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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>L'&#232;re Morales et les d&#233;fis de la stabilit&#233; politique en Bolivie</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-ere-Morales-et-les-defis-de-la-stabilite-politique-en-Bolivie</link>
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		<dc:date>2021-03-11T19:52:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roxana Paniagua</dc:creator>


		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Paniagua, Roxana </dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Evo Morales a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme populiste, de m&#234;me que d'autres chefs d'&#201;tats sud-am&#233;ricains, comme Hugo Chavez, et Rafael Correa. Comme eux, il a d&#233;nonc&#233; l'&#233;lite et l'oligarchie, il s'est fait d&#233;fenseur des classes populaires et des Autochtones. Apr&#232;s 14 ans au pouvoir, peut-on dire que son type de gouvernement a bien d&#233;fendu sa population ? &lt;br class='autobr' /&gt; Pour plusieurs analystes, citoyennes et citoyens, les politiques d'Evo Morales ne peuvent passer &#224; c&#244;t&#233; d'une analyse critique. &#192; la lumi&#232;re des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-populisme-de-gauche-A-tort-ou-a-raison-" rel="directory"&gt;Dossier : Le populisme de gauche. &#192; tort ou &#224; raison ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Paniagua-Roxana-+" rel="tag"&gt;Paniagua, Roxana &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3083.png?1642092256' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1285&#034; height=&#034;380&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Evo Morales a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme populiste, de m&#234;me que d'autres chefs d'&#201;tats sud-am&#233;ricains, comme Hugo Chavez, et Rafael Correa. Comme eux, il a d&#233;nonc&#233; l'&#233;lite et l'oligarchie, il s'est fait d&#233;fenseur des classes populaires et des Autochtones. Apr&#232;s 14 ans au pouvoir, peut-on dire que son type de gouvernement a bien d&#233;fendu sa population ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Pour plusieurs analystes, citoyennes et citoyens, les politiques d'Evo Morales ne peuvent passer &#224; c&#244;t&#233; d'une analyse critique. &#192; la lumi&#232;re des r&#233;flexions th&#233;oriques de Chantal Mouffe, le populisme de gauche d'Evo Morales se situerait peut-&#234;tre davantage dans la recherche d'une&lt;em&gt; radicalisation de la d&#233;mocratie&lt;/em&gt; dont le but est d'&#233;largir les espaces de construction de l'&#233;galit&#233; et de la justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans le but de radicaliser la d&#233;mocratie, le populisme de gauche de Morales viserait &#224; articuler &#171; &lt;em&gt;la r&#233;cup&#233;ration de la d&#233;mocratie&lt;/em&gt; &#187; par la participation de larges secteurs de la population gr&#226;ce &#224; ce que Mouffe appelle la cha&#238;ne d'&#233;quivalences, c'est-&#224;-dire la convergence d'int&#233;r&#234;ts divers provenant de diff&#233;rents groupes. Ainsi, le populisme de gauche serait &#171; &lt;em&gt;une strat&#233;gie &#233;tablissant une fronti&#232;re politique qui divise la soci&#233;t&#233; en deux camps et appelle &#8220;ceux d'en bas&#8221; &#224; se mobiliser contre ceux qui sont au pouvoir&lt;/em&gt; &#187;. Ne s'agit-il pas de moments conjoncturels de r&#233;sistance qui sont aujourd'hui pr&#233;sents dans le contexte bolivien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Morales et le Mouvement vers le socialisme (MAS en espagnol), surtout &#224; ses d&#233;buts dans l'exercice du pouvoir, cristallisaient l'ensemble des int&#233;r&#234;ts des mouvements sociaux et autochtones se positionnant dans les id&#233;ologies de l'&#233;mancipation plut&#244;t que dans le populisme. &#201;taient-il populistes ? Et s'ils l'&#233;taient, leur strat&#233;gie politique n'&#233;tait-elle pas l&#233;gitime dans le cadre d'un &#201;tat gouvern&#233; pendant 183 ans par les oligarchies ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le &#171; Movimiento al socialismo &#187; est entr&#233; dans la vie politique bolivienne en 2002, &#224; la suite de protestations contre les politiques n&#233;olib&#233;rales et une d&#233;mocratie qui reconduisait au pouvoir les m&#234;mes partis traditionnels. En 2005, le MAS est &#233;lu avec 54 % des voix, sous le slogan &#171; &lt;em&gt;Somos pueblo, somos MAS &lt;/em&gt; &#187; (&#171; Nous sommes le peuple, nous sommes MAS &#187;, avec un jeu de mot sur le mot m&#225;s qui signifie &#171; plus &#187; en espagnol). Ces &#233;lections amorcent un cycle politico-juridico-&#233;conomique qui aboutira &#224; la reconnaissance des peuples autochtones, des mouvements sociaux et populaires (Constitution politique de 2009). Les peuples autochtones particip&#232;rent &#224; l'Assembl&#233;e constituante de 2006 pour r&#233;diger le nouveau cadre constitutionnel permettant th&#233;oriquement la &lt;em&gt;refondation&lt;/em&gt; du pays et incluant des sujets comme l'autod&#233;termination des peuples et la lutte contre le colonialisme interne des &#233;lites oligarchiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Les &lt;em&gt;evonomics&lt;/em&gt;, entre n&#233;onationalisme et &#233;conomie plurielle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; La &#171; &lt;em&gt;bolivianizacion&lt;/em&gt; &#187; de l'&#233;conomie, &#224; travers la r&#233;vision de contrats des transnationales exploitant le gaz naturel ainsi que le nouvel ordre normatif mettant la sp&#233;cificit&#233; plurinationale et pluriculturelle de la Bolivie, constitue le &#171; nouveau contrat social &#187; du gouvernement Morales. &#192; partir de son &#233;lection en 2005 (et r&#233;&#233;lu en 2014 avec 63 % de voix et une majorit&#233; absolue), Morales a d&#233;fendu la redistribution de la richesse g&#233;r&#233;e par l'&#201;tat &#224; travers des allocations aux plus d&#233;munis, ce qui lui vaut un appui populaire, malgr&#233; les probl&#232;mes politiques et le r&#233;f&#233;rendum de f&#233;vrier 2016 lui refusant un troisi&#232;me mandat &#224; la pr&#233;sidence du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On a qualifi&#233; d'&lt;em&gt;Evonomics&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce terme a &#233;t&#233; tir&#233; de l'analyse du journaliste Fernando Molina publi&#233;e dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; les r&#233;formes de Morales, toujours tr&#232;s populaires aujourd'hui. Ce syst&#232;me repose sur la combinaison d'une &#233;conomie &#233;tatiste dans les secteurs strat&#233;giques (gaz, &#233;lectricit&#233;, mines) en s'alliant avec le secteur priv&#233; de l'agro-industrie, du commerce &#224; grande &#233;chelle et de la finance. Cela s'ajoute au &#171; pacte de coexistence pacifique &#187; entre le gouvernement et l'entrepreneuriat &#224; petite &#233;chelle (artisanaux et de commerce) qui constituent 60 % de la force du travail, qui n'ont pas d'obligations fiscales, ce qui est d&#233;cri&#233; par la classe moyenne. &#192; cela s'ajoute aussi un plan con&#231;u par les &lt;em&gt;Chuquiagoboys&lt;/em&gt; (clin d'&#339;il au&lt;em&gt; Chicagoboys&lt;/em&gt; &#8211; Chuquiago &#233;tant le nom de La Paz en aymara, une langue autochtone) qui a pu s'attaquer &#224; la dollarisation du syst&#232;me par la stabilisation du taux d'&#233;change, et cela sans interdire le dollar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Toutefois, l'extractivisme (exportateur) des mati&#232;res premi&#232;res (gaz, minerais) n'a pas permis de diversifier l'&#233;conomie et de surmonter la d&#233;pendance aux importations. Les politiques n&#233;o-nationalistes centr&#233;es sur la red&#233;finition de nouvelles clauses des contrats d'exploitation du gaz par les transnationales font aujourd'hui de l'&#201;tat un actionnaire majoritaire dans toutes les entreprises qui exploitent la ressource. Les Evonomics n'ont pas permis le renversement du capitalisme, mais visent plut&#244;t &#224; renforcer le &#171; &lt;em&gt; r&#244;le de l'&#201;tat comme partenaire des grandes industries capitalistes dans le but de renforcer le capitalisme andin &lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Malgr&#233; tout, les allocations cibl&#233;es aux enfants, aux femmes enceintes et aux personnes &#226;g&#233;es ont contribu&#233; &#224; augmenter le revenu des personnes en situation de pauvret&#233; extr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; L'impact des politiques sur les imaginaires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Les discours du MAS, m&#234;me s'ils s'inscrivent dans la polarit&#233; entre les &#171; &#233;lites et le peuple &#187;, ont servi &#224; promouvoir un imaginaire politique autour de la dignit&#233; et l'&#233;mancipation. Ils ont permis de renforcer les fonctions de projection et d'identification dans la construction des imaginaires des Autochtones. Est-ce du populisme ? C'est possible, mais la redistribution de la richesse a contribu&#233; &#224; l'ascension et l'&lt;em&gt;empowerment &lt;/em&gt;d'une classe moyenne tr&#232;s prosp&#232;re des &lt;em&gt;cholos&lt;/em&gt; (Autochtones vivant dans les villes) qui sont aujourd'hui moins interpell&#233;s par les valeurs et principes de ceux qui les ont promus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Morales a souffert des contrecoups de ses politiques. Plusieurs groupes ont quitt&#233; le bateau. Le conflit du Territoire indig&#232;ne et parc national Isiboro-S&#233;cure (TIPNIS) fut parmi ceux qui ont d&#233;voil&#233; les contradictions entre une vision d&#233;veloppementaliste et une vision communautaire du pays. La r&#233;sistance des Autochtones contre la construction de la route &#8211; traversant le TIPNIS &#8211; pour relier l'ouest et l'est du pays montre la rupture entre le gouvernement et une partie des bases qui le soutenaient. Le conflit du TIPNIS a eu un impact majeur de sorte que Morales a d&#251; reculer et la route n'a pas &#233;t&#233; construite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'autres conflits en rapport &#224; la protection des territoires communautaires autochtones ont &#233;clat&#233; de sorte qu'une partie de la base autochtone qui a appuy&#233; le MAS s'est retir&#233;e. &#201;galement, la rupture entre Morales et les commer&#231;ants, majoritairement des &lt;em&gt;cholos&lt;/em&gt;, s'est produite lorsque le pouvoir a voulu que ces commer&#231;ants paient des imp&#244;ts pour s'attaquer &#224; l'&#233;conomie informelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quoi qu'on dise, l'&#232;re Morales a permis l'affirmation de larges couches de la population. En fait, pour le vice-pr&#233;sident Garcia Linera, la classe moyenne chola constitue aujourd'hui un point d'ancrage de l'&#233;conomie du pays gr&#226;ce &#224; la ma&#238;trise du march&#233; interne et &#224; son &#233;thique communautaire. Cette nouvelle classe, plus individualiste et consum&#233;riste, n'a toutefois pas perdu de vue l'importance de la communaut&#233;, hormis les institutions de l'&#201;tat, et c'est ce qui lui donne son importance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ma&#235;lle Mariette, &#171; La gauche bolivienne a-t-elle enfant&#233; ses fossoyeurs ? &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Comment freiner la droite ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Petit &#224; petit, &#224; cause de la &lt;em&gt;realpolitik&lt;/em&gt;, les alli&#233;s historiques et membres du MAS ont quitt&#233; le parti et se sont cantonn&#233;s dans des revendications sectorielles. Paradoxalement, les politiques &#233;conomiques instaur&#233;s par le MAS ont grandement favoris&#233; le secteur agro-industriel et du gaz de Santa Cruz, ainsi que l'&#233;mergence d'une nouvelle classe moyenne compos&#233;e par les &lt;em&gt;cholos&lt;/em&gt; commer&#231;ants, s'inscrivant &#224; l'encontre du discours de construction d'une soci&#233;t&#233; socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Que deviendra la soci&#233;t&#233; bolivienne sans Morales ? &#192; mon avis, la r&#233;cup&#233;ration de nouvelles formes d'actions politiques permettrait de renforcer la d&#233;mocratie participative. Les mesures sociales ayant conduit au consum&#233;risme et &#224; l'individualisme peuvent aussi condamner la recherche de cette vie commune. La condition &lt;em&gt;sine qua non&lt;/em&gt; pour pouvoir construire une d&#233;mocratie radicale, selon Chantal Mouffe, passe par l'action politique qui semble d&#233;sinvestie par les groupes qui, autrefois, se mobilisaient &#224; la recherche de la justice sociale. Malgr&#233; la r&#233;ussite des &lt;em&gt;Evonomics&lt;/em&gt;, la vie politique d&#233;mocratique en Bolivie s'est &#233;puis&#233; par le d&#233;sint&#233;r&#234;t de certains secteurs &#8211; des jeunes autochtones et non autochtones surtout. Cela a permis la mont&#233;e des groupes traditionnels issus des oligarchies historiques qui ne supportent pas l'image du pr&#233;sident autochtone et qui ont profit&#233; de la campagne &#233;lectorale pour poser des actes violents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La protestation des groupes li&#233;s &#224; l'extr&#234;me droite &#224; laquelle n'ont pas compl&#233;tement adh&#233;r&#233; les versions mod&#233;r&#233;es du lib&#233;ralisme a eu les effets escompt&#233;s. Sur l'accusation d'une fraude, alors que l'Organisation des &#201;tats am&#233;ricains n'a jamais utilis&#233; ce terme, Morales a d&#251; d&#233;missionner. Il s'agit d'un coup d'&#201;tat&lt;em&gt; sui generis&lt;/em&gt; perp&#233;tr&#233; par les &#233;l&#233;ments les plus radicaux de l'extr&#234;me droite dont leur leitmotiv repose sur le &#171; retour de la Bible au palais du gouvernement &#187; : des militants &#233;vang&#233;liques dont leur leader, un d&#233;nomm&#233; Camacho, est impliqu&#233; dans les Panama Papers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'heure est grave dans la conjoncture actuelle car la soci&#233;t&#233; bolivienne est divis&#233;e entre ceux qui appuient le MAS et ceux dits &#171; d&#233;mocratiques &#187;. L'opposition de Carlos Mesa s'est fait discr&#232;te et a refus&#233; tout dialogue avec Morales. Le leader de la droite radicale du Comit&#233; civique de Santa Cruz a annonc&#233; que &#171; &lt;em&gt; Dieu reviendra au pouvoir&lt;/em&gt; &#187;, annon&#231;ant son appartenance aux groupes &#233;vang&#233;liques. L'issu de la conjoncture actuelle nous m&#232;ne dramatiquement &#224; la pr&#233;sence d'une droite qui a trouv&#233; une mani&#232;re d'instrumentaliser la d&#233;mocratie. Verrons-nous un sc&#233;nario &#224; la br&#233;silienne se r&#233;aliser ? Des jours sombres s'annoncent pour la Bolivie o&#249; les Autochtones sont toujours confront&#233;s au racisme et aux agressions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce terme a &#233;t&#233; tir&#233; de l'analyse du journaliste Fernando Molina publi&#233;e dans &lt;em&gt;Nueva Sociedad&lt;/em&gt; en octobre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ma&#235;lle Mariette, &#171; La gauche bolivienne a-t-elle enfant&#233; ses fossoyeurs ? &#187;, &lt;em&gt;Le Monde diplomatique&lt;/em&gt;, septembre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteure est professeure au Coll&#232;ge de Maisonneuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : S&#233;bastien Marchal&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La constituante et la droite en Bolivie</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-constituante-et-la-droite-en</link>
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		<dc:date>2009-02-08T18:20:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roxana Paniagua</dc:creator>


		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Paniagua, Roxana </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 2005, la crise du syst&#232;me d&#233;mocratique bolivien aboutissait &#224; l'&#233;lection du premier pr&#233;sident indien du pays en la personne d'Evo Morales Ayma. Les revendications des mouvements populaires et autochtones se sont alors concentr&#233;es sur un point pr&#233;cis : convoquer une Assembl&#233;e constituante pour &#171; refonder le pays &#187; en mettant fin aux asym&#233;tries sociales et &#233;conomiques. La Consti-tuante a si&#233;g&#233; dans un contexte de blocage syst&#233;matique par la droite conservatrice, repr&#233;sent&#233;e entre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Amerique-latine-Virage-a-" rel="directory"&gt;Dossier : Am&#233;rique latine - Virage &#224; gauche&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Paniagua-Roxana-+" rel="tag"&gt;Paniagua, Roxana &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton802.gif?1642092274' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;630&#034; height=&#034;460&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En d&#233;cembre 2005, la crise du syst&#232;me d&#233;mocratique bolivien aboutissait &#224; l'&#233;lection du premier pr&#233;sident indien du pays en la personne d'Evo Morales Ayma. Les revendications des mouvements populaires et autochtones se sont alors concentr&#233;es sur un point pr&#233;cis : convoquer une Assembl&#233;e constituante pour &#171; &lt;i&gt;refonder le pays&lt;/i&gt; &#187; en mettant fin aux asym&#233;tries sociales et &#233;conomiques. La Consti-tuante a si&#233;g&#233; dans un contexte de blocage syst&#233;matique par la droite conservatrice, repr&#233;sent&#233;e entre autres par le PODEMOS (Pouvoir d&#233;mocratique et social&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le PODEMOS est un parti qui a perdu son statut juridique. Initialement, il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). L'obstruction des travaux a d&#233;voil&#233; que la droite, qui avait gouvern&#233; le pays depuis des d&#233;cennies, n'allait pas permettre l'av&#232;nement d'une nouvelle charte allant &#224; l'encontre de ses int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques. En deux ans, les forces conservatrices ont eu le temps de cr&#233;er un climat social violent visant &#224; mettre en &#233;chec le gouvernement d'Evo Morales et les revendications des mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'emp&#234;cher l'approbation du nouveau texte constitutionnel, tous les pr&#233;textes &#233;taient bons : la revendication pour le retour de la capitale &#224; Sucre ou l'imp&#244;t direct sur les hydrocarbures ont &#233;t&#233; autant d'&#233;l&#233;ments pour d&#233;clencher des manifestations radicales et violentes. &#192; Sucre, si&#232;ge de la Constituante, le harc&#232;lement des &#171; &lt;i&gt;asambleistas&lt;/i&gt; &#187; d'origine indig&#232;ne a &#233;t&#233; syst&#233;matique et a atteint son paroxysme lors des &#233;v&#233;nements du 24 mai 2008, o&#249; ce harc&#232;lement est devenu ouvertement du racisme. Un journaliste espagnol a dit avoir &#233;t&#233; t&#233;moin du harc&#232;lement syst&#233;matique des femmes &#171; &lt;i&gt;asambleistas&lt;/i&gt; &#187; : lorsqu'elles se d&#233;pla&#231;aient &#224; pied dans la ville, elles &#233;taient insult&#233;es, bouscul&#233;es et d&#233;pouill&#233;es de leur habit traditionnel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Defensor&#237;a del pueblo et Universit&#233; de la Cordillera, Observando el racismo. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au sabotage syst&#233;matique de la droite et &#224; la d&#233;sinformation cr&#233;&#233;e par les grands m&#233;dias, le gouvernement a d&#233;cid&#233; de tester sa l&#233;gitimit&#233; et celle des pr&#233;fets de l'opposition dans un r&#233;f&#233;rendum &#224; caract&#232;re r&#233;vocatoire. Ce r&#233;f&#233;rendum a confirm&#233; &#224; nouveau Evo Morales et Alvaro Garcia Linera comme pr&#233;sident et vice-pr&#233;sident de la Bolivie (67,4 %) et reconduit les r&#233;formes entam&#233;es par ceux-ci. Mais ce r&#233;f&#233;rendum a aussi maintenu dans leur poste la plupart des pr&#233;fets (gouverneurs) de l'opposition. Ce vote ambigu de la population indique qu'elle voulait aussi bien les r&#233;formes propos&#233;es par l'&#201;tat central (nationalisation des hydrocarbures et r&#233;forme agraire) que l'autonomie des r&#233;gions. Ce vote, qui prouve en quelque sorte le d&#233;sir de tous les Boliviens de &#171; refonder le pays &#187;, se trouve bien loin du discours manich&#233;en de la droite qui pr&#233;sente le pays comme &#233;tant divis&#233; entre Blancs riches et Indiens pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La spirale de violence planifi&#233;e depuis les pr&#233;fectures et les comit&#233;s civiques, avec l'appui de l&lt;i&gt;'Uni&#243;n Juvenil Cruce&#241;ista&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bras arm&#233; du Comit&#233; de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de Santa Cruz, dont le pr&#233;sident (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et des groupes de choc de la&lt;i&gt; Falange Socialista Boliviana&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Phalange socialiste bolivienne, groupe fasciste fond&#233; en 1937 sur le mod&#232;le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, est arriv&#233;e &#224; son point culminant lors du massacre de Pando le 11 septembre 2008 : une embuscade tendue par des groupes irr&#233;guliers, li&#233;s &#224; la pr&#233;fecture de Pando, au cours de laquelle 18 autochtones ont &#233;t&#233; assassin&#233;s, plus de 60 personnes bless&#233;es et 70 autres port&#233;es disparues. Le gouvernement Morales s'est vu oblig&#233; de d&#233;cr&#233;ter l'&#233;tat de si&#232;ge dans cette r&#233;gion du nord du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, l'&lt;i&gt;Uni&#243;n de Naciones del Sur&lt;/i&gt; (UNASUR) a donn&#233; un appui ferme au gouvernement d'Evo Morales et a averti qu'elle ne tol&#232;rera pas la rupture du processus d&#233;mocratique ni la division du pays. Les opposants de Morales ont mis&#233; sur l'acc&#232;s &#224; l'autonomie des r&#233;gions, ce qui est devenu non pas une proposition de d&#233;centralisation de l'&#201;tat, mais plut&#244;t une proposition de s&#233;cession appuy&#233;e en principe par les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quels enjeux ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rappelons tout d'abord que la Bolivie est un pays o&#249; les rapports de pouvoir sont bas&#233;s sur les anciennes relations coloniales : ces r&#233;miniscences ont toujours &#233;t&#233; pr&#233;sentes dans la construction de la &#171; nation &#187;. De fait, les droits des autochtones ont &#233;t&#233; tr&#232;s limit&#233;s, et cela jusqu'en 1952, date &#224; laquelle ils ont obtenu le statut de citoyen. Mais cela n'a pas permis de niveler les relations asym&#233;triques entre Blancs-m&#233;tis et autochtones dans la mesure o&#249;, jusqu'en 2006, une grande majorit&#233; de ces derniers ne poss&#233;dait m&#234;me pas un certificat de naissance ou une carte d'identit&#233;. Ce sont justement ces rapports de subordination qui sont contest&#233;s par les autochtones et les mouvements sociaux qui, &#224; travers leur longue lutte contre le &#171; colonialisme interne &#187;, ont propos&#233; la &#171; refondation &#187; du pays &#224; partir d'un nouveau texte constitutionnel, lequel constitue une v&#233;ritable r&#233;volution dans un pays o&#249; l'Indien devait baisser la t&#234;te pour s'adresser au Blanc-m&#233;tis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, alors qu'en 1952 on entamait dans la partie occidentale du pays la r&#233;forme agraire, on &#233;rigeait dans les plaines orientales un syst&#232;me d'usufruit de la terre, concentr&#233;e entre les mains de quelques familles, visant la production agricole d'extension. Il s'agissait en effet de terres et de territoires vol&#233;es aux autochtones guaranis contraints de travailler comme esclaves de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration. Le nouveau texte constitutionnel mettra une limite (5 000 &#224; 10 000 hectares) &#224; l'usufruit des terres et &#224; la concentration entre quelques propri&#233;taires seulement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon le mouvement des Sans-Terre, sur les 65 millions d'hectares aptes &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, la d&#233;mocratie qui a pr&#233;valu ces 30 derni&#232;res ann&#233;es a fait fi de l'int&#233;gration des autochtones &#224; la vie nationale, malgr&#233; le fait que pendant cette p&#233;riode la Bolivie a sign&#233; la Convention 169 de l'Organisation internationale du travail concernant les peuples indig&#232;nes et tribaux. C'est la premi&#232;re fois que les peuples autochtones et les mouvements sociaux r&#233;digent une Charte &#224; leur mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, la droite n'a pas de projet national. Ses int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques ne visent que l'exportation alors que les autochtones et les mouvements sociaux ont un projet d'envergure nationale, une sorte de &#171; nouveau contrat social &#187; pour lutter contre l'exclusion. Les autochtones visent un pays uni, plus &#233;quitable, qui pourrait leur permettre de &#171; vivre &lt;i&gt;bien&lt;/i&gt; et non pas &lt;i&gt;mieux&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ineffable droite et la Constituante&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs observateurs ont conclu que la Constitution devra &#234;tre ouverte et r&#233;&#233;crite ; autrement, selon eux, Evo Morales ne pourra pas gouverner&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au moment d'aller sous presse, l'impasse entre le gouvernement et la droite (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, il est clair maintenant, apr&#232;s les &#233;v&#232;nements violents du mois de septembre 2008, que le plan de la droite bolivienne consiste &#224; s'opposer co&#251;te que co&#251;te &#224; la mise en place des nouveaux fondements du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La droite d&#233;nonce les &#171; &lt;i&gt;restrictions &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et la n&#233;gation des autonomies&lt;/i&gt; &#187;. Elle critique l'article 20 de la Nouvelle Constitution politique de l'&#201;tat (NCPE), car il &#171; &lt;i&gt;refuse&lt;/i&gt; &#187; aux entrepreneurs &#171; &lt;i&gt;l'acc&#232;s aux services de base&lt;/i&gt; &#187;, mais l'article en question dit en fait que &#171; &lt;i&gt;toute personne a le droit d'avoir un acc&#232;s universel et &#233;quitable aux services de base d'eau potable, aux &#233;gouts, &#233;lectricit&#233;, gaz &#224; domicile, au service postal et aux t&#233;l&#233;communications.&lt;/i&gt; &#187; Ce qui laisse croire que les inqui&#233;tudes de la droite ne sont pas tant l'acc&#232;s aux services de base que les &#233;ventuels obstacles &#224; la commercialisation sans restrictions des ressources naturelles telles que l'eau et le gaz naturel. Le projet de la droite est aux antipodes de celui port&#233; par les mouvements populaires. En effet, la proposition des mouvements populaires a &#233;t&#233; incluse dans la NCPE (Art. 134) et indique que &#171; &lt;i&gt; l'objectif de l'organisation &#233;conomique bolivienne est l'&#233;limination de la pauvret&#233; et de l'exclusion sociale et &#233;conomique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; leader civique &#187; de Santa Cruz, Branco Marinkovic, a indiqu&#233; que la &#171; &lt;i&gt;fonction sociale est une sorte d'&#233;p&#233;e de Damocl&#232;s&lt;/i&gt; &#187; pour la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Marinkovic et d'autres propri&#233;taires terriens accusent le gouvernement de Morales de &#171; &lt;i&gt;s'en prendre aux initiatives priv&#233;es puisqu'il [le gouvernement national] a l'intention d'abolir la propri&#233;t&#233; priv&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. Pourtant, le nouveau texte constitutionnel respecte non seulement la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, mais aussi la propri&#233;t&#233; collective de la terre. Et, comme disait Alvaro Garcia Linera, &#171; &lt;i&gt;la Bolivie a besoin de briser les rapports de soumission des indig&#232;nes et d'instaurer un capitalisme andin dont la teneur doit permettre aux indig&#232;nes de n&#233;gocier d'&#233;gal &#224; &#233;gal avec les Blancs de la ville.&lt;/i&gt; &#187; L'approbation de la NCPE est l'objectif vis&#233; par les mouvements populaires, car elle va modifier de fond en comble les rapports entre la minorit&#233; blanche-m&#233;tisse et, de plus, va permettre l'&#233;mergence d'une d&#233;mocratie &#171; participative &#187;, voire directe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le PODEMOS est un parti qui a perdu son statut juridique. Initialement, il &#233;tait form&#233; par les politiciens des diverses factions de la droite bolivienne (Phalange socialiste et Action d&#233;mocratique nationaliste [ADN] de l'ex-dictateur Banzer Suarez) et de centre-droite (Mouvement de la gauche r&#233;volutionnaire [MIR]) et il a m&#234;me gouvern&#233; avec les dictatures militaires. PODEMOS bloque de nombreux projets de loi au S&#233;nat depuis 2006 et a justifi&#233; la violence des groupes de choc racistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Defensor&#237;a del pueblo et Universit&#233; de la Cordillera, Observando el racismo. Racismo y regionalismo en el proceso constituyente, La Paz, janvier 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bras arm&#233; du Comit&#233; de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de Santa Cruz, dont le pr&#233;sident est Branko Marinkovic, un des propri&#233;taires terriens qui s'opposent &#224; la r&#233;forme agraire, connu pour l'appropriation illicite des terres appartenant aux autochtones guarayos.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Phalange socialiste bolivienne, groupe fasciste fond&#233; en 1937 sur le mod&#232;le de la phalange espagnole, fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon le mouvement des Sans-Terre, sur les 65 millions d'hectares aptes &#224; la culture, 40 millions se trouvent dans les mains de quelques grands propri&#233;taires terriens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Au moment d'aller sous presse, l'impasse entre le gouvernement et la droite s'&#233;tait d&#233;cant&#233;e, cette derni&#232;re accusant le coup d'une division entre mod&#233;r&#233;s et radicaux des Comit&#233;s civiques de Santa Cruz, Beni et Chuquisaca.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Roxana Paniagua Humeres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sociologue, sp&#233;cialiste de la question autochtone en Am&#233;rique latine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ras-le-bol en Bolivie</title>
		<link>https://www.ababord.org/Ras-le-bol-en-Bolivie</link>
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		<dc:date>2008-07-30T21:21:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roxana Paniagua</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Paniagua, Roxana </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;bellion populaire grandissante et renversement du gouvernement du pr&#233;sident Sanchez de Lozada, la &#171; guerre du gaz &#187; montre les impasses du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral et le ras-le-bol des Boliviens. &lt;br class='autobr' /&gt; Pour comprendre les enjeux concernant l'exportation du gaz naturel en Bolivie, on doit reculer aussi loin qu'en 1985, au moment o&#249; fut appliqu&#233; le programme d'ajustement structurel pr&#244;n&#233; par le FMI. Une des mesures de ce programme visait &#224; aider la stabilisation mon&#233;taire du pays et touchait notamment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-02-nov-dec-2003-" rel="directory"&gt;No 002 - nov. / d&#233;c. 2003&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Paniagua-Roxana-+" rel="tag"&gt;Paniagua, Roxana &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton479.jpg?1642092269' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;139&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;bellion populaire grandissante et renversement du gouvernement du pr&#233;sident Sanchez de Lozada, la &#171; guerre du gaz &#187; montre les impasses du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral et le ras-le-bol des Boliviens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour comprendre les enjeux concernant l'exportation du gaz naturel en Bolivie, on doit reculer aussi loin qu'en 1985, au moment o&#249; fut appliqu&#233; le programme d'ajustement structurel pr&#244;n&#233; par le FMI. Une des mesures de ce programme visait &#224; aider la stabilisation mon&#233;taire du pays et touchait notamment l'entreprise d'hydrocarbures appartenant &#224; l'&#201;tat, Yacimientos Petrol&#237;feros Bolivianos (YPFB). L'entreprise s'est vue imposer le transfert de 75 % &#224; 85 % de ses revenus au Tr&#233;sor de la Nation, ce qui a men&#233; &#224; son affaiblissement, au ralentissement de l'exploitation et de la production, ainsi qu'&#224; la paralysie de la construction des r&#233;seaux de distribution de gaz &#224; l'int&#233;rieur du pays. Ces mesures ont aggrav&#233; l'endettement de l'entreprise et ont servi de pr&#233;texte pour d&#233;crier la &#171; mauvaise gestion &#187; des entreprises &#233;tatiques. &#192; partir de 1990, la privatisation ou &#171; capitalisation &#187; est avanc&#233;e comme la solution &#224; la crise : on annule le monopole de YPFB pour les diff&#233;rentes &#233;tapes du traitement des hydrocarbures. En 1996, la Loi sur les hydrocarbures permet, entre autres, la lib&#233;ralisation totale du march&#233; des hydrocarbures et &#233;tablit une contribution fiscale tr&#232;s basse de la part des entreprises priv&#233;es. Depuis lors, les entreprises p&#233;troli&#232;res &#233;trang&#232;res contr&#244;lent la plupart des r&#233;serves p&#233;troli&#232;res du pays. En effet, Petrobras (Br&#233;sil), Total (France et Belgique), Maxus (filiale de Repsol) et Repsol (Espagne) d&#233;tiennent 80 % des r&#233;serves. Par ailleurs, Shell et Enron monopolisent le r&#233;seau de distribution. Depuis 1997, d'importantes r&#233;serves de gaz naturel ont &#233;t&#233; d&#233;couvertes en Bolivie, elles sont estim&#233;es &#224; 52 trillions de pieds cubes par la firme internationale Goldyer &amp; Mac Naughton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouverture du march&#233; des hydrocarbures a annul&#233; &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; la possibilit&#233; d'intervention directe de l'&#201;tat bolivien dans l'exploitation des hydrocarbures. De plus, l'octroi des contrats d'exploitation et de distribution de gaz a &#233;t&#233; tr&#232;s peu transparent et, ce, d&#232;s l'entr&#233;e en vigueur de la loi. Bien que l'&#201;tat n'ait que peu ou pas de contr&#244;le sur les r&#233;serves de gaz, il doit cependant en assumer la responsabilit&#233; financi&#232;re lors des catastrophes &#233;cologiques et lors des conflits de travail au sein des entreprises &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si la population a &#233;t&#233; soumise &#224; une intense campagne de manipulation de l'information, plusieurs mobilisations ont eu lieu depuis l'ann&#233;e 2000. La crise &#233;conomique aidant, ces mouvements de contestation ont port&#233; de grands coups aux gouvernements en place. Citons en guise d'exemples &#171; la guerre de l'eau &#187;, o&#249; la population de Cochabamba a fait annuler le contrat avec la Bechtel Cie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bechtel est le num&#233;ro un am&#233;ricain de la construction et de l'ing&#233;nierie. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et la lutte des retrait&#233;s contre des restrictions qu'ils jugeaient injustes et, actuellement, le gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derni&#232;res mobilisations ont en outre montr&#233; l'inefficacit&#233; du syst&#232;me actuel o&#249; la classe politique ne fait que d&#233;fendre, &#224; tort, les diktats du mod&#232;le &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral, amenant le pays &#224; jouer le r&#244;le d'&#233;ternel fournisseur de mati&#232;res premi&#232;res et de main-d'&#339;uvre non qualifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les derniers &#233;v&#233;nements, c'est la population d'origine indienne qui a initi&#233; la mobilisation en partant des revendications sectorielles et de la vente du gaz. Les premiers morts (70) suite aux manifestations &#233;taient surtout des Aymaras. Ce sont eux qui, en bloquant les routes menant &#224; La Paz et El Alto ont gagn&#233; l'appui d'un mouvement grandissant qui a fini par paralyser le pays tout entier.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Enjeux politiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La &#171; guerre du gaz &#187; montre que le peuple bolivien r&#233;clame le droit d'intervenir dans les affaires &#233;conomiques et politiques du pays. D'autant plus que les gens savent que la seule richesse qui leur reste est pr&#233;cis&#233;ment le gaz, cette ressource qui devrait &#234;tre export&#233;e en termes avantageux pour l'&#201;tat. C'est l&#224; que se trouve la question cl&#233; de la r&#233;volte populaire. La d&#233;mission du gouvernement de Sanchez de Lozada marque de mani&#232;re tranchante son opposition &#224; l'exclusion politique et &#233;conomique tout comme une opposition farouche &#224; l'arnaque organis&#233;e &#224; laquelle se sont livr&#233;s les groupes proches du pouvoir. Le peuple bolivien s'oppose &#224; la corruption et manifeste son refus de l'intervention des partis traditionnels qui, pendant les 18 ann&#233;es d'ouverture d&#233;mocratique, ont d&#233;di&#233; le meilleur de leur temps &#224; se renvoyer l'ascenseur pour mieux s'incruster au pouvoir et en obtenir des redevances. La d&#233;mocratie cosm&#233;tique n&#233;olib&#233;rale a servi de couverture, de masque pour mettre en &#339;uvre des r&#233;formes (privatisation des entreprises de l'&#201;tat) qui ont eu pour effet d'enlever au peuple bolivien tout pouvoir r&#233;el sur ses ressources et sur sa destin&#233;e. Depuis l'av&#232;nement de la &#171; d&#233;mocratie &#187; (1982), la situation s'est d&#233;t&#233;rior&#233;e pour la population fragile et d&#233;j&#224; appauvrie du pays&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un tiers des Boliviens, soit 2 600 000 personnes, vit avec 200 $ US par ann&#233;e.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les gouvernements qui se sont succ&#233;d&#233;s au pouvoir sont les artisans d'un syst&#232;me permettant l'enrichissement rapide d'un groupe minoritaire de Boliviens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En Bolivie, 5 000 familles riches ont des revenus 44 fois plus &#233;lev&#233;s que la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui d&#233;tiennent et se r&#233;partissent le pouvoir tant&#244;t comme leaders absolus, tant&#244;t comme membres d'alliances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq si&#232;cles d'oubli et de racisme syst&#233;matique ne peuvent dispara&#238;tre d'un simple coup de baguette, aussi &#171; d&#233;mocratique &#187; soit-il. De ce fait, la d&#233;mocratie bolivienne doit elle-m&#234;me &#171; se d&#233;mocratiser &#187;, car elle n'a pas &#233;t&#233; en mesure d'int&#233;grer v&#233;ritablement &#224; la vie politique de larges couches de la population. On parle de plus de 80 % des citoyens qui sont &#224; la marge du syst&#232;me. La p&#233;riode d&#233;mocratique a aid&#233; les classes oligarchiques &#224; s'accrocher &#224; la structure du pouvoir et &#224; continuer de tirer des b&#233;n&#233;fices et redevances effarantes, sans aucune vergogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me d&#233;mocratique a servi &#233;galement &#224; cr&#233;er une pratique de n&#233;gociations en coulisses entre partis pour se partager des minist&#232;res et diff&#233;rents postes de l'administration publique. En effet, dans le spectre politique bolivien, les partis qui se sont partag&#233; ce pouvoir sans cesse sont : le Mouvement R&#233;volutionnaire Nationaliste de Sanchez de Lozada ; le Mouvement de Gauche R&#233;volutionnaire dirig&#233; par Jaime Paz Zamora et l'Action d&#233;mocratique Nationaliste de l'ex-dictateur d&#233;c&#233;d&#233; Hugo Banzer Suarez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des derni&#232;res &#233;lections, aucun de ces partis n'a obtenu la majorit&#233; des suffrages, ce qui les a forc&#233;s &#224; construire une alliance MNR-MIR et NFR (Nouvelle Force R&#233;publicaine) pour former un gouvernement. L'opposition &#233;tait principalement constitu&#233;e par les Indiens, organis&#233;s dans deux partis : le Mouvement au Socialisme et le Mouvement Indien Pachakutic. Le Mouvement au Socialisme a obtenu, lors des derni&#232;res &#233;lections, 20 % des suffrages (pour 35 d&#233;put&#233;s sur 157) faisant d'Evo Morales, son dirigeant, le deuxi&#232;me candidat ayant obtenu le plus de suffrages. Evo Morales est un dirigeant indien des cultivateurs de coca dont la plupart sont des ex-mineurs &#233;migr&#233;s de leurs localit&#233;s. En effet, en 1985, suite &#224; la fermeture et &#224; la privatisation de mines dans le cadre des politiques d'ajustement structurel, ces mineurs se sont vu offrir des terres et sont devenus des agriculteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Mouvement indien Pachakutic, dont le dirigeant est Felipe Quispe, dit le &#171; Mallku &#187; (notable), a r&#233;ussi &#224; faire &#233;lire cinq d&#233;put&#233;s aymaras. Depuis les derni&#232;res &#233;lections de 2002, la &#171; d&#233;mocratie &#187; bolivienne a chang&#233; dans la mesure o&#249;, pour la premi&#232;re fois, les Indiens &#233;lisaient leurs propres candidats. Ce faisant, ils pensaient changer le cours de la politique. Or, rien de tel n'est arriv&#233;, car le Parlement n'a daign&#233; consid&#233;rer aucune des propositions pr&#233;sent&#233;es par les partis indiens On ne doit pas s'&#233;tonner si le Parlement a fait la sourde oreille &#224; des projets tels que celui d'une loi touchant la &#171; r&#233;duction des salaires des honorables &#187;. Face &#224; ce m&#233;pris parlementaire de la part des partis traditionnels, le Mallku a dit que les Indiens si&#233;geant au Parlement n'&#233;taient l&#224; que pour &#171; chauffer leur si&#232;ge &#187;. R&#233;duits &#224; l'impuissance parlementaire, les Indiens ont eu vite fait de r&#233;chauffer les rues pour faire entendre leur demandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, apr&#232;s la d&#233;mission de Sanchez de Lozada, la situation est pour le moins grave. Carlos Mesa a promis de r&#233;soudre la crise actuelle, mais en avan&#231;ant cependant qu'il &#171; &lt;i&gt;serait faux de promettre aux Boliviens qu'il va abroger la Loi des hydrocarbures&#8230;&lt;/i&gt; &#187;. Que peut-on esp&#233;rer ? Est-ce qu'il va respecter la promesse faite aux citoyens de El Alto de mener &#224; bien les r&#233;formes &#224; la Constitution ? Rien n'est moins s&#251;r !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de Boliviens demandent maintenant la convocation d'une Assembl&#233;e Constituante, per&#231;ue comme le seul moyen de court-circuiter la corruption politique actuelle. La solution de rechange bourgeoise, c'est-&#224;-dire la solution institutionnelle de transition, est l'objet d'une surveillance &#233;troite des grandes puissances. Le gouvernement actuel est confront&#233; aux pressions &#233;trang&#232;res qui lui demandent de respecter les engagements &#224; l'&#233;gard des entreprises transnationales. L'Espagne a demand&#233; officiellement que l'on donne une &#171; &lt;i&gt;garantie juridique&lt;/i&gt; &#187; &#224; ses investissements. Quant aux &#201;tats-Unis, ils se sont empress&#233;s de demander des garanties pour leurs entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Boliviens vont-ils accepter que Carlos Mesa respecte les accords internationaux au d&#233;triment des n&#233;cessit&#233;s de la majorit&#233; appauvrie ? Ce nouveau pr&#233;sident doit relever un grand d&#233;fi, car personne en Bolivie n'oublie qu'il est un intellectuel de la classe au pouvoir qui a gouvern&#233; avec Sanchez de Lozada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations populaires surveillent elles aussi le processus enclench&#233; par Mesa. La Centrale ouvri&#232;re bolivienne (COB), par exemple, a dit qu'elle appuie le pr&#233;sident &#224; condition qu'il respecte les demandes du mouvement syndical. Le Mouvement indien Pachakutic de Felipe Quispe a demand&#233; au gouvernement de satisfaire les 72 revendications qui ont fait l'objet d'un accord avec les gouvernements pr&#233;c&#233;dents, mais qui n'ont pas &#233;t&#233; mises en application, et cela, depuis 2000. Parmi leurs principales revendications figurent celle qui touche la r&#233;partition des terres et la reconnaissance de la propri&#233;t&#233; du sous-sol, ainsi que l'acc&#232;s des Indiens &#224; la s&#233;curit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le dit Eduardo Galeano, la Bolivie est &#171; &lt;i&gt;un pays qui veut exister&lt;/i&gt; &#187;. Plus que jamais, la forme que prendra cet &#201;tat d&#233;pend de l'int&#233;grit&#233; morale et de la volont&#233; politique des organisations de base et des partis de l'opposition, car c'est &#224; eux qu'&#233;choit la lourde t&#226;che de faire respecter &#171; les mandats &#187; donn&#233;s &#224; ce gouvernement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bechtel est le num&#233;ro un am&#233;ricain de la construction et de l'ing&#233;nierie. C'est cette m&#234;me compagnie qui a obtenu le deuxi&#232;me plus important march&#233; dans la &#171; reconstruction &#187; en Irak (plus d'un milliard de $). Il est bon de rappeler que le p.-d.g. Riley Bechtel a &#233;t&#233; nomm&#233; membre du Conseil pour l'exportation, rattach&#233; &#224; la Maison-Blanche.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un tiers des Boliviens, soit 2 600 000 personnes, vit avec 200 $ US par ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En Bolivie, 5 000 familles riches ont des revenus 44 fois plus &#233;lev&#233;s que la moyenne de l'ensemble de la population. La fortune personnelle du pr&#233;sident d&#233;chu Gonzalo Sanchez de Lozada est estim&#233;e &#224; 50 millions de dollars US.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roxana Paniagua&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Frida Villarreal&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Ana Mar&#237;a Seifert&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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