<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_mot=290&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Le mouvement communautaire dans les mailles des regroupements</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-mouvement-communautaire-dans</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-mouvement-communautaire-dans</guid>
		<dc:date>2008-07-16T16:25:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bertrand Loiselle</dc:creator>


		<dc:subject>Loiselle, Bertrand</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le mouvement d'action communautaire autonome, compos&#233; &#224; la base de militantes et de militants, a puissamment contribu&#233; aux avanc&#233;es sociales des quarante derni&#232;res ann&#233;es au Qu&#233;bec. Bien que son apport demeure encore largement sous-estim&#233;, ce mouvement est sans conteste l'un des acteurs sociaux les plus importants et parmi les plus progressistes du Qu&#233;bec. Mais selon Bertrand Loiselle, celui-ci ferait aujourd'hui bien mauvaise figure : les groupes lorgnant de plus en plus vers la prestation (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-09-avril-mai-2005-" rel="directory"&gt;No 009 - avril / mai 2005&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Loiselle-Bertrand-+" rel="tag"&gt;Loiselle, Bertrand&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le mouvement d'action communautaire autonome, compos&#233; &#224; la base de militantes et de militants, a puissamment contribu&#233; aux avanc&#233;es sociales des quarante derni&#232;res ann&#233;es au Qu&#233;bec. Bien que son apport demeure encore largement sous-estim&#233;, ce mouvement est sans conteste l'un des acteurs sociaux les plus importants et parmi les plus progressistes du Qu&#233;bec. Mais selon Bertrand Loiselle, celui-ci ferait aujourd'hui bien mauvaise figure : les groupes lorgnant de plus en plus vers la prestation de services, et ce, au d&#233;triment de leur mission de transformation sociale. Point de vue d'un militant sur les causes de ce glissement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les groupes communautaires autonomes sont des lieux d&#233;mocratiques d'aide, d'&#233;change, d'&#233;ducation et de luttes. Selon les besoins, les champs d'int&#233;r&#234;t, la conjoncture et l'endroit, ils ont pris une place importante dans une panoplie de secteurs. Aujourd'hui par contre, on d&#233;plore le glissement des groupes communautaires vers la simple prestation de services. Le capitalisme a beau g&#233;n&#233;rer de plus en plus d'in&#233;galit&#233;s, le mouvement communautaire s'&#233;loigne de sa &#171; mission de transformation sociale &#187;, les services prenant le dessus sur l'&#233;ducation populaire, les revendications et la mobilisation. Les raisons de ce glissement sont multiples. Au nombre de celles-ci : la lourde et opaque toile des regroupements communautaires autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le des instances politiques dans les organisations de masse (&#233;tudiantes, syndicales, communautaires, etc.) est au c&#339;ur de l'appr&#233;ciation qu'on porte sur un mouvement. L&#224; comme ailleurs, on nous dira que les associations appartiennent &#224; leurs membres et qu'on ne peut aller plus loin que ce qu'ils d&#233;sirent&#8230; Mais encore faut-il se rendre jusque-l&#224; ! C'est l&#224; un constat s&#233;v&#232;re, certes, mais l'immobilisme actuel des regroupements communautaires fait partie des probl&#232;mes que vivent les groupes communautaires autonomes qui ont perdu le contr&#244;le d&#233;mocratique de leurs instances.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deux cent cinquante regroupements&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y aurait environ 250 regroupements pour 4 000 groupes. &#192; ce nombre extraordinairement &#233;lev&#233; s'additionnent des f&#233;d&#233;rations de secteurs, des supra-regroupements, des coalitions ad hoc et des mouvements nationaux de tout ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue acad&#233;mique, on ne trouve ni livre ni document, ni m&#234;me personne qui puisse pr&#233;senter ad&#233;quatement le portrait du mouvement communautaire. Trop compliqu&#233;... Dans le milieu, on se gargarise souvent que la force du mouvement repose sur sa diversit&#233;. Peut-&#234;tre, mais si on s'amuse &#224; trouver plus de diff&#233;rences entre les groupes que de points communs, on met le pied dans un gigantesque pi&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est fr&#233;quent que des groupes soient officiellement repr&#233;sent&#233;s par plusieurs regroupements dans les m&#234;mes instances avec des mandats diff&#233;rents&#8230; Cela pose de s&#233;rieux probl&#232;mes d&#233;mocratiques : l&#233;gitimit&#233; des mandats, confusion pour les groupes de base et immobilisme in&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#234;me veine, il est consternant d'apprendre que les porte-parole du mouvement ne sont pas &#233;lues, sauf &#224; de tr&#232;s rares exceptions. Ces personnes sont, la plupart du temps, des employ&#233;es de conseils d'administration, lesquels sont eux-m&#234;mes compos&#233;s de salari&#233;es de regroupements&#8230; C'est ainsi que de nombreuses t&#234;tes dirigeantes sont en poste depuis 10 ou 15 ans, et m&#234;me plus. Un vaste mouvement, un bien petit milieu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; tribord la critique et la contestation !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une situation symptomatique s'est d&#233;velopp&#233;e depuis les sept ou huit derni&#232;res ann&#233;es. Avec l'arriv&#233;e du courrier &#233;lectronique, les groupes communautaires sont inond&#233;s quotidiennement de rapports, de comptes rendus et de revues de presse. Le c&#244;t&#233; malsain de cette situation est qu'on a l'impression d'&#234;tre bien inform&#233;. Jamais quantit&#233; et qualit&#233; n'ont cependant &#233;t&#233; aussi dissoci&#233;es. On a beau chercher, fouiller et gratter, les analyses, perspectives et mots d'ordre dignes de ce nom se font rares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tout ce que publient les regroupements, on est avare d'analyse politique. Comment se porte v&#233;ritablement notre cause sectorielle ? Quel est le contexte global dans lequel elle se situe ? Peut-on faire des liens entre notre cause et d'autres ? Des textes aseptis&#233;s. Pour un mouvement compos&#233; &#224; 80 % de femmes, le mot patriarcat semble oubli&#233; et le mot capitalisme, aboli du dictionnaire&#8230; &#192; part les mentions galvaud&#233;es du terme mondialisation, on parle rarement en termes clairs et revendicatifs des conditions de vie de la population et des moyens de l'am&#233;liorer. On semble oublier que faute de critiquer le syst&#232;me, on le reproduit&#8230; Ce manque de contestation nous rend de plus en plus frileux avec les politiciens. Affirmer clairement et fermement nos revendications semble d&#233;sormais tenir de la manifestation radicale !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une absence de solidarit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; fait cruellement d&#233;faut entre les regroupements. On est plut&#244;t en pr&#233;sence d'un corporatisme fermement ancr&#233;. Pour cacher le manque de solidarit&#233;, on se convainc mutuellement que les gains des uns n'enl&#232;vent rien aux autres. Pourtant, dans la r&#233;alit&#233;, la reconnaissance et le financement des groupes communautaires varient consid&#233;rablement selon les secteurs ainsi qu'entre les groupes de Montr&#233;al (o&#249; sont concentr&#233;s les regroupements et la majorit&#233; de leurs membres) et ceux du reste du Qu&#233;bec. Que fait-on donc de la cause globale de l'autonomie et du d&#233;veloppement des groupes communautaires autonomes ? L'exemple des groupes en environnement est triste &#224; cet &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun de leur c&#244;t&#233;, les regroupements tentent de n&#233;gocier un meilleur financement pour leurs membres. On entend plusieurs d'entre eux affirmer qu'il ne &#171; faut pas cracher dans la main qui nous nourrit &#187;. Quelles concessions fait-on ainsi sur l'autonomie ? Quelles seront les cons&#233;quences pour les autres secteurs ? Tabou ! Dans les faits, les regroupements se posent en concurrents les uns par rapport aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;ternelles tergiversations des regroupements &#224; propos de la politique gouvernementale de reconnaissance de l'action communautaire (adopt&#233;e par le Qu&#233;bec en 2001) et de sa mise en &#339;uvre sont tr&#232;s r&#233;v&#233;latrices quant au manque de solidarit&#233; et&#8230; de coh&#233;rence. On revendique une politique de l'action communautaire autonome, mais dans les faits, on h&#233;site &#224; v&#233;ritablement d&#233;fendre l'action communautaire autonome, comme on le voit dans les diff&#233;rentes n&#233;gociations actuelles avec le minist&#232;re de la Sant&#233; et des Services sociaux et le Secr&#233;tariat &#224; l'action communautaire autonome (c'est quand m&#234;me rigolo que le Secr&#233;tariat porte le mot autonome dans son nom !). Si les gains des uns n'enl&#232;vent rien aux autres, alors pourquoi alors &#234;tre regroup&#233;s ? &#192; chacun son dossier, &#224; chacun sa cause ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;nergies des regroupements ne sont pas investies dans les causes communes. &#199;a cr&#232;ve les yeux : R&#233;seau de Vigilance, Comit&#233; aviseur de l'action communautaire autonome, appels pour lutter contre la loi 57, etc. Autant d'occasions o&#249; leur participation active fait d&#233;faut.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le gouvernement s'appr&#234;te &#224; privatiser le droit associatif (cadre l&#233;gal des OBNL) : profitons de l'occasion pour mener une vaste campagne publique, nationale et unitaire en faveur de l'action communautaire autonome. Il y a beaucoup &#224; faire pour valoriser la vie associative, les valeurs d&#233;mocratiques, les pratiques novatrices, l'&#233;ducation populaire et tout ce que repr&#233;sente l'action communautaire autonome. Un tel geste des regroupements serait plus que bienvenu !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le refus de mobiliser&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le moins qu'on puisse dire, c'est que la mobilisation est la hantise des permanences de regroupements. Leur conception du rapport de force est bien &#233;trange. Dans cette jungle mercantile, qui peut soutenir sans rire que des repr&#233;sentations aupr&#232;s des gouvernements, de quelque nature que ce soit, peuvent donner des r&#233;sultats sans un r&#233;el rapport de force ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement communautaire a-t-il un poids &#233;conomique ? Peut-il faire des gr&#232;ves ? A-t-il les moyens de payer de vastes campagnes publicitaires ? A-t-il les moyens et les contacts pour concurrencer le lobby des organisations plus imposantes ? Croit-on que la seule justesse de nos arguments puisse v&#233;ritablement marquer des points ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force du communautaire est le nombre, son ancrage, sa solidarit&#233; (potentielle !). Alors, toutes les manifestations de cette solidarit&#233; doivent &#234;tre encourag&#233;es. Il faut s'afficher en gang, se faire voir et entendre. Le probl&#232;me, c'est qu'on refuse de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, la mobilisation ne peut pas &#234;tre l'affaire que des seules permanences des regroupements. Ceux-ci ont des centaines de permanents politiques qui travaillent dans le centre-ville de Montr&#233;al, mais il ne s'en trouve qu'une toute petite poign&#233;e pour participer aux appels &#224; tenir un comit&#233; d'accueil lorsque Jean Charest se pr&#233;sente &#224; un d&#238;ner de la Chambre de commerce. Les groupes sont de moins en moins militants et il y a de moins en moins de militantes et de militants dans les groupes. Le mauvais exemple vient peut-&#234;tre d'en haut !&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a quelques exceptions, notamment celle du Front d'action populaire en r&#233;am&#233;nagement urbain (FRAPRU). Ce qui est frappant avec le FRAPRU, c'est qu'il s'agit d'un des plus petits des 250 regroupements, avec moins de trente organismes membres. Pourtant, c'est de lui dont on entend le plus parler !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vite le r&#233;veil !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la conjoncture perp&#233;tuellement difficile &#8211; ou &#224; cause d'elle &#8211;, il est imp&#233;ratif qu'un v&#233;ritable d&#233;bat se produise sur l'organisation politique des groupes communautaires autonomes. On ne peut plus faire l'&#233;conomie de cette r&#233;flexion. Une des pistes de solutions r&#233;side peut-&#234;tre dans l'union sur des bases politiques , nationales et unitaires de groupes communautaires. Une proposition circule &#224; cet effet depuis l'automne 2003 &#224; la suite de discussions de la part de groupes de la Mont&#233;r&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les regroupements doivent se secouer les puces. Nous avons besoin d'un v&#233;ritable mouvement communautaire autonome, qui analyse, qui propose, qui bouge, enfin qui assume v&#233;ritablement son mandat de transformation sociale. Le mouvement communautaire doit sortir de sa torpeur et devenir une force importante dans le discours social au Qu&#233;bec. C'est le r&#244;le des regroupements de r&#233;veiller les troupes et de mettre des perspectives de l'avant. Les derni&#232;res ann&#233;es ont d&#233;montr&#233; que les mots d'ordre clairs et soutenus en faveur des droits sociaux pouvaient fortement rallier. Encore faut-il donner le signal !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vite que sonne le r&#233;veil !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Bertrand Loiselle&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
