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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Le Paro Agrario en Colombie</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-Paro-Agrario-en-Colombie</link>
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		<dc:date>2014-06-12T01:14:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roberto Nieto</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Nieto, Roberto </dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La gr&#232;ve nationale qui a secou&#233; la Colombie du 19 ao&#251;t &#224; d&#233;but septembre a r&#233;uni pour la premi&#232;re fois une convergence de luttes sociales qui ont fini par amener le gouvernement de Juan Manuel Santos &#224; la table de n&#233;gociation. Alors que le gouvernement de l'oligarchie tente par tous les moyens de lib&#233;raliser et d'ouvrir l'&#233;conomie en tournant le dos au monde rural traditionnel, l'&#233;chiquier social semble avoir chang&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Le mouvement de gr&#232;ve est le r&#233;sultat d'un accord historique entre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-52-dec-2013-janv-2014-" rel="directory"&gt;No 052 - d&#233;c. 2013 / janv. 2014&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nieto-Roberto-+" rel="tag"&gt;Nieto, Roberto &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1823.jpg?1642092155' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;384&#034; height=&#034;287&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La gr&#232;ve nationale qui a secou&#233; la Colombie du 19 ao&#251;t &#224; d&#233;but septembre a r&#233;uni pour la premi&#232;re fois une convergence de luttes sociales qui ont fini par amener le gouvernement de Juan Manuel Santos &#224; la table de n&#233;gociation. Alors que le gouvernement de l'oligarchie tente par tous les moyens de lib&#233;raliser et d'ouvrir l'&#233;conomie en tournant le dos au monde rural traditionnel, l'&#233;chiquier social semble avoir chang&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mouvement de gr&#232;ve est le r&#233;sultat d'un accord historique entre FENSUAGRO&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Syndicat national de travailleurs et travailleuses agricoles affili&#233; &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le Coordinador Nacional Agrario, la &lt;i&gt;Marcha Patri&#243;tica&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une initiative sociale et politique lanc&#233;e en avril 2012 pour une &#171; deuxi&#232;me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et le Congr&#232;s des peuples de la Colombie. Malgr&#233; des revendications diff&#233;rentes, ils se sont mis d'accord pour une unit&#233; d'action qui s'&#233;tablit par le biais d'une coalition qui aura r&#233;ussi &#224; paralyser la Colombie et &#224; amener dans le d&#233;bat national presque l'ensemble du monde rural colombien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Front uni contre le n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est le 19 ao&#251;t dernier que se d&#233;clenche un mouvement de gr&#232;ve qu'appuient de grands pans des mouvements syndicaux et sociaux du pays, dont le syndicat des travailleurs et travailleuses de la sant&#233;, des syndicats de petits transporteurs, les mineurs artisanaux, des producteurs laitiers, les producteurs de caf&#233;, des organisations indig&#232;nes et de d&#233;plac&#233;&#183;e&#183;s, les &#233;tudiant&#183;e&#183;s, les enseignant&#183;e&#183;s et les retrait&#233;&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une v&#233;ritable constellation de mouvements qui convergent pour d&#233;noncer les politiques &#233;conomiques en train de provoquer une onde de choc dans plusieurs secteurs. La volont&#233; des derniers gouvernements colombiens d'ouvrir l'&#233;conomie aux int&#233;r&#234;ts et investissements &#233;trangers, de cr&#233;er des zones de libre-&#233;change et la refonte du code minier (dont des Canadiens sont largement responsables) contribuent &#224; une contestation grandissante. Mais c'est surtout le trait&#233; de libre-&#233;change avec les &#201;tats-Unis qui retient l'attention. Entr&#233; en vigueur en juillet 2012, il vient changer dramatiquement la r&#233;alit&#233; agricole du pays. Parmi les multiples &#233;l&#233;ments en amont de l'entente, la r&#233;solution 970 de l'Institut agricole colombien (ICA), une entit&#233; du minist&#232;re de l'Agriculture, qui passe en douce en mars 2010. Cette r&#233;glementation r&#233;dig&#233;e dans un langage technique complexe force les paysans et paysannes &#224; semer des semences certifi&#233;es. Le documentaire 9.70, qui circule abondamment sur Internet depuis la mi-ao&#251;t, montre des sacs de riz d&#233;truits pour avoir &#233;t&#233; non conformes et accuse l'Institut d'avoir chang&#233; la loi dans le secret pour se conformer &#224; Monsanto et aux diktats &#233;tatsuniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re ann&#233;e d'entr&#233;e en vigueur du trait&#233; am&#232;ne justement un bond impressionnant dans les importations de riz bon march&#233; : une augmentation de pr&#232;s de 2 000 %, passant de 5 000 &#224; 98 000 tonnes. Les importations de lait augmentent elles aussi de fa&#231;on dramatique. Au m&#234;me moment, les prix des fertilisants et des insecticides grimpent de m&#234;me que l'essence. La production nationale conna&#238;t une hausse de prix de 70 %. Ce sont &#224; peu pr&#232;s tous les producteurs agricoles, surtout les petits, qui subissent une crise alors que selon les analyses de l'OCDE, le reste de la Colombie jouit d'une croissance assez exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays o&#249; 1 % de la population poss&#232;de 50 % de la terre, la Colombie pr&#233;sente aussi des in&#233;galit&#233;s de revenu parmi les plus &#233;lev&#233;es au monde. Formant presque le quart de la population totale, 65 % de la population rurale vit dans la pauvret&#233; et 40 % dans l'extr&#234;me pauvret&#233;. Les r&#233;gions rurales sont aussi les plus affect&#233;es par la pr&#233;sence des groupes arm&#233;s, dont les paramilitaires, consid&#233;r&#233;s comme &#233;tant fortement li&#233;s aux int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques d'une partie de l'&#233;lite du pays, mais aussi de multinationales Entre 1985 et 2012, 26 personnes &#233;taient d&#233;plac&#233;es toutes les heures, ph&#233;nom&#232;ne qui a profit&#233; grandement &#224; des investisseurs n'ayant pas froid aux yeux et qui se jettent sur de vastes richesses encore largement inexploit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La lutte se poursuit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de gr&#232;ve qui fut initialement rejet&#233; par Santos comme &#233;tant sans importance a rapidement pris une ampleur nationale avec des centaines de milliers de manifestantes et manifestants dans les villes et des blocus des principales art&#232;res routi&#232;res qui ont fini par paralyser tout le pays. Apr&#232;s 11 jours de manifestations, Santos a &#233;t&#233; contraint d'envoyer 50 0000 soldats en renfort aux polices locales d&#233;bord&#233;es. Apr&#232;s une vingtaine de jours de mobilisations, la brutalit&#233; des forces de l'ordre a &#233;t&#233; telle que le bilan s'&#233;l&#232;ve &#224; 12 morts, 4 disparus, pr&#232;s de 500 bless&#233;&#183;e&#183;s et 262 d&#233;tentions arbitraires, selon un des membres de la coalition des gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Santos a fini par c&#233;der en accep&#173;tant d'ouvrir des n&#233;gociations avec les diff&#233;rents intervenants du mouvement, dont les demandes sont les suivantes : des mesures pour r&#233;pondre &#224; la crise agraire ; l'acc&#232;s aux terres ; une reconnaissance de droits politiques pour les paysans ; plus d'investissements sociaux dans les infrastructures rurales ; et la participation des mineurs artisanaux dans la politique mini&#232;re nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; voir si les n&#233;gociations vont d&#233;boucher sur des gains r&#233;els, mais l'&#233;mergence de ce mouvement aura &#224; tout le moins permis aux paysans et &#224; de nombreux secteurs marginalis&#233;s de se faire enten&#173;dre et de faire reconna&#238;tre l'importance et la validit&#233; de leurs luttes. Cela a aussi permis l'&#233;mergence d'une nouvelle gauche colombienne proche du monde rural.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, il faut aussi souligner que le 14 octobre dernier, ce sont les mouvements auto&#173;chtones qui ont d&#233;cid&#233; de se soulever &#224; l'appel de l'Organisation nationale indig&#232;ne de Colombie (ONIC). Ainsi, 120 000 personnes ont particip&#233; aux premi&#232;res journ&#233;es de manifestations pour d&#233;non&#173;cer &#171; &lt;i&gt;l'&#233;chec &#233;vident du mod&#232;le &#233;conomique, l'inva&#173;sion des projets miniers &#233;nerg&#233;tiques et les m&#233;ga projets sur les terres ancestrales des Indig&#232;nes, des fermiers et des descendants africains&lt;/i&gt; &#187;. Des manifes&#173;tations encore une fois r&#233;prim&#233;es dans la violence par l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Syndicat national de travailleurs et travailleuses agricoles affili&#233; &#224; la Centrale unitaire des travailleurs (CUT), dont le vice-pr&#233;sident Hubert Ballesteros fut emprisonn&#233; peu apr&#232;s le d&#233;but des manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une initiative sociale et politique lanc&#233;e en avril 2012 pour une &#171; deuxi&#232;me et v&#233;ritable ind&#233;pendance &#187; contre les politiques colonialistes des gouvernements de droite qui dirigent le pays.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>ONG et mini&#232;res canadiennes</title>
		<link>https://www.ababord.org/ONG-et-minieres-canadiennes</link>
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		<dc:date>2012-09-01T04:31:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roberto Nieto</dc:creator>


		<dc:subject>Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Nieto, Roberto </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec la sortie de Trou Story, on peut esp&#233;rer une nouvelle prise de conscience sur le r&#244;le de l'industrie mini&#232;re dans la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et canadienne. Dans une perspective historique, le film jette un regard sur l'exploitation des ressources naturelles aux mains de compagnies &#233;trang&#232;res, les dizaines de milliers de mineurs qui ont p&#233;ri avant que les conditions de travail ne s'am&#233;liorent et les r&#233;percussions sur les &#233;cosyst&#232;mes qui font en sorte que des g&#233;n&#233;rations futures devront payer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-42-dec-2011-jan-2012-" rel="directory"&gt;No 042 - d&#233;c. 2011 / jan. 2012&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cies-minieres-et-petrolieres-+" rel="tag"&gt;Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1359.gif?1642092133' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;200&#034; height=&#034;463&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec la sortie de &lt;i&gt;Trou Story&lt;/i&gt;, on peut esp&#233;rer une nouvelle prise de conscience sur le r&#244;le de l'industrie mini&#232;re dans la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et canadienne. Dans une perspective historique, le film jette un regard sur l'exploitation des ressources naturelles aux mains de compagnies &#233;trang&#232;res, les dizaines de milliers de mineurs qui ont p&#233;ri avant que les conditions de travail ne s'am&#233;liorent et les r&#233;percussions sur les &#233;cosyst&#232;mes qui font en sorte que des g&#233;n&#233;rations futures devront payer pour les dommages caus&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Trou Story &lt;/i&gt; am&#232;ne de l'eau au moulin dans un dossier qui m&#233;rite de s'&#233;largir et de s'approfondir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les mini&#232;res sont aux quatre coins de la plan&#232;te et le gouvernement conservateur est un fervent supporteur de l'industrie. Il a d&#233;j&#224; propos&#233; plusieurs initiatives favorables aux mini&#232;res : nouveaux partenariats tripartites entre l'Agence canadienne de d&#233;veloppement international (ACDI), des organisations de d&#233;veloppement international et des mini&#232;res, en plus d'un nouvel institut pour les industries extractives et le d&#233;veloppement. Le tout financ&#233; par le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'industrie mini&#232;re a chang&#233; son fusil d'&#233;paule, la nature profonde de l'industrie demeure. C'est encore une industrie qui fonctionne gr&#226;ce au capital de risque des Bourses de Toronto et de Vancouver, c'est une industrie qui est de nature polluante et qui est impliqu&#233;e dans des fraudes, des conflits et des assassinats.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'op&#233;ration r&#233;ussie du &#171; &lt;i&gt;greenwashing&lt;/i&gt; &#187; de l'industrie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec la mondialisation, les mini&#232;res canadiennes ont d&#233;couvert de nouveaux gisements ailleurs dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1990, l'Association mini&#232;re canadienne (AMC) s'inqui&#232;te d'une chute marqu&#233;e de l'investissement dans le secteur. Une enqu&#234;te indique clairement le probl&#232;me : le public ne fait plus confiance aux compagnies mini&#232;res, pas m&#234;me les investisseurs. L'AMC r&#233;agit en d&#233;cidant de se lancer dans une campagne sur trois fronts qui am&#232;nera des gains inattendus. Ses buts : gagner l'appui du public, des ONG et du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour gagner ses critiques, au cours des ann&#233;es 1990 et 2000, de multiples rencontres sont organis&#233;es, notamment l'Initiative de Devonshire qui r&#233;unit des ONG et des compagnies mini&#232;res. Une dizaine d'ONG y participent, et m&#234;me si l'initiative n'a men&#233; &#224; aucun consensus, ce qui a suivi est une prise de position du gouvernement conservateur pour de nouveaux partenariats entre des mini&#232;res et des ONG sous les auspices de l'ACDI. En somme, une nouvelle branche de partenariat public-priv&#233; d'aide au d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une nouvelle aide au d&#233;veloppement en partenariat avec les mini&#232;res&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que les conservateurs r&#232;gnent en ma&#238;tres au parlement, Harper a d&#233;velopp&#233; une politique &#233;trang&#232;re harmonis&#233;e, bas&#233;e sur l'approche 3D :&#8194;diplomatie, d&#233;veloppement et d&#233;fense. Et ce sont les mini&#232;res qui semblent servir de fer de lance de notre pr&#233;sence &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle &#171; vision &#187; de l'aide consid&#232;re que les mini&#232;res sont dor&#233;navant des corporations socialement responsables et donc dignes de confiance. Les nouveaux partenariats de l'ACDI en mati&#232;re de d&#233;veloppement ont &#233;t&#233; annonc&#233;s assez discr&#232;tement dans un communiqu&#233; de la ministre du D&#233;veloppement international, Bev Oda, le 29 septembre dernier en fin de journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette annonce pr&#233;sentait officiellement pour la premi&#232;re fois des projets de d&#233;veloppement o&#249; des ONG, l'ACDI et des mini&#232;res travaillent ensemble comme partenaires. Les ONG concern&#233;es sont Plan Canada, Vision Mondiale et l'Entraide universitaire mondiale du Canada, qui sont respectivement en partenariat avec IamGold, Barrick Gold et Rio Tinto. Selon Oda, la r&#233;duction de la pauvret&#233; dans le monde va de pair avec la pr&#233;sence des mini&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoique ce ne soient pas les premi&#232;res, ni les seules, initiatives de collaboration entre des ONG et des mini&#232;res, la nouvelle annonce montre la r&#233;orientation de l'aide au d&#233;veloppement et le changement d'image que l'industrie mini&#232;re a r&#233;ussi &#224; op&#233;rer, tel qu'elle l'avait planifi&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelle &#233;thique pour les ONG ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les ONG qui sont partenaires avec des compagnies mini&#232;res, et la plupart du temps dans des communaut&#233;s affect&#233;es par celles-ci, se sont-elles pos&#233; des questions d'ordre &#233;thique ? Comment r&#233;agir lorsque des coop&#233;rants sur le terrain seront per&#231;us comme &#233;tant envoy&#233;s par les mini&#232;res ? On en d&#233;duit que les ONG seront soumises &#224; leurs partenaires richissimes et ne prendront pas de parti pour des populations locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Burkina-Faso, l&#224; o&#249; IamGold op&#232;re une mine et un partenariat de 5,5 millions avec Plan Canada (probablement le plus grand partenariat de ce genre &#224; voir le jour au Canada), un conflit avec les travailleurs de la mine a r&#233;sult&#233;&#8194;en sa fermeture temporaire alors que le pr&#233;sident de la mini&#232;re d&#233;clarait que sa compagnie ne tol&#233;rerait pas de &#171; gr&#232;ve ill&#233;gale &#187;. Pour sa part, le nouveau partenaire de Vision Mondiale, Barrick Gold, qui a r&#233;cemment r&#233;gl&#233; hors cour sa poursuite contre la publication de &lt;i&gt;Noir Canada&lt;/i&gt; chez &#201;cosoci&#233;t&#233;, a fait l'objet de nombreux rapports d'ONG sur ses agissements en Afrique. Les choses ne vont gu&#232;re mieux pour l'Entraide universitaire mondiale du Canada qui a un partenariat avec Rio Tinto : r&#233;cemment une cour am&#233;ricaine a autoris&#233; la poursuite des accusations de g&#233;nocide provenant de r&#233;sidants de l'&#238;le de Bougainville en Papouasie Nouvelle-Guin&#233;e contre Rio Tinto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parions que ces partenariats am&#232;neront un d&#233;veloppement proprement canadien dans le monde&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des Mexicains exploit&#233;s dans nos champs</title>
		<link>https://www.ababord.org/Des-Mexicains-exploites-dans-nos</link>
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		<dc:date>2008-07-28T19:07:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roberto Nieto</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Nieto, Roberto </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est en 1966 que le Canada a instaur&#233; le premier programme visant &#224; faire venir des travailleurs migrants pour combler les besoins de main-d'&#339;uvre dans le secteur agricole. Ils sont aujourd'hui plus de 17 000, en majorit&#233; des Mexicains, et travaillent souvent dans des conditions insoutenables et injustes. &lt;br class='autobr' /&gt; Chaque ann&#233;e, de 100 000 &#224; 200 000 personnes viennent au Canada en possession d'un permis de travail temporaire. Deux programmes sp&#233;ciaux, g&#233;r&#233;s par le minist&#232;re des Ressources humaines (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-10-ete-2005-" rel="directory"&gt;No 010 - &#233;t&#233; 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nieto-Roberto-+" rel="tag"&gt;Nieto, Roberto &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton387.jpg?1642092268' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;312&#034; height=&#034;234&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est en 1966 que le Canada a instaur&#233; le premier programme visant &#224; faire venir des travailleurs migrants pour combler les besoins de main-d'&#339;uvre dans le secteur agricole. Ils sont aujourd'hui plus de 17 000, en majorit&#233; des Mexicains, et travaillent souvent dans des conditions insoutenables et injustes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, de 100 000 &#224; 200 000 personnes viennent au Canada en possession d'un permis de travail temporaire. Deux programmes sp&#233;ciaux, g&#233;r&#233;s par le minist&#232;re des Ressources humaines et du D&#233;veloppement des comp&#233;tences, permettent l'entr&#233;e au pays d'une main-d'&#339;uvre sans &#171; qualifications particuli&#232;res &#187; :&lt;i&gt; le Programme des aides domestiques et le Programme des travailleurs agricoles saisonniers&lt;/i&gt; (PTAS).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le processus de s&#233;lection
au Mexique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour s'inscrire au PTAS, les travailleurs se rendent tout d'abord dans des bureaux de la &lt;i&gt;Secretar&#237;a del trabajo&lt;/i&gt; (le minist&#232;re du Travail) pour remplir une demande et prouver qu'ils seront de &lt;i&gt;bons&lt;/i&gt; travailleurs. Bien que ce ne soit pas le cas pour tous, ils doivent g&#233;n&#233;ralement d&#233;montrer qu'ils ont une famille &#224; leur charge et qu'ils sont capables d'un effort physique vigoureux. Bien qu'il semble y avoir une pr&#233;f&#233;rence pour les jeunes p&#232;res de famille et les m&#232;res monoparentales, les personnes admises peuvent avoir entre 18 et 65 ans. Les plus vieux sont g&#233;n&#233;ralement des travailleurs qui reviennent ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e &#224; la m&#234;me ferme. Les candidats choisis doivent aussi passer deux jours de tests m&#233;dicaux assurant qu'ils sont en parfaite sant&#233;. Tous ne le seront pas quand ils retourneront chez eux...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la partie mexicaine du processus, il n'est pas rare qu'un travailleur s'endette pour les divers trajets qu'il effectue vers la capitale, sans oublier qu'il est souvent n&#233;cessaire de graisser la patte de quelques fonctionnaires pour acc&#233;l&#233;rer le traitement de la demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part de l'a&#233;roport de Mexico, un repr&#233;sentant du gouvernement mexicain rencontre une derni&#232;re fois les travailleurs afin de leur remettre les documents qui leur sont essentiels, dont le permis de travail du Canada, une copie de leur contrat d'assurance-vie priv&#233;e (pour lequel ils paieront 48 sous par jour de travail) et un document de la &lt;i&gt;Secretar&#237;a&lt;/i&gt; indiquant le nom et l'endroit o&#249; ils travailleront. D'une ann&#233;e &#224; l'autre, un travailleur peut aller du Qu&#233;bec &#224; l'Ontario sans avoir &#233;t&#233; consult&#233;. Presque toutes les provinces canadiennes re&#231;oivent des travailleurs migrants. La derni&#232;re &#224; s'ajouter, en 2005, est la Colombie-Britannique o&#249; des milliers de tonnes de fruits ont &#233;t&#233; perdues en 2004 faute de main-d'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs re&#231;oivent aussi leur contrat de travail, un document de 4 pages qu'ils ne peuvent n&#233;gocier. La plupart des travailleurs en ignorent d'ailleurs le contenu. Il contient 10 clauses qui d&#233;limitent les &#171; obligations &#187; du travailleur, celles de son employeur, celles du consulat mexicain et celles des Ressources humaines Canada, soit les diverses parties impliqu&#233;es dans la gestion des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale le contrat suit les normes minimales du travail et les employeurs doivent assurer le logement. Il stipule que chaque travailleur doit payer une partie de son billet d'avion (350 $) et explique sous quelles conditions un travailleur peut &#234;tre rapatri&#233; au Mexique. Cette derni&#232;re clause est la plus injuste de toutes. Elle permet &#224; un employeur de renvoyer un travailleur sous presque n'importe quel pr&#233;texte. Le texte, imprim&#233; dans un caract&#232;re difficile &#224; lire pour ces paysans parfois illettr&#233;s, explique qu'un employeur peut rapatrier le travailleur &#171; s'il ne remplit pas les obligations stipul&#233;es en vertu du pr&#233;sent contrat, refuse de travailler &lt;i&gt;ou pour toute autre raison valable&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mises &#224; pied et rapatriements
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2004, des dizaines de travailleurs ont &#233;t&#233; renvoy&#233;s pour des motifs injustes. Dans un cas, un employeur a renvoy&#233; six travailleurs du m&#234;me coup parce qu'ils demandaient d'&#234;tre pay&#233;s pour toutes les heures travaill&#233;es (quelques heures par semaine &#233;taient perdues sur leur ch&#232;que de paie). D'autres cas de retour pr&#233;matur&#233; ont &#233;t&#233; justifi&#233;s par un accident de travail, ou encore pour des motifs flous, par exemple pour &#171; mauvais comportement dans le logement &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces fins de contrats subites (parfois avec moins de 24 heures de pr&#233;avis) ont de nombreuses r&#233;percussions pour un travailleur. Tout d'abord, et c'est pr&#233;cis&#233; dans le contrat, c'est soit le patron, soit le travailleur qui aura &#224; d&#233;bourser les frais du retour. Sauf qu'il est plut&#244;t rare de constater qu'un contrat ayant pris fin pr&#233;matur&#233;ment r&#233;sulte en une p&#233;nalit&#233; pour le patron. Ainsi, dans tous les cas cit&#233;s ci-haut, ce sont les travailleurs qui ont &#233;t&#233; oblig&#233;s de payer les frais de leur d&#233;part. Donc, en plus des 350 $ de d&#233;part qui leur seront d&#233;duits &#224; m&#234;me leurs ch&#232;ques de paie, ils peuvent se trouver dans l'obligation de d&#233;bourser jusqu'&#224; 900 $ de plus pour le billet d'avion. Ainsi, un travailleur qui sera rest&#233; seulement trois semaines avant d'&#234;tre renvoy&#233;, peu importe le motif, se retrouve sans un sou &#224; son retour au Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La clause de rapatriement contient par ailleurs de nombreuses subtilit&#233;s difficiles &#224; comprendre. Il revient au consulat mexicain de d&#233;terminer quelle partie doit assumer les cons&#233;quences de la rupture du contrat. Le consulat, qui maintient des relations tr&#232;s solides avec la partie patronale, a plut&#244;t tendance &#224; pencher de son c&#244;t&#233; et ne plaide en faveur du travailleur que si ce dernier invoque les &#171; bonnes &#187; raisons. Cependant les travailleurs sont rarement consult&#233;s et, dans la tr&#232;s grande majorit&#233; des cas, les travailleurs sont tout simplement inform&#233;s de leur retour imminent, sans qu'ils puissent &#234;tre entendus, ce qui sous-entend que ce sont eux qui sont responsables de la rupture du contrat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons aussi qu'il arrive souvent que les travailleurs se retrouvent sur une liste noire s'ils n'ont pas &#171; collabor&#233; &#187; avec leurs patrons, et ils perdent ainsi toute possibilit&#233; de revenir travailler au pays. La pression est donc forte pour qu'ils acceptent les conditions auxquelles ils sont soumis.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Exploitation organis&#233;e
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour qu'un employeur du secteur agricole puisse recevoir des travailleurs mexicains, il doit avant tout &#234;tre membre de l'Association des jardiniers mara&#238;chers du Qu&#233;bec, puis effectuer une demande de main-d'&#339;uvre &#224; la Fondation des entreprises en recrutement de main-d'&#339;uvre &#233;trang&#232;re (F.E.R.M.E.). C'est cette derni&#232;re entit&#233;, relativement obscure, qui a le plus de poids dans la gestion des travailleurs. Il s'agit d'une sorte d'agence qui place les travailleurs sur les fermes et g&#232;re les dossiers d'accidents de travail, tout comme les relations avec le consulat ou l'achat de billets d'avion. Elle d&#233;tient un monopole. En 2004, cette agence a envoy&#233; une lettre demandant &#224; toutes les fermes de ne pas remettre les relev&#233;s d'emplois aux travailleurs, ce qui constitue une violation de la Loi de l'assurance-emploi, emp&#234;chant plusieurs travailleurs de retirer tous les b&#233;n&#233;fices auxquels ils ont droit. Cette organisation patronale pr&#233;conise clairement un &#171; ligne dure &#187;, voire jusqu'&#224; l'ill&#233;galit&#233;, &#224; l'&#233;gard des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les travailleurs arrivent au Canada en ayant eu &#224; peine quelques heures pour comprendre la r&#233;alit&#233; dans laquelle ils se retrouvent. D&#232;s leur arriv&#233;e &#224; l'a&#233;roport, ils sont transport&#233;s vers la ferme qui les emploie, le plus souvent en plein champ dans le fond d'un rang. Dans certains cas, c'est le matin suivant qu'ils doivent se rendre &#224; l'ouvrage, d&#232;s 5 ou 6 heures. Pendant leur s&#233;jour, plusieurs ne verront jamais Montr&#233;al, m&#234;me s'ils se trouvent &#224; peu de distance de la ville. Ils n'auront pas deux jours de repos de suite et resteront dans une maison isol&#233;e, parfois sans moyen de communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans pr&#232;s de 90 % des cas, l'employeur confisque les documents des travailleurs. Il d&#233;tient leur passeport, leur visa de travail et quelques autres documents essentiels &#8211; les employeurs conservent g&#233;n&#233;ralement les cartes d'assurance-maladie. Ainsi, lorsqu'un accident survient, le travailleur doit obtenir l'accord de son patron pour se rendre &#224; l'h&#244;pital. Souvent l'avis du patron pr&#233;vaut sur tout avis m&#233;dical. Des travailleurs accident&#233;s ont &#233;t&#233; mis en cong&#233; sans solde pendant plusieurs jours avant d'obtenir le droit d'aller voir un m&#233;decin &#8211; certains gravement accident&#233;s ayant d&#251; attendre 48 heures avant d'&#234;tre examin&#233;s. Certains travailleurs vivent tout simplement dans la peur de demander au patron d'aller &#224; l'h&#244;pital. Pour la plupart, ils ne sont jamais inform&#233;s du r&#233;gime d'assurance-maladie et de la couverture &#224; laquelle ils ont th&#233;oriquement droit, &#224; l'&#233;gal de tout Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le patron et le consulat qui prennent en charge les aspects reli&#233;s &#224; la d&#233;claration d'une maladie. En pratique, l'assurance priv&#233;e &#224; laquelle les travailleurs sont tenus de cotiser couvre les maladies qui ne sont pas reli&#233;es au travail, puisque l'employeur est couvert par la CSST. Mais, pour &#233;viter une hausse des primes reli&#233;es aux accidents, les employeurs, en complicit&#233; avec le consulat mexicain, d&#233;clarent des accidents de travail comme des maladies non professionnelles. Les travailleurs vont habituellement &#224; l'h&#244;pital sans avoir acc&#232;s &#224; un traducteur, c'est donc un repr&#233;sentant du patron qui explique tout, tant au m&#233;decin qu'au patient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions de travail et de logement peuvent varier consid&#233;rablement d'une ferme &#224; l'autre. Certains travailleurs partagent &#224; quatre une maison bien entretenue, alors que d'autres se retrouvent &#224; seize dans des lits superpos&#233;s dans un sous-sol sans finition. Certaines fermes emploient jusqu'&#224; 100 personnes alors que d'autres en emploient deux ou cinq. Les grandes fermes ne sont parfois pas les pires. Isol&#233;s dans un champ, des employeurs peuvent abuser plus facilement de 3 ou 4 travailleurs ignorant leurs droits. En g&#233;n&#233;ral, au fur et &#224; mesure que la saison avance, le travail et les heures s'allongent. Durant la p&#233;riode intensive des r&#233;coltes, de juillet &#224; septembre, les travailleurs peuvent faire jusqu'&#224; 14 heures par jour et 80 heures par semaine, sans jour de cong&#233; et sans se voir verser de suppl&#233;ment pour les heures additionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la plupart des cas, c'est le jeudi soir qu'ils auront le droit de quitter le lieu d'habitation et de travail pour aller faire quelques achats et envoyer de l'argent &#224; leur famille. C'est le patron qui fournit le transport et c'est lui qui d&#233;cide de l'endroit, ce qui veut dire que dans certains cas un surveillant suit les mouvements des travailleurs&#8230; Sans compter qu'il est fort probable qu'il y ait des ententes entre les supermarch&#233;s et les employeurs pour surveiller les acheteurs. C'est ainsi que bri&#232;vement, le temps de quelques &#233;changes, les travailleurs des fermes se croisent &#224; St-R&#233;mi (au sud-est de Montr&#233;al), &#224; St-Hyacinthe, &#224; Terrebonne ou &#224; St-Eustache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons que ce n'est pas qu'en &#233;t&#233; que des travailleurs se retrouvent au Qu&#233;bec : les premiers arrivent d&#232;s janvier et travaillent dans des serres, les derniers quittent le 15 d&#233;cembre apr&#232;s avoir coup&#233; les arbres de No&#235;l. Ils font donc de tout. Tout ce qui n&#233;cessite une main-d'&#339;uvre assidue, qui ne quitte pas du jour au lendemain, pr&#234;te &#224; tol&#233;rer les conditions les plus difficiles. L'&#233;t&#233;, ils s&#232;ment, cueillent et empaquettent des poivrons, des patates, des oignons, de la laitue, des tomates, du c&#233;leri, des concombres, des fleurs, etc. Ils sont devenus une main-d'&#339;uvre essentielle pour les agriculteurs qu&#233;b&#233;cois et canadiens. Ils sont, cela dit, aussi essentiels au Mexique puisque les Mexicains vivant &#224; l'&#233;tranger repr&#233;sentent la deuxi&#232;me source d'entr&#233;e mon&#233;taire au pays. Malgr&#233; tout cela, ils sont maltrait&#233;s, ignor&#233;s et exploit&#233;s de part et d'autre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roberto Nieto&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur, membre du Collectif de r&#233;daction de la revue &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;, travaille au Centre d'appui pour les travailleurs et travailleuses agricoles, fond&#233; en 2003 par les Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC) pour appuyer les ouvriers agricoles &#233;trangers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Manigances et intrigues</title>
		<link>https://www.ababord.org/Manigances-et-intrigues</link>
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		<dc:date>2008-07-17T15:26:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roberto Nieto</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Nieto, Roberto </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En ao&#251;t dernier, quatre requ&#234;tes en accr&#233;ditation venaient ind&#233;niablement &#233;crire une page historique pour le mouvement syndical au Canada. Ces requ&#234;tes ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;es au Qu&#233;bec et au Manitoba par des travailleurs agricoles migrants mexicains ayant re&#231;u l'appui du syndicat des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC, affili&#233; FTQ au Qu&#233;bec). Selon le communiqu&#233; officiel des TUAC, ces travailleurs &#171; seront pour la premi&#232;re fois en mesure de n&#233;gocier leur salaire et conditions (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Syndicalisme-l-heure-des-" rel="directory"&gt;Dossier : Syndicalisme, l'heure des choix&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nieto-Roberto-+" rel="tag"&gt;Nieto, Roberto &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton232.jpg?1642092187' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;340&#034; height=&#034;255&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En ao&#251;t dernier, quatre requ&#234;tes en accr&#233;ditation venaient ind&#233;niablement &#233;crire une page historique pour le mouvement syndical au Canada. Ces requ&#234;tes ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;es au Qu&#233;bec et au Manitoba par des travailleurs agricoles migrants mexicains ayant re&#231;u l'appui du syndicat des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC, affili&#233; FTQ au Qu&#233;bec). Selon le communiqu&#233; officiel des TUAC, ces travailleurs &#171; &lt;i&gt;seront pour la premi&#232;re fois en mesure de n&#233;gocier leur salaire et conditions de travail qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, ont &#233;t&#233; &#233;tablies exclusivement par les gouvernements mexicain et canadien en vertu du Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) du gouvernement f&#233;d&#233;ral &lt;/i&gt; &#187;. Aussi, il est important d'ajouter que ces requ&#234;tes repr&#233;sentent de v&#233;ritables tests des lois canadiennes au regard du droit syndical.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, c'est le 21 ao&#251;t 2006 que trois requ&#234;tes en accr&#233;ditation ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;es &#224; la Commission des relations du travail (CRT) pour les entreprises agricoles Hydroserre Mirabel, Hotte et Van Winden inc. et La L&#233;gumi&#232;re Y.C., ces deux derni&#232;res &#233;tant situ&#233;es en Mont&#233;r&#233;gie. Depuis ce jour, le syndicat lutte contre les man&#339;uvres ill&#233;gales des patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vertu du code du travail, &#224; partir du d&#233;p&#244;t d'une requ&#234;te l'employeur doit, dans &#171; &lt;i&gt;les cinq jours de la r&#233;ception de la copie de la requ&#234;te, afficher, dans un endroit bien en vue, la liste compl&#232;te des salari&#233;s de l'entreprise vis&#233;s par la requ&#234;te avec la mention de la fonction de chacun d'eux&lt;/i&gt; &#187;. Mis &#224; part Hydroserre Mirabel, dont une partie des travailleurs, des Qu&#233;b&#233;cois, sont d&#233;j&#224; syndiqu&#233;s chez les TUAC, les entreprises n'ont pas respect&#233; les prescriptions du code du travail en refusant de divulguer les listes de salari&#233;s. En r&#233;action &#224; l'absence de r&#233;ponse, la CRT a d&#251; recourir &#224; une ordonnance de la cour pour forcer les employeurs &#224; fournir les listes. Aussi, c'est &#224; la derni&#232;re minute, lorsque les agents d'enqu&#234;te de la CRT se sont rendus aux fermes, qu'ils les ont finalement produites, refusant cela dit tout acc&#232;s &#224; ces derniers aux registres de paie des entreprises. En temps normal, l'agent doit faire des v&#233;rifications de terrain pour &#233;valuer si les listes de salari&#233;s concordent, mais les repr&#233;sentants syndicaux ont d&#251; recourir &#224; une nouvelle ordonnance de la cour pour que les employeurs donnent les livres de paie &#224; la CRT. Apr&#232;s presque 60 jours d'attente, il &#233;tait encore impossible d'avoir une confirmation, voire une entente, sur les noms et le nombre des salari&#233;s reconnus avoir &#233;t&#233; engag&#233;s par ces deux employeurs. Ce n'est que lorsque la Cour allait condamner les employeurs pour outrage que ces derniers ont finalement fourni les listes. De m&#233;moire syndicale, personne n'avait encore vu des irr&#233;gularit&#233;s du genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fermiers ont aussi voulu renvoyer pr&#233;matur&#233;ment des travailleurs dans leur pays pour emp&#234;cher le processus syndical. En effet, d&#232;s le 5 janvier, la ferme La L&#233;gumi&#232;re a inform&#233; &#224; trois travailleurs, avec seulement 15 heures de pr&#233;avis, qu'ils seraient renvoy&#233;s par le prochain vol au Mexique. Deux d'entre eux ont d&#233;cid&#233; d'accepter ce rapatriement forc&#233;, mais un autre, Bonifacio Santos Moreno, a d&#233;cid&#233; de rester pour mener la lutte &#224; terme. Apr&#232;s une br&#232;ve bataille l&#233;gale, le syndicat a obtenu une petite victoire lorsqu'un commissaire de la CRT a ordonn&#233; &#224; l'employeur de r&#233;int&#233;grer le travailleur jusqu'&#224; la fin normale du contrat de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment, l'argumentation des employeurs contre la syndicalisation des travailleurs &#233;trangers repose sur un alin&#233;a de l'article 21 du code du travail, sp&#233;cifique aux fermes, qui indique que &#171; &lt;i&gt;les personnes employ&#233;es &#224; l'exploitation d'une ferme ne sont pas r&#233;put&#233;es &#234;tre des salari&#233;s&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;&#224; moins qu'elle n'y soient ordinairement et continuellement employ&#233;es au nombre minimal de trois.&lt;/i&gt; &#187; Il est donc question pour les fermiers de nier, entre autres, que des membres de leurs familles se trouvent sur la liste de paie de fa&#231;on continuelle puisque les travailleurs migrants, de leur c&#244;t&#233;, oeuvrent dans les champs 4 &#224; 8 mois par ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, les d&#233;marches ont &#233;t&#233; extr&#234;mement lentes et la mauvaise volont&#233; des employeurs a &#233;t&#233; manifeste. Les listes de salari&#233;s re&#231;ues par la CRT et le syndicat sont inond&#233;es de noms, allant m&#234;me jusqu'&#224; identifier des travailleurs temporaires locaux sous l'identit&#233; incertaine de &#171; ch&#232;ques au porteur &#187;, ou avec seulement des pr&#233;noms. En d'autres termes, les employeurs pr&#233;sentent des listes d'individus &#171; non identifi&#233;s &#187; comme ayant travaill&#233; pour eux, ce qui est une admission d'avoir engag&#233; des travailleurs ill&#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'un d&#233;blocage sur ce point &#233;l&#233;mentaire soit &#233;ventuellement assur&#233;, il est probable que les tactiques patronales s'&#233;tendent sur plusieurs mois encore, cela alors que de leur c&#244;t&#233; les travailleurs &#233;trangers sont d&#233;j&#224; massivement retourn&#233;s chez eux. Ce sont les repr&#233;sentants syndicaux qui pousseront le dossier l&#233;gal, cherchant bien &#233;videmment &#224; assurer le retour des m&#234;mes travailleurs l'ann&#233;e prochaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d&#233;j&#224; certain que les d&#233;marches l&#233;gales ne porteront pas seulement sur des arguments &#171; &#233;l&#233;mentaires &#187; de droit reli&#233;s au code du travail, comme ceux pr&#233;sent&#233;s jusqu'&#224; pr&#233;sent, mais qu'il y aura aussi des consid&#233;rations de droit international qui seront amen&#233;es, suivies de requ&#234;tes de toutes sortes. Aussi, il est important de souligner que les deux fermes de la Mont&#233;r&#233;gie ne font pas &#171; cavalier seul &#187; (puisqu'elles partagent le m&#234;me avocat), car il y a aussi la Fondation des entreprises en recrutement de main-d'&#339;uvre &#233;trang&#232;re (FERME), une sorte d'agence patronale de placement des travailleurs, qui contribue &#224; alimenter l'opposition au processus syndical et qui lancera sans doute son avocat dans la m&#234;l&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici, peu d'attention a &#233;t&#233; port&#233;e sur la piste tr&#232;s complexe de ce d&#233;bat juridique sans pr&#233;c&#233;dent qui aura de nombreuses r&#233;percussions au niveau de la main-d'&#339;uvre locale et &#233;trang&#232;re, des l&#233;gislations nationales et internationales et de l'industrie agricole (car il est question d'industrie et pas de petites fermes familiales). Il sera int&#233;ressant de savoir si ces travailleurs ont &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt;, ou non, le droit de former un syndicat, ou si leur contrat de travail sera &#224; tout jamais impos&#233; par le gouvernement canadien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est s&#251;r, c'est que cette histoire sera &#224; suivre au cours des prochains mois&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roberto Nieto&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Nouvelles mouvances africaines</title>
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		<dc:date>2008-07-15T13:48:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roberto Nieto, Marcia Ribeiro</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Nieto, Roberto </dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Ribeiro, Marcia </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'histoire r&#233;cente de l'Afrique australe est teint&#233;e des luttes de lib&#233;ration, de la fin de l'apartheid et du pass&#233; colonial. L'Afrique du Sud conserve toujours une position d'empire r&#233;gional, dominant ses voisins et particuli&#232;rement le Mozambique, un pays d&#233;truit qui peine &#224; se relever des ann&#233;es de guerre. Le Zimbabwe quant &#224; lui sombre dans la crise et survit gr&#226;ce &#224; l'aide alimentaire alors qu'il y a tout juste trois ans ce pays exportait sa production agricole dans toute la r&#233;gion. Il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-05-ete-2004-" rel="directory"&gt;No 005 - &#233;t&#233; 2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nieto-Roberto-+" rel="tag"&gt;Nieto, Roberto &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mondialisation-AGCS-PSP-FMI-OMC-BM-+" rel="tag"&gt;Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ribeiro-Marcia-+" rel="tag"&gt;Ribeiro, Marcia &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton46.jpg?1642092269' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;340&#034; height=&#034;255&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'histoire r&#233;cente de l'Afrique australe est teint&#233;e des luttes de lib&#233;ration, de la fin de l'apartheid et du pass&#233; colonial. L'Afrique du Sud conserve toujours une position d'empire r&#233;gional, dominant ses voisins et particuli&#232;rement le Mozambique, un pays d&#233;truit qui peine &#224; se relever des ann&#233;es de guerre. Le Zimbabwe quant &#224; lui sombre dans la crise et survit gr&#226;ce &#224; l'aide alimentaire alors qu'il y a tout juste trois ans ce pays exportait sa production agricole dans toute la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a vingt ou trente ans, les anciens marxistes sont devenus les &#171; lib&#233;rateurs &#187;, mais sans r&#233;ussir le pari d'amener les pays vers de r&#233;elles victoires au plan social. C'est plut&#244;t une nouvelle colonisation capitaliste qui a commenc&#233; et qui affecte la grande majorit&#233; de la population dont la moyenne d'&#226;ge est moins de 25 ans. Dans cette Afrique lusophone et anglophone, des mouvements relativement r&#233;cents s'&#233;l&#232;vent contre les dirigeants actuels. Partout, il y a le risque de passer pour r&#233;trograde et de vivre le rejet de ses anciens &#171; camarades &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le droit au logement en Afrique du Sud&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Afrique du Sud, les luttes ont pris naissance au c&#339;ur des townships. L'&lt;i&gt;Anti-Privatisation Forum&lt;/i&gt; et l'&lt;i&gt;Anti-Eviction Campaign&lt;/i&gt; regroupent des comit&#233;s locaux luttant sur le terrain. En 1994, d&#232;s sa prise de pouvoir, l'ANC lance le Programme de reconstruction et de d&#233;veloppement, le RDP, et promet de loger des millions de personnes. Dans le cadre de ce programme, 300 000 maisons doivent &#234;tre construites &#224; chaque ann&#233;e afin de r&#233;pondre minimalement au probl&#232;me des sans logis. Toutefois, vers 1997, le gouvernement change de strat&#233;gie et adopte le GEAR (&lt;i&gt;Growth, Employment and Redistribution&lt;/i&gt;), qui met entre les mains d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s l'ensemble des services publics. Le pays est en crise et des millions de personnes sont en train de perdre leur emploi ; le taux de ch&#244;mage passe de 16 &#224; 40 %, mais ce chiffre atteint les 80 % dans certains townships.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;gion de Cape Town, l'&lt;i&gt;Anti-Eviction Campaign&lt;/i&gt; est lanc&#233;e de fa&#231;on anecdotique. Un matin d'octobre 2000, Ashraf Cassim, un ancien militant de l'ANC, aper&#231;oit la police au coin de sa rue et apprend que son voisin, retrait&#233; et illettr&#233;, vient de recevoir un ordre d'&#233;viction. Sur le coup, il bloque le processus avec l'appui de r&#233;sidants du quartier et s'embarque dans une lutte qui prendra le dessus sur toutes ses autres activit&#233;s. En compagnie d'autres militants du coin, il fait face &#224; la police, aux banques, au gouvernement et aux int&#233;r&#234;ts internationaux impliqu&#233;s dans les plans de restructuration &#233;conomiques du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Battu par la police, arr&#234;t&#233; et rel&#226;ch&#233;, s&#233;rieusement bless&#233;, il devient un symbole de r&#233;sistance aux politiques de l'ANC. Son arrestation a fait les manchettes nationales et contribu&#233; &#224; r&#233;v&#233;ler une r&#233;alit&#233; qui jusque-l&#224; n'avait attir&#233; aucune attention m&#233;diatique. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s cet &#233;v&#233;nement, tout le monde a voulu m'aider. Des organisateurs locaux m'ont demand&#233; si je connaissais d'autres personnes qui se faisaient &#233;vincer et ils ont offert d'aller s'installer dans un coin chez les gens pour &#233;viter les &#233;victions. C'est ce qu'on s'est mis &#224; faire. Tous les jours ma maison &#233;tait pleine de monde, les gens faisaient la file avec des probl&#232;mes semblables et c'est l&#224; qu'on a commenc&#233; la Campagne anti-&#233;viction du Western Cape.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements se sont succ&#233;d&#233;s rapidement. Ahsraf devient une personne ressource indispensable. Autour de lui, l'AEC prend forme en novembre 2000. Par la force des choses, ils constatent l'ampleur de la probl&#233;matique entourant la question du logement : &#171; &lt;i&gt;Nous avons d&#233;couvert toutes sortes de proc&#233;d&#233;s frauduleux utilis&#233;s pour saisir les maisons. Dans le cas d'une hypoth&#232;que impay&#233;e, selon la loi, les banques doivent annoncer et vendre les maisons &#224; la cour municipale. Il y a une vente aux ench&#232;res et les banques s'entendent entre elles pour acheter et vendre les maisons. En fait, il font un &#233;change et ils &#233;tablissent le prix &#224; 2 $ la maison. Personne n'&#233;tait au courant&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement les banques se d&#233;font des maisons &#224; travers les compagnies priv&#233;es, mais ce sont des milliers de personnes qui sont abandonn&#233;es &#224; leur sort ainsi chaque semaine. &#171; &lt;i&gt;&#192; la cour municipale du township de Tafelsig, ils vendent dix ou vingt maisons par jour. Il doit y avoir des centaines de cas semblables au pays quotidiennement. L'ANC ne fait rien contre ces commerces. Ce sont m&#234;me des gens de l'ANC qui ach&#232;tent et qui revendent ces maisons. Lorsqu'il y a des &#233;victions, ce sont des agents priv&#233;s qui sont envoy&#233;s et ils touchent des primes lorsqu'ils arrivent &#224; &#233;vincer les gens. En Afrique du Sud, tout a &#233;t&#233; privatis&#233; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la campagne, l'AEC a agi sur de nombreux fronts : actions directes pour &#171; d&#233;fendre &#187; les maisons qui sont cibl&#233;es pour une reprise, d&#233;fis l&#233;gaux et constitutionnels des &#233;victions, mobilisation massives et &#233;ducation populaire. Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, des membres de l'AEC ont &#233;t&#233; stigmatis&#233;s pour leurs activit&#233;s. Dans le Western Cape, autour de Cape Town, pr&#232;s de 300 000 personnes sont en attente d'un logement et ce nombre augmente de 20 000 personnes chaque ann&#233;e, plus rapidement que le nombre de personnes qui trouvent des logis. &#171; &lt;i&gt;&#192; chaque semaine, il y a un nouveau camp de squatters quelque part au pays&lt;/i&gt; &#187;, dit Ashraf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Cape Town, la probl&#233;matique du logement est d'autant plus criante que la ville est prise d'assaut par le jet-set international, qui en fait un point de chute du r&#233;seau touristique international. Ce ph&#233;nom&#232;ne am&#232;ne de richissimes &#233;trangers qui ach&#232;tent toutes les meilleures propri&#233;t&#233;s pour les laisser vacantes 51 semaines par ann&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Au Mozambique : l'UNAC contre l'OMC&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s son ind&#233;pendance, le Mozambique devient un pays socialiste. Le Front de lib&#233;ration du Mozambique (FRELIMO) a pris le pouvoir avec &#224; sa t&#234;te Samora Machel (qui meurt fin 1986 dans l'&#233;crasement de l'avion pr&#233;sidentiel). En 1987, alors que le pays est d&#233;truit par une contre-insurrection (qui durera 20 ans) arm&#233;e et financ&#233;e par l'Afrique du Sud, le FRELIMO s'engage sur la voie du capitalisme en signant des accords avec le FMI et la Banque mondiale. C'est le d&#233;but d'une nouvelle colonisation dans laquelle l'Afrique du Sud joue un r&#244;le important. Rapidement, l'&#233;conomie mozambicaine est prise d'assaut et se trouve face &#224; la comp&#233;tition f&#233;roce des entreprises sud-africaines qui attendaient le moment propice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Mozambique, 80 % de la population vit dans les r&#233;gions rurales. Alors que le gouvernement avait mis de l'avant des politiques qui d&#233;fendaient le secteur agraire, le FMI exige l'abandon de tout appui gouvernemental. Isol&#233;e et sans moyens, la majorit&#233; rurale est laiss&#233;e &#224; elle-m&#234;me et d&#233;cide de former l'UNAC, l'Union nationale des paysans du Mozambique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s sa formation, l'UNAC s'est donn&#233; quatre grands objectifs d'action : donner plus de voix aux paysans, assurer la souverainet&#233; alimentaire, aider &#224; la commercialisation des produits et garantir l'acc&#232;s &#224; la terre. Amade Suca, un porte-parole de l'Union, explique : &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s 1987, la question de la terre a fait partie d'un d&#233;bat important. Le gouvernement, les secteurs priv&#233;s et internationaux ont avanc&#233; l'id&#233;e de privatiser la terre. Mais les organisations sociales s'y sont oppos&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, le FRELIMO pose des gestes pour d&#233;fendre ses paysans. En 1997, une loi emp&#234;chant l'achat ou la vente de la terre est adopt&#233;e. &#171; C'est une loi qui dit que la terre est &#224; l'&#201;tat et que tout le monde a droit &#224; la terre &#187;, explique Suca. &#171; &lt;i&gt;Ceux qui travaillent la m&#234;me terre depuis plus de dix ans ont le droit d'usufruit sur cette terre et il y a un respect des normes traditionnelles.&lt;/i&gt; &#187; La loi dit aussi que toute entreprise qui veut exploiter une terre doit consulter la communaut&#233; et obtenir son accord. Il y a beaucoup de corruption et les communaut&#233;s ne sont jamais consult&#233;es. Les fonctionnaires se font payer par les compagnies pour produire le document qui leur donne acc&#232;s &#224; la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, les paysans n'ont pas de recours financiers et les infrastructures sont tr&#232;s mauvaises. &#171; &lt;i&gt;L'agriculture est malade au Mozambique &#187;, ajoute Suca, &#171; la meilleure route au pays est celle entre l'Afrique du Sud et Maputo. Elle sert en grande partie aux Sud-africains qui produisent des OGM et inondent le march&#233; mozambicain.&lt;/i&gt; &#187; Alors qu'il peut y avoir une s&#233;cheresse ou une inondation dans un coin du pays, dans un autre, il peut y avoir surproduction. &#171; &lt;i&gt;Au lieu d'acheminer des produits du nord au sud, nous sommes contraints d'accepter l'aide alimentaire des pays occidentaux et cela contribue &#224; d&#233;truire notre capacit&#233; de production. Comme le budget national d&#233;pend en grande partie de donations &#233;trang&#232;res, nous acceptons le dumping&lt;/i&gt; &#187;, explique Suca. &#171; &lt;i&gt;Nous ne faisons pas le poids devant l'OMC et quand nous tentons de l'expliquer au gouvernement, il ne veut pas nous rencontrer&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Zimbabwe de Mugabe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Au cours des ann&#233;es 80, l'&#233;conomie &#233;tait stable et l'&#233;tat investissait dans les programmes sociaux, dans les h&#244;pitaux et les &#233;coles. Le Zimbabwe est devenu le pays avec le plus haut taux d'alphab&#233;tisation dans toute l'Afrique. Mais en 1990, avec les privatisations exig&#233;es par le FMI, tous ces gains ont disparu&lt;/i&gt; &#187;, explique Tapera Kapuyat membre du Student's Solidarity Trust qui vit en exil en Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis pr&#232;s de 25 ans, un seul chef d'&#233;tat a guid&#233; ce pays : Robert Mugabe, ancien rebelle arm&#233; devenu lib&#233;rateur, puis tortionnaire. Parmi les principales victimes de la r&#233;pression que conna&#238;t le pays se trouvent des membres du Mouvement pour le changement d&#233;mocratique, le MDC. C'est en fait un regroupement qui inclut toutes sortes de tendances politiques diff&#233;rentes, dont les &#233;tudiants trostkistes. Aujourd'hui, le MDC connait des probl&#232;mes internes qui r&#233;sultent en partie d'un certain &#233;chec des actions men&#233;es jusqu'&#224; date. La suite aux actions de masse organis&#233;es depuis quelques ann&#233;es se fait attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des groupes qui s'est le plus solidement organis&#233; lors des actions de contestation est le &lt;i&gt;Student's Solidarity Trust&lt;/i&gt;. Il est form&#233; de leaders &#233;tudiants ayant &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et tortur&#233;s, dans les m&#234;mes centres o&#249; les blancs amenaient les noirs avant la lib&#233;ration. Kapuyat a connu l'endroit. Il a pass&#233; des jours &#224; recevoir des &#233;lectrochocs, encha&#238;n&#233;, les pieds dans l'eau. C'est ce qui a motiv&#233; son d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un de ses camarades, Tinashe Chimedza, a connu un sort semblable le 22 avril dernier. Violemment battu par la police, il s'appr&#234;tait &#224; prendre la parole lors d'une conf&#233;rence intitul&#233;e : &#171; Pour la d&#233;fense du droit &#224; l'&#233;ducation et en c&#233;l&#233;bration de l'h&#233;ritage de la r&#233;sistante &#233;tudiante &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emprisonn&#233;, puis amen&#233; &#224; l'h&#244;pital, il est (&#224; l'heure d'aller sous presse) encore sous surveillance polici&#232;re et risque de se retrouver en prison, voire sujet &#224; la torture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Devant la r&#233;pression continue, pour plusieurs il ne reste qu'une solution : le d&#233;part volontaire de Mugabe. &#192; 80 ans, ce dernier peut jouir d'une immunit&#233; et &#233;viter des poursuites pour crimes contre l'humanit&#233;. Plusieurs pays font des pressions discr&#232;tes, mais en attendant le d&#233;part du vieux despote, le pays sombre dans une crise &#233;conomique de plus en plus intense alors que plus de la moiti&#233; de la population survit gr&#226;ce &#224; l'aide alimentaire &#233;trang&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais on peut parier que l'Afrique australe ne changera pas de cap de sit&#244;t. Une vieille affiche vue sur le mur d'un poste fronti&#232;re au beau milieu de nulle part entre le Bostwana et le Zimbabwe indiquait peut &#234;tre plus qu'autre chose la r&#233;alit&#233; de cette r&#233;gion. Elle pr&#233;sentait des photos de tous les chefs d'&#233;tats de la r&#233;gion, de l'Angola au Mozambique. Un seul n'&#233;tait plus &#224; son poste : Nelson Mandela. Pour le reste, toutes les m&#234;mes vieilles t&#234;tes. Avec une vague d&#233;ferlante de jeunes qui n'ont que faire des anciennes id&#233;ologies, il y a fort a parier qu'ils chercheront des chemins qui leurs seront propres. &#171; &lt;i&gt;Nous n'allons pas nous baser sur des livres qui nous enseignent les &#233;tapes r&#233;volutionnaires. Nous nous basons sur l'exp&#233;rience de nos camarades, sur la d&#233;mocratie directe et sur nos exp&#233;riences au niveau organisationel&lt;/i&gt; &#187;, nous a dit Chimedza.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roberto Nieto&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Marcia Ribeiro&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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