<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_mot=245&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Mai 68 &#224; la puissance quatre</title>
		<link>https://www.ababord.org/Mai-68-a-la-puissance-quatre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Mai-68-a-la-puissance-quatre</guid>
		<dc:date>2008-07-26T21:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Badiou</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Badiou, Alain</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce qui a fait la singularit&#233; de Mai 68 (et plus encore sans doute de la petite dizaine d'ann&#233;es qui a suivi), ce n'est pas du tout la simplicit&#233; d'une Id&#233;e, non plus que la massivit&#233; d'une r&#233;volte. Ni l'&#233;clat de la pens&#233;e, ni la puissance du nombre ne peuvent caract&#233;riser ce moment. Quand Jean-Claude Milner, dans Constat, d&#233;chiffre l'&#233;pisode comme la conjonction de la r&#233;volte et de la pens&#233;e, il s'&#233;gare. Ce qui fut du c&#244;t&#233; de la violence et du nombre n'&#233;tait gu&#232;re nouveau, et ce qui fut du (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Nous-sommes-heritiers-de-" rel="directory"&gt;Dossier : Nous sommes h&#233;ritiers de 1968&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Badiou-Alain-+" rel="tag"&gt;Badiou, Alain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce qui a fait la singularit&#233; de Mai 68 (et plus encore sans doute de la petite dizaine d'ann&#233;es qui a suivi), ce n'est pas du tout la simplicit&#233; d'une Id&#233;e, non plus que la massivit&#233; d'une r&#233;volte. Ni l'&#233;clat de la pens&#233;e, ni la puissance du nombre ne peuvent caract&#233;riser ce moment. Quand Jean-Claude Milner, dans Constat, d&#233;chiffre l'&#233;pisode comme la conjonction de la r&#233;volte et de la pens&#233;e, il s'&#233;gare. Ce qui fut du c&#244;t&#233; de la violence et du nombre n'&#233;tait gu&#232;re nouveau, et ce qui fut du c&#244;t&#233; de la pens&#233;e neuve encouragea la dur&#233;e patiente et restreinte bien plus que l'urgence de l'action de masse. On dira plut&#244;t que Mai 68 et ses cons&#233;quences sign&#232;rent la &lt;i&gt;disjonction&lt;/i&gt; de la r&#233;volte et de la pens&#233;e. On y a enfin compris que le probl&#232;me politique n'&#233;tait pas celui du mouvement massif contre l'inertie de l'&#201;tat, mais celui de l'organisation &#224; inventer contre la forme-Parti, entr&#233;e en d&#233;sh&#233;rence. Mai 68 signe &#224; la fois la fin de l'id&#233;e du &#171; parti r&#233;volutionnaire &#187; et le commencement d'une &#233;nigme encore en travail, qu'on peut formuler simplement : s'il est vrai que ceux qui n'ont rien &#8211; ni argent, ni armes, ni pouvoir, ni instruments de propagande&#8230; &#8211; n'ont de force que celle de leur unit&#233; et de leur discipline et s'il est vrai aussi que la forme militaris&#233;e du parti l&#233;niniste est p&#233;rim&#233;e, de quelle discipline neuve, de quelle unit&#233; encore &#224; venir faut-il alors soutenir l'action populaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour bien comprendre tout cela, il faut d'abord en finir avec les visions st&#233;r&#233;otyp&#233;es de Mai 68. Visions qui ont en commun de vouloir &#224; tout prix r&#233;duire l'&#233;pisode &#224; une sorte d'&#233;clat vibrant de l'illusion dans la platitude du r&#233;el. Qu'on parle de &#171; &lt;i&gt;la plus grande gr&#232;ve de l'histoire de France&lt;/i&gt; &#187;, de &#171; &lt;i&gt;la r&#233;volte des jeunes&lt;/i&gt; &#187;, d'une &#171; &lt;i&gt;r&#233;volution dans les m&#339;urs&lt;/i&gt; &#187;, d'une &#171; &lt;i&gt;f&#234;te des utopies&lt;/i&gt; &#187;, on se prend au mirage d'une discontinuit&#233; simple, d'un &#233;vanouissement lumineux, et l'on ignore que tout &#233;v&#233;nement n'est valid&#233; dans sa force que par la t&#233;nacit&#233; de ses cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, le nom &#171; Mai 68 &#187; recouvre quatre processus collectifs distincts. C'est cet entrelacement qui fait la singularit&#233; fran&#231;aise de la s&#233;quence qui va de 1968 (peut-&#234;tre du reste 1967, voire 1966) &#224; 1976 (ou peut-&#234;tre 1981, avec l'&#233;lection de Mitterrand). &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a d'abord un soul&#232;vement de la jeunesse instruite, &#233;tudiante ou lyc&#233;enne. Rappelons qu'&#224; l'&#233;poque, cette fraction de la jeunesse est tout &#224; fait minoritaire (environ 10 % de bacheliers) et compl&#232;tement coup&#233;e de la jeunesse populaire. Ce soul&#232;vement est plan&#233;taire : il bouleverse la Chine communiste, sous la forme des &#171; gardes rouges &#187;, &#224; partir de 1966, dresse les campus am&#233;ricains contre la guerre du Vietnam, indigne la bourgeoisie conservatrice allemande (Rudi le rouge), produit le massacre des &#233;tudiants &#224; Mexico, etc. Il est tr&#232;s fortement id&#233;ologis&#233;, lieu de toutes les tendances qu'engendre la crise du bolchevisme stalinis&#233;, trotskystes, mao&#239;stes, anarchistes&#8230; Mais il est aussi tr&#232;s enferm&#233; dans la logique des institutions acad&#233;miques, dont il r&#233;clame &#224; grands cris la fumeuse &#171; r&#233;forme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me composante cristallise une sorte de pouss&#233;e libertaire concernant les m&#339;urs, ou plus g&#233;n&#233;ralement la relation entre la vie ordinaire et sa sublimation. Elle m&#233;lange les revendications portant sur la sexualit&#233;, des &#233;l&#233;ments de contre-culture &#171; jeune &#187;, o&#249; les nouvelles musiques, singuli&#232;rement le rock, jouent un grand r&#244;le, o&#249; les drogues ont une fonction symbolique importante, la recherche de nouvelles &#171; formes de vie &#187;, et aussi une critique collective des formes institutionnelles r&#233;glant l'activit&#233; artistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me composante est l'activit&#233; ouvri&#232;re, certes sous la forme de la grande gr&#232;ve de mai-juin, mais plus g&#233;n&#233;ralement, d&#232;s 1967, sous la forme de ce que Xavier Vigna appelle &#171; &lt;i&gt;l'insubordination ouvri&#232;re&lt;/i&gt; &#187; et qui d&#233;ploie toutes sortes de formes d'action neuves, d'une radicalit&#233; qui impressionne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quatri&#232;me composante est la diagonale des trois autres, notamment de la premi&#232;re et de la troisi&#232;me. Elle cr&#233;e des trajets et des liens enti&#232;rement nouveaux entre la jeunesse intellectuelle et les ouvriers, ou plus g&#233;n&#233;ralement les gens du peuple (usines, mais aussi quartiers, foyers, march&#233;s&#8230;). C'est elle qui porte l'avenir en ce qu'elle propose des nouvelles formes d'intervention, d'action et d'organisation, toutes fond&#233;es sur la connexion directe entre des composantes sociales h&#233;t&#233;rog&#232;nes, sans la m&#233;diation s&#233;paratrice du Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut consid&#233;rer que le complet d&#233;veloppement des quatre processus, et singuli&#232;rement du quatri&#232;me, qui est le seul r&#233;ellement nouveau d&#232;s qu'on parle de politique, a trouv&#233; ses principaux lieux symboliques en Chine, en France et en Italie. Le cas de la Chine est &#224; part, de ce qu'il concerne un &#201;tat socialiste au d&#233;part largement calqu&#233; sur le mod&#232;le sovi&#233;tique. Mais il influence tr&#232;s directement la situation en France, en particulier par le motif de la &#171; liaison de masse &#187; qui va jeter en direction des usines et des quartiers populaires des milliers de jeunes &#233;tudiants. En Italie, la tradition de l'autonomie ouvri&#232;re prendra plut&#244;t le dessus. De l&#224; que pour faire court, on peut dire que la nouveaut&#233; politique d&#233;tenue par Mai 68 et ses cons&#233;quences s'est pr&#233;sent&#233;e, en France, sous le nom de &#171; mao&#239;sme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; mao&#239;sme &#187; revenait &#224; dire que la s&#233;paration des composantes de la situation devait &#234;tre surmont&#233;e. Pour ce faire, on devait b&#226;tir des organisations nouvelles, d'une part dans le feu de l'action, pour en finir avec les vieilles repr&#233;sentations ; d'autre part, &#224; partir d'une int&#233;riorit&#233; durable de l'activit&#233; politique en tant que pens&#233;e aux lieux populaires de sa r&#233;alisation. Les intellectuels devaient donc se d&#233;placer vers les usines et les cit&#233;s. Et, de m&#234;me, selon du reste un des grands mots d'ordre de la R&#233;volution culturelle en Chine, les ouvriers devaient &#171; &lt;i&gt;entrer dans les universit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, venir &#224; la porte des lyc&#233;es pour t&#233;moigner de leurs actions et des formes nouvelles de leur organisation. Les mots d'ordre g&#233;n&#233;raux qui couvraient la premi&#232;re n&#233;cessit&#233; (celle de l'action, qui seule r&#233;volutionne les vieilles id&#233;es) &#233;taient &#171; &lt;i&gt;on a raison de se r&#233;volter&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;b&#226;tir l'organisation au feu de la lutte des classes&lt;/i&gt; &#187;. Les mots d'ordre qui couvraient la deuxi&#232;me n&#233;cessit&#233; (lieux organis&#233;s imm&#233;diatement communs aux ouvriers et &#224; la jeunesse intellectuelle) &#233;taient &#171; &lt;i&gt;liaison de masse&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;servir le peuple&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;cr&#233;ation de lieux politiques&lt;/i&gt; &#187;. La temporalit&#233; elle-m&#234;me devait &#234;tre neuve. &#192; la pr&#233;cipitation des partisans du mouvement pur (les anarchistes sous leurs diff&#233;rentes formes), les mao&#239;stes opposaient l'id&#233;e de la &#171; &lt;i&gt;guerre prolong&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. Au r&#233;alisme des partisans de la vieille politique parlementaire, qui disaient que pour agir au niveau d'ensemble il faut se rallier aux partis existants, aux &#233;lections, etc., les mao&#239;stes opposaient la patience des exp&#233;rimentations locales, g&#233;n&#233;ralis&#233;es avec prudence, sous le signe de ce que, suivant cette fois Mallarm&#233;, ils appelaient &#171; &lt;i&gt;l'action restreinte&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de tout cela entra&#238;nait de s&#233;v&#232;res conflits avec les gardiens de la s&#233;paration ou de &#171; l'autonomie &#187; des diff&#233;rentes composantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre l'enfermement des &#233;tudiants dans leurs bastions universitaires, nous devions constamment intervenir, les appeler &#224; sortir, &#224; laisser de c&#244;t&#233; l'obsession des &#171; r&#233;formes &#187;, &#224; se lier aux larges masses populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre une conception classique de la gr&#232;ve ouvri&#232;re, nous devions affronter les syndicats traditionnels, singuli&#232;rement la CGT, soutenue par le Parti communiste fran&#231;ais (PCF), qui montait la garde aux portes des usines. En fait, la CGT enfermait les ouvriers dans les usines, tout comme les r&#233;formistes universitaires enfermaient les &#233;tudiants dans les facs. Briser ces enfermements ne se faisait pas sans violence, surtout du c&#244;t&#233; des usines. Les affrontements entre les &#171; r&#233;visionnistes &#187;, comme nous appelions le PCF, et les &#171; gauchistes &#187;, comme le PCF nous appelait, furent nombreux et s&#233;v&#232;res. Au fond, on nous opposait la m&#233;moire du Front populaire (une grande gr&#232;ve venant appuyer la venue au pouvoir d'un gouvernement d'union de la gauche), alors que nous cherchions les voies d'une nouvelle unit&#233;, directement discut&#233;e entre intellectuels et ouvriers, et qui mettait en jeu des formes d'action radicales (s&#233;questration des patrons, coulage des cadences, cr&#233;ation de comit&#233;s d'atelier, r&#233;unions improvis&#233;es dans les quartiers proches, meetings devant les usines, &#233;tablissement de jeunes &#233;tudiants dans les usines, information sur les actions ouvri&#232;res dans les facult&#233;s, etc.). Tout cela, je tiens &#224; le rappeler, a eu une existence r&#233;elle, prolong&#233;e, enthousiasmante. Le probl&#232;me fondamental, celui de l'organisation de type nouveau, n'a pas &#224; ce jour &#233;t&#233; r&#233;solu (mais il a fallu un si&#232;cle pour que soit formul&#233; le mod&#232;le l&#233;niniste du parti&#8230;). Cependant, les exp&#233;riences cumul&#233;es, y compris dans le conflit avec le bolchevisme stalinis&#233;, demeurent, et tout indique que leur actualit&#233; va se renouveler. D'autant plus que le mod&#232;le l&#233;niniste a, depuis, av&#233;r&#233; son fiasco &#224; l'&#233;chelle mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre la vision libertaire, symbolis&#233;e en France par l'occupation du th&#233;&#226;tre de l'Od&#233;on et ses &lt;i&gt;happenings&lt;/i&gt; d&#233;braill&#233;s, nous devions rappeler que rien ne peut se faire sans discipline et que si le mod&#232;le militaris&#233; de celle-ci doit &#234;tre surmont&#233;, ce n'est certainement pas l'apologie de la &#171; f&#234;te &#187;, le principe de jouissance et la m&#233;lancolie des nuits informes qui aident &#224; ce d&#233;passement. L&#224; aussi, il y a eu des heurts f&#233;conds, des pol&#233;miques de haute vol&#233;e, contre ceux que nous appelions les &#171; anarcho-d&#233;sirants &#187;. Ils anticipaient, ces anarcho-d&#233;sirants, ce qui est devenu depuis la politique des identit&#233;s (nationales ou r&#233;gionales, sexuelles, religieuses, culturelles, etc.) et &#224; quoi d&#232;s ce temps nous opposions les rigueurs de l'universalisme, qui reconna&#238;t toutes les diff&#233;rences, mais les enveloppe dans une conception partag&#233;e de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mao&#239;sme, au fond, a lutt&#233; sur deux fronts et cette id&#233;e de la &#171; lutte sur deux fronts &#187;, venue de Chine (il faut lutter contre la bourgeoisie classique certes, mais aussi contre la bourgeoisie nouvelle, cach&#233;e dans le Parti communiste et accaparant la bureaucratie d'&#201;tat), en r&#233;sume assez bien l'existence. Contre les bureaucraties &#171; ouvri&#232;res &#187; d'un c&#244;t&#233;, par l'anti-syndicalisme des actions d'usine radicales et par le refus du mod&#232;le-standard du Parti ; mais aussi contre l'autonomie anarchisante et identitaire des &#171; mouvements &#187;, par l'appel au trajet commun vers les lieux politiques populaires et par la recherche d'une nouvelle discipline arrach&#233;e au mod&#232;le militaire ou bureaucratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donn&#233; dans ses cons&#233;quences, Mai 68 a &#233;t&#233; l'inauguration d'une p&#233;riode enti&#232;rement nouvelle de la politique. Apr&#232;s le communisme historique de Marx, centr&#233; sur l'&#233;mancipation id&#233;ologique des actions ouvri&#232;res, et apr&#232;s le communisme r&#233;volutionnaire et &#233;tatique de L&#233;nine, centr&#233; sur la discipline militaire du Parti, vient la troisi&#232;me &#233;tape du communisme, centr&#233;e sur la fin des s&#233;parations sociales, la r&#233;pudiation des &#233;go&#239;smes revendicatifs, la critique du motif de l'identit&#233; et la proposition d'une discipline non militaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alain Badiou&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philosophe et &#233;crivain, animateur de l'Organisation politique. Il est notamment l'auteur de &lt;i&gt;De quoi Sarkozy est-il le nom ?&lt;/i&gt; (Ed. Lignes, 2007)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Logiques des mondes</title>
		<link>https://www.ababord.org/Logiques-des-mondes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Logiques-des-mondes</guid>
		<dc:date>2008-07-21T21:50:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Badiou, Alexandre Costanzo</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Badiou, Alain</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Costanzo, Alexandre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alain Badiou, Logiques des mondes (L'&#234;tre et l'&#233;v&#233;nement, tome II), Seuil, Paris, 2006. &lt;br class='autobr' /&gt; Les v&#233;rit&#233;s d'Alain Badiou &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il n'y a que des corps et des langages &#187; : telle serait, selon Alain Badiou, la formule identifiant notre monde et sa consistance nihiliste. Cette formule ne vient pas simplement r&#233;sumer ce qu'est le temps pr&#233;sent dans l'irr&#233;ductibilit&#233; d'un &#171; ce qu'il y a &#187; : nos vies, nos corps, nos passions, nos fa&#231;ons d'&#234;tre, de d&#233;sirer et de penser, la mani&#232;re, pour le dire (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-17-dec-2006-jan-2007-" rel="directory"&gt;No 017 - d&#233;c. 2006 / jan. 2007&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Badiou-Alain-+" rel="tag"&gt;Badiou, Alain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Costanzo-Alexandre-+" rel="tag"&gt;Costanzo, Alexandre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton253.jpg?1642092208' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;279&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alain Badiou, &lt;i&gt;Logiques des mondes (L'&#234;tre et l'&#233;v&#233;nement, tome II)&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les v&#233;rit&#233;s d'Alain Badiou&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il n'y a que des corps et des langages&lt;/i&gt; &#187; : telle serait, selon Alain Badiou, la formule identifiant notre monde et sa consistance nihiliste. Cette formule ne vient pas simplement r&#233;sumer ce qu'est le temps pr&#233;sent dans l'irr&#233;ductibilit&#233; d'un &#171; ce qu'il y a &#187; : nos vies, nos corps, nos passions, nos fa&#231;ons d'&#234;tre, de d&#233;sirer et de penser, la mani&#232;re, pour le dire autrement, dont se structure et s'&#233;prouve la r&#233;alit&#233;. Au-del&#224; de cela, cette formule fige surtout la puissante id&#233;ologie induisant pour chacun l'ordre du possible et celui de l'impossible. Car pr&#233;cis&#233;ment il y a autre chose, que le temps pr&#233;sent vient forclore dans l'&#233;vidence et dans l'irr&#233;ductibilit&#233; du &#171; ce qu'il y a &#187;, nous dit Alain Badiou, et c'est &#171; ce qu'il n'y a pas &#187;, soit des &#171; v&lt;i&gt;&#233;rit&#233;s suspendues entre le vide et l'&#233;v&#233;nement pur&lt;/i&gt; &#187;, des v&#233;rit&#233;s comme autant d'exceptions &#224; cet ordre. Ces v&#233;rit&#233;s sont tout simplement ces &#233;v&#233;nements qui viennent donner un sens &#224; une existence : une rencontre amoureuse ici, des cr&#233;ations artistiques ou scientifiques l&#224;, ou encore l'&#233;mancipation politique. Alors ces &lt;i&gt;Logiques des mondes&lt;/i&gt; se proposent de donner formellement chair &#224; ces v&#233;rit&#233;s, en assumant quelque chose comme une injonction de l'ouvert. Ce livre s'impose ainsi sans doute comme la plus puissante &#339;uvre philosophique contemporaine, inscrivant donc du m&#234;me coup, pour paraphraser Gilles Deleuze, &#171; &lt;i&gt;un acte de r&#233;sistance&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alexandre Costanzo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
