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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>R&#233;veillon nostalgique </title>
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		<dc:date>2012-01-13T01:19:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rom&#233;o Bouchard</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Bouchard, Rom&#233;o </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il faut savoir que depuis les ann&#233;es 2040, &#224; la suite des p&#233;nuries alimentaires g&#233;n&#233;ralis&#233;es, des diminutions drastiques de p&#233;trole disponible et du r&#233;chauffement du climat, l'alimentation des Qu&#233;b&#233;cois et des habitants de toute la plan&#232;te a profond&#233;ment chang&#233;, et on s'entend de plus en plus pour dire que tous s'en portent mieux. &lt;br class='autobr' /&gt; En ce 25 d&#233;cembre 2050, c'est avec nostalgie que la famille Tremblay, rescap&#233;e myst&#233;rieusement de l'an 2010, a organis&#233; son r&#233;veillon, car partout autour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bouchard-Romeo-+" rel="tag"&gt;Bouchard, Rom&#233;o &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1228.gif?1642092127' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;522&#034; height=&#034;715&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il faut savoir que depuis les ann&#233;es 2040, &#224; la suite des p&#233;nuries alimentaires g&#233;n&#233;ralis&#233;es, des diminutions drastiques de p&#233;trole disponible et du r&#233;chauffement du climat, l'alimentation des Qu&#233;b&#233;cois et des habitants de toute la plan&#232;te a profond&#233;ment chang&#233;, et on s'entend de plus en plus pour dire que tous s'en portent mieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ce 25 d&#233;cembre 2050, c'est avec nostalgie que la famille Tremblay, rescap&#233;e myst&#233;rieusement de l'an 2010, a organis&#233; son r&#233;veillon, car partout autour d'elle, cette tradition a fait place &#224; des f&#234;tes populaires de fin d'ann&#233;e o&#249; le plat festif est un pain aux petits fruits, sucr&#233; &#224; l'&#233;rable. Les bonbons sont d&#233;sormais des m&#233;langes de fruits sauvages s&#233;ch&#233;s : canneberges, bleuets, chicoutais, airelles, argousiers, etc. Les bi&#232;res, vins et alcools produits ici sont toujours aussi populaires ainsi que les produits d&#233;riv&#233;s du cannabis, maintenant l&#233;galis&#233;s. Le caf&#233;, devenu trop cher, a &#233;t&#233; supplant&#233; au quotidien par les boissons locales : th&#233; des bois et du Labrador, infusions de plantes locales, jus et sirops de fruits sauvages et cultiv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La famille Tremblay aura d&#251; investir toutes ses &#233;conomies pour se procurer la viande n&#233;cessaire pour cuisiner une tourti&#232;re du Lac Saint-Jean et quelques pr&#233;parations au jambon.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Limitation de l'&#233;levage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La consommation de viande, en effet, est devenue tr&#232;s limit&#233;e. Les bonnes terres cultivables ayant d&#251; &#234;tre r&#233;serv&#233;es pour la culture des c&#233;r&#233;ales, des l&#233;gumes, des fruits et des plantes &#224; fibres (pour pallier &#224; la diminution des mat&#233;riaux synth&#233;tiques &#224; base de p&#233;trole), l'&#233;levage d'animaux pour la consommation a &#233;t&#233; limit&#233; aux terres impropres &#224; la culture et le prix des viandes est devenu inaccessible pour les consommateurs moyens. Au Qu&#233;bec, o&#249; l'industrie laiti&#232;re a longtemps &#233;t&#233; dominante, on maintient toutefois une production laiti&#232;re r&#233;duite. Les poules domestiques assurent, m&#234;me en ville, la production d'&#339;ufs, tout en contribuant au recyclage des d&#233;chets organiques. En campagne, le cochon domestique joue souvent le m&#234;me r&#244;le. Pour le reste, les animaux servent principalement pour les fumiers qu'ils produisent, le maintien de la biodiversit&#233; et leur apport r&#233;cr&#233;atif et social. La consommation de gibier est aussi s&#233;v&#232;rement contr&#244;l&#233;e, de m&#234;me que celle des produits de la mer qui ont &#233;t&#233; d&#233;cim&#233;s par la sur-p&#234;che et la contamination des &#233;levages transg&#233;niques. Le rapport aux animaux est de moins en moins utilitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fertilisation des cultures provient essentiellement des composts organiques, des cultures de champignons fertilisants (mycorhizes) et de m&#233;thodes de cultures sur bandes permanentes emprunt&#233;es &#224; la permaculture.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les ressources locales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec la raret&#233; du p&#233;trole, les importations et exportations de nourriture ont &#233;t&#233; diminu&#233;es de 80 %. Le transport d'aliments sur de longues distances par camion ou avion a &#233;t&#233; r&#233;duit au minimum. Les supermarch&#233;s ont fait place aux march&#233;s locaux. Tous les pays sont forc&#233;s d'apprendre &#224; utiliser leurs ressources locales pour produire leur nourriture. Les traditions des populations autochtones et des communaut&#233;s ethniques servent de plus en plus d'inspiration dans ce retour &#224; l'autonomie alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les espaces utilisables, en ville comme en campagne, sont d&#233;sor&#173;mais am&#233;nag&#233;s pour permettre les cultures v&#233;g&#233;tales hiver comme &#233;t&#233;, gr&#226;ce au d&#233;veloppement de serres solaires et de jardins domestiques. Le soleil de minuit, dans les r&#233;gions nordiques qui se sont consid&#233;rablement r&#233;chauff&#233;es, fournit maintenant des quantit&#233;s importantes de l&#233;gumes qui sont transport&#233;es au sud par le chemin de fer &#233;lectrique qui relie en permanence les r&#233;gions du nord et du sud du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utilisation des pesticides et des engrais chimiques est en voie de disparition, en raison de la p&#233;nurie de p&#233;trole qui entre dans leur composition et en raison des cons&#233;quences, maintenant document&#233;es, de ces produits de synth&#232;se sur la sant&#233; et la g&#233;n&#233;tique ainsi que leur impact sur l'eau potable disponible. Avec le r&#233;chauffement de la temp&#233;rature de 3 degr&#233;s au cours des 50 derni&#232;res ann&#233;es et les nombreuses catastrophes environnementales survenues dans les ann&#233;es 2020, l'eau potable et l'eau pour les cultures sont devenues un bien pr&#233;cieux et leur usage, en agriculture comme dans la vie courante, est strictement r&#233;glement&#233;. Il en est de m&#234;me pour l'usage des OGM et des nanotechnologies dans la production alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impossibilit&#233; croissante d'utiliser une machinerie qui consomme beaucoup de carburant a oblig&#233; l'agriculture &#224; d&#233;laisser en grande partie les cultures intensives et &#224; privil&#233;gier les petites unit&#233;s de production locales et diversifi&#233;es. Le cheval canadien, qu'on appelait autrefois &#171; le petit cheval de fer &#187;, a aussi repris du service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ressources alimentaires li&#233;es au territoire et aux communaut&#233;s s'av&#232;rent les seules qui soient s&#251;res et durables dans la soci&#233;t&#233; post-p&#233;trole et post-lib&#233;rale. Nous assistons &#224; une retribalisation de la soci&#233;t&#233; et &#224; la renaissance d'une soci&#233;t&#233; paysanne dans laquelle les m&#233;dias virtuels plan&#233;taires&#173; remplacent avantageusement le tam-tam d'autrefois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soir les Tremblay, au c&#339;ur de Montr&#233;al, mangeront des l&#233;gumes produits dans les serres qui recouvrent le toit de l'&#233;difice qu'ils habitent. Des fruits locaux de plus en plus vari&#233;s seront &#224; l'honneur sur la table. Un cidre mousseux tiendra lieu de champagne, et un cidre de glace de liqueur. Un p&#226;t&#233; aux bleuets leur rappellera le lointain Lac Saint-Jean.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Notre agriculture prend le champ</title>
		<link>https://www.ababord.org/Notre-agriculture-prend-le-champ</link>
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		<dc:date>2008-08-05T21:46:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rom&#233;o Bouchard</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Bouchard, Rom&#233;o </dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les ententes de libre-&#233;change, particuli&#232;rement au chapitre des produits agricoles, sont une sorte de cheval de Troie de la part des &#201;tats-Unis et de l'Union europ&#233;enne. Les dispositions de l'AL&#201;NA sur l'agriculture, en tous cas, ne visent pas &#224; &#233;galiser les chances des trois pays impliqu&#233;s, mais &#224; garantir aux &#201;tats-Unis un droit le plus large possible &#224; l'exportation de leurs produits. &lt;br class='autobr' /&gt; Un cheval de Troie &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour y parvenir, les ententes interviennent &#224; trois niveaux : les tarifs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mondialisation-AGCS-PSP-FMI-OMC-BM-+" rel="tag"&gt;Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les ententes de libre-&#233;change, particuli&#232;rement au chapitre des produits agricoles, sont une sorte de cheval de Troie de la part des &#201;tats-Unis et de l'Union europ&#233;enne. Les dispositions de l'AL&#201;NA sur l'agriculture, en tous cas, ne visent pas &#224; &#233;galiser les chances des trois pays impliqu&#233;s, mais &#224; garantir aux &#201;tats-Unis un droit le plus large possible &#224; l'exportation de leurs produits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un cheval de Troie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour y parvenir, les ententes interviennent &#224; trois niveaux : les tarifs douaniers, pour permettre la libre circulation ; les subventions &#224; l'exportation ; les mesures de soutien int&#233;rieur, pour permettre la libre concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour abaisser les tarifs douaniers, l'AL&#201;NA parle en g&#233;n&#233;ral de 35 % d'ouverture &#233;tal&#233;e sur 6 ans. Signalons que la FAO (Organisation pour l'alimentation et l'agriculture, de l'ONU) consid&#232;re que 5 % d'importation dans une production donn&#233;e peut suffire &#224; d&#233;truire une production locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;liminer ce que ces ententes consid&#232;rent comme de la concurrence d&#233;loyale et donc des barri&#232;res au libre-&#233;change, elles exigent &#233;galement que les pays concern&#233;s diminuent leurs subventions directes &#224; l'exportation de leurs produits agricoles de 35 % en 6 ans, et leur soutien int&#233;rieur &#224; la production agricole de 20 % en 6 ans. Th&#233;oriquement, un statut diff&#233;rent est reconnu pour les pays en voie de d&#233;veloppement (liste de productions vivri&#232;res exclues de l'entente) et pour certaines cat&#233;gories de produits de base dans ces pays. Mais les &#201;tats-Unis trouvent des moyens d&#233;tourn&#233;s de subventionner leurs agriculteurs &#224; raison de 20 000 $ chacun par ann&#233;e. Le Canada, pour sa part, fait le bon &#233;l&#232;ve, avec les pays regroup&#233;s dans le groupe de Cairns, en favorisant la suppression des subventions tout en ouvrant ses fronti&#232;res, livrant ainsi nos agriculteurs &#224; la merci des produits am&#233;ricains subventionn&#233;s. Mais, il triche aussi de diverses fa&#231;ons, notamment en prot&#233;geant quatre productions majeures par un syst&#232;me pancanadien de gestion de l'offre de plus en plus inefficace : le lait, les &#339;ufs, le poulet et le bl&#233;. Ce qui n'emp&#234;che pas moins les fermes de dispara&#238;tre d'un bout &#224; l'autre du Canada, plus encore au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le dumping&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'entr&#233;e des denr&#233;es alimentaires dans le cadre du libre-&#233;change, on le voit, signifie en pratique l'institutionnalisation du &#171; dumping &#187; des produits agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exportations ont effectivement augment&#233; de fa&#231;on importante dans les trois pays de l'AL&#201;NA. Mais les repr&#233;sentants des trois pays concern&#233;s, lors du r&#233;cent bilan des 10 ans de l'entente organis&#233; par le RQIC &#224; Montr&#233;al, ont &#233;t&#233; unanimes, &#224; part ceux de l'UPA (Union des producteurs agricoles du Qu&#233;bec), &#224; en souligner les cons&#233;quences d&#233;sastreuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, le pays qui importe des denr&#233;es alimentaires &#224; bon march&#233; d'un autre pays voit son agriculture locale d&#233;p&#233;rir rapidement. Les agriculteurs victimes des importations d&#233;barquent en ville et les grandes compagnies s'accaparent des terres pour des prix d&#233;risoires afin d'y implanter des cultures et &#233;levages industriels. C'est ce qui se produit notamment au Mexique (et dans toute l'Am&#233;rique du Sud, l'Afrique et l'Asie), mais chez nous aussi, par exemple pour les producteurs de tomates en serre et bien d'autres. L'exode des paysans mexicains victimes des importations de ma&#239;s et de riz transg&#233;niques am&#233;ricains atteint pr&#233;sentement des proportions incontr&#244;lables (voir l'encadr&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le pays qui exporte ses produits et tente de s'accaparer les march&#233;s &#233;trangers est tr&#232;s souvent lui aussi victime d'une surexploitation et sursp&#233;cialisation de sa propre agriculture mettant en danger ses sols, son environnement et son &#233;quilibre rural.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, c'est l'industrie porcine qui a servi de fer de lance. Les exportations de porcs au Qu&#233;bec ont plus que doubl&#233; en 5 ans. Elles constituent pr&#233;sentement 27 % de nos exportations agroalimentaires et 60 % de cette production. L'an dernier seulement, en pleine p&#233;riode de moratoire dans cette production, les exportations ont augment&#233; de 17 %. Les cons&#233;quences d&#233;sastreuses de cette explosion de l'industrie porcine au Qu&#233;bec ne cessent de se manifester : pollution de l'eau, d&#233;gradation des sols, d&#233;s&#233;quilibre des cultures et des &#233;levages, concentration et int&#233;gration des fermes, prol&#233;tarisation des agriculteurs, monocultures de ma&#239;s, d&#233;forestation sauvage, conflits sociaux de toutes sortes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident de l'UPA lui-m&#234;me, Laurent Pellerin, qui s'&#233;tait fait le d&#233;fenseur de l'exportation lors du Forum des d&#233;cideurs en agroalimentaire de St-Hyacinthe en 1998, a reconnu publiquement que ces exportations n'avaient rien rapport&#233; aux producteurs, dont le revenu chute continuellement : seuls les int&#233;grateurs et les cartels agroalimentaires ont doubl&#233; leurs profits.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'industrialisation abusive&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Confront&#233;e au besoin d'exporter et de conqu&#233;rir les march&#233;s mondiaux, l'agriculture est partout forc&#233;e de s'industrialiser rapidement : m&#233;canisation, sp&#233;cialisation, concentration, augmentation de la taille des entreprises, monocultures, d&#233;sertification, int&#233;gration, utilisation croissante d'intrants chimiques et transg&#233;niques, transports de plus en plus longs, impacts environnementaux et sociaux co&#251;teux pour la communaut&#233;, retomb&#233;es locales de plus en plus r&#233;duites, investissements publics de plus en plus &#233;lev&#233;s. L'agriculture est r&#233;duite &#224; sa fonction &#233;conomique, au m&#233;pris de ses fonctions alimentaires, environnementales et sociales qui sont essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le libre-&#233;change en agriculture est une machine &#224; &#233;liminer les paysans. L'agriculture paysanne et familiale se voit rapidement marginalis&#233;e et d&#233;valoris&#233;e. Les petits producteurs subissent une pression &#233;norme de la part des agences de mise en march&#233;, toutes g&#233;r&#233;es par l'UPA au Qu&#233;bec, et sont de plus en plus &#233;cart&#233;s de l'acc&#232;s &#224; l'aide publique, sous pr&#233;texte qu'ils ne sont pas viables. La rel&#232;ve devient de plus en plus probl&#233;matique et les campagnes se d&#233;gradent rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le libre-&#233;change des produits agricoles entra&#238;ne une diminution rapide du taux d'autosuffisance et de s&#233;curit&#233; alimentaire des pays participants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le probl&#232;me des subventions et de la gestion de l'offre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis la r&#233;union de Canc&#250;n en 2003, l'essentiel des n&#233;gociations concernant les produits agricoles &#224; l'OMC porte sur les subventions aux exportations et les mesures de soutien internes qui cr&#233;ent un avantage d&#233;loyal pour les pays qui subventionnent et un obstacle &#224; l'exportation pour d'autres pays exportateurs. La seule fa&#231;on de contr&#244;ler le dumping et de maintenir des prix r&#233;els serait de contr&#244;ler la surproduction par diverses mesures publiques. &#192; cet effet, la gestion de l'offre fait de plus en plus l'objet de discussions, car en plus de permettre de contr&#244;ler la surproduction, elle est cens&#233;e pouvoir garantir aux agriculteurs des prix justes et leur permettre de vivre de leurs ventes. &#192; ce sujet, il est essentiel de ne pas confondre le contr&#244;le de la production pour maintenir les prix avec la gestion de l'offre telle que pratiqu&#233;e au Qu&#233;bec et au Canada, c'est-&#224;-dire par des plans conjoints obligatoires (g&#233;r&#233;s exclusivement par l'UPA au Qu&#233;bec), un syst&#232;me de quotas monnayables. Telle quelle, la formule qu&#233;b&#233;coise a des effets pervers : en gonflant les prix de production et en permettant le contr&#244;le absolu de l'UPA sur la mise en march&#233;, elle d&#233;favorise les petits agriculteurs et la mise en march&#233; locale et diversifi&#233;e. En fin de compte, comme les offices de producteurs revendent leur mati&#232;re premi&#232;re aux transformateurs et que ceux-ci doivent comp&#233;titionner avec les march&#233;s mondiaux, le syst&#232;me rejoint la logique du march&#233; mondial et ne peut plus garantir des prix susceptibles de couvrir les co&#251;ts de production. Ce qui se produit pr&#233;sentement avec le lait au Qu&#233;bec en est un parfait exemple.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les solutions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements qui d&#233;noncent ces effets d&#233;vastateurs sont nombreux. Plusieurs d'entre eux, surtout ceux ax&#233;s sur la coop&#233;ration internationale, font valoir la n&#233;cessit&#233; d'introduire dans les ententes de libre-&#233;change une &#171; clause de d&#233;veloppement &#187; qui offrirait des options politiques aux pays en voie de d&#233;veloppement pour qu'ils puissent prot&#233;ger les moyens de subsistance des petits agriculteurs, la production alimentaire locale et la s&#233;curit&#233; alimentaire des pays pauvres. On utiliserait ainsi les cat&#233;gories d&#233;j&#224; existantes dans l'entente : produits admissibles, exempt&#233;s, originaires. On demanderait des d&#233;lais plus longs et des contingents plus limit&#233;s pour les pays vuln&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements paysans associ&#233;s &#224; Via Campesina (dans plus de 50 pays), dont l'Union paysanne au Qu&#233;bec, ont une position plus radicale et plus cons&#233;quente. Ils exigent carr&#233;ment le retrait total des produits agricoles des ententes de libre-&#233;change : il faut sortir l'OMC (et l'AL&#201;NA) de l'agriculture. C'est le concept de souverainet&#233; alimentaire qui est invoqu&#233;, c'est-&#224;-dire le droit de chaque pays de nourrir sa population. L'agriculture et l'alimentation concernent directement la sant&#233; publique et l'am&#233;nagement du territoire et ne peuvent &#234;tre confi&#233;es &#224; la main invisible du march&#233; sans encourir de risques &#233;normes. La notion de souverainet&#233; alimentaire va plus loin que celle d'autosuffisance ou de s&#233;curit&#233; alimentaire. C'est un droit reli&#233; &#224; l'occupation d'un territoire : le droit d'en tirer sa subsistance de fa&#231;on durable, en g&#233;rant ses ressources et son environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut effectivement contr&#244;ler la surproduction pour garantir des prix et pr&#233;venir le dumping, en r&#233;formant substantiellement le mod&#232;le de gestion de l'offre impos&#233; par l'UPA. Il faut aussi compl&#233;ter le syst&#232;me par une r&#233;mun&#233;ration ad&#233;quate de la multifonctionnalit&#233; (&#233;co-socio-conditionnalit&#233; des aides gouvernementales). Mais il faut surtout reconqu&#233;rir et restructurer nos march&#233;s int&#233;rieurs, d&#233;molis par l'int&#233;gration continentale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement paysan n'est pas contre les &#233;changes de produits alimentaires entre les pays, mais ces &#233;changes doivent &#234;tre &#233;quitables et respecter la souverainet&#233; alimentaire de tous les pays. Les subventions directes &#224; l'exportation sont effectivement un proc&#233;d&#233; d&#233;loyal et in&#233;quitable et elles doivent &#234;tre &#233;limin&#233;es. Par contre, le soutien int&#233;rieur et des tarifs protecteurs sont des mesures n&#233;cessaires et l&#233;gitimes pour garantir la souverainet&#233; et la s&#233;curit&#233; alimentaires d'un pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements paysans sont donc essentiels pour faire contrepoids &#224; l'agriculture industrielle, &#224; la marchandisation de l'agroalimentaire et aux syndicats agro-industriels ainsi que pour d&#233;fendre la place de l'agriculture familiale, alimentaire, diversifi&#233;e, paysanne, biologique. C'est la mission que s'est donn&#233;e l'Union paysanne au Qu&#233;bec et c'est pourquoi elle r&#233;clame le droit d'&#234;tre accr&#233;dit&#233;e, &#224; c&#244;t&#233; de l'Union des producteurs agricoles qui jouit du statut de syndicat unique et obligatoire, afin de pouvoir repr&#233;senter ce point de vue sur toutes les tables de d&#233;cisions et les offices de producteurs. Nous sommes tous, producteurs et consommateurs, captifs d'une agriculture et d'une alimentation impos&#233;es par le libre-&#233;change et soutenues par des politiques agricoles. L'enjeu est politique et d&#233;mocratique. C'est pourquoi l'Union paysanne se d&#233;finit comme le premier syndicat agricole citoyen qui associe &#224; la m&#234;me lutte producteurs, paysans et citoyens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rom&#233;o Bouchard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sident de l'Union paysanne, il est &#233;galement l'auteur de &lt;i&gt;Plaidoyer pour une agriculture paysanne&lt;/i&gt;, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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