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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>L'esprit coop&#233;ratif liquid&#233;</title>
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		<dc:date>2008-08-02T15:41:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Dubois</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Dubois, Fr&#233;d&#233;ric </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lorsque j'ai entrepris la visite d'une s&#233;rie de districts miniers en Bolivie, jamais je n'aurais cru revenir autant dans le pass&#233;. Parall&#232;lement aux quelques m&#233;gaprojets miniers, la majorit&#233; des exploitations sont de nature artisanale. Malgr&#233; des nuances, autant les r&#233;gions aurif&#232;res que celles de l'&#233;tain t&#233;moignent de techniques et conditions de travail v&#233;tustes : le marteau, la pioche et, pour tenir le coup, la feuille de coca. Que se cache-t-il sous cette r&#233;alit&#233; glauque ? &lt;br class='autobr' /&gt; Du temps de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-08-fevrier-mars-2005-" rel="directory"&gt;No 008 - f&#233;vrier / mars 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Dubois-Frederic-+" rel="tag"&gt;Dubois, Fr&#233;d&#233;ric &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton629.jpg?1642092271' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;227&#034; height=&#034;302&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lorsque j'ai entrepris la visite d'une s&#233;rie de districts miniers en Bolivie, jamais je n'aurais cru revenir autant dans le pass&#233;. Parall&#232;lement aux quelques m&#233;gaprojets miniers, la majorit&#233; des exploitations sont de nature artisanale. Malgr&#233; des nuances, autant les r&#233;gions aurif&#232;res que celles de l'&#233;tain t&#233;moignent de techniques et conditions de travail v&#233;tustes : le marteau, la pioche et, pour tenir le coup, la feuille de coca. Que se cache-t-il sous cette r&#233;alit&#233; glauque ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Du temps de la colonisation espagnole en terre inca, l'activit&#233; mini&#232;re en Bolivie se r&#233;sumait au pillage des ressources. Les esclaves aymara et quechua, &#224; qui on ne permettait d'&#233;chapper qu'une fois tous les six mois &#224; l'enfer de la mine, composaient l'essentiel de la force de travail &#224; cette &#233;poque. L'histoire raconte qu'un pont majestueux reliant Potosi &#224; Madrid aurait pu &#234;tre construit &#224; m&#234;me les quantit&#233;s astronomiques d'argent extraites du Cerro Rico, la &#171; montagne riche &#187; qui surplombe cette ville coloniale &#224; 4000 m&#232;tres d'altitude.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'esclavage au travail syndiqu&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de l'ind&#233;pendance de la Bolivie en 1825, ce sont les grandes &#339;uvres priv&#233;es du roi de l'&#233;tain Pati&#241;o et des familles Hochschild et Aramayo qui prennent le relais des Espagnols. De la prospection &#224; la commercialisation, en passant par l'exploitation et la concentration, ces familles contr&#244;laient toutes les &#233;tapes de production. Gr&#226;ce &#224; l'industrialisation massive de leurs op&#233;rations, ils domin&#232;rent rapidement les march&#233;s mondiaux de l'&#233;tain et influenc&#232;rent grandement les prix de l'or jusqu'&#224; la fin de la Seconde guerre mondiale. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'effort de guerre fait de l'&#233;tain une ressource-phare au pays, transformant l'ensemble du secteur minier en fer de lance du d&#233;veloppement de l'&#233;conomie bolivienne. Les avanc&#233;es techniques et la manne financi&#232;re ne se traduisent pourtant pas en une am&#233;lioration notable des conditions de vie des mineurs, ni des Boliviens en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population s'impatiente. Le ton monte. En 1946, la F&#233;d&#233;ration Syndicale des travailleurs miniers de Bolivie (FSTMB), associ&#233;e &#224; la puissante Centrale ouvri&#232;re bolivienne (COB) vote les &#171; th&#232;ses de Pulacayo &#187;. Ce document aux accents fortement marxistes propose une trajectoire r&#233;volutionnaire de prise de pouvoir populaire, men&#233;e par la locomotive des ouvriers miniers. Accul&#233; au mur, le pr&#233;sident V&#237;ctor Paz enclenche en 1952, parall&#232;lement &#224; la r&#233;forme agraire, la nationalisation des mines. Il attribue les avoirs des &#171; barons &#187; de l'&#233;tain &#224; la Corporation mini&#232;re de Bolivie (COMIBOL), entit&#233; publique nouvellement cr&#233;&#233;e afin de coordonner, mettre en &#339;uvre et diriger l'ensemble du secteur minier bolivien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce remaniement complet de la donne mini&#232;re brise du coup le f&#233;odalisme dans lequel &#233;taient tenus les mineurs et leur reconna&#238;t progressivement des droits et des garanties d'emploi. Mesures de s&#233;curit&#233;, horaires fixes, cong&#233;s pay&#233;s et permanence deviennent les nouvelles r&#232;gles du jeu. Mais cette p&#233;riode faste pour les syndicats, les ouvriers et l'agenda politique de gauche se verra rapidement circonscrite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lanc&#233; en 1985 par son instigateur et ministre de la planification Gonzalo &#171; Goni &#187; S&#225;nchez de Lozada&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gonzalo S&#225;nchez de Lozada : pr&#233;sident &#233;lu en 2002 et exil&#233; &#224; la suite de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le d&#233;cret 21060 viendra briser les reins d'un mouvement ouvrier en pleine apog&#233;e et dicter le d&#233;mant&#232;lement quasi complet de la COMIBOL. Des 30,000 employ&#233;s que comptait la corporation, il n'en restera du jour au lendemain que 10,000, propulsant le taux de ch&#244;mage vers des sommets et contraignant les ouvriers &#224; la relocalisation. En l'espace de cinq ans, les coop&#233;ratives mini&#232;res &#233;pongeront la crise, passant de 35,000 &#224; 60,000 associ&#233;s (sans compter les travailleurs non associ&#233;s et non syndiqu&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Viable et durable, le secteur coop&#233;ratif ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les coop&#233;ratives mini&#232;res repr&#233;sentent 27 % du PIB, emploient pr&#232;s de 85 % des mineurs et sont pr&#233;sentes dans l'ensemble des districts miniers de Bolivie. Le poids &#233;conomique et le moteur d'emplois que repr&#233;sentent sur papier les coop&#233;ratives ne devraient toutefois pas nous d&#233;tourner d'une r&#233;alit&#233; autrement plus cruelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s mon entr&#233;e dans l'une des 32 coop&#233;ratives mini&#232;res du Cerro Rico, un gruy&#232;re g&#233;ant travers&#233; par 250 entr&#233;es de mines, j'ai pu sentir la vuln&#233;rabilit&#233; extr&#234;me &#224; laquelle sont abandonn&#233;es ces petites entit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines coop&#233;ratives avoisinent les cinquante travailleurs-associ&#233;s, d'autres en rassemblent des centaines. Dans la coop&#233;rative Kunti toutefois, une majorit&#233; de travailleurs est &#224; contrat. Ce fait fut confirm&#233; dans les mines de Siglo XX (dans le nord de l'&#201;tat de Potos&#237;), de Molleterio et Piscini de la r&#233;gion aurif&#232;re des Yungas (au nord de la capitale La Paz). Aussi appel&#233;s volontaires ou &lt;i&gt;peones&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pe&#243;n (peones au pluriel) est un ouvrier (g&#233;n&#233;ralement agricole). (ndlr)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ces travailleurs ne poss&#232;dent ni actions de la coop&#233;rative, ni pouvoir de d&#233;cision, ce qui est contradictoire avec l'esprit coop&#233;ratif. Cette situation s'exacerbe dans les &lt;i&gt;parajes&lt;/i&gt; (lieux de travail) o&#249; r&#232;gne la loi du chacun pour soi. Les ouvriers n'ont pas &#224; r&#233;pondre d'une relation patron-ouvrier mais accumulent en contrepartie une quantit&#233; d'&#233;tain ou d'or brut de fa&#231;on individuelle. Cela repr&#233;sente, pour les &lt;i&gt;peones&lt;/i&gt;, leur unique garantie de gagne-pain. Les associ&#233;s re&#231;oivent quant &#224; eux des dividendes en prime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mine Kunti d'une quarantaine d'associ&#233;s et deux fois plus de &lt;i&gt;peones&lt;/i&gt;, le minerai est rep&#233;r&#233; &#224; l'aide de dynamite. Chaque midi, apr&#232;s que l'artificier ait fait exploser une vingtaine de b&#226;tons, les associ&#233;s et les &lt;i&gt;peones&lt;/i&gt; entrent, mains nues, pour nettoyer les lieux et s&#233;parer l'&#233;tain du reste. Le minerai est ensuite &#233;vacu&#233; &#224; bout de bras, dans des wagons pesant une tonne et demie, et vers&#233; sur un tas pr&#232;s de l'entr&#233;e de la mine, l&#224; o&#249; une poign&#233;e d'adolescents et d'enfants font le tri sous un soleil de plomb. Les camions passeront ensuite avant la brunante ramasser l'&#233;tain brut pour le livrer &#224; l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus n'est pas pour ceux qui ont la fibre environnementaliste. Les r&#233;sidus solides, les r&#233;sidus de concentration toxiques et chimiques, tout comme les m&#233;taux lourds, sont directement rejet&#233;s dans les cours d'eau ou stock&#233;s &#224; l'air libre. Le retrait sauvage de l'&#201;tat de sa t&#226;che d'&#233;ducation et de tant d'autres encore reste l'obstacle majeur &#224; un changement de cap en la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail varie quant &#224; lui un peu entre les mines d'&#233;tain et celles d'or. Dans la mine d'or de Piscini, situ&#233;e au milieu de la jungle luxuriante des Yungas, un contrema&#238;tre chronom&#232;tre les mineurs lors du quart d'heure de fin de journ&#233;e pendant lequel ils peuvent d&#233;valiser la terre chanceuse. &#171; &lt;i&gt;Miner&#237;a-loter&#237;a&lt;/i&gt; &#187; comme on dit ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autres diff&#233;rences entre l'&#233;tain et l'or : l'obsession d'une d&#233;couverte miracle et le travail sous pression, qui laissent dans leur sillage des pratiques irrationnelles. Les mineurs s'aventurent dans des galeries abandonn&#233;es durant les pauses pour gratter ici et l&#224;, les mines sont solidifi&#233;es &#224; la va-vite et les mineurs font rel&#226;che de solidarit&#233; trop souvent, surtout lors des batailles fr&#233;quentes. Les affaissements de galerie, inondations de mine et autres accidents sont le lot quotidien des mineurs des Yungas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Y a-t-il un responsable dans la place ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Or, si les coop&#233;ratives mini&#232;res diff&#232;rent sur certains plans, toutes fonctionnent sans analyse du cycle de vie des proc&#233;d&#233;s, produits et mat&#233;riels utilis&#233;s. M&#234;me si les associ&#233;s sont strictement tenus de contribuer une mise mensuelle, les fonds pour ce type de besoins sont introuvables. La corruption de certains membres aggrave la situation, mais la difficult&#233; principale r&#233;side dans un acc&#232;s tr&#232;s limit&#233; au cr&#233;dit. &#192; cela s'ajoute une d&#233;pendance totale envers les prix internationaux, emp&#234;chant toute possibilit&#233; de planification &#224; long terme. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'or et l'&#233;tain sont des ressources finies et l'absence de prospection fera que t&#244;t ou tard, les mineurs toucheront le fond. Ce sc&#233;nario est d'autant plus craint que les alternatives d'emploi dans les districts miniers se font rares. Le climat social se d&#233;t&#233;riore et la descente de milliers de mineurs dans les rues de La Paz en juin 2003 n'est que le d&#233;but de la redynamisation du mouvement des ouvriers en Bolivie. L&#8216;irresponsabilit&#233; et l'insouciance des autorit&#233;s et des &#233;lites politiques ne fera qu'amplifier la contestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;nouement auquel les coop&#233;rativistes, &lt;i&gt;peones&lt;/i&gt;, femmes et enfants de mineurs aspirent est la r&#233;activation de la Corporation mini&#232;re de Bolivie et un plan int&#233;gral de valorisation des coop&#233;ratives. Au lieu de se prostituer aupr&#232;s de multinationales &#233;trang&#232;res, le gouvernement bolivien doit confier aux coop&#233;rativistes et &#224; l'entreprise publique la cogestion mini&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gonzalo S&#225;nchez de Lozada : pr&#233;sident &#233;lu en 2002 et exil&#233; &#224; la suite de la sanglante &#171; guerre du gaz &#187; d'octobre 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le &lt;i&gt;pe&#243;n&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;peones&lt;/i&gt; au pluriel) est un ouvrier (g&#233;n&#233;ralement agricole). (ndlr)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Dubois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journaliste&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>&#171; Nous sommes tous des Oury Diallo &#187;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Nous-sommes-tous-des-Oury-Diallo</link>
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		<dc:date>2008-07-31T01:53:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Dubois</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Dubois, Fr&#233;d&#233;ric </dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De fa&#231;on m&#233;thodique, Cornelius Yufanyi arpente la petite place. Il est tendu en ce matin frisquet du 7 janvier 2007. Les forces de police anti-&#233;meute sont positionn&#233;es aux quatre coins. De plus en plus de personnes, surtout de jeunes adultes, d&#233;barquent des trains et solidarisent sur les quais d'arriv&#233;e. Puis, ils gagnent les marches de la gare centrale &#8212; celles qui donnent sur la petite place. Nous sommes &#224; Dessau, ville d'un peu moins de 80 000 habitants de la r&#233;gion de Saxe-Anhalt, &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-20-ete-2007-" rel="directory"&gt;No 020 - &#233;t&#233; 2007&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Dubois-Frederic-+" rel="tag"&gt;Dubois, Fr&#233;d&#233;ric &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Conflits-droits-humains-et-+" rel="tag"&gt;Conflits, droits humains et impunit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton491.jpg?1642092269' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;312&#034; height=&#034;207&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De fa&#231;on m&#233;thodique, Cornelius Yufanyi arpente la petite place. Il est tendu en ce matin frisquet du 7 janvier 2007. Les forces de police anti-&#233;meute sont positionn&#233;es aux quatre coins. De plus en plus de personnes, surtout de jeunes adultes, d&#233;barquent des trains et solidarisent sur les quais d'arriv&#233;e. Puis, ils gagnent les marches de la gare centrale &#8212; celles qui donnent sur la petite place. Nous sommes &#224; Dessau, ville d'un peu moins de 80 000 habitants de la r&#233;gion de Saxe-Anhalt, &#224; quelque 200 kilom&#232;tres au sud-ouest de Berlin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ici, le rythme de vie semble plut&#244;t lent. Un vieux monsieur v&#234;tu d'un b&#233;ret passe tranquillement &#224; v&#233;lo. Quelques passants, curieux, observent la sc&#232;ne de la gare, puis finissent par tourner un coin pour regagner leurs demeures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Camerounais Yujanyi est aujourd'hui porte-parole. Il &#233;change quelques mots &#224; teneur logistique avec son vis-&#224;-vis de l'escouade anti-&#233;meute, avant de prendre le micro. &#171; &lt;i&gt;Nous sommes tous des Oury Diallo&lt;/i&gt; &#187;, scande-t-il. Pr&#232;s de 300 personnes ont d&#233;sormais pris position sur les marches, certains le poing lev&#233;, d'autres brandissant des banni&#232;res. &#192; peine a-t-il pris la parole que Yujanyi se tait &#224; nouveau. Tous suivent le mot d'ordre et se taisent &#224; leur tour. Une minute s'&#233;coule &#224; Dessau, dans le silence le plus complet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yujanyi l&#232;ve &#224; nouveau le regard. Il observe ses fr&#232;res et s&#339;urs d'Afrique, la main sur le c&#339;ur, les yeux ferm&#233;s. Il jette un regard aux &#171; &lt;i&gt;autonomes&lt;/i&gt; &#187; regroup&#233;s derri&#232;re quelques drapeaux noirs, aux vid&#233;astes et journalistes radio enregistrant le silence sur leurs bandes digitales, aux militants arborant des t-shirts &#224; l'effigie de campagnes anti-racistes. Le groupe h&#233;t&#233;roclite se met en marche dans les rues d&#233;sertes de Dessau.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mais &#224; quoi rime cette action ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Retour en arri&#232;re : 7 janvier 2005 vers midi. Un homme br&#251;le. Il a les mains et les pieds li&#233;s et il est clou&#233; &#224; un matelas anti-feu. La cellule de d&#233;tention de la station de police de Dessau dans laquelle il se trouve est verrouill&#233;e. L'homme, fortement alcoolis&#233;, crie et beugle. Les policiers de service &#233;teignent par deux fois la sir&#232;ne d'alarme. L'un d'eux est au t&#233;l&#233;phone et se sent g&#234;n&#233; par les cris. Il ferme l'interphone. Quelques minutes plus tard, l'homme, calcin&#233;, est retrouv&#233; par les pompiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait il y a deux ans. Oury Diallo aurait aujourd'hui 23 ans. Originaire du Sierra Leone &#8212; un petit pays d'Afrique de l'Ouest connu pour une course aux diamants qui n'en finit plus de faire couler le sang &#8212;, Diallo a quitt&#233; son pays meurtri &#224; la recherche de conditions de vie d&#233;centes. Comme nombre d'Africains en Allemagne, il vivait sous le statut de &#171; &lt;i&gt;r&#233;fugi&#233; refus&#233; mais tol&#233;r&#233;&lt;/i&gt; &#187;, une cat&#233;gorie qui cantonne ces r&#233;sidents dans la marginalit&#233; la plus obscure et les prive de droits fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, vers 8 heures du matin, ce jour-l&#224;, Oury Diallo ne se doutait probablement pas qu'il allait conna&#238;tre sa troisi&#232;me mort. Il avait d&#233;j&#224; perdu son histoire dans la terrible guerre civile qui s&#233;vissait dans son pays d'origine. Il avait perdu sa dignit&#233; dans une Allemagne qui &#171; &lt;i&gt;refuse mais tol&#232;re&lt;/i&gt; &#187; des r&#233;fugi&#233;s dans des conditions absurdes. Et &#224; Dessau, il perdit la vie aux mains des forces de l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Suicide ou meurtre ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le flou entourant la mort sordide de Diallo reste entier. Ulrich von Klingr&#228;ff, avocat sp&#233;cialis&#233; en droit de l'immigration, travaille d'arrache-pied depuis deux ans afin de faire la lumi&#232;re sur les circonstances entourant la mort de Diallo. &#171; &lt;i&gt;Je crois que dans les circonstances, la pression politique est aussi n&#233;cessaire, afin que le tribunal, ici, se mette en marche&lt;/i&gt; &#187;, dit von Klingr&#228;ff, l'un des deux avocats repr&#233;sentant les parents de la victime, depuis la place de la gare, o&#249; la mobilisation de comm&#233;moration d'Oury Diallo bat son plein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s principal inculpant le chef de service de police de Dessau n'a toujours pas d&#233;but&#233;, entre autres parce que le parquet de Dessau requiert des d&#233;tails additionnels, fait tra&#238;ner le dossier en invoquant des vices de proc&#233;dure. &#171; &lt;i&gt;Je dois bien le dire. C'est inhabituellement long pour une proc&#233;dure judiciaire de la sorte&lt;/i&gt; &#187;, souffle un avocat de Dessau, en promenade avec sa femme, interview&#233; &#224; la va-vite au passage de la marche. Les militants accusent le parquet de vouloir gagner du temps en attendant que s'effrite l'Initiative Oury Diallo, un regroupement citoyen cherchant &#224; publiciser le cas afin d'obtenir &#171; &lt;i&gt;clart&#233;, justice et d&#233;dommagement&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Initiative se range derri&#232;re des slogans comme &#171; &lt;i&gt;Oury Diallo, &#231;a c'&#233;tait un meurtre !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Brisez le silence !&lt;/i&gt; &#187;, ou encore &#171; &lt;i&gt;Dessau, ville de r&#233;pression, de d&#233;portation et de racisme&lt;/i&gt; &#187;. Elle n'est pas la seule &#224; mener la charge contre les avocats de la police. Depuis que ces derniers ont avanc&#233; la th&#232;se du suicide, plusieurs groupes de d&#233;fense des droits des r&#233;fugi&#233;s, ainsi que des associations de Noirs et groupements citoyens sont mont&#233;s aux barricades. L'incr&#233;dulit&#233; s'est amplifi&#233;e d'un cran, la grogne s'est radicalis&#233;e et des r&#233;seaux se sont tiss&#233;s sur l'ensemble du territoire allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'enqu&#234;te, m&#234;me le tribunal de Dessau tentait de clore le cas Diallo en suivant la th&#232;se du suicide. Puis, au fur et &#224; mesure qu'&#233;taient remis en cause les arguments de la police &#8212; notamment par des t&#233;moignages des agents subalternes de garde au moment de l'incident &#8212;, on a pr&#233;f&#233;r&#233; remettre &#224; plus tard les d&#233;lib&#233;rations. Une quinzaine de t&#233;moignages se contredisent encore &#224; l'heure actuelle. La version officielle de la police voulant que la victime ait eu un briquet en sa possession dans la cellule et ait pu se mettre elle-m&#234;me en feu a &#233;t&#233; infirm&#233;e par plusieurs t&#233;moignages, dont celui de l'agent aillant fouill&#233; Diallo au moment de son arrestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres indices sont venus mettre en doute la th&#232;se du suicide. Une premi&#232;re autopsie du corps de la victime, command&#233;e par la police, avait simplement r&#233;v&#233;l&#233;e que Diallo &#233;tait mort, br&#251;l&#233; vif. Une seconde autopsie command&#233;e par la partie repr&#233;sentant la victime a toutefois &#233;tabli que celle-ci avait le nez cass&#233;. Enfin, le fait d'avoir laiss&#233; l'arr&#234;t&#233; seul dans la cellule, sans supervision, alors que son &#233;tat d'&#233;bri&#233;t&#233; tr&#232;s avanc&#233; a sans doute mis de l'huile sur le feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un documentaire de Pagonis Pagonakis, r&#233;alis&#233; pour le compte de la t&#233;l&#233;vision publique WDR en 2006, r&#233;v&#232;le des enregistrements de conversations t&#233;l&#233;phoniques &#224; teneur raciste entre le chef du service de police et le m&#233;decin sur appel, qui, loin de dissiper les doutes, donnent des armes &#224; la piste du meurtre de Diallo.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Profilage racial, criminalisation et meurtre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La brutalit&#233; polici&#232;re &#224; l'encontre des &#171; &lt;i&gt;r&#233;fugi&#233;s tol&#233;r&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, des r&#233;fugi&#233;s re&#231;us et des minorit&#233;s visibles n'est pas exceptionnelle. Au contraire, le cas Diallo s'inscrit dans une s&#233;rie de morts &#224; caract&#232;re racial impliquant la police de diff&#233;rentes localit&#233;s en Allemagne. Le 14 avril 2006, Dominique Kuama Dio, un jeune Congolais de 22 ans est tomb&#233; sous les balles de deux agents de police dans la ville de Dortmund. &#171; &lt;i&gt;On ne sait pas qui sera la prochaine victime&lt;/i&gt; &#187;, cri l'un des manifestants d'origine africaine pr&#233;sent &#224; Dessau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contr&#244;les policiers arbitraires et les &#171; d&#233;tentions de routine &#187; sont le lot quotidien de beaucoup de Noirs, tel que le r&#233;v&#232;lent les entrevues effectu&#233;es aupr&#232;s des nombreux Africains pr&#233;sents &#224; la marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but 2006, le r&#233;sident de Dessau, ami de la victime et t&#234;te d'affiche de l'Initiative Oury Diallo, Mouctar Bah, s'est vu retirer sa licence d'exploitation pour le petit centre d'appel qu'il op&#233;rait. On lui reprochait de donner refuge &#224; des suppos&#233;s trafiquants de drogue. Ce commerce est depuis longue date l'endroit o&#249; se retrouvent les Africains de Dessau, soit leur seul havre de paix.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#171; no-go areas &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qui pique les d&#233;fenseurs des r&#233;fugi&#233;s et les r&#233;fugi&#233;s au vif, c'est le manque de mobilisation et le peu de malaise que provoquent ces signes de racisme au sein de la soci&#233;t&#233; et des autorit&#233;s allemandes. Des passants accroch&#233;s au passage voient le ph&#233;nom&#232;ne d'un autre &#339;il. &#171; &lt;i&gt;Peu importe s'il s'agit d'&#233;trangers, ici &#224; Dessau, les trois pouvoirs (l&#233;gislatif, juridique et ex&#233;cutif) sont disfonctionnels&lt;/i&gt; &#187;, lance une dame, appuy&#233;e sur sa canne. &#171; &lt;i&gt;Je suis solidaire de cette marche. Mais il faut comprendre que le probl&#232;me est plus large&lt;/i&gt; &#187;, argumente-t-elle. &#171; &lt;i&gt;Mon fils s'est lui aussi fait passer &#224; tabac&lt;/i&gt; &#187;, puis rien n'a &#233;t&#233; entrepris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres passants n'y voient aucunement des traces de racisme. Ils d&#233;plorent la r&#233;putation qu'a d&#233;sormais acquise leur ville, autrement connue internationalement pour son &#233;cole d'architecture Bauhaus. Un jeune couple par exemple affirme vouloir tourner la page : &#171; &lt;i&gt;Ce fut un sujet de discussion il y a deux ans, mais l&#224; il faut aller de l'avant&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les probl&#232;mes sociaux plus larges existent, notamment dans les coins d&#233;sh&#233;rit&#233;s de l'est de l'Allemagne, il reste que des villes comme Dessau figurent dans le catalogue des &#171; &lt;i&gt;no-go areas&lt;/i&gt; &#187; pour les &#233;trangers. Le 11 juin 2003, Alberto Adriano, r&#233;fugi&#233; originaire du Mozambique, a &#233;t&#233; tu&#233; par une horde de n&#233;o-nazis qui le poursuivait en plein centre de Dessau. Ce type d'attaques ont connu une constante augmentation depuis 2000, selon les chiffres du Minist&#232;re allemand de l'Int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux derni&#232;res nouvelles, le parquet du Land de Saxe-Anhalt a d&#233;cid&#233; d'inculper le chef de service &#224; la police de Dessau et de le traduire en justice &#224; la fin mars 2007. Certains migrants et r&#233;fugi&#233;s ne croient plus &#224; cette justice et s'auto-organisent. &#171; &lt;i&gt;&#192; tous les jours depuis que je suis ici, je m'engage politiquement&lt;/i&gt; &#187;, raconte Yufanyi, en Allemagne depuis huit ans. Un match de foot &#171; &lt;i&gt;b&#233;n&#233;fice&lt;/i&gt; &#187; pour soutenir la famille d'Oury Diallo a ainsi &#233;t&#233; mis sur pied en 2005 et une conf&#233;rence sur le sujet de la brutalit&#233; polici&#232;re contre les Africains a rassembl&#233; 120 personnes en janvier 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que se terminait la marche de comm&#233;moration d'Oury Diallo, entour&#233;e d'une trentaine de v&#233;hicules anti-&#233;meutes et de centaines de policiers gardant les rues de Dessau, &#224; quelques kilom&#232;tres de l&#224;, dans le village de Sangerhausen, un incendie &#224; caract&#232;re x&#233;nophobe ravageait un logis pour demandeurs d'asile.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Dubois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journaliste, Allemagne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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