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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Les artifices du pouvoir</title>
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		<dc:date>2016-09-14T20:30:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Sophie </dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La ville de Saint-Augustin-de-Desmaures, pr&#232;s de Qu&#233;bec, attire l'attention des m&#233;dias depuis plusieurs ann&#233;es. L'administration municipale fait l'objet de multiples plaintes au minist&#232;re des Affaires municipales ; des d&#233;marches citoyennes devenues indispensables qui suscitaient chez Sylvie Asselin, en juillet 2015 au sortir d'&#233;lections pr&#233;cipit&#233;es, des r&#233;flexions sur l'&#233;tat de notre d&#233;mocratie. &lt;br class='autobr' /&gt; Pour Sylvie Asselin, candidate &#224; la mairie de Saint-Augustin-de-Desmaures aux &#233;lections de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Autocratie-municipale-" rel="directory"&gt;Dossier - Autocratie municipale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2255.png?1642092183' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;675&#034; height=&#034;402&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La ville de Saint-Augustin-de-Desmaures, pr&#232;s de Qu&#233;bec, attire l'attention des m&#233;dias depuis plusieurs ann&#233;es. L'administration municipale fait l'objet de multiples plaintes au minist&#232;re des Affaires municipales ; des d&#233;marches citoyennes devenues indispensables qui suscitaient chez Sylvie Asselin, en juillet 2015 au sortir d'&#233;lections pr&#233;cipit&#233;es, des r&#233;flexions sur l'&#233;tat de notre d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour Sylvie Asselin, candidate &#224; la mairie de Saint-Augustin-de-Desmaures aux &#233;lections de juin 2015, le constat est plut&#244;t d&#233;solant : les outils de v&#233;rification du gouvernement donnent aux gens &#171; &lt;i&gt;l'impression d'&#234;tre prot&#233;g&#233;s et d'avoir du pouvoir sur ce qui se fait dans leur ville. Mais il suffit d'essayer de les mettre en application pour s'apercevoir qu'au final le r&#233;sultat aboutit davantage au d&#233;couragement des citoyens quant &#224; leur participation &#224; la vie publi&#173;que une fois les &#233;lections termin&#233;es. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La m&#233;diocrit&#233; au pouvoir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse de d&#233;poser une plainte au minis&#173;t&#232;re des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT) ou de faire une deman&#173;de d'acc&#232;s &#224; l'information, &#171; &lt;i&gt;il n'y a pas de soutien pour le citoyen&lt;/i&gt; &#187; qui, d&#232;s les premi&#232;res d&#233;mar&#173;ches, se voit finalement propuls&#233; dans un d&#233;dale bureaucratique d'une lourdeur inou&#239;e. &#171; &lt;i&gt; Il faut en avoir du temps lorsque tu veux comprendre les abus suspect&#233;s dans la gestion de ta ville ! Je ne faisais que &#231;a tous les soirs, toutes les fins de semaine.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettre sa vie en suspens pour r&#233;diger des lettres, constituer des dossiers, fournir des preuves peut en rebuter plus d'un. &#171; &lt;i&gt;Le citoyen qui veut s'impliquer vire de bord. Les &#233;lus en place ont tout le pouvoir et s'ils d&#233;cident de rire de toi, tu vas clairement manger tes bas&lt;/i&gt; &#187;, jusqu'&#224; ce que la lumi&#232;re soit faite. Ce qui demande en g&#233;n&#233;ral des mois et des ann&#233;es. Entre temps, c'est le &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt;, et les projets mal ficel&#233;s, d&#233;rogatoires ou non, continuent &#224; se mettre en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour celle qui a cr&#233;&#233; avec d'autres citoyen&#183;ne&#183;s, en 2012, l'organisme SOS Saint-Augustin, le r&#233;veil est brutal. L'organisme avait pour objectif d'apporter l'aide que r&#233;clamaient les &#233;lu&#183;e&#183;s de la municipalit&#233; dans le dossier de la quote-part que Saint-Augustin doit verser &#224; l'agglom&#233;ration de Qu&#233;bec. Apr&#232;s six mois &#224; scruter les documents de la Ville pour chercher des moyens de r&#233;duire le fardeau des transferts, &#171; &lt;i&gt;on s'est plut&#244;t aper&#231;u que notre municipalit&#233; dupait ses citoyens&lt;/i&gt; &#187;. Aujourd'hui, les cons&#233;quences d'une succession de confusions dans les proc&#233;dures, d'ignorance des lois et de cafouillages de chiffres font dire &#224; Sylvie Asselin que &#171; &lt;i&gt;si Saint-Augustin &#233;tait une entreprise priv&#233;e, il y a longtemps que le banquier aurait tir&#233; la &#171; &lt;i&gt;plug&lt;/i&gt; &#187;. Ce serait la faillite.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Aucun ratio d'endettement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les administrations municipales peuvent aller &#224; l'encontre de leurs r&#232;glements, embrouiller d&#233;li&#173;b&#233;r&#233;ment ou non les processus d'adoption des emprunts, ob&#233;rer les citoyen&#183;ne&#183;s pendant des mois sinon des ann&#233;es sans &#234;tre ennuy&#233;es. Au fur et &#224; mesure qu'elle creuse les dossiers, Sylvie Asselin tombe des nues. De la bouche m&#234;me des fonctionnaires de la Commission des plaintes du MAMOT, &#171; &lt;i&gt;nous apprenions que, contrairement &#224; tout particulier, il n'y a aucun seuil d'endettement &#233;tabli pour une municipalit&#233;. La Ville peut s'endetter sans fin et la dette accumul&#233;e est consid&#233;r&#233;e comme l'h&#233;ritage que laissent les &#233;lu&#183;e&#183;s en place &#224; l'administration qui leur succ&#233;dera.&lt;/i&gt; &#187; Et c'est aux citoyen&#183;ne&#183;s-contribuables &#224; qui revient la responsabilit&#233; de l'&#233;ponger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2013, il &#233;tait &#233;tabli pour Sylvie Asselin que Saint-Augustin agissait dans la confusion et qu'elle d&#233;pensait d&#233;j&#224; trop. D&#233;couverte : &#171; &lt;i&gt;la Ville ne payait pas les montants emprunt&#233;s et ne portait pas &#224; sa dette les nouveaux emprunts. Elle payait uniquement les int&#233;r&#234;ts &#224; m&#234;me les emprunts contract&#233;s et laissait entendre que les finan&#173;ces &#233;taient sous contr&#244;le&#8230; jusqu'&#224; l'annonce d'une hausse de taxes de 25 % &#224; l'automne 2014. La Ville tentait de faire porter enti&#232;rement l'odieux de la situation &#224; la quote-part qu'elle devait pour son adh&#233;sion &#224; l'agglom&#233;ration de Qu&#233;bec.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s janvier de cette m&#234;me ann&#233;e, le projet du Complexe multifonctionnel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce sujet Fran&#231;ois Bourque, &#171; La saga du complexe de Saint-Augustin &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; devenait pour la citoyenne celui qui allait &#171; &lt;i&gt;planter le dernier clou dans le cercueil de la Ville. Mais d'une s&#233;ance du conseil municipal &#224; l'autre, il n'y avait pas moyen d'obtenir les chiffres &lt;/i&gt; &#187;, affirme-t-elle ; la Ville poussant &#224; l'extr&#234;me le processus &#233;tabli par la Loi sur l'acc&#232;s aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une demande d'acc&#232;s &#224; l'information effectu&#233;e par les citoyen&#183;ne&#183;s de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une plainte est donc d&#233;pos&#233;e au MAMOT. L'enqu&#234;te tarde et au fur et &#224; mesure que les mois passent, la construction suit son cours.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du baratin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le rapport du minist&#232;re arrive finalement, mais 18 mois plus tard, soit en juillet 2015. &#171; &lt;i&gt;Entre temps le mal est fait, le b&#226;timent est achev&#233;, &lt;/i&gt; s'indigne Sylvie Asselin. &lt;i&gt;M&#234;me si apr&#232;s tout ce temps le rapport du minist&#232;re nous a donn&#233; raison, personne &#224; la Ville n'a &#233;cop&#233; d'un bl&#226;me.&lt;/i&gt; &#187; Aujourd'hui pourtant, les citoyen&#183;ne&#183;s de Saint-Augustin doivent assumer une dette suppl&#233;mentaire de 20 millions de dollars, pour un total d'endettement de leur Ville de pr&#232;s de 150 millions. Un montant faramineux si l'on consid&#232;re que la localit&#233; ne compte que 8 000 &#171; payeurs&#183;euses de taxes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son rapport, &#171; &lt;i&gt;le minist&#232;re convient qu'il y a eu des probl&#232;mes de datation et de contradiction sur certains &#233;l&#233;ments du projet pour en arriver &#224; la conclusion qu'il s'est &lt;/i&gt; &#171; probablement &#187; &lt;i&gt;produit des erreurs de transcription dans la r&#233;daction des r&#232;glements d'emprunt et d'autres documents de la municipalit&#233;. Mais le rapport s'en tient uniquement &#224; demander des correctifs apr&#232;s coup, afin de rendre les documents conformes, alors m&#234;me que le projet est achev&#233;. Et c'est &#224; peine si les &#233;lu&#183;e&#183;s ont re&#231;u une tape sur les doigts apr&#232;s avoir refil&#233; la facture de 20 millions de dollars de ce projet aux citoyens-contribuables, quand ils n'annon&#231;aient aucune r&#233;percussion financi&#232;re sur leur compte de taxes !&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Sylvie Asselin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la d&#233;ception. Le MAMOT mentionne sur son site que les citoyen&#183;ne&#183;s ont des droits. Ceux-ci sont cependant bien encadr&#233;s : en gros, le droit d'&#234;tre b&#233;n&#233;vole, de participer aux consultations publiques et d'assister aux s&#233;ances du conseil municipal pour poser des questions&#8230; mais souvent en nombre limit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Et lorsqu'il le fait, le citoyen se fait dire par ses &#233;lu&#183;e&#183;s que la s&#233;ance du conseil est un lieu de travail pour les conseillers et le maire et non pas un espace pour faire ses dol&#233;ances. En r&#233;alit&#233;,&lt;/i&gt; explique Sylvie Asselin,&lt;i&gt; le seul droit que d&#233;tient actuellement le citoyen est celui de voter tous les quatre ans.&lt;/i&gt; &#187; Autrement, il n'a que l'obligation de payer ses taxes. Dans l'intervalle, les gens qui cherchent &#224; faire la lumi&#232;re sur des situations pr&#233;sentant des lacunes dans leur municipalit&#233; assistent &#224; une partie de balle entre deux paliers de gouvernement pour d&#233;terminer &#224; qui revient la responsabilit&#233; de recevoir les plaintes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et rien pour faciliter les choses pour les contribuables, selon les processus actuels : s'opposer &#224; un projet qui endettera une ville ou minera le visage d'un quartier exige une mobilisation des citoyen&#183;ne&#183;s &#224; plus d'un niveau. D'abord, pour demander en temps et lieu la tenue d'un r&#233;f&#233;rendum, puis pour le r&#233;f&#233;rendum lui-m&#234;me avec une campagne en bonne et due forme de plusieurs semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, il peut &#234;tre concevable qu'un projet d'une administration municipale ait &#233;t&#233; mal ficel&#233;, mais &#171; &lt;i&gt;quand il semble qu'une dizaine de projets l'aient &#233;t&#233;, il faut conclure &#224; l'incomp&#233;tence ou au fait que les &#233;lu&#183;e&#183;s en place ont sciemment ignor&#233; leurs responsabilit&#233;s de protection et de validation, &lt;/i&gt; rench&#233;rit Sylvie Asselin. &lt;i&gt;En fait, ajoute-t-elle, les municipalit&#233;s ont tous les droits et agissent un peu comme des dictatures. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'un r&#232;glement d'emprunt pour un projet quelconque est formellement refus&#233; par la population, la Ville peut reformuler ce projet en y appor&#173;tant de l&#233;g&#232;res modifications et le soumettre &#224; nouveau &#224; l'adoption, &#233;puisant ainsi les ressources des citoyen&#183;ne&#183;s. Pire, &#171; elle peut l'inclure dans un r&#232;glement parapluie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un r&#232;glement &#171; parapluie &#187; est un r&#232;glement dont l'objet est d&#233;crit en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sans le d&#233;tailler, avec la b&#233;n&#233;diction du MAMOT. Elle peut ainsi le faire adopter presque clandestinement au nez et &#224; la barbe des citoyens-contribuables. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel moyen r&#233;el reste-t-il donc pour les &#171; payeurs&#183;euses de taxes &#187; ? Celui, semble-t-il, de scruter les articles de lois pour trouver les violations commises et saisir la justice, &#224; leurs frais, le cas &#233;ch&#233;ant. Autrement, les d&#233;cisions prises dans les municipalit&#233;s rel&#232;vent de la gestion interne, un aspect sur lequel n'intervient pas le gouvernement (voir encadr&#233;). Et l'Unit&#233; permanente anti&#173;corruption (UPAC) ? Avant de s'int&#233;resser &#224; un dossier, elle demande d'obtenir toutes les preuves. S'il s'agissait d'un meurtre, compare Sylvie Asselin, il faudrait lui fournir &#171; &lt;i&gt;le cadavre, le film du meurtre, le meurtrier et l'aveu du meurtrier &lt;/i&gt; &#187;. Alors, pour la qu&#234;te de rectitude en politique, l'aventure appelle les courageux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet Fran&#231;ois Bourque, &#171; La saga du complexe de Saint-Augustin &#187;, &lt;i&gt;Le Soleil&lt;/i&gt;, 24 janvier 2015. Disponible en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une demande d'acc&#232;s &#224; l'information effectu&#233;e par les citoyen&#183;ne&#183;s de Saint-Augustin en f&#233;vrier 2015 aura &#233;t&#233; entendue par le tribunal de la Commission d'acc&#232;s &#224; l'information en janvier 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un r&#232;glement &#171; parapluie &#187; est un r&#232;glement dont l'objet est d&#233;crit en termes g&#233;n&#233;raux et appel&#233; &#224; &#234;tre d&#233;taill&#233; plus tard seulement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : blog.tradel-barcelona.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pichenottes de la Commission municipale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les citoyennes et citoyens engag&#233;&#183;e&#183;s dans la surveillance de la gestion des deniers publics et de l'application des r&#232;glements adopt&#233;s par leur municipalit&#233;, parcourir le site Internet du minist&#232;re des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT) leur promet quelques &#233;clats de rire&#8230; ou de larmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la Politique de traitement des plaintes relatives aux municipalit&#233;s, le MAMOT est l'organisme du gouvernement charg&#233; de s'assurer de la bonne administration du syst&#232;me municipal par &#171; &lt;i&gt;le traitement des plaintes relatives &#224; la gestion municipale&lt;/i&gt; [et celles] &lt;i&gt;faites en vertu de la Loi sur l'&#233;thique et la d&#233;ontologie en mati&#232;re municipale&lt;/i&gt; &#187;. Mais une fois les processus enclench&#233;s, quelles ne sont pas les surprises !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des d&#233;lais de traitement des plaintes jug&#233;es &#171; recevables &#187; qui peuvent s'&#233;tirer pendant des mois, on s'aper&#231;oit que le r&#244;le de surveillance du minist&#232;re en mati&#232;re de gestion municipale se limite uniquement &#224; fournir des avis et &#224; faire desrecommandations aux municipalit&#233;s, m&#234;me lorsque celles-ci enfreignent les lois pendant des ann&#233;es. Au mieux, le minist&#232;reassurera un suivi de l'application de ses recommandations sur une p&#233;riode de trois ans apr&#232;s la fin de son enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les citoyen&#183;ne&#183;s ne doivent pas s'&#233;tonner non plus d'apprendre que le minis&#173;t&#232;re ne leur sera d'aucune aide en ce qui a trait aux questions relevant de la gestion interne de leur municipalit&#233;, comme l'adoption et la non-application des r&#232;glements&#8230; sauf dans le cas o&#249; la situation fait l'objet d'une plainte en &#233;thique et d&#233;ontologie contre un&#183;e &#233;lu&#183;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les juges administratifs de la Commission municipale pourront, au pire, conclure &#224; un manquement de l'&#233;lu&#183;e et lui imposer des sanctions. Mais atten&#173;tion, les p&#233;nalit&#233;s sont d&#233;j&#224; &#233;tablies : 1) une r&#233;primande, 2) la remise &#224; la municipalit&#233; du don ou des profits retir&#233;s, 3) le remboursement des sommes re&#231;ues pendant la p&#233;riode qu'a dur&#233;e le manquement faisant l'objet de la plainte et 4) une suspension sans r&#233;mun&#233;ration de l'&#233;lu&#183;e pour une p&#233;riode maximale de 90 jours. Pas de quoi pr&#233;venir les r&#233;cidives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>La grande braderie</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-grande-braderie,2132</link>
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		<dc:date>2016-02-18T01:37:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Sophie </dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous vous proposons ici la version int&#233;grale de l'article &#171; La grande braderie &#187; de Sophie Vaillancourt. Le texte est paru dans notre dossier Autocratie municipale du no 63 en version abr&#233;g&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Actuellement, dans le parc de la Gatineau, les vrais rebelles sont ceux qui squattent l'espace public en d&#233;pit des r&#232;glements, en donnant l'apparence d'agir de plein droit. &#187; Jean-Paul Murray, citoyen &#233;cologiste r&#233;sidant de la municipalit&#233; de Chelsea et membre du Comit&#233; pour la protection du parc (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2132.jpg?1642092175' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;618&#034; height=&#034;800&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous vous proposons ici la version int&#233;grale de l'article &#171; La grande braderie &#187; de Sophie Vaillancourt. Le texte est paru dans notre dossier Autocratie municipale du no 63 en version abr&#233;g&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Actuellement, dans le parc de la Gatineau, les vrais rebelles sont ceux qui squattent l'espace public en d&#233;pit des r&#232;glements, en donnant l'apparence d'agir de plein droit.&lt;/i&gt; &#187; Jean-Paul Murray, citoyen &#233;cologiste r&#233;sidant de la municipalit&#233; de Chelsea et membre du Comit&#233; pour la protection du parc de la Gatineau ne m&#226;che plus ses mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'anarchie, c'est ici. Le lac Meech est un joyau-pr&#233;sentoir du parc &#224; l'international, mais tout le monde fait ce qu'il veut. Petit &#224; petit, on b&#226;tit dans l'eau et on remplit le lac. Depuis 2011, 120 nouvelles structures ont &#233;t&#233; construites sur les rives et le littoral du lac, avec ou sans permis.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation du parc de la Gatineau en est une d'exception. Sa superficie de 361 km2 englobe, en plus de la municipalit&#233; de Chelsea, celles de Gatineau, de La P&#234;che et de Pontiac. De surcro&#238;t, l'aire prot&#233;g&#233;e qui s'&#233;tend sur le territoire qu&#233;b&#233;cois est le seul parc f&#233;d&#233;ral &#224; ne pas &#234;tre g&#233;r&#233; par Parcs Canada. Il est plut&#244;t chapeaut&#233; par la Commission de la Capitale nationale du Canada (CCN), une soci&#233;t&#233; de la Couronne. Un cas d'esp&#232;ce cr&#233;ant une saga constitutionnelle en r&#232;gle, au point o&#249; il fait dor&#233;navant l'objet d'une th&#232;se de doctorat en sociologie &#224; l'Universit&#233; Carleton. Non seulement plus personne ne cherche &#224; savoir &#224; qui revient la responsabilit&#233; de la conservation de cet espace naturel, mais en plus, &#171; &lt;i&gt;ceux qui ont le pouvoir d'assurer sa protection ne font rien sous le pr&#233;texte de l'ignorance. Tout le monde se renvoie la balle&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce Jean-Paul Murray.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Aux grands maux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Ces derni&#232;res ann&#233;es, l'homme est devenu la b&#234;te noire des &#233;lu&#183;e&#183;s et des fonctionnaires, mettant au grand jour le grenouillage politique dont le parc de la Gatineau est victime. On le traite de r&#233;volt&#233; et de r&#233;volutionnaire. On le destitue des comit&#233;s pour ses prises de position. Dans une tentative d'intimidation, sa municipalit&#233; lui a m&#234;me envoy&#233; la police pour ses interventions durant les s&#233;ances du conseil municipal. Jean-Paul Murray le reconna&#238;t d'embl&#233;e : agir en solitaire, &#224; contre-courant pour le bien de l'environnement et de la collectivit&#233; exige &#171; &lt;i&gt;d'accepter d'&#234;tre mis au ban de la soci&#233;t&#233; et de voir entacher sa r&#233;putation&lt;/i&gt; &#187;. Peu importe, depuis 15 ans, il a tout de m&#234;me &#233;t&#233; &#224; l'origine de huit projets de loi et a fait d&#233;penser plus de 16 millions de dollars &#224; la CCN pour le rachat de propri&#233;t&#233;s situ&#233;es dans le parc afin de les retourner &#224; la nature. Il a m&#234;me permis en 2009 de r&#233;cup&#233;rer 61,5 km2 de terres devant le Tribunal administratif du Qu&#233;bec, d&#233;boutant ainsi le minist&#232;re de la Justice de la province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, ses revendications sont plut&#244;t conservatrices : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a tout de m&#234;me rien de r&#233;volutionnaire &#224; demander l'application des politiques et des r&#232;glements qui ont &#233;t&#233; adopt&#233;s au fil des ann&#233;es par les instances publiques&lt;/i&gt; &#187;, s'offusque-t-il. Mais actuellement, c'est un droit de saccager qui pr&#233;domine dans la localit&#233;. Des r&#233;sidences cossues continuent de se construire &#224; proximit&#233; des plans d'eau et des plages publiques avec l'aval et au su de la municipalit&#233;, qui viole par le fait m&#234;me ses propres r&#232;glements. Et tranquillement, la tendance ressentie est de restreindre l'acc&#232;s au parc &#224; la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite d'&#233;pisodes de prolif&#233;ration d'algues bleues entre 2007 et 2009, la MRC des Collines-de-l'Outaouais adopte en 2009 un r&#232;glement visant la renaturalisation des bandes riveraines dont les municipalit&#233;s de la r&#233;gion doivent assurer la mise en application. Apr&#232;s cinq ans &#224; talonner sa municipalit&#233;, Jean-Paul Murray juge que l'inaction et l'incomp&#233;tence des &#233;lu&#183;e&#183;s et des inspecteurs de sa municipalit&#233; doit faire l'objet d'une d&#233;nonciation publique. En ao&#251;t 2014, il recourt donc &#224; sa derni&#232;re option : il envoie une mise en demeure &#224; son conseil municipal pour le forcer &#224; respecter les textes r&#233;glementaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#233;diocrit&#233; environnementale et attentisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	&#171; &lt;i&gt;&#199;a devient des batailles incroyables&lt;/i&gt; &#187;, confirme Christian Simard, directeur g&#233;n&#233;ral de Nature Qu&#233;bec. Non seulement les textes l&#233;gislatifs et r&#233;glementaires en mati&#232;re environnementale laissent planer un flou juridique, mais en plus, il n'y a plus personne pour les faire appliquer. &#171; &lt;i&gt;Il reste tr&#232;s peu de moyens pour les citoyen&#183;ne&#183;s qui doivent au bout du compte se r&#233;soudre la plupart du temps &#224; faire appel aux tribunaux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est une course vers le bas&lt;/i&gt; &#187;, ajoute-t-il, nous sommes rendu au point o&#249; les citoyen&#183;ne&#183;s doivent forcer les instances publiques &#224; mettre en application les lois et les r&#232;glements, pay&#233;s par leurs taxes &#224; l'aide du syst&#232;me de justice. Depuis quatre ans, on se souvient du projet de port m&#233;thanier de Cacouna d'&#201;nergie Est. On se rappelle un peu moins celui du d&#233;veloppement immobilier La Futaie du Bois&#233; des hirondelles &#224; Saint-Bruno-de-Montarville, &#171; &lt;i&gt;un projet dans lequel le gouvernement avait pris fait et cause en cour pour la municipalit&#233; en reniant sa propre Loi sur les esp&#232;ces menac&#233;es ou vuln&#233;rables. Une situation honteuse&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les milieux humides, on assiste &#224; une dilapidation du territoire. &#171; &lt;i&gt;Les citoyens doivent s'organiser pour faire cesser cette &#034;h&#233;morragie&#034; dans l'indiff&#233;rence de l'&#201;tat et dans l'incompr&#233;hension des &#233;lus qui voient dans ces mouvements un emp&#234;chement de d&#233;velopper en rond.&lt;/i&gt; &#187; Pire, un projet de modernisation du r&#233;gime d'autorisation environnementale de la Loi sur la qualit&#233; de l'environnement, plus commun&#233;ment appel&#233;e Livre vert, a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale en juin 2015 par le ministre de l'Environnement David Heurtel. Pour le milieu environnemental, ce projet est une op&#233;ration de simplification administrative qui pousse la protection de l'environnement au second rang. D'autant plus que le projet de loi sur les milieux humides a (une fois de plus) &#233;t&#233; repouss&#233;&#8230; cette fois-ci &#224; 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Christian Simard, une quantit&#233; ph&#233;nom&#233;nale de milieux humides ont d&#233;j&#224; disparu au Qu&#233;bec en toute ill&#233;galit&#233;, sans m&#234;me que le ministre n'en ait &#233;t&#233; avis&#233;. Le Livre vert pr&#233;voit maintenant de r&#233;duire du tiers les autorisations gouvernementales requises en accordant davantage de responsabilit&#233;s aux municipalit&#233;s. De surcro&#238;t, celles-ci demandent &#224; obtenir la gestion des milieux humides sur leurs territoires, mais dans les faits elles font d&#233;j&#224; comme bon leur semble puisqu'aucun contr&#244;le n'est assur&#233; de la part du gouvernement. Les minist&#232;res de la Faune et de l'Environnement se fient aux d&#233;clarations des promoteurs et des municipalit&#233;s pour r&#233;diger les certificats d'autorisation. Aucun inspecteur ne se d&#233;place sur le terrain avant qu'une crise n'&#233;clate et que des plaintes soient d&#233;pos&#233;es aupr&#232;s des minist&#232;res par les citoyens. C'est seulement une fois ces d&#233;marches entreprises que ces derniers s'aper&#231;oivent que les outils en place ne sont qu'un &#233;cran de fum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le probl&#232;me, c'est qu'il n'y a aucun objectif de protection quantifiable &#224; atteindre par les municipalit&#233;s pour les pouvoirs qu'elles obtiennent. Actuellement, le message envoy&#233; par le gouvernement, c'est : vous faites comme vous voulez, de toute fa&#231;on nous n'irons pas voir. Et c'est certain qu'avec notre syst&#232;me fiscal archa&#239;que, s'appuyant sur la valeur fonci&#232;re, la pression est forte dans les municipalit&#233;s pour d&#233;velopper les milieux sensibles et aller chercher le plus de revenus de taxes possible&lt;/i&gt; &#187;, ajoute Christian Simard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a d&#233;j&#224; un aper&#231;u de ce qui se passe sur le terrain avec la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables (PPRLPI) qui confie aux municipalit&#233;s, par le biais de leurs r&#232;glements, la protection des bandes riveraines. &#171; &lt;i&gt;Dans les faits, c'est n'importe quoi,&lt;/i&gt; confirme-t-il. &lt;i&gt;Souvent, des inspecteurs municipaux, incomp&#233;tents, mal form&#233;s, employ&#233;s &#224; temps partiel, cumulent les t&#226;ches et autorisent de b&#226;tir carr&#233;ment dans les cours d'eau en contravention des r&#232;glements. Et les municipalit&#233;s ferment encore les yeux.&lt;/i&gt; &#187; Les citoyens sonneurs d'alarme sont par la suite invit&#233;s par les directions du minist&#232;re des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT) &#224; porter plainte aupr&#232;s de leur municipalit&#233; qui devient juge et partie. &#171; &lt;i&gt;Les tensions engendr&#233;es peuvent &#234;tre telles qu'elles conduisent souvent &#224; la prof&#233;ration de menaces physiques. Les gens finissent par abandonner et &#224; d&#233;m&#233;nager&lt;/i&gt; &#187;, observe Christian Simard.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Suivez l'argent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Selon Michel B&#233;langer, pr&#233;sident du Centre qu&#233;b&#233;cois du droit de l'environnement (CQDE), &#171; &lt;i&gt;le fait que les municipalit&#233;s obtiennent davantage de pouvoir en mati&#232;re environnementale n'est ni un gage de succ&#232;s ni un gage d'&#233;chec, car actuellement, tout le monde s'en fout de la protection des milieux sensibles&lt;/i&gt; &#187;. Lorsqu'il existe un int&#233;r&#234;t &#233;conomique, tout le monde veut d&#233;velopper. M&#234;me Qu&#233;bec, par son article 22 de la Loi sur la qualit&#233; de l'environnement, mentionne qu'il suffit d'obtenir une autorisation gouvernementale pour qu'une ville fasse ce qu'elle veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A contrario, quand la municipalit&#233; de Gasp&#233; s'est dot&#233;e en 2013 d'un r&#232;glement pour prot&#233;ger ses eaux souterraines contre les risques de contaminations que laissaient peser les forages de la soci&#233;t&#233; P&#233;trolia, Qu&#233;bec est entr&#233; dans le portrait deux ans plus tard pour adopter son propre r&#232;glement afin de r&#233;gir les distances devant &#234;tre respect&#233;es entre les sites de forage et les sources d'eau potable. Dor&#233;navant le r&#232;glement de Qu&#233;bec, moins contraignant, pr&#233;vaut sur celui de la municipalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le pire des deux mondes. D'un c&#244;t&#233; le gouvernement centralise les pouvoirs pour ne pas nuire &#224; l'exploitation des ressources naturelles, et de l'autre il transf&#232;re de plus en plus aux municipalit&#233;s la responsabilit&#233; de la protection des milieux sensibles. Ainsi les municipalit&#233;s se retrouvent en conflit d'int&#233;r&#234;ts entre favoriser les rentr&#233;es d'argent des taxes ou assurer la p&#233;rennit&#233; des milieux naturels et la protection de la biodiversit&#233;, d'o&#249; d&#233;coulent les abus et les passe-droits. En l'absence d'un cadre d'orientation ferme en mati&#232;re de conservation des milieux naturels, les r&#233;gions finissent par se faire concurrence entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Quand le gouvernement dit vouloir changer les m&#233;canismes de la loi avec son Livre vert, on doute que c'est pour am&#233;liorer les choses&lt;/i&gt;, fait remarquer Michel B&#233;langer. &lt;i&gt;Nous sommes devant des machines politiques o&#249; des gens &#233;lus ont pris des d&#233;cisions pour nous amener l&#224; o&#249; nous sommes.&lt;/i&gt; &#187; Depuis pr&#232;s de dix ans, les citoyen&#183;ne&#183;s se sont vus retirer leurs outils d'intervention. Au f&#233;d&#233;ral, le gouvernement Harper a restreint les droits de participation du public aux audiences d'&#233;valuation environnementale, alors qu'au provincial on a restreint l'acc&#232;s &#224; l'information. Malheureusement, &#171; &lt;i&gt;c'est la &lt;/i&gt;game &lt;i&gt;du syst&#232;me en place&lt;/i&gt;, ajoute-t-il. &lt;i&gt;Comme pour le b&#233;luga, des coups de barre citoyens, il en faudra encore&#8230; Tant que des gens de &#034;bonne volont&#233;&#034; ne se feront pas &#233;lire dans les conseils municipaux&lt;/i&gt; &#187; ou tant que la population ne d&#233;cidera pas de changer ce syst&#232;me qui est en train de lui glisser des mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre temps, il faut de la patience et de la d&#233;termination. En octobre 2015, Jean-Paul Murray en &#233;tait &#224; sa troisi&#232;me audience devant la Commission d'acc&#232;s &#224; l'information (CAI). Et pour la troisi&#232;me fois, sa municipalit&#233; n'a m&#234;me pas daign&#233; se pr&#233;senter devant le tribunal. L'homme demande &#224; r&#233;p&#233;tition d'obtenir tous les avis d'infraction et de non-conformit&#233;s envoy&#233;s par la Ville &#224; ses r&#233;sidents riverains en contravention depuis l'entr&#233;e en vigueur en 2011 du r&#232;glement de la MRC des Collines-de-l'Outaouais sur la renaturalisation des berges. Pour le moment, l'absence de tels documents laisse planer le doute sur la capacit&#233; et la volont&#233; de la municipalit&#233; &#224; accomplir ses devoirs. &#171; &lt;i&gt;C'est un outrage au tribunal, mentionne l'&#233;cologiste. M&#234;me les commissaires de la CAI en ont assez de ce laxisme et envisagent de transf&#233;rer le dossier en Cour sup&#233;rieure.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lutte devient rocambolesque. En 2013, pouss&#233;e par ses interventions, la municipalit&#233; de Chelsea a finalement proc&#233;d&#233; &#224; l'inspection de 70 propri&#233;t&#233;s riveraines du lac Meech. Conclusion : non seulement 80 % de celles-ci ne respectaient pas les r&#232;glements, mais de nouvelles infrastructures ont &#233;t&#233; construites sur les rives et le littoral du lac. L'h&#233;sitation de la municipalit&#233; &#224; faire respecter les textes r&#233;glementaires devient presque suspecte. Elle ne peut m&#234;me plus se justifier par la question des revenus de taxes dont elle pourrait se priver. &#171; &lt;i&gt;Le r&#232;glement de renaturalisation des berges pr&#233;voit des amendes de 200 &#224; 4 000 $ par jour que la collectivit&#233; pourrait aller chercher en d&#233;dommagement pour les violations perp&#233;tr&#233;es depuis son entr&#233;e en vigueur en 2011. Faites le calcul&lt;/i&gt; &#187;, insiste Jean-Paul Murray. C'est &#224; se demander o&#249; sont les all&#233;geances des &#233;lu&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : ArtactQc&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; nous la ville !</title>
		<link>https://www.ababord.org/A-nous-la-ville</link>
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		<dc:date>2016-02-04T22:46:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Couture, R&#233;mi Leroux, Sophie Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Vaillancourt, Sophie </dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Couture, Jean-Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>Leroux, R&#233;mi</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les gouvernements municipaux sont a&#768; l'image de la politique a&#768; plus grande e&#769;chelle. Ils en sont m&#234;me parfois la caricature tristement grossie : faible participation e&#769;lectorale, assemble&#769;es dysfonctionnelles, recours au huis clos, budgets d'auste&#769;rite&#769;, privatisation des services, tarification, discours anti-imp&#244;ts, ligne dure envers les employe&#769;&#183;e&#183;s syndique&#769;&#183;e&#183;s, collusion, corruption, malversation, etc. La bonne foi voudrait que nous pre&#769;sentions les municipalite&#769;s comme ces essentiels (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Couture-Jean-Pierre-+" rel="tag"&gt;Couture, Jean-Pierre &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Leroux-Remi-+" rel="tag"&gt;Leroux, R&#233;mi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les gouvernements municipaux sont a&#768; l'image de la politique a&#768; plus grande e&#769;chelle. Ils en sont m&#234;me parfois la caricature tristement grossie : faible participation e&#769;lectorale, assemble&#769;es dysfonctionnelles, recours au huis clos, budgets d'auste&#769;rite&#769;, privatisation des services, tarification, discours anti-imp&#244;ts, ligne dure envers les employe&#769;&#183;e&#183;s syndique&#769;&#183;e&#183;s, collusion, corruption, malversation, etc. La bonne foi voudrait que nous pre&#769;sentions les municipalite&#769;s comme ces essentiels &#171; gouvernements de proximite&#769; &#187;. Mais de quelle &#171; proximite&#769; &#187; s'agit-il ? Celle des leviers les plus directs pour affirmer et concre&#769;tiser nos volonte&#769;s de&#769;mocratiques ou bien celle des effets les plus imme&#769;diats quant aux de&#769;cisions prises ailleurs et sur lesquelles nous n'aurions plus aucun contr&#244;le ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les textes rassemble&#769;s dans ce dossier posent un diagnostic double : d'une part, les villes tendent a&#768; devenir des machines de gouvernement autoritaire et, d'autre part, nombreuses sont les initiatives citoyennes qui re&#769;sistent a&#768; cette tendance. Du premier aspect, on documente le fait que bien des gouvernements municipaux appliquent des de&#769;cisions purement arbitraires. Dans les cas plus subtils, ils recourent aux &#171; consultations publiques &#187; pour faire avaliser des de&#769;cisions souvent de&#769;ja&#768; prises ; dans les cas flagrants, ils gouvernent au me&#769;pris m&#234;me de leur propre re&#769;glementation. Du second aspect, on apprend que la riposte citoyenne porte son action tant&#244;t devant les tribunaux, tant&#244;t dans la re&#769;appropriation des quelques espaces de participation et de de&#769;libe&#769;ration qui survivent ou qui sont cre&#769;e&#769;s par des citoyennes et citoyens contraint&#183;e&#183;s de devenir des contre-pouvoirs dans leur propre ville.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_92 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH388/introdossier-cbfeb.jpg?1729030891' width='500' height='388' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les te&#769;moignages de ces contre-attaques citoyennes sont riches. Les tactiques varient e&#769;galement d'une re&#769;gion du Que&#769;bec a&#768; l'autre : quelques personnes se regroupent, par exemple, autour d'une cause environnementale et brisent ainsi leur sentiment initial d'impuissance ; d'autres, encore plus organise&#769;es et fe&#769;de&#769;re&#769;es, visent ni plus ni moins a&#768; remplacer le cynisme institutionnalise&#769; par une ve&#769;ritable culture de&#769;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Opposer la de&#769;mocratie a&#768; la corruption n'est pas une mince t&#226;che. Si le municipal reste un levier important et un maillon essentiel dans l'e&#769;laboration de politiques publiques et e&#769;conomiques, c'est dire aussi qu'il est en proie aux m&#234;mes inte&#769;r&#234;ts dominants qui fa&#231;onnent la politique nationale et internationale. A&#768; bien des e&#769;gards, en effet, le gouvernement municipal se situe au bout d'une cha&#238;ne de commandement transnationale qui cherche a&#768; contourner la de&#769;mocratie pour faire rentrer dans la gorge des citoyen&#183;ne&#183;s des de&#769;cisions favorables a&#768; l'oligarchie e&#769;conomique. Bien des membres de la classe politique se pr&#234;tent a&#768; cette sale besogne et bien des mairesses et maires sont re&#769;duits a&#768; n'&#234;tre que le bras politique de leur chambre de commerce. Cette de&#769;rive a assez dure&#769;. Il est temps de mettre les villes sous tutelle... citoyenne !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : artactqc.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le fleuve St-Laurent en eaux troubles</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-fleuve-St-Laurent-en-eaux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-fleuve-St-Laurent-en-eaux</guid>
		<dc:date>2009-06-18T18:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Normand Baillargeon, Sophie Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Baillargeon, Normand </dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Sophie </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e est le 50e anniversaire de la voie maritime du Saint-Laurent. Apr&#232;s avoir d&#233;plac&#233; des milliers de personnes et inond&#233; des villages entiers pendant sa construction, elle est inaugur&#233;e en juin 1959. La revue &#192; Babord ! a souhait&#233; en parler &#224; sa mani&#232;re dans ce dossier sp&#233;cial fleuve. &lt;br class='autobr' /&gt;
Traiter du fleuve et de sa protection est une t&#226;che aussi gigantesque que la force qui l'habite. Les atteintes &#224; l'int&#233;grit&#233; du Saint-Laurent sont innombrables et son image de colosse semble faire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton849.gif?1642092276' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;691&#034; height=&#034;935&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette ann&#233;e est le 50e anniversaire de la voie maritime du Saint-Laurent. Apr&#232;s avoir d&#233;plac&#233; des milliers de personnes et inond&#233; des villages entiers pendant sa construction, elle est inaugur&#233;e en juin 1959. La revue &lt;i&gt;&#192; Babord !&lt;/i&gt; a souhait&#233; en parler &#224; sa mani&#232;re dans ce dossier sp&#233;cial fleuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traiter du fleuve et de sa protection est une t&#226;che aussi gigantesque que la force qui l'habite. Les atteintes &#224; l'int&#233;grit&#233; du Saint-Laurent sont innombrables et son image de colosse semble faire oublier que sa sant&#233; d&#233;cline. Son omnipr&#233;sence dans le paysage qu&#233;b&#233;cois n'a d'&#233;gale que l'ignorance des probl&#232;mes qu'on lui sert de tout c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur toute sa longueur, notre cours d'eau national est sous la perfusion de syst&#232;mes d'&#233;gouts qui d&#233;bordent. Il est abreuv&#233; par des rivi&#232;res remplies de purin de porc, de produits chimiques de toutes sortes et de toutes origines ainsi que de s&#233;diments provenant de l'&#233;rosion des berges qu'on refuse de prot&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t dans cet environnement &#171; toxique &#187;, une chicane se profile sur le contr&#244;le des d&#233;bits d'eau provenant des Grands Lacs et dont la Commission mixte internationale (CMI) rendra public un rapport au mois de juin. Au Qu&#233;bec, la navigation commerciale pousse la province &#224; demander le maintien des d&#233;bits actuels au d&#233;pens d'une gestion &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'autoroute H2O&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pas &#233;tonnant quand on pense que les ports qu&#233;b&#233;cois enregistrent pr&#232;s de 120 millions de tonnes de marchandises transbord&#233;es chaque ann&#233;e. L'industrie du transport maritime nourrit m&#234;me l'espoir de voir ce chiffre doubler d'ici 20 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi justifier le titre que l'industrie lui donne &#171; d'autoroute H2O &#187;. L'ironie du marketing pousse m&#234;me &#224; le surnommer &#171; l'autoroute bleue &#187;. On en vient presque &#224; croire que le transport maritime des marchandises est la voie &#233;cologique &#224; suivre pour maintenir notre syst&#232;me &#233;conomique bas&#233; sur la consommation. Mais face aux probl&#232;mes qu'engendre notamment l'introduction d'esp&#232;ces exotiques par les navires transoc&#233;aniques, des &#233;tudes d&#233;montrent qqqu'un moratoire sur la circulation de ces navires au profit d'un transport intermodal (trains et barges de lac) est viable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, les mastodontes porte-conteneurs de 800 pieds de longueur circulent sur le fleuve. Comme ils fr&#244;lent le fond par endroits, il ne faut pas s'&#233;tonner de commencer &#224; entendre, entre les clapotis, qu'on pourrait entreprendre de creuser davantage le chenal. D'ailleurs, la dangerosit&#233; de la navigation sur le fleuve am&#232;ne plusieurs &#224; se questionner au sujet du port m&#233;thanier Rabaska de L&#233;vis. Avec tous les aspects mena&#231;ant notre cours d'eau national, la revue a esquiss&#233; un canevas d&#233;butant par une entrevue avec l'artiste et &#233;cologiste Fr&#233;d&#233;ric Back, auteur de plusieurs films d'animation. C'est sa pens&#233;e sur les fa&#231;ons de faire, mais surtout de ne pas faire de notre soci&#233;t&#233; qui donne le ton &#224; notre dossier. Comme il l'explique, nous esp&#233;rons que cette goutte d'eau dans ce fleuve de probl&#232;mes saura vous rejoindre et, qui sait, lever la voix. Bonne lecture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dossier coordonn&#233; par Normand Baillargeon et Sophie Vaillancourt&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'homme au grand fleuve</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-homme-au-grand-fleuve</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-homme-au-grand-fleuve</guid>
		<dc:date>2009-06-18T18:24:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Sophie </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand on entend parler Fr&#233;d&#233;ric Back sur la souffrance des animaux et la d&#233;tresse de l'environnement, sa voix est toujours aussi claire. Sans jamais lever le ton, le message est tranchant. &#171; Aujourd'hui, on ne parle que d'argent, de p&#233;trole et de rendements. La crise mon&#233;taire a rel&#233;gu&#233; la question environnementale au troisi&#232;me rang des pr&#233;occupations de notre soci&#233;t&#233;. Beaucoup de gens se fichent pas mal de la vie qui nous entoure. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1994, j'ai rencontr&#233; Fr&#233;d&#233;ric Back &#224; Strasbourg, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton874.jpg?1642092277' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;444&#034; height=&#034;349&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand on entend parler Fr&#233;d&#233;ric Back sur la souffrance des animaux et la d&#233;tresse de l'environnement, sa voix est toujours aussi claire. Sans jamais lever le ton, le message est tranchant. &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, on ne parle que d'argent, de p&#233;trole et de rendements. La crise mon&#233;taire a rel&#233;gu&#233; la question environnementale au troisi&#232;me rang des pr&#233;occupations de notre soci&#233;t&#233;. Beaucoup de gens se fichent pas mal de la vie qui nous entoure.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1994, j'ai rencontr&#233; Fr&#233;d&#233;ric Back &#224; Strasbourg, la ville de son enfance alsacienne. Il venait y pr&#233;senter son nouveau film, Le fleuve aux grandes eaux. &#192; plus de 70 ans, &#224; l'&#233;poque il avait d&#233;j&#224; une calme &#233;nergie. On aurait dit un combattant qui ne s'&#233;tonne plus des atrocit&#233;s auxquelles il fait face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est 15 ans plus tard que l'image devient limpide quand il dit qu'en mati&#232;re de sauvegarde de l'environnement, &#171; &lt;i&gt;on est dans une guerre. Il y a des gens qui voient la stupidit&#233; qui pr&#233;vaut dans la masse de la population et qui essaient d'y faire contrepoids.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant l'ampleur du probl&#232;me, &#171; &lt;i&gt;mes petits dessins semblent tout de m&#234;me ridicules. Mais c'est tout ce que je peux faire. Et j'esp&#232;re pouvoir marquer les gens et les sensibiliser sur la port&#233;e de nos gestes et peut-&#234;tre faire changer les comportements.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lui, le Saint-Laurent qui faisait partie de la vie des gens d'ici est devenu un inconnu. &#171; &lt;i&gt;Les Qu&#233;b&#233;cois n'ont plus conscience de ce qu'est le fleuve et de son importance.&lt;/i&gt; &#187; Dans sa r&#233;flexion sur notre soci&#233;t&#233; de consommation, cette ignorance fait certainement l'affaire de certains.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Changer de vie &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1949, il arrive au Qu&#233;bec au moment o&#249; le projet de la Voie maritime du Saint-Laurent prend son essor. &#171; &lt;i&gt; On a tout fait pour attirer les bateaux et leur permettre de rejoindre les Grands Lacs afin d'aller jusqu'&#224; Chicago.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Typiques de l'&#234;tre humain, les besoins changent tout le temps. Il nous en faut toujours plus. &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, on voit des &#171; cath&#233;drales &#187; circuler sur le fleuve, mais on n'a pas l'id&#233;e d'adapter les bateaux en fonction du lieu o&#249; ils naviguent. On imagine plut&#244;t d'adapter la g&#233;ographie du lieu en question.&lt;/i&gt; &#187; Pas &#233;tonnant qu'on en revienne perp&#233;tuellement au projet de creusage du fleuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; plus de 80 ans, Fr&#233;d&#233;ric Back n'arrive pas &#224; essuyer sa tristesse devant le constat des agissements des humains. Dans les ann&#233;es 1950, il y avait des chalets et des plages le long du fleuve Saint-Laurent. &#171; &lt;i&gt;Il y avait aussi beaucoup de pollution. Mais on avait au moins l'excuse de ne pas savoir ce qui se passait. Aujourd'hui, on le sait, mais rien ne change.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour celui qui a contribu&#233; &#224; fonder le GREMM, le Groupe de recherche et d'&#233;ducation sur les mammif&#232;res marins, &#171; &lt;i&gt;on ne veut pas comprendre que toutes les esp&#232;ces sont interd&#233;pendantes. Ce qui arrive aux b&#233;lugas, aux baleines, aux bancs de morues ou &#224; la for&#234;t c'est aussi ce qui nous arrive. Le fleuve &#233;touffe par manque d'oxyg&#232;ne ; ailleurs dans les oc&#233;ans, l'acidit&#233; fait mourir les coraux. Le grand public, lui, s'en fout, car il ne voit pas ce qui se passe. Il voit juste son propre mieux-&#234;tre. Et pour le distraire des choses importantes, on organise &#224; r&#233;p&#233;tition toutes sortes d'&#233;v&#233;nements, par exemple, &#224; coups de millions de dollars, les Jeux olympiques.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa r&#233;volte personnelle n'est pas sur le point de s'&#233;teindre. Quand on voit les g&#233;ants de l'industrie agroalimentaire, &#171; &lt;i&gt;on peut dire qu'on s'est aussi foutu de ce que disait Rachel Carson dans son livre le Printemps silencieux. Dans nos campagnes, on a bien &#233;limin&#233; le DDT, mais il a &#233;t&#233; remplac&#233; par d'autres produits chimiques qui aboutissent toujours dans les cours d'eau et qui remontent la cha&#238;ne alimentaire pour se retrouver dans nos assiettes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s autant d'ann&#233;es de combat pour l'environnement &#171; &lt;i&gt;je m'aper&#231;ois qu'il faut toujours ramer &#224; contre-courant&lt;/i&gt; &#187;, dit-il, et sans chercher le succ&#232;s, c'est l&#224; qu'il pense l'avoir rencontr&#233;. &#171; &lt;i&gt;Sans &#234;tre h&#233;ro&#239;que, on peut r&#233;ussir &#224; cr&#233;er une lueur dans cette noirceur. Car apr&#232;s tout dans cette vie qui peut &#234;tre &#224; la fois terrible et magnifique, l'humanit&#233; a d&#233;velopp&#233; les connaissances qui la rendent capable de faire des choses merveilleuses... si elle cesse enfin d'&#234;tre &#233;go&#239;ste.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Sophie Vaillancourt&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journaliste&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fini les cargos sur le fleuve</title>
		<link>https://www.ababord.org/Fini-les-cargos-sur-le-fleuve</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Fini-les-cargos-sur-le-fleuve</guid>
		<dc:date>2009-06-18T18:03:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Sophie </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour ce qui est de l'avenir de la voie navigable du Saint-Laurent et de la voie maritime des Grands Lacs, il est impossible de savoir r&#233;ellement ce qui en est des projets des gouvernements canadien et &#233;tats-unien. Et selon Marc Hudon, de Nature-Qu&#233;bec, qui s'int&#233;resse au dossier depuis de nombreuses ann&#233;es, des deux c&#244;t&#233;s de la fronti&#232;re le processus d'&#233;tude et de d&#233;cision est tout sauf transparent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Difficile de savoir ce qui se trame. En novembre 2007, sept minist&#232;res et organismes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton868.gif?1642092277' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;800&#034; height=&#034;300&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour ce qui est de l'avenir de la voie navigable du Saint-Laurent et de la voie maritime des Grands Lacs, il est impossible de savoir r&#233;ellement ce qui en est des projets des gouvernements canadien et &#233;tats-unien. Et selon Marc Hudon, de Nature-Qu&#233;bec, qui s'int&#233;resse au dossier depuis de nombreuses ann&#233;es, des deux c&#244;t&#233;s de la fronti&#232;re le processus d'&#233;tude et de d&#233;cision est tout sauf transparent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile de savoir ce qui se trame. En novembre 2007, sept minist&#232;res et organismes canadiens et &#233;tats-unien ont rendu public le rapport final de l'&#201;tude des Grands Lacs et de la Voie maritime du Saint-Laurent. Selon Marc Hudon, la soci&#233;t&#233; civile a &#233;t&#233; exclue des travaux d'&#233;valuation et des discussions et a &#233;t&#233; confin&#233;e &#224; une rencontre annuelle d'information. L'&#233;tude examine les besoins d'infrastructure du r&#233;seau des Grands Lacs et de la Voie maritime du Saint-Laurent pour la navigation commerciale. On y traite notamment des cons&#233;quences sur le plan technique, &#233;conomique et &#233;cologique. &#171; &lt;i&gt;Nulle part dans le rapport on ne peut lire que le projet d'agrandissement de la voie navigable est mort &#224; jamais&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Moratoire sur la navigation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans le milieu, on insiste &#224; valoriser le transport maritime. Par contre, la question d'un moratoire sur la navigation des cargos commerciaux oc&#233;aniques dans le fleuve fait aussi son chemin. L'id&#233;e est de limiter la circulation sur les eaux int&#233;rieures &#224; des barges con&#231;ues selon les caract&#233;ristiques du fleuve et des Grands Lacs. En 2005 et en 2007, le chercheur am&#233;ricain John C. Taylor (Grand Valley State University) et James L. Roach (pr&#233;sident de JL Roach inc.) ont men&#233; une &#233;tude en deux volets sur les co&#251;ts du transport des marchandises par les cargos oc&#233;aniques sur le fleuve et les Grands Lacs. L'&#233;tude vient en appui &#224; cette id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La navigation internationale sur le fleuve entra&#238;ne une d&#233;gradation &#233;cologique qu'ils chiffrent &#224; long terme entre 200 et 500 millions de dollars, notamment en raison des esp&#232;ces exotiques introduites dans les Grands Lacs par les eaux de ballasts des navires. Autres co&#251;ts, leur taille qui demande l'&#233;largissement de la voie maritime. Un &#233;largissement qui laisse d&#233;j&#224; entrevoir ses limites. Les chercheurs se sont attard&#233;s sur les principales marchandises transport&#233;es par les cargos oc&#233;aniques, les grains, l'acier, les produits chimiques, les produits miniers et le sucre. Leurs recherches d&#233;taillent les co&#251;ts qu'engendrerait l'arr&#234;t de leur navigation sur le fleuve au profit d'un transport intermodal qui ferait intervenir le train et les barges de lac.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Transport intermodal&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Selon leurs chiffres, un transport intermodal des produits occasionnerait une augmentation de 1 &#224; 5 dollars la tonne de marchandises pour une somme totalisant 55 millions de dollars. Mais en favorisant les ports oc&#233;aniques et le d&#233;veloppement de ports &#224; l'embouchure du fleuve, la taille des bateaux n'est plus une contrainte. Elle serait m&#234;me plut&#244;t le contraire. Plusieurs &#233;tudes en la mati&#232;re ont &#233;t&#233; men&#233;es depuis 1985 et toutes arrivent &#224; des r&#233;sultats semblables. M&#234;me le U.S Army Corp of Engineers, list&#233; parmi les protagonistes de l'&#201;tude des Grands Lacs et de la Voie maritime du Saint-Laurent, avait conclu au d&#233;but des ann&#233;es 2000 qu'en ce qui concerne les grains en provenance de Duluth aux &#201;tats-Unis, le train serait plus &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les limitations du transport qu'entra&#238;ne l'hiver, les probl&#232;mes de pollution li&#233;s aux particules en suspension et &#224; l'anhydride sulfureux (SO2), ainsi qu'aux pertes &#233;conomiques engendr&#233;es par les esp&#232;ces envahissantes et l'&#233;rosion des berges, en plus du probl&#232;me qui commence &#224; &#233;merger concernant la taille du chenal maritime, on peut se demander maintenant qui est-ce qui pousse &#224; ce que l'on continue &#224; permettre la circulation des cargos oc&#233;aniques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour en savoir plus :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Taylor, John C. et James L. Roach, &lt;i&gt;Ocean Shipping in the Great Lakes : Transportation Cost Increases That Would Result from a Cessation of Ocean Vessel Shipping&lt;/i&gt;, ao&#251;t 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Taylor, John C. et James L. Roach, &lt;i&gt;Ocean Shipping in the Great Lakes : An Analysis of Issues&lt;/i&gt;, octobre 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Sophie Vaillancourt&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journaliste&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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