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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>N&#233;gocier en p&#233;riode d'aust&#233;rit&#233;</title>
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		<dc:date>2016-06-01T19:19:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois L'&#201;cuyer</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>L'&#201;cuyer, Fran&#231;ois</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au moment d'&#233;crire ces lignes, les syndicats du Front commun, form&#233; de la CSN, de la FTQ et du Secr&#233;tariat intersyndical des services publics (SISP, qui regroupe la CSQ, le SFPQ et l'APTS) amor&#231;aient leur 3e semaine de consultations en vue d'obtenir des mandats de gr&#232;ve tournante de 6 jours. D&#233;j&#224;, le message envoy&#233; au gouvernement lib&#233;ral est clair : des assembl&#233;es bond&#233;es, des mandats envoy&#233;s &#224; plus de 80 % dans la majorit&#233; des cas. Un bras de fer est annonc&#233; entre les salari&#233;&#183;e&#183;s du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Contre-l-offensive-" rel="directory"&gt;Dossier : Contre l'aust&#233;rit&#233;, luttes syndicales et populaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-L-Ecuyer-Francois-+" rel="tag"&gt;L'&#201;cuyer, Fran&#231;ois&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2195.png?1642092179' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;240&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au moment d'&#233;crire ces lignes, les syndicats du Front commun, form&#233; de la CSN, de la FTQ et du Secr&#233;tariat intersyndical des services publics (SISP, qui regroupe la CSQ, le SFPQ et l'APTS) amor&#231;aient leur 3e semaine de consultations en vue d'obtenir des mandats de gr&#232;ve tournante de 6 jours. D&#233;j&#224;, le message envoy&#233; au gouvernement lib&#233;ral est clair : des assembl&#233;es bond&#233;es, des mandats envoy&#233;s &#224; plus de 80 % dans la majorit&#233; des cas. Un bras de fer est annonc&#233; entre les salari&#233;&#183;e&#183;s du secteur public et le gouvernement Couillard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lundi 15 d&#233;cembre 2014 : alors que les n&#233;gociateurs&#183;trices du Front commun re&#231;oivent les offres du Conseil du tr&#233;sor, Francine L&#233;vesque de la CSN, Daniel Boyer de la FTQ et Louise Chabot de la CSQ sont r&#233;unis et pr&#233;parent leur r&#233;action. Au vu des demandes patronales, un gel salarial de deux ans, des augmen&#173;tations fam&#233;liques offertes pour la suite et des demandes pour charcuter les b&#233;n&#233;fices du r&#233;gime de retraite des employ&#233;&#183;e&#183;s de l'&#201;tat, tous et toutes s'entendent : ces offres sont &#171; &lt;i&gt;insultantes, m&#233;prisantes et arrogantes &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le gouvernement qui n'aime pas les femmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis sa cr&#233;ation en mai l'an dernier, le Front commun a affirm&#233; la n&#233;cessit&#233; de mettre un terme au retard de la r&#233;mun&#233;ration globale (salaire, r&#233;gime de retraite et autres avantages sociaux) des employ&#233;&#183;e&#183;s de l'&#201;tat par rapport aux autres salari&#233;&#183;e&#183;s qu&#233;b&#233;cois&#183;es, retard qui s'est cristallis&#233; autour de 8 % ces derni&#232;res ann&#233;es, tel que le constate l'Institut de la statistique du Qu&#233;bec. Les offres salariales du gouvernement vont dans le sens oppos&#233; : en proposant un maigre 3 % de hausse sur 5 ans, le retard salarial des travailleurs et des travailleuses du secteur public atteindrait plus de 15 % en 2020. Alors que ces employ&#233;&#183;e&#183;s se sont appauvri&#183;e&#183;s de 10 % depuis 25 ans, ils perdraient &#224; nouveau 7 % de leur pouvoir d'achat au cours des 5 prochaines ann&#233;es. Quand on ajoute le fait que plus de 75 % des emplois du secteur public sont occup&#233;s par des femmes, on est en droit de remettre en question cette discrimination salariale bas&#233;e sur le sexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur toutes les tribunes, le pr&#233;sident du Conseil du tr&#233;sor, Martin Coiteux, r&#233;p&#232;te que &#171; chacun doit faire sa part &#187; en vue du rapide retour &#224; l'&#233;quilibre budg&#233;taire. Mais alors qu'en moyenne, les Qu&#233;b&#233;cois recevront des augmentations salariales annuelles variant entre 2 et 2,5 % au cours des prochaines ann&#233;es, les employ&#233;&#183;e&#183;s du secteur public verraient leur salaire stagner ? Il s'agit l&#224; d'une forme d'imp&#244;t d&#233;guis&#233;, applicable aux seuls salari&#233;&#183;e&#183;s de l'&#201;tat, clament plusieurs d'entre eux. Et ceux-ci, faut-il pr&#233;ciser, font d&#233;j&#224; leur part, &#233;tant victimes comme chaque citoyen&#183;ne&#183;s des coupes de services et des hausses de tarifs &#8211; en plus de voir leur charge de travail s'alourdir au gr&#233; des abolitions de poste et des compressions budg&#233;&#173;taires en sant&#233; et en &#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas tout. Le gouvernement lib&#233;ral ne veut pas seulement appauvrir ses salari&#233;&#183;e&#183;s d&#232;s maintenant, mais &#233;galement jusqu'&#224; la fin de leurs jours. Trois demandes d&#233;pos&#233;es par le Conseil du tr&#233;sor auraient in&#233;vitablement pour effet de diminuer les rentes du R&#233;gime de retraite des employ&#233;s du gouvernement et des organismes publics (RREGOP). D'abord en prolongeant de 5 &#224; 8 ans la p&#233;riode de calcul du salaire moyen (quoique, affirment les plus cyniques, cette mesure n'aurait pas tant d'impact lorsqu'on propose un gel salarial&#8230;), en faisant passer de 60 &#224; 62 ans l'&#226;ge de la retraite sans p&#233;nalit&#233; actuarielle, et en augmentant celle-ci de 4 &#224; 7,2 % par ann&#233;e d'anticipation. Ainsi, les rentes pourraient &#234;tre amput&#233;es jusqu'&#224; 40 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surfant sur la vague anti-r&#233;gime de retraite provoqu&#233;e par le projet de loi 3 dans le monde municipal, le ministre Coiteux affirme avoir &#224; c&#339;ur la p&#233;rennit&#233; du RREGOP. Pourtant, la Commission administrative des r&#233;gimes de retraite et d'assurances (CARRA) d&#233;montrait, lors de sa derni&#232;re mise &#224; jour actuarielle en avril dernier, que le RREGOP &#233;tait capitalis&#233; &#224; 98,4 % &#8211; soit pleinement en mesure de s'acquitter de ses obligations actuelles et futures. L'objectif &#224; peine avou&#233; est de soutirer 200 millions de dollars annuellement des poches des retrait&#233;&#183;e&#183;s de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Biais id&#233;ologique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;posant ses demandes le 30 octobre 2014, le Front commun avait indiqu&#233; au Conseil du tr&#233;sor vouloir am&#233;liorer l'organisation du travail et la qualit&#233; de vie au travail, notamment en s'attaquant &#224; la pr&#233;carit&#233; d'emploi (qui touche 35 % des salari&#233;&#183;e&#183;s de l'&#201;tat), en diminuant le recours au secteur priv&#233;, en prot&#233;geant l'autonomie professionnelle des employ&#233;&#183;e&#183;s et en bonifiant les mesures de conciliation famille-travail-&#233;tudes. Autant de fa&#231;ons d'am&#233;liorer l'efficience des r&#233;seaux publics, d'augmenter la capacit&#233; d'attraction et de r&#233;tention du personnel dans une p&#233;riode o&#249; les p&#233;nuries de main-d'&#339;uvre se font de plus en plus criantes, et de r&#233;aliser des &#233;conomies d'&#233;chelle, notamment en diminuant le recours &#224; la sous-traitance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement le Conseil du tr&#233;sor n'a-t-il toujours pas r&#233;pondu &#224; l'une ou l'autre de ces demandes, mais il voudrait, entre autres, faire sauter des conventions collectives les lettres d'entente n&#233;goci&#233;es, posant des balises au recours &#224; la sous-traitance. Alors que les scandales informatiques ou au minist&#232;re des Transports se multiplient, alors que les d&#233;passements de co&#251;ts tournent au ridicule dans la construction des centres hospitaliers universitaires, le gouvernement lib&#233;ral ignore les pistes d'&#233;conomie soumises par le Front commun et voudrait ouvrir encore plus grandes les portes du secteur public au priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sempiternelles restructurations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut noter que les n&#233;gociations actuelles se d&#233;roulent avec, en arri&#232;re-sc&#232;ne, la plus grande restructuration du r&#233;seau de la sant&#233; et des services sociaux, secteur o&#249; travaille environ la moiti&#233; des 540 000 employ&#233;&#183;e&#183;s de l'&#201;tat. En allant de l'avant avec le projet de loi 10 du ministre Ga&#233;tan Barrette, le gouvernement lib&#233;ral a impos&#233; la fusion de nombreux &#233;tablissements. Ainsi, le gouvernement voudrait privil&#233;gier la &#171; disponibilit&#233; &#187;, la &#171; mobilit&#233; &#187; et la &#171; flexibilit&#233; &#187; de la main-d'&#339;uvre afin de faciliter la mise en place de m&#233;ga-structures s'&#233;tendant sur de vastes territoires. Le gouvernement voudrait, entre autres, revoir la r&#232;gle du rayon de 50 km en cas de r&#233;affectation ou lors de mises en disponibilit&#233;. Un ou une salari&#233;e de Montr&#233;al devrait accepter une affectation aux &#206;les-de-la-Madeleine, sans quoi elle perdrait son lien d'emploi, a-t-on entendu de la part d'un porte-parole patronal &#224; une table sectorielle de n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant dans les r&#233;seaux de l'&#233;ducation, de la sant&#233; et des services sociaux que dans la fonction publique, le gouvernement souhaiterait s'attaquer &#224; la s&#233;curit&#233; d'emploi, avoir plus de souplesse pour confectionner les horaires de travail (en privil&#233;giant les horaires atypiques ou, pourquoi pas, sur &#171; plus de 5 jours par semaine &#187;) et assouplir les r&#232;gles en mati&#232;re de mise &#224; pied. Bref, le gouvernement voudrait que ses employ&#233;&#183;e&#183;s se d&#233;placent o&#249; il veut, quand il veut et comme il veut, tels des pions interchangeables, et ce, au gr&#233; des ministres et de leurs sempiternels projets de restructuration. Pour ce faire, le gouvernement Couillard s'attaque &#224; des pans entiers des conventions collectives du secteur public, ch&#232;rement gagn&#233;s au cours de pr&#233;c&#233;dentes rondes de n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers la gr&#232;ve&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pas &#233;tonnant, dans ce contexte, que le Front commun ait appel&#233; l'ensemble de ses syndicats &#224; se doter de mandats de gr&#232;ve : six journ&#233;es tournantes &#224; &#234;tre d&#233;clench&#233;es d&#232;s l'automne, si n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant de recourir &#224; la gr&#232;ve, le Front commun voudra avoir d&#233;montr&#233; qu'il a utilis&#233; tous les moyens n&#233;cessaires pour d&#233;bloquer les tables de n&#233;gociation. Depuis la fin de l'&#233;t&#233;, l'ensemble des &#233;tablissements des r&#233;seaux de la sant&#233; et des services sociaux, de l'&#233;ducation et des organismes gouvernementaux sont frapp&#233;s par des moyens de perturbation : boycottage d'actes administratifs, occupations de bureaux de direction, application stricte des horaires de travail ; le mot d'ordre est d'enrayer les administrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 octobre, c'est par milliers que les salari&#233;&#183;e&#183;s du secteur public descendent dans les rues de Montr&#233;al, &#224; l'occasion d'une manifestation nationale du Front commun. Tout au long du mois d'octobre, les syndicats du secteur public m&#232;neront des actions de perturbation socio&#173;&#233;conomiques dans l'ensemble des r&#233;gions du Qu&#233;bec. La gr&#232;ve pourrait &#234;tre d&#233;clench&#233;e par la suite, soit d&#232;s la fin du mois d'octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une r&#233;cente entrevue, l'animateur Alain Gravel affirmait que le d&#233;clenchement d'une gr&#232;ve dans le secteur public ne ferait que pr&#233;cipiter le recours &#224; une loi sp&#233;ciale. Raisonner de cette fa&#231;on revient &#224; accepter qu'une telle mesure d'exception fasse partie de l'ordre normal des choses, r&#233;torquent les syndicalistes. D'autant plus que la Cour supr&#234;me a reconnu pour la premi&#232;re fois, dans un jugement rendu en f&#233;vrier dernier, la constitutionnalit&#233; du droit de gr&#232;ve au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Front commun parviendra-t-il &#224; faire fl&#233;chir le gouvernement Couillard ? Ce dernier s'ent&#234;tera-t-il &#224; vouloir r&#233;duire la taille de l'&#201;tat et &#224; consid&#233;rer les services publics comme une simple colonne de chiffres dont il faut r&#233;duire les montants le plus possible ? Les syndicats auront-ils un appui significatif de la population, sensibilis&#233;e &#224; la d&#233;t&#233;rioration de services publics ? Nous le saurons au cours des prochaines semaines&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est conseiller syndical &#224; la CSN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Fotoimage&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Ha&#239;ti : le d&#233;bat qui divise</title>
		<link>https://www.ababord.org/Haiti-le-debat-qui-divise</link>
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		<dc:date>2008-07-30T16:23:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois L'&#201;cuyer</dc:creator>


		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>L'&#201;cuyer, Fran&#231;ois</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En chassant le pr&#233;sident Aristide du pouvoir le 29 f&#233;vrier 2004, les &#201;tats-Unis, la France et le Canada ont perp&#233;tr&#233; un double coup d'&#201;tat aux cons&#233;quences explosives : d'abord envers un gouvernement Lavalas &#171; l&#233;gitimement &#187; &#233;lu &#8211; malgr&#233; un taux de participation inf&#233;rieur &#224; 15 %&#8230; &#8211; mais &#233;galement envers un mouvement populaire et d&#233;mocratique qui, en prenant la rue de fa&#231;on quotidienne d&#232;s l'automne 2003, demandait la d&#233;mission du gouvernement Aristide et une d&#233;mocratisation en profondeur de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-11-oct-nov-2005-" rel="directory"&gt;No 011 - oct. / nov. 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-L-Ecuyer-Francois-+" rel="tag"&gt;L'&#201;cuyer, Fran&#231;ois&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En chassant le pr&#233;sident Aristide du pouvoir le 29 f&#233;vrier 2004, les &#201;tats-Unis, la France et le Canada ont perp&#233;tr&#233; un double coup d'&#201;tat aux cons&#233;quences explosives : d'abord envers un gouvernement Lavalas &#171; l&#233;gitimement &#187; &#233;lu &#8211; malgr&#233; un taux de participation inf&#233;rieur &#224; 15 %&#8230; &#8211; mais &#233;galement envers un mouvement populaire et d&#233;mocratique qui, en prenant la rue de fa&#231;on quotidienne d&#232;s l'automne 2003, demandait la d&#233;mission du gouvernement Aristide et une d&#233;mocratisation en profondeur de la soci&#233;t&#233; ha&#239;tienne. En occupant militairement le pays l'an dernier, c'est &#224; l'ensemble de ce mouvement populaire qu'on a coup&#233; l'herbe sous le pied.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Reconna&#238;tre les graves erreurs commises par nos voisins am&#233;ricains, la France et le Canada ne doit toutefois pas nous amener &#224; la conclusion na&#239;ve voulant que seul le retour d'Aristide au pouvoir puisse r&#233;soudre la crise ha&#239;tienne. Cette position, partag&#233;e par une partie du mouvement contre la guerre, ignore les nombreux crimes commis par l'administration Aristide et la violence de la lutte lavalas actuelle qui frappe Port-au-Prince. Pour comprendre l'&#233;tendue de la crise qui secoue Ha&#239;ti, trois questions doivent imp&#233;rativement &#234;tre soulev&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, malgr&#233; les grands espoirs que repr&#233;sentait Aristide lors de sa premi&#232;re &#233;lection en 1990, force est de reconna&#238;tre que de larges pans du mouvement populaire ha&#239;tien et de la gauche du pays ont successivement abandonn&#233; l'homme &#224; son retour au pays en 1994. En second lieu, en vertu de la violence extr&#234;me qui fait rage parmi les quartiers o&#249; vivent aujourd'hui les sympathisants lavalas, nous sommes forc&#233;s de questionner s&#233;rieusement les tactiques de r&#233;sistance employ&#233;es, o&#249; les fronti&#232;res entre criminalit&#233; et politique sont de plus en plus floues. Enfin, nous devrons nous demander sinc&#232;rement si en appliquant une vision o&#249; tout est blanc ou noir, o&#249; &#171; l'ennemi de mon ennemi est mon alli&#233; &#187;, nombre de &#171; progressistes &#187; internationaux ne sont pas profond&#233;ment manipul&#233;s et instrumentalis&#233;s par un Aristide d&#233;chu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chute d'Aristide :
les forces en pr&#233;sence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection d'Aristide en 1990 est un moment de rupture dans l'histoire ha&#239;tienne. Premi&#232;re colonie noire &#224; obtenir l'ind&#233;pendance &#224; l'issue d'une longue lutte arm&#233;e men&#233;e par les esclaves (1791&#8211;1804), Ha&#239;ti demeura toutefois sous l'emprise d'un syst&#232;me d'exploitation bas&#233; sur les castes raciales de ses habitants. Longtemps dirig&#233;e par l'&#233;lite blanche et mul&#226;tre locale, bannie par les forces coloniales pour l'affront port&#233; &#224; la France esclavagiste, Ha&#239;ti se lib&#233;ra tardivement de la succession de dictateurs lors de la chute de Jean-Claude Duvalier en 1986. &#192; la suite de nombreux r&#233;gimes militaires, la premi&#232;re &#233;lection d'Aristide, pr&#234;tre issu des milieux populaires, devait sonner la fin de l'exclusion syst&#233;matique de la grande majorit&#233; pauvre du pays.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dix ans plus tard
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La grande diversit&#233; des acteurs exigeant la d&#233;mission d'Aristide &#224; l'automne 2003 ne facilite pas la compr&#233;hension des &#233;v&#233;nements menant au d&#233;part du pr&#233;sident. D'un c&#244;t&#233;, l'opposition politique fut rejointe par de larges pans du mouvement Aristide : d'abord, une scission au sein du mouvement lavalas, puis le d&#233;part d&#233;finitif de l'Organisation Peuple en Lutte (OPL, centre-gauche), majoritaire au Parlement. La &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; lib&#233;rale et le secteur priv&#233; ont rapidement rejoint les rangs de l'opposition parlementaire, sous l'&#233;gide du Groupe des 184. Mais plut&#244;t que de transformer en profondeur une soci&#233;t&#233; ha&#239;tienne des plus in&#233;gales, le discours du Groupe des 184 visait principalement &#224; remplacer un Aristide corrompu par un pr&#233;sident plus cl&#233;ment envers les forces capitalistes ha&#239;tiennes et mondiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'oppos&#233;, les manifestations du mouvement populaire ha&#239;tien (&#233;tudiants, femmes, paysans, syndicats) d&#233;siraient apporter une r&#233;elle transformation du pays. Les politiques n&#233;olib&#233;rales du gouvernement Aristide figuraient dans la mire des manifestants : privatisations massives, multiplication des zones franches et diminutions drastiques des tarifs douaniers &#8211; et, bien s&#251;r, le r&#233;gime de terreur instaur&#233; par les militants lavalas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Craignant que le chaos ne s'empire et ne provoque un &#233;ni&#232;me d&#233;ferlement de &lt;i&gt;boat people&lt;/i&gt; sur leurs c&#244;tes, les &#201;tats-Unis ont pr&#233;f&#233;r&#233; une r&#233;ponse militaire permettant de restructurer le pays &#224; leur guise. Mais afin qu'une telle op&#233;ration soit per&#231;ue comme l&#233;gitime par la communaut&#233; internationale, le chaos devait &#234;tre suffisamment amplifi&#233;. C'est ainsi que furent r&#233;activ&#233;es, fin 2003, diverses milices dirig&#233;es par des hommes de mains des Am&#233;ricains : Louis Jodel Chamblain, ancien num&#233;ro deux du FRAPH (milice sous la dictature de Raoul C&#233;dras, 1991-1994) et Guy Philippe, ex-militaire. L'armement de ceux-ci fut rendu possible par les nombreuses caches d'armes que compte le pays, mais &#233;galement via la fronti&#232;re dominicaine. Ces milices ont rejoint le Front de r&#233;sistance de l'Artibonite &#8211; connue ant&#233;rieurement sous le nom d'&#171; Arm&#233;e cannibale &#187;, une milice cr&#233;&#233;e et contr&#244;l&#233;e par Aristide, jusqu'&#224; l'assassinat de son chef, Amyot M&#233;tayer &#8211; et elles ont rapidement pris le contr&#244;le de villes d'importance au nord. Bref, d&#233;but 2004, divers groupes arm&#233;s contr&#244;lent la moiti&#233; du pays et s'associent &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; aux oppositions progressistes et lib&#233;rales qui secouent Port-au-Prince. La suite est connue : le 29 f&#233;vrier, des militaires fran&#231;ais, am&#233;ricains et canadiens expulsent Aristide et occupent le pays jusqu'&#224; ce que soit activ&#233;e, par le Conseil de s&#233;curit&#233;, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Ha&#239;ti (MINUSTAH).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lavalas, drogue et chim&#232;res
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; son retour d'exil en 1994 &#8211; avec l'appui de 20 000 marines am&#233;ricains&#8230; &#8211; Aristide s'&#233;tait promis de ne plus jamais &#234;tre victime d'un coup d'&#201;tat tel que lui avait ass&#233;n&#233; le Lt-G&#233;n. Raoul C&#233;dras. Ainsi, deux grands plans furent mis de l'avant : d'abord, le d&#233;mant&#232;lement total de l'arm&#233;e nationale ha&#239;tienne ; le contr&#244;le des masses populaires serait quant &#224; lui assur&#233; par les &lt;i&gt;chim&#232;res&lt;/i&gt; (bandes arm&#233;es de Cit&#233;-Soleil), largement impliqu&#233;es dans le commerce de drogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'implication du pr&#233;sident Aristide dans le commerce de drogue n'est plus &#224; d&#233;montrer. D&#233;j&#224;, nombre de ses collaborateurs et amis sont sous les verrous aux &#201;tats-Unis apr&#232;s avoir &#233;t&#233; reconnus ou plaid&#233; coupable aux accusations de trafic de drogue, notamment Romane Lestin, ancien commissaire de police de l'a&#233;roport et commandant du &lt;i&gt;Swat team&lt;/i&gt; ha&#239;tien, et Jean-Nesly Lucien, ancien directeur g&#233;n&#233;ral de la PNH. D'autres seront jug&#233;s sous peu, dont Fourel Lestin, ancien Pr&#233;sident du S&#233;nat, et Evens Brillant, ex-responsable du Bureau de lutte contre les stup&#233;fiants (!).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En retour de l'impunit&#233; sur leurs activit&#233;s criminelles, les &lt;i&gt;chim&#232;res&lt;/i&gt; ont jou&#233; un r&#244;le politique majeur sous Aristide. Les manifestations anti-lavalas de 2003 ont &#233;t&#233; sauvagement r&#233;prim&#233;es par celles-ci. Aujourd'hui, ces milices contr&#244;lent de nombreux quartiers de Port-au-Prince (Bel-Air, Cit&#233;-Soleil, etc.) et sont largement impliqu&#233;es dans la vague de kidnappings sans pr&#233;c&#233;dent qui afflige la capitale. Des actes purement gratuits, tels l'incendie du March&#233; T&#232;t-B&#232;f qui a mis 2 500 commer&#231;ants &#224; la rue, ou les rafales de mitraillettes contre des &#233;coles primaires de Delmas, visent &#224; d&#233;stabiliser le pays et prouver que, sans Aristide, Ha&#239;ti ne peut esp&#233;rer de salut d&#233;mocratique. La collaboration, ou du moins l'utilisation r&#233;ciproque, des bandes arm&#233;es et des organisations politiques lavalas a culmin&#233;, depuis le 30 septembre dernier, dans ce qu'on appelle dor&#233;navant l'&#171; Op&#233;ration Bagdad &#187;, visant &#224; chasser du pays les forces militaires de l'ONU et renverser le gouvernement int&#233;rimaire instaur&#233; par celle-ci. D'un c&#244;t&#233;, le mouvement lavalas profite de la campagne de d&#233;stabilisation orchestr&#233;e par les chim&#232;res et, de l'autre, celles-ci tentent de l&#233;gitimer leur lucrative &#233;conomie de trafic et de rapts par un paravent populiste pro-Aristide, anti-imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude du gouvernement int&#233;rimaire de G&#233;rard Latortue, fid&#232;le &#224; l'administration Bush, doit &#233;galement &#234;tre fortement condamn&#233;e. La chasse aux sorci&#232;res engag&#233;e contre les collaborateurs d'Aristide, dont plusieurs croupissent en prison sans qu'aucune forme d'accusation ne soit port&#233;e contre eux, n'a rien pour calmer la situation. Le flagrant manque de volont&#233; &#224; r&#233;former la PNH et &#224; l'&#233;purer de ses &#233;l&#233;ments criminels conjugu&#233; aux politiques &#233;conomiques lib&#233;rales, qui n'aident en rien &#224; &#233;radiquer une pauvret&#233; croissante, ne font qu'exacerber la col&#232;re des populations exclues de la vie politique et &#233;conomique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tant dit, l'important mouvement de solidarit&#233; envers le pr&#233;sident d&#233;chu tente de convaincre l'opinion internationale que les pires exactions commises envers le peuple ha&#239;tien sont le fruit de la Police nationale ha&#239;tienne, qui b&#233;n&#233;ficierait du soutien total de la MINUSTAH ! Certes, la PNH ne fait pas dans la dentelle, pr&#233;f&#233;rant souvent tirer avant de poser des questions. La MINUSTAH, en privil&#233;giant une r&#233;ponse militaire plut&#244;t que polici&#232;re au probl&#232;me d'ins&#233;curit&#233; &#8211; 6 600 soldats contre 1 820 policiers &#8211; n'a pas su encadrer une police nationale peu soucieuse du respect des droits de la personne. Mais comparer quelques bavures militaires, totalement condamnables, &#224; la campagne de terreur actuellement men&#233;e par les &lt;i&gt;chim&#232;res&lt;/i&gt; rel&#232;ve de la d&#233;sinformation pure et simple. Et faire passer pour de simple civils des criminels tels que Dread Wilm&#232; et ses complices, tu&#233;s le 6 juillet dernier lors d'une op&#233;ration de la MINUSTAH, de la fiction sordide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sympathisants internationaux d'Aristide brandissent r&#233;guli&#232;rement la &#171; D&#233;claration de Porto Alegre &#187; de 2005 &#8211; qui exige le d&#233;part des occupants et le retour au pouvoir d'Aristide &#8211; comme preuve &#224; l'appui de la l&#233;gitimit&#233; de la r&#233;sistance lavalassienne contre l'occupation militaire. Cette d&#233;claration, une initiative personnelle (non endoss&#233;e par le FSM) de Brian Concanon, du cabinet d'avocats responsable du lobbying d'Aristide, fut pourtant largement persifl&#233;e par les membres de la d&#233;l&#233;gation ha&#239;tienne, lesquels ont d&#233;nonc&#233; la campagne de manipulation des participants du Forum social mondial par les sympathisants d'Aristide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que d'appliquer &#224; la situation ha&#239;tienne une grille simpliste de r&#233;sistance &#224; l'occupation militaire &#8211; qui, tant qu'&#224; y &#234;tre, nous am&#232;nerait tout autant &#224; appuyer le combat des Zarquaoui et autres Talibans de ce monde &#8211;, la gauche internationale aurait avantage &#224; &#233;couter le mouvement populaire ha&#239;tien qui, tout en d&#233;non&#231;ant la militarisation de leur soci&#233;t&#233;, lutte contre la criminalisation du politique orchestr&#233;e par le mouvement lavalas depuis dix ans et tente de proposer de r&#233;elles alternatives socio&#233;conomiques permettant un d&#233;veloppement d&#233;mocratique et progressiste pour Ha&#239;ti.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois L'&#201;cuyer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charg&#233; de projets pour l'Afrique et Ha&#239;ti &#224; Alternatives&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Douche froide &#224; Soweto</title>
		<link>https://www.ababord.org/Douche-froide-a-Soweto</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Douche-froide-a-Soweto</guid>
		<dc:date>2008-07-23T20:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois L'&#201;cuyer</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) </dc:subject>
		<dc:subject>Afrique sub-saharienne</dc:subject>
		<dc:subject>L'&#201;cuyer, Fran&#231;ois</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; quelques jours de l'ouverture du Sommet mondial sur le d&#233;veloppement durable l'an dernier, les r&#233;sidants d'Orange Farm &#8211; un bidonville comptant 1,5 million d'habitants &#224; 60 km au sud de Johannesburg &#8211; ont pu go&#251;ter aux politiques &#171; durables &#187; en mati&#232;re de distribution d'eau potable du gouvernement sud-africain. La Johannesburg Water Company (JOWCO) entreprenait son projet pilote : installer des compteurs d'eau pr&#233;-pay&#233;e pour les citoyens de l'un des quartiers, Drieziek. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sauvons l'eau : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-eau-c-est-politique-" rel="directory"&gt;Dossier : L'eau, c'est politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Privatisation-et-partenariats-+" rel="tag"&gt;Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Afrique-sub-saharienne-+" rel="tag"&gt;Afrique sub-saharienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-L-Ecuyer-Francois-+" rel="tag"&gt;L'&#201;cuyer, Fran&#231;ois&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; quelques jours de l'ouverture du Sommet mondial sur le d&#233;veloppement durable l'an dernier, les r&#233;sidants d'Orange Farm &#8211; un bidonville comptant 1,5 million d'habitants &#224; 60 km au sud de Johannesburg &#8211; ont pu go&#251;ter aux politiques &#171; durables &#187; en mati&#232;re de distribution d'eau potable du gouvernement sud-africain. La Johannesburg Water Company (JOWCO) entreprenait son projet pilote : installer des compteurs d'eau pr&#233;-pay&#233;e pour les citoyens de l'un des quartiers, Drieziek.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sauvons l'eau : coupons la !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un an plus tard, la compagnie lance &#224; Soweto l'&lt;i&gt;Operation Gcin'Amanzi&lt;/i&gt; (Op&#233;ration sauvons l'eau). N'ayant pu mener &#224; terme l'installation de compteurs pr&#233;-pay&#233;s pour l'ensemble d'Orange Farm suite &#224; la r&#233;sistance active des r&#233;sidants, JOWCO r&#233;cidive avec un nouveau projet pilote pour le quartier Phiri &#224; Soweto. &#192; moins d'une r&#233;sistance soutenue, plus de 3 millions de citoyens verront les compteurs s'installer aux murs de leurs demeures pour le 10i&#232;me anniversaire du &#171; miracle d&#233;mocratique &#187; sud-africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Membre du Orange Farm Water Crisis Committee (OWCC) qui organisa la lutte l'an dernier, Bricks Mokolo nous explique : &#171; &lt;i&gt;Nous avons d&#251; lutter contre la d&#233;sinformation afin de mobiliser la population aux dangers de ces compteurs. Notre conseiller municipal&lt;/i&gt; [de l'ANC, au pouvoir depuis 1994] &lt;i&gt;et sa clique nous faisaient croire que l'eau serait &#171; pr&#233;-pay&#233;e &#187;, donc d&#233;j&#224; pay&#233;e par le gouvernement ! Et quand les techniciens de JOWCO sont venus installer les compteurs, ils ont aussi menti &#224; la population, leur disant qu'ils venaient installer&#8230; des &#233;go&#251;ts !&lt;/i&gt; &#187; La r&#233;alit&#233; ? Les citoyens doivent payer leur eau &#224; l'avance, un peu comme les unit&#233;s d'une carte d'appel. Lorsque le montant est &#233;puis&#233;, l'eau ne coule plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population de Soweto n'a pas attendu la fin du projet pilote pour s'y opposer. D&#232;s les premiers jours des travaux, les ouvriers charg&#233;s de l'installation des compteurs durent &#234;tre accompagn&#233;s des inf&#226;mes Red Ants afin de pouvoir travailler (compagnie de s&#233;curit&#233; priv&#233;e, arm&#233;e, connue par leurs habits et casques rouges, que la ville appelle aussi pour s'occuper des &#233;victions). La population, support&#233;e par le Anti-Privatisation Forum (APF, une coalition d'une vingtaine de mouvements populaires comprenant le OWCC), s'est physiquement oppos&#233;e aux travaux. Les graffitis ornent maintenant les murs du township : &#171; &lt;i&gt;No money &#8211; No Water &#8211; No Life&lt;/i&gt; &#187;, ou encore &#171; &lt;i&gt;Destroy the Meter &#8211; and Enjoy Free Water&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de quinze personnes furent arr&#234;t&#233;es d&#232;s la premi&#232;re semaine des travaux pour &#171; dommages &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#187;, dont certaines furent emprisonn&#233;es pendant plusieurs jours. JOWCO peut &#233;galement compter sur la bonne collaboration de la Cour qui, &#224; la demande de la compagnie, ordonna une interdiction contre tout citoyen s'opposant &#224; l'op&#233;ration de s'approcher &#224; moins de 50 m&#232;tres des travaux. Toute r&#233;union critique de l'op&#233;ration est &#233;galement devenue ill&#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le Water Services Act exprime clairement que tout changement du syst&#232;me d'approvisionnement d'eau doit &#234;tre effectu&#233; apr&#232;s avoir consult&#233; la population. Jamais n'avons-nous &#233;t&#233; consult&#233;, et si nous voulons aujourd'hui en discuter, nous devenons criminels pour bris d'une interdiction de la Cour !&lt;/i&gt; &#187;, s'insurge Molefi Ndlovu, un membre de l'APF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maire de Johannesburg conviait pourtant la population pour faire le point sur l'Op&#233;ration. Mais les &#171; trouble-f&#234;te de l'APF &#187; pr&#233;sents furent renvoy&#233;s de la salle avec violence par les forces polici&#232;res. Le maire put ainsi vanter sa politique de 6 000 litres d'eau gratuits par mois par r&#233;sidence &#8211; accessibles seulement quand les compteurs seront install&#233;s et que les arri&#233;r&#233;s de paiement, une somme s'&#233;levant souvent &#224; quelques milliers de dollars, seront r&#233;gl&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Dale McKinley, responsable des communications &#224; l'APF, tout ceci n'est que foutaises. &#171; Depuis l'augmentation des tarifs qui a suivi la privatisation de l'eau, de plus en plus de gens sont dans l'incapacit&#233; de payer leurs comptes, surtout &#224; Soweto o&#249; le taux de sans-emploi d&#233;passe les 60 %. Il &#233;tait devenu tr&#232;s dispendieux pour la compagnie d'envoyer des &#233;quipes pour d&#233;brancher chaque r&#233;sidence en difficult&#233; de paiement. Avec ces nouveaux compteurs pr&#233;-pay&#233;s, on assiste &#224; une situation d'auto-r&#233;gulation : les pauvres, incapables de payer, se coupent d'eux-m&#234;mes ! &#187;. Depuis la vague de privatisation des services d'eau publique entreprise par l'ANC en 1994, plus de 13 millions de personnes ont perdu leur acc&#232;s &#224; l'eau potable en Afrique du Sud, soit plus du quart de la population (&lt;a href=&#034;http://www.queensu.ca/msp&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.queensu.ca/msp&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville demeure pourtant enti&#232;rement propri&#233;taire de la compagnie qu'elle a cr&#233;&#233; en janvier 2001, afin de s'ajuster &#224; la politique nationale de d&#233;veloppement &#233;conomique, le GEAR (Growth, Employment and Redistribution, dont le NEPAD est malheureusement la copie conforme) qui met de l'avant orthodoxie fiscale et financi&#232;re, d&#233;r&#233;gulation des march&#233;s et partenariats public-priv&#233;. Un mois apr&#232;s sa cr&#233;ation, la nouvelle compagnie cong&#233;diait les travailleurs municipaux et donnait &#224; une filiale de la Suez-Lyonnaise un contrat de cinq ans s'appliquant &#224; la distribution, la facturation et l'entretien du syst&#232;me d'eau du grand Johannesburg m&#233;tropolitain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre de l'eau en Afrique du Sud se poursuit depuis plusieurs ann&#233;es. En 2000, les d&#233;connexions massives effectu&#233;es dans la province du KwaZulu-Natal ont forc&#233; les r&#233;sidants &#224; s'approvisionner &#224; m&#234;me les rivi&#232;res &#8211; m&#234;me les &#233;coles furent coup&#233;es. L'Afrique du Sud connut la pire &#233;pid&#233;mie de chol&#233;ra de son histoire : plus de 300 morts et 120 000 personnes infect&#233;es. &#192; l'automne dernier, une autre &#233;pid&#233;mie &#233;clatait dans le Eastern Cape, faisant encore plusieurs morts. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s du Sommet sur le d&#233;veloppement durable, apr&#232;s s'&#234;tre entendus sur la n&#233;cessit&#233; de faire appel au secteur priv&#233; pour d&#233;livrer l'eau potable aux populations pauvres du Sud, venaient &#224; peine de quitter le pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois L'&#201;cuyer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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