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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Toujours plus pr&#233;caires</title>
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		<dc:date>2015-09-12T21:17:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marisa Berry-M&#233;ndez, Jill Hanley</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Hanley, Jill</dc:subject>
		<dc:subject>Berry-M&#233;ndez, Marisa</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cela fait plus de 30 ans que les militant&#183;e&#183;s et les chercheurs&#183;euses documentent la vuln&#233;rabilit&#233; accrue et l'exploitation engendr&#233;es par les Programmes de travailleurs &#233;trangers temporaires (PTET) au Canada. &lt;br class='autobr' /&gt; Durant les ann&#233;es 1970 et 1980, ce sont les travailleuses domestiques originaires des Cara&#239;bes qui se sont organis&#233;es afin de d&#233;noncer leurs conditions de travail et leur d&#233;pendance quant &#224; leur statut d'immigration. Les injustices du Programme des aides familiaux r&#233;sidents (PAFR) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Migrations-mouvementees-" rel="directory"&gt;Dossier : Migrations mouvement&#233;es&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-canadienne-+" rel="tag"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hanley-Jill-+" rel="tag"&gt;Hanley, Jill&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Berry-Mendez-Marisa-+" rel="tag"&gt;Berry-M&#233;ndez, Marisa&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2045.png?1642092169' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;634&#034; height=&#034;379&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cela fait plus de 30 ans que les militant&#183;e&#183;s et les chercheurs&#183;euses documentent la vuln&#233;rabilit&#233; accrue et l'exploitation engendr&#233;es par les Programmes de travailleurs &#233;trangers temporaires (PTET) au Canada.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Durant les ann&#233;es 1970 et 1980, ce sont les travailleuses domestiques originaires des Cara&#239;bes qui se sont organis&#233;es afin de d&#233;noncer leurs conditions de travail et leur d&#233;pendance quant &#224; leur statut d'immigration. Les injustices du Programme des aides familiaux r&#233;sidents (PAFR) &#233;taient d&#233;j&#224; bien connues quand le gouvernement f&#233;d&#233;ral a ouvert le PTET &#224; un &#233;norme &#233;ventail d'emplois possibles en 2001, et ce, avec des conditions plus contraignantes pour les travailleurs&#183;euses consid&#233;r&#233;s comme &#171; peu qualifi&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Discrimination et populisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le virage vers la migration temporaire dans les derni&#232;res ann&#233;es est conforme avec la transformation globale du syst&#232;me d'immigration en g&#233;n&#233;ral. Les programmes d'immigration qui servaient le d&#233;veloppement &#233;conomique et social du Canada au cours de la deuxi&#232;me moiti&#233; du vingti&#232;me si&#232;cle, dont le programme d'immigration &#233;conomique et celui de la r&#233;unification familiale, ont connu des changements importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que le nombre des travailleurs&#183;euses migrant&#183;e&#183;s temporaires augmentait, il y a eu un resserrement important des possibilit&#233;s de r&#233;unification familiale (&#226;ge abaiss&#233; de 21 &#224; 18 ans pour les enfants &#233;ligibles au parrainage et blocage total pour les parents et grands-parents) ainsi que des attentes infernales (allant jusqu'&#224; sept ans pour certains pays) pour des demandes dans les deux cat&#233;gories. Quant &#224; notre r&#233;gime d'asile, le resserrement a aussi &#233;t&#233; marqu&#233;. R&#233;sultat final : le Canada est pass&#233; d'un pays d'accueil &#224; un pays de travailleurs &#233;trangers temporaires (TET).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les statistiques de Citoyennet&#233; et Immigration Canada (CIC), des entreprises canadiennes ont employ&#233; presque 387 000 TET en 2013, ce qui d&#233;passe de loin les 260 000 r&#233;sidentes et r&#233;sidents permanents admis. L'augmentation des participant&#183;e&#183;s au programme a &#233;t&#233; fulgurante dans le reste du Canada (elle a plus que tripl&#233; entre 2002 et 2013), mais l'histoire s'est d&#233;roul&#233;e un peu diff&#233;remment au Qu&#233;bec ; la croissance du programme y a &#233;t&#233; plus lente. Selon le minist&#232;re de l'Immigration, de la Diversit&#233; et de l'Inclusion, la province a admis 37 000 TET en 2013 contre 52 000 r&#233;sident&#183;e&#183;s permanent&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible de nier que ce virage de la politique d'immigration a des impacts raciaux et genr&#233;s : les candidat&#183;e&#183;s &#224; l'immigration permanente provenant de &#171; pays non blancs &#187; doivent postuler dans des bureaux des visas qui ont moins de ressources par population que ceux trouv&#233;s dans des &#171; pays blancs &#187; (comparons l'investissement en personnel de CIC en Europe par rapport &#224; l'Afrique, par exemple), alors que le PTET structure un march&#233; de travail particuli&#232;rement racialis&#233; et genr&#233;. Tout cela survient dans un contexte mondial d'ins&#233;curit&#233; &#233;conomique : l'Europe devient &#224; nouveau une source importante de migrant&#183;e&#183;s &#233;conomiques, et le gouvernement canadien veut prot&#233;ger la stabilit&#233; relative de l'&#233;conomie nationale, tout en restant assez populiste dans sa r&#233;ponse aux crises d'opinion populaire li&#233;es au PTET. L'ann&#233;e 2014 a &#233;t&#233; une montagne russe pour les migrant&#183;e&#183;s, avec tellement de changements que m&#234;me ceux et celles qui suivent le PTET de fa&#231;on professionnelle ont eu de la difficult&#233; &#224; suivre ceux-ci. &#192; la lumi&#232;re des informations disponibles tant sur le Web que par t&#233;l&#233;phone, il semble que les fonctionnaires f&#233;d&#233;raux n'aient pas non plus tous les d&#233;tails sur la fa&#231;on dont ces changements seront mis en place&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 2014, un scandale a &#233;clat&#233; sur la place publique avec l'histoire de deux serveuses d'un restaurant de Saskatchewan (avec 14 et 28 ans d'exp&#233;rience) qui ont &#233;t&#233; remplac&#233;es par des TET. Elles ont contact&#233; les m&#233;dias et l'histoire a engendr&#233; une forte r&#233;action publique. Malheureusement, l'indignation s'&#233;non&#231;ait plus avec des propos tels que &#171; Comment peut-on laisser ces &#233;trangers voler nos jobs ?! &#187; que &#171; Comment peut-on permettre un programme qui cr&#233;e des conditions de travail si in&#233;galitaires ?! &#187; &#192; la suite d'autres probl&#232;mes dans des restaurants Tim Hortons et McDonald, le gouvernement f&#233;d&#233;ral a annonc&#233; un moratoire imm&#233;diat sur l'embauche de TET dans le secteur de la restauration. L'objectif &#233;tait d'apaiser les Canadien&#183;ne&#183;s outr&#233;&#183;e&#183;s par l'id&#233;e que les emplois soient &#171; vol&#233;s &#187;. En contrepartie, des milliers de TET dans le secteur de la restauration risquaient de perdre leur emploi ou encore de ne pas obtenir leur permis de travail apr&#232;s avoir souvent investi des milliers de dollars. Les d&#233;ci&#173;sions gouvernementales ont &#233;videmment &#233;t&#233; prises sans &#233;tudes approfondies et sans consultation publique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Les Canadiens d'abord &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En juin 2014, le gouvernement a ainsi introduit la bien intitul&#233;e &#171; R&#233;forme du PTET : Les Canadiens d'abord &#187;. Cette r&#233;forme est centr&#233;e sur la d&#233;tection et la punition d'employeurs qui &lt;i&gt;abusent du programme&lt;/i&gt; &#8211; ceux qui l'utilisent pour remplacer des travailleurs canadiens &#8211; et non sur la d&#233;tection et la punition d'employeurs &lt;i&gt;qui abusent des travailleurs et travailleuses&lt;/i&gt;. La pr&#233;occupation pour la protection des droits des travailleurs migrants demeure ainsi absente de la politique canadienne. Non seulement l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) est davantage impliqu&#233;e dans les inspections (ce qui sugg&#232;re un danger pour les travailleurs&#183;euses de perdre leur permis de travail quand leur employeur est trouv&#233; fautif), mais on pr&#233;voit que le s&#233;jour total permis au Canada pour les TET &#171; peu qualifi&#233;s &#187; sera &#233;court&#233; en 2015&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La premi&#232;re vague de migrants atteignant la limite prescrite de quatre ans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Finalement, l'augmentation annonc&#233;e des frais pour l'embauche &#8211; un des seuls aspects de la r&#233;forme clairement mis en &#339;uvre &#8211; serait fort probablement transf&#233;r&#233;e de diverses mani&#232;res vers les travailleurs&#183;euses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, soulignons qu'au Qu&#233;bec, nous avons vu ces derni&#232;res ann&#233;es l'annulation du droit des travailleurs&#183;euses agricoles &#224; la syndicalisation &#8211; droit qui avait &#233;t&#233; gagn&#233; apr&#232;s une lutte men&#233;e par les Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce du Cana&#173;da (TUAC) et leurs membres TET&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet L&#233;a Fontaine, &#171; Le d&#233;testable arr&#234;t Fraser &#187;, &#192; b&#226;bord !, no (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces changements, les travailleurs migrants se retrouvent dans une situation de grande incertitude et de pr&#233;carit&#233;. Vont-ils pouvoir acc&#233;der &#224; la r&#233;sidence permanente ? Leurs emplois seront-ils stables ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les voix de protestation contre le r&#233;gime de TET sont de plus en plus nombreuses au Cana&#173;da. Le Conseil canadien des r&#233;fugi&#233;s, le Congr&#232;s du travail canadien, Migrant Workers Alliance for Change, MIGRANTE Canada et d'autres s'organisent. Au Qu&#233;bec, le Front de d&#233;fense des non-syndiqu&#233;s (FDNS) est la principale coalition syndicalo-communautaire reven&#173;diquant les droits des TET, avec des groupes populaires comme le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants, l'Association des aides familiales du Qu&#233;bec et Pinay&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir dans ce m&#234;me dossier le t&#233;moignage de trois femmes militant chez Pinay, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tous ces organismes plaident pour un syst&#232;me d'immigration qui respecte les droits des migrant&#183;e&#183;s, qui offre un traitement &#233;gal pour tous et toutes au Canada. L'abolition du permis de travail ferm&#233; ainsi qu'une voie claire et courte vers la r&#233;sidence permanente sont des revendications faisant quasi unanimit&#233;. &#192; l'oppos&#233;, le gouvernement f&#233;d&#233;ral semble g&#233;rer le PTET de fa&#231;on r&#233;actionnaire, sans vraie pr&#233;occu&#173;pation pour les droits et la dignit&#233; des migrants&#183;e&#183;s. Pour ceux et celles qui tiennent aux droits des travailleurs et aux droits des migrants, il faudra poursuivre la lutte pour la justice.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La premi&#232;re vague de migrants atteignant la limite prescrite de quatre ans en juin 2015, il existe un risque que plusieurs travailleurs&#183;euses passent vers l'ill&#233;galit&#233; s'ils n'ont pas d'autres options pour subvenir &#224; leurs besoins et ceux de leur famille dans leur pays d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet L&#233;a Fontaine, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Le-detestable-arret-Fraser&#034;&gt;Le d&#233;testable arr&#234;t Fraser&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;, no 41, octobre-novembre 2011. NDLR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir dans ce m&#234;me dossier le t&#233;moignage de trois femmes militant chez Pinay, p. 32-33. NDLR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jouer avec les mots et les chiffres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les r&#233;cents changements instaur&#233;s par le gouvernement f&#233;d&#233;ral, on trouve une nouvelle restriction : on parle maintenant de TET seulement pour les travailleurs&#183;euses qui sont embauch&#233;&#183;e&#183;s avec une EIMT (&#233;tude d'impact sur le march&#233; du travail). Tous les autres cas n'exigeant pas d'EIMT tombent d&#233;sormais dans la case &#171; Programme de mobilit&#233; internationale &#187;. Ce petit changement de vocabulaire donne l'impression que le nombre de TET a baiss&#233; au Canada, sans que ce soit r&#233;ellement le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : R&#233;mi Leroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>L'Ambassade universelle : squat bruxellois des sans-papiers</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-Ambassade-universelle-squat</link>
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		<dc:date>2008-08-13T02:53:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jill Hanley</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Hanley, Jill</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Josef, un Nig&#233;rien de 27 ans, devient r&#233;sidant de l'Ambassade universelle peu apr&#232;s que sa demande de statut de r&#233;fugi&#233; a &#233;t&#233; refus&#233;e par la Belgique. Il est hospitalis&#233; pour anxi&#233;t&#233; &#224; la suite de ce refus, puis r&#233;f&#233;r&#233;, &#224; sa surprise, &#224; &#171; un groupe qui aide les sans-papiers &#187;. Deux semaines plus tard, il se trouve en compagnie de trente sans-papiers habitant un squat dans l'ancienne ambassade somalienne, abandonn&#233;e depuis 1991 &#224; cause de la guerre civile. Cet immeuble est situ&#233; dans le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-21-oct-nov-2007-" rel="directory"&gt;No 021 - oct. / nov. 2007&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hanley-Jill-+" rel="tag"&gt;Hanley, Jill&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Josef, un Nig&#233;rien de 27 ans, devient r&#233;sidant de l'Ambassade universelle peu apr&#232;s que sa demande de statut de r&#233;fugi&#233; a &#233;t&#233; refus&#233;e par la Belgique. Il est hospitalis&#233; pour anxi&#233;t&#233; &#224; la suite de ce refus, puis r&#233;f&#233;r&#233;, &#224; sa surprise, &#224; &#171; &lt;i&gt;un groupe qui aide les sans-papiers&lt;/i&gt; &#187;. Deux semaines plus tard, il se trouve en compagnie de trente sans-papiers habitant un squat dans l'ancienne ambassade somalienne, abandonn&#233;e depuis 1991 &#224; cause de la guerre civile. Cet immeuble est situ&#233; dans le quartier diplomatique de Bruxelles, tout pr&#232;s de l'Universit&#233; Libre de Bruxelles et de chics boutiques &#8212; le dernier endroit o&#249; l'on s'attendrait &#224; rencontrer un groupe militant de sans-papiers ! Devenu symbole de la lutte pour les droits des sans-papiers, l'Ambassade a r&#233;sist&#233; &#224; plusieurs tentatives polici&#232;res visant &#224; la fermer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ambassade a &#233;t&#233; fond&#233;e apr&#232;s que les m&#233;dias ont rapport&#233; la mort d'une Nig&#233;rienne &#233;touff&#233;e par les gendarmes qui l'expulsaient. Cette trag&#233;die a entra&#238;n&#233; en 1998 l'occupation d'une &#233;glise par des centaines de sans-papiers, une action appuy&#233;e moralement et mat&#233;riellement par le mouvement communautaire. Cette occupation s'est termin&#233;e en 2000 par un myst&#233;rieux incendie, mais quelques-uns ont choisi de continuer leur lutte en squattant l'ex-ambassade de la Somalie gr&#226;ce aux cl&#233;s que leur a fournies un membre de la communaut&#233; somalienne. Depuis, l'Ambassade est un endroit o&#249; les &#171; ill&#233;gaux &#187; &#8212; habitu&#233;s de vivre sous la menace de l'arrestation, de la d&#233;tention et/ou de la d&#233;portation &#8212; peuvent trouver solidarit&#233; et appui dans leur qu&#234;te pour la r&#233;gularisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre de r&#233;sidantes de l'Ambassade, g&#233;r&#233;e en collectif, est limit&#233; par l'espace, mais les militantes de l'Ambassade (sans-papiers et Belges solidaires) offrent d'autres services aux non-r&#233;sidantes : information sur la recherche d'emploi, sur l'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation, &#224; l'aide juridique, aux soins de sant&#233; et aux services sociaux, etc. Mais l'aspect le plus important, insiste Josef, reste l'appui moral et la fraternit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Il nous est souvent difficile m&#234;me de sortir, &#224; cause des contr&#244;les de papiers [dans les m&#233;tros, dans la rue]. Cela nous contraint. Nous ne sommes pas dans une situation d'&#233;galit&#233;. Toute notre vie sociale est alors &#224; l'int&#233;rieur de l'Ambassade.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sidantes de l'Ambassade sont invit&#233;es &#224; s'impliquer dans les activit&#233;s militantes visant &#224; changer la perception qu'a la population des sans-papiers. Certains, comme Josef, aspirent plut&#244;t &#224; une &#171; &lt;i&gt;vie normale&lt;/i&gt; &#187; &#8212; ce qui ne va pas sans cr&#233;er quelques tensions internes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ambassade reste un lieu de rassemblement de militantes pour les droits des sans-papiers. C'est un bel exemple de la fa&#231;on dont les sans-papiers peuvent s'auto-organiser afin de faire avancer leurs droits et de faire conna&#238;tre leur situation au public. Pour Amin, l'Ambassade universelle repr&#233;sente aussi une v&#233;ritable entreprise de solidarit&#233; entre les sans-papiers et leurs alli&#233;es : &#171; &lt;i&gt;Le meilleur soutien qu'on peut offrir aux sans-papiers, c'est de leur ouvrir des espaces qui leur permettent de s'organiser eux-m&#234;mes, de se prendre en charge et de d&#233;cider ce qu'ils veulent faire et selon quel mode d'action, et non de leur dicter ce qu'ils doivent faire, comme le font et refont les militants professionnels qui veulent donner des le&#231;ons aux sans-papiers.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jill Hanley&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Sigalit Gal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une r&#233;ponse locale &#224; un ph&#233;nom&#232;ne mondial</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-reponse-locale-a-un-phenomene</link>
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		<dc:date>2008-07-31T18:30:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jill Hanley</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Hanley, Jill</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est un mardi apr&#232;s-midi habituel au Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI) de C&#244;te-des-Neiges. D&#232;s son ouverture &#224; 13h30, et jusqu'&#224; 22h le soir, le Centre &#8211; tout juste un petit bureau &#8211; est plein de monde. Les stagiaires planifient les r&#233;unions des comit&#233;s de travail, une membre du Conseil d'administration s'occupe de la paperasse et Tess Tesalona, cofondatrice et coordonnatrice, discute avec une journaliste &#233;tudiante des liens entre l'imp&#233;rialisme, la mondialisation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-03-janvier-fevrier-2004-" rel="directory"&gt;No 003 - janvier / f&#233;vrier 2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hanley-Jill-+" rel="tag"&gt;Hanley, Jill&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton535.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;340&#034; height=&#034;255&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est un mardi apr&#232;s-midi habituel au Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI) de C&#244;te-des-Neiges. D&#232;s son ouverture &#224; 13h30, et jusqu'&#224; 22h le soir, le Centre &#8211; tout juste un petit bureau &#8211; est plein de monde. Les stagiaires planifient les r&#233;unions des comit&#233;s de travail, une membre du Conseil d'administration s'occupe de la paperasse et Tess Tesalona, cofondatrice et coordonnatrice, discute avec une journaliste &#233;tudiante des liens entre l'imp&#233;rialisme, la mondialisation &#233;conomique, la migration internationale et le travail du Centre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marco Luciano, aussi fondateur et maintenant organisateur, r&#233;pond &#224; un appel t&#233;l&#233;phonique : &#171; &lt;i&gt;Votre employeur cong&#233;die ceux qui ont de l'anciennet&#233; et un salaire plus &#233;lev&#233; ? Oui, on est l&#224; ce soir. Venez nous voir&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Un autre coup de fil : &#171; &lt;i&gt;Vous avez de la difficult&#233; &#224; communiquer avec votre syndicat et vous avez besoin d'eux ? Je pense qu'on peut vous aider&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Plus tard : &#171; &lt;i&gt; Absolument pas ! Votre employeur ne peut pas vous payer moins que le salaire minimum sous pr&#233;texte que vous n'&#234;tes pas r&#233;sident permanent&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre deux appels, Marco pr&#233;pare les prochaines sessions d'&lt;i&gt;Outils pour le changement&lt;/i&gt;. Avec des formateurs b&#233;n&#233;voles, Marco offre aux travailleurs un cours de 8 semaines sur les capacit&#233;s de communication, de recherche et de leadership afin qu'ils puissent rallier leurs coll&#232;gues et am&#233;liorer leurs conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout &#231;a, c'est seulement avant le souper ! Les repas sont sacr&#233;s au CTI. Avec un membership qui aime exprimer son appui en offrant la bouffe (pancit, lumpia, samosas, etc.), on mange tr&#232;s bien. En plus, c'est un moment o&#249; tout le monde s'assoit, jase et s'informe des activit&#233;s des uns et des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est surtout le soir que les membres viennent au Centre. Ce mardi soir, le comit&#233; &lt;i&gt;Campagne Gildan&lt;/i&gt; discute des prochaines &#233;tapes maintenant que le Fonds de solidarit&#233; de la FTQ a retir&#233; son argent de cette compagnie, qui cong&#233;die les travailleurs (principalement immigrants) qui se syndicalisent. Le comit&#233; &lt;i&gt;Lev&#233;e de fonds&lt;/i&gt; discute comment trouver l'argent pour continuer le travail du Centre, tout en respectant sa mission et en agrandissant son r&#233;seau d'appuis. C'est loin d'&#234;tre facile.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi toute cette action ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2000, 18 % de la population montr&#233;alaise &#233;tait n&#233;e &#224; l'ext&#233;rieur du pays et sept sur 10 de ces personnes appartiennent &#224; des minorit&#233;s visibles. Ces travailleurs et travailleuses immigrants repr&#233;sentent une partie importante de la main-d'&#339;uvre au Qu&#233;bec et constituent un des groupes les plus vuln&#233;rables aux abus des droits du travail. Plusieurs familles immigrantes se trouvent dans une situation &#233;conomique difficile, en particulier si elles arrivent au Qu&#233;bec avec peu de ressources &#233;conomiques. La plupart du temps, leur &#233;ducation, leur exp&#233;rience de travail ou leur accr&#233;ditation professionnelle ne sont pas reconnues au Qu&#233;bec. Ils occupent des emplois bien en dessous de leurs comp&#233;tences &#8211; ce qu'on appelle le &lt;i&gt;de-skilling&lt;/i&gt;. Les statistiques et de nombreuses &#233;tudes attestent de la persistance du racisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Montr&#233;al, les immigrants sont surrepr&#233;sent&#233;s dans les secteurs de la confection de v&#234;tements et des industries chimiques et &#233;lectroniques &#8211;o&#249; la s&#233;curit&#233; et la sant&#233; au travail sont faibles&#8211; ainsi que dans le travail domestique. Tess, elle-m&#234;me venue au Canada comme travailleuse domestique, nous demande : &#171; &lt;i&gt;Si je travaille seule dans la maison de mon employeur, qui peut assurer que mes droits sont respect&#233;s ? &#192; qui puis-je me plaindre sans avoir peur de perdre mon emploi ?&lt;/i&gt; &#187; En plus d'&#233;prouver de la difficult&#233; &#224; trouver un bon emploi et &#224; faire respecter leurs droits, les immigrants se trouvent dans l'urgence d'atteindre la stabilit&#233; &#233;conomique afin de parrainer leur famille ou d'envoyer de l'argent dans leur pays d'origine. Certains employeurs profitent de cette situation pour offrir des salaires d&#233;risoires, des emplois pr&#233;caires et des conditions de travail dangereuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques d'immigration du Canada contribuent aussi &#224; la vuln&#233;rabilit&#233; des nouveaux arrivants. Des visas temporaires sont accord&#233;s aux travailleurs dont on a un besoin permanent mais &#224; qui on ne veut pas offrir la citoyennet&#233;. Les travailleurs agricoles et les &#171; danseuses exotiques &#187; (cat&#233;gorie qui cache souvent la prostitution) en sont des exemples. Les membres de famille parrain&#233;s et les r&#233;fugi&#233;s ont un statut pr&#233;caire au Canada, d&#233;pendant qu'ils sont d'une autre personne (conjoint, employeur, etc.). Le Programme d'aide familiale est encore pire, exigeant des immigrantes (femmes &#224; 90 % et majoritairement originaires du Tiers-monde) qu'elles vivent dans la maison de leur employeur durant deux ans (avec tous les risques d'abus d&#233;coulant de l'isolation et de la d&#233;pendance) avant d'avoir la possibilit&#233; de demander un statut permanent. Enfin, les travailleurs sans papiers n'ont presque aucun espoir de faire respecter leurs droits humains et courent plut&#244;t le risque d'&#234;tre criminalis&#233;s ou d&#233;port&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les membres du CTI, ces probl&#232;mes de discrimination et d'exploitation au travail et en immigration sont &#224; mettre en parall&#232;le avec le processus de mondialisation capitaliste, qui d&#233;vaste les &#233;conomies des pays du Sud. Certains, au sud, trouvent des emplois pr&#233;caires et dangereux dans les zones d'exportation, mais ils sont de plus en plus nombreux et nombreuses &#224; se tourner vers la migration internationale. Certains pays encouragent leurs citoyens &#224; quitter afin de b&#233;n&#233;ficier des milliards de dollars renvoy&#233;s par les travailleurs migrants. Le gouvernement des Philippines, par exemple, surnomme ses travailleurs migrants &#171; les h&#233;ros modernes &#187; ; les militants philippins r&#233;pliquent qu'ils sont plut&#244;t &#171; les esclaves modernes &#187;&#8230; Une fois &#224; Montr&#233;al, les travailleurs immigrants sont concentr&#233;s dans les industries qui sont les plus susceptibles d'effectuer un chantage &#224; la d&#233;localisation vers le sud contre toute vell&#233;it&#233; de syndicalisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Entre syndical et communautaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, les immigrants au Qu&#233;bec ont jou&#233; un r&#244;le important dans le mouvement syndical et les fondateurs du CTI croient toujours au potentiel des syndicats de d&#233;fendre les droits des travailleurs, y inclus les immigrants. Mais aujourd'hui, la FTQ estime que seulement 10 % de ses membres sont immigrants et/ou d'une minorit&#233; visible, tandis que les immigrants seuls constituent presque 20 % des travailleurs. Tess et Marco &#233;taient auparavant des organisateurs syndicaux, mais les limites de l'approche traditionnelle les ont convaincus de quitter et travailler dans la communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On &#233;tait oblig&#233; de faire des blitz de membership afin de cr&#233;er des nouveaux syndicats&lt;/i&gt; &#187;, raconte Marco. &#171; &lt;i&gt;Les immigrants signaient souvent les cartes syndicales sans comprendre le r&#244;le des syndicats ou leurs droits. Sans l'&#233;ducation populaire, les nouveaux membres ne pouvaient pas se d&#233;velopper, se renforcer, et vraiment contr&#244;ler leur local syndical. En plus, les divisions ethniques &#233;taient souvent exploit&#233;es par les employeurs. Le r&#233;sultat ? Nos sections syndicales ne duraient pas&lt;/i&gt; &#187;. Tess compl&#232;te l'histoire, expliquant : &#171; &lt;i&gt;Nous, on croyait que &#231;a prenait une place hors de la vue de son boss afin d'offrir l'&#233;ducation populaire aux travailleurs sur leurs droits et sur les avantages de se syndiquer. &#199;a prend du temps, discuter de ces choses, et on voulait cr&#233;er un espace d'&#233;change entre les diff&#233;rentes communaut&#233;s ethniques, entre les g&#233;n&#233;rations et entre les militants de causes affili&#233;es&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, apr&#232;s un processus de r&#233;flexion et de ralliement des alli&#233;s, le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants &#233;tait cr&#233;&#233; en 2000, avec l'appui de groupes populaires, de syndicats et d'individus immigrants, afin d'offrir un espace o&#249; les immigrants puissent discuter des enjeux li&#233;s &#224; leur travail et leurs communaut&#233;s et pour appuyer les immigrants dans leurs efforts pour s'organiser sur les questions de travail et d'immigration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le Centre oriente ses activit&#233;s dans trois domaines : &#233;ducation populaire sur les droits du travail et d'immigration, action collective pour la protection et la promotion des droits dans les milieux de travail (en concertation avec les syndicats autant que possible) et travail de solidarit&#233; avec les mouvements populaires. Trois ans apr&#232;s son ouverture, le CTI est fier de ses accomplissements. Le Centre a particip&#233; de fa&#231;on &lt;i&gt;grassroots&lt;/i&gt; &#224; la mobilisation nationale qui a obtenu des r&#233;formes des Normes du travail en 2002. S'en est suivie une campagne d'ateliers et de porte-&#224;-porte dans le quartier C&#244;te-des-Neiges pour informer les travailleurs de leurs droits et des changements aux Normes. Le CTI et son comit&#233; &lt;i&gt;Femmes&lt;/i&gt; offrent des ateliers sp&#233;cifiques sur les droits des femmes au travail et organisent avec d'autres groupes de femmes immigrantes une &lt;i&gt;Journ&#233;e internationale des femmes&lt;/i&gt; ax&#233;e sur les enjeux des immigrantes. Finalement, le CTI mise beaucoup sur le d&#233;veloppement de leaderships communautaires et jeunes : des dizaines de travailleurs ont compl&#233;t&#233; le programme &lt;i&gt;Outils pour le changement&lt;/i&gt; et les jeunes du quartier, des c&#233;geps et des universit&#233;s constituent un groupe important des militants du Centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tess avoue que le Centre fait toujours face &#224; des d&#233;fis importants : &#171; &lt;i&gt;On aimerait &#234;tre un peu plus organis&#233; dans notre planification. Pr&#233;sentement, on manque de ressources pour r&#233;pondre &#224; toutes les demandes qu'on re&#231;oit. De plus, comme on est assez nouveau, des fois &#231;a nous prend plus de temps pour faire les choses. Je pense que les organismes &#233;tablis depuis plus longtemps peuvent parfois trouver que c'est un peu compliqu&#233; de collaborer avec nous !&lt;/i&gt; &#187; Sans financement de base, le CTI constate la difficult&#233; de planifier &#224; long terme et de bien allouer ses ressources minimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi le d&#233;fi continuel d'agir dans un espace entre les syndicats et le communautaire. Marco explique : &#171; &lt;i&gt; On est sans doute pro-syndicat mais on se trouve souvent dans une situation o&#249; il faut pousser les syndicats &#224; bien servir les immigrants. Des fois, c'est &#224; cause de difficult&#233;s de langue, des fois c'est des st&#233;r&#233;otypes qui causent les probl&#232;mes. Des fois, c'est tout simplement que les organisateurs syndicaux sont surcharg&#233;s. On aimerait am&#233;liorer nos relations avec les syndicats afin de d&#233;velopper des nouvelles approches de syndicalisation des travailleurs immigrants. Avec un pied dans la communaut&#233; et un pied au travail, on croit qu'il y aura plus de succ&#232;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jill Hanley&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cofondatrice du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;pression cibl&#233;e aux Philippines</title>
		<link>https://www.ababord.org/Repression-ciblee-aux-Philippines</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Repression-ciblee-aux-Philippines</guid>
		<dc:date>2008-07-27T13:52:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jill Hanley</dc:creator>


		<dc:subject>Hanley, Jill</dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Asie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jill Hanley, militante au Centre d'appui aux Philippines (un groupe de solidarit&#233; montr&#233;alais), a particip&#233; &#224; une d&#233;l&#233;gation internationale invit&#233;e &#224; la fin du mois d'ao&#251;t 2005 par des groupes populaires philippins, afin de pouvoir t&#233;moigner des abus aux droits humains. Dans cet article, elle nous livre ses observations personnelles ainsi que les r&#233;sultats de la &#171; Mission de solidarit&#233; internationale &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Durant l'ann&#233;e 2002, le pr&#233;sident George Bush commen&#231;ait &#224; se r&#233;f&#233;rer aux Philippines (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-12-dec-2005-jan-2006-" rel="directory"&gt;No 012 - d&#233;c. 2005 / jan. 2006&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hanley-Jill-+" rel="tag"&gt;Hanley, Jill&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Conflits-droits-humains-et-+" rel="tag"&gt;Conflits, droits humains et impunit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Asie-+" rel="tag"&gt;Asie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton371.jpg?1642092268' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;340&#034; height=&#034;255&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jill Hanley, militante au Centre d'appui aux Philippines (un groupe de solidarit&#233; montr&#233;alais), a particip&#233; &#224; une d&#233;l&#233;gation internationale invit&#233;e &#224; la fin du mois d'ao&#251;t 2005 par des groupes populaires philippins, afin de pouvoir t&#233;moigner des abus aux droits humains. Dans cet article, elle nous livre ses observations personnelles ainsi que les r&#233;sultats de la &#171; Mission de solidarit&#233; internationale &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Durant l'ann&#233;e 2002, le pr&#233;sident George Bush commen&#231;ait &#224; se r&#233;f&#233;rer aux Philippines comme &#233;tant &#171; &lt;i&gt;le deuxi&#232;me front dans la guerre contre le terrorisme&lt;/i&gt; &#187;. Apr&#232;s le 11 septembre 2001, des milliers de soldats ont &#233;t&#233; envoy&#233;s aux Philippines sous pr&#233;texte d'offrir de la formation &#224; l'arm&#233;e philippine. Une mauvaise r&#233;&#233;dition, &#233;tant donn&#233; la longue lutte men&#233;e par les Filipinos afin de mettre les &#201;tats-uniens &#224; la porte durant les ann&#233;es 80. La &#171; Guerre contre le terrorisme &#187; est pr&#233;sentement en train de servir d'excuse au r&#233;gime de la pr&#233;sidente Gloria Arroyo qui r&#233;prime son opposition d'une mani&#232;re dont serait fier l'ancien dictateur philippin, Ferdinand Marcos, et ce, en toute impunit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Violations de droits humains : une campagne contre l'opposition
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ONG philippine de d&#233;fense des droits KARAPATAN a recens&#233; pas moins de 3 560 cas de violations de droits humains directement imputables au r&#233;gime Arroyo au cours des quatre derni&#232;res ann&#233;es. Les victimes incluent 198 308 individus, 18 977 familles et 123 communaut&#233;s. Il y a pr&#233;sentement plus de 230 prisonniers politiques &#224; travers le pays. Le meurtre, le 16 novembre 2004, de sept gr&#233;vistes &#224; la Hacienda Luisita (HLI) de Tarlac Central &#8211; des militaires ont tir&#233; sur une ligne de piquetage et une manifestation d'appui &#8211; marquait le d&#233;but d'une campagne nationale d'assassinats et de disparitions de militants (voir encadr&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le mois sanglant de mars 2005, des groupes philippins ont lanc&#233; leur appel &#224; la &#171; Mission de la solidarit&#233; internationale &#187;. Faisant face &#224; cette augmentation d'assassinats, enl&#232;vements, disparitions et d&#233;tentions de militants, une coalition de groupes populaires aux Philippines a envoy&#233; un appel &#224; leurs alli&#233;s autour du monde, leur demandant de venir t&#233;moigner de la situation d'essayer de provoquer une mobilisation internationale. Cinquante-deux d&#233;l&#233;gu&#233;s, venant de 16 pays, ont r&#233;pondu &#224; cet appel. Ils ont &#233;t&#233; accompagn&#233;s par 49 d&#233;l&#233;gu&#233;s philippins. Ils &#233;taient r&#233;partis en 5 &#233;quipes afin de visiter 5 r&#233;gions du pays : Mindoro, Samar, Surigao, Hacienda Luisita. Des consid&#233;rations de s&#233;curit&#233; ayant emp&#234;ch&#233; la cinqui&#232;me &#233;quipe de se rendre Mindanao, celle-ci a alors visit&#233; les communaut&#233;s musulmanes de Manille.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Hacienda Luisita :
symbole national&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe visitant Hacienda Luisita, dont je faisais partie, &#233;tait parrain&#233;e par le KMU (&lt;i&gt;Mouvement premier mai&lt;/i&gt;, une f&#233;d&#233;ration syndicale nationale) et le KMP (un mouvement paysan philippin) et re&#231;ue localement par les syndicats en gr&#232;ve, ULWU et CATLU&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ULWU, le Syndicat des travailleurs Luisita uni repr&#233;sente les travailleurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ainsi que des membres de la communaut&#233;, des personnalit&#233;s religieuses et certains officiels. Abritant un vaste complexe d'usines de transformation agro-alimentaire, la Hacienda Luisita est une propri&#233;t&#233; priv&#233;e de pr&#232;s de 12 000 hectares o&#249; habitent pr&#232;s de 35 000 personnes. Elle est la propri&#233;t&#233; des Cojuangcos, la famille de l'ancienne pr&#233;sidente philippine, Corazon Aquino, qui exerce un pouvoir consid&#233;rable au niveau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve a &#233;clat&#233; le 6 novembre 2004 quand les 5 000 membres de ULWU ont protest&#233; contre le cong&#233;diement de 327 de leurs membres et officiers au d&#233;but de la n&#233;gociation de leur convention collective. Les 700 membres du CATLU se sont joints &#224; la gr&#232;ve le jour m&#234;me, par solidarit&#233; et par int&#233;r&#234;t commun. Ensemble, ils ont construit une &#171; ligne de piquetage &#187; permanente et ils se sont organis&#233;s pour occuper les lieux 24 heures sur 24 pour toute la dur&#233;e de la gr&#232;ve. Des repas communs, le partage de ressources et des discussions politiques faisait de la ligne de piquetage un lieu de rencontre pour la communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La demande principale des gr&#233;vistes constitue un affront &#224; la famille Cojuangco : la redistribution de la terre aux 35 000 r&#233;sidants. Ayant obtenu une pr&#233;sence militaire sur les lieux, le drame &#233;clate le 16 novembre 2004 quand les soldats ont tir&#233; sur une foule r&#233;unie autour de la ligne de piquetage, tuant au moins 7 personnes et laissant 47 personnes avec des blessures s&#233;rieuses. Depuis, les militaires se sont install&#233;s dans la majorit&#233; des villages de la Hacienda, instituant un climat d'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe d'observation internationale a effectu&#233; des entrevues avec 34 victimes, familles et t&#233;moins de la violence ; des rapports &lt;i&gt;post mortem&lt;/i&gt; des photographies ont &#233;t&#233; consult&#233;es et de l'observation directe de s&#233;quelles physiques, des vid&#233;os des incidents et des visites aux sites des &#233;v&#232;nements ont fourni un portrait de la situation des droits humains. La d&#233;l&#233;gation &#233;tait h&#233;berg&#233;e sur la ligne de piquetage, en partie afin d'&#234;tre le plus possible avec les gr&#233;vistes et en partie parce que la situation s&#233;curitaire sur la Hacienda ne permettait pas une libre circulation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Durant la Mission, les Forces arm&#233;es philippines harcelaient toutes les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;l&#233;gation a pu documenter une s&#233;rie de violations de droits humains &#224; Hacienda Luisita, &#233;tablissant facilement la responsabilit&#233; de la police locale, des Forces arm&#233;es, de la famille Cojuangco et, ultimement, de la pr&#233;sidente Macapagal Arroyo. Les violations incluent : le massacre lui-m&#234;me ; la torture de d&#233;tenus et bless&#233;s apr&#232;s le massacre ; l'ex&#233;cution sommaire de militants ; des arrestations et interrogations ill&#233;gales (au nombre de 111 au 16 novembre 2004, mais d'autres ont eu lieu depuis et cela continue) ; les menaces de mort et autres formes d'intimidation de militants ; confessions forc&#233;es (en particulier en lien avec le NPA) ; surveillance ; molestation de femmes d&#233;tenues ; la n&#233;gation des droits au travail et &#224; la terre des travailleurs agricoles et manufacturiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les histoires racont&#233;es par les t&#233;moins sont profond&#233;ment perturbantes. Durant le massacre, par exemple, Jhaivie Basilio, 21 ans, a re&#231;u une balle dans la jambe et a essay&#233; de s'enfuir. Des soldats l'ont pris et essayaient de le ramener dans le complexe de l'usine. Basilio a r&#233;sist&#233; et plaidait pour sa vie. La r&#233;ponse des soldats a &#233;t&#233; de le frapper au visage avec la crosse de leur carabine et de lui donner des coups de pied, brisant les os de ses joues. Quand Basilio a continu&#233; &#224; r&#233;sister, ils ont mis du fil barbel&#233; autour de son cou pour le tra&#238;ner &#224; l'int&#233;rieur du complexe o&#249; ils l'ont suspendu &#224; la cl&#244;ture avant de lui tirer une balle finale dans la poitrine. Son corps a &#233;t&#233; retrouv&#233; &#224; l'ext&#233;rieur de la gu&#233;rite du complexe &#224; 3h du matin le 17 novembre 2004, ainsi que les corps de deux autres victimes, tous par la suite accus&#233;s d'&#234;tre des membres du NPA et d'avoir commenc&#233; le massacre en tirant, de la foule, sur les soldats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que je r&#233;digeais cet article, j'ai appris qu'une des personnes rencontr&#233;es durant la mission, Ricardo &#171; Ka Ric &#187; Ramos, pr&#233;sident du syndicat CATLU, avait &#233;t&#233; assassin&#233; devant chez lui avec 3 autres militants de la Hacienda le 25 octobre 2005 (voir photo). Entre les 25 et 26 octobre, 8 militants ont &#233;t&#233; assassin&#233;s &#224; travers le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la r&#233;pression extr&#234;me et continue &#224; Hacienda Luisita, il faut souligner que les gr&#233;vistes et leurs alli&#233;s sont retourn&#233;s sur les lieux le lendemain du massacre, ont repris leur piquetage et continuent &#224; lutter contrer les Cojuangcos et les Forces arm&#233;es. Ils commencent &#224; mettre en place des projets d'agriculture collective afin de r&#233;affirmer leur ind&#233;pendance face aux Cojuangcos et comme affirmation concr&#232;te de leur droit &#224; la terre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Appel &#224; la solidarit&#233;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chacune des &#233;quipes est rentr&#233;e &#224; Manille avec des rapports aussi choquants que celui r&#233;sum&#233; ici. Ils ont &#233;t&#233; compil&#233;s dans un rapport g&#233;n&#233;ral qui, apr&#232;s son jugement par un &#171; Tribunal populaire &#187;, a &#233;t&#233; soumis au S&#233;nat philippin comme preuve contre la l&#233;gitimit&#233; de la pr&#233;sidence de Gloria Arroyo. Un des objectifs de la mission &#8211; attirer l'attention m&#233;dia- tique philippine et internationale par la pr&#233;sence de d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;trangers &#171; respectables &#187; comme des professeurs, des avocats et des personnalit&#233;s religieuses et afin de l&#233;gitimer les efforts des groupes populaires contre ces violations &#8211; &#233;tait atteint avec une pr&#233;sence quotidienne dans les m&#233;dias locaux et nationaux. L'autre but &#233;tait de g&#233;n&#233;rer une pression internationale contre le r&#233;gime Arroyo, afin de retirer l'appui &#233;tranger &#224; cette femme qui permet la violation des droits fondamentaux de ses concitoyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Centre d'appui aux Philippines m&#232;ne une campagne en coalition avec des groupes de solidarit&#233; philippins &#224; travers le Canada, insistant pour que le Canada retire son aide au r&#233;gime Arroyo et exerce un contr&#244;le sur les compagnies mini&#232;res canadiennes, entre autres Placer-Dome, qui ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; impliqu&#233;es dans la r&#233;pression des dissidents contre leurs activit&#233;s aux Philippines.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;ANNEXE&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Assassinats politiques survenus en mars 2005 uniquement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1er mars : Quatre membres de GABRIELA, une alliance nationale de groupes de femmes, sont ill&#233;galement arr&#234;t&#233;es et d&#233;tenues dans la province de Qu&#233;zon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; 3 mars : Abelardo Ladera, conseiller municipal sous la banni&#232;re Bayan Muna&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bayan Muna (Le peuple en premier), parti politique progressiste, victime (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et alli&#233; des gr&#233;vistes HLI, est assassin&#233; &#224; la Ville de Tarlac&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un t&#233;moin cl&#233; du massacre, Marcelino Beltran, a &#233;t&#233; assassin&#233; le 8 d&#233;cembre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le m&#234;me jour, Danny Macapagal, ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral provincial de BAYAN (Nouvelle alliance patriotique) et coordonnateur provincial de Bayan Muna jusqu'en 2004, est enlev&#233; par des hommes arm&#233;s &#224; Nueva Ecija. On n'a aucune nouvelle de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	7 mars : Me Romeo Capulong, juge&lt;i&gt; ad litem&lt;/i&gt;, avocat des droits humains bien connu et alli&#233; des gr&#233;vistes HLI, survit &#224; une tentative d'assassinat &#224; Nueva Ecija. Me Dizon, une autre avocate proche des gr&#233;vistes, est ill&#233;galement arr&#234;t&#233;e et d&#233;tenue &#224; Zambales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	8 mars : Angelina Besunia, organisatrice paysanne, est arr&#234;t&#233;e au Mindanao et maintenue &lt;i&gt;incomunicada&lt;/i&gt; pendant une semaine avant que les militaires ne la pr&#233;sente aux m&#233;dias, pr&#233;tendant qu'elle est membre du New People's Army (NPA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	9 mars : Romeo Sanchez, coordonnateur r&#233;gional de Bayan Muna, ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral r&#233;gional de BAYAN et journaliste &#224; la radio &#224; Ilocos, est assassin&#233; &#224; Baguio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	10 mars : Ernesto Bang, agent d'information provincial du parti politique AnakPawis, regroupant des travailleurs, paysans et pauvres urbains, est tu&#233; devant chez lui &#224; Bikol.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	13 mars : Le p&#232;re William Tadena, pr&#234;tre de l'&#201;glise ind&#233;pendante philippine, est assassin&#233; apr&#232;s avoir c&#233;l&#233;br&#233; la messe. Lui aussi &#233;tait un supporteur des gr&#233;vistes HLI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	14 mars : Me Felidito Dacut, coordonnateur r&#233;gional de Bayan Muna et avocat de droits humains, est tu&#233; &#224; quelques m&#232;tres de son bureau &#224; Leyte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	16 mars : Joel Reyes, organisateur pour AnakPawis et chauffeur de tricycle motoris&#233;, est assassin&#233; &#224; Bikol. Le m&#234;me jour, 25 d&#233;tenus musulmans du Camp Bagong Diwa &#224; Manille sont tu&#233;s durant une &#233;meute suppos&#233;ment provoqu&#233;e par des membres d'Abu Sayaf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	17 mars : Victor &#171; Ka Ben &#187; Concepcion, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du groupe paysan AMC et coordonnateur municipal d'AnakPawis, est assassin&#233; &#224; Luzon Central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	22 mars : Me Charles Juloya, avocat des droits humains et candidat &#224; la vice-mairie d'Aringay, La Union, se fait tirer 8 fois sur son chemin vers les fun&#233;railles de Romeo Sanchez (voir 9 mars). Il repose dans un &#233;tat critique. Le m&#234;me jour, Rolly Cueva, organisateur de l'Association Aeta (une tribu autochtone) de Luzon Central est assassin&#233; &#224; Zambales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	24 mars : Marlene Esperat, journaliste qui luttait contre la corruption, est tu&#233;e chez elle, devant ses enfants, &#224; Mindanao.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ULWU, le Syndicat des travailleurs Luisita uni repr&#233;sente les travailleurs agricoles dans les champs de canne &#224; sucre et CATLU, le Syndicat du Central du sucre de Tarlac, repr&#233;sente les travailleurs de l'usine de sucre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Durant la Mission, les Forces arm&#233;es philippines harcelaient toutes les &#233;quipes et certains t&#233;moins, les suivant et distribuant des tracs contre leur pr&#233;sence. La nature publique de la mission dictait que les d&#233;l&#233;gations ne parlaient ouvertement qu'avec des personnes qui avaient d&#233;j&#224; un profil public, afin ne pas mettre en danger les vies de nouvelles personnes auparavant inconnues par les officiels.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bayan Muna (&lt;i&gt;Le peuple en premier&lt;/i&gt;), parti politique progressiste, victime depuis quelques ann&#233;es d'un grand nombre d'attaques contre ses membres et militants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un t&#233;moin cl&#233; du massacre, Marcelino Beltran, a &#233;t&#233; assassin&#233; le 8 d&#233;cembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jill Hanley&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour plus d'information ou pour faire partie de la prochaine d&#233;l&#233;gation (en mai 2006), contactez le Centre d'appui aux Philippines : capcpc@web.net.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les nouveaux arrivants sont priv&#233;s de soins</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-nouveaux-arrivants-sont-prives</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-nouveaux-arrivants-sont-prives</guid>
		<dc:date>2008-07-16T18:09:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jill Hanley</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Hanley, Jill</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis 2001 au Qu&#233;bec, tous les r&#233;sidents permanents et travailleurs temporaires arrivant au pays doivent attendre trois mois avant d'&#234;tre couverts par le r&#233;gime d'assurance-maladie, une p&#233;riode nomm&#233;e &#171; d&#233;lai de carence &#187;. Les femmes immigrantes sont particuli&#232;rement touch&#233;es par ce d&#233;lai. &lt;br class='autobr' /&gt; Marielle (nom fictif) est venue travailler comme bonne d'enfants avec un permis de travail temporaire &#233;mis par le Programme concernant les aides familiaux r&#233;sidants. Apr&#232;s avoir travaill&#233; durant six (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-19-avril-mai-2007-" rel="directory"&gt;No 019 - avril / mai 2007&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hanley-Jill-+" rel="tag"&gt;Hanley, Jill&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis 2001 au Qu&#233;bec, tous les r&#233;sidents permanents et travailleurs temporaires arrivant au pays doivent attendre trois mois avant d'&#234;tre couverts par le r&#233;gime d'assurance-maladie, une p&#233;riode nomm&#233;e &#171; d&#233;lai de carence &#187;. Les femmes immigrantes sont particuli&#232;rement touch&#233;es par ce d&#233;lai.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Marielle (nom fictif) est venue travailler comme bonne d'enfants avec un permis de travail temporaire &#233;mis par le Programme concernant les aides familiaux r&#233;sidants. Apr&#232;s avoir travaill&#233; durant six semaines &#224; son nouvel emploi, elle est tomb&#233;e gravement malade. Peu de temps apr&#232;s, Marielle a re&#231;u un diagnostic de cancer et a d&#251; interrompre son travail. Bien qu'on lui ait dit qu'elle allait &#234;tre couverte par le r&#233;gime d'assurance-maladie provincial, elle a d&#233;couvert qu'elle &#233;tait soumise &#224; une p&#233;riode d'attente de trois mois avant de pouvoir b&#233;n&#233;ficier de soins gratuits. Sa sant&#233; s'&#233;tant d&#233;t&#233;rior&#233;e avant la fin de la p&#233;riode de carence, elle a d&#251; payer des frais de soins hospitaliers, lesquels s'&#233;levaient &#224; des dizaines de milliers de dollars. Maintenant gu&#233;rie de son cancer, Marielle a accumul&#233; une dette qui l'emp&#234;che s&#233;rieusement de r&#233;aliser son r&#234;ve, celui de parrainer ses proches pour qu'ils puissent venir la rejoindre ici, au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux recherches&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Oxman-Martinez, J. Hanley et al., &#171; Intersection of Canadian Policy (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont document&#233; les nombreux obstacles qui nuisent &#224; la sant&#233; des immigrantes : de mauvaises conditions de travail, un niveau &#233;lev&#233; de stress, des difficult&#233;s de communication avec les professionnels de la sant&#233;, la pr&#233;sence de st&#233;r&#233;otypes sexuels et ethniques au sein du r&#233;seau de la sant&#233; et les obstacles linguistiques. Des formes de discrimination sont exerc&#233;es &#224; l'&#233;gard des immigrantes qui, ne pouvant trouver des emplois correspondant &#224; leurs comp&#233;tences, aboutissent dans des ateliers ou des usines. On rapporte de nombreux cas d'immigrantes &#226;g&#233;es qui, apr&#232;s avoir pass&#233; des ann&#233;es &#224; accomplir un travail r&#233;p&#233;titif dans de mauvaises conditions, sont forc&#233;es de quitter leur emploi, leur travail ayant d&#233;truit leur sant&#233;. Certains employeurs les harc&#232;lent jusqu'&#224; ce qu'elles d&#233;missionnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas des Canadiennes et Canadiens d'autres provinces migrant vers le Qu&#233;bec, cette p&#233;riode d'attente cause certains inconv&#233;nients, mais ceux-ci sont rarement majeur puisque ces personnes sont encore couvertes par le r&#233;gime de leur province d'origine. Ce changement a toutefois un impact important pour les immigrants internationaux qui arrivent comme r&#233;sidents permanents ou comme travailleurs temporaires. &#192; moins de souscrire &#224; une assurance-sant&#233; &#224; fort prix ou &#224; couverture limit&#233;e, les nouveaux arrivants sont, dans la plupart des cas, expos&#233;s &#224; s'endetter s'ils tombent malades durant les trois premiers mois suivant leur arriv&#233;e. Par ailleurs, cette population n'a g&#233;n&#233;ralement pas les moyens de payer pour des services priv&#233;s. Sur les plus de 130 000 femmes qui arrivent au Canada chaque ann&#233;e comme immigrantes [CIC, &lt;i&gt;Faits et chiffres&lt;/i&gt; 2005], trois quarts d&#233;pendent d'une tierce partie qui leur assure un statut. Il est donc peu probable qu'elles aient les moyens de s'offrir des soins priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La peur du &#171; tourisme m&#233;dical &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'introduction de ce d&#233;lai viserait &#224; harmoniser les lois qu&#233;b&#233;coises avec celles des autres provinces &#8211; l'Ontario et le Nouveau-Brunswick ayant une p&#233;riode de trois mois de carence similaire, tout comme la Colombie-Britannique &#8211; en vue de contrer le &#171; tourisme m&#233;dical &#187;. Cette mesure a donc pour but d'&#233;viter que les personnes n'abusent du syst&#232;me de sant&#233; en s&#233;journant temporairement au Qu&#233;bec pour b&#233;n&#233;ficier de soins gratuits. Cependant, le gouvernement n'a jamais livr&#233; de statistiques ni de r&#233;sultats de recherche pour justifier sa crainte du &#171; tourisme m&#233;dical &#187;. Il n'a fourni qu'une estimation approximative selon laquelle le gouvernement aurait essuy&#233; une perte de deux millions de dollars caus&#233;e par des &#171; abus &#187; du syst&#232;me de sant&#233; (le budget consacr&#233; &#224; la sant&#233; s'&#233;l&#232;ve &#224; plusieurs milliards de dollars) sans pr&#233;ciser le r&#244;le, s'il y en a un, des immigrants dans ces pr&#233;tendus abus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le raisonnement est peu convaincant &#233;tant donn&#233; l'effet, document&#233; celui-l&#224;, de &#171; l'immigrant en bonne sant&#233; &#187;, qui indique que les nouveaux arrivants ont beaucoup moins recours aux services de sant&#233; que les individus d'origine canadienne. Non seulement les immigrants doivent-ils se soumettre &#224; une &#233;valuation m&#233;dicale avant de pouvoir entrer au Canada, mais nombre d'entre eux &#233;vitent de demander des soins pour traiter des probl&#232;mes de sant&#233; mineurs, de peur que la soci&#233;t&#233; canadienne ne les consid&#232;re comme un fardeau. Ils craignent que le fait d'&#234;tre fich&#233;s comme des personnes malades puisse nuire &#224; une &#233;ventuelle demande de citoyennet&#233; canadienne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;action de la collectivit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme il fallait s'y attendre, ce recul dans le domaine des droits des immigrants a suscit&#233; une vive r&#233;action de la part des organismes communautaires, qui ont commenc&#233; &#224; faire &#233;tat de r&#233;cits semblables &#224; celui de Marielle. Plusieurs groupes communautaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment le Projet Gen&#232;se, le Centre des travailleurs et travailleuses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; se sont oppos&#233;s au d&#233;lai de carence en raison de son impact sur les r&#233;sidents permanents. Refusant d'accepter cette restriction inqui&#233;tante qui porte atteinte aux droits de la personne, ils demandent l'abolition du d&#233;lai de carence et l'acc&#232;s aux soins de sant&#233; publics pour la population enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;lai de carence contrevient aux Chartes qu&#233;b&#233;coise, canadienne et onusienne des droits et libert&#233;s en privant les nouveaux arrivants de leur droit &#224; des soins de sant&#233;, et ce, sans discrimination aucune. Il contredit &#233;galement les id&#233;aux d'int&#233;gration stipul&#233;s par le gouvernements en communiquant aux immigrants le message selon lequel ils sont des citoyens de seconde zone, un sentiment qui, comme l'indiquent les &#233;tudes, est tr&#232;s r&#233;pandu chez les femmes parrain&#233;es &#224; titre de conjointes et m&#232;res&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. C&#244;t&#233;, M. K&#233;risit et M. C&#244;t&#233;, &#171; Qui prend pays&#8230; L'impact du parrainage sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bien qu'ils soient techniquement permis par la loi, de tels d&#233;lais vont aussi &#224; l'encontre de l'esprit d'universalit&#233; et d'accessibilit&#233; ench&#226;ss&#233; dans la &lt;i&gt;Loi canadienne sur la sant&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les groupes communautaires &#339;uvrant aupr&#232;s des immigrants d&#233;noncent le caract&#232;re &#224; la fois technocratique et irrationnel de cette politique. Le gouvernement affirme que le d&#233;lai &#171; &#233;pargne &#187; deux millions de dollars, soit moins de 0,01 % du budget de deux milliards de dollars que le Qu&#233;bec consacre aux soins de sant&#233;. Compte tenu que cette r&#233;glementation touche 40 000 immigrants par ann&#233;e, les personnes concern&#233;es ne repr&#233;sentent que 0,6 % de la population totale. M&#234;me s'ils utilisaient le syst&#232;me de sant&#233; de fa&#231;on &#171; normale &#187; &#8211; ils ne le font pas, vu l'effet de &#171; l'immigrant en sant&#233; &#187; d&#233;j&#224; mentionn&#233; &#8211;, la prestation de soins de sant&#233; publics aux nouveaux arrivants ne co&#251;terait qu'un million de dollars, tout au plus. Ces groupes rappellent &#233;galement que les immigrants ne sont pas des &#171; visiteurs &#187; : ils s'int&#232;grent &#224; la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et &#224; la collectivit&#233; canadienne et contribuent au bien-&#234;tre collectif par le biais de leur labeur et de leurs imp&#244;ts, et ce, d&#232;s leur arriv&#233;e. Ils ont donc droit &#224; la m&#234;me couverture dont b&#233;n&#233;ficie tout citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les nouveaux arrivants, l'endettement massif d&#251; &#224; des soins de sant&#233; entra&#238;ne des cons&#233;quences plus graves que la perte des avoirs. Nombre de nouveaux arrivants ont quitt&#233; leur foyer principalement dans le but d'exp&#233;dier de l'argent &#224; leur famille. La perte de cette possibilit&#233; constitue un &#233;v&#233;nement d&#233;sastreux dans leur vie. L'obligation de payer des dettes li&#233;es &#224; des soins de sant&#233; peut aussi retarder le parrainage d'autres membres de leur famille, une situation qui prolonge une s&#233;paration familiale douloureuse v&#233;cue par tant d'immigrants. Pour les plus de 3 000 aides familiaux r&#233;sidants qui arrivent tous les ans, ces consid&#233;rations influent sur leur d&#233;cision de recourir &#224; des soins de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mesure entra&#238;ne &#233;galement des imbroglios administratifs kafka&#239;ens : des administrations d'h&#244;pitaux et des patients doivent faire face &#224; des probl&#232;mes de dettes et de recouvrement de dettes, avec le harc&#232;lement qui en d&#233;coule, notamment dans un contexte o&#249; les h&#244;pitaux sont chroniquement sous-financ&#233;s. Des recherches&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sonia ter Kuile et al., &#171; Universality of the Canadian Health Care System in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont d&#233;montr&#233; qu'une plus grande complexification des exigences impos&#233;es afin de b&#233;n&#233;ficier de l'assurance-maladie augmente la confusion bureaucratique dans les &#233;tablissements de sant&#233;, suscite de l'intol&#233;rance envers ceux n'ayant pas de carte d'assurance-maladie et augmente le taux de refus de traitement. Bien que les groupes communautaires aient obtenu que le gouvernement pr&#233;voit certaines exceptions concernant le d&#233;lai impos&#233; (notamment pour les soins pr&#233;nataux, les maladies infectieuses et la vaccination des enfants), les professionnels de la sant&#233; et les bureaucrates de l'assurance-maladie ne sont pas toujours bien inform&#233;s quant aux exceptions et d&#233;tails de la loi, ce qui entra&#238;ne des situations encore plus difficiles pour toutes les personnes concern&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la premi&#232;re fois qu'on retire &#224; toute une cat&#233;gorie de gens &#8211; les nouveaux arrivants et les travailleurs migrants &#8211; le droit d'&#234;tre couvert par une assurance de l'&#201;tat. L'introduction de ce d&#233;lai s'inscrit dans une tendance g&#233;n&#233;rale vers la privatisation des soins de sant&#233; qu&#233;b&#233;cois et canadiens, car les nouveaux arrivants &#8211; ceux qui le peuvent &#8211; sont ainsi forc&#233;s de faire appel &#224; des compagnies d'assurance priv&#233;es. De plus, le fait d'enlever &#224; toute une cat&#233;gorie de personnes des soins dont elles ont besoin entra&#238;ne des co&#251;ts pour la soci&#233;t&#233; canadienne, lesquels n'ont pas encore &#233;t&#233; bien cern&#233;s ni &#233;valu&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Oxman-Martinez, J. Hanley et al., &#171; Intersection of Canadian Policy Parameters affecting Women with Precarious Immigration Status : A Baseline for Understanding Barriers to Health &#187;, Journal of Immigrant Health, vol. 7, no. 4, octobre 2005 ; et S. Bowen, &#171; Access to health services for underserved populations in Canada. In Certain Circumstances : Equity in and Responsiveness of the Health Care System to the Needs of Minority and Marginalized Populations &#187;, Ottawa, Health Canada, 2001, p. 1-60.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notamment le Projet Gen&#232;se, le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants, l'Alliance des communaut&#233;s culturelles pour l'&#233;galit&#233; dans la sant&#233; et les services sociaux (ACCESSS) et la Table de concertation des organismes au service des personnes r&#233;fugi&#233;es et immigrantes (TCRI).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. C&#244;t&#233;, M. K&#233;risit et M. C&#244;t&#233;, &#171; Qui prend pays&#8230; L'impact du parrainage sur les droits &#224; l'&#233;galit&#233; des femmes immigrantes &#187;, Ottawa, Condition f&#233;minine Canada, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sonia ter Kuile et al., &#171; Universality of the Canadian Health Care System in Question : Barriers &#187;, Draft Submission, McGill University, Faculty of Medicine, novembre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jill Hanley&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ph.D., professeure adjointe &#224; l'&#201;cole de travail social de l'Universit&#233; McGill, cofondatrice du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants et militante du Projet Gen&#232;se depuis plus de dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; avec la collaboration de Rachel Heap-Lalonde, dont une premi&#232;re version est parue dans &lt;i&gt;Le R&#233;seau&lt;/i&gt;, bulletin du R&#233;seau canadien pour la sant&#233; des femmes (hiver 2006/2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour plus d'information : Projet Gen&#232;se (514) 738-2036 ou rachel@genese.qc.ca&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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