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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Un capitalisme, deux capitalismes...</title>
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		<dc:date>2010-02-16T14:58:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raymond Favreau</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Favreau, Raymond </dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En cette p&#233;riode de remise en question du syst&#232;me capitaliste, ou du moins de sa variante financiaris&#233;e, il peut &#234;tre utile de bien d&#233;finir ce syst&#232;me, qui combine la mont&#233;e du ch&#244;mage et des in&#233;galit&#233;s, les risques d'un d&#233;sastre &#233;cologique et le n&#233;o-imp&#233;rialisme. Le regain de popularit&#233; de Marx t&#233;moigne du d&#233;sir de comprendre le syst&#232;me. Par ailleurs, des ouvrages r&#233;cents indiquent un relatif manque de rigueur chez plusieurs commentateurs. S'agit-il d'un syst&#232;me ou de plusieurs syst&#232;mes ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-32-dec-2009-jan-2010-" rel="directory"&gt;No 032 - d&#233;c. 2009 / jan. 2010&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Favreau-Raymond-+" rel="tag"&gt;Favreau, Raymond &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton966.gif?1642092280' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;335&#034; height=&#034;250&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En cette p&#233;riode de remise en question du syst&#232;me capitaliste, ou du moins de sa variante financiaris&#233;e, il peut &#234;tre utile de bien d&#233;finir ce syst&#232;me, qui combine la mont&#233;e du ch&#244;mage et des in&#233;galit&#233;s, les risques d'un d&#233;sastre &#233;cologique et le n&#233;o-imp&#233;rialisme. Le regain de popularit&#233; de Marx t&#233;moigne du d&#233;sir de comprendre le syst&#232;me. Par ailleurs, des ouvrages r&#233;cents&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par exemple, Carlo Cafiero, Abr&#233;g&#233; du &#171; Capital &#187; de Karl Marx, Le Chien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; indiquent un relatif manque de rigueur chez plusieurs commentateurs. S'agit-il d'un syst&#232;me ou de plusieurs syst&#232;mes ? Deux livres publi&#233;s en 2008 et 2009 peuvent illustrer cle manque d'unicit&#233;. Pourtant leurs auteurs, Omar Aktouf et Jean-Fran&#231;ois Kahn, ne manquent pas de connaissances.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La crise financi&#232;re sous analyse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, chaque auteur d&#233;crit &#224; sa mani&#232;re les exc&#232;s financiers qui ont men&#233; &#224; la crise des &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt;, Kahn les attribuant au n&#233;olib&#233;ralisme g&#233;n&#233;ralement, alors qu'Aktouf met l'accent sur le fonctionnement manag&#233;rial, qui domine dans les pays anglo-saxons. Ce qu'Aktouf entend par &lt;i&gt;l'&#233;conomie-management &#224; l'am&#233;ricaine&lt;/i&gt; correspond &#224; certaines composantes du n&#233;olib&#233;ralisme qu'on trouve dans le G20. Il s'agit de la direction des entreprises par des PDG choisis non pas pour leur connaissance des produits ou services, mais pour leurs talents, r&#233;els ou imagin&#233;s, pour les strat&#233;gies ax&#233;es sur la comp&#233;titivit&#233;, les &#171; d&#233;cisions difficiles &#187; (coupures et d&#233;localisations), les fusions/acquisitions, et les profits exag&#233;r&#233;s pour les actionnaires et pour financer les rachats d'actions, les stock-options, et les r&#233;mun&#233;rations ind&#233;centes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les explications que donne Kahn de la crise de 2008 sont plus pointues mais rejoignent en partie celles d'Aktouf et sont assorties d'exemples : la d&#233;r&#233;gulation des march&#233;s financiers et des banques ; la transformation de la Bourse en casino ; la multiplication des produits d&#233;riv&#233;s et la sp&#233;culation &#224; d&#233;couvert ; l'endettement des plus pauvres devenu un levier permettant de maximiser les profits des plus riches ; le placement de sommes consid&#233;rables (elles aussi emprunt&#233;es), &lt;i&gt;non dans les entreprises productives, mais dans des officines de martingales math&#233;matis&#233;es dans les prises de position &#171; &#224; terme &#187; sur des &#233;volutions d'indices... On d&#233;coupait en tranches des cr&#233;ances douteuses pour les transformer en actifs financiers juteux&#8230; On financiarisait la protection contre le risque, au point o&#249; le risque majeur devenait la cons&#233;quence de cette financiarisation de la protection&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un capitalisme ou des capitalismes ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; les deux auteurs diff&#232;rent le plus, c'est dans la d&#233;finition du porte sur le capitalisme lui-m&#234;me. Alors que pour Kahn il n'y a qu'un syst&#232;me capitaliste, souffrant &#224; divers degr&#233;s des imp&#233;ratifs du Consensus de Washington, pour Aktouf la situation des derni&#232;res d&#233;cennies a &#233;volu&#233; vers deux capitalismes &#224; l'&#233;chelle globale. Le premier est le capitalisme manag&#233;rial anglo-saxon hautement financiaris&#233;, qu'on trouve aux &#201;tats-Unis, en Grande-Bretagne, en Australie, en Nouvelle-Z&#233;lande et au Canada (le groupe anglo-saxon). Le deuxi&#232;me ensemble se trouve en Scandinavie, en Allemagne, en Chine, au Japon et en Cor&#233;e du Sud. Ce deuxi&#232;me groupe, selon Aktouf, a mieux pr&#233;serv&#233; les emplois et son secteur industriel est moins sous la houlette des Bourses et du monde financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est probable qu'Aktouf id&#233;alise ce deuxi&#232;me groupe, qu'il consid&#232;re comme le capitalisme industriel, sous id&#233;ologie de type &#171; &#233;conomie sociale &#187;, alors que le premier repr&#233;sente le capitalisme financier anim&#233; par le n&#233;olib&#233;ralisme. Il attribue au capitalisme industriel des qualit&#233;s devenues beaucoup moins &#233;videntes depuis que Galbraith aavait fait la distinction entre ces deux ensembles. Pour Aktouf, le capitalisme industriel chercherait encore et &lt;i&gt;d'abord &#224; offrir le meilleur produit ou service possible pour, ensuite, en faire une source durable de profits&lt;/i&gt;. Dans les pays industriels, d'apr&#232;s lui, l'employeur consid&#232;re le syndicat comme un partenaire et la gestion des entreprises est coll&#233;giale-participative. Cela semble exag&#233;r&#233; et n'est surtout pas vrai de la Cor&#233;e du Sud, o&#249; les relations patronales-syndicales sont brutales. Si les relations de travail japonaises sont moins mauvaises que dans le groupe anglo-saxon, il reste qu'elles se sont beaucoup d&#233;t&#233;rior&#233;es depuis l'&#233;lection de Junichiro Ko&#239;zumi en 2001 : l'emploi autrefois stable dans les grandes corporations l'est beaucoup moins, le ch&#244;mage et la pauvret&#233; ont augment&#233;. Son &#233;conomie est la plus mal en point de l'OCDE.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une vision &#171; rose &#187; du capitalisme industriel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Autre signe d'une perception ind&#251;ment rose du &#171; capitalisme industriel &#187;, Aktouf &#233;crit qu'en Chine &lt;i&gt;malgr&#233; des salaires d&#233;risoires, la situation &#233;conomique et la qualit&#233; de vie de beaucoup, y compris dans les campagnes, s'am&#233;liore constamment&lt;/i&gt;. Ce qui correspond peu au v&#233;cu de la majorit&#233; des ouvriers et paysans, priv&#233;s de programmes sociaux, ayant &#224; payer pour les services m&#233;dicaux et pour envoyer leurs enfants &#224; l'&#233;cole. Les paysans sont expuls&#233;s de leurs terres au profit des promoteurs immobiliers. Les ouvriers n'ont pas le droit de se syndiquer ni &#224; l'assurance-ch&#244;mage. En mai 2009, les industries manufacturi&#232;res &#233;taient en difficult&#233;, les exportations ont baiss&#233;, et des dizaines de millions d'ouvriers &#233;taient au ch&#244;mage. La Bourse de Shanga&#239; d&#233;passe celle de Londres, et depuis 2008 il y a eu des krachs dans les pays du groupe Nord/Sud-Est. Depuis son virage vers le &#171; socialisme de march&#233; &#187;, la Chine se hisse vers le haut de la liste des pays o&#249; r&#232;gnent les plus grandes in&#233;galit&#233;s . Son coefficient Gini est de 6 et elle se place &#224; la 89e place. M&#234;me s'il y &#233;merge une classe moyenne, nous sommes loin d'une &#171; &#233;conomie sociale &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
En fait le groupe Nord/Sud-Est, &#224; des degr&#233;s divers, est beaucoup plus pr&#232;s de la situation socio&#233;conomique qui frappe le groupe anglo-saxon. Voici quelques exemples. Convenons que la Norv&#232;ge compose mieux avec la crise que les &#201;tats anglo-saxons, d&#251; aux revenus p&#233;troliers. Mais la Bourse y joue un r&#244;le appr&#233;ciable. En mai 2009, la ministre des Finances a souscrit 60 milliards $US du fonds de pension gouvernemental en actions sur le march&#233; boursier. En Su&#232;de, le ch&#244;mage des jeunes est deux fois plus &#233;lev&#233; que la moyenne. Les ch&#244;meurs allemands souffrent des baisses d'assurance-ch&#244;mage d&#233;cr&#233;t&#233;es par Schr&#246;der, et Merkel a augment&#233; la TVA de 3 %. Malgr&#233; l'opinion d'Aktouf voulant que les pays du groupe Nord/Sud-Est versent peu dans les fusions/acquisitions, on a vu l'acquisition de Rolls-Royce et de Bentley par BMW et VW et les tentatives de fusion de Porsche et de VW.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une r&#233;volution peut-elle &#234;tre &#171; centriste &#187; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vu qu'il identifie deux types de capitalismes tr&#232;s diff&#233;rents, l'un financier et l'autre industriel, Aktouf d&#233;plore qu'&lt;i&gt;on fasse comme s'il n'existait qu'un seul capitalisme&lt;/i&gt;. Par contre, Kahn non seulement ne per&#231;oit qu'un syst&#232;me capitaliste, mais croit que le proto-capitalisme date de 380 avant J.C. (!). Pourtant la plupart des auteurs trouvent les racines du capitalisme au Moyen-&#194;ge et ils situent son d&#233;but aux environs du XVIe si&#232;cle. Kahn semble confondre l'existence de l'argent et du march&#233;, d'une part, avec leet capitalisme, d'autre part. Bien s&#251;r, le march&#233; existe depuis qu'on produit des surplus, mais de l&#224; &#224; y voir le d&#233;but de l'accumulation du capital g&#233;n&#233;r&#233; par l'exploitation des salari&#233;s, la marge est &#233;norme. Une autre diff&#233;rence du traitement de la question par Kahn est sa forte critique de la gauche social-d&#233;mocrate, en Allemagne, en France, en Angleterre, en Nouvelle-Z&#233;lande, en Espagne, au Portugal et au Chili. Les gouvernements de la 3e voie ont tous adopt&#233; et appliqu&#233; le n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si Kahn critique le n&#233;olib&#233;ralisme et malgr&#233; le sous-titre de son livre &lt;i&gt;Pour un centrisme r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;, il ne veut pas abolir le capitalisme. Sa &lt;i&gt;r&#233;volution centriste&lt;/i&gt; remplacerait l'argent par l'esp&#232;ce humaine au centre de la civilisation. Et il veut &#233;viter les ruptures avec le meilleur du lib&#233;ralisme et du socialisme. Celui du socialisme d&#233;coule de son projet de lib&#233;ration collective et individuelle ; celui du lib&#233;ralisme inclut, d'apr&#232;s lui, la concurrence, le pluralisme, l'acc&#232;s au march&#233; et l'esprit d'entreprise. Et il &#233;num&#232;re les valeurs contradictoires et compl&#233;mentaires que la soci&#233;t&#233; doit pr&#233;server : libert&#233; et s&#233;curit&#233;, pr&#233;vention et sanction, march&#233; et &#201;tat, individualisme et collectivisme, priv&#233; et public, etc. De plus, il pr&#244;ne le remplacement du n&#233;oconservatisme par un lib&#233;ralisme social qui, malgr&#233; ses d&#233;n&#233;gations, ressemblerait beaucoup &#224; celui d'apr&#232;s-guerre. Son admiration pour Charles de Gaulle et Pierre Mend&#232;s France, longuement &#233;tal&#233;evoqu&#233;e, en t&#233;moigne de fa&#231;on &#233;loquente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni Kahn ni Aktouf ne traitent en profondeur des d&#233;g&#226;ts &#233;cologiques caus&#233;s par la production capitaliste. Pourtant, pour plusieurs, la crise serait l'occasion de contester la croissance industrielle. Donc, ni Aktouf ni Kahn ne remettent en question le syst&#232;me capitaliste, m&#234;me si depuis ao&#251;t 2008, Wall Street et les &lt;i&gt;banksters&lt;/i&gt; ont d&#233;montr&#233; jusqu'&#224; quel point ce syst&#232;me est contradictoire et incoh&#233;rent, et m&#234;me si Kahn note qu'il &lt;i&gt;porte en lui des pulsions d&#233;linquantes et criminelles qu'on ne saurait totalement pr&#233;venir sans asphyxier le capitalisme lui-m&#234;me&lt;/i&gt;. Leur nostalgie non avou&#233;e pour les Trente Glorieuses joue probablement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Omar Aktouf, Halte au g&#226;chis, Liber, Montr&#233;al, 2008 ; et Jean-Fran&#231;ois Kahn, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans cette h&#233;sitation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par exemple, Carlo Cafiero, Abr&#233;g&#233; du &#171; Capital &#187; de Karl Marx, &lt;i&gt;Le Chien rouge&lt;/i&gt;, Marseille, 2008 ; Marcello Musto, &#233;d., &lt;i&gt;Karl Marx's Grundrisse&lt;/i&gt;, Routledge, Oxon, Grande-Bretagne, 2008. De plus Marx se retrouve en page couverture de la livraison de &lt;i&gt;Foreign Policy&lt;/i&gt; mai-juin 2009, ainsi que de &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, hors-s&#233;rie, juin-juillet 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Omar Aktouf, &lt;i&gt;Halte au g&#226;chis&lt;/i&gt;, Liber, Montr&#233;al, 2008 ; et Jean-Fran&#231;ois Kahn, Fayard, L'alternative, Paris, 2009. &#192; noter que l'usage de ces deux oeuvres pour illustrer des perceptions douteuses du syst&#232;me-monde moderne n'&#233;carte pas leurs qualit&#233;s. Halte au g&#226;chis contient un excellent traitement de deux probl&#232;mes contemporains : la d&#233;rive de l'&#233;ducation et le pr&#233;tendu choc des civilisations. L'alternative est riche en d&#233;tails sur l'actualit&#233; socio&#233;conomique et sur les trahisons de la social-d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Taxes r&#233;gressives et frais aux usagers</title>
		<link>https://www.ababord.org/Taxes-regressives-et-frais-aux</link>
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		<dc:date>2009-04-12T22:22:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raymond Favreau</dc:creator>


		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Favreau, Raymond </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'imp&#244;t progressif sur le revenu est sans doute l'une des meilleures fa&#231;ons que l'on ait trouv&#233; pour r&#233;partir &#233;quitablement la richesse. Selon son principe, plus on gagne, plus la contribution &#224; l'imp&#244;t est proportionnellement &#233;lev&#233;e. Ce qui n'emp&#234;che pas, bien s&#251;r, les riches de rester riches. Malheureusement, au cours de ces 30 derni&#232;res ann&#233;es, l'establishment a r&#233;solu, sans d&#233;bat public, de changer ce r&#233;gime fiscal pour privil&#233;gier les taxes &#224; la consommation et l'augmentation des frais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Fiscalite-equitable-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Fiscalit&#233; &#233;quitable et justice sociale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-canadienne-+" rel="tag"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Favreau-Raymond-+" rel="tag"&gt;Favreau, Raymond &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton838.gif?1642092275' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;742&#034; height=&#034;449&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'imp&#244;t progressif sur le revenu est sans doute l'une des meilleures fa&#231;ons que l'on ait trouv&#233; pour r&#233;partir &#233;quitablement la richesse. Selon son principe, plus on gagne, plus la contribution &#224; l'imp&#244;t est proportionnellement &#233;lev&#233;e. Ce qui n'emp&#234;che pas, bien s&#251;r, les riches de rester riches. Malheureusement, au cours de ces 30 derni&#232;res ann&#233;es, l'establishment a r&#233;solu, sans d&#233;bat public, de changer ce r&#233;gime fiscal pour privil&#233;gier les taxes &#224; la consommation et l'augmentation des frais aux usagers, qui ne tiennent pas compte des moyens de payer. La transformation est injuste : d&#233;sormais, les pauvres et la classe moyenne paieront davantage, et les riches, beaucoup moins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand les boutefeux de l'ultralib&#233;ralisme s'en prennent aux &#171; taxes &#187;, pr&#233;tendument plus &#233;lev&#233;es au Canada qu'ailleurs dans le G7&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce qui est faux d'apr&#232;s des &#233;tudes du cabinet de fiscalit&#233; KPMG.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ils font rarement la distinction entre les imp&#244;ts sur le revenu et les taxes r&#233;gressives &#8211; TVQ et TPS. Les premiers sont encore quelque peu progressifs, &#233;tant cotis&#233;s selon trois paliers de revenus. Par contre, les taxes sur les biens et les services frappent chaque individu au m&#234;me taux unique, sans &#233;gard &#224; ses revenus. De sorte que le sans-abri paie la TVQ au m&#234;me taux que Paul Desmarais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que les frais aux usagers, qu'exigent les gouvernements et les instances publiques, sont aussi r&#233;gressifs. Ces tarifs sont de plus en plus nombreux et de plus en plus &#233;lev&#233;s. Mentionnons entre autres ceux d'Hydro-Qu&#233;bec, les frais de scolarit&#233;, du transport en commun, de la poste et d'enregistrement, les droits de douane, les frais des garderies de la petite enfance, les frais m&#233;dicaux non couverts par l'assurance maladie, les primes d'assurance automobile, etc. Au d&#233;but de d&#233;cembre 2008, nous apprenons qu'Hydro-Qu&#233;bec veut encore hausser ses tarifs. Depuis 2004, ses hausses s'&#233;l&#232;vent &#224; 19,4 %.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;P&#233;dale douce sur les coupures d'imp&#244;ts ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis qu'&#224; l'instar des banques de Wall Street, les banques canadiennes et autres investisseurs institutionnels ont indiqu&#233; leur intention de se faire rembourser par Ottawa les pertes subies &#224; cause de leurs mauvais investissements, les porte-parole du monde des affaires mettent la p&#233;dale douce aux demandes de coupures d'imp&#244;ts, car il faudra bien que les contribuables fournissent le prix de ces cadeaux aux banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors que les Lucides et leurs &#233;mules mettent en sourdine la campagne contre les imp&#244;ts, des politiciens, des chroniqueurs et journalistes des pages des affaires, des &#233;conomistes de service, par inconscience ou par ignorance, pr&#244;nent la hausse des taxes r&#233;gressives et des tarifs aux usagers. Quelques exemples : le Rapport Montmarquette&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Montmarquette et Joseph Facal, Mieux tarifer pour mieux vivre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui pr&#233;tend que nous baignons en pleine culture de la gratuit&#233; ; Pauline Marois qui trouve &#171; int&#233;ressante &#187; l'id&#233;e d'augmenter la TVQ pour profiter de la r&#233;duction de la TPS par le ministre f&#233;d&#233;ral des Finances ; et le pr&#233;sident de l'Association des jeunes m&#233;decins du Qu&#233;bec, Fran&#231;ois-Pierre Gladu, qui propose l'augmentation de la TVQ et des frais aux usagers afin de financer le remboursement acc&#233;l&#233;r&#233; de la dette publique du Qu&#233;bec&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pour l&#233;guer un avenir prometteur &#187;, Le Devoir, 15 novembre 2008.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#234;me si celle-ci n'a rien de catastrophique, se situant dans la moyenne du G8 par rapport au PIB. En 2007, les &#233;conomistes Jean-Louis Garon et Alain Therrien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;dateur et imposteur : La politique &#233;conomique selon Jean Chr&#233;tien et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont exprim&#233; leur admiration &#224; l'&#233;gard de Brian Mulroney pour avoir eu le &#171; courage &#187; d'imposer la TPS aux Canadiens. Et, comble de z&#232;le ultralib&#233;ral, le gouvernement du Nouveau-Brunswick propose de remplacer les quelques paliers des imp&#244;ts par un taux unique &#8211; et compenser le manque &#224; gagner qui en r&#233;sulterait en augmentant de 2 % la taxe de vente provinciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, les gouvernements f&#233;d&#233;raux et provinciaux ont diminu&#233; de fa&#231;on marqu&#233;e la progressivit&#233; des imp&#244;ts. Selon une &#233;tude de la Chaire d'&#233;tudes socio&#233;conomiques de l'UQAM, &#171; &lt;i&gt;alors qu'un contribuable d&#233;clarant une r&#233;mun&#233;ration annuelle de 100 000 $ consacrait &#224; l'imp&#244;t sur le revenu une part de ses revenus sup&#233;rieure de 30 % &#224; celui gagnant 50 000 $, cette diff&#233;rence entre les deux diminuait &#224; 9 % lorsque l'on tenait compte de l'ensemble des taxes. Force est de constater qu'&#224; partir d'un revenu annuel de 50 000 $, la progressivit&#233; de l'ensemble du r&#233;gime fiscal qu&#233;b&#233;cois s'&#233;vapore&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gino Lambert, Sylvain Charron et Jean-Eddy P&#233;an, Le syst&#232;me fiscal qu&#233;b&#233;cois (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette progressivit&#233; est d'autant plus r&#233;duite que les diverses augmentations de tarif d&#233;cr&#233;t&#233;es par les gouvernements p&#233;quistes et lib&#233;raux p&#233;nalisent les plus d&#233;favoris&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique, pour ainsi dire, de la vulgate n&#233;olib&#233;rale qui sous-tend l'argumentaire en faveur des taxes r&#233;gressives et des frais aux usagers est que le gros de la recette fiscale ne devrait pas venir de ceux qui investissent et cr&#233;ent la richesse et les emplois. Malheureusement, depuis le milieu des ann&#233;es 1980, les riches et les entreprises importantes investissent tr&#232;s peu dans l'&#233;conomie r&#233;elle, se servant des sommes non pay&#233;es en imp&#244;ts pour racheter des entreprises d&#233;j&#224; existantes, pour sp&#233;culer sur les taux de change et d'int&#233;r&#234;ts, quand ce n'est pas pour simplement virer des fortunes dans les paradis fiscaux. Une des motivations du monde des affaires pour inciter les gouvernements &#224; multiplier et &#224; augmenter les frais aux usagers des services publics est de discr&#233;diter le secteur public afin de faciliter les privatisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, au cours des derni&#232;res ann&#233;es, Ottawa a l&#233;g&#232;rement rabaiss&#233; le taux de la TPS, m&#234;me si cette baisse &#233;tait le fait du gouvernement ultralib&#233;ral de Stephen Harper, de nombreux r&#233;dacteurs et chroniqueurs ont trouv&#233; &#224; redire, citant des &#233;conomistes selon qui un tel ajustement n'est pas &#171; efficace &#187;. Comme si l'argument d'autorit&#233; suffit, sans tenir compte du fait que les &#233;conomistes &#224; la solde des banques et de Bay Street ne sont pas n&#233;cessairement qualifi&#233;s pour &#233;valuer des questions de justice sociale, ni m&#234;me de l'efficacit&#233; au plan social et &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Adam Smith oubli&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;olib&#233;raux, qui favorisent la fiscalit&#233; r&#233;gressive, aiment invoquer Adam Smith &#224; l'appui de leurs th&#232;ses libre-&#233;changistes et en faveur du march&#233; libre. Par ailleurs, ils passent sous silence ce qu'il a &#233;crit sur les taxes et les moyens de payer : &#171; &lt;i&gt;Les sujets de tout &#201;tat devraient contribuer au soutien du gouvernement, autant que possible en proportion de leurs capacit&#233;s respectives, c'est-&#224;-dire, en proportion du revenu dont ils jouissent respectivement sous sa protection&#8230; L'observation de cette maxime constitue ce qu'on appelle l'&#233;galit&#233; ou l'in&#233;galit&#233; de l'imposition.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Adam Smith, Enqu&#234;te sur la nature et les causes de la richesse des Nations, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cette maxime &#233;tait consacr&#233;e en 1789 &#224; l'article 13 de la &lt;i&gt;D&#233;claration des droits de l'Homme et du Citoyen&lt;/i&gt;, adopt&#233;e &#224; la suite de la R&#233;volution fran&#231;aise. Son principe subsiste aujourd'hui sous le vocable de justice fiscale verticale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vertical equity : Vern Krishna, The Fundamentals of Canadian Income Tax, p. 12.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui signifie que les imp&#244;ts qu'un contribuable paie doit tenir compte de son niveau dans l'&#233;chelle des revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 30 derni&#232;res ann&#233;es ont vu des tr&#232;s riches, surtout du secteur des finances, s'enrichir davantage aux d&#233;pens de la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral, au fil des bulles sp&#233;culatives qui ont men&#233; &#224; la crevaison de la derni&#232;re bulle, d&#233;coulant des &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt;. Dans un tel contexte, il est d&#233;plorable de voir les &lt;i&gt;think tanks&lt;/i&gt; de la droite affairiste persister dans leurs d&#233;marches en vue de faire payer les pauvres et ce qui reste de la classe moyenne, dont les revenus stagnent ou baissent depuis les ann&#233;es 80. D'apr&#232;s Statistique Canada, en 1985 le revenu moyen au Canada &#233;tait de 30 000$. En 2008, en dollars constants, il est de 30 033 $.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si d'une part les Montmarquette et autres favorisent les taxes r&#233;gressives malgr&#233; la mont&#233;e des in&#233;galit&#233;s, le tsunami financier qui frappe le G20 depuis ao&#251;t 2007 a incit&#233; le premier ministre britannique, Gordon Brown, &#224; inclure dans son projet de sauvetage de l'&#233;conomie de son pays une baisse de 2,5 % de la TVA &#8211; l'&#233;quivalent de la TPS. Cette mesure va-t-elle se propager dans les pays affect&#233;s par l'actuelle r&#233;cession ? On ose l'esp&#233;rer, quoique le projet au Nouveau-Brunswick d'un imp&#244;t &#224; taux unique n'est pas encourageant. Par ailleurs, une v&#233;ritable r&#233;forme fiscale et sociale &#233;liminerait carr&#233;ment les taxes r&#233;gressives et mettrait fin &#224; la multiplication et hausses des frais aux usagers, tickets mod&#233;rateurs et autres impositions r&#233;gressives. Pour compenser, on r&#233;tablirait un r&#233;gime d'imp&#244;ts sur le revenu v&#233;ritablement progressif, avec plus de paliers, des taux &#233;lev&#233;s applicables aux riches, tout en &#233;liminant les abris et les paradis fiscaux, ainsi que les &#233;chappatoires et avantages qui profitent aux contribuables ais&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce qui est faux d'apr&#232;s des &#233;tudes du cabinet de fiscalit&#233; KPMG.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Montmarquette et Joseph Facal, &lt;i&gt;Mieux tarifer pour mieux vivre ensemble : Rapport du groupe de travail sur la tarification des services publics&lt;/i&gt;, Qu&#233;bec, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pour l&#233;guer un avenir prometteur &#187;, &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, 15 novembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le pr&#233;dateur et imposteur : La politique &#233;conomique selon Jean Chr&#233;tien et Paul Martin&lt;/i&gt;, &#201;ditions Michel Brul&#233;, Montr&#233;al, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gino Lambert, Sylvain Charron et Jean-Eddy P&#233;an, &lt;i&gt;Le syst&#232;me fiscal qu&#233;b&#233;cois est-il vraiment progressiste ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Adam Smith, &lt;i&gt;Enqu&#234;te sur la nature et les causes de la richesse des Nations&lt;/i&gt;, Livre 5, Presses universitaires de France, Paris, 1995 (publi&#233; en anglais en 1776), p. 929.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Vertical equity&lt;/i&gt; : Vern Krishna, &lt;i&gt;The Fundamentals of Canadian Income Tax&lt;/i&gt;, p. 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Raymond Favreau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juriste et membre fondateur du R&#233;seau mondial justice fiscale&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le pr&#233;dateur et l'imposteur. La politique &#233;conomique selon Jean Chr&#233;tien et Paul Martin</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-predateur-et-l-imposteur-La</link>
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		<dc:date>2008-08-13T01:55:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raymond Favreau</dc:creator>


		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Favreau, Raymond </dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jean-Denis Garon et Alain Therrien, Le pr&#233;dateur et l'imposteur. La politique &#233;conomique selon Jean Chr&#233;tien et Paul Martin, &#201;ditions Michel Brul&#233;, Montr&#233;al, 2007. &lt;br class='autobr' /&gt; De prime abord le lecteur appr&#233;cie la critique d&#233;taill&#233;e que font les auteurs de la r&#233;forme de l'assurance-ch&#244;mage, qu'ils qualifient d'odieuse, et que Paul Martin a effectu&#233; aux frais des ch&#244;meurs. Tr&#232;s bon aussi est le r&#233;sum&#233; qu'ils font de l'histoire des relations f&#233;d&#233;rales et provinciales sur le plan fiscal et financier, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-24-avril-mai-2008-" rel="directory"&gt;No 024 - avril / mai 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-canadienne-+" rel="tag"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Favreau-Raymond-+" rel="tag"&gt;Favreau, Raymond &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton704.jpg?1642092272' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;243&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jean-Denis Garon et Alain Therrien, &lt;i&gt;Le pr&#233;dateur et l'imposteur. La politique &#233;conomique selon Jean Chr&#233;tien et Paul Martin&lt;/i&gt;, &#201;ditions Michel Brul&#233;, Montr&#233;al, 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De prime abord le lecteur appr&#233;cie la critique d&#233;taill&#233;e que font les auteurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ils sont tous deux &#233;conomistes.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de la r&#233;forme de l'assurance-ch&#244;mage, qu'ils qualifient d'odieuse, et que Paul Martin a effectu&#233; aux frais des ch&#244;meurs. Tr&#232;s bon aussi est le r&#233;sum&#233; qu'ils font de l'histoire des relations f&#233;d&#233;rales et provinciales sur le plan fiscal et financier, qui a men&#233; au d&#233;s&#233;quilibre fiscal actuel. Ils relatent assez bien les nombreux empi&#232;tements d'Ottawa dans les champs de comp&#233;tence des provinces, son abus du pouvoir de d&#233;penser, et les massives coupures dans les transferts aux gouvernements provinciaux &#224; compter de 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils reprochent &#224; Chr&#233;tien et &#224; Martin de se vanter d'avoir &#233;limin&#233; le d&#233;ficit, sans en avoir parl&#233; durant leur campagne &#233;lectorale, et de l'avoir fait aux d&#233;pens des programmes sociaux, f&#233;d&#233;raux et provinciaux. Ils concluent en faveur de la souverainet&#233; du Qu&#233;bec comme moyen de sortir du marasme des finances publiques qu&#233;b&#233;coises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le reste des propos de Garon et Therrien cadraient mieux avec ce qui pr&#233;c&#232;de, l'&#233;valuation de leur ouvrage serait moins n&#233;gative. Mais, pour le reste les contradictions s'accumulent et elles ne seront pas sans &#233;tonner le lecteur qui s'attend &#224; une certaine suite dans les id&#233;es. Car autant ils ne m&#233;nagent pas Martin et Chr&#233;tien, autant ils sont &#233;logieux du gouvernement Mulroney, qui d'apr&#232;s les auteurs a eu le &#171; courage &#187; de mettre en place l'AL&#201;, l'AL&#201;NA et la TPS. Mulroney et son ministre des Finances Wilson re&#231;oivent aussi une bonne note pour n'avoir coup&#233; dans les transferts aux provinces que lorsque Ottawa &#233;tait en situation d&#233;ficitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons les autres bijoux &#171; lucides &#187; qu'on trouve dans Le pr&#233;dateur et l'imposteur : Garon et Therrien donnent cr&#233;dit &#224; Chr&#233;tien pour avoir privatis&#233; des soci&#233;t&#233;s d'&#201;tat comme le Canadien National. Ils d&#233;plorent que la Loi f&#233;d&#233;rale sur le financement de l'assurance-maladie emp&#234;che les Qu&#233;b&#233;coises de d&#233;battre des &#171; options &#187; (sous-entendu : de l'introduction du priv&#233;). Ils &#233;crivent que la taille de la dette f&#233;d&#233;rale, qui selon eux est plus &#233;lev&#233;e que celle des provinces, emp&#234;che Ottawa de consacrer des d&#233;penses aux priorit&#233;s des Canadiennes et des Canadiens. &#192; noter que ce n'est qu'en termes absolus qu'on peut affirmer que la dette f&#233;d&#233;rale est plus forte que celles des gouvernements provinciaux. Le ratio dette : PIB f&#233;d&#233;ral est le plus bas des pays de l'OCDE, ce qui n'est pas vrai de la dette du Qu&#233;bec, qui est dans la moyenne de ces pays industrialis&#233;s. De plus, il me semble &#233;vident que notre gouvernement f&#233;d&#233;ral &#8211; lib&#233;ral ou conservateur &#8211; choisit d&#233;lib&#233;r&#233;ment de ne pas d&#233;penser pour l'environnement et la sant&#233; publique. Les moyens financiers ne manquent pas. Encore cette ann&#233;e, Ottawa se dirige vers un surplus &#233;norme (plus de 9 milliards les premiers six mois de 2007), malgr&#233; la hausse des d&#233;penses militaires et le remboursement acc&#233;l&#233;r&#233; de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, si Garon et Therrien ont bien situ&#233; le sujet dans son contexte historique canadien, ils occultent la continuit&#233; patente entre les mesures n&#233;olib&#233;rales que Mulroney et Wilson ont mis en chantier durant les ann&#233;es 1980 et 1990, et le suivi logique et pr&#233;visible de Martin et Chr&#233;tien dans cette voie. La co&#239;ncidence entre la promulgation du Consensus de Washington en 1995 et le d&#233;but de l'&#233;limination du d&#233;ficit f&#233;d&#233;ral par Martin passe aussi inaper&#231;ue. Un bref traitement de l'autre d&#233;s&#233;quilibre fiscal, celui entre les contribuables particuliers et les soci&#233;t&#233;s, et entre les d&#233;tenteurs du capital et les salari&#233;es, graduellement inscrit dans nos lois fiscales, aurait &#233;t&#233; un ajout significatif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ils sont tous deux &#233;conomistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Raymond Favreau &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comprendre le monde. Introduction &#224; l'analyse des syst&#232;mes-monde</title>
		<link>https://www.ababord.org/Comprendre-le-monde-Introduction-a</link>
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		<dc:date>2008-07-19T13:57:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raymond Favreau</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Favreau, Raymond </dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Immanuel Wallerstein, Comprendre le monde. Introduction &#224; l'analyse des syst&#232;mes-monde, La D&#233;couverte, Paris, 2006. &lt;br class='autobr' /&gt; Le capitalisme immanent &lt;br class='autobr' /&gt;
Si le titre de cet ouvrage peut sembler ambitieux, l'auteur y d&#233;montre l'efficacit&#233; de l'approche multidisciplinaire de l'analyse des syst&#232;mes-monde en r&#233;sumant en 140 pages l'histoire du capitalisme et ses caract&#233;ristiques fondamentales. Les tenants de ce mode d'analyse rejettent le cloisonnement des sciences sociales. Pour eux, la sociologie, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-15-ete-2006-" rel="directory"&gt;No 015 - &#233;t&#233; 2006&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Favreau-Raymond-+" rel="tag"&gt;Favreau, Raymond &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton172.gif?1642092149' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;283&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Immanuel Wallerstein, &lt;i&gt;Comprendre le monde. Introduction &#224; l'analyse des syst&#232;mes-monde&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, Paris, 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le capitalisme immanent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le titre de cet ouvrage peut sembler ambitieux, l'auteur y d&#233;montre l'efficacit&#233; de l'approche multidisciplinaire de l'&lt;i&gt;analyse des syst&#232;mes-monde&lt;/i&gt; en r&#233;sumant en 140 pages l'histoire du capitalisme et ses caract&#233;ristiques fondamentales. Les tenants de ce mode d'analyse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entre autres, en plus d'Immanuel Wallerstein : Samir Amin, Andr&#233; Gunder (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; rejettent le cloisonnement des sciences sociales. Pour eux, la sociologie, l'histoire, la science &#233;conomique, l'anthropologie, la science politique et la g&#233;ographie forment un tout. L'auteur applique des concepts provenant de ces diverses disciplines pour expliquer l'histoire du capitalisme depuis la r&#233;volution industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il soutient de fa&#231;on convaincante que depuis son av&#232;nement, le syst&#232;me capitaliste n'a jamais vraiment eu de concurrent : il n'y a eu que des variantes, influenc&#233;es par trois id&#233;ologies : conservatrice, lib&#233;rale et radicale (ou anti-syst&#233;mique). Le &#171; socialisme r&#233;ellement existant &#187; n'&#233;tait qu'une version du capitalisme. D'ailleurs Wallerstein et autres adeptes de l'analyse des syst&#232;mes-monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Samir Amin, Accumulation on a World Scale : A Critique of the Theory of (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d&#233;finissent le capitalisme comme un&lt;i&gt; syst&#232;me d'accumulation illimit&#233;e du capital&lt;/i&gt;. Ce qui distingue le capitalisme des syst&#232;mes-monde ant&#233;rieurs n'est ni le march&#233; ni le salariat, tous deux vieux de milliers d'ann&#233;es, mais plut&#244;t cette course &#224; l'accumulation et la division axiale du travail entre &#201;tats. Dans les ann&#233;es 1870, la bourgeoisie europ&#233;enne, anim&#233;e surtout par l'id&#233;ologie conservatrice, fait face &#224; la mont&#233;e d'id&#233;ologies radicales. Pour les contrer, Bismarck initie alors l'&#201;tat-providence. Au fil des d&#233;cennies, des partis politiques se r&#233;clamant des trois id&#233;ologies gouvernent les pays industrialis&#233;s et appliquent &#224; divers degr&#233;s ce compromis social. Les entreprises &#233;tatis&#233;es ou cr&#233;&#233;es par des gouvernements socialistes ou communistes ne d&#233;notent pas l'abandon du capitalisme, mais plut&#244;t des variantes plus centralis&#233;es du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ventuellement la chute des r&#233;gimes communistes et la conversion des sociod&#233;mocrates &#224; l'ultralib&#233;ralisme entra&#238;nent l'&#233;rosion de l'&#201;tat-providence et la quasi-disparition de l'id&#233;ologie radicale, nous menant &#224; la phase actuelle du syst&#232;me-monde. &#192; l'Ouest, depuis les ann&#233;es 60, les marges de profits des entreprises du secteur priv&#233; n'avaient cess&#233; de diminuer, &#224; cause de la hausse des co&#251;ts de production (augmentation des salaires et du co&#251;t des intrants) et des augmentations des imp&#244;ts corporatifs. Sur le plan id&#233;ologique, la r&#233;volution culturelle de 1968 remet en question non seulement le capitalisme mais aussi les id&#233;ologies radicales, lesquelles n'avaient pas men&#233; &#224; l'av&#232;nement d'un autre monde. L'establishment bourgeois enclenche la r&#233;action : les firmes multinationales r&#233;duisent les co&#251;ts de production aux d&#233;pens des salari&#233;s et des programmes sociaux. Il force les pays du Sud &#224; fournir des mati&#232;res premi&#232;res &#224; prix r&#233;duits. L'accumulation reprend de plus bel et les &#233;carts entre riches et pauvres &#8211; entre pays et entre classes sociales &#224; l'int&#233;rieur de ces derniers &#8211; s'accentue rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un chapitre est consacr&#233; au r&#244;le essentiel de l'&#201;tat pour permettre au capitalisme de fonctionner, voire d'exister (protection du droit de propri&#233;t&#233;, externalisation de co&#251;ts de production, financement et construction d'infrastructures, etc.). Ce n'est donc pas : sans capitalisme pas de d&#233;mocratie comme le pr&#233;tendent certains n&#233;olib&#233;raux, mais plut&#244;t : sans &#201;tat pas de capitalisme. Ce n'est pas par hasard que les Bakounine et Marx partageaient une aversion &#224; l'&#233;gard de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur note la contradiction&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wallerstein appelle cette contradiction une &#171; asymptote &#187;. C'est l&#224; le seul (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; entre l'augmentation des profits et l'in&#233;luctable diminution du pouvoir d'achat des salari&#233;es. Le capital, fort de la mondialisation affairiste, reporte le krach du syst&#232;me-monde capitaliste &#224; plus tard au moyen des exportations, mais ce processus ne peut durer ind&#233;finiment. Les signes d'&#233;puisement de la strat&#233;gie globaliste commencent d&#233;j&#224; &#224; se manifester. Pour un &#233;ventuel d&#233;nouement d&#233;mocratique et &#233;galitaire de la crise syst&#233;mique en laquelle le capitalisme se trouve d&#233;j&#224; depuis 1968, Wallerstein mise sur les efforts des mouvements altermondialistes &#233;manant des Forums sociaux mondiaux et r&#233;gionaux. Mais il est d'avis que l'issue du conflit entre l'esprit de Davos et celui de Porto Alegre est incertaine. La mont&#233;e de la violence et l'affaiblissement des droits civils (sous pr&#233;texte de la guerre au terrorisme) t&#233;moignent de l'incertitude et de la dur&#233;e possible de la crise qui touche l'actuel syst&#232;me-monde. L'auteur souligne avec raison l'importance de comprendre ce qui se passe. Son ouvrage devrait largement contribuer &#224; cette n&#233;cessaire compr&#233;hension.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entre autres, en plus d'Immanuel Wallerstein : Samir Amin, Andr&#233; Gunder Frank, Janet Abu-Lughod, Chris Chase-Dunn, et Peter J. Taylor.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Samir Amin, &lt;i&gt;Accumulation on a World Scale : A Critique of the Theory of Underdevelopment&lt;/i&gt;, Monthly Review Press, 1974.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Wallerstein appelle cette contradiction une &#171; asymptote &#187;. C'est l&#224; le seul exemple de jargon qu'on trouve dans cet ouvrage. Malheureusement la d&#233;finition qu'il en donne est trop sommaire. Une meilleure explication de ce terme se trouve dans David Nelson, &#233;d., &lt;i&gt;Dictionary of Mathematics&lt;/i&gt;, 3e &#233;d., Penguin Books, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Raymond Favreau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coordonnateur du Conseil scientifique d'ATTAC-Qu&#233;bec&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#201;thiques et cr&#233;ateurs d'emplois ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Ethiques-et-createurs-d-emplois</link>
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		<dc:date>2008-07-12T18:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raymond Favreau</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Favreau, Raymond </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; gauche, on a tendance &#224; appuyer les initiatives des centrales syndicales. &#192; juste titre car elles sont des composantes essentielles des forces vives du Qu&#233;bec. Qu'on pense &#224; la cr&#233;ation du Mouvement socialiste en 1977 par Marcel P&#233;pin et autres syndicalistes, aux d&#233;marches de Michel Chartrand pour am&#233;liorer la s&#233;curit&#233; sur les chantiers et, plus r&#233;cemment, &#224; l'appui de la FTQ et de la CSN en faveur de la d&#233;fense de l'Association qu&#233;b&#233;coise de lutte &#224; la pollution atmosph&#233;rique, cible d'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Syndicalisme-l-heure-des-" rel="directory"&gt;Dossier : Syndicalisme, l'heure des choix&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Favreau-Raymond-+" rel="tag"&gt;Favreau, Raymond &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; gauche, on a tendance &#224; appuyer les initiatives des centrales syndicales. &#192; juste titre car elles sont des composantes essentielles des forces vives du Qu&#233;bec. Qu'on pense &#224; la cr&#233;ation du Mouvement socialiste en 1977 par Marcel P&#233;pin et autres syndicalistes, aux d&#233;marches de Michel Chartrand pour am&#233;liorer la s&#233;curit&#233; sur les chantiers et, plus r&#233;cemment, &#224; l'appui de la FTQ et de la CSN en faveur de la d&#233;fense de l'Association qu&#233;b&#233;coise de lutte &#224; la pollution atmosph&#233;rique, cible d'une poursuite abusive (&lt;i&gt;SLAPP&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la mise sur pied par la FTQ en 1983 d'une soci&#233;t&#233; de capital &#224; risque, le Fonds de solidarit&#233;, suivie en 1996 de celle de la CSN, le Fondaction, n'avait pas fait unanimit&#233; dans les milieux progressistes. Jean-Marc Piotte et Louis Gill, entre autres, avaient d&#233;nonc&#233; ce projet. D'un syndicalisme de combat, on passait au partenariat avec le monde des affaires. Les spectaculaires scandales financiers et le krach boursier qui se produiraient au d&#233;but des ann&#233;es 2000 ne pouvaient pas encore servir d'avertissement. Mais au niveau des principes, on pouvait se demander pourquoi nos centrales syndicales voulaient diriger les modestes &#233;pargnes des travailleurs vers un mode d'accumulation du capital qui, dans les ann&#233;es 1920 et 1930, avait contribu&#233; &#224; la crise mondiale. &#192; l'&#233;poque de la cr&#233;ation du Fonds de solidarit&#233;, Louis Laberge invoque comme justificatif les mod&#232;le su&#233;dois de fonds syndicaux et la crise &#233;conomique qui s&#233;vissait, arguant que pour prot&#233;ger les emplois dans les PME, il fallait leur fournir du financement. L'autre motif avanc&#233; &#233;tait le besoin des travailleurs de se constituer des fonds de retraite (RE&#201;R), ce que le Fonds de solidarit&#233; faciliterait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mission d&#233;clar&#233;e du Fonds de solidarit&#233; est de contribuer &#224; cr&#233;er et &#224; pr&#233;server des emplois au Qu&#233;bec en investissant dans les PME. Un autre objectif est de fournir &#224; ses actionnaires un rendement &#233;quitable. Il en est de m&#234;me pour le Fondaction, mais ce dernier ajoute l'objectif de soutien au d&#233;veloppement durable.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un oxymoron d'apr&#232;s les tenants de la d&#233;croissance, car il s'agit toujours (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux fonds affirment faire un audit social des entreprises avant d'y effectuer un placement. &#192; noter qu'aucun n'exige que les employ&#233;es de l'entreprise &#171; partenaire &#187; ne soient syndiqu&#233;es. Une d&#233;viation importante de leur mission principale est qu'ils investissent entre 30 % et 40 % de leurs actifs &#224; l'ext&#233;rieur du Qu&#233;bec, ce qui n'a &#233;videmment pas pour effet de cr&#233;er des emplois ici, mais qu'ils disent n&#233;cessaire pour satisfaire l'imp&#233;ratif de rentabilit&#233;. Et, sauf pour le crit&#232;re de d&#233;veloppement durable de la CSN, ces deux fonds ne pr&#233;tendent pas &#234;tre des fonds &#233;thiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La plupart des fonds de placement se r&#233;clamant du statut de fonds &#233;thiques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, n'excluant pas les placements directs ou indirects dans les secteurs minier, bancaire ou des armements et du tabac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de la cr&#233;ation et du maintien des emplois au Qu&#233;bec, nous ne trouvons pas de chiffres avanc&#233;s par la CSN. Par contre en 2003, Louis Fournier &#233;crivait que le Fonds de solidarit&#233; avait contribu&#233; &#224; sauvegarder, maintenir et cr&#233;er pr&#232;s de 100 000 emplois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le Fonds de solidarit&#233; a 20 ans : Une r&#233;volution syndicale qui &#233;tait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Seule une &#233;tude pouss&#233;e pourrait valider cette estimation. Par exemple, est-ce que chacune des PME en laquelle le Fonds a investi existe encore ? Ont-elles toutes maintenu le nombre de leurs effectifs ou ont-elles fait les coupures exig&#233;es par le march&#233; boursier depuis la mont&#233;e de la pens&#233;e unique ? Quel a &#233;t&#233; le r&#233;sultat des fusions et acquisitions financ&#233;es par ce Fonds sur le nombre d'employ&#233;es ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le r&#233;sultat habituel est la compression des effectifs, tel que rapport&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Est-ce que ce chiffre de 100 000 est le total des employ&#233;es actuels des entreprises en lesquelles le Fonds a des int&#233;r&#234;ts ? Enfin, question d&#233;coulant du conflit d'int&#233;r&#234;t inh&#233;rent &#224; un fonds de placement syndical, est-ce que le Fonds de solidarit&#233; se comporte comme les autres fonds de placement (fonds mutuels) et fonds de pension, en faisant pression sur la direction des entreprises pour maximiser le rendement et la valeur des actions &#8211; m&#234;me au prix de r&#233;ductions d'emplois ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au sujet de ce comportement des gestionnaires des fonds de pension, voir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons sur l'autre motif &#233;voqu&#233; par les dirigeantes de ces centrales syndicales pour justifier leur fonds de capital &#224; risque, c'est-&#224;-dire le besoin des salari&#233;es de se constituer un RE&#201;R comportant les meilleurs avantages fiscaux possible afin de se pr&#233;parer une retraite confortable. Outre le fait qu'un RE&#201;R est un abri fiscal, qui en tant que tel contrevient au principe de justice fiscale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Raymond Favreau, &#171; Mais o&#249; donc est pass&#233; la recette fiscale ? &#187;, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, notons que pour la majorit&#233; des salari&#233;es les RE&#201;R ne sont pas vraiment avantageux. La personne qui gagne 30 000$ par ann&#233;e n'a pas int&#233;r&#234;t &#224; souscrire &#224; un RE&#201;R, vu la perte du suppl&#233;ment de revenu garanti &#224; mesure qu'elle retire des fonds de son RE&#201;R (devenu un FERR, une fois &#224; la retraite)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;RE&#201;R = R&#233;gime enregistr&#233; d'&#233;pargne retraite ; FERR = Fonds enregistr&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'en est-il du rendement &#233;quitable que le Fonds de solidarit&#233; veut fournir &#224; ses actionnaires ? Comme pour l'ensemble des fonds de placement, les deux fonds syndicaux ont &#233;t&#233; durement frapp&#233;s par le krach de l'&#233;t&#233; 2000, alors qu'environ 40 % de la valeur boursi&#232;re disparaissait. Petit &#224; petit, ces deux fonds s'en remettent : le rendement moyen du FDS est remont&#233; &#224; 5 % et celui du Fondaction &#224; 1,2 %. Mais comme pour la plupart des gens dont le revenu de retraite d&#233;pendait des al&#233;as de la Bourse, le mal &#233;tait fait. Plusieurs retrait&#233;es ont &#233;t&#233; oblig&#233;s de revenir sur le march&#233; du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'autres &#171; corrections &#187; du march&#233; boursier risquent d'autant plus de se reproduire qu'un facteur de grande instabilit&#233; r&#232;gne maintenant sur les places financi&#232;res. Les fonds institutionnels, de pension et les &lt;i&gt;mutual funds&lt;/i&gt; ont commenc&#233; &#224; placer de plus en plus de capital dans les fonds sp&#233;culatifs &#224; risque &#8211; &lt;i&gt;les hedge funds&lt;/i&gt;. En mai 2006, on estimait que plus de 1 000 milliards de dollars US sont g&#233;r&#233;s par ces fonds &#224; risque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le New York Times, 4 juin 2006.&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, peu ou pas r&#233;glement&#233;s, dont environ 10 % disparaissent chaque ann&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quelques exemples de fonds &#224; risque dont les actifs ont &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et dont les manipulations des march&#233;s ont contribu&#233; cette ann&#233;e &#224; la flamb&#233;e du prix du p&#233;trole. M&#234;me le pr&#233;sident du Fonds mon&#233;taire international se dit pr&#233;occup&#233; par l'absence de contr&#244;le &#233;tatique des &lt;i&gt;hedge funds&lt;/i&gt;. Il est fort probable qu'une partie des 30 % &#224; 40 % des actifs jou&#233;s &#224; la Bourse par nos fonds syndicaux se retrouvent dans des fonds sp&#233;culatifs, qui sont truff&#233;s de produits d&#233;riv&#233;s, autres machins financiers complexes et impr&#233;visibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fondaction verse une contribution &#224; une entreprise du nom de Unisf&#233;ra pour l'achat de cr&#233;dits d'&#233;mission de gaz &#224; effet de serre dans des pays du tiers-monde. Or il est notoire que ces permis de polluer sont transig&#233;s via des produits financiers d&#233;riv&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De fa&#231;on tr&#232;s g&#233;n&#233;rale, Yves J&#233;gourel d&#233;finit le produit financier d&#233;riv&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convenons que les gestionnaires des fonds syndicaux font un bilan social pr&#233;alable aux placements. Mais en l'absence de crit&#232;res pr&#233;cis et vraiment en rupture avec le n&#233;olib&#233;ralisme, celui du &#171; d&#233;veloppement durable &#187; n'a pas emp&#234;ch&#233; le Fondaction de faire un placement &#233;cologiquement douteux dans Unisf&#233;ra. Les relev&#233;s des entreprises financ&#233;es par les deux fonds indiquent un nombre important d'entreprises de la science de la vie, peu enclines &#224; respecter le principe de pr&#233;caution et trop press&#233;es de vouloir breveter des plantes ou des animaux g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s. En 2003, le Fonds de la FTQ a particip&#233; avec la Banque royale et des entreprises am&#233;ricaine et britannique dans le fonds Milestone Medica, de ce secteur des sciences de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion de Corinne Gendron sur les fonds syndicaux en 2002&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les syndicats investisseurs &#187;, Le Monde diplomatique, avril 2002.&#034; id=&#034;nh5-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, selon laquelle les limitations et les conflits d'int&#233;r&#234;t que suscitent ces fonds devraient donner lieu &#224; r&#233;flexion, est toujours pertinente. Il est difficile de concilier l'imp&#233;ratif de rentabilit&#233; d'une part et la solidarit&#233; ouvri&#232;re d'autre part. J'estime qu'un &#233;ventuel retour du syndicalisme de combat, n&#233;cessaire pour contrer le capitalisme ultralib&#233;ral, impliquerait une remise en question du partenariat avec le monde des affaires et de la Bourse, en lequel la FTQ et la CSN se sont embourb&#233;es au fil de l'exploitation de leurs soci&#233;t&#233;s de capital &#224; risque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un oxymoron d'apr&#232;s les tenants de la d&#233;croissance, car il s'agit toujours de croissance que la plan&#232;te ne peut soutenir ind&#233;finiment.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La plupart des fonds de placement se r&#233;clamant du statut de fonds &#233;thiques ne le sont pas vraiment, investissant dans des actions des banques et dans d'autres fonds de placements qui n'appliquent aucun crit&#232;re social ou environnemental. Voir &#224; ce sujet Jim Stanford, &lt;i&gt;Paper Boom&lt;/i&gt;, CCPA et James Lorimer and Co. Ltd, Toronto, 1999, p. 340-353.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le Fonds de solidarit&#233; a 20 ans : Une r&#233;volution syndicale qui &#233;tait n&#233;cessaire &#187;, &lt;i&gt;Le Devoir,&lt;/i&gt; 23 juin 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le r&#233;sultat habituel est la compression des effectifs, tel que rapport&#233; r&#233;guli&#232;rement dans les pages des affaires des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Au sujet de ce comportement des gestionnaires des fonds de pension, voir William D. Crist et Jean-Christophe Le Duigou, &lt;i&gt;Les fonds de pension&lt;/i&gt;, &#201;dition Grasset &amp; Fasquelle, Paris, 2002, p. 35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Raymond Favreau, &#171; Mais o&#249; donc est pass&#233; la recette fiscale ? &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Collectif d'auteurs d'ATTAC-QU&#201;BEC, &lt;i&gt;O&#249; va notre argent ? Une fiscalit&#233; pour les riches&lt;/i&gt;, &#201;cosoci&#233;t&#233;, Montr&#233;al, 2006, p. 69.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;RE&#201;R = R&#233;gime enregistr&#233; d'&#233;pargne retraite ; FERR = Fonds enregistr&#233; de revenu de retraite. Voir Richard Shillington, &lt;i&gt;Backgrounder&lt;/i&gt;, Institut C.D. Howe, avril 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;, 4 juin 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quelques exemples de fonds &#224; risque dont les actifs ont &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;s frauduleusement : Bayou Group (450 millions $US) ; Portus (800 millions $C) ; Zenith ; Norbourg (130 millions $C) ; Philadelphia Alternative Management Co. (175 millions $C) ; Refco Inc. (1,9 milliard $US).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De fa&#231;on tr&#232;s g&#233;n&#233;rale, Yves J&#233;gourel d&#233;finit le produit financier d&#233;riv&#233; comme suit : &#171; &lt;i&gt;un contrat financier n&#233;gociable portant droit sur un autre actif&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Les produits financiers d&#233;riv&#233;s&lt;/i&gt;, Paris, La D&#233;couverte, 2005, p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Les syndicats investisseurs &#187;, &lt;i&gt; Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, avril 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Raymond Favreau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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