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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Mesures sanitaires ou contr&#244;le des corps ?</title>
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		<dc:date>2023-06-29T15:21:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sibel Ataogul</dc:creator>


		<dc:subject>Ataogul, Sibel </dc:subject>
		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La volont&#233; des gouvernements d'imposer la vaccination obligatoire aux fonctionnaires ou aux travailleur&#183;euse&#183;s t&#233;moigne de leur penchant pour une strat&#233;gie de gestion de crise bas&#233;e sur le contr&#244;le. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'approche des 20 mois de la pand&#233;mie, deux constats majeurs s'imposent. Tout d'abord, notre syst&#232;me de sant&#233; est en train de s'&#233;crouler et la pand&#233;mie n'en est pas la cause premi&#232;re. Deuxi&#232;mement, les travailleur&#183;euse&#183;s de premi&#232;re ligne jouent non seulement un r&#244;le essentiel dans la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-90-decembre-2021-" rel="directory"&gt;No 090 - d&#233;cembre 2021&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/2234.png?1688051918' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;782&#034; height=&#034;626&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La volont&#233; des gouvernements d'imposer la vaccination obligatoire aux fonctionnaires ou aux travailleur&#183;euse&#183;s t&#233;moigne de leur penchant pour une strat&#233;gie de gestion de crise bas&#233;e sur le contr&#244;le.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'approche des 20 mois de la pand&#233;mie, deux constats majeurs s'imposent. Tout d'abord, notre syst&#232;me de sant&#233; est en train de s'&#233;crouler et la pand&#233;mie n'en est pas la cause premi&#232;re. Deuxi&#232;mement, les travailleur&#183;euse&#183;s de premi&#232;re ligne jouent non seulement un r&#244;le essentiel dans la protection de la sant&#233; publique, mais &#233;galement dans la survie de l'&#233;conomie capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse premi&#232;re du gouvernement Legault &#224; la pand&#233;mie fut d'atermoyer des prises de d&#233;cisions cruciales (port du masque, reconnaissance de la contagiosit&#233; des malades asymptomatiques et de la contagion par a&#233;rosols, tests rapides) qui auraient pu et pourraient encore sauver des vies. Puis, &#224; l'instar du gouvernement f&#233;d&#233;ral et d'autres &#201;tats &#224; travers la plan&#232;te, il a mis&#233; sur des mesures r&#233;pressives jug&#233;es n&#233;cessaires pour enrayer la situation d'urgence. Maintenant que la situation se p&#233;rennise, la CAQ continue &#224; d&#233;cr&#233;ter des mesures coercitives sans par ailleurs op&#233;rer de r&#233;forme en profondeur pour refinancer ad&#233;quatement le syst&#232;me de sant&#233; et mieux l'outiller dans sa mission d'assurer la sant&#233; des Qu&#233;b&#233;cois&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tout miser sur la vaccination&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La mesure permanente principale dans la lutte contre la pand&#233;mie est donc l'introduction des vaccins anti-COVID-19, d&#233;velopp&#233;s &#224; une vitesse fulgurante. Notons que ces vaccins sont &#233;valu&#233;s par Sant&#233; Canada, qui confirme avoir &#171; &lt;em&gt;consacr&#233; plus de ressources scientifiques &#224; ces examens pour qu'ils puissent &#234;tre faits plus rapidement, mais sans n&#233;gligence&lt;/em&gt; &#187;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va sans dire que ces vaccins ont g&#233;n&#233;r&#233; des profits records pour certaines compagnies pharmaceutiques. Selon le journal britannique, Pfizer et BioNTech, qui ont d&#233;velopp&#233; ensemble le vaccin le plus connu, partageront, uniquement en 2021, des revenus potentiels de 40 milliards de dollars en ventes. Moderna, une autre compagnie ayant d&#233;velopp&#233; un vaccin semblable, pr&#233;voit atteindre 26 milliards en vente en 2021. Il faut noter que d'autres compagnies, comme AstraZeneca et Johnson &amp; Johnson, ont promis de fournir les vaccins sans faire de profits jusqu'&#224; la fin de la pand&#233;mie. Cela &#233;tant, puisque la vaccination massive et r&#233;currente contre la COVID-19 deviendra la norme pour les prochaines ann&#233;es, ces compagnies en b&#233;n&#233;ficieront tout de m&#234;me bient&#244;t. La vaccination a tout d'abord &#233;t&#233; promue comme une mesure volontaire qui pourrait enrayer la pand&#233;mie si un certain pourcentage de la population acceptait de s'y soumettre. Selon la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la sant&#233; publique du Canada, si 80 % des personnes qui se qualifiaient se faisaient vacciner, nous devrions atteindre l'immunit&#233; collective. Cette cible a &#233;t&#233; largement atteinte. Or, avec l'arriv&#233;e des nouveaux variants et l'efficacit&#233; incertaine (quoiqu'encourageante) des vaccins quant &#224; la transmission, l'administratrice en chef maintient maintenant qu'il faut aller bien plus loin. Aux derni&#232;res nouvelles, Theresa Tam parlait d'un taux de 80 &#1642;. Au moment d'&#233;crire ces lignes, 84 % des Canadien&#183;ne&#183;s de 12 ans et plus &#233;taient enti&#232;rement vaccin&#233;&#183;e&#183;s. Si on s'int&#233;resse plut&#244;t &#224; la population totale, le taux de vaccination est de 74 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu ces exigences, la pand&#233;mie a &#233;t&#233; l'occasion pour les employeurs de s'immiscer d'une mani&#232;re sans pr&#233;c&#233;dent dans la vie priv&#233;e des travailleur&#183;euse&#183;s, surtout dans le secteur public. Le 6 octobre 2021, le gouvernement du Canada a annonc&#233; la vaccination obligatoire pour tou&#183;te&#183;s les salari&#233;&#183;e&#183;s du secteur public, et ce, peu importe le domaine. Il a aussi &#233;mis la m&#234;me directive pour les secteurs des transports sous r&#233;glementation f&#233;d&#233;rale (a&#233;rien, maritime et ferroviaire). En vertu de la nouvelle politique, ceux et celles qui refusent de divulguer leur statut vaccinal ou d'&#234;tre enti&#232;rement vaccin&#233;&#183;e&#183;s ont &#233;t&#233; mis&#183;es en cong&#233; administratif sans solde le 15 novembre 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au gouvernement du Qu&#233;bec, il a &#233;galement annonc&#233;, le 24 septembre 2021, la vaccination obligatoire pour tou&#183;te&#183;s les intervenant&#183;e&#183;s de la sant&#233; et des services sociaux. Cette cat&#233;gorie est somme toute tr&#232;s large, selon le gouvernement : &#171; &lt;em&gt;Les intervenants concern&#233;s par cette obligation sont ceux, r&#233;mun&#233;r&#233;s ou non, qui ont des contacts directs avec les usagers, ainsi que les personnes qui sont en contact avec ces intervenants (p. ex. : partage des aires communes comme la caf&#233;t&#233;ria, les ascenseurs, etc.&lt;/em&gt;) &#187;, et ce, dans toutes sortes d'&#233;tablissements allant des CLSC aux centres de protection de l'enfance, en passant par les r&#233;sidences priv&#233;es pour a&#238;n&#233;&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon cette mesure, le personnel en question devait produire une preuve de vaccination compl&#232;te ou &#234;tre mis en cong&#233; sans solde au plus tard le 30 octobre 2021. Or, vu le manque de personnel dans le syst&#232;me de la sant&#233; et la r&#233;sistance continue de plusieurs milliers de travailleuses et travailleurs &#224; se faire doublement vacciner (environ 22 000), le gouvernement de la CAQ a d&#251; reculer &#224; la mi-octobre et reporter l'&#233;ch&#233;ance au 15 novembre. [NDLR : Au d&#233;but du mois de novembre, le gouvernement Legault a finalement abandonn&#233; cette mesure. Depuis la mi-octobre, les travailleur&#183;euse&#183;s non ad&#233;quatement vaccin&#233;&#183;e&#183;s doivent se soumettre &#224; trois d&#233;pistages par semaine.] L'exigence vaccinale a par ailleurs &#233;t&#233; contest&#233;e dans le cadre d'une demande urgente par certain&#183;e&#183;s travailleur&#183;euse&#183;s (m&#233;decins, infirmi&#232;res, inhaloth&#233;rapeutes, etc.) qui plaident qu'en plus de violer leurs droits fondamentaux, l'imposition vaccinale m&#232;nerait &#224; des bris de service catastrophiques dans le r&#233;seau. [NDLR : La Cour sup&#233;rieure a toutefois tranch&#233; en leur d&#233;faveur.]&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Contr&#244;ler les corps, restreindre les droits&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re plus large, jusqu'&#224; maintenant, le d&#233;bat est pr&#233;sent&#233; dans les m&#233;dias de masse comme &#233;tant un bras de fer entre un gouvernement raisonnable et raisonn&#233; qui g&#232;re la pand&#233;mie du mieux qu'il peut et une minorit&#233; de conspirationnistes d&#233;lirant&#183;e&#183;s qui sont contre la science. Or, au-del&#224; des oppositions id&#233;ologiques &#224; la vaccination, qui sont effectivement parfois bas&#233;es sur la d&#233;sinformation, un d&#233;bat plus s&#233;rieux se dessine sur le contr&#244;le des corps des salari&#233;&#183;e&#183;s par les employeurs. Dans les derni&#232;res d&#233;cennies, les employeurs, surtout dans des secteurs consid&#233;r&#233;s n&#233;vralgiques comme les industries lourdes, l'aviation et le secteur de la sant&#233;, multiplient les incursions visant &#224; contr&#244;ler la sant&#233; des salari&#233;&#183;e&#183;s, sans pour autant leur offrir des conditions de travail qui contribueraient &#224; leur bien-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, la vaccination obligatoire au travail touche plusieurs droits fondamentaux, dont notamment le droit &#224; la vie priv&#233;e, le droit &#224; l'&#233;galit&#233; et le droit la libert&#233; d'expression. Par exemple, en for&#231;ant les salari&#233;&#183;e&#183;s &#224; d&#233;voiler leur statut de vaccination, l'employeur viole &#224; premi&#232;re vue le droit &#224; la vie priv&#233;e. Or, cette violation peut &#234;tre justifi&#233;e dans le cadre d'une soci&#233;t&#233; libre et d&#233;mocratique, selon les particularit&#233;s de chaque cas. Le test historiquement appliqu&#233; nous vient de l'arr&#234;t de la Cour supr&#234;me, qui force l'employeur (ou l'&#201;tat-employeur) &#224; d&#233;montrer un objectif r&#233;el et urgent ainsi qu'un lien rationnel entre cet objectif et la mesure en question. Il doit aussi d&#233;montrer que l'atteinte caus&#233;e par la mesure sera minimale. Il faut enfin que l'employeur prouve que les b&#233;n&#233;fices de la mesure d&#233;passent les inconv&#233;nients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre d'une pand&#233;mie, il ne serait pas &#233;tonnant que les tribunaux soient plus enclins &#224; accepter la justification des violations. Or, dans le cas pr&#233;sent, les bris de service sont r&#233;els. Le gouvernement a d&#233;j&#224; d&#251; reculer deux fois. De plus, la province connait d&#233;j&#224;, sans cette mesure, une r&#233;duction des cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout porte toutefois &#224; croire que le gouvernement Legault, tout comme d'autres gouvernements n&#233;olib&#233;raux autour de la plan&#232;te, va continuer &#224; tabler sur ce genre de mesure. Cela, tout d'abord, parce qu'il est id&#233;ologiquement hostile au d&#233;veloppement et au maintien d'un syst&#232;me de sant&#233; public robuste. Ensuite, parce qu'il y a peu ou pas d'opposition contre ses &#233;lans r&#233;pressifs. La pand&#233;mie, tout comme d'autres crises sociales, est un ph&#233;nom&#232;ne qui rend la population tr&#232;s sensible aux discours de loi et d'ordre. Cela est d'autant plus vrai en l'absence d'une opposition sens&#233;e et solide qui, tout en acceptant les bienfaits d&#233;montr&#233;s de certaines mesures sanitaires, exigerait un d&#233;bat ouvert, d&#233;mocratique et nuanc&#233; sur les choix de soci&#233;t&#233;s qui guideront notre avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment, la situation demeure plus qu'incertaine. Il faudra suivre l'&#233;volution du virus et de ses variants pour y voir plus clair. Une chose demeure certaine : au m&#234;me titre que l'environnement, notre syst&#232;me de sant&#233; ne r&#233;sistera pas bien longtemps aux ravages du capitalisme. Un changement de cap dramatique s'impose. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette chronique est d&#233;di&#233;e &#224; ma grande amie et camarade, la professeure Laurence-L&#233;a Fontaine, qui, m&#234;me dans sa mort, me guide vers des d&#233;fis passionnants et valorisants en me laissant reprendre sa chronique chez &#192; b&#226;bord !. Repose en paix, ch&#232;re L&#233;a.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Sciences naturelles, classe de 3&#232; de Georges Bourreuil, 1963&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>La syndicalisation des travailleurs agricoles migrants</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-syndicalisation-des</link>
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		<dc:date>2011-09-18T17:47:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sibel Ataogul</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Ataogul, Sibel </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 16 avril 2010, la Commission des relations du travail a d&#233;clar&#233; que l'article 21(5) du Code du travail qui avait pour effet d'emp&#234;cher la syndicalisation dans le secteur des fermes mara&#238;ch&#232;res violait la libert&#233; d'association pr&#233;vue dans les Chartes cana&#173;dienne et qu&#233;b&#233;coise et &#233;tait donc inop&#233;rant. Cette d&#233;cision historique pourrait marquer le d&#233;but d'une nouvelle &#232;re pour les travailleurs et travailleuses dans ce domaine en leur permettant finalement de s'organiser et de revendiquer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-36-oct-nov-2010-" rel="directory"&gt;No 036 - oct. / nov. 2010&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ataogul-Sibel-+" rel="tag"&gt;Ataogul, Sibel &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 16 avril 2010, la Commission des relations du travail a d&#233;clar&#233; que l'article 21(5) du Code du travail qui avait pour effet d'emp&#234;cher la syndicalisation dans le secteur des fermes mara&#238;ch&#232;res violait la libert&#233; d'association pr&#233;vue dans les Chartes cana&#173;dienne et qu&#233;b&#233;coise et &#233;tait donc inop&#233;rant. Cette d&#233;cision historique pourrait marquer le d&#233;but d'une nouvelle &#232;re pour les travailleurs et travailleuses dans ce domaine en leur permettant finalement de s'organiser et de revendiquer l'am&#233;lioration de leurs conditions de travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; L'objet du litige : le droit d'association et de n&#233;gociation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que le Syndicat impliqu&#233; dans le dossier, les Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce, section locale 501, avait d&#233;pos&#233; une requ&#234;te en accr&#233;ditation pour repr&#233;senter les travailleurs migrants d'une ferme qu&#233;b&#233;coise en 2008. L'employeur, avec l'aide de FERME, un consortium d'employeurs qui r&#233;git, entre autres, le Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) &#224; travers lequel les travailleurs mexicains viennent travailler dans les champs qu&#233;b&#233;cois, a contest&#233; la requ&#234;te au motif que cette ferme n'employait pas trois salari&#233;s &#224; l'ann&#233;e longue au sens de l'article 21(5) du Code du travail du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le Syndicat a donc demand&#233; &#224; la Commission d'&#233;carter cet article en soumettant qu'il violait la libert&#233; d'association des travailleurs agricoles et, surtout, des travailleurs agricoles migrants. Le Syndicat a notamment plaid&#233; qu'en raison de la vuln&#233;rabilit&#233; des travailleurs agricoles migrants et du fait qu'ils &#233;taient compl&#232;tement &#233;cart&#233;s du processus de d&#233;termination de leurs conditions de travail, ils ne pouvaient n&#233;gocier collectivement sans le b&#233;n&#233;fice des dispositions du Code. Le gouvernement du Qu&#233;bec est intervenu dans le dossier afin de d&#233;fendre la disposition. Apr&#232;s un long d&#233;bat impliquant plus de 20 jours d'audition, de nombreux t&#233;moignages d'experts et un vaste expos&#233; quant aux conditions de vie et de travail des travailleurs agricoles migrants, la Commission a donn&#233; raison au syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant la d&#233;cision de la Commission, il appert plus que jamais que cette disposition adopt&#233;e dans les ann&#233;es 1960 et inchang&#233;e depuis les ann&#233;es 1970, n'aurait plus sa place dans le Code du travail. La Commission a elle-m&#234;me soulign&#233; &#224; cet effet que, malgr&#233; la pr&#233;tention des employeurs et du gouvernement que cette disposition avait &#233;t&#233; adopt&#233;e &#224; l'origine pour prot&#233;ger des petites fermes familiales, l'industrie agricole avait subi des transformations importantes dans les derni&#232;res d&#233;cennies et que cette disposition avait pour effet de viser &#233;galement des grandes fermes maintenant. La Commission a aussi not&#233; qu'il &#233;tait d'autant plus inacceptable de maintenir une telle exclusion consid&#233;rant que les employeurs dans ce secteur ont, quant &#224; eux, acc&#232;s &#224; des associations pour d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts comme FERME et l'UPA. D'ailleurs, il est important de noter que selon la Commission, il ressort du dossier qu'il n'y a aucun lien entre la syndicalisation et des cons&#233;quences n&#233;fastes pour les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La reconnaissance d'une longue et dure lutte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, des travailleurs mexicains, guat&#233;malt&#232;ques ainsi que de d'autres pays viennent travailler dans nos champs, dans des emplois que les citoyens et citoyennes ne semblent pas vouloir occuper en raison des conditions pr&#233;caires. Au lieu de discuter de ces conditions lamentables, les gouvernements pr&#233;f&#232;rent laisser les employeurs &#171; importer &#187; la main-d'&#339;uvre &#171; &#224; bon march&#233; &#187; de ces pays. En effet, la pr&#233;carit&#233; et les conditions de travail dans ce secteur furent soulign&#233;es par la Commission comme &#233;tant des facteurs militant en faveur de l'acc&#232;s pour ces travailleurs aux dispositions du Code du travail. La Commission a aussi soulign&#233; les probl&#232;mes particuliers auxquels font face les travailleurs migrants, tels la langue, l'isolement et la crainte de ne pas &#234;tre rappel&#233;s d'ann&#233;e en ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;cision suit la tendance jurisprudentielle des tribunaux depuis la d&#233;cision de la Cour supr&#234;me dans l'affaire &lt;i&gt;Health Services and Support &#8211; Facilities Subsector Bargaining Assn. c. Colombie-Britannique&lt;/i&gt;, 2007 CSC 27, [2007] 2 R.C.S. 391, qui avait &#233;largi la notion de libert&#233; d'association pr&#233;vu dans la Charte canadienne pour y inclure la notion de n&#233;gociation collective. Dans tous les cas, il est important de noter que ces d&#233;cisions n'ont pas cr&#233;&#233; le droit &#224; la n&#233;gociation collective, mais ont plut&#244;t reconnu la lutte historique men&#233;e par les travailleurs et travailleuses eux-m&#234;mes sur le terrain. Le gouvernement n'a pas encore pr&#233;cis&#233; s'il entend demander la r&#233;vision de cette d&#233;cision &#224; la Cour sup&#233;rieure. &#192; suivre&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un gain &#224; la Cour supr&#234;me</title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-gain-a-la-Cour-supreme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Un-gain-a-la-Cour-supreme</guid>
		<dc:date>2008-08-17T13:50:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sibel Ataogul</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Ataogul, Sibel </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le domaine des relations du travail, il est rare que les travailleurs enregistrent des gains importants devant les tribunaux. Devant un syst&#232;me judiciaire cr&#233;&#233; par la classe dirigeante et tributaire de son id&#233;ologie dominante, les travailleurs ne pourront jamais combattre &#224; armes &#233;gales avec les employeurs, qui m&#232;nent le jeu. Or, il arrive parfois que les droits individuels reconnus par la classe dirigeante produisent des effets pervers qui b&#233;n&#233;ficient aux travailleurs, ne serait-ce que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-23-fevrier-mars-2008-" rel="directory"&gt;No 023 - f&#233;vrier / mars 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ataogul-Sibel-+" rel="tag"&gt;Ataogul, Sibel &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le domaine des relations du travail, il est rare que les travailleurs enregistrent des gains importants devant les tribunaux. Devant un syst&#232;me judiciaire cr&#233;&#233; par la classe dirigeante et tributaire de son id&#233;ologie dominante, les travailleurs ne pourront jamais combattre &#224; armes &#233;gales avec les employeurs, qui m&#232;nent le jeu. Or, il arrive parfois que les droits individuels reconnus par la classe dirigeante produisent des effets pervers qui b&#233;n&#233;ficient aux travailleurs, ne serait-ce que de fa&#231;on mineure. Une d&#233;monstration &#233;loquente nous en est faite avec la d&#233;cision r&#233;cente de la Cour supr&#234;me dans l'affaire &lt;i&gt;Health Services and Support &#8211; Facilities Subsector Bargaining Assn. c. Colombie-Britannique&lt;/i&gt; (2007 CSC 27). Cette d&#233;cision a renvers&#233; la jurisprudence dominante en donnant une interpr&#233;tation plus large &#224; la notion de libert&#233; d'association. En outre, elle produit d&#233;j&#224; ses effets sur la l&#233;gislation antisyndicale adopt&#233;e par le gouvernement lib&#233;ral au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les idoles de Charest&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Health and Social Services Delivery Improvement Act&lt;/i&gt;, adopt&#233; par la Colombie-Britannique en 2002, &#233;tait une des premi&#232;res &#171; lois matraques &#187; des derni&#232;res ann&#233;es. Elle &#233;liminait plusieurs droits r&#233;sultant des conventions collectives en vigueur entre le gouvernement de cette province et les syndicats du secteur de la sant&#233;. La deuxi&#232;me partie de cette loi, adopt&#233;e sans v&#233;ritable consultation aupr&#232;s des syndicats, a modifi&#233; notamment les droits reli&#233;s aux mouvements de personnel, &#224; la sous-traitance, au statut des employ&#233;s contractuels, &#224; la s&#233;curit&#233; d'emploi, aux droits reli&#233;s &#224; la mise en disponibilit&#233; et &#224; la supplantation. Elle a invalid&#233; certaines parties des conventions collectives et &#233;galement interdit toute n&#233;gociation v&#233;ritable sur ces parties. De plus, l'article 10 de la deuxi&#232;me partie pr&#233;voyait que serait invalid&#233;e toute disposition d'une convention collective pr&#233;sente ou future qui serait incompatible avec les normes &#233;dict&#233;es par cette partie. En termes pratiques, le gouvernement s'est cach&#233; derri&#232;re la crise du syst&#232;me de la sant&#233; pour porter atteinte de mani&#232;re fondamentale aux droits des travailleurs dans ce secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats concern&#233;s ont contest&#233; la constitutionnalit&#233; de la deuxi&#232;me partie de cette loi en all&#233;guant qu'elle portait atteinte &#224; la libert&#233; d'association (article 2 d) et aux droits &#224; l'&#233;galit&#233; (a. 15) garantis par la &lt;i&gt;Charte canadienne des droits et libert&#233;s&lt;/i&gt; et n'&#233;tait pas valid&#233;e par l'application de l'article 1er de cette m&#234;me Charte qui pr&#233;voit qu'une loi peut &#234;tre maintenue en vigueur si, malgr&#233; la violation de la Charte, elle se justifie dans le cadre d'une soci&#233;t&#233; libre et d&#233;mocratique. Les tribunaux inf&#233;rieurs ont rejet&#233; l'all&#233;gation que cette loi violait l'article 2 &lt;i&gt;d)&lt;/i&gt; de la Charte en rappelant que la protection constitutionnelle accord&#233;e &#224; la libert&#233; d'association ne comprenait pas le droit &#224; la n&#233;gociation collective. Ils ont &#233;galement rejet&#233; l'all&#233;gation que cette loi violait l'article 15 de la Charte puisque selon eux les &#171; &lt;i&gt;d&#233;savantages impos&#233;s aux travailleurs de la sant&#233; par l'entr&#233;e en vigueur de cette loi se rattachent &#224; leur r&#244;le en tant que travailleurs en sant&#233; dans le cadre d'un r&#233;gime pr&#233;cis des relations de travail, sans mettre en jeu leurs caract&#233;ristiques personnelles, ni les motifs &#233;num&#233;r&#233;s ou analogues de discrimination, ni leur dignit&#233;&lt;/i&gt; &#187; (par. 18 du jugement de la CSC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre le raisonnement des tribunaux inf&#233;rieurs, il faut savoir que la Cour supr&#234;me du Canada avait toujours soutenu que la notion de libert&#233; d'association pr&#233;vue &#224; l'article 2 &lt;i&gt;d)&lt;/i&gt; de la Charte canadienne ne comprenait pas le droit &#224; la n&#233;gociation collective, qui est pourtant le but le plus important de l'exercice du droit d'association dans le domaine des relations du travail. Cette conclusion permettait ainsi aux gouvernements de l&#233;gif&#233;rer &#224; leur guise dans la structure des r&#233;gimes de n&#233;gociation collective, sans se soucier de l'impact sur les droits des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Cour supr&#234;me du Canada se retourne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Or, de fa&#231;on tout &#224; fait inattendue, dans la cause &lt;i&gt;B.C. Health Services&lt;/i&gt;, la Cour supr&#234;me a &#233;dict&#233; clairement que la libert&#233; d'association comprenait le droit proc&#233;dural de n&#233;gocier collectivement. Cette conclusion est tr&#232;s importante, car elle renverse la jurisprudence ant&#233;rieure de la Cour, exprim&#233;e dans une trilogie tr&#232;s connue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Renvoi relatif &#224; la Public Service Employee Relations Act (Alb.), [1987] 1 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui affirmait que la libert&#233; d'association ne comprenait pas le volet de la n&#233;gociation collective. La cons&#233;quence pratique de cette trilogie faisait en sorte que les lois adopt&#233;es &#224; l'encontre des droits statutaires de n&#233;gociation ne pouvaient pas &#234;tre invalid&#233;es, puisque ces droits ne b&#233;n&#233;ficiaient pas d'une protection constitutionnelle. Bref, sur le plan juridique, rien n'emp&#234;chait les gouvernements de d&#233;molir d'un geste les gains acquis &#224; la suite de longues luttes syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette d&#233;cision, la Cour affirme dans un premier temps que les motifs avanc&#233;s dans les d&#233;cisions ant&#233;rieures pour nier la protection constitutionnelle au droit &#224; la n&#233;gociation collective ne r&#233;sistent pas &#224; un examen bas&#233; sur les principes pertinents et devraient &#234;tre &#233;cart&#233;s. Dans ses d&#233;cisions ant&#233;rieures, la Cour avait affirm&#233; que la n&#233;gociation collective &#233;tait une cr&#233;ation statutaire qui n'&#233;tait pas inh&#233;rente en soi &#224; la libert&#233; d'association. Elle avait &#233;galement &#233;dict&#233; que la Charte prot&#233;geait uniquement les droits individuels et puisque la n&#233;gociation collective existait uniquement en tant que droit collectif, la protection de la Charte ne la visait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la Cour, contrairement &#224; ce qui est all&#233;gu&#233; dans les d&#233;cisions pr&#233;c&#233;dentes, la n&#233;gociation collective ne repr&#233;sente pas une &#339;uvre r&#233;cente du l&#233;gislateur. En effet, une analyse historique exhaustive d&#233;montre que la n&#233;gociation collective &#233;tait reconnue comme un aspect fondamental de la libert&#233; d'association dans le contexte des relations du travail depuis le d&#233;but des mouvements de concertation de la classe ouvri&#232;re. Il s'agit de la plus importante activit&#233; collective par laquelle s'exprime la libert&#233; d'association dans le contexte des relations du travail. Par cons&#233;quent, c'est un volet inh&#233;rent de la libert&#233; d'association et doit &#234;tre reconnu comme tel au plan constitutionnel. La Cour supr&#234;me rappelle &#233;galement que les trait&#233;s internationaux dont le Canada est signataire reconnaissent le droit &#224; la n&#233;gociation collective comme un droit fondamental. Finalement, la protection de la n&#233;gociation collective par l'article 2&lt;i&gt; d)&lt;/i&gt; de la Charte est compatible selon la Cour avec les valeurs reconnues par la Charte et l'ensemble de ses objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; noter cependant que m&#234;me si la Charte prot&#232;ge le droit proc&#233;dural de n&#233;gocier collectivement, elle ne vise pas les objectifs ou les r&#233;sultats de celui-ci. En pratique, la Cour voit le droit proc&#233;dural de n&#233;gocier collectivement comme &#233;tant le droit de s'unir et de pr&#233;senter des demandes de mani&#232;re collective aux employeurs et de participer &#224; des discussions de n&#233;gociation. Les employeurs quant &#224; eux ont l'obligation correspondante d'accepter de rencontrer les employ&#233;s pour discuter avec eux. Leur pouvoir de l&#233;gif&#233;rer en mati&#232;re de n&#233;gociation collective est &#233;galement restreint pour respecter ces droits. En pratique, un tel droit peut &#234;tre st&#233;rile vu que l'employeur, m&#234;me s'il a l'obligation de s'asseoir avec le syndicat, n'a aucune obligation de consentir &#224; un quelconque aboutissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, m&#234;me cette protection minime n'est pas absolue. La Charte prot&#232;ge uniquement contre les &#171; &lt;i&gt;entraves substantielles&lt;/i&gt; &#187; &#224; l'activit&#233; associative. Sans devoir prouver l'intention, il faut tout de m&#234;me prouver que l'acte de l'&#201;tat a pour effet d'entraver de fa&#231;on substantielle l'activit&#233; de n&#233;gociation collective. La Cour a d&#233;fini cette entrave substantielle comme &#233;tant une intention ou un effet qui compromet s&#233;rieusement l'activit&#233; de n&#233;gociation des conditions de travail et des modalit&#233;s d'emploi avec l'employeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de prouver qu'une entrave est substantielle, il faut donc d&#233;montrer que les aspects touch&#233;s sont d'importance pour le processus de n&#233;gociation et que la mesure aura un impact n&#233;gatif important sur le processus de n&#233;gociation. Enfin, on l'a vu, m&#234;me si les parties doivent faire un effort raisonnable pour arriver &#224; un contrat, cela ne signifie pas qu'elles aient l'obligation de conclure un contrat ni d'accepter des clauses particuli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la Cour, il s'agit d'une question de faits devant &#234;tre analys&#233;e cas par cas, ce qui laisse entrevoir une grande marge de man&#339;uvre et le risque de jugements arbitraires. Par exemple, une situation d'urgence peut justifier certaines mesures qui entravent la n&#233;gociation collective. Il va sans dire que la d&#233;finition de ce qui constitue une urgence d&#233;pend du point de vue du d&#233;cideur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, la Cour d&#233;cide que certains articles de la loi qui imposent des conditions de travail par la force &#8211; notamment sur la sous-traitance, la mise en disponibilit&#233; et la supplantation &#8211;, combin&#233;s avec l'article 10, entravent le droit de n&#233;gocier collectivement garanti par la Charte. M&#234;me dans un cas d'urgence, la Cour affirme que ces dispositions nient presque totalement le droit garanti par l'article 2 &lt;i&gt;d)&lt;/i&gt; au processus de consultation et de n&#233;gociation men&#233;e de bonne foi. La Cour affirme &#233;galement que cette violation n'est pas sauv&#233;e par le test applicable en vertu de l'article 1er de la Charte, puisque malgr&#233; l'importance des objectifs poursuivis par cette loi, il n'a pas &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; qu'il s'agissait d'une atteinte minimale. En effet, la Cour note que le gouvernement n'a ni consult&#233; les syndicats, ni analys&#233; des mesures moins attentatoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cour supr&#234;me annule donc ces dispositions. Toutefois, elle suspend les effets de sa d&#233;cision pendant un an afin de permettre au gouvernement d'examiner les r&#233;percussions de la d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'effet &#171; domino &#187; se fait d&#233;j&#224; sentir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs lois matraques adopt&#233;es par le gouvernement Charest sont semblables &#224; la loi faisant l'objet du jugement et dont les dispositions furent annul&#233;es. L'impact de ce jugement est tr&#232;s important, car plusieurs dispositions dans ces lois pourront maintenant &#234;tre annul&#233;es en raison de leur violation du droit &#224; la n&#233;gociation collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, cette d&#233;cision a d&#233;j&#224; port&#233; fruit puisque la Cour sup&#233;rieure du Qu&#233;bec, dans une r&#233;union r&#233;cente&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conf&#233;d&#233;ration des syndicats nationaux et al. c. Qu&#233;bec (Procureur g&#233;n&#233;ral), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vient d'annuler la fameuse &#171; Loi 30 &#187; du gouvernement Charest. On se rappellera que cette loi avait forc&#233; la fusion des unit&#233;s d'accr&#233;ditation dans le secteur de la sant&#233; et &#233;galement forc&#233; la n&#233;gociation de certains sujets &#224; l'&#233;chelle locale. Il s'agit d'une premi&#232;re dans une s&#233;rie de contestations contre les mesures l&#233;gislatives du gouvernement Charest ayant secou&#233; le secteur public depuis son arriv&#233;e au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, il est int&#233;ressant de noter que m&#234;me les tribunaux, qui ne servent souvent qu'&#224; l&#233;gitimer les d&#233;cisions prises par la classe dirigeante, semblent trouver que les nouvelles mesures n&#233;olib&#233;rales contre la classe ouvri&#232;re vont trop loin. Loin de moi l'id&#233;e de sugg&#233;rer que la lutte ouvri&#232;re aurait acquis une dimension juridique importante, mais il faut tout de m&#234;me reconna&#238;tre ces gains importants et agir en cons&#233;quence pour intensifier la r&#233;sistance sur le terrain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Renvoi relatif &#224; la Public Service Employee Relations Act&lt;/i&gt; (Alb.), [1987] 1 R.C.S. 313 ; AFPC c. Canada, [1987] 1 R.C.S. 424 ; &lt;i&gt;SDGMR c. Saskatchewan&lt;/i&gt;, [1987] 1 R.C.S. 460 ; &lt;i&gt;Institut professionnel de la Fonction publique du Canada c. Territoires du Nord-Ouest (Commissaire)&lt;/i&gt;, [1990] 2 R.C.S. 367.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Conf&#233;d&#233;ration des syndicats nationaux et al. c. Qu&#233;bec (Procureur g&#233;n&#233;ral)&lt;/i&gt;, [2007] QCCS 5513.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sibel Ataogul&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avocate et militante de Socialisme International et de Qu&#233;bec solidaire&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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