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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>&#171; Sisterhood is powerful &#187; ? ... O yes mama !</title>
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		<dc:date>2008-07-25T21:45:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>V&#233;ronique Dassas</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Etats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Dassas, V&#233;ronique </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La fin des ann&#233;es 1960 est un moment charni&#232;re dans l'histoire du mouvement des femmes aux &#201;tats-Unis. Apr&#232;s un certain essoufflement d'un f&#233;minisme r&#233;formiste focalis&#233; autour de la question de l'&#233;galit&#233; des droits dans la Constitution et malgr&#233; la cr&#233;ation en 1966 d'une nouvelle organisation, NOW (National Organization for Women), qui cherche &#224; le ressourcer, un mouvement plus radical va se mettre en place. Il prendra, au cours des ann&#233;es 1970, l'ampleur et l'importance qu'on lui conna&#238;t. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Nous-sommes-heritiers-de-" rel="directory"&gt;Dossier : Nous sommes h&#233;ritiers de 1968&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Memoire-des-luttes-+" rel="tag"&gt;M&#233;moire des luttes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Etats-Unis-+" rel="tag"&gt;Etats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Dassas-Veronique-+" rel="tag"&gt;Dassas, V&#233;ronique &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La fin des ann&#233;es 1960 est un moment charni&#232;re dans l'histoire du mouvement des femmes aux &#201;tats-Unis. Apr&#232;s un certain essoufflement d'un f&#233;minisme r&#233;formiste focalis&#233; autour de la question de l'&#233;galit&#233; des droits dans la Constitution et malgr&#233; la cr&#233;ation en 1966 d'une nouvelle organisation, NOW (National Organization for Women), qui cherche &#224; le ressourcer, un mouvement plus radical va se mettre en place. Il prendra, au cours des ann&#233;es 1970, l'ampleur et l'importance qu'on lui conna&#238;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Radicales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce radicalisme revendiqu&#233; autour de 1968 n'est pas sans &#233;quivalent dans l'histoire du mouvement. Les suffragettes du d&#233;but du si&#232;cle, qui finirent par obtenir le droit de vote en 1920, puisent leur inspiration dans la &lt;i&gt;Declaration of Sentiments&lt;/i&gt; d'Elizabeth Cady Stanton et Lucretia Mott, document pr&#233;sent&#233; &#224; la premi&#232;re conf&#233;rence qui entend aborder les probl&#232;mes et les droits des femmes, &#224; Seneca Falls en 1848. Il s'agit d'une d&#233;nonciation v&#233;h&#233;mente de la domination des femmes sur le plan individuel et sur le plan politique, d'un cri de r&#233;volte et de rage. &#171; &lt;i&gt;L'histoire de l'humanit&#233;, peut-on y lire, n'est qu'une suite de pr&#233;judices et d'usurpations que les hommes ont fait subir aux femmes, et qui vise directement &#224; &#233;tablir une v&#233;ritable tyrannie &#224; leur endroit&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; The history of mankind is a history of repeated injuries and usurpations (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Suit une liste de ces pr&#233;judices et usurpations et un appel &#224; l'organisation et &#224; la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte pour le droit de vote finira par aboutir. Par contre, celle voulant que l'&#233;galit&#233; des droits soit inscrite dans la Constitution et qui mobilisera les femmes par la suite ira de trahisons en d&#233;convenues. Toujours est-il que le radicalisme des f&#233;ministes am&#233;ricaines jalonne leur histoire, avec des hauts et des bas certes, mais il n'en est pas &#224; ses premi&#232;res manifestations &#224; la fin des ann&#233;es 1960, et cela malgr&#233; des ann&#233;es de maccarthysme et de chasse aux sorci&#232;res. Betty Friedan par exemple, que les f&#233;ministes radicales ont beaucoup critiqu&#233;e pour son livre &lt;i&gt;The Feminine Mystique&lt;/i&gt; (1963), o&#249; elle focalise son analyse sur l'ali&#233;nation des femmes de la classe moyenne pi&#233;g&#233;es dans leur r&#244;le de m&#232;res de famille, a tout un pass&#233; de militante de gauche dans les ann&#233;es 1950, avec des positions autrement plus corrosives que celles qu'elle d&#233;fendra par la suite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet un article de Joanne Boucher paru en 2003 dans New Politics (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas nouveau non plus que les femmes se d&#233;cident &#224; prendre leurs affaires en main apr&#232;s avoir tent&#233; de se faire entendre &#224; l'int&#233;rieur d'organisations vou&#233;es plus g&#233;n&#233;ralement &#224; l'&#233;mancipation de l'humanit&#233; et &#224; la justice pour tous. C'est en luttant contre l'esclavage des Noirs que les premi&#232;res f&#233;ministes am&#233;ricaines prirent conscience de leur propre servitude. C'est en se voyant refuser le droit de parler lors d'une convention abolitionniste &#224; Londres en 1840 que deux d'entre elles prennent toute la mesure de leur condition et qu'elles d&#233;cident, une fois rentr&#233;es aux &#201;tats-Unis, de commencer leur lutte pour les droits politiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Militantes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bon nombre de femmes qui vont s'engager sur la voie du f&#233;minisme radical et autonome &#224; la fin des ann&#233;es 1960 ont un pass&#233; de militantes. Elles ont, pour les plus &#226;g&#233;es, comme Betty Friedan ou Gerda Lerner, un pass&#233; militant h&#233;rit&#233; de l'antifascisme ou du communisme de leurs parents. Les plus jeunes viennent de groupes qui luttent pour les droits civils des Noirs, comme le Student Non-Violent Coordinating Council (SNCC) ou de groupes d'&#233;tudiants de gauche comme Students for a Democratic Society (SDS). Elles participent de cette New Left, cette nouvelle gauche qui se d&#233;marque d'une gauche plus traditionnelle par le fait qu'elle entend d&#233;passer la critique reli&#233;e au travail et &#224; la production pour s'attaquer plus largement &#224; l'ensemble des rapports sociaux. Seulement, elles constatent rapidement qu'elles n'occupent dans ces organisations que des positions subalternes et qu'on ne les &#233;coute gu&#232;re quand elles s'avisent d'&#233;voquer leur condition particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volt&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans un texte &#233;crit en 1969, Marge Piercy d&#233;crit ainsi le fonctionnement de cette gauche qu'&#224; l'&#233;poque on appelle The Movement : &#171; &lt;i&gt;La v&#233;ritable base, c'est la force de travail, surtout f&#233;minine et g&#233;n&#233;ralement non pay&#233;e qui assure le travail quotidien. Comme dans l'ensemble de la soci&#233;t&#233; capitaliste, il n'y a aucun prestige rattach&#233; au travail concret. Les travailleurs sont invisibles. Ce sont ceux qui &#233;crivent, ceux qui font des discours et les protagonistes qui tiennent les r&#244;les spectaculaires qui se tiennent en vue et sont respect&#233;s. Produire des analyses th&#233;oriques sur ce qu'on devrait faire, produire du jargon technique, c'est cela qu'on admire, beaucoup plus que ce que tout le monde appelle le sale travail&lt;/i&gt; (shitwork)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marge Piercy, &#171; The Grand Coolie Damn &#187;, 1969. On peut consulter (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; La critique est acerbe, on l'entendra &#224; sati&#233;t&#233; un peu partout en Occident dans les ann&#233;es suivantes : les hommes ne prennent pas les femmes au s&#233;rieux, ils les manipulent et les m&#233;prisent, s'en servent quand &#231;a les arrange, les rejettent quand elles ne leur servent plus. Mais plus que tout, les hommes, m&#234;me de gauche, consid&#232;rent, au mieux, l'oppression des femmes comme secondaire, au pire, ils la nient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette incapacit&#233; &#224; communiquer avec les hommes sur la situation des femmes &#233;tait clairement exprim&#233;e en 1965 dans un texte que l'on consid&#232;re g&#233;n&#233;ralement comme l'un des premiers documents du mouvement de lib&#233;ration des femmes qui s'amorce. Le ton est pos&#233;, presque &#233;teint, comme si les arguments avaient &#233;t&#233; us&#233;s par un pass&#233; difficile : &#171; &lt;i&gt;Tr&#232;s peu d'hommes semblent penser, quand ils entendent parler de tout cela, qu'ils ont le droit de participer &#224; ces discussions, puisqu'ils sont profond&#233;ment impliqu&#233;s. En m&#234;me temps, tr&#232;s peu d'hommes peuvent r&#233;agir sans &#234;tre sur la d&#233;fensive parce que ces probl&#232;mes les menacent, les d&#233;masquent ou encore sont hors de leur compr&#233;hension. Leur r&#233;action, c'est g&#233;n&#233;ralement le rire&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; A Kind of Memo &#187;, Casey Hayden et Mary King, 1965. On peut consulter le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Tout cela peut passer aujourd'hui pour anodin, mais qu'on pense un peu &#224; ce rire ordinaire et &#224; sa charge, ordinaire elle aussi, de m&#233;pris.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;c&#339;ur&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est donc sur un fond de ressentiment &#224; l'&#233;gard de la nouvelle gauche que vont s'inscrire les premi&#232;res initiatives des f&#233;ministes radicales, mais c'est bien s&#251;r &#233;galement sur sa lanc&#233;e. Pour m&#233;moire, en 1968, la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine semble secou&#233;e de l'int&#233;rieur comme par une onde sismique : r&#233;bellion g&#233;n&#233;ralis&#233;e contre la guerre au Vietnam, &#233;meutes lors de la Convention d&#233;mocrate &#224; Chicago, &#233;meutes apr&#232;s l'assassinat de Martin Luther King... Sans compter une forme de contre-culture o&#249; se m&#233;langent sexe, drogue et rock'n'roll, selon une expression d&#233;sormais us&#233;e jusqu'&#224; la corde, et qui attaque tous azimuts, y compris bien s&#251;r la gauche politique. Les femmes sont en quelque sorte en porte-&#224;-faux : elles ne se reconnaissent pas et elles critiquent les st&#233;r&#233;otypes d'une pornographie dite &#171; &lt;i&gt;lib&#233;r&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, par exemple, mais elles aussi veulent parler (et pas seulement parler) sexualit&#233; et normes sexuelles. Elles se reconnaissent dans certains aspects de la lutte des Noirs, mais elles ne sont ni minoritaires ni pr&#234;tes &#224; accepter le machiste affich&#233; de certains groupes... Un exemple : &#224; l'automne 1968, le Women's Majority Union, un groupe de femmes de Seattle, publie le premier num&#233;ro d'un journal intitul&#233; Lilith, o&#249; l'on peut lire une d&#233;claration de principes du Black Unity Party de l'&#233;tat de New York r&#233;clamant aux &#171; &lt;i&gt;s&#339;urs de ne pas prendre la pilule,&lt;/i&gt; [car] &lt;i&gt;c'est la m&#233;thode dont se sert le syst&#232;me pour &#233;liminer le peuple noir&lt;/i&gt; &#187;. Lilith publie &#233;galement la r&#233;ponse de six femmes noires de Mount Vernon, New York, qui commence ainsi : &#171; &lt;i&gt;Les s&#339;urs noires pauvres d&#233;cident par elles-m&#234;mes si elles veulent ou non avoir des enfants. Si nous prenons la pilule ou pratiquons le contr&#244;le des naissances par d'autres moyens, c'est &#224; cause des hommes noirs et pauvres&lt;/i&gt; [...]. &lt;i&gt;Les hommes noirs ont toujours dit aux femmes noires qu'elles &#233;taient noires, laides, mauvaises. Ils nous ont trait&#233;es de chiennes et de putains, en d'autres termes, c'est nous qui &#233;tions les vrais noirs de la soci&#233;t&#233;, opprim&#233;es par les blancs, hommes et femmes, et aussi par les hommes noirs&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Black Women in Poverty &#187;, 1968, &#224; consulter &#224; .&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Il faut d'ailleurs signaler l'apport du Black Feminism (on peut citer Angela Davis parmi les femmes de ce courant) qui, dans les ann&#233;es 1970, va tenter une analyse de la discrimination prenant en compte sexe, classe, race et &#233;ventuellement homosexualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;cha&#238;n&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Elles vont passer &#224; l'action, ces femmes. Elles vont se regrouper, former des organisations, d&#233;filer, protester, d&#233;clarer, &#233;crire beaucoup, publier des bulletins, des journaux, des br&#251;lots, des essais qui feront date, organiser des groupes de conscientisation, des groupes de parole, elles vont se raconter encore et encore leurs histoires, elles vont se tomber dans les bras, quitter leur mari, faire des enfants, faire l'amour entre elles et avec d'autres. Elles vont se servir de la litt&#233;rature, du cin&#233;ma, de la musique, elles vont s'emparer de tous les modes d'expression possibles. Certaines vont devenir des ic&#244;nes : Kate Millet, Gloria Steineim... Elles vont entamer une critique radicale de la soci&#233;t&#233; et des rapports de sexes qui n'a pas fini de faire parler, enrager, batailler ; bref, vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici quelques exemples de ce qu'elles entreprirent au cours de l'ann&#233;e 1968. Le 15 janvier, arrive &#224; Washington pour demander la fin de la guerre au Vietnam un regroupement qui se nomme Jeanette Rankin Brigade. Cette coalition choisit ainsi de s'identifier &#224; la premi&#232;re femme, connue pour ses convictions f&#233;ministes et pacifistes, &#224; avoir &#233;t&#233; &#233;lue au Congr&#232;s en 1917. Rankin avait vot&#233; imperturbablement contre l'entr&#233;e en guerre des &#201;tats-Unis au moment des deux guerres mondiales, son nom &#233;tait donc de circonstance. Mais finalement les femmes de la brigade rediscutent la finalit&#233; premi&#232;re du rassemblement. Elles se rendent compte, raconte Shulamith Firestone, qu'elles interviennent encore une fois &#224; partir de leurs r&#244;les traditionnels : femmes, m&#232;res, s&#339;urs, filles. Le r&#244;le des pleureuses, finalement. Un r&#244;le passif dont elles ne veulent plus. Certaines d'entre elles d&#233;cident donc d'aller enterrer symboliquement la f&#233;minit&#233; traditionnelle au cimeti&#232;re d'Arlington : cort&#232;ge, cercueil rempli de toutes sortes d'accessoires et d'accoutrements typiquement f&#233;minins. Sur les banderoles : &#171; &lt;i&gt;Don't cry, resist.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 mars, un groupe de femmes de Chicago c&#233;l&#232;bre la journ&#233;e internationale en projetant un film de 1954, &lt;i&gt;The Salt of the Earth&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Le sel de la Terre&lt;/i&gt;), r&#233;alis&#233; par Herbert Biberman avec une &#233;quipe de gens ayant &#233;t&#233; inscrits sur les listes noires d'Hollywood pendant le maccarthysme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce film est libre de droits d'auteur. On peut le visionner &#224; .&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le film raconte la gr&#232;ve de mineurs mexicains qui luttent pour des conditions d&#233;centes de travail et de vie. Leurs femmes se mobi-lisent et remportent la victoire malgr&#233; la r&#233;sistance des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin, Valerie Solanas tire sur Andy Warhol. L'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, elle avait &#233;crit le &lt;i&gt;SCUM Manifesto&lt;/i&gt; (SCUM : Society for Cutting up Men, ce qui en gros pourrait se traduire par Association pour castrer les hommes, mais qui est parfois plus pudiquement traduit par Association pour tailler les hommes en pi&#232;ces !). Ti-Grace Atkinson la soutient publiquement, ce qui fait scandale &#224; NOW.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne, en r&#233;action au f&#233;minisme lib&#233;ral de NOW, Ti-Grace Atkinson fonde le mouvement du 17 octobre, qui sera connu plus tard sous le nom de The Feminists. Les femmes de ce groupe se r&#233;clament d&#233;sormais non plus du mouvement des femmes, mais du f&#233;minisme radical. En 1968 &#233;galement, &#224; New York, na&#238;t WITCH (Women's International Terrorist Conspiracy from Hell, Conspiration terroriste internationale des femmes venues de l'enfer). Ce groupe fait du th&#233;&#226;tre de gu&#233;rilla. Sa premi&#232;re intervention se d&#233;roule &#224; Wall Street le jour de l'Halloween. Il y en aura bien d'autres : le jour de la Saint-Valentin de 1969, par exemple, avec des slogans incendiaires contre le mariage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu dans le m&#234;me ordre d'id&#233;e, un groupe de femmes vient semer la zizanie lors de l'&#233;lection de Miss America &#224; Atlantic City : elles couronnent une brebis et jettent dans une grande poubelle gaines, produits de maquillage, soutiens-gorge, talons hauts, etc. La presse est sur les lieux : les photos du scandale feront le tour du pays donnant ainsi un retentissement consid&#233;rable &#224; l'&#233;v&#233;nement. La d&#233;rision devient une arme politique que les femmes retournent contre ceux qui continuent de ne pas les prendre au s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e-l&#224;, les actions, symboliques ou non, se multiplient. Ce n'est l&#224; que le d&#233;but de l'exercice d'un pouvoir de r&#233;bellion hors du contr&#244;le des &#171; rebelles &#187; masculins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sisterhood is powerful&lt;/i&gt; ? Sans aucun doute.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;The history of mankind is a history of repeated injuries and usurpations on the part of man toward woman, having in direct object the establishment of an absolute tyranny over her.&lt;/i&gt; &#187; On peut lire l'int&#233;gralit&#233; du texte &#224; &lt;a href=&#034;http://www.fordham.edu/halsall/mod/Senecafalls.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.fordham.edu/halsall/mod/Senecafalls.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet un article de Joanne Boucher paru en 2003 dans &lt;i&gt;New Politics&lt;/i&gt; et que l'on peut consulter &#224; &lt;a href=&#034;http://www.wpunj.edu/newpol/issue35/boucher35.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.wpunj.edu/newpol/issue35/boucher35.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marge Piercy, &#171; The Grand Coolie Damn &#187;, 1969. On peut consulter l'int&#233;gralit&#233; du texte &#224; &lt;a href=&#034;http://www.cwluherstory.com/CWLUArchive/damn.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cwluherstory.com/CWLUArchive/damn.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; A Kind of Memo &#187;, Casey Hayden et Mary King, 1965. On peut consulter le texte &#224; &lt;a href=&#034;http://www.cwluherstory.org/classic-feminist-writings/a-kind-of-memo-2.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cwluherstory.org/classic-feminist-writings/a-kind-of-memo-2.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Black Women in Poverty &#187;, 1968, &#224; consulter &#224; &lt;a href=&#034;http://www.cwluherstory.com/CWLUArchive/blackwomen.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cwluherstory.com/CWLUArchive/blackwomen.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce film est libre de droits d'auteur. On peut le visionner &#224; &lt;a href=&#034;http://www.archive.org/details/salt_of_the_earth&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.archive.org/details/salt_of_the_earth&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V&#233;ronique Dassas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journaliste et traductrice, elle est membre de l'&#233;quipe de la revue &lt;i&gt;Conjonctures&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Toutes les adresses Internet donn&#233;s dans les notes ont &#233;t&#233; v&#233;rifi&#233;es le 29-2-2008.]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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