le rapport du BAPE, analysant les impacts de l'am&#233;nagement des rampes d'acc&#232;s, accorde aussi le feu vert &#224; la compagnie quant au d&#233;roulement des travaux. Aucune &#233;tude sur les impacts des coupes sur les diff&#233;rents &#233;cosyst&#232;mes de l'&#238;le n'a &#233;t&#233; effectu&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Bien qu'elle constitue la raison d'&#234;tre du projet d'am&#233;nagement des rampes d'acc&#232;s, l'exploitation foresti&#232;re comme telle ne fait pas partie de la liste de projets assujettis &#224; la proc&#233;dure d'&#233;valuation et d'examen des impacts sur l'environnement.&lt;/i&gt; &#187; (BAPE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le minist&#232;re de l'Environnement du Qu&#233;bec avait conclu dans les ann&#233;es 80 que le territoire de l'&#238;le Ren&#233;-Levasseur devait &#234;tre prot&#233;g&#233; dans son int&#233;grit&#233;. Mais &#224; la suite de pressions de la part d'autres minist&#232;res (particuli&#232;rement les Ressources naturelles), il n'a pas boug&#233;. En 2004, le ministre des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, M. Pierre Corbeil, a toutefois adopt&#233; la Loi 48 qui appelle &#224; la consultation avant les coupes. Cette prise de conscience soudaine, puis sa mat&#233;rialisation juridique, seraient cependant &#171; lacunaires &#187; en plusieurs points, selon Gilles Lavoie du bureau du sous-ministre aux for&#234;ts du minist&#232;re des Ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie s'y trouve gagnante et prouve sa forte influence sur la soci&#233;t&#233;. Depuis juin 2003, aucune annonce de nouvelles aires prot&#233;g&#233;es n'a &#233;t&#233; faite par le gouvernement. Ayant promis d'amener la proportion de territoire prot&#233;g&#233; de 2,9 % &#224; 8 % d'ici 2005, le voil&#224; maintenant qui repousse son engagement &#224; la fin de son mandat. Les groupes de conservation proposent pour leur part l'objectif de 12 % d'ici 2008, afin de pallier au d&#233;ficit par rapport aux autres provinces canadiennes ainsi qu'&#224; la moyenne mondiale, qui se situe &#224; 9 %. En ce moment, deux territoires sont prot&#233;g&#233;s sur l'&#238;le : la r&#233;serve &#233;cologique Louis-Babel (245 km2) et depuis peu, la p&#233;ninsule de la baie Memory au nord-est de l'&#238;le (204 km2) pour un total de 20 % du territoire prot&#233;g&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mobilisation pour la protection&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Association touristique r&#233;gionale de Manicouagan ainsi que plusieurs autres groupes et associations proposent de fonder une R&#233;serve mondiale de la biosph&#232;re sur le territoire, c'est-&#224;-dire une zone o&#249; la &#171; &lt;i&gt;conservation de la biodiversit&#233;, le d&#233;veloppement &#233;conomique et social et le maintien des valeurs culturelles&lt;/i&gt; &#187; (UNESCO) devraient cohabiter en &#233;quilibre, dans un esprit de &#171; d&#233;veloppement durable &#187;. Le projet a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; &#224; l'UNESCO et permettrait de d&#233;velopper le potentiel r&#233;cr&#233;otouristique de l&#8216;&#238;le. Des organisations politiques telles que le Parti Vert du Qu&#233;bec et l'Union des Forces Progressistes (UFP) soutiennent aussi la cause de protection du territoire insulaire. Des centaines de militantes environnementalistes, &#224; l'aide d'organisations reconnues, tentent de sensibiliser la population &#224; la cause de la d&#233;forestation de l'&#238;le. Une coalition a &#233;t&#233; form&#233;e et elle organise des activit&#233;s depuis l'automne 2002 afin de r&#233;v&#233;ler au public la gravit&#233; de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et maintenant&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les impacts de la d&#233;forestation de la for&#234;t bor&#233;ale qu&#233;b&#233;coise devraient alarmer celle ou celui qui se soucie du sort de la plan&#232;te et des g&#233;n&#233;rations futures. Il serait l&#226;che, face &#224; la catastrophe visible et largement d&#233;nonc&#233;e, de croire &#224; la sacro-sainte loi &#233;conomique qui brandit l'abominable spectre de la r&#233;cession et des pertes d'emplois. L'id&#233;e n'est pas d'exclure toute activit&#233; &#233;conomique de nos for&#234;ts, mais de trouver l'&#233;quilibre entre l'usage de la ressource et le respect de la Terre. Comme dans bien d'autres cas, la solution repose peut-&#234;tre sur l'&#233;ducation populaire, base d'une prise de conscience. Comme l'explique Lucie Tessier, ing&#233;nieure foresti&#232;re et responsable de la foresterie et de la conservation pour le Fonds mondial pour la nature du Canada (WWF) : &#171; &lt;i&gt;Il est possible de conjuguer foresterie et conservation. C'est simplement une question de volont&#233; politique et de cr&#233;ativit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guertin Tremblay&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tudiant en g&#233;ographie &#224; l'UQAM&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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