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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Octobre 1970, d'hier &#224; aujourd'hui</title>
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		<dc:date>2011-08-28T19:49:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaudet, Fran&#231;ois Cyr</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Cyr, Fran&#231;ois</dc:subject>
		<dc:subject>Beaudet, Pierre</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'historiographie retient d'Octobre 1970 les &#233;v&#233;nements dramatiques autour de l'occupation militaire du Qu&#233;bec et des enl&#232;vements organis&#233;s par le Front de lib&#233;ration du Qu&#233;bec (FLQ). Mais au-del&#224; de cette confrontation peu banale, il y a un contexte qu'il importe de mieux comprendre. Plus encore, cette p&#233;riode qui s'&#233;chelonne durant les ann&#233;es 1960-1970 constitue un moment dans un cycle de luttes dont l'impact marque profond&#233;ment le mouvement populaire. Aujourd'hui, les luttes pr&#233;sentent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Violence-et-politique-" rel="directory"&gt;Dossier : Violence et politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Beaudet-Pierre-+" rel="tag"&gt;Beaudet, Pierre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1181.gif?1642092124' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1000&#034; height=&#034;667&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'historiographie retient d'Octobre 1970 les &#233;v&#233;nements dramatiques autour de l'occupation militaire du Qu&#233;bec et des enl&#232;vements organis&#233;s par le Front de lib&#233;ration du Qu&#233;bec (FLQ). Mais au-del&#224; de cette confrontation peu banale, il y a un contexte qu'il importe de mieux comprendre. Plus encore, cette p&#233;riode qui s'&#233;chelonne durant les ann&#233;es 1960-1970 constitue un moment dans un cycle de luttes dont l'impact marque profond&#233;ment le mouvement populaire. Aujourd'hui, les luttes pr&#233;sentent certes un autre &#171; langage &#187; et une autre identit&#233;. Mais le mouvement social contemporain n'est pas n&#233; sur une &#171; page blanche &#187;. En fait aucun mouvement ne part &#171; de z&#233;ro &#187;. Le pass&#233; forme des s&#233;diments, des fondements sur lesquels s'&#233;difie le pr&#233;sent. D'o&#249; l'importance de revenir sur Octobre, malgr&#233; l'unicit&#233; indiscutable du ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un jour d'octobre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Revenons donc sur Octobre 1970. Mouvance d&#233;centralis&#233;e plut&#244;t que mouvement organis&#233;, le FLQ et ses diverses &#171; g&#233;n&#233;rations &#187; exercent alors une influence sur le mouvement social. Au tournant de la d&#233;cennie, les cellules dispers&#233;es entreprennent de porter un &#171; grand coup &#187;, tout en demeurant prisonni&#232;res de leur vision volontariste et substituiste. La suite, on la conna&#238;t : l'enl&#232;vement du consul britannique puis du ministre Laporte, l'imposition de la Loi des mesures de guerre et les arrestations de centaines de personnes, la mort de Laporte, la capture subs&#233;quente des membres des cellules &#171; Lib&#233;ration &#187; et &#171; Ch&#233;nier &#187;, etc. Moment &#171; culminant &#187; si l'on peut dire du drame, il y a la lecture du Manifeste du FLQ &#224; la t&#233;l&#233;vision d'&#201;tat qui, visiblement, &#233;meut une grande partie de la population en raison de la justesse du ton, de la pertinence sociale du contenu et de son style po&#233;tique. Avec un accent libertaire, le FLQ encourage la population &#224; faire sa propre r&#233;volution : &#171; &lt;i&gt;Si vous ne la faites pas vous-m&#234;mes, d'autres usurpateurs technocrates remplaceront les fumeurs de cigares que nous connaissons aujourd'hui et tout sera &#224; recommencer !&lt;/i&gt; &#187; De plusieurs mani&#232;res, Octobre 1970 est le point d'arriv&#233;e, pour ne pas dire la fin, de la gu&#233;rilla. Sous le choc en effet, la frange militante prend conscience de l'impasse de la lutte arm&#233;e et du cercle vicieux de l'ultra volontarisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dislocation des dominants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral de Pierre Trudeau, l'affaire semble cependant entendue. Le double choc caus&#233; d'une part par la mort de Pierre Laporte et d'autre part par l'ampleur de la r&#233;pression doit, une fois pour toutes, r&#233;gler le probl&#232;me &#171; s&#233;paratiste &#187; et la contestation sociale en voie de g&#233;n&#233;ralisation. Mais Trudeau se trompe. Deux ans plus tard, un Front commun de salari&#233;s organise une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et occupe des villes. Six ann&#233;es plus tard, le PQ prend le pouvoir. Comment comprendre cette apparente contradiction ? Il y a d'abord le fait que le front des dominants se fissure. Une partie des &#233;lites, surtout au sein d'une couche technocratique qui se d&#233;veloppe dans les interstices de l'&#201;tat, estime qu'il faut aller au-del&#224; d'une r&#233;forme des institutions (la &#171; r&#233;volution tranquille &#187;) vers la constitution d'un &#201;tat ind&#233;pendant, une revendication qui trouve des &#233;chos croissants au sein de la jeunesse, des intellectuels et cr&#233;ateurs culturels, et des secteurs populaires pour qui la domination de classe au sein du dispositif canadien s'exprime contre les aspirations d&#233;mocratiques et nationales du peuple qu&#233;b&#233;cois. Le PLQ craque sous cette pression, d'o&#249; l'irruption spectaculaire du nouvel acteur politique que repr&#233;sente le PQ.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Irruption des domin&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'autre part la r&#233;sistance des mouvements sur laquelle &#233;choue l'instrumentalisation r&#233;pressive d&#233;ploy&#233;e par l'&#201;tat canadien. Certes, les r&#233;seaux militants sont intimid&#233;s, voire d&#233;mantel&#233;s. Mais rapidement, ils se recomposent sur d'autres bases. En fait, la r&#233;pression a un effet temporaire. Le mouvement social est ascendant, dynamique, en plein essor. De plus, le mouvement cr&#233;e des convergences, en s'alimentant aux m&#234;mes sources (le militantisme &#233;tudiant, le f&#233;minisme, l'esprit de combat qui anime les secteurs syndicaux et populaires). Les structures organisationnelles du mouvement sont poreuses, il a une identit&#233; politique vacillante. Mais peu importe : c'est un mouvement en profondeur. Enracin&#233;, le mouvement fonctionne sur un principe terriblement simple mais efficace : agir maintenant et ici, et le plus durement possible, si n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un nouveau cycle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la r&#233;pression de 1970, le mouvement rebondit donc. On l'a dit plus haut, le d&#233;bat sur la violence minoritaire prend fin. Il semble &#233;vident que la lutte arm&#233;e au Qu&#233;bec n'a jamais pris (sauf durant les &#233;v&#233;nements de 1837-1838) la forme durable d'une guerre prolong&#233;e. Cette prise de conscience permet d'&#233;viter de s'engager dans des impasses ainsi que le font des mouvements de lib&#233;ration comme l'ETA (Pays basque) ou l'IRA (Irlande), sans compter les aventures arm&#233;es des Brigades rouges (Italie) et de la Fraction arm&#233;e rouge (Allemagne). Cela n'emp&#234;che cependant pas la gauche qu&#233;b&#233;coise de poursuivre des d&#233;bats politiques sur un autre plan. Une fraction majoritaire se range derri&#232;re le Parti qu&#233;b&#233;cois, qui r&#233;siste bien &#224; l'assaut de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral (et qui gagnera ses &#233;lections quelques ann&#233;es plus tard). Mais un secteur significatif de la gauche refuse de se ranger derri&#232;re le PQ. Le radicalisme d'Octobre, en fin de compte, n'est pas un &#233;piph&#233;nom&#232;ne, un feu de paille sans lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les masses en mouvement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On le voit notamment dans l'&#233;mergence d'un vaste mouvement contestataire parmi les jeunes. La &#171; r&#233;volte &#233;tudiante &#187; se combine alors avec une volont&#233; d'affronter un syst&#232;me de domination archa&#239;que, autoritaire, r&#233;pressif. Les structures traditionnelles d'encadrement s'effritent, l'exemple le plus spectaculaire &#233;tant la crise de l'&#201;glise catholique au Qu&#233;bec. Parall&#232;lement, assomm&#233;es par des ann&#233;es de pseudo d&#233;mocratie duplessiste, les masses populaires sont entra&#238;n&#233;es dans un mouvement effervescent. Sous l'impulsion des catholiques de gauche prennent forme ici et l&#224; des &#171; mouvements de citoyens &#187;, de plus en plus enclins &#224; l'affrontement. Sur le terrain syndical, une nouvelle g&#233;n&#233;ration de jeunes militants et militantes relance la lutte, dans le secteur public notamment. Les secteurs les plus d&#233;termin&#233;s du mouvement syndical mettent sur pied une alternative politique au niveau municipal, le FRAP. Plus tard, les syndicalistes militants se lancent dans des luttes dures qui culminent avec la puissante gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et l'occupation de certaines villes au printemps 1972. Par la suite, jusqu'aux ann&#233;es 1980, le mouvement social reste ascendant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Recul et rebond&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la d&#233;faite du r&#233;f&#233;rendum de 1980 et l'affrontement entre le mouvement syndical et le gouvernement p&#233;quiste (1982), le d&#233;senchantement devient temporairement dominant. Il faudra attendre le milieu des ann&#233;es 1990 pour voir la vieille taupe r&#233;volutionnaire revenir &#224; la surface. Une nouvelle effervescence prend forme autour du projet d'ind&#233;pendance o&#249; se produit une mobilisation populaire qui reste relativement autonome du PQ. Parall&#232;lement se mettent en branle de grandes mobilisations populaires dont la Marche des femmes, le Sommet des peuples des Am&#233;riques, les gr&#232;ves &#233;tudiantes et syndicales qui constituent autant de gros grains de sable dans l'engrenage des dominants. La r&#233;unification de la gauche politique sous l'&#233;gide de Qu&#233;bec solidaire (apr&#232;s le d&#233;blaiement du terrain effectu&#233; par le PDS et l'UFP) marque &#233;galement les derni&#232;res ann&#233;es. Certes, &#224; premi&#232;re vue, l'&#171; identit&#233; &#187; de ce mouvement multiforme semble &#224; des ann&#233;es-lumi&#232;re des mobilisations des ann&#233;es 1970. Mais l'est-elle vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Questions actuelles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Encore aujourd'hui, l'&#171; h&#233;ritage &#187; d'Octobre 1970 reste contest&#233;. On s'entend toutefois sur le fait que la &#171; lutte arm&#233;e &#187;, du moins dans la forme qu'elle a prise sous le label du FLQ, n'est plus &#224; l'ordre du jour. Mais diverses interpr&#233;tations des &#233;v&#233;nements font toujours l'objet de discussions. Il y a celle des dominants et de la r&#233;action, voulant que le gouvernement f&#233;d&#233;ral aurait &#171; sauv&#233; &#187; le Canada du terrorisme s&#233;paratiste et du m&#234;me coup la &#171; d&#233;mocratie &#187;. Il y a les th&#233;ories du complot, notamment celle propos&#233;e par Pierre Valli&#232;res, pr&#233;tendant que le gouvernement f&#233;d&#233;ral aurait foment&#233; Octobre pour discr&#233;diter le PQ. Il y a des interpr&#233;tations plus s&#233;rieuses, dont celles de Paul Rose et Francis Simard, pour qui Octobre aurait &#233;t&#233; une r&#233;action d'&#171; autod&#233;fense &#187; d'une soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise agress&#233;e et violent&#233;e par l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral. Pour notre part, Octobre a &#233;t&#233; un moment-cl&#233; dans le d&#233;veloppement, le renforcement et l'autod&#233;passement du mouvement populaire des ann&#233;es 1970. Il a &#233;t&#233; un point d'aboutissement et en m&#234;me temps un nouveau d&#233;part, qui portait &#233;galement ses propres limites et sur lequel des questions tr&#232;s pertinentes et tr&#232;s actuelles sont pos&#233;es aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Une d&#233;marche originale : L'Assembl&#233;e constituante</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-demarche-originale-L-Assemblee</link>
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		<dc:date>2009-12-12T21:29:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Cyr</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Cyr, Fran&#231;ois</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, le terme r&#233;f&#233;rendum n'&#233;voquait &#224; peu pr&#232;s rien pour l'&#233;crasante majorit&#233; de la population du Qu&#233;bec. Il en est sans doute ainsi, aujourd'hui, pour le projet d'Assembl&#233;e constituante propos&#233; notamment par Qu&#233;bec solidaire. Mais, qui sait, dans une dizaine d'ann&#233;es le terme assembl&#233;e constituante sera peut-&#234;tre sur toutes les l&#232;vres ? D'autant plus que l'id&#233;e n'est pas nouvelle et pourrait tr&#232;s bien s'imposer comme perspective centrale visant &#224; solutionner la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, le terme r&#233;f&#233;rendum n'&#233;voquait &#224; peu pr&#232;s rien pour l'&#233;crasante majorit&#233; de la population du Qu&#233;bec. Il en est sans doute ainsi, aujourd'hui, pour le projet d'Assembl&#233;e constituante propos&#233; notamment par Qu&#233;bec solidaire. Mais, qui sait, dans une dizaine d'ann&#233;es le terme assembl&#233;e constituante sera peut-&#234;tre sur toutes les l&#232;vres ? D'autant plus que l'id&#233;e n'est pas nouvelle et pourrait tr&#232;s bien s'imposer comme perspective centrale visant &#224; solutionner la question nationale. Le PQ semble avoir pour sa part d&#233;finitivement choisi la voie de la gouvernance provinciale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#233;j&#224; lors de l'insurrection des Patriotes de 1837-1838, des &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires comme Nelson ont soulev&#233; cette n&#233;cessit&#233; afin de reb&#226;tir un r&#233;seau d'institutions sur les ruines du pouvoir britannique qu'ils esp&#233;raient vaincre. Le sort des armes en a d&#233;cid&#233; autrement. L'id&#233;e ressurgit en marge des &#201;tats g&#233;n&#233;raux du Canada fran&#231;ais et, plus tard, de la Commission B&#233;langer-Campeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, dans des pays comme la Bolivie et le Venezuela, dans un contexte de fortes mobilisations ax&#233;es sur le contr&#244;le des ressources naturelles, la population s'est invit&#233;e &#224; cette oeuvre de r&#233;&#233;criture de sa loi fondamentale. Ici, comme ailleurs, ce projet d'Assembl&#233;e constituante se r&#233;alisera dans un contexte de transition. Dans le cas qui nous occupe, cette transition s'articule entre la rupture avec l'ordre politique canadien et l'av&#232;nement d'un &#201;tat qu&#233;b&#233;cois souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet esprit, on comprendra que notre proposition d'&#233;lire une Assembl&#233;e constituante se distingue singuli&#232;rement du projet anim&#233; par des juristes proches du Parti qu&#233;b&#233;cois. Ce projet consiste &#224; &#233;crire la Constitution de la province du Qu&#233;bec en prenant pour acquis le &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; constitutionnel canadien : monarchie parlementaire de type britannique, Charte, bicam&#233;ralisme, f&#233;d&#233;ralisme, etc. Cet ersatz de constitution est au mieux inutile et, au pire, perp&#233;tue cette illusion de faux changements dont sont pass&#233;s ma&#238;tres les tenants de la gouvernance provincialiste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Vers une souverainet&#233; populaire &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Notre projet d'assembl&#233;e constituante est essentiellement porteur d'une d&#233;marche d'affirmation de souverainet&#233;. Souverainet&#233; nationale, mais aussi souverainet&#233; populaire. Cette seconde dimension, celle de la souverainet&#233; populaire, se d&#233;marque radicalement, sur le plan de la m&#233;thode, du type de d&#233;bat que nous avons connu jusqu'&#224; pr&#233;sent. Il ne sera plus question de confier &#224; la classe politique et &#224; quelques experts le soin de n&#233;gocier, de r&#233;am&#233;nager une constitution (d'ailleurs, largement non &#233;crite, le comble de l'antid&#233;mocratisme) que nous n'avons jamais choisie, mais de r&#233;diger la n&#244;tre en y associant le plus grand nombre de citoyennes dans le cadre d'une vaste d&#233;marche de d&#233;mocratie participative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces objectifs, tant de contenu que de m&#233;thode, commandent que l'Assembl&#233;e constituante, &#233;lue au suffrage universel et paritaire, soit distincte de l'Assembl&#233;e nationale. Elle devra disposer du temps et des ressources n&#233;cessaires pour animer en profondeur la discussion au sein de la soci&#233;t&#233; avant de soumettre au peuple le projet de Constitution. Cette d&#233;marche n'est pas sans &#233;voquer ce que nous avons v&#233;cu dans le cadre de la Commission B&#233;langer-Campeau. Une d&#233;marche &#224; la B&#233;langer-Campeau, oui, mais &#224; la puissance mille !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proposer une d&#233;marche constituante, c'est en somme nous inviter nous-m&#234;mes &#224; faire ce que nous n'avons jamais fait depuis la d&#233;faite de l'Insurrection de 1837-1838 : r&#233;diger ensemble la loi fondamentale de notre &#201;tat comme pierre angulaire de notre vouloir vivre ensemble. Mais ce nouveau consensus, ce nouvel acte de naissance afin de mobiliser et d'int&#233;resser le plus grand nombre de citoyennes, ne saurait se r&#233;duire &#224; une simple description des m&#233;canismes de pouvoir au sein du r&#233;seau institutionnel de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le projet de Constitution &#233;noncerait la double nature &#233;tatique et populaire du principe de souverainet&#233; et ce qui en d&#233;coule : la dimension r&#233;publicaine et d&#233;mocratique de l'&#201;tat. On peut imaginer que les progressistes proposeront aux constituants et au peuple que le texte codifie, en plus des droits individuels, les grands objectifs sociaux en mati&#232;re d'&#233;ducation, de sant&#233; et de logement, ainsi que le droit de vivre dans un environnement sain. La propri&#233;t&#233; et le contr&#244;le collectifs des ressources naturelles, de l'eau et des sources d'&#233;nergie pourraient &#233;galement faire l'objet d'un dispositif de port&#233;e g&#233;n&#233;rale. Plus classiquement, ce projet de Constitution court, simple et accessible dans sa forme permet en outre d'&#233;tablir l'existence des pouvoirs ex&#233;cutifs, l&#233;gislatifs et judiciaires ; il introduirait le principe de proportionnalit&#233; dans l'exercice des scrutins ainsi que la reconnaissance des exp&#233;riences de d&#233;mocratie directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le long sommeil cons&#233;cutif &#224; la d&#233;faite des r&#233;volutionnaires de 1837-1838, le projet d'ind&#233;pendance a ressurgi il y a 50 ans pour subir une autre d&#233;faite en 1995, apr&#232;s avoir ralli&#233;, dans un environnement tr&#232;s hostile, presque la majorit&#233; de la population. Il ne faut surtout pas oublier ce qui s'est pass&#233; en 1995. L'&#201;tat canadien, qui se pr&#233;sente toujours comme la quintessence de l'&#201;tat de droit au niveau international, a viol&#233; les lois du Qu&#233;bec, a menti, a trich&#233; et a ensuite d&#233;ploy&#233; un vaste r&#233;seau de corruption qui passera &#224; l'histoire sous le nom de scandale des commandites. De plus, afin de verrouiller juridiquement tout processus &#233;mancipateur, le Parlement du Canada, son gouvernement et la Cour supr&#234;me ont proclam&#233; la loi sur la clart&#233;. Son principal auteur, St&#233;phane Dion, sera r&#233;compens&#233; par ses coll&#232;gues du Parti lib&#233;ral qui le nommeront chef de parti le temps d'une &#233;lection malheureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet d'Assembl&#233;e constituante propose pour l'essentiel une strat&#233;gie permettant de dissocier la question nationale de la gestion provinciale, de d&#233;passer les cadres des partis, d'arrimer un contenu social au projet de pays, et surtout de r&#233;habiliter l'essentiel dans tout d&#233;bat politique fondamental : la souverainet&#233; populaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur s'exprime ici &#224; titre personnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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