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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>La v&#233;rit&#233; est dans le travail ?</title>
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		<dc:date>2008-07-18T16:39:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gr&#233;gory Lambrette</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Psychologie et psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>Lambrette, Gr&#233;gory </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis plus de deux d&#233;cennies, la psychologie s'est vue attribuer la t&#226;che d'accompagner les personnes en situation d'exclusion ou de pr&#233;carisation dans le but de les ins&#233;rer ou de les r&#233;ins&#233;rer professionnellement et socialement. Ces deux adverbes ne sont pas couramment r&#233;unis pour rien : ils participent d'une lecture sugg&#233;rant que le palliatif par excellence &#224; l'exclusion est le travail. C'est l&#224;, nous semble-t-il, une confusion de niveau logique non n&#233;gligeable qui m&#233;rite d'&#234;tre examin&#233;e. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-24-avril-mai-2008-" rel="directory"&gt;No 024 - avril / mai 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Psychologie-et-psychiatrie-+" rel="tag"&gt;Psychologie et psychiatrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lambrette-Gregory-+" rel="tag"&gt;Lambrette, Gr&#233;gory &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton142.jpg?1642092136' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;340&#034; height=&#034;268&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis plus de deux d&#233;cennies, la psychologie s'est vue attribuer la t&#226;che d'accompagner les personnes en situation d'exclusion ou de pr&#233;carisation dans le but de les ins&#233;rer ou de les r&#233;ins&#233;rer &lt;i&gt;professionnellement&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;socialement&lt;/i&gt;. Ces deux adverbes ne sont pas couramment r&#233;unis pour rien : ils participent d'une lecture sugg&#233;rant que le palliatif par excellence &#224; l'exclusion est le travail. C'est l&#224;, nous semble-t-il, une confusion de niveau logique non n&#233;gligeable qui m&#233;rite d'&#234;tre examin&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si l'on fait jouer un r&#244;le important &#224; la psychologie au sein d'une entreprise, c'est qu'on la suppose capable d'am&#233;liorer directement ou indirectement la productivit&#233;. Elle est ainsi soumise &#224; une stricte vis&#233;e d'efficacit&#233; et d'efficience. Or, beaucoup d'approches aujourd'hui appliqu&#233;es au monde du travail ont &#233;t&#233; d&#233;voy&#233;es de leur application originelle, souvent th&#233;rapeutique. Ce n'est plus le bien du patient ou du &#171; client &#187; qui prime alors, mais celui du commanditaire, en l'occurrence l'entreprise. Cette instrumentalisation de la psychologie ne pose-t-elle pas l'important probl&#232;me &#233;thique, toujours d'actualit&#233; en psychologie et plus encore en psychoth&#233;rapie, de la diff&#233;rence entre la manipulation et l'influence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'immixtion de la psychologie et surtout son omnipr&#233;sence dans la sph&#232;re du travail vont de pair avec ce que le sociologue Robert Castel appelle &#171; &lt;i&gt;l'effritement de la soci&#233;t&#233; salariale&lt;/i&gt; &#187;. Elles d&#233;coulent d'une d&#233;politisation des positions et des discours sociaux qui conduit l'individu, seul face &#224; lui-m&#234;me, &#224; devenir la caisse de r&#233;sonance de ce qui se passe &#224; l'ext&#233;rieur de lui. Si le stress a &#233;t&#233; &#171; la maladie &#187; du XXe si&#232;cle, il est d&#233;j&#224; annonc&#233; que le XXIe si&#232;cle sera celui de la d&#233;pression (telles sont &#224; tout le moins les pr&#233;visions de l'Organisation mondiale de la sant&#233;). Mais tout n'est pas imputable au seul contexte professionnel. La psychologisation d&#233;douane la responsabilit&#233; du collectif et plus encore du politique en transportant les malheurs de l'un et de l'autre sur les individus. Ainsi le retour &#224; l'individu am&#232;ne-t-il &#224; &#171; bl&#226;mer la victime &#187; qu'on tient pour seule responsable de son malheur. Notre soci&#233;t&#233; m&#233;ritocratique aurait ainsi tendance &#224; penser que &#171; qui veut, peut &#187;. La volont&#233; paraissant plus importante que les d&#233;terminants sociaux, chacun est ainsi appel&#233; &#224; devenir l'entrepreneur de soi-m&#234;me (&#224; travers l'&#233;mergence du projet, du projet de vie&#8230;). La psychologie est alors convoqu&#233;e non seulement pour expliquer les &#233;cueils et plus encore les mani&#232;res de n'y plus tomber, mais surtout pour accompagner et encadrer de plus en plus souvent le &#171; non-emploi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re d'insertion et de r&#233;insertion, force est de constater aujourd'hui la pr&#233;gnance d'une terminologie qui n'est pas &#233;trang&#232;re &#224; cette conception des choses. Ainsi, la notion d'&lt;i&gt;employabilit&#233;&lt;/i&gt; est au c&#339;ur des pr&#233;occupations sociopolitiques et, bon an mal an, on peut la voir appliqu&#233;e dans la plupart des &#201;tats sans que la notion soit vraiment questionn&#233;e. &#192; la lecture des textes d&#233;velopp&#233;s souvent dans le cadre du Fonds social europ&#233;en, nous pourrions croire que l'&lt;i&gt;inemployabilit&#233;&lt;/i&gt; r&#233;sulterait strictement de probl&#232;mes psychosociaux. L'inemployabilit&#233; semble l'&#233;quivalent &lt;i&gt;mutatis mutandis&lt;/i&gt; d'une sorte d'anormalit&#233; li&#233;e au monde de l'entreprise. L'employabilit&#233; renverrait-elle &#224; une sorte d'adh&#233;sion &#224; la productivit&#233; contractualis&#233;e, indice de l'int&#233;gration sociale et de l'adh&#233;sion &#224; l'ordre dominant, pour reprendre une expression de Pierre Bourdieu (&lt;i&gt;Homo academicus&lt;/i&gt;, 1984) ? Cette norme est &#224; ce point int&#233;gr&#233;e que rares sont ceux qui paraissent ne pas souscrire &#224; la r&#232;gle. La pratique psychologique est suppos&#233;ment pens&#233;e comme devant accompagner, en ce contexte, les situations d'exclusion, sinon de les solutionner. Or, c'est l&#224; pr&#233;cis&#233;ment un probl&#232;me logique : on ne combat pas l'exclusion et &#224; plus forte raison les &#233;l&#233;ments qui la g&#233;n&#232;rent &#8211; notamment &#224; travers le travail &#8211; en apportant des r&#233;ponses strictement individuelles, fussent-elles articul&#233;es autour de l'emploi. Il est ainsi illusoire de penser que l'on peut aborder de front &#224; la fois l'exclusion sociale et la personne exclue (conform&#233;ment &#224; la norme d'employabilit&#233;) sans confondre les niveaux logiques comme les interventions que celles-ci appellent. Gardons-nous de fournir une r&#233;ponse individuelle &#224; un ph&#233;nom&#232;ne social, c'est-&#224;-dire d'expliquer, par un quelconque trouble individuel ou intra-individuel, l'apparition d'une exclusion dont les d&#233;terminants se situent souvent en amont. Les populations en &lt;i&gt;mal de travail&lt;/i&gt; sont diverses. Elles n'appellent pas n&#233;cessairement une explication ni m&#234;me une intervention d'ordre psychologique pour les aider ou comprendre leur situation. En le faisant, on renvoie toutefois les facteurs macro-sociologiques &#224; une portion congrue et l'individu &#224; une responsabilit&#233; &#224; la mesure du retrait de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gr&#233;gory Lambrette&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Psychologue d&#233;tach&#233; au Luxembourg au sein d'un projet en (r&#233;)insertion professionnelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Ces croisades contre les drogues</title>
		<link>https://www.ababord.org/Ces-croisades-contre-les-drogues</link>
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		<dc:date>2008-07-17T19:34:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gr&#233;gory Lambrette</dc:creator>


		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Lambrette, Gr&#233;gory </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le vice contre la vertu ! Telle est la dialectique fr&#233;quemment usit&#233;e et en laquelle s'enferre l'opinion publique comme les repr&#233;sentants politiques lorsqu'il est question de substances psychotropes, bornant ainsi le d&#233;bat &#224; des termes duels et moraux, nourrissant une rh&#233;torique tra&#231;ant elle-m&#234;me une fronti&#232;re souvent n&#233;buleuse et mouvante entre le licite et l'illicite. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est qu'il faut &#234;tre, pour suivre cette logique manich&#233;enne, malade ou criminel pour ne point souscrire ou adh&#233;rer aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Pauvrete-et-controle-" rel="directory"&gt;Dossier : Pauvret&#233; et contr&#244;le social&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Controle-repression-et-securite-+" rel="tag"&gt;Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lambrette-Gregory-+" rel="tag"&gt;Lambrette, Gr&#233;gory &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le vice contre la vertu ! Telle est la dialectique fr&#233;quemment usit&#233;e et en laquelle s'enferre l'opinion publique comme les repr&#233;sentants politiques lorsqu'il est question de substances psychotropes, bornant ainsi le d&#233;bat &#224; des termes duels et moraux, nourrissant une rh&#233;torique tra&#231;ant elle-m&#234;me une fronti&#232;re souvent n&#233;buleuse et mouvante entre le licite et l'illicite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est qu'il faut &#234;tre, pour suivre cette logique manich&#233;enne, malade ou criminel pour ne point souscrire ou adh&#233;rer aux valeurs et aux principes des classes dominantes fa&#231;onnant cette force d'&#226;me sans laquelle, pensent certains, nos soci&#233;t&#233;s iraient &#224; vau l'eau. Les multiples croisades engag&#233;es officiellement contre les drogues ont vis&#233; pr&#233;cis&#233;ment &#224; conserver voire &#224; restaurer une certaine conception de cet &#171; ordre moral &#187; dont on peut observer aujourd'hui encore la st&#233;rile agitation, sinon le suppos&#233; grand retour. Mais le constat est brutal et criant de v&#233;rit&#233;, la prohibition a plus que rat&#233; son objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soci&#233;t&#233;s occidentales contemporaines r&#233;sonnent au son d'un projet normatif dont le fondement et le moteur s'articulent pour l'heure autour de la gestion des risques. Et il se d&#233;gage de ce nouveau mode de gestion un concept central, celui de la &#171; s&#233;curit&#233; &#187;. Ce centre de gravit&#233; occulte cependant bien trop souvent toutes les autres orientations susceptibles de rem&#233;dier &#224; la mis&#232;re sociale de ce monde. Ob&#233;issant &#224; une logique de classes, ce type de projet soci&#233;tal gr&#232;ve ainsi les plus d&#233;favoris&#233;s pour prot&#233;ger principalement les &#233;lites. Il en va du ph&#233;nom&#232;ne toxicomaniaque comme d'autres ph&#233;nom&#232;nes sociaux. Ici cependant l'on confond, sciemment parfois, maladroitement souvent, les m&#233;faits individuels d'une consommation &#233;ventuellement probl&#233;matique et les m&#233;faits collectifs li&#233;s, eux&#8230; &#224; la prohibition et aux pratiques r&#233;pressives qui lui sont inh&#233;rentes. Et ce, alors que l'on sait qu'intrins&#232;quement, les substances usuellement consid&#233;r&#233;es comme illicites ne sont pas plus dangereuses que celles qualifi&#233;es de licites&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'OMS elle-m&#234;me souligne que l'essentiel des probl&#232;mes de sant&#233; dans le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiquement, la d&#233;signation d'un ennemi public, comme peut l'&#234;tre la &#171; soci&#233;t&#233; des drogues &#187;, permet de solidariser populations et pays autour d'un coupable dont on sait qu'il ne se d&#233;fendra gu&#232;re. Au nom du bien commun, chaque &#201;tat qui le souhaiterait peut empi&#233;ter ainsi sur les libert&#233;s individuelles des citoyens et citoyennes au nom de ce prestigieux et noble combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socialement, l'ent&#234;tement des politiques prohibitionnistes s'est r&#233;v&#233;l&#233; particuli&#232;rement inefficace, sinon d&#233;sastreux. Ces politiques, non content en effet de prolonger ou de r&#233;p&#233;ter un certain nombre d'in&#233;galit&#233;s socio-&#233;conomiques au sein m&#234;me de la population toxicomane, n'ont en rien fait d&#233;cro&#238;tre l'offre et la demande (alors que c'&#233;tait l&#224; leur objectif annonc&#233;). Pire m&#234;me, elles ont largement criminalis&#233; un grand nombre de conduites associ&#233;es &#224; l'usage non-m&#233;dical de certaines substances psychotropes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Carrier N., Quirion B., &#171; Les logiques de contr&#244;le de l'usage des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, au point qu'aujourd'hui on estime que plus de 50 % des personnes s&#233;journant au sein des prisons occidentales y sont pour des raisons li&#233;es, en tout ou en partie, au &#171; monde des drogues &#187;. Mais selon votre position dans l'espace social, vous aurez plus ou moins de probabilit&#233; de vous retrouver derri&#232;re les verrous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours selon votre appartenance de classe, l'acc&#232;s &#224; une qualit&#233; de produits et le type d'usage diff&#232;rent plus que sensiblement (ce qui n'est pas sans cons&#233;quence pour la sant&#233; des consommateurs). Le maintien social, l'insertion voire les possibilit&#233;s de r&#233;insertion sont &#233;galement fortement influenc&#233;es par ce facteur, quand celui-ci n'influe pas directement la perception et la stigmatisation des consommateurs par la justice et les forces polici&#232;res. Il est aujourd'hui en effet bien moins dangereux d'&#234;tre un cadre coca&#239;nomane que d'&#234;tre un ch&#244;meur fumeur de cannabis. La logique prohibitionniste, s'appuyant sur le postulat qu'il faut prot&#233;ger le citoyen de lui-m&#234;me (et ce, en contradiction avec la libert&#233; des personnes &#224; disposer d'elles-m&#234;mes), montre une discrimination flagrante des personnes dans les faits. Ainsi et toujours selon cette seule logique, les Noirs am&#233;ricains g&#233;reraient les drogues illicites bien moins bien que les Blancs. Ou quand les croisades contre les drogues rencontrent la lutte des classes et le choc des cultures&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin mondialement, et contrairement &#224; ce que l'on pense, l'expansion et le d&#233;veloppement de ce vaste et h&#233;t&#233;roclite march&#233; des drogues profitent aujourd'hui bien plus aux pays occidentaux qu'&#224; ceux du tiers-monde. La belle m&#233;canique prohibitionniste n'a fait &#224; cet endroit que perp&#233;tuer les in&#233;galit&#233;s Nord-Sud, comme elle prolonge d'autres disparit&#233;s au sein m&#234;me de nos soci&#233;t&#233;s occidentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En imposant un objectif en lieu et place du citoyen, celui de la tol&#233;rance z&#233;ro face aux drogues illicites, les &#201;tats prohibitionnistes substituent &#224; une question d&#233;mocratique, en l'occurrence celle posant un choix de soci&#233;t&#233;, un dogmatisme dont l'int&#233;r&#234;t r&#233;side en l'accroissement du contr&#244;le des libert&#233;s individuelles. Aussi nous postulons que c'est bien plut&#244;t notre relation aux personnes toxicomanes qu'il faut changer plut&#244;t que de vouloir lutter contre la toxicomanie comme ces croisades contre les drogues se sont vainement &#233;chin&#233;es &#224; le faire depuis plus d'un si&#232;cle maintenant. Un saut logique en quelque sorte&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'OMS elle-m&#234;me souligne que l'essentiel des probl&#232;mes de sant&#233; dans le monde est d&#251; aux substances licites plut&#244;t qu'aux substances illicites (Organisation Mondiale de la Sant&#233;, &lt;i&gt;Neurosciences : usage de substances psychoactives et d&#233;pendance,&lt;/i&gt; Gen&#232;ve, 2004).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Carrier N., Quirion B., &#171; Les logiques de contr&#244;le de l'usage des drogues illicites &#187;, &lt;i&gt;Drogues, sant&#233; et soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, 2003, Vol. 2, N&#176;1, 4-34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gr&#233;gory Lambrette&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Psychologue et psychoth&#233;rapeute, post-gradu&#233; en psychologie des &#233;tats de conscience et des assu&#233;tudes au Centre Emmanuel (Luxembourg).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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