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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Proc&#232;s politiques</title>
		<link>https://www.ababord.org/Proces-politiques</link>
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		<dc:date>2011-08-19T01:41:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Louis Fortin-Legris</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Fortin-Legris, Pierre-Louis </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#8226; Apr&#232;s plus de cinq mois de d&#233;tention, le proc&#232;s des 5 se termine par un jugement d&#233;clarant invalide l'acte d'accusation de conspiration s&#233;ditieuse. Trop flou, trop large, impossible de pr&#233;senter une d&#233;fense. Le juge &#233;vite ainsi d'avoir &#224; r&#233;pondre aux nombreux arguments sur sa propre partialit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; En ao&#251;t 1971, on arr&#234;te les proc&#233;dures judiciaires contre 35 personnes. La technicalit&#233; juridique utilis&#233;e, le nolle prosequi, n'&#233;quivaut pas &#224; un retrait des accusations. Elles ne sont pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Violence-et-politique-" rel="directory"&gt;Dossier : Violence et politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Controle-repression-et-securite-+" rel="tag"&gt;Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fortin-Legris-Pierre-Louis-+" rel="tag"&gt;Fortin-Legris, Pierre-Louis &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8226; Apr&#232;s plus de cinq mois de d&#233;tention, le proc&#232;s des 5 se termine par un jugement d&#233;clarant invalide l'acte d'accusation de conspiration s&#233;ditieuse. Trop flou, trop large, impossible de pr&#233;senter une d&#233;fense. Le juge &#233;vite ainsi d'avoir &#224; r&#233;pondre aux nombreux arguments sur sa propre partialit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; En ao&#251;t 1971, on arr&#234;te les proc&#233;dures judiciaires contre 35 personnes. La technicalit&#233; juridique utilis&#233;e, le &lt;i&gt;nolle prosequi&lt;/i&gt;, n'&#233;quivaut pas &#224; un retrait des accusations. Elles ne sont pas blanchies et th&#233;oriquement, un nouveau proc&#232;s pourrait reprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Paul Rose, qui se d&#233;fend seul apr&#232;s qu'on lui ait interdit d'engager Me Robert Lemieux, se fait expulser &#224; plusieurs reprises durant ses proc&#232;s, durant la s&#233;lection des jur&#233;s et durant le prononc&#233; du verdict. Ses d&#233;nonciations du caract&#232;re colonial et classiste du syst&#232;me judiciaire et son m&#233;pris du decorum semblent d&#233;plaire aux magistrats qui lui collent une flop&#233;e de condamnations pour outrage au tribunal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Dans une lettre &#224; Jacques Larue-Langlois, Pierre Valli&#232;res, qui lui aussi se repr&#233;sente seul, explique une partie de sa strat&#233;gie judiciaire : &#171; &lt;i&gt;Les proc&#232;s sont pour nous, avant tout, des occasions d'introduire ouvertement dans le &#8220;sanctuaire&#8221; hypocrite des tribunaux la lutte de classe. En nous d&#233;fendant nous-m&#234;mes, nous for&#231;ons le juge et la poursuite &#224; nous affronter directement, sans l'interm&#233;diaire ou plut&#244;t l'&#233;cran d'un avocat bourgeois qui, consciemment ou inconsciemment, recherche toujours un terrain d'entente avec l'arbitraire institutionnalis&#233; qu'on appelle l'administration de la justice. C'est cet arbitraire qu'il faut d&#233;voiler par notre pr&#233;sence et notre intransigeance&#8230; Il n'y a qu'une chose &#224; faire : politiser au maximum toute l'affaire, sans cependant se faire d'illusions ; rechercher constamment le profit politique, sans se pr&#233;occuper de la &#8220;justice&#8221;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vers la fin des arrestations de masse &#224; Montr&#233;al ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Vers-la-fin-des-arrestations-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Vers-la-fin-des-arrestations-de</guid>
		<dc:date>2010-09-23T00:04:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Louis Fortin-Legris</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Fortin-Legris, Pierre-Louis </dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis la g&#233;n&#233;ralisation de l'utilisation de la technique d'arrestation massive des participant-es aux manifestations par la police de Montr&#233;al &#224; la fin des ann&#233;es 1990, les tribunaux avaient &#233;t&#233; g&#233;n&#233;ralement constants dans leur capacit&#233; &#224; mettre tous les gens dans le m&#234;me panier. Il y avait autant de criminels que de participants &#224; la manifestation. Or, voil&#224; que la Cour d'appel du Qu&#233;bec vient rappeler aux policiers et aux tribunaux que les principes g&#233;n&#233;raux du droit criminel s'appliquent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-34-avril-mai-2010-" rel="directory"&gt;No 034 - avril / mai 2010&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Controle-repression-et-securite-+" rel="tag"&gt;Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fortin-Legris-Pierre-Louis-+" rel="tag"&gt;Fortin-Legris, Pierre-Louis &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis la g&#233;n&#233;ralisation de l'utilisation de la technique d'arrestation massive des participant-es aux manifestations par la police de Montr&#233;al &#224; la fin des ann&#233;es 1990, les tribunaux avaient &#233;t&#233; g&#233;n&#233;ralement constants dans leur capacit&#233; &#224; mettre tous les gens dans le m&#234;me panier. Il y avait autant de criminels que de participants &#224; la manifestation. Or, voil&#224; que la Cour d'appel du Qu&#233;bec vient rappeler aux policiers et aux tribunaux que les principes g&#233;n&#233;raux du droit criminel s'appliquent aussi &#224; la r&#233;pression des actions collectives &#224; caract&#232;re politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On dit parfois que les bons faits cr&#233;ent le bon droit. Autrement dit, une bonne histoire a de meilleures chances d'&#233;tablir un pr&#233;c&#233;dent judiciaire int&#233;ressant. Le 20 octobre 2000, il faut dire que &#231;a avait &#233;t&#233; une manifestation bizarre, brusquement interrompue par une intervention polici&#232;re d&#233;mesur&#233;e : cavalerie, abondance de gaz, chasse aux manifestants par les escadrons municipaux sur une distance de plus d'un kilom&#232;tre. Ajoutez &#224; cela le fait que les procureurs de la poursuite pr&#233;sentaient une th&#232;se surprenante pour justifier ce grand cirque r&#233;pressif : des m&#233;faits (ballons de peinture, graffitis et feux de poubelle) ayant &#233;t&#233; commis durant la manifestation, toutes les personnes qui sont demeur&#233;es sur les lieux auraient de ce fait encourag&#233; les &#171; malfaiteurs &#187; par leur simple pr&#233;sence et leur auraient procur&#233; un refuge au sein de la foule anonyme. Une logique de culpabilit&#233; par association, pouss&#233;e &#224; sa derni&#232;re limite : l'id&#233;ologie guantanam&#233;enne appliqu&#233;e dans la r&#233;pression des troubles &#8211; parfois uniquement appr&#233;hend&#233;s &#8211; de l'ordre public.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La fin du r&#232;gne de la &#171; simple pr&#233;sence &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e de l'application de la technique d'arrestation de masse, les tribunaux qu&#233;b&#233;cois ont repris les principes affirm&#233;s dans les ann&#233;es 1930, au moment de la r&#233;pression des mobilisations populaires contre la crise &#233;conomique. Depuis lors, l'interpr&#233;tation judiciaire de l'infraction d' &#171; attroupement ill&#233;gal &#187; veut que la simple pr&#233;sence sur les lieux o&#249; des gens rassembl&#233;s font craindre qu'un tumulte &#233;clate soit suffisante pour faire condamner toute personne qui partageait le but initial du rassemblement. On ratisse large et on l&#233;galise les grands coups &lt;br class='autobr' /&gt;
de filets, d&#232;s qu'on peut d&#233;montrer une &#171; crainte raisonnable du tumulte &#187;. Certaines d&#233;cisions judiciaires ont ensuite appliqu&#233; ce principe de culpabilit&#233; par association aux autres infractions classiques li&#233;es aux manifestations : entrave &#224; la circulation publique, troubler la paix, m&#233;fait. C'est cette d&#233;rive que la d&#233;cision &lt;i&gt;B&#233;dard&lt;/i&gt; de la Cour d'appel du Qu&#233;bec, rendue le 3 ao&#251;t 2009, est venue corriger.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'intention d'encourager&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le droit criminel est ainsi fait qu'on peut commettre un crime &#224; distance, en aidant ou en encourageant une personne &#224; perp&#233;trer une infraction. Toutefois, comme la Cour le rappelle, il faut tout de m&#234;me avoir l'intention que nos gestes servent effectivement d'aide ou d'encouragement &#224; une infraction criminelle pr&#233;cise. Une &#171; intention sp&#233;cifique &#187;, disent-ils. Ainsi, rester sur les lieux de la manifestation, m&#234;me apr&#232;s avoir constat&#233; que des m&#233;faits ont &#233;t&#233; commis, n'est pas &lt;strong&gt;en soi&lt;/strong&gt; un encouragement. Le droit criminel est s&#233;v&#232;re, mais il se targue aussi d'&#234;tre &#233;quitable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et la Charte ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il peut para&#238;tre surprenant que la Cour d'appel ait tranch&#233; en faveur des manifestant-es sans m&#234;me r&#233;f&#233;rer aux notions pourtant au c&#339;ur du d&#233;bat : la libert&#233; d'expression, d'association et de r&#233;union pacifique ainsi que le droit de ne pas subir de discrimination en raison de ses convictions politiques. Doit-on en conclure qu'il est moins hasardeux d'exiger un travail rigoureux de la police plut&#244;t que de reconna&#238;tre des droits aux manifestant-es politiques ? Saluons le travail des avocats de ces derniers, Denis Barrette, Pascal Lescarbeau et Jared Will, pour leur clairvoyance et leur t&#233;nacit&#233; ! Aussi invraisemblable que cela puisse para&#238;tre, il semble que les militants aient eu avantage &#224; se fonder sur leur statut de loyaux sujets de la Couronne plut&#244;t que de demander de se voir reconna&#238;tre le droit d'exercer leurs droits fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une victoire coast-to-coast&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Cour supr&#234;me ayant refus&#233; d'entendre l'appel, confirmant de ce fait la d&#233;cision &lt;i&gt;B&#233;dard&lt;/i&gt;, on peut dire que la n&#233;cessit&#233; de d&#233;montrer l'intention sp&#233;cifique d'aider ou d'encourager la commission d'une infraction durant une manifestation est maintenant la r&#232;gle de droit applicable au &lt;br class='autobr' /&gt;
Canada. Pouvons-nous du coup croire que la technique d'arrestations de masse deviendra ill&#233;gale ? Malheureusement, jusqu'&#224; la prochaine contestation judiciaire, l'infraction d'&#171; attroupement ill&#233;gal &#187; et son inf&#226;me logique de culpabilit&#233; par association demeurent. Malgr&#233; cela, on peut penser que le jugement B&#233;dard marquera un tournant &#8211; mod&#233;rateur &#8211; dans la r&#233;pression &#224; tout crin des manifestations politiques &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une loi anti-slapp avec des dents</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-loi-anti-slapp-avec-des-dents</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Une-loi-anti-slapp-avec-des-dents</guid>
		<dc:date>2009-12-13T23:04:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Louis Fortin-Legris</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Fortin-Legris, Pierre-Louis </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En juin 2009, l'Assembl&#233;e nationale du Qu&#233;bec a adopt&#233; le projet de loi 9 qui modifie le Code de proc&#233;dure civile afin de donner aux juges le pouvoir de r&#233;primer et de punir les instigateurs de poursuites- b&#226;illons R&#233;sultat d'une lutte exemplaire, ces dispositions ne demandent qu'&#224; &#234;tre appliqu&#233;es vigoureusement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Amorc&#233;e en 2005 par l'Association qu&#233;b&#233;coise de lutte &#224; la pollution atmosph&#233;rique (AQLPA), la campagne &#171; Citoyens taisez-vous &#187; a r&#233;ussi &#224; attirer l'attention du public et &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-31-oct-nov-2009-" rel="directory"&gt;No 031 - oct. / nov. 2009&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fortin-Legris-Pierre-Louis-+" rel="tag"&gt;Fortin-Legris, Pierre-Louis &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En juin 2009, l'Assembl&#233;e nationale du Qu&#233;bec a adopt&#233; le projet de loi 9 qui modifie le &lt;i&gt;Code de proc&#233;dure civile&lt;/i&gt; afin de donner aux juges le pouvoir de r&#233;primer et de punir les instigateurs de poursuites-&lt;br class='autobr' /&gt;
b&#226;illons&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SLAPP, en anglais : Suitable lawsuits against public participation.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; R&#233;sultat d'une lutte exemplaire, ces dispositions ne demandent qu'&#224; &#234;tre appliqu&#233;es vigoureusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amorc&#233;e en 2005 par l'Association qu&#233;b&#233;coise de lutte &#224; la pollution atmosph&#233;rique (AQLPA), la campagne &#171; &lt;i&gt; Citoyens taisez-vous&lt;/i&gt; &#187; a r&#233;ussi &#224; attirer l'attention du public et &#224; interpeller suffisamment le ministre de la Justice de l'&#233;poque, Jacques Dupuis, pour que celui-ci se sente oblig&#233; de commander une &#233;tude exhaustive &#224; trois &#233;minents professeurs de droit. Ces juristes ont pondu un rapport d'une telle qualit&#233; que le ministre n'a eu d'autres choix que d'&#233;couter les groupes qui soulevaient &#8211; et vivaient &#8211; les multiples possibilit&#233;s d'abus de la proc&#233;dure judiciaire. La campagne de mobilisation, qui a exerc&#233; une pression constante sur les parlementaires, a aussi inspir&#233; nos amiEs des autres provinces canadiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de loi adopt&#233; contient la plupart des &#233;l&#233;ments souhait&#233;s : rapidit&#233; de l'intervention du tribunal pour rejeter ou encadrer la poursuite ; possibilit&#233; d'obliger le poursuivant &#224; avancer de l'argent au d&#233;fendeur pour tenter d'&#233;quilibrer les ressources ; report sur les &#233;paules du poursuivant du fardeau de prouver que sa poursuite n'est pas abusive ; possibilit&#233; de condamner le poursuivant &#8211; et m&#234;mes ses administrateurs personnellement, dans le cas d'une compagnie &#8211; &#224; payer des dommages-int&#233;r&#234;ts punitifs pour passer un message au reste de la soci&#233;t&#233;. &lt;i&gt;La loi pr&#233;voit que ces nouvelles dispositions s'appliqueront aux causes qui sont d&#233;j&#224; devant les tribunaux. Elle instaure aussi un m&#233;canisme de r&#233;vision qui permettra de faire le point, en 2012, sur les effets concrets que ces modifications l&#233;gislatives ont eues sur la protection de la libert&#233; d'expression. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'actuelle ministre de la Justice Kathleen Weil, dans un geste probablement sans pr&#233;c&#233;dent, a donn&#233; la directive aux l&#233;gistes de faire inclure le texte du pr&#233;ambule du projet de loi &#8211; qui parle de libert&#233; d'expression, du droit de participer aux d&#233;bats publics et de l'&#233;quilibre &#233;conomique dans l'acc&#232;s &#224; la justice &#8211; dans l'intertexte du &lt;i&gt;Code de proc&#233;dure civile&lt;/i&gt;. On entend d&#233;j&#224; les vieux civilistes et autres profs de proc&#233;dure judiciaire hurler&#8230; Mais nous, on est bien content que le message soit &#233;crit et soulign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu en retard, les patrons et leur F&#233;d&#233;ration des chambres de commerce ont bien tent&#233; de brandir l'&#233;pouvantail des irritants &#224; l'investissement. Lors d'une sortie publique dans les jours pr&#233;c&#233;dant l'adoption de la loi, ils ont voulu nous faire croire que la possibilit&#233; de poursuivre personnellement les administrateurs des compagnies leur imposerait &#171; &lt;i&gt;un fardeau de responsabilit&#233;s plus &#233;lev&#233; qu'ailleurs&lt;/i&gt; &#187;. Si c'est vrai, c'est peut-&#234;tre tant mieux ! Ils ont aussi fait un peu de &#171; peinturage &#187; dans le coin, disant que la loi n'allait que prot&#233;ger des groupuscules qui s'opposent au d&#233;veloppement&#8230; Des fois on se demande qui, d'entre eux et nous, sont vraiment les groupuscules&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aura finalement obtenu une loi anti-poursuites-b&#226;illons avec des dents. Reste &#224; voir si le syst&#232;me judiciaire captera le message et si les juges auront assez faim pour croquer ces museleurs d'opinion publique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;SLAPP, en anglais : &lt;i&gt;Suitable lawsuits against public participation.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pierre-Louis Fortin-Legris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Pour les syndiqu&#233;s pr&#233;caires cong&#233;di&#233;s : quel recours ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Pour-les-syndiques-precaires</link>
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		<dc:date>2009-10-29T00:45:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Louis Fortin-Legris</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Fortin-Legris, Pierre-Louis </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pr&#233;carisation des travailleurs et travailleuses, protection contre le cong&#233;diement, arbitrage ou tribunal et contenu implicite des conventions collectives. Voici les ingr&#233;dients du m&#233;lange &#224; g&#226;teau qui sera servi &#224; la Cour supr&#234;me sous peu. Les juges laisseront-ils les travailleurs et travailleuses sur leur app&#233;tit ? &lt;br class='autobr' /&gt; La pr&#233;carisation du march&#233; du travail n'est pas seulement un sujet d'&#233;tude passionnant et d&#233;primant. C'est une r&#233;alit&#233; tr&#232;s quotidienne pour un nombre important de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pr&#233;carisation des travailleurs et travailleuses, protection contre le cong&#233;diement, arbitrage ou tribunal et contenu implicite des conventions collectives. Voici les ingr&#233;dients du m&#233;lange &#224; g&#226;teau qui sera servi &#224; la Cour supr&#234;me sous peu. Les juges laisseront-ils les travailleurs et travailleuses sur leur app&#233;tit ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La pr&#233;carisation du march&#233; du travail n'est pas seulement un sujet d'&#233;tude passionnant et d&#233;primant. C'est une r&#233;alit&#233; tr&#232;s quotidienne pour un nombre important de travailleurs et travailleuses. Temporaire, &#224; contrat, sur appel, &#224; temps partiel, il existe une panoplie de statuts qui permettent aux employeurs d'instaurer un traitement diff&#233;renci&#233; pour certaines travailleurs et travailleuses. Ces disparit&#233;s de traitement ont souvent fait l'objet de n&#233;gociations en milieu de travail syndiqu&#233; et ont &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;es aux conventions collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les victoires les plus importantes arrach&#233;es &#224; l'arbitraire patronal se trouve la s&#233;curit&#233; d'emploi : la permanence en milieu syndiqu&#233; ou la protection contre le cong&#233;diement sans cause juste et suffisante en vertu de la Loi sur les normes du travail, protection obtenue apr&#232;s deux ans de loyaux services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs ann&#233;es, un d&#233;bat a lieu sur la question de l'interrelation entre les normes minimales du travail et le contenu des conventions collectives. Au fil de ces d&#233;bats judiciaires, les tribunaux ont fini par imposer un &#171; contenu implicite &#187; aux conventions collectives. Qu'est-ce qu'un contenu implicite ? C'est un ensemble de r&#232;gles qui, sans &#234;tre nomm&#233;ment incluses dans les conventions collectives mais &#233;tant donn&#233; leur importance, peuvent &#234;tre appliqu&#233;es par les arbitres qui tranchent des litiges employeurs/employ&#233;es en milieu syndiqu&#233;. On pense aux droits et libert&#233;s, &#224; l'interdiction de cong&#233;dier une femme en raison de sa grossesse et &#224; d'autres normes qui constituent, dans le monde du travail qu&#233;b&#233;cois, le droit commun d'&#171; ordre public &#187;. On pourrait penser inclure dans ces r&#232;gles d'ordre public la protection contre le cong&#233;diement sans cause juste et suffisante de la Loi sur les normes du travail. Ce serait logique. Comment une personne syndiqu&#233;e pourrait avoir moins de s&#233;curit&#233; d'emploi qu'une personne travaillant en milieu non-syndiqu&#233; ? L'application g&#233;n&#233;rale de cette norme est commun&#233;ment accept&#233;e par les intervenants. L&#224; o&#249; &#231;a se complique, c'est quand on pose la question du lieu o&#249; le d&#233;bat sur le cong&#233;diement d'une personne syndiqu&#233;e doit avoir lieu et du devoir du syndicat de repr&#233;senter ses membres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;O&#249; obtenir justice ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le cocktail &#224; base de statuts pr&#233;caires &#171; conventionn&#233;s &#187; et de normes relevant de l'ordre public est puissant. Il nous ram&#232;ne &#224; l'universelle question : &#171; Mais o&#249; aller ? &#187; Devant quelle instance la personne qui occupait un emploi syndiqu&#233; depuis plus de deux ans, mais qui, en raison de sa convention collective n'a toujours pas obtenu sa &#171; permanence &#187; et qui se pr&#233;tend injustement cong&#233;di&#233;e, peut-elle faire valoir son droit &#224; &#234;tre r&#233;int&#233;gr&#233; dans son boulot ou encore &#224; obtenir une compensation. Devant l'arbitre de grief et d&#233;fendue par son syndicat ? Ou devant la Commission des relations de travail (CRT), le tribunal administratif qui entend les recours des travailleurs et travailleuses non-syndiqu&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, la Cour d'appel du Qu&#233;bec consid&#232;re que la norme d'ordre public prot&#233;geant les travailleurs et les travailleuses injustement cong&#233;di&#233;es n'est pas implicitement int&#233;gr&#233;e aux conventions collectives existantes. Elle nous dit que si le l&#233;gislateur avait voulu qu'il en soit ainsi, la loi l'aurait dit. Et clairement s'il-vous-pla&#238;t. Le plus haut tribunal du Qu&#233;bec renvoie ainsi ces personnes devant la CRT. Les syndicats, qui d&#233;fendaient la th&#233;orie de l'int&#233;gration implicite de la protection et donc le pouvoir de l'arbitre, ont perdu cette manche.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'enjeu de la repr&#233;sentation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un des enjeux sous-jacents &#224; tout ce d&#233;bat est la repr&#233;sentation des syndiqu&#233;Es cong&#233;di&#233;Es. En effet, &#224; partir du moment o&#249; il ne s'agit pas d'un grief d&#233;pos&#233; par le syndicat devant un arbitre mais plut&#244;t d'une plainte individuelle devant la CRT, le syndicat n'est plus soumis &#224; l'obligation de repr&#233;senter et de d&#233;fendre son (ex-)membre. Pour sa part, la Commission des normes du travail, organisme public qui repr&#233;sente les personnes salari&#233;es non syndiqu&#233;es qui se font cong&#233;dier, n'a pas le droit de repr&#233;senter une personne membre d'un syndicat. Ni les ressources. Ces personnes cong&#233;di&#233;es risquent de se trouver fort d&#233;pourvues, lorsque la crise sera venue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir interdit la syndicalisation des travailleuses des services de garde en milieu familial, qui sera surpris d'apprendre que l'&#201;tat, dans son r&#244;le d'employeur, s'oppose dans ce dossier &#224; ce que les personnes syndiqu&#233;es aient acc&#232;s au r&#233;gime propre aux rapports collectifs de travail ? Au lieu de travailler &#224; trouver une r&#233;ponse politique qui permette que personne ne file dans les craques, le gouvernement provincial oblige tout le monde &#224; embarquer dans le bateau, traverser la rivi&#232;re et remettre tout &#231;a aux toges rouges d'Ottawa.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une loi contre les SLAPP</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-loi-contre-les-SLAPP</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Une-loi-contre-les-SLAPP</guid>
		<dc:date>2008-12-07T01:50:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Louis Fortin-Legris</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Poursuites b&#226;illon (SLAPP)</dc:subject>
		<dc:subject>Fortin-Legris, Pierre-Louis </dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En juin dernier, le gouvernement lib&#233;ral qu&#233;b&#233;cois d&#233;posait un projet de loi audacieux, visant &#224; &#171; pr&#233;venir l'utilisation abusive des tribunaux et favoriser le respect de la libert&#233; d'expression et la participation des citoyens aux d&#233;bats publics &#187;. Et surprise ! &#199;a pourrait fonctionner. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; la suite du d&#233;p&#244;t du rapport d'un comit&#233; d'experts pr&#233;sid&#233; par le professeur de droit Roderick Macdonald en juillet 2007 et des consultations publiques du printemps 2008, le ministre de la Justice (et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En juin dernier, le gouvernement lib&#233;ral qu&#233;b&#233;cois d&#233;posait un projet de loi audacieux, visant &#224; &#171; &lt;i&gt;pr&#233;venir l'utilisation abusive des tribunaux et favoriser le respect de la libert&#233; d'expression et la participation des citoyens aux d&#233;bats publics&lt;/i&gt; &#187;. Et surprise ! &#199;a pourrait fonctionner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; la suite du d&#233;p&#244;t du rapport d'un comit&#233; d'experts pr&#233;sid&#233; par le professeur de droit Roderick Macdonald en juillet 2007 et des consultations publiques du printemps 2008, le ministre de la Justice (et de la police, &#224; laquelle il semble d'ordinaire s'int&#233;resser beaucoup plus) s'&#233;tait engag&#233; &#224; proposer un projet de loi qui donnerait des ressources aux groupes et aux individus victimes de poursuites-b&#226;illons. Le gouvernement a choisi d'agir en modifiant le &lt;i&gt;Code de proc&#233;dure civile&lt;/i&gt; afin d'y int&#233;grer des dispositions qui donnent aux juges de vastes pouvoirs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le projet de loi 99&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Puisque l'intimidation et l'&#233;puisement financier et moral des victimes d'une poursuite-b&#226;illon sont au c&#339;ur de la strat&#233;gie de ce type de recours, il &#233;tait primordial que les nouvelles mesures permettent d'intervenir d&#232;s le d&#233;but du proc&#232;s. Le concept central du projet de loi est celui de &#171; &lt;i&gt;demande abusive&lt;/i&gt; &#187;. Le tribunal pourrait dor&#233;navant d&#233;clarer abusive, sur demande ou de son propre chef, une requ&#234;te qui serait manifestement mal fond&#233;e, frivole ou dilatoire, qui r&#233;sulterait d'un comportement vexatoire ou qu&#233;rulent (premi&#232;re utilisation de ce terme dans les lois qu&#233;b&#233;coises, ce qui int&#233;ressera s&#251;rement les fid&#232;les lecteurs d'&lt;i&gt;AB !&lt;/i&gt;) ou &#171; &lt;i&gt;de la mauvaise foi, de l'utilisation de la proc&#233;dure de mani&#232;re excessive ou d&#233;raisonnable ou de mani&#232;re &#224; nuire &#224; autrui ou encore du d&#233;tournement des fins de la justice, notamment si cela a pour effet de limiter la libert&#233; d'expression d'autrui dans le contexte de d&#233;bats publics&lt;/i&gt; &#187;. Rien de moins ! La derni&#232;re partie de cette d&#233;finition est particuli&#232;rement int&#233;ressante puisqu'elle nomme pr&#233;cis&#233;ment la fonction premi&#232;re de la poursuite-b&#226;illon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois le caract&#232;re abusif de la poursuite constat&#233;, le juge peut ordonner le rejet pur et simple de la poursuite ou ordonner l'adoption de mesures visant &#224; &#233;quilibrer les forces. Ainsi le juge pourra imposer ses conditions afin de s'assurer du bon d&#233;roulement du proc&#232;s. Il pourra aussi ordonner, dans certaines circonstances, le versement de &#171; &lt;i&gt;provisions pour frais&lt;/i&gt; &#187;, proc&#233;d&#233; g&#233;n&#233;ralement utilis&#233; en droit familial, qui force une partie &#224; verser un montant d&#233;termin&#233;, au d&#233;but de la proc&#233;dure, pour permettre &#224; l'autre partie de payer une partie des frais inh&#233;rents au processus judiciaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette mesure, bien que potentiellement int&#233;ressante, s'&#233;loigne des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de loi introduit plusieurs mesures dissuasives relativement innovatrices qui int&#232;grent dans le &lt;i&gt;Code de proc&#233;dure civile&lt;/i&gt; des principes ayant &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;s par les tribunaux pour pallier les injustices r&#233;sultant de poursuites abusives. On pense entre autres au paiement des &#171; &lt;i&gt;honoraires extrajudiciaires&lt;/i&gt; &#187;, qui sont les frais d'avocat r&#233;ellement encourus par la partie qui se d&#233;fend. Dans l'intention d'envoyer un message aux autres vilains tent&#233;s par l'intimidation judiciaire, les juges peuvent aussi condamner l'instigateur de la poursuite &#224; verser &#224; la victime des dommages-int&#233;r&#234;ts punitifs, qui sont d'un montant sans &#233;gard aux dommages subis. Autre aspect dissuasif notoire : la possibilit&#233; de soulever le fameux &#171; &lt;i&gt;voile corporatif&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire de franchir le foss&#233; l&#233;gal qui s&#233;pare la personne morale (la compagnie) et les personnes physiques (les administrateurs et dirigeants de la compagnie). Ces derni&#232;res, si elles ont particip&#233; &#224; la d&#233;cision d'entreprendre la poursuite abusive, pourraient dor&#233;navant &#234;tre condamn&#233;es personnellement au paiement des dommages-int&#233;r&#234;ts. Allons voir qui sont ces cravat&#233;s qui se cachent derri&#232;re ce &lt;i&gt;Inc&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les aspects non r&#233;solus&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On pourrait qualifier le projet de loi 99 de geste courageux de la part d'un gouvernement qui n'est pas reconnu pour avoir l'oreille tr&#232;s fine lorsqu'il est question d'entendre des voix autres que celles des grands de ce monde. Il faut dire qu'&#224; part le Barreau du Qu&#233;bec, qui consid&#233;rait que la preuve de l'urgence d'agir n'avait pas &#233;t&#233; faite, tous les intervenants aux consultations publiques ont press&#233; le gouvernement d'agir avec vigueur avant que le ph&#233;nom&#232;ne ne cause davantage de dommages &#224; la vie politique et aux d&#233;bats publics. Malgr&#233; ses aspects positifs, le projet de loi n'est pas garant de la fin de toute intimidation &lt;i&gt;made in lawland&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience d&#233;montre que l'envoi de mises en demeure peut g&#233;n&#233;rer un cocktail indigeste de panique, de stress et d'autres r&#233;actions nerveuses de repli chez plusieurs individus non aguerris aux fronti&#232;res floues de l'atteinte &#224; la r&#233;putation. Cette pratique n'est pas encadr&#233;e par la loi qu&#233;b&#233;coise et le projet de loi est muet &#224; cet &#233;gard. On pourrait penser que ce ph&#233;nom&#232;ne doive &#234;tre abord&#233; sous l'angle des r&#232;gles d&#233;ontologiques des avocats. On pourrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des r&#232;glements hors-cour des litiges reste aussi en suspens. En effet, ces ententes qui mettent fin au proc&#232;s sont syst&#233;matiquement confidentielles et elles pr&#233;voient parfois des clauses interdisant aux parties de se prononcer sur les questions li&#233;es au proc&#232;s. Ainsi, des groupes peuvent se retrouver devant le dilemme suivant : poursuivre un proc&#232;s insens&#233; et y laisser son fric, son moral et sa peau ou accepter de mettre fin &#224; toute cette histoire, avaler cette couleuvre infecte et passer &#224; autre chose. Ce type d'entente est un &#171; &lt;i&gt;win-win&lt;/i&gt; &#187;, accept&#233; sous la contrainte, o&#249; certains gagnent plus que d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et les victimes actuelles ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'actualit&#233; r&#233;cente nous a rappel&#233;, aux d&#233;pens de nos amis des &#201;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233;, que ceux qui cherchent de l'or ne brillent pas par leur d&#233;licatesse. On souhaite tous savoir si la maison d'&#233;dition ind&#233;pendante pourra s'en tirer en s'appuyant sur les dispositions du projet de loi 99. Il semble que cela soit possible, m&#234;me si la loi est adopt&#233;e post&#233;rieurement au d&#233;p&#244;t de la poursuite. Un principe d'interpr&#233;tation des lois veut que les dispositions &#224; caract&#232;re proc&#233;dural soient directement applicables, d&#232;s leur adoption. &#201;videmment, on peut compter sur les avocats de la compagnie pour faire ressortir toutes les distinctions imaginables qui leur permettraient de maintenir la poursuite. Il n'en demeure pas moins que l'hypoth&#232;se de l'application des nouvelles dispositions, si elles sont adopt&#233;es, ce que les partis d'opposition &#224; Qu&#233;bec semblent souhaiter, est plausible. Reste &#224; voir dans quelle mesure les juges seront pr&#234;ts &#224; d&#233;clarer &#171; &lt;i&gt;abusives&lt;/i&gt; &#187; des poursuites intent&#233;es par d'honorables compagnies.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette mesure, bien que potentiellement int&#233;ressante, s'&#233;loigne des propositions du professeur Macdonald et des groupes qui sont intervenus lors des consultations. Ceux-ci, s'inspirant des mesures qui existent en mati&#232;re de recours collectifs, proposaient plut&#244;t la mise sur pied d'un fonds public destin&#233; sp&#233;cifiquement aux victimes de poursuites abusives. Cette proposition n'ayant pas &#233;t&#233; retenue, on peut s'attendre &#224; ce que les intervenants invit&#233;s en commission parlementaire, en octobre prochain, reviennent &#224; la charge avec cette id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pierre-Louis Fortin-Legris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les travailleurs agricoles ne m&#233;ritent pas notre respect</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-travailleurs-agricoles-ne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-travailleurs-agricoles-ne</guid>
		<dc:date>2008-08-13T10:35:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Louis Fortin-Legris</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Fortin-Legris, Pierre-Louis </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il est un lieu commun qui veut que le march&#233; du travail soit un mutant. Transformations par-ci, mutations par-l&#224;. Le milieu agricole n'y &#233;chappe pas. Nos cornichons viennent d'Inde et nos terres sont labour&#233;es par des Guat&#233;malt&#232;ques de passage qui, tels des cornichons, n'ont pas le droit de s'organiser collectivement. &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis quelques ann&#233;es, les conditions de vie des travailleurs agricoles saisonniers font l'objet d'une attention soutenue de la part de groupes de d&#233;fense des droits et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-22-dec-2007-jan-2008-" rel="directory"&gt;No 022 - d&#233;c. 2007 / jan. 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fortin-Legris-Pierre-Louis-+" rel="tag"&gt;Fortin-Legris, Pierre-Louis &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il est un lieu commun qui veut que le march&#233; du travail soit un mutant. Transformations par-ci, mutations par-l&#224;. Le milieu agricole n'y &#233;chappe pas. Nos cornichons viennent d'Inde et nos terres sont labour&#233;es par des Guat&#233;malt&#232;ques de passage qui, tels des cornichons, n'ont pas le droit de s'organiser collectivement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, les conditions de vie des travailleurs agricoles saisonniers font l'objet d'une attention soutenue de la part de groupes de d&#233;fense des droits et de certains syndicats&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le sujet, voir les articles de Roberto Nieto : &#171; Travailleurs migrants (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Des campagnes d'information sur les droits des travailleurs et des travailleuses ont &#233;t&#233; men&#233;es avec les moyens du bord, pour permettre aux employ&#233;es agricoles d'avoir acc&#232;s aux r&#233;gimes de protection sociale : assurance-emploi, CSST, etc. Une fois ce travail bien enclench&#233;, la suite logique &#233;tait d'institutionnaliser le r&#233;tablissement du rapport de force, de cr&#233;er des syndicats pour les travailleurs temporaires migrants. C'&#233;tait sans compter la flexibilit&#233; de nos lois du travail...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rejet des demandes d'accr&#233;ditation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les requ&#234;tes pour faire reconna&#238;tre les nouveaux syndicats de deux fermes et une serre ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;es par les Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC) &#224; la Commission des relations de travail. Les employeurs ont contest&#233;. Parmi le feu d'artifice d'arguments pr&#233;sent&#233;s pour emp&#234;cher leurs employ&#233;es de s'organiser collectivement, les employeurs ont convaincu le commissaire Marc Denis que le Code du travail ne permettait pas aux employ&#233;s de ferme qui ne sont pas employ&#233;s &#224; l'ann&#233;e longue de former un syndicat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;TUAC-local 501 c. L&#233;gumi&#232;re YC inc., 2007 QCCRT 0467 (24/09/2007).&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le texte du Code du travail dit que &#171; &lt;i&gt;les personnes employ&#233;es &#224; l'exploitation d'une ferme ne sont pas r&#233;put&#233;es &#234;tre des salari&#233;s [syndicables], &#224; moins qu'elles n'y soient ordinairement et continuellement employ&#233;es au nombre minimal de trois&lt;/i&gt; &#187;. Le hic, c'est que les employ&#233;s temporaires migrants doivent, en vertu de l'entente sign&#233;e entre le Canada et le pays d'origine, avoir quitt&#233; le pays avant le 15 d&#233;cembre de chaque ann&#233;e, pour &#234;tre r&#233;engag&#233;s l'ann&#233;e suivante. &#192; moins que le fermier ne soit aussi producteur de jus de carotte de glace, il n'a pas besoin d'employ&#233;es l'hiver, migrantes ou non. Il est logique qu'il n'emploie donc personne durant l'hiver. Par contre, le caract&#232;re saisonnier du travail effectu&#233; est sans lien avec l'exercice de la libert&#233; d'association. &#192; ce compte, les stations de ski, La Ronde et plusieurs entreprises touristiques seraient soustraites du r&#233;gime de n&#233;gociation collective, ce qui serait injustifiable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et la libert&#233; d'association ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette froide application de la loi a quelque chose de r&#233;voltant. D'un point de vue juridique, elle est aussi surprenante, consid&#233;rant certaines d&#233;cisions majeures rendues par la Cour supr&#234;me sur la question de l'exclusion de certaines cat&#233;gories de travailleurs. En 2001, la Cour supr&#234;me a, pour la premi&#232;re fois, impos&#233; &#224; l'&#201;tat ontarien de mettre sur pied un r&#233;gime juridique qui permette aux travailleurs et travailleuses agricoles de s'organiser&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dunmore c. Ontario (Procureur g&#233;n&#233;ral), [2001] 3 R.C.S. 1016.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La Cour n'a pas seulement affirm&#233; que l'&#201;tat ne devait pas entraver l'exercice de la libert&#233; d'association, elle a ajout&#233; que l'&#201;tat avait une obligation positive de permettre l'exercice des droits fondamentaux dans le domaine du travail. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;videmment, l'injustice des obstacles &#224; la syndicalisation du milieu agricole n'est pas particuli&#232;re aux travailleurs temporaires migrants. Elle semble parfois encore plus criante lorsqu'on apprend les conditions de vie et de travail dans les fermes qu&#233;b&#233;coises qui emploient des migrantes. Et les patates &#224; 1 $ le sac de 10 lbs sont ensuite un peu plus p&#226;teuses en bouche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur le sujet, voir les articles de Roberto Nieto : &#171; Travailleurs migrants au Canada : des Mexicains exploit&#233;s dans nos champs &#187;, &#192; b&#226;bord ! # 10, &#233;t&#233; 2005, p. 8-9 et &#171; Pour contrer la syndicalisation des travailleurs migrants : manigances et intrigues &#187;, &#192; b&#226;bord ! # 17, d&#233;cembre 2006 / janvier 2007, p. 17-18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;TUAC-local 501 c. L&#233;gumi&#232;re YC inc., 2007 QCCRT 0467 (24/09/2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dunmore c. Ontario (Procureur g&#233;n&#233;ral), [2001] 3 R.C.S. 1016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre-Louis Fortin-Legris&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#201;tats manqu&#233;s. Abus de puissance et d&#233;ficit d&#233;mocratique</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-Etats-manques-Abus-de</link>
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		<dc:date>2008-08-13T03:49:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Louis Fortin-Legris</dc:creator>


		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;dias et journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Fortin-Legris, Pierre-Louis </dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Noam Chomsky, Les &#201;tats manqu&#233;s. Abus de puissance et d&#233;ficit d&#233;mocratique, Paris, Fayard, 2007. &lt;br class='autobr' /&gt; On aurait envie de lui demander : &#171; Quoi de neuf docteur ? &#187; Mais on ne peut faire autrement que se retenir. Non pas par respect oblig&#233; pour le monument, mais bien parce que son travail est toujours aussi n&#233;cessaire et &#233;clairant. L'inlassable Chomsky poursuit son &#339;uvre de d&#233;boulonnage des relations g&#233;opolitiques, des mascarades m&#233;diatiques et des manipulations intellectuelles. Et pas celles (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-21-oct-nov-2007-" rel="directory"&gt;No 021 - oct. / nov. 2007&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Medias-et-journalisme-+" rel="tag"&gt;M&#233;dias et journalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fortin-Legris-Pierre-Louis-+" rel="tag"&gt;Fortin-Legris, Pierre-Louis &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton332.jpg?1642092267' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;259&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Noam Chomsky, &lt;i&gt;Les &#201;tats manqu&#233;s. Abus de puissance et d&#233;ficit d&#233;mocratique&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On aurait envie de lui demander : &#171; Quoi de neuf docteur ? &#187; Mais on ne peut faire autrement que se retenir. Non pas par respect oblig&#233; pour le monument, mais bien parce que son travail est toujours aussi n&#233;cessaire et &#233;clairant. L'inlassable Chomsky poursuit son &#339;uvre de d&#233;boulonnage des relations g&#233;opolitiques, des mascarades m&#233;diatiques et des manipulations intellectuelles. Et pas celles d'un autre si&#232;cle. Celles qu'on a sous le nez &#224; tous les jours. Avec les incomparables munitions chomskyennes : des sources d'informations alternatives et officielles qui, replac&#233;es, traduites, rabout&#233;es par l'histoire politique, prennent un sens intelligible et presque &#233;vident. Il faut continuer &#224; le dire, &#224; le d&#233;montrer (et &#224; le lire !) : ce n'est pas la th&#233;orie du complot, c'est l'organisation rationnelle du pouvoir et de son maintien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre-Louis Fortin-Legris&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelques engrenages...</title>
		<link>https://www.ababord.org/Quelques-engrenages</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Quelques-engrenages</guid>
		<dc:date>2008-08-13T03:11:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Louis Fortin-Legris</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Fortin-Legris, Pierre-Louis </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Elle &#233;tait travailleuse dans une usine de textile. Comme tant d'autres, ici et ailleurs. Arrive la soixantaine, ses avant-bras ne sont que paquets d'os qui frottent, ne valent m&#234;me plus la viande qu'il y reste. Maladie professionnelle, &#231;a semble &#233;vident, le boulot l'a us&#233;e. Pas aux yeux des coquins de l'organisme public qui devrait l'indemniser. Donc, aide sociale. Ils sont moins regardants. Surtout pass&#233; 55 ans. Une chance au moins, pensait-elle, que la petite maison de banlieue est finie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-21-oct-nov-2007-" rel="directory"&gt;No 021 - oct. / nov. 2007&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fortin-Legris-Pierre-Louis-+" rel="tag"&gt;Fortin-Legris, Pierre-Louis &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Elle &#233;tait travailleuse dans une usine de textile. Comme tant d'autres, ici et ailleurs. Arrive la soixantaine, ses avant-bras ne sont que paquets d'os qui frottent, ne valent m&#234;me plus la viande qu'il y reste. Maladie professionnelle, &#231;a semble &#233;vident, le boulot l'a us&#233;e. Pas aux yeux des coquins de l'organisme public qui devrait l'indemniser. Donc, aide sociale. Ils sont moins regardants. Surtout pass&#233; 55 ans. Une chance au moins, pensait-elle, que la petite maison de banlieue est finie d'&#234;tre pay&#233;e. Et l'ann&#233;e derni&#232;re, d&#233;cision administrative municipale, la petite maison o&#249; vivent ensemble trois g&#233;n&#233;rations vaut soudainement des dizaines de milliers de dollars de plus. Comme &#231;a. Pour rien. Mais les dr&#244;les de l'aide sociale en entendent parler. &#171; &lt;i&gt;La valeur d'une r&#233;sidence est exclue aux fins du calcul de la prestation jusqu'&#224; concurrence d'une valeur nette totale de 90 000 $&lt;/i&gt; &#187;. L'exc&#233;dent de la valeur, c'est de l'excessif. &#192; coups de 2 % retranch&#233;s de la prestation par 1 000 $ qui d&#233;passe leur limite arbitraire, un certain premier du mois, le ch&#232;que n'arrive plus. Elle boit du caf&#233;, que sa fille lui ach&#232;te, &#231;a coupe l'app&#233;tit. L'aide juridique pour contester cette injustice ? Refus&#233;e, inadmissibilit&#233; financi&#232;re. Encore les &#171; actifs &#187; trop &#233;lev&#233;s. Et de toute fa&#231;on, la loi est claire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle &#233;tait travailleuse, &#233;tudiante, militante. Dans la rue quand il le fallait. Dans la grand' ville, dans ce temps-l&#224;, les policiers d&#233;cidaient qui avait le droit d'avoir le droit. Arrestation massive, d&#233;tention prolong&#233;e, photo, empreintes et signature au bas d'une liste de conditions, anodines : &#171; &lt;i&gt;garder la paix et avoir une bonne conduite&lt;/i&gt; &#187;. Ce sont les flics qui foutent toujours le bordel, qui ne gardent pas la paix. Pas nous, qu'elle se dit. Les proc&#233;dures tra&#238;nent, que voulez-vous. Mais la lutte, elle, continue. Nouvelle manif, m&#234;mes abus policiers. Mais cette fois, ils ont ajout&#233; une nouvelle infraction : bris de condition. Elle devait garder la paix, quand dehors c'est la guerre sociale, et quoi encore. Mais cette technicalit&#233; changeait la donne. Elle devait demeurer d&#233;tenue jusqu'&#224; ce qu'elle justifie sa libert&#233;. 24 heures, 48 heures. Devant un juge, elle devra simuler la profession de foi envers l'autorit&#233; judiciairo-polici&#232;re. Baisser les yeux. Une fois dehors, le doute, la crainte se sont install&#233;s. L'intimidation institutionnelle fait son effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avait bien peu d'attaches mat&#233;rielles, pas de toit &#224; lui. Sa pr&#233;sence dans la ville ne d&#233;rangeait pas vraiment le quotidien des urbains. Les plus d&#233;rang&#233;s &#233;taient s&#251;rement ceux qui &#233;taient pay&#233;s pour l'&#234;tre. Et pour le lui faire comprendre. Dans sa chair, dans sa dignit&#233;. Harc&#232;lement, ciblage, constats d'infraction. Tous plus farfelus les uns que les autres. Il les gardait un temps. Pour les donner aux travailleurs de rue qui tentaient de documenter la r&#233;pression. Les ann&#233;es passent. Il rencontre quelqu'un qui lui donne envie d'essayer de faire autrement. D'autres gens l'aident. Un toit, un lit, et un peu plus. M&#234;me bient&#244;t un boulot, pas grand-chose, &#224; temps partiel. Juste assez pour imaginer sa vie autrement. Puis un soir, Pouf. Des policiers, au moins quatre, &#233;coeurent un gars qu'il avait connu, quand il vivait autrement. Il s'en m&#234;le, pas le choix. Engueule les agents. En quelques secondes, basculement. On l'embarque, lui aussi. Au poste, on le garde. Il rage. Il travaille demain apr&#232;s-midi. La nuit, &#231;a va, mais faites-moi signer une promesse, qu'il dit. Des dizaines de milliers de dollars, qu'il doit. &#199;a vaut plusieurs mois en dedans. Terminus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des prisons, des Codes, ce qu'on a eu, vu et v&#233;cu et qui n'existera plus. Les cons&#233;quences lointaines de r&#232;gles frettes qui fouettent comme le nordet. On se retrousse les manches et on se souhaite la bienvenue au cabinet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre-Louis Fortin-Legris&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une s&#233;rie d'abus de pouvoir </title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-serie-d-abus-de-pouvoir</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Une-serie-d-abus-de-pouvoir</guid>
		<dc:date>2008-07-28T18:49:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Louis Fortin-Legris</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Fortin-Legris, Pierre-Louis </dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Prologue : La mobilisation Mobilisation anti-capitaliste &#224; Montr&#233;al contre ce que les puissants appellent une &#171; mini-minist&#233;rielle &#187; de l'OMC. On est en juillet 2003. La r&#233;ponse de la rue : cinq jours d'ateliers, de rencontres et de manifestations. La Ville de Montr&#233;al annonce un bouclage du quartier des affaires. La coalition organisatrice promet de perturber la rencontre. R&#233;plique de Pettigrew, alors ministre du Commerce international : &#171; If they want to stop us, fine, good luck &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Acte (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-10-ete-2005-" rel="directory"&gt;No 010 - &#233;t&#233; 2005&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Controle-repression-et-securite-+" rel="tag"&gt;Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fortin-Legris-Pierre-Louis-+" rel="tag"&gt;Fortin-Legris, Pierre-Louis &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Prologue : La mobilisation&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mobilisation anti-capitaliste &#224; Montr&#233;al contre ce que les puissants appellent une &#171; mini-minist&#233;rielle &#187; de l'OMC. On est en juillet 2003. La r&#233;ponse de la rue : cinq jours d'ateliers, de rencontres et de manifestations. La Ville de Montr&#233;al annonce un bouclage du quartier des affaires. La coalition organisatrice promet de perturber la rencontre. R&#233;plique de Pettigrew, alors ministre du Commerce international : &#171; &lt;i&gt;If they want to stop us, fine, good luck&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Acte I : L'action&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
28 juillet 2003. Apr&#232;s avoir d&#233;ambul&#233; dans le centre-ville et &#233;vit&#233; les nombreuses tentatives d'encerclement de l'escouade tactique, les manifestantes se dispersent. Les m&#233;dias ne parlent que des quelques vitrines fracass&#233;es et de l'arrestation &#171; pr&#233;ventive &#187; de Jaggi Singh. Plus tard, il y a un rendez-vous sur un terrain vague situ&#233; dans la c&#244;te de la rue St-Laurent. On arrive pour les ateliers de l'apr&#232;s-midi. On discute, on bouffe. C'est la Zone verte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Acte II : Les arrestations arbitraires&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s une premi&#232;re tentative rat&#233;e pour encercler les militantes pr&#233;sentes dans la Zone verte, les policiers anti-&#233;meutes reviennent &#224; la charge et encerclent tout le monde. 238 personnes sont arr&#234;t&#233;es, sans qu'on leur en annonce les motifs. Une &#224; une, elles seront menott&#233;es et &#233;parpill&#233;es dans les quatre centres de d&#233;tention de la Police de Montr&#233;al. Attroupement ill&#233;gal, la tr&#232;s montr&#233;alaise &#171; crainte que la paix soit troubl&#233;e tumultueusement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Acte III : L'arme de la caution&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que certaines personnes sont rel&#226;ch&#233;es apr&#232;s une dizaine d'heures de d&#233;tention, pr&#232;s de 140 d'entre elles passent la nuit d&#233;tenues. Le lendemain, &#224; la Cour municipale, les procureurs de la Couronne exigent une caution de 200 $ pour la remise en libert&#233; de toute personne domicili&#233;e hors d'un rayon de 200 km de Montr&#233;al. Peu importe que ces personnes aient une adresse stable et qu'elles n'aient aucun ant&#233;c&#233;dent judiciaire. Pour celles et ceux qui font de la &#171; solidarit&#233; judiciaire &#187;, c'est la course aux cautions. Emprunte ici, pr&#234;te l&#224;, le travail des militantes est d&#233;tourn&#233; de son objectif premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Acte IV : L'arme des conditions&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la remise en libert&#233;, la police impose des conditions tr&#232;s restrictives, dont l'interdiction de se trouver dans un p&#233;rim&#232;tre correspondant au centre-ville de Montr&#233;al en entier. Les documents policiers sont pr&#233;imprim&#233;s. &#192; l'&#233;vidence, les arrestations &#233;taient pr&#233;vues depuis belle lurette. Durant les deux ann&#233;es de proc&#233;dures judiciaires, la Couronne refusera syst&#233;matiquement de donner comp&#233;tence au juge pour qu'il puisse modifier ces conditions. Les personnes accus&#233;es doivent elles-m&#234;mes d&#233;poser une requ&#234;te en Cour sup&#233;rieure pour faire modifier leurs conditions de remise en libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Acte V : La preuve cach&#233;e et la &lt;br class='autobr' /&gt;
Couronne qui d&#233;sob&#233;it au tribunal&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s plus d'un an d'attente, vient l'heure du proc&#232;s. Les personnes accus&#233;es sont r&#233;parties en quatre proc&#232;s. &#192; la Cour municipale, on ne veut plus de m&#233;ga-proc&#232;s, et de toute fa&#231;on, il n'y a pas de salle assez grande pour 200 personnes. Certaines personnes se repr&#233;sentent seules et les autres sont d&#233;fendues par Me Denis Poitras et Me Natacha Binsse-Masse. Avant l'audition des t&#233;moignages, les avocats pr&#233;sentent, dans chacun des quatre proc&#232;s, une requ&#234;te pour avoir acc&#232;s aux enregistrements des communications entre policiers et au &#171; log &#187;, le journal op&#233;rationnel o&#249; sont consign&#233;s les &#233;changes entre le commandement policier et les troupes. Les diff&#233;rents juges rendent des d&#233;cisions qui se contredisent, l'un n'allant pas aussi loin que l'autre. Au moins un juge oblige formellement la Couronne &#224; divulguer l'ensemble du log. Mais celle-ci refuse de respecter l'ordonnance judiciaire, malgr&#233; le fait qu'elle ait reconnu la pertinence de cet &#233;l&#233;ment de preuve pour la d&#233;fense ! La d&#233;cision viendrait du service juridique de la police de Montr&#233;al, afin de prot&#233;ger ses &#171; techniques d'enqu&#234;tes &#187;. Cette justification douteuse ne convainc personne et d&#233;montre &#224; quel point le rapport d'autorit&#233; entre ces trois intervenants est renvers&#233;. La police dicte la conduite de la Couronne, qui elle, commet l'&#233;quivalent d'un outrage au tribunal !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;pilogue : Retrait des accusations et r&#233;paration&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Devant un tel m&#233;pris d'une ordonnance du tribunal, les procureurs de la Couronne n'ont d'autre choix que de l&#226;cher l'os. Le d&#233;ni de justice est trop flagrant, ils doivent retirer l'accusation avant que le juge ne d&#233;cide lui-m&#234;me de faire arr&#234;ter les proc&#233;dures, ce qui lui laisserait la latitude d'ordonner le paiement d'une r&#233;paration, pouvoir rarement exerc&#233; par les tribunaux en mati&#232;re criminelle mais appropri&#233; dans ce cas particulier. Le 12 mars dernier, l'accusation a &#233;t&#233; retir&#233;e dans un des quatre proc&#232;s et la m&#234;me situation devrait survenir prochainement dans les trois autres. Bient&#244;t, ces ex-accus&#233;es pourront se poser la trop rare question de la contre-attaque, tout en se f&#233;licitant de ne pas avoir accept&#233; l'offre de la Couronne de plaider coupable &#224; un r&#232;glement municipal, tel que propos&#233; il y a quelques mois. Leur tenacit&#233; victorieuse nous fournit un bel exemple de r&#233;sistance &#224; la criminalisation de la dissidence. &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre-Louis Fortin-Legris&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>La matraque en folie</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-matraque-en-folie</link>
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		<dc:date>2008-07-19T14:46:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Louis Fortin-Legris</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Fortin-Legris, Pierre-Louis </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis 2001, le Code criminel autorise les policiers canadiens &#224; commettre une panoplie de crimes graves en toute impunit&#233;. Sans reddition de comptes publique, sans supervision civile ind&#233;pendante. &lt;br class='autobr' /&gt; Lors de leur premier cours de droit constitutionnel canadien, les &#233;tudiantes se font casser les oreilles par l'immuable assise de notre syst&#232;me juridique : la primaut&#233; du droit, la rule of law. Depuis des temps imm&#233;moriaux, le principe de base du droit britannique veut que toute autorit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-16-oct-nov-2006-" rel="directory"&gt;No 016 - oct. / nov. 2006&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Controle-repression-et-securite-+" rel="tag"&gt;Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fortin-Legris-Pierre-Louis-+" rel="tag"&gt;Fortin-Legris, Pierre-Louis &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis 2001, le Code criminel autorise les policiers canadiens &#224; commettre une panoplie de crimes graves en toute impunit&#233;. Sans reddition de comptes publique, sans supervision civile ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lors de leur premier cours de droit constitutionnel canadien, les &#233;tudiantes se font casser les oreilles par l'immuable assise de notre syst&#232;me juridique : la primaut&#233; du droit, &lt;i&gt;la rule of law&lt;/i&gt;. Depuis des temps imm&#233;moriaux, le principe de base du droit britannique veut que toute autorit&#233; publique (le roi, l'&#201;tat, les policiers) tienne tout son pouvoir de la loi et n'ait donc pas plus de pouvoir que ce que pr&#233;voit la loi. Selon ce principe, les policiers ne peuvent enfreindre la loi, commettre un crime par exemple, &#224; moins d'y &#234;tre autoris&#233;s par une loi. C'est ce que la Cour supr&#234;me est venue rappeler aux services policiers canadiens en 1999&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le jugement R. c. Campbell, la Cour a annul&#233; une condamnation d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces derniers, trop habitu&#233;s qu'ils &#233;taient &#224; faire la loi, n'entendaient pas se laisser priver de techniques si efficaces et &#233;prouv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Beaux pouvoirs !
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Non content de la r&#233;ponse donn&#233;e &#224; ce jugement par le gouvernement qui, par voie de r&#232;glement, autorisait dor&#233;navant les policiers &#224; proc&#233;der &#224; la &#171; &lt;i&gt;vente surveill&#233;e&lt;/i&gt; &#187; de stup&#233;fiants, le lobby policier, surfant sur la n&#233;buleuse et omnipr&#233;sente n&#233;cessit&#233; de la lutte au crime organis&#233;, a obtenu l'ajout des articles 25.1 &#224; 25.4 au Code criminel. Ces articles permettent &#224; un policier qui en a re&#231;u l'autorisation directement du ministre de la S&#233;curit&#233; publique (ou d'un sup&#233;rieur en cas d'urgence) de commettre, dans le cadre d'une enqu&#234;te pr&#233;cise, tout crime qu'il croit &#234;tre &#171; &lt;i&gt;juste et proportionnel&lt;/i&gt; &#187; par rapport aux activit&#233;s criminelles qui font l'objet de l'enqu&#234;te. Il n'est toutefois pas question d'exiger du policier qu'il croit en la &lt;i&gt;n&#233;cessit&#233;&lt;/i&gt; d'agir ainsi. Les seuls comportements interdits sont ceux pouvant causer la mort ou des l&#233;sions corporelles, ceux pouvant porter atteinte &#224; l'int&#233;grit&#233; sexuelle de quelqu'un et ceux &#233;tant de nature &#224; entraver la justice. Outre ces trois maigres exceptions, le policier peut laisser libre cours &#224; son imagination &#171; &lt;i&gt;juste et proportionnelle&lt;/i&gt; &#187; : enl&#232;vement, extorsion, menaces, intimidation, voies de fait, incitation &#224; commettre un crime, prise d'otage et m&#234;me torture, en autant que &#231;a ne laisse pas de marque&#8230; Encore plus dangereuse est la possibilit&#233;, pour le policier d&#233;sign&#233;, d'ordonner &#224; une personne qui n'est pas agent de la paix de commettre elle aussi un ou des crimes dans le cadre de l'enqu&#234;te. Ce civil (on pense &#224; l'informateur infiltr&#233; dans un groupe) n'est &#233;videmment li&#233; par aucun code de d&#233;ontologie et n'ob&#233;it &#224; aucun officier sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Limit&#233;s aux enqu&#234;tes sur le crime organis&#233; ou sur les activit&#233;s &#171; terroristes &#187;, ces pouvoirs auraient pu para&#238;tre acceptables &#224; certaines personnes pr&#233;occup&#233;es par la s&#233;curit&#233; publique. Mais il faut savoir que la loi ne limite pas la nature des enqu&#234;tes pouvant faire l'objet de tels comportements policiers. Groupes politiques, syndicats en lutte, organisations populaires&#8230; La provocation polici&#232;re et &#233;tatique existe depuis qu'existe l'&#201;tat. Mais le fait de carr&#233;ment l&#233;galiser cette pratique, &#231;a c'est assez nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Il faut avoir confiance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un suivi rigoureux et une supervision ind&#233;pendante de l'exercice de ces pouvoirs auraient pu calmer les inqui&#233;tudes de certaines personnes. Mais il n'en est rien ! Les services policiers faisant usage de ces pouvoirs ont l'obligation de publier un rapport annuel qui relate le plus laconiquement possible les op&#233;rations polici&#232;res en question. Toutefois, ces rapports peuvent &#234;tre tronqu&#233;s s'ils compromettent une enqu&#234;te en cours, s'ils mettent en jeu l'identit&#233; d'un informateur, si cela est susceptible de nuire &#224; l'int&#233;r&#234;t public, etc. Dans les faits, et malgr&#233; tous les avertissements et toutes les critiques de l'ex-pr&#233;sidente de la Commission des plaintes du public de la GRC&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire notamment Shirley HEAFEY, &#171; La surveillance civile dans un monde chang&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il n'y a aucun m&#233;canisme de surveillance, ni civil, ni parlementaire. Reste les tribunaux. On aurait pu penser qu'en plus de quatre ann&#233;es d'application, ces articles du Code criminel auraient fait l'objet d'au moins une contestation par un avocat de la d&#233;fense, lors d'un proc&#232;s. Or il n'en est rien. Aucune proc&#233;dure judiciaire n'a permis &#224; un juge de se prononcer sur la validit&#233; de ces pouvoirs, ni sur la mani&#232;re dont ils sont utilis&#233;s. Il y a des hasards comme &#231;a qui ne s'inventent pas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; R&#233;vision &#187; parlementaire
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis avril dernier, le Comit&#233; de la justice et des droits de la personne de la Chambre des communes &#233;tudie le bilan de trois ans d'application de ces nouveaux pouvoirs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Malgr&#233; les demandes de retrait de l'article 25.1 faites par des organisations tels le Barreau canadien, la Ligue des droits et libert&#233;s et la &lt;i&gt;Canadian civil liberties association&lt;/i&gt;, il est peu probable que ce comit&#233; parlementaire, pr&#233;sid&#233; par un ancien officier de police, produise un rapport qui remette s&#233;rieusement en question l'immunit&#233; polici&#232;re. Et de l'immunit&#233; &#224; l'impunit&#233;, il n'y a qu'&#224; changer un M pour un P.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans le jugement R. c. Campbell, la Cour a annul&#233; une condamnation d'un pr&#233;sum&#233; trafiquant de drogue parce que la Loi sur les stup&#233;fiants n'autorisait les policiers qu'&#224; poss&#233;der des drogues interdites, mais non &#224; en faire la vente.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire notamment Shirley HEAFEY, &#171; La surveillance civile dans un monde chang&#233; &#187;, dans D. DAUBNEY et &lt;i&gt;alii, Terrorisme, droit et d&#233;mocratie. Comment le Canada a-t-il chang&#233; apr&#232;s le 11 septembre ?&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Th&#233;mis, 2002, p. 388-394.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.parl.gc.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.parl.gc.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre-Louis Fortin-Legris&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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