<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_mot=270&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Les innovations de l'AL&#201;NA</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-innovations-de-l-ALENA</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-innovations-de-l-ALENA</guid>
		<dc:date>2008-08-09T21:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques B. G&#233;linas</dc:creator>


		<dc:subject>G&#233;linas, Jacques B. </dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'AL&#201;NA constitue le fer de lance d'une politique in&#233;dite de libre-&#233;change que les &#201;tats-Unis ont inaugur&#233;e par l'Accord de libre-&#233;change Canada-&#201;tats-Unis (AL&#201;), entr&#233; en vigueur en 1989. L'AL&#201;NA comporte des innovations majeures par rapport aux autres trait&#233;s de la sorte, comme le March&#233; commun europ&#233;en ou le Mercosur (March&#233; commun de quelques pays d'Am&#233;rique du Sud). Ces innovations, qui entra&#238;nent &#224; la longue un bouleversement des valeurs et des structures sociales, demeurent le plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-affres-de-l-ALENA-" rel="directory"&gt;Dossier : Les affres de l'AL&#201;NA&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gelinas-Jacques-B-+" rel="tag"&gt;G&#233;linas, Jacques B. &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mondialisation-AGCS-PSP-FMI-OMC-BM-+" rel="tag"&gt;Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'AL&#201;NA constitue le fer de lance d'une politique in&#233;dite de libre-&#233;change que les &#201;tats-Unis ont inaugur&#233;e par l'Accord de libre-&#233;change Canada-&#201;tats-Unis (AL&#201;), entr&#233; en vigueur en 1989. L'AL&#201;NA comporte des innovations majeures par rapport aux autres trait&#233;s de la sorte, comme le March&#233; commun europ&#233;en ou le Mercosur (March&#233; commun de quelques pays d'Am&#233;rique du Sud). Ces innovations, qui entra&#238;nent &#224; la longue un bouleversement des valeurs et des structures sociales, demeurent le plus souvent m&#233;connues du grand public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, l'AL&#201;NA est le premier accord de libre-&#233;change liant un pays du Tiers Monde &#8211; le Mexique &#8211; avec des pays hautement industrialis&#233;s. Le premier aussi qui r&#233;glemente explicitement ce que l'on appelle l'investissement direct &#224; l'&#233;tranger (ID&#201;), c'est-&#224;-dire les investissements transfrontaliers des multinationales. C'est &#233;galement le premier accord visant &#224; inclure dans un march&#233; global, le plus d&#233;r&#233;glement&#233; possible, l'ensemble des biens et des services. Voici un condens&#233; de quelques autres nouveaut&#233;s ainsi introduites, surtout par les chapitres 10 et 11 de l'AL&#201;NA, dans les relations &#233;conomiques internationales :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.&lt;/strong&gt; Le traitement national, c'est-&#224;-dire l'obligation pour les signataires de traiter les investisseurs &#233;trangers sur un pied d'&#233;galit&#233; avec les nationaux. Cela &#233;quivaut, en pratique, &#224; une interdiction g&#233;n&#233;rale d'instaurer une v&#233;ritable politique &#233;conomique nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt; L'interdiction d'exiger d'un investisseur &#233;tranger des &#171; performances &#187; particuli&#232;res, comme celles de l'obliger &#224; acheter ses intrants sur le march&#233; national ou &#224; embaucher de la main-d'&#339;uvre locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.&lt;/strong&gt; La protection contre les expropriations et contre &#171; toute mesure &#233;quivalant &#224; la nationalisation ou &#224; l'expropriation &#187;. Cela signifie qu'une loi ou toute mesure susceptible d'emp&#234;cher un investisseur &#233;tranger de r&#233;aliser les profits escompt&#233;s est consid&#233;r&#233;e comme une expropriation ; le gouvernement coupable d'une telle entrave &#224; la profitabilit&#233; peut &#234;tre forc&#233; de lui verser une forte compensation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4.&lt;/strong&gt; Les achats de biens et de services des gouvernements sont ouverts &#224; tous les signataires de l'accord, ce qui signifie l'interdiction pour les pouvoirs publics, y compris les municipalit&#233;s, d'accorder une pr&#233;f&#233;rence aux fournisseurs nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5.&lt;/strong&gt; L'approche dite n&#233;gative selon laquelle l'accord a une port&#233;e universelle, c'est-&#224;-dire qu'il englobe tous les services sauf ceux explicitement exclus par le pays signataire. Ainsi, le Canada a exclu l'eau, l'&#233;ducation et les soins de sant&#233;, mais ces exceptions ne sont que provisoires, &#233;tant donn&#233; que les n&#233;gociations se poursuivent pour les y inclure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6.&lt;/strong&gt; La poursuite permanente et syst&#233;matique des n&#233;gociations par des experts et des fonctionnaires discrets, dont le mandat est de faire tomber progressivement dans l'application normale des accords les domaines exclus par le Canada et le Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7.&lt;/strong&gt; La protection blind&#233;e et prolong&#233;e des brevets des multinationales, surtout pharmaceutiques et biochimiques (une clause protectionniste dans un accord de libre-&#233;change ?!!).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8.&lt;/strong&gt; Instauration d'un tribunal au sein de l'AL&#201;NA devant lequel les investisseurs &#233;trangers peuvent tra&#238;ner les gouvernements soup&#231;onn&#233;s de nuire &#224; la profitabilit&#233; des entreprises (par des l&#233;gislations environnementales, par exemple). Il s'agit d'un tribunal sans appel qui se situe, en vertu de l'accord, au-dessus des tribunaux nationaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacques B. G&#233;linas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment l'Action lib&#233;rale nationale (ALN) de Paul Gouin s'est fait r&#233;cup&#233;rer par Duplessis</title>
		<link>https://www.ababord.org/Comment-l-Action-liberale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Comment-l-Action-liberale</guid>
		<dc:date>2008-08-01T01:50:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques B. G&#233;linas</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;linas, Jacques B. </dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En mars dernier, une partie de la gauche nationaliste qu&#233;b&#233;coise a d&#233;cid&#233; de former un &#171; club politique &#187; et de se rallier au Parti qu&#233;b&#233;cois dans un double but : tirer le PQ vers des positions plus progressistes et regrouper les forces souverainistes dans un m&#234;me parti pour &#171; h&#226;ter la r&#233;solution de la question nationale &#187;. Ce club, qui pr&#233;tend garder son autonomie au sein du PQ, a pris le nom de Syndicalistes progressistes pour un Qu&#233;bec libre (SPQ Libre). &lt;br class='autobr' /&gt; Ce ralliement &#224; un vieux parti (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-06-oct-nov-2004-" rel="directory"&gt;No 006 - oct. / nov. 2004&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gelinas-Jacques-B-+" rel="tag"&gt;G&#233;linas, Jacques B. &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton555.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;340&#034; height=&#034;147&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En mars dernier, une partie de la gauche nationaliste qu&#233;b&#233;coise a d&#233;cid&#233; de former un &#171; club politique &#187; et de se rallier au Parti qu&#233;b&#233;cois dans un double but : tirer le PQ vers des positions plus progressistes et regrouper les forces souverainistes dans un m&#234;me parti pour &#171; &lt;i&gt;h&#226;ter la r&#233;solution de la question nationale&lt;/i&gt; &#187;. Ce club, qui pr&#233;tend garder son autonomie au sein du PQ, a pris le nom de Syndicalistes progressistes pour un Qu&#233;bec libre (SPQ Libre).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce ralliement &#224; un vieux parti d'une nouvelle gauche qui, &#233;voquant l'urgence, cherche un raccourci vers le pouvoir n'est pas sans rappeler un &#233;pisode marquant de l'histoire politique du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand le conservateur Duplessis ouvre les bras &#224; la progressiste ALN&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait en 1935. La jeune Action lib&#233;rale nationale joint alors les rangs du Parti conservateur de Maurice Duplessis pour acc&#233;der plus rapidement au pouvoir et h&#226;ter la mise en &#339;uvre de son programme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le lecteur avis&#233; saura tenir compte des diff&#233;rences &#233;videntes autant que des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Grande D&#233;pression s&#233;vit au Qu&#233;bec depuis six longues ann&#233;es. Le gouvernement lib&#233;ral d'Alexandre Taschereau, au pouvoir depuis 1920, ne fait rien ou si peu pour att&#233;nuer cette terrible crise &#233;conomique et sociale. Immobilisme, corruption, patronage &#233;hont&#233;, conflits d'int&#233;r&#234;ts flagrants (le premier ministre lui-m&#234;me est membre du Conseil d'administration d'une dizaine de compagnies), tout concourt &#224; rendre le r&#233;gime du Parti lib&#233;ral &#224; la fois ex&#233;crable et ind&#233;logeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au Parti conservateur, il croupit dans l'opposition depuis pr&#232;s de 40 ans. Son conservatisme fig&#233; ne colle pas aux inqui&#233;tudes et aux aspirations de la population. M&#234;me le populiste Camilien Houde, qui l'a dirig&#233; de 1929 &#224; 1932, s'est av&#233;r&#233; incapable de le tirer de son inertie. Quand Maurice Duplessis en prend les commandes, en 1933, il ne dispose que de 11 si&#232;ges sur 90 &#224; l'Assembl&#233;e l&#233;gislative. L'astucieux politicien de Trois-Rivi&#232;res n'entend pas en rester l&#224;. En deux ans d'opposition, il a observ&#233; les m&#233;thodes et les roublardises de Taschereau et a beaucoup appris. Mais cela n'a pas donn&#233; plus de contenu &#224; un Parti conservateur &#224; court de vision et d'id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la vision et des id&#233;es&#8230; Une nouvelle formation politique en voie d'organisation sous le leadership de Paul Gouin en a &#224; revendre. Devant l'immobilisme d&#233;sesp&#233;rant des vieux partis, les milieux progressistes &#8211; associations professionnelles, enseignants, &#233;tudiants, syndicalistes, coop&#233;rativistes, certains &#233;l&#233;ments du bas clerg&#233; &#8211; discutent, s'organisent et fondent un nouveau parti : l'Action lib&#233;rale nationale. L'ALN propose une sortie de crise qui rejoint le sentiment national des Qu&#233;b&#233;cois. Il s'agit d'un programme pr&#233;cis et d&#233;taill&#233; de &#171; restauration sociale &#187; et de &#171; lib&#233;ration &#233;conomique &#187; qui s'inspire des id&#233;es de l'&#201;cole sociale populaire et des th&#232;ses de l'&#233;conomiste &#201;douard Montpetit. Le penseur et porte-parole le plus brillant de l'ALN est le docteur Philippe Hamel qui pr&#244;ne &#171; le retour &#224; la Province de ses richesses naturelles &#187;. Chiffres et documents &#224; l'appui, il d&#233;montre la n&#233;cessit&#233; et la faisabilit&#233; d'une nationalisation progressive des &#171; trusts de l'&#233;lectricit&#233; &#187;. Objectif : doter les Canadiens-fran&#231;ais d'un puissant levier de d&#233;veloppement &#233;conomique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants de l'ALN br&#251;lent d'impatience d'arriver au pouvoir pour mettre ces id&#233;es en application, mais se sentent incapables de d&#233;tr&#244;ner Taschereau tant la machine &#233;lectorale du vieil aristocrate, grassement huil&#233;e par les lobbies de toutes sortes, leur para&#238;t invincible. &lt;br class='autobr' /&gt;
Duplessis aux aguets observe avec appr&#233;hension et une certaine fascination la mont&#233;e de cette nouvelle force politique. Lorsque les dirigeants de l'ALN viennent lui proposer de former une alliance pour d&#233;barrasser le Qu&#233;bec du r&#233;gime Taschereau, il leur ouvre grands les bras.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un front uni contre l'ennemi du peuple&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 7 novembre 1935, le Parti conservateur et l'ALN signent une entente en vertu de laquelle ils constituent &#171; un front commun contre l'ennemi du peuple de la province de Qu&#233;bec, le r&#233;gime Taschereau &#187;. Cette alliance tactique, qui r&#233;unit des vieux conservateurs, francophones et anglophones, d'anciens lib&#233;raux radicalis&#233;s ainsi que du sang neuf port&#233; par les militants nationalistes, prend le nom significatif d'Union nationale. Maurice Duplessis en revendique la pr&#233;sidence all&#233;guant son exp&#233;rience politique. En contrepartie, il promet &#224; ses alli&#233;s de l'ALN des postes cl&#233;s dans son futur cabinet. Il signe &#171; &#224; deux mains &#187;, selon son expression, un document par lequel il s'engage &#224; respecter les grands axes du programme de gouvernement de l'ALN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#233;lection du 25 novembre 1935, les deux formations alli&#233;es garderont leur identit&#233; propre. Le scrutin donne &#224; l'Union nationale 42 si&#232;ges, dont 26 enlev&#233;s par des candidats de l'ALN. D&#233;contenanc&#233; par ce d&#233;ferlement d'une pens&#233;e politique coh&#233;rente dans l'enceinte du Parlement et d&#233;stabilis&#233; par les assauts ac&#233;r&#233;s d'un Duplessis arm&#233; de l'argumentaire d&#233;coiffant de l'ALN, Taschereau est bient&#244;t contraint &#224; la d&#233;mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En qu&#234;te d'une nouvelle l&#233;gitimit&#233;, son successeur Ad&#233;lard Godbout appelle le peuple aux urnes pour le 17 ao&#251;t 1936. Cette fois, Duplessis, qui a &#233;limin&#233; toutes tendances autonomes li&#233;es &#224; l'ALN &#224; l'int&#233;rieur d'une Union nationale consolid&#233;e, remporte une &#233;clatante victoire : 76 si&#232;ges et 58 % du vote populaire. D&#232;s le lendemain, il appert que le premier ministre &#233;lu n'entend c&#233;der aux chefs de files de l'ex-ALN que des portefeuilles secondaires dans son cabinet ou rien du tout. &#192; Philippe Hamel que tous voyaient &#224; la t&#234;te d'un minist&#232;re important, il offre cyniquement la pr&#233;sidence de l'Assembl&#233;e l&#233;gislative. Profond&#233;ment bless&#233;, Hamel consid&#232;re cette proposition comme un affront et d&#233;misssionne. Ceux de ses coll&#232;gues qui resteront seront rapidement neutralis&#233;s, coopt&#233;s ou &#233;ject&#233;s. Et Paul Gouin ? Le &#171; cheuf &#187; avait r&#233;ussi &#224; le tasser hors piste d&#232;s avant l'&#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pragmatique, Duplessis saura garder de la plate-forme de l'ALN une seule id&#233;e qu'il avait jug&#233;e politiquement rentable : l'autonomie provinciale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La morale de cette histoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ren&#233; Chaloult, un des membres les plus respect&#233;s de l'ALN, rapporte dans ses m&#233;moires la remarque sid&#233;rante qu'il s'est attir&#233;e quand il a reproch&#233; &#224; Duplessis d'avoir trahi ses engagements : &#171; &lt;i&gt;&#201;coute Ren&#233;, t'es pas un enfant ; &#224; ton &#226;ge tu devrais comprendre qu'un programme c'est bon avant les &#233;lections et les &#233;lections sont termin&#233;es&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ren&#233; Chaloult, M&#233;moires politiques, &#201;ditions du Jour, Montr&#233;al, 1969, p. 67.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyant son projet confisqu&#233;, le docteur Hamel ne put que constater, mais un peu tard, qu'il avait &#233;t&#233; bien na&#239;f : &#171; Nous lui avons tenu l'&#233;chelle pour lui permettre de monter jusqu'au sommet ; rendu en haut, il a donn&#233; un coup de pied sur l'&#233;chelle et nous a regard&#233;s avec d&#233;rision&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem, p. 99.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Non seulement na&#239;fs, mais manifestement trop press&#233;s ces dirigeants qui d&#233;tenaient la cl&#233; d'une &#233;volution &#233;mancipatrice de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La morale de cette histoire, c'est qu'un jeune parti porteur d'une vision politique alternative ne peut emprunter le v&#233;hicule d'un vieux parti qui a go&#251;t&#233; le pouvoir sans risquer de se faire charrier. Le plus s&#251;r et le plus rapide n'est-il pas de construire et de conduire son propre v&#233;hicule avec des gens qui partagent la m&#234;me vision de la soci&#233;t&#233; et de l'int&#233;r&#234;t public ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le lecteur avis&#233; saura tenir compte des diff&#233;rences &#233;videntes autant que des similitudes qui existent dans cette mise en comparaison de deux situations politiques distantes de sept d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ren&#233; Chaloult, &lt;i&gt;M&#233;moires politiques&lt;/i&gt;, &#201;ditions du Jour, Montr&#233;al, 1969, p. 67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem, p. 99.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacques B. G&#233;linas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le virage &#224; droite des &#233;lites politiques qu&#233;b&#233;coises</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-virage-a-droite-des-elites</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-virage-a-droite-des-elites</guid>
		<dc:date>2008-07-31T18:51:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques B. G&#233;linas, Alain Marcoux</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Marcoux, Alain</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;linas, Jacques B. </dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jacques B. G&#233;linas, Le virage &#224; droite des &#233;lites politiques qu&#233;b&#233;coises, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2003. &lt;br class='autobr' /&gt; Le dernier livre du sociologue et essayiste Jacques B. G&#233;linas, Le virage &#224; droite des &#233;lites politiques qu&#233;b&#233;coises, est une analyse men&#233;e avec force d&#233;tails. L'ouvrage suit pas &#224; pas le fil des &#233;v&#233;nements qui ont men&#233; l'ensemble de la classe politique qu&#233;b&#233;coise &#224; &#233;pouser, avec la foi aveugle des convertis, le credo du libre-&#233;changisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Du &#171; sommet irlandais &#187; Reagan-Mulroney de 1985 &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-03-janvier-fevrier-2004-" rel="directory"&gt;No 003 - janvier / f&#233;vrier 2004&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Marcoux-Alain-+" rel="tag"&gt;Marcoux, Alain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gelinas-Jacques-B-+" rel="tag"&gt;G&#233;linas, Jacques B. &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mondialisation-AGCS-PSP-FMI-OMC-BM-+" rel="tag"&gt;Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton536.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;262&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jacques B. G&#233;linas, &lt;i&gt;Le virage &#224; droite des &#233;lites politiques qu&#233;b&#233;coises&lt;/i&gt;, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le dernier livre du sociologue et essayiste Jacques B. G&#233;linas, &lt;i&gt;Le virage &#224; droite des &#233;lites politiques qu&#233;b&#233;coises&lt;/i&gt;, est une analyse men&#233;e avec force d&#233;tails. L'ouvrage suit pas &#224; pas le fil des &#233;v&#233;nements qui ont men&#233; l'ensemble de la classe politique qu&#233;b&#233;coise &#224; &#233;pouser, avec la foi aveugle des convertis, le &lt;i&gt;credo&lt;/i&gt; du libre-&#233;changisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du &#171; sommet irlandais &#187; Reagan-Mulroney de 1985 &#224; l'entr&#233;e en vigueur de l'AL&#201;NA, G&#233;linas nous d&#233;crit l'&#233;volution des int&#233;r&#234;ts et des positions de la classe politique et des repr&#233;sentants du patronat face au projet de libre-&#233;change ainsi que le r&#244;le d&#233;cisif jou&#233; par quelques haut-fonctionnaires dans l'aboutissement des n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel de la contribution de l'auteur se situe dans le compte-rendu d&#233;taill&#233; qu'il fait du ralliement du PQ &#224; l'Accord de libre-&#233;change Canada-&#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se du sociologue pose que &#171; &lt;i&gt;c'est le virage libre-&#233;changiste de 1988 qui a insidieusement aiguill&#233; le PQ sur la voie de la droite&lt;/i&gt; &#187;. Une position &#224; laquelle on adh&#232;re encore plus facilement lorsqu'on lit la description rigoureuse et exhaustive qu'il fait du virage n&#233;olib&#233;ral initi&#233; par le tandem Bouchard-Landry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut noter l'importance d'une telle contribution au d&#233;bat politique et le courage &#8211; fort peu r&#233;pandu chez les intellectuels qu&#233;b&#233;cois &#8211; d'oser s'attaquer avec rigueur &#224; un sujet presque tabou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre de G&#233;linas a aussi le m&#233;rite d'ouvrir le d&#233;bat sur certaines questions qui, si elles sont parfois laiss&#233;es en suspens, n'en restent pas moins une invitation &#224; r&#233;fl&#233;chir. Ainsi en est-il du r&#244;le qu'a jou&#233; la question nationale dans l'appui empress&#233; du PQ au projet de libre-&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la question de savoir s'il est possible d'&#234;tre social-d&#233;mocrate et n&#233;olib&#233;ral, l'auteur r&#233;pond &#171; &lt;i&gt; qu'on peut &#234;tre social-d&#233;mocrate dans le discours et n&#233;olib&#233;ral dans la pratique, parfois sciemment, parfois inconsciemment, parfois m&#234;me contre son gr&#233;&#8230; une fois pris dans l'engrenage&lt;/i&gt; &#187;. Comment expliquer alors que le PQ, sous le r&#232;gne de Bouchard-Landry, ait mis en &#339;uvre une politique n&#233;olib&#233;rale &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; sans &#234;tre un &#171; vrai &#187; parti n&#233;olib&#233;ral ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;linas trace les contours d'une autre d&#233;mocratie possible et s'emploie non seulement &#224; critiquer les insuffisances de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, mais propose aussi des pistes pour &#171; &lt;i&gt; rompre avec une pens&#233;e conventionnelle qui consid&#232;re la d&#233;mocratie repr&#233;sentative comme un horizon ind&#233;passable &lt;/i&gt; &#187;. Pour lui, le pallier municipal constitue &#171; &lt;i&gt;un terrain privil&#233;gi&#233; d'apprentissage de la d&#233;mocratie participative&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si on acquiesce &#224; l'id&#233;e que la d&#233;mocratie doit se construire &#224; la base dans la proximit&#233; des mouvements d'origine populaire, on aurait aim&#233; en conna&#238;tre plus sur le relais politique &#224; donner &#224; ceux-ci. Par exemple, la gauche sociale devrait-elle prendre la voie de l'action politique partisane face au cul-de-sac n&#233;olib&#233;ral que repr&#233;sente le PQ ? Quel serait le r&#244;le de ce parti et quelle relation devrait-il d&#233;velopper avec les mouvements sociaux ? Des questions ouvertes ! Mais n'est-ce pas la force d'un livre que de nous amener &#224; les poser ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alain Marcoux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dictionnaire critique de la globalisation. Les mots du pouvoir, le pouvoir des mots</title>
		<link>https://www.ababord.org/Dictionnaire-critique-de-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Dictionnaire-critique-de-la</guid>
		<dc:date>2008-07-30T12:42:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques B. G&#233;linas, Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Altermondialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;linas, Jacques B. </dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jacques B. G&#233;linas, Dictionnaire critique de la globalisation. Les mots du pouvoir, le pouvoir des mots, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2008 &lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s La globalisation du monde (&#201;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2000), une excellente explication du ph&#233;nom&#232;ne de la globalisation et de la fa&#231;on dont elle s'est implant&#233;e, Jacques B. G&#233;linas r&#233;cidive avec un Dictionnaire critique de la mondialisation, solide ouvrage qui se d&#233;marque par les qualit&#233;s reconnues de son auteur : un grand souci de clart&#233;, une capacit&#233; &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-25-ete-2008-" rel="directory"&gt;No 025 - &#233;t&#233; 2008&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Altermondialisme-+" rel="tag"&gt;Altermondialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gelinas-Jacques-B-+" rel="tag"&gt;G&#233;linas, Jacques B. &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mondialisation-AGCS-PSP-FMI-OMC-BM-+" rel="tag"&gt;Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton446.jpg?1642092269' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;266&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jacques B. G&#233;linas, &lt;i&gt;Dictionnaire critique de la globalisation. Les mots du pouvoir, le pouvoir des mots&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s &lt;i&gt;La globalisation du monde&lt;/i&gt; (&#201;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2000), une excellente explication du ph&#233;nom&#232;ne de la globalisation et de la fa&#231;on dont elle s'est implant&#233;e, Jacques B. G&#233;linas r&#233;cidive avec un &lt;i&gt;Dictionnaire critique de la mondialisation&lt;/i&gt;, solide ouvrage qui se d&#233;marque par les qualit&#233;s reconnues de son auteur : un grand souci de clart&#233;, une capacit&#233; &#224; concevoir de larges synth&#232;ses, un esprit critique constamment en &#233;veil. Plus qu'une r&#233;actualisation du pr&#233;c&#233;dent ouvrage, bien qu'il soit en parfaite continuit&#233;, ce dictionnaire permet de r&#233;organiser la pens&#233;e de l'auteur selon le jeu qu'impose la r&#233;daction d'un dictionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sous-titre du livre, &lt;i&gt;Les mots du pouvoir, le pouvoir des mots&lt;/i&gt;, nous ram&#232;ne &#224; l'importance des mots et des concepts, &#224; l'ambigu&#239;t&#233; de leur utilisation, une ambigu&#239;t&#233; qui a jusqu'ici largement profit&#233; aux puissants. Ainsi, l'auteur introduit des termes dont l'acception semble de prime abord positive, ou pour le moins confus&#233;ment neutre, auxquels les technocrates de ce monde ont largement recours. Par exemple &#171; programme d'ajustement structurel &#187;, &#171; rationalisation &#187;, &#171; consensus &#187; (de Washington, de Monterrey), &#171; partenariat public-priv&#233; &#187;, &#171; agriculture productiviste &#187;, etc. Le d&#233;tournement de sens de ces mots est rapidement d&#233;voil&#233; par l'auteur : &#224; l'aide d'exemples nombreux et concrets, il d&#233;monte une rh&#233;torique mise en place pour cacher une v&#233;ritable prise de pouvoir par les int&#233;r&#234;ts financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on contraire, Jacques B. G&#233;linas a choisi des mots qui &#233;voquent sans d&#233;tour une r&#233;alit&#233; crue, tels &#171; &#233;cod&#233;sastre &#187;, &#171; irresponsabilit&#233; sociale des transnationales &#187;, &#171; sp&#233;culation &#187;, ou des man&#339;uvres pour berner les citoyennes, tels &#171; &lt;i&gt;greenwashing&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;enronisme&lt;/i&gt; &#187;. L'article &#171; cupidit&#233; &#187; est en ce sens particuli&#232;rement r&#233;v&#233;lateur. D'une fa&#231;on audacieuse, et tout en &#233;vitant un jugement moralisateur, G&#233;linas nous ram&#232;ne &#224; l'une des causes les plus profondes des in&#233;galit&#233;s &#8211; peut-&#234;tre la principale &#8211;, tout en rappelant qu'une &#171; &lt;i&gt;abondante litt&#233;rature fait aujourd'hui l'&#233;loge de la cupidit&#233; dans la conduite des affaires&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande partie du livre consiste &#224; expliquer ce qui tient lieu de v&#233;ritables cr&#233;atures de la globalisation, qui prosp&#232;rent bien souvent dans le secret et d&#233;couragent les profanes par leur fonctionnement &#233;nigmatique, par leur langage juridico-technocratique quasiment incompr&#233;hensible et par des sigles qui entretiennent la confusion : OMC, ADPIC, AL&#201;NA, APEC, NEPAD, AGCS, PSP, etc. Derri&#232;re ces n&#233;buleux rassemblements de lettres se cachent pourtant des politiques qui affectent l'ensemble des populations et dont plusieurs ont des effets particuli&#232;rement n&#233;fastes. Avec la comp&#233;tence qui est la sienne, Jacques B. G&#233;linas parvient &#224; faire la lumi&#232;re sur ces r&#233;alit&#233;s complexes, &#224; les expliquer avec des mots simples et accessibles &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce dictionnaire, Jacques B. G&#233;linas a fait le pari de limiter les entr&#233;es, dont le nombre est de 82. Par contre, chacun des sujets est trait&#233; avec soin, l'auteur &#233;vitant le pi&#232;ge des raccourcis ou des explications qui restent en surface. La lecture des articles est facilit&#233;e par l'usage de puces, tableaux, intertitres, encadr&#233;s, passages en italiques, mots en caract&#232;re gras, qui permettent au lecteur de rep&#233;rer rapidement ce qu'il cherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dictionnaire se donne le qualificatif de &#171; critique &#187;. Jacques B. G&#233;linas ne parvient pas toujours &#224; cacher ses indignations, &#224; rester neutre devant les effets catastrophiques des ph&#233;nom&#232;nes qu'il d&#233;crit. Cela n'entache en rien le s&#233;rieux de ses recherches et la rigueur de ses explications. Mais la remise en question radicale du processus de globalisation entreprise dans ce dictionnaire force le lecteur &#224; envisager des solutions pour b&#226;tir un monde meilleur. Des solutions abord&#233;es bri&#232;vement dans une postface intitul&#233;e &#171; Perspectives d'alternatives &#187;, mais que les lecteurs et lectrices devront surtout retrouver dans le foisonnement des propositions mises de l'avant par les altermondialistes, syndicalistes et membres des mouvements sociaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Vaillancourt&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le PQ et le reniement social-d&#233;mocrate</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-PQ-et-le-reniement-social</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-PQ-et-le-reniement-social</guid>
		<dc:date>2008-07-15T14:07:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques B. G&#233;linas, Pierre Mouterde</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Mouterde, Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;linas, Jacques B. </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jacques B. G&#233;linas est un sociologue qu&#233;b&#233;cois bien connu des militants tiers-mondistes et de ceux et celles qui s'opposent &#224; la mondialisation n&#233;olib&#233;rale. Il travaille actuellement sur un nouvel ouvrage traitant du virage &#224; droite de la classe politique qu&#233;b&#233;coise dans lequel il observe notamment l'&#233;volution du Parti qu&#233;b&#233;cois vers le n&#233;olib&#233;ralisme. Nous l'avons rencontr&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Que penses-tu de cette affirmation reprise par beaucoup que le Parti qu&#233;b&#233;cois est un parti social-d&#233;mocrate ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-0-avril-2003-" rel="directory"&gt;No 0 - avril 2003&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouterde-Pierre-+" rel="tag"&gt;Mouterde, Pierre &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gelinas-Jacques-B-+" rel="tag"&gt;G&#233;linas, Jacques B. &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jacques B. G&#233;linas est un sociologue qu&#233;b&#233;cois bien connu des militants tiers-mondistes et de ceux et celles qui s'opposent &#224; la mondialisation n&#233;olib&#233;rale. Il travaille actuellement sur un nouvel ouvrage traitant du virage &#224; droite de la classe politique qu&#233;b&#233;coise dans lequel il observe notamment l'&#233;volution du Parti qu&#233;b&#233;cois vers le n&#233;olib&#233;ralisme. Nous l'avons rencontr&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que penses-tu de cette affirmation reprise par beaucoup que le Parti qu&#233;b&#233;cois est un parti social-d&#233;mocrate ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la plupart des m&#233;dias affirment qu'au Qu&#233;bec nous avons une sc&#232;ne politique bien &#171; ventil&#233;e &#187; et qu'on y trouve un parti de centre droit (le Parti lib&#233;ral), un parti de droite ou d'extr&#234;me droite (l'ADQ) et qu'&#224; gauche il y a le PQ.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si on entend par social-d&#233;mocratie, une option qui se propose de civiliser le capitalisme et qui tient compte jusqu'&#224; un certain point des revendications ouvri&#232;res, on pourrait dire que le PQ a &#233;t&#233; social-d&#233;mocrate. Dans le sens du mod&#232;le institu&#233; par Roosevelt dans les ann&#233;es 1930 : le &#171; New Deal &#187;. C'est l'av&#232;nement de l'&#201;tat social qui tient compte des revendications sociales des classes moyennes et des classes populaires. Ren&#233; L&#233;vesque ne voulait pas se dire social-d&#233;mocrate. Il n'aimait pas ce mot l&#224;, m&#234;me si le parti, c'est s&#251;r, s'est b&#226;ti au d&#233;part sur un &#171; pr&#233;jug&#233; favorable aux travailleurs &#187;. Mais le Parti qu&#233;b&#233;cois a par la suite chang&#233; de cap. Cela s'est produit dans les ann&#233;e 1980, quand il se trouvait dans l'opposition. C'est alors qu'il s'est fait champion du libre-&#233;change avec les &#201;tats-Unis. Ce qui l'a conduit &#224; endosser et &#224; pratiquer des politiques proprement n&#233;olib&#233;rales quand il s'est trouv&#233; au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'est impos&#233;e cette option &#171; libre-&#233;changiste &#187;, et quels sont les individus qui l'ont port&#233;e au sein du PQ ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut revenir &#224; la p&#233;riode des n&#233;gociations de l'Accord de libre-&#233;change (AL&#201;) entre le Canada et les USA. En 1985, le couple Mulroney-Reagan annonce de fa&#231;on impromptue le lancement des n&#233;gociations pour la signature d'un accord de libre-&#233;change entre les deux pays. Tous les partis &#233;taient contre, tant au Canada qu'au Qu&#233;bec. Une vive opposition s'organise contre un tel trait&#233; avec le puissant voisin que l'on sait h&#233;g&#233;monique. On connaissait les politiques n&#233;olib&#233;rales de Reagan qui deviendraient contagieuses advenant un accord. &#192; la surprise de tous, l'&#233;lite intellectuelle du Parti qu&#233;b&#233;cois prend fait et cause pour le libre-&#233;change.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Landry, qui avait perdu son comt&#233; en 1985 et &#233;tait devenu professeur d'&#233;conomie internationale, commet un livre en 1987, intitul&#233; : Le commerce sans fronti&#232;res, le sens du libre-&#233;change, dans lequel il se propose d'expliquer au peuple pourquoi le Qu&#233;bec doit appuyer ce projet. Il &#233;voque deux raisons, l'une &#233;conomique, l'autre politique. L'argument &#233;conomique : un petit pays comme le Qu&#233;bec a besoin d'un grand march&#233; garanti. L'argument politique : un trait&#233; de libre-&#233;change avec les &#201;tats-Unis mettra le Qu&#233;bec &#224; l'abri de repr&#233;sailles commerciales ou &#233;conomiques du Canada anglais &#224; la suite d'une d&#233;claration de souverainet&#233;. Pendant tout le temps qu'a dur&#233; le d&#233;bat, de 1985 &#224; 1988, Bernard Landry est devenu le conf&#233;rencier vedette du Conseil du patronat qui adh&#232;re corps et &#226;me au projet de Mulroney.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jacques Parizeau est aussi entr&#233; en campagne pour le libre-&#233;change. Revenu aux affaires en mars 1988 en tant que pr&#233;sident du Parti, il a r&#233;ussi &#224; convertir les instances du PQ &#224; cette cause. Dans son livre Pour un Qu&#233;bec souverain, il &#233;crit : &#171; Avec l'aide hautement efficace de Bernard Landry, je r&#233;ussis &#224; faire effectuer un virage &#224; 180 degr&#233;s au Parti qu&#233;b&#233;cois en faveur du libre &#233;change &#187;. &#192; l'&#233;poque, il y a eu beaucoup de r&#233;ticences dans le parti, car son programme allait directement &#224; l'encontre de cette id&#233;e. N'oublions pas que le &#171; libre-&#233;change &#187; version n&#233;olib&#233;rale des &#201;tats-Unis, de Reagan &#224; Bush, comprend trois &#233;l&#233;ments essentiels : d&#233;r&#233;glementation, privatisation et lib&#233;ralisation. Pourquoi les Am&#233;ricains tenaient-ils tant &#224; cet accord ainsi qu'&#224; l'AL&#201;NA ? Ce n'&#233;tait pas tant pour la libre circulation des biens et des marchandises que pour le libre investissement, la libre circulation des capitaux, et la commercialisation des services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment ce virage libre-&#233;changiste a-t-il conduit le PQ au n&#233;olib&#233;ralisme ? Quand et comment le PQ a-t-il pris ce second virage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le PQ revient au pouvoir en 1994. Il y a d'abord, en 1995, le r&#233;f&#233;rendum et la d&#233;mission de Parizeau ! En janvier 1996, Lucien Bouchard est couronn&#233; chef du parti et premier ministre. Il ne faut pas oublier que cet homme, parvenu en politique, est un conservateur, perm&#233;able aux id&#233;es de droite, et particuli&#232;rement sensible aux pressions des march&#233;s financiers. Il a tout de suite lanc&#233; que le probl&#232;me central, l'urgence des urgences, c'&#233;tait la crise des finances publiques. Il impose sa politique du d&#233;ficit z&#233;ro !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais en quoi le d&#233;ficit z&#233;ro peut-il &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une pratique n&#233;olib&#233;rale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant au f&#233;d&#233;ral qu'au provincial, l'id&#233;ologie du d&#233;ficit z&#233;ro a &#233;t&#233; le levier qui a permis de couper dans tous les programmes sociaux, dans l'environnement, etc. C'est l'institutionnalisation de coupures qui, une fois l'&#233;quilibre budg&#233;taire atteint, ont pris une tournure d&#233;finitive. Par ailleurs, le lobby du grand Patronat a convaincu le gouvernement que pour assurer la cr&#233;ation d'emplois et la croissance &#233;conomique, il fallait d&#233;r&#233;glementer, c'est-&#224;-dire l&#233;gif&#233;rer et r&#233;glementer le moins possible en mati&#232;re sociale et environnementale. Cela nous renvoie &#224; l'article 11 de l'AL&#201;NA : une loi ou une r&#233;glementation qui occasionne des pertes de profits pour une compagnie &#233;trang&#232;re est consid&#233;r&#233;e dans cet accord comme &#233;quivalent d'une expropriation. &#199;a les Am&#233;ricains y tenaient. La mise en place par Lucien Bouchard en 1996 du &#171; Secr&#233;tariat &#224; l'all&#233;gement r&#233;glementaire &#187;, qui est en fait un secr&#233;tariat &#224; la d&#233;r&#233;glementation, est pratiquement pass&#233; inaper&#231;u. En vertu de la loi instituant cet orga-nisme, tous les projets de loi et de r&#232;glement doivent passer au crible du Secr&#233;tariat avant d'atteindre le Conseil des ministres. Si le Secr&#233;tariat estime q'une loi ou un r&#232;glement, en mati&#232;re de foresterie par exemple, nuira &#224; la &#171; profitabilit&#233; &#187; d'une entreprise, le projet est retourn&#233; au ministre pour qu'il refasse ses devoirs. D'o&#249; l'apparition dans les &#233;cosyst&#232;mes et dans le tissu social du Qu&#233;bec de v&#233;ritables plaies infect&#233;es par ces politiques n&#233;olib&#233;rales (voir encadr&#233;). Et c'est ce qui a mis beaucoup de Qu&#233;b&#233;cois en col&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu verrais donc un rapport entre ces politiques n&#233;olib&#233;rales et l'actuel d&#233;clin du PQ ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, partout une col&#232;re sourde couve dans la population. Dans de nombreux domaines. Dans la sant&#233; par exemple et chez les infirmi&#232;res qu'on a sanctionn&#233;es durement, alors qu'on laisse les sp&#233;cialistes et les m&#233;decins se servir sans vergogne aussit&#244;t qu'ils devinent les cr&#233;dits disponibles. Dans le domaine de la for&#234;t, de l'agriculture, de l'&#233;nergie, de l'eau. Le d&#233;-peuplement des r&#233;gions, le d&#233;p&#233;rissement des campagnes. En mati&#232;re de d&#233;chets toxiques, le Qu&#233;bec est en voie de devenir la poubelle de l'Am&#233;rique du Nord. Le PQ a syst&#233;matiquement ignor&#233; les demandes et les protestations des citoyennes et des citoyens. En l'an 2000, les jeunes du parti ont voulu faire passer une motion qui d&#233;clarerait le PQ social-d&#233;mocrate et par deux fois l'assembl&#233;e &#224; rejeter la motion, pour ne pas d&#233;plaire au chef, &#224; l'&#233;poque Lucien Bouchard. C'est comme si cette journ&#233;e-l&#224;, le PQ avait perdu son &#226;me, qu'un ressort s'&#233;tait cass&#233;. Mais voil&#224; que sonn&#233; par l'ADQ, semble-t-il, Bernard Landry recouvre ses sens : il a avou&#233; r&#233;cemment que cela avait &#233;t&#233; une erreur que de rabrouer ainsi les jeunes qui essayaient de faire entendre raison aux bonzes du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers temps, on a l'impression que le PQ retrouve des accents sociaux-d&#233;mocrates, et que de toute fa&#231;on il appara&#238;t moins n&#233;olib&#233;ral que l'ADQ.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis la mont&#233;e fulgurante de l'ADQ, le Parti qu&#233;b&#233;cois a eu un sursaut social-d&#233;mo-crate. Depuis l'&#233;t&#233; dernier, le gouvernement s'est mis tout d'un coup &#224; r&#233;pondre &#224; certaines revendications citoyennes par des annonces progressistes : contr&#244;le des pesticides en zones urbaines, politique nationale de l'eau, moratoire sur les m&#233;gaporcheries, &#201;tats g&#233;n&#233;raux sur la r&#233;forme des institutions d&#233;mocratiques, etc. Mais toutes ces annonces ressemblent dr&#244;lement &#224; des promesses de type &#233;lectoraliste. Les &#233;lections sont imminentes. Qu'est-ce qu'ils feront apr&#232;s ? Je ne pense pas qu'ils changeront fondamentalement de cap. Parce que une fois engag&#233; dans l'engrenage du libre-&#233;change et du n&#233;olib&#233;ralisme, c'est difficile d'en sortir. Notons en passant que beaucoup de d&#233;put&#233;s et ministres font du n&#233;olib&#233;ralisme sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir ! Nos ministres des Ressources naturelles, qui ont laiss&#233; les multinationales saccager nos for&#234;ts, se disent peut-&#234;tre sociaux-d&#233;mocrates, mais en fait ils font du n&#233;olib&#233;ralisme en refusant de mettre en place des r&#233;glementations n&#233;cessaires &#224; la protection des &#233;cosyst&#232;mes, des droits sociaux, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ce contexte-l&#224;, que feras-tu aux prochaines &#233;lections ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis toujours autonomiste, souverainiste et ind&#233;pendantiste. Mais je n'ai pas renouvel&#233; mon adh&#233;sion au PQ depuis deux ans. Et je ne voterai pas non plus pour le PQ. &#199;a me fait de la peine, mais le PQ qui &#233;tait porteur du projet souverainiste s'est laiss&#233; entra&#238;ner dans des strat&#233;gies qui lui ont fait renoncer au projet de soci&#233;t&#233; qui allait de pair avec le projet de souverainet&#233;. Il a ainsi, peut-on dire, trahi la cause. Voil&#224; pourquoi il a perdu l'appui d'une grande partie de ses bases sociales naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Comme les dix plaies de l'&#201;gypte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dix plaies du n&#233;olib&#233;ralisme qu&#233;b&#233;cois vues par Jacques B. G&#233;linas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) L'environnement livr&#233; aux pollueurs et aux pr&#233;dateurs des biens communaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) L'agriculture envahie par un productivisme industriel enrag&#233; qui d&#233;vaste les campagnes et remplit nos assiettes de pesticides, hormones et OGM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) L'eau douce contamin&#233;e, d&#233;tourn&#233;e et subrepticement donn&#233;e aux&lt;br class='autobr' /&gt;
multinationales comme Danone et Nestl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Nos for&#234;ts saccag&#233;es par les barons du papier et du deux-par-quatre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) L'&#233;nergie mercantilis&#233;e pour satisfaire la boulimie gouvernementale et les ambitions exportatrices des supermanagers d'Hydro-Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) Les r&#233;gions p&#233;riph&#233;riques en voie de d&#233;peuplement et de d&#233;p&#233;rissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7) Les fusions municipales forc&#233;es au d&#233;triment de la d&#233;mocratie, rendant plus facile la privatisation des services d&#233;j&#224; dans le collimateur des multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8) Un syst&#232;me de sant&#233; malade sur la voie insidieuse de la privatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9) Le creusement des in&#233;galit&#233;s qui cr&#233;e de nouvelles cat&#233;gories de pauvres comme les pr&#233;caires, les marginaux, les sans-abri et autres d&#233;saffili&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10) L'&#233;conomie casino-loto-vid&#233;o poker organis&#233;e et aid&#233;e par le gouvernement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Pierre Mouterde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
