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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Pour les &#233;lites locales</title>
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		<dc:date>2008-08-17T23:49:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yves Bellavance</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Bellavance, Yves </dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La d&#233;centralisation appara&#238;t de plus en plus comme une qu&#234;te du Graal. Apr&#232;s plus de 40 ann&#233;es de politiques, d'orientations et de livres de toutes les couleurs, force est de constater que nous sommes bien loin de la terre promise. Ceux et celles qui r&#233;clamaient une v&#233;ritable d&#233;centralisation doivent se contenter d'une longue liste de promesses bris&#233;es et d'espoirs d&#233;&#231;us. &lt;br class='autobr' /&gt; R&#233;glons imm&#233;diatement la question. Les d&#233;centralisations propos&#233;es ne peuvent r&#233;pondre aux demandes des r&#233;gions (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-droit-a-la-ville-" rel="directory"&gt;Dossier : Le droit &#224; la ville&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;centralisation appara&#238;t de plus en plus comme une qu&#234;te du Graal. Apr&#232;s plus de 40 ann&#233;es de politiques, d'orientations et de livres de toutes les couleurs, force est de constater que nous sommes bien loin de la terre promise. Ceux et celles qui r&#233;clamaient une v&#233;ritable d&#233;centralisation doivent se contenter d'une longue liste de promesses bris&#233;es et d'espoirs d&#233;&#231;us.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;R&#233;glons imm&#233;diatement la question. Les d&#233;centralisations propos&#233;es ne peuvent r&#233;pondre aux demandes des r&#233;gions puisqu'elles ne remettent pas en question le mod&#232;le &#233;conomique dominant. Pour vraiment le faire, il faudrait r&#233;former le capitalisme en profondeur, car la structure &#233;conomique est &#233;chafaud&#233;e uniquement en fonction de redevances pour les capitalistes qui contr&#244;lent l'&#233;conomie nationale mais surtout internationale. La recherche des b&#233;n&#233;fices financiers passe bien avant la recherche du bonheur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, la d&#233;centralisation s'apparente souvent &#224; un simple red&#233;ploiement bureaucratique sur le territoire, un red&#233;ploiement qui &#233;pouse les contours de l'&#233;volution du march&#233;. C'est dans ce cadre que se sont situ&#233;es toutes les moutures des lois ayant model&#233; puis remodel&#233; la Ville de Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une &#233;conomie de proximit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les partisans de la d&#233;centralisation &#233;voquent toujours les m&#234;mes objectifs : les r&#233;gions ou les municipalit&#233;s vont contr&#244;ler leur d&#233;veloppement, sont les mieux plac&#233;es pour offrir certains services et cela permettra de rapprocher les citoyennes du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;centralisation et la r&#233;gionalisation sont in&#233;vitablement accompagn&#233;es d'un discours sur la &#171; d&#233;mocratisation &#187;, c'est-&#224;-dire une plus grande proximit&#233; entre les citoyens et citoyennes et le pouvoir. Mais qui diable sont ces citoyenNEs qui se rapprocheront ainsi du pouvoir ? Mon p'tit doigt et mon &#339;il de lynx me confirment que ce sont les &#233;lites &#233;conomiques locales qui profitent le plus de ce rapprochement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soi, la d&#233;centralisation n'est pas une menace. Li&#233;e &#224; l'&#233;clatement des normes et balises nationales et &#224; l'insuffisance des ressources budg&#233;taires dans l'allocation de services, la d&#233;centralisation prend un tout autre sens et se transforme en chasse-neige ouvrant les routes &#224; toutes les baronnies locales dor&#233;navant coll&#233;es au pouvoir. Il faut dire que le magot est all&#233;chant. En plus des traditionnels contrats municipaux (publicit&#233;, communication, entretien, immobilier, sous-traitance en informatique, pour le stationnement et bien d'autres services), la perspective de mettre la main sur les infrastructures municipales en fait saliver plus d'un. Les impacts sur l'acc&#232;s aux services (tarification des d&#233;chets, de l'eau, des services de loisirs, etc.) et sur l'appauvrissement seront d&#233;vastateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle n'est pas nouvelle cette proximit&#233;. Rappelez-vous le financement obscur des politiciens municipaux, les &#233;lections &#171; clefs en main &#187;, les pots-de-vin, les liens incestueux avec les promoteurs immobiliers, les multiples visites &#224; huis clos de firmes sp&#233;cialis&#233;es qui veulent notre bien&#8230; Dans la conjoncture actuelle toutefois, cela s'av&#232;re un cocktail explosif. On est pr&#234;t &#224; beaucoup de bassesses pour obtenir un contrat. L'actualit&#233; municipale est remplie d'exemples de corruption, et ce n'est pas pour rien, comme le souligne un observateur avis&#233; et amus&#233; (Pierre J. Hamel, &lt;i&gt;La concurrence entre le priv&#233; et le public. Faire de n&#233;cessit&#233; vertu&lt;/i&gt;, dans L'&#201;tat aux orties ?), &#171; &lt;i&gt;la concurrence, c'est un &#233;tat du march&#233; duquel les entreprises priv&#233;es cherchent &#224; s'&#233;loigner&lt;/i&gt; &#187;. Une ville &#233;clat&#233;e o&#249; les m&#233;dias et les groupes de citoyennes ne peuvent suivre &#224; la trace tous les &#233;lues repr&#233;sente un sc&#233;nario id&#233;al pour distribuer les cadeaux aux amis du priv&#233; local.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et les mouvements citoyens l&#224;-dedans ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aucun nouvel espace publique n'a &#233;merg&#233; des d&#233;centralisations successives. La population et les mouvements citoyens interviennent aux m&#234;mes structures, font face aux m&#234;mes fa&#231;ons de faire, ont le m&#234;me rapport avec les arrondissements et doivent toujours innover pour attirer l'attention sur les probl&#233;matiques urbaines. Bien s&#251;r, il y a quelques petites exp&#233;rimentations dans certains arrondissements, mais ces balbutiements ne sont pas tributaires de la d&#233;centralisation. Pendant que des citoyenNEs d&#233;pensent beaucoup d'&#233;nergies pour discuter d'un pourcentage infime du budget d'un arrondissement, les affairistes s'accaparent certains morceaux du g&#226;teau et pr&#233;parent l'offensive pour le gober au complet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau central, par contre, la d&#233;centralisation a eu un impact certain. Plusieurs mouvements sociaux se sont repli&#233;s davantage vers le local, d&#233;laissant ainsi le niveau montr&#233;alais. Ce n'est ni mal ni bien. Cependant, cette strat&#233;gie a pour effet de laisser le champ libre aux rapaces de toutes sortes au niveau de la ville et de la r&#233;gion m&#233;tropolitaine, d'affaiblir les liens entre les diverses organisations sociales et de mettre les solidarit&#233;s urbaines sur la voie de garage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain, nous constatons que le travail en concertation, entre groupes montr&#233;alais et locaux, est plus difficile donc plus rare. On en arrive m&#234;me &#224; se cr&#234;per le chignon sur la place publique : mon arrondissement compte plus de pauvres que le tien, je devrais avoir plus de logements sociaux, je devrais &#234;tre plus financ&#233;, etc. Si les mouvements sociaux continuent sur cette lanc&#233;e, il ne restera plus, &#224; l'instar des &#233;lites locales, qu'&#224; s'entred&#233;chirer pour obtenir une part du magot&#8230; Pratiquement plus personne n'intervient sur la place publique, globalement avec une vision sociale de la ville. Constat : les luttes urbaines ont, elles aussi, &#233;t&#233; balkanis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un d&#233;fi et un nouveau champ de lutte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1. Au-del&#224; de l'intervention locale, trouver les fa&#231;ons d'intervenir ensemble sur les questions globales montr&#233;alaises (accessibilit&#233; aux services, droit &#224; la ville, pauvret&#233;, logement, transport en commun, qualit&#233; de vie, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. L'urgence et le devoir, en tant que mouvements sociaux, de combattre la vision d'une ville &#224; la solde des affairistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yves Bellavance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Main basse sur l'eau de Montr&#233;al</title>
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		<dc:date>2008-07-29T18:50:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yves Bellavance</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) </dc:subject>
		<dc:subject>Bellavance, Yves </dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous le constatons malheureusement tous les jours : le gouvernement &#171; conservateur &#187; de Jean Charest adore jouer au m&#233;cano avec les acquis sociaux. Il pr&#233;f&#232;re toutefois d&#233;monter au lieu de construire. La d&#233;cision d'aller de l'avant avec les d&#233;fusions s'inscrit dans cette volont&#233; de tout faire &#233;clater afin que le priv&#233; puisse ensuite ramasser les morceaux. &lt;br class='autobr' /&gt; Se drapant dans la vertu d&#233;mocratique, le gouvernement Charest a enclench&#233; un processus qui va mener &#224; plusieurs d&#233;fusions &#224; Montr&#233;al. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bellavance-Yves-+" rel="tag"&gt;Bellavance, Yves &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton467.jpg?1642092269' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;198&#034; height=&#034;376&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous le constatons malheureusement tous les jours : le gouvernement &#171; conservateur &#187; de Jean Charest adore jouer au m&#233;cano avec les acquis sociaux. Il pr&#233;f&#232;re toutefois d&#233;monter au lieu de construire. La d&#233;cision d'aller de l'avant avec les d&#233;fusions s'inscrit dans cette volont&#233; de tout faire &#233;clater afin que le priv&#233; puisse ensuite ramasser les morceaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Se drapant dans la vertu d&#233;mocratique, le gouvernement Charest a enclench&#233; un processus qui va mener &#224; plusieurs d&#233;fusions &#224; Montr&#233;al. Pourtant, ce gouvernement &#171; gardien de la d&#233;mocratie &#187; bafoue lui-m&#234;me d'innombrables d&#233;marches d&#233;mocratiques dont celles qui ont men&#233; &#224; d'importantes prises de position des administrations municipales et provinciale pr&#233;c&#233;dentes dans le dossier de la privatisation et de la tarification de l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faudra-t-il rappeler &lt;i&gt;ad nauseam&lt;/i&gt; que du temps de la premi&#232;re administration Bourque, la population montr&#233;alaise a livr&#233; avec succ&#232;s une importante bataille contre la privatisation de l'eau ? Que le gouvernement du Qu&#233;bec a lui aussi recul&#233; sur cette question ? Que, suite aux pressions, il a mis sur pied la Commission Beauchamp du BAPE qui a sillonn&#233; le Qu&#233;bec en 1999-2000 ? Que le consensus qui s'est alors d&#233;gag&#233; est que les r&#233;seaux de distribution d'eau potable et leur gestion doivent demeurer propri&#233;t&#233; publique ? Que l'installation des compteurs dans les r&#233;sidences n'a pas &#233;t&#233; retenue dans les recommandations ? Que la politique de l'eau adopt&#233;e par le pr&#233;c&#233;dent gouvernement n'allait pas non plus dans ce sens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces consensus, le gouvernement actuel devient amn&#233;sique. Pire, il pi&#233;tine carr&#233;ment la d&#233;mocratie en ne respectant pas les consensus &#233;tablis dans notre soci&#233;t&#233;. Quelle le&#231;on de d&#233;mocratie ! C'est quoi notre devise d&#233;j&#224; ? Je me souviens ? Pourtant, &#231;a fait pas si longtemps que &#231;a !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu&#233;bec &#224; la rescoussede Montr&#233;al&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Ville de Montr&#233;al n'attendait que les ouvertures du ministre de l'Environnement, Thomas Mulcair, sur le recours aux compteurs d'eau et de la pr&#233;sidente du Conseil du Tr&#233;sor, Monique J&#233;r&#244;me-Forget, sur l'implication du priv&#233; pour enfin agir. L'administration Tremblay jongle avec ces id&#233;es depuis son &#233;lection il y a deux ans. Qu&#233;bec vient de donner le feu vert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas oublier que, dans le cas de la nouvelle Ville de Montr&#233;al, ces &#171; pratiques &#187; sont import&#233;es des anciennes villes de banlieue de l'&#238;le, ces m&#234;mes villes qui veulent d&#233;fusionner, dont des &#233;lues contr&#244;lent majoritairement la pr&#233;sente administration montr&#233;alaise et qui d&#233;sirent contribuer le moins possible aux co&#251;ts sociaux. Alan DeSousa, responsable du dossier au Comit&#233; ex&#233;cutif, fait partie du lot, &#233;tant un &#233;lu de St-Laurent, une ville vendue &#224; la pratique du compteur d'eau dans les r&#233;sidences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que ces municipalit&#233;s sont peu pr&#233;occup&#233;es par la pauvret&#233; et que la majorit&#233; d'entre elles consid&#232;re qu'il s'agit d'un probl&#232;me montr&#233;alais, au sens de l'ancienne ville de Montr&#233;al. Que les plus mal pris de notre soci&#233;t&#233; aient un acc&#232;s restreint &#224; cette ressource essentielle ne constitue pas leur premi&#232;re pr&#233;occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, en d&#233;pit de leurs &#171; efforts &#187;, les &#233;lues qui d&#233;fendent la tarification et la privatisation ont beaucoup de difficult&#233; &#224; argumenter leur position. Au bout du compte, leur seul argument c'est le besoin de fric.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas pour rien que leur argumentation tient difficilement la route. Prenons l'installation de compteurs d'eau dans les r&#233;sidences (qui entra&#238;nera des frais d'installation de 60 &#224; 100 millions $ en plus des frais de gestion) ou l'instauration d'une taxe d'eau. Le recours &#224; ces pratiques ne r&#232;gle rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan environnemental, les &#233;tudes d&#233;montrent que les compteurs d'eau n'ont pas d'impact sur la consommation dans les r&#233;sidences, si ce n'est chez les plus pauvres qui rognent dans leur budget. Et que la taxe d'eau, si elle exerce une pression sur le budget des familles d&#233;favoris&#233;es, n'emp&#234;che nullement les mieux nantis de laver pendant des heures leur BMW ou d'arroser leur domaine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'aspect le plus farfelu, c'est que les personnes qui veulent tarifier l'eau par compteur ou cr&#233;er une nouvelle taxe sont les m&#234;mes qui nous cassent les oreilles avec les baisses d'imp&#244;ts et de taxes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la privatisation, il s'agit d'une mauvaise solution &#224; des probl&#232;mes qui n'existent pas. Le r&#233;seau de distribution de l'eau se porte bien, tout comme sa gestion. L'eau est de bonne qualit&#233;. Sa production ne co&#251;te pas cher. Nous avons une bonne expertise municipale. Les budgets actuels, tir&#233;s de la taxe fonci&#232;re que tout le monde paie, couvrent les frais. Pourquoi privatiser alors ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les intentions barbares&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les vraies raisons, se cachant (si peu !) derri&#232;re les intentions de Qu&#233;bec et Montr&#233;al, sont d'ordre id&#233;ologique. Il s'agit de faire entrer la logique de march&#233;, m&#234;me sur un bien aussi essentiel et vital que l'eau, et de privatiser (ou d&#233;l&#233;guer ou sous-contracter) pour les p'tits amis selon les principes du fameux P3 : partenariat public priv&#233;&#8230; ou si on pr&#233;f&#232;re profits pour le priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#231;a c'est effrayant. Lors de ses d&#233;clarations sur la place du priv&#233; dans l'eau, il suffisait de voir le petit sourire en coin de Monique J&#233;r&#244;me-Forget, &#224; la George W. Bush, pour constater &#224; quel point ces gens ne l&#226;cheront pas le morceau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jouons au devin. La Ville, avec la b&#233;n&#233;diction de Qu&#233;bec, mettra sur pied une soci&#233;t&#233; ind&#233;pendante de l'eau avec ses propres revenus et ses propres employ&#233;es qui auront une autre convention collective que celle en vigueur actuellement, gracieuset&#233; des changements op&#233;r&#233;s &#224; l'article 45 du Code du travail. Nous nous retrouverons alors devant un beau &#171; &lt;i&gt;package&lt;/i&gt; &#187; facilement privatisable m&#234;me si le r&#233;seau demeure officiellement public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement plusieurs mouvements de citoyennes s'opposent &#224; ces projets et vont poursuivre la lutte. Il n'est pas question de retourner cent ans en arri&#232;re. Pas question que l'on appauvrisse la population montr&#233;alaise. Pas question que l'on permette au priv&#233; de mettre la main sur notre bien collectif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yves Bellavance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Directeur g&#233;n&#233;ral de la Table r&#233;gionale des organismes volontaires d'&#233;ducation populaire (TROVEP)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un cas d'eau offert au priv&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-cas-d-eau-offert-au-prive</link>
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		<dc:date>2008-07-18T16:52:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yves Bellavance</dc:creator>


		<dc:subject>Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) </dc:subject>
		<dc:subject>Bellavance, Yves </dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les journalistes ont le don de nous &#233;tonner. Apr&#232;s trois ann&#233;es de gouvernement Charest, ils nous claironnent que, malgr&#233; ses promesses, ce gouvernement n'a accouch&#233; que de petites souris inoffensives. Comment &#231;a, pas de PPP ? La 25, le CHUM, les CHSLD, les haltes routi&#232;res, une partie du parc national du Mont Orford, ce n'est quand m&#234;me pas que de la th&#233;orie ! &lt;br class='autobr' /&gt; L&#224; o&#249; le gouvernement frappe le plus fort, ce n'est m&#234;me pas sur son terrain mais sur celui des municipalit&#233;s, en mettant en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-15-ete-2006-" rel="directory"&gt;No 015 - &#233;t&#233; 2006&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Privatisation-et-partenariats-+" rel="tag"&gt;Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bellavance-Yves-+" rel="tag"&gt;Bellavance, Yves &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les journalistes ont le don de nous &#233;tonner. Apr&#232;s trois ann&#233;es de gouvernement Charest, ils nous claironnent que, malgr&#233; ses promesses, ce gouvernement n'a accouch&#233; que de petites souris inoffensives. Comment &#231;a, pas de PPP ? La 25, le CHUM, les CHSLD, les haltes routi&#232;res, une partie du parc national du Mont Orford, ce n'est quand m&#234;me pas que de la th&#233;orie !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L&#224; o&#249; le gouvernement frappe le plus fort, ce n'est m&#234;me pas sur son terrain mais sur celui des municipalit&#233;s, en mettant en place un appareil l&#233;gislatif favorisant la privatisation de la presque totalit&#233; des services municipaux. La loi 134 &#171; modifiant de nouveau diverses dispositions l&#233;gislatives concernant le domaine municipal &#187;, loi adopt&#233;e en cachette &#224; la fin de la derni&#232;re session parlementaire en d&#233;cembre 2005, est &#224; cet &#233;gard tr&#232;s claire : &#171; &lt;i&gt;Toute municipalit&#233; locale peut confier &#224; une personne l'exploitation de ses parcs ou de ses &#233;quipements ou lieux destin&#233;s &#224; la pratique d'activit&#233;s culturelles, r&#233;cr&#233;atives ou communautaires&lt;/i&gt; &#187; (article 104) ; &#171; &lt;i&gt;Toute municipalit&#233; locale peut, pour une dur&#233;e de 25 ans, confier &#224; une personne l'exploitation de son syst&#232;me d'aqueduc ou d'&#233;gout ou de ses autres ouvrages d'alimentation en eau ou d'assainissement des eaux&lt;/i&gt; &#187; (article 108) ; l'article 110 fait de m&#234;me pour l'&#233;limination des mati&#232;res r&#233;siduelles ; et toute &#171; &lt;i&gt;personne&lt;/i&gt; &#187; pourra allonger du financement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrat &#224; long terme, participation au financement : voil&#224; tous les ingr&#233;dients des PPP. Qu'on appelle cela comme on voudra &#8211; PPP, affermage, gestion d&#233;l&#233;gu&#233;e, impartition, contrat clef en main, soci&#233;t&#233; d'&#233;conomie mixte &#8211; privatiser, &#231;a veut dire transf&#233;rer au secteur priv&#233; des activit&#233;s pr&#233;alablement r&#233;alis&#233;es par le secteur public (un gouvernement, une municipalit&#233; ou un de ses organismes).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Y'a du monde press&#233;&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avant m&#234;me que la loi 134 soit adopt&#233;e, les villes de Westmount et de C&#244;te-St-Luc profitaient du vent de d&#233;fusion pour confier au priv&#233; la gestion de leur r&#233;seau local d'eau (il s'agit ici des tuyaux, car Montr&#233;al continue &#224; les alimenter en eau potable). Pourtant, avant les fusions de 2001, ce r&#233;seau local appartenait &#224; Montr&#233;al. Mais le Comit&#233; de transition leur a remis ce bout de r&#233;seau en cadeau lors de la d&#233;fusion. Ces villes ont donc aujourd'hui beau jeu d'affirmer qu'elles ne poss&#232;dent pas l'expertise pour s'en occuper !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Westmount et C&#244;te-St-Luc ont accord&#233; un premier contrat de deux ans &#224; Dessau-Soprin pour assurer la gestion du r&#233;seau et en faire l'&#233;valuation. Apr&#232;s ces deux ann&#233;es, et avec les recommandations de Dessau-Soprin, ces deux municipalit&#233;s choisiront la voie &#224; suivre pour un autre contrat d'un peu plus de 22 ans. Ai-je besoin de vous dire quelles seront les recommandations de Dessau-Soprin ? Ailleurs au Qu&#233;bec, la municipalit&#233; de Valcourt a confi&#233; l'exploitation de ses r&#233;seaux d'aqueducs et d'&#233;gouts pour un contrat de 15 ans &#224; un consortium form&#233; d'Axor et d'Aquatech.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un projet pilot&#233; par Qu&#233;bec
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La ministre Nathalie Normandeau pr&#233;tend que ce sont les municipalit&#233;s elles-m&#234;mes qui lui ont demand&#233; ces modifications, notamment Westmount et C&#244;te-St-Luc. C'est plus ou moins vrai. Ce ne sont pas ces municipalit&#233;s, qui &#233;taient alors des arrondissements, qui ont choisi cette voie mais le Comit&#233; de transition, qui a d'ailleurs lanc&#233; l'appel d'offres et s&#233;lectionn&#233; la firme (des mauvaises langues affirment m&#234;me que Dessau-Soprin aurait &#233;crit l'appel d'offres...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, qui composait ce Comit&#233; de transition ? Une bande d'affairistes pr&#233;sid&#233;e par Pierre Lortie, ancien ministre lib&#233;ral sous Robert Bourassa, p&#232;re de &#171; l'&#201;tat Provigo &#187; (du nom de l'entreprise o&#249; il a s&#233;vi) dans laquelle on retrouve Ronald Poupart, vieux militant lib&#233;ral et patronal qui, en m&#234;me temps, est secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral associ&#233; au Conseil ex&#233;cutif du gouvernement du Qu&#233;bec. Bref, la ligne est directe avec le gouvernement Charest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le priv&#233; prend de plus en plus de place dans la gestion de l'eau au Qu&#233;bec, cela avec la complicit&#233; de certaines municipalit&#233;s et sans aucun d&#233;bat public. La loi sur les comp&#233;tences municipales pr&#233;voit une consultation de la population avant d'aller vers le priv&#233;. Dans le cas de Westmount et de C&#244;te-St-Luc, un petit encadr&#233; dans les journaux locaux est pass&#233; inaper&#231;u. Dans le cas de Valcourt, le registre a &#233;t&#233; ouvert l'avant-veille de No&#235;l. Au Qu&#233;bec, en d&#233;mocratie, il faut garder l'&#339;il ouvert !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; qui tout cela va-t-il profiter ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Selon le contrat sign&#233; entre C&#244;te-St-Luc et Dessau-Soprin, le service va co&#251;ter deux fois plus cher aux citoyennes. Pourquoi aller vers le priv&#233; alors ? L'administration de C&#244;te-St-Luc affirme avoir &#233;t&#233; tr&#232;s mal desservie par Montr&#233;al. Pr&#233;sentement, le temps de r&#233;ponse de Dessau-Soprin serait extraordinaire. C'est s&#251;r. &#192; moins d'agir en imb&#233;cile, Dessau-Soprin va offrir un service en or &#224; ces municipalit&#233;s au cours des deux prochaines ann&#233;es ! Premi&#232;rement, elle veut le deuxi&#232;me contrat et deuxi&#232;mement, il s'agit d'une carte de visite importante pour avoir acc&#232;s &#224; d'autres r&#233;seaux municipaux et concurrencer Axor et cie (Axor aurait obtenu un contrat de 40 ans pour la construction et la gestion d'un centre multisports &#224; Sherbrooke).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, l'objectif fondamental d'une entreprise priv&#233;e est de faire du profit. In&#233;vitablement, le co&#251;t du rendement sur l'investissement de ces entreprises sera refil&#233; aux citoyennes. Si on y ajoute le financement que pourrait injecter le priv&#233; (qui emprunte &#224; des taux plus &#233;lev&#233;s que les municipalit&#233;s), la facture sera sal&#233;e. Selon une &#233;tude britannique d&#233;voil&#233;e par Andr&#233; No&#235;l dans La Presse, &#171; &lt;i&gt;les co&#251;ts en PPP sont de 25 &#224; 50 % plus &#233;lev&#233;s que des constructions financ&#233;s par des fonds publics&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la facture sera sal&#233;e pour longtemps. O&#249; serez-vous dans 25 ans ? 25 ans, c'est long, c'est quatre mandats &#224; la mairie, quatre gouvernements &#224; Qu&#233;bec. Dans quel &#233;tat sera le r&#233;seau dans 25 ans ? Les municipalit&#233;s auront-elles encore une expertise ? D'ici l&#224;, les citoyennes ont les mains li&#233;es car il ne s'agira plus d'un &#171; service public &#187;, mais d'un &#171; contrat de partenariat &#187;. Alors que les &#171; lucides &#187; ne cessent de pr&#234;cher pour les g&#233;n&#233;rations futures, ils les hypoth&#232;quent dangereusement puisque celles-ci seront coinc&#233;es avec ces choix. Avons-nous vraiment envie de confier une ressource aussi cruciale que l'eau potable &#224; des entreprises &#224; la recherche de profits ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yves Bellavance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Directeur de la TROVEP-Montr&#233;al&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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