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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Une aventure impr&#233;visible</title>
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		<dc:date>2014-04-16T01:10:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luciano Benvenuto, Santiago Bertolino, Hugo Samson</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>
		<dc:subject>Benvenuto, Luciano </dc:subject>
		<dc:subject>Bertolino, Santiago</dc:subject>
		<dc:subject>Samson, Hugo</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que le cin&#233;ma Excentris pr&#233;sentait en premi&#232;re le documentaire politique Carr&#233; rouge sur fond noir devant une salle bond&#233;e,T&#233;l&#233;-Qu&#233;bec diffusait la version courte (intitul&#233;e seulement Carr&#233; rouge) rejoignant un auditoire t&#233;l&#233;visuel de 65 000 personnes, cote d'&#233;coute inesp&#233;r&#233;e pour ce r&#233;seau. &#192; b&#226;bord ! a rencontr&#233; les deux r&#233;alisateurs afin d'en conna&#238;tre davantage sur leur exp&#233;rience filmique. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192;B ! : Comment est n&#233; ce projet de documentaire sur la gr&#232;ve &#233;tudiante vue de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-52-dec-2013-janv-2014-" rel="directory"&gt;No 052 - d&#233;c. 2013 / janv. 2014&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cinema-+" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Memoire-des-luttes-+" rel="tag"&gt;M&#233;moire des luttes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-etudiant-+" rel="tag"&gt;Mouvement &#233;tudiant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Benvenuto-Luciano-+" rel="tag"&gt;Benvenuto, Luciano &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bertolino-Santiago-+" rel="tag"&gt;Bertolino, Santiago&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Samson-Hugo-+" rel="tag"&gt;Samson, Hugo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1799.png?1642092153' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;315&#034; height=&#034;468&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En m&#234;me temps que le cin&#233;ma Excentris pr&#233;sentait en premi&#232;re le documentaire politique &lt;i&gt;Carr&#233; rouge sur fond noir&lt;/i&gt; devant une salle bond&#233;e,T&#233;l&#233;-Qu&#233;bec diffusait la version courte (intitul&#233;e seulement &lt;i&gt;Carr&#233; rouge&lt;/i&gt;) rejoignant un auditoire t&#233;l&#233;visuel de 65 000 personnes, cote d'&#233;coute inesp&#233;r&#233;e pour ce r&#233;seau. &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; a rencontr&#233; les deux r&#233;alisateurs afin d'en conna&#238;tre davantage sur leur exp&#233;rience filmique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B ! : Comment est n&#233; ce projet de documentaire sur la gr&#232;ve &#233;tudiante vue de l'int&#233;rieur de la classe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Santiago :&lt;/strong&gt; Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, j'ai fait plusieurs films sur des sujets &#224; caract&#232;re sociopolitique o&#249; je portais un regard critique sur les enjeux sociaux soulev&#233;s par la gestion n&#233;olib&#233;rale de nos soci&#233;t&#233;s. Sociologiquement, je m'int&#233;ressais surtout aux luttes populaires ainsi qu'au message port&#233; par ces groupes qui proposaient des alternatives. Bien que diffus&#233;s sur Internet, la port&#233;e de mes films restait n&#233;anmoins confin&#233;e &#224; un public restreint de militants convaincus. Je voulais explorer une nouvelle d&#233;marche cr&#233;atrice pour passer du documentaire militant au documentaire politique d'auteur. C'est le saut que j'ai fait avec &lt;i&gt;Carr&#233; rouge&lt;/i&gt; en me rapprochant du c&#244;t&#233; humain des intervenants, en suivant les gens longtemps, en traquant en cin&#233;ma direct leurs &#233;motions, leurs questionnements, leurs doutes et autocritiques tout en pr&#233;sentant la justesse de leur cause et le sens de leurs revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sujet de la gr&#232;ve &#233;tudiante s'est impos&#233; de lui-m&#234;me. Comme on avait une bonne connaissance du mouvement &#233;tudiant (pour ne pas dire certaines accointances), les perspectives d'une gr&#232;ve &#233;tudiante contre l'augmentation des frais de scolarit&#233; nous sont apparues tr&#232;s t&#244;t un sujet prometteur. C'est ainsi que d&#232;s janvier 2012, Hugo et moi, on s'est mis &#224; filmer. On avait l'intuition que cette lutte &#233;tudiante serait importante, mais jamais qu'elle durerait neuf mois avec une telle ampleur, qu'elle deviendrait historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hugo : &lt;/strong&gt; Dans une optique de r&#233;aliser un documentaire, &#231;a prend habituellement 2 &#224; 3 mois pour faire ta recherche. Tu filmes un peu, tu cr&#233;es des liens, tu cherches des sujets, des personnages &#224; suivre, des &#233;v&#233;nements r&#233;v&#233;lateurs. Tu &#233;labores les grandes lignes de ton projet et puis tu commences &#224; filmer quand les gens sont familiers avec toi, qu'ils te font confiance surtout en cin&#233;ma direct. Donc au d&#233;but on faisait notre recherche de sujets et de personnages. On filmait les assembl&#233;es &#233;tudiantes qui prenaient des votes de gr&#232;ve, les interventions des membres de la classe, les piquetages et les occupations d'institutions d'enseignement. Mais au fur et &#224; mesure qu'on couvrait les &#233;v&#233;nements, on s'est vite rendu compte que l'histoire &#233;tait en train de se faire pendant qu'on filmait. Pire qu'elle s'acc&#233;l&#233;rait avec la mont&#233;e et la force du mouvement. On s'est donc mis rapidement en mode hyperactif dans ce climat f&#233;brile, aux aguets et &#224; l'aff&#251;t de la moindre action &#233;tudiante ou polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B ! : Comment avez-vous obtenu la confiance de l'ex&#233;cutif de la classe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Santiago : &lt;/strong&gt; On leur a pr&#233;sent&#233; notre projet et lors de notre rencontre, on a &#233;t&#233; agr&#233;ablement surpris de leurs r&#233;actions. D'abord, il faut dire qu'&#224; la classe le concept de d&#233;mocratie directe n'est pas un concept creux, mais bien une r&#233;alit&#233; qui se vit sur le mode de la transparence, d'o&#249; leur int&#233;r&#234;t &#224; ce que ce soit film&#233; pour en t&#233;moigner. Ensuite, ils &#233;taient enchant&#233;s par notre approche du cin&#233;ma direct qui nous permettrait de porter un regard intime de l'int&#233;rieur de la classe tout au long du conflit. C'est comme si pour eux cin&#233;ma direct et d&#233;mocratie directe allaient de pair : authenticit&#233; de la r&#233;alit&#233;, mais toujours impr&#233;visible... et un peu longuet !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hugo :&lt;/strong&gt; Les membres de la classe qui ont particip&#233; au film savaient tr&#232;s bien dans quoi ils s'embarquaient. Ils avaient confiance en nous et dans ce type de cin&#233;ma-v&#233;rit&#233;. Apr&#232;s quelques semaines d'adaptation r&#233;ciproque, on nous oubliait totalement dans le feu de l'action, d'autant plus qu'on travaillait avec des &#233;quipements HD tr&#232;s l&#233;gers. La complicit&#233; &#233;tant, on pouvait filmer de tr&#232;s pr&#232;s nos personnages sans perturber l'action. On avait une enti&#232;re libert&#233;. La seule fois, o&#249; il nous a &#233;t&#233; interdit de filmer ce fut lors des d&#233;bats sur le respect ou non de la loi sp&#233;ciale 78, et ce pour des raisons juridiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B ! : Comment s'est d&#233;roul&#233; la suite de la production de votre film ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hugo : &lt;/strong&gt; Je dirais que le film s'est d'abord fait instinctivement avec nos faibles ressources financi&#232;res pour se terminer dans l'urgence. On &#233;tait loin de penser qu'on &#233;tait &#224; r&#233;aliser un long m&#233;trage. &#192; la fin f&#233;vrier, apr&#232;s 2 mois de tournage, il est apparu &#233;vident qu'on ne pouvait pas continuer notre projet sans un soutien financier. Et &#231;a pressait d'autant plus que le conflit s'accentuait avec un mouvement &#233;tudiant de plus en plus massif et o&#249; la classe jouait un r&#244;le majeur. On a donc fait des d&#233;marches aupr&#232;s de maisons de production et on a demand&#233; une subvention &#224; la SODEC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Santiago :&lt;/strong&gt; Notre acc&#232;s privil&#233;gi&#233; &#224; la classe nous procurait un avantage ind&#233;niable. On avait capt&#233; des images in&#233;dites de la gen&#232;se du mouvement de gr&#232;ve &#233;tudiant que les autres m&#233;dias n'avaient pas. On &#233;tait les seuls &#224; avoir film&#233; les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, les membres de l'ex&#233;cutif de la classe en action et les premi&#232;res manifestations &#233;tudiantes. De plus, on avait trouv&#233; certains personnages qu'on voulait suivre comme Victoria lors de l'occupation du c&#233;gep du Vieux-Montr&#233;al et Philippe Lapointe qui est apparu lors du piquetage au c&#233;gep St-Laurent. Comme on &#233;tait avanc&#233; dans notre d&#233;marche et que tout le monde voyait que &#231;a devenait gros, on a reformul&#233; et r&#233;ajust&#233; notre projet en peaufinant les grandes lignes &#8211; avec un sc&#233;nario de 90 pages &#8211; et on l'a pr&#233;sent&#233; &#224; la SODEC qui nous a accord&#233; alors une subvention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AB ! : En regard d'un documentaire politique, la subvention de la SODEC avait-elle des conditions ? Avez-vous d&#251; faire des concessions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Santiago :&lt;/strong&gt; Des conditions non. Des concessions, je dirais plut&#244;t des compromis inh&#233;rents &#224; l'institution. C'est in&#233;vitable. Tu le sais qu'&#224; la SODEC, il y a des bar&#232;mes &#224; respecter pour que ton projet de documentaire soit accept&#233; - d'autant plus si c'est un documentaire politique. C'est pourquoi on avait pris soin d'int&#233;grer, d&#232;s le d&#233;but de notre d&#233;marche, les ingr&#233;dients essentiels pour obtenir une subvention, &#224; savoir r&#233;aliser un film d'auteur o&#249; on introduit des personnages dont on suit l'&#233;volution en les abordant sous leurs aspects humains. Le focus doit &#234;tre ax&#233; sur le v&#233;cu r&#233;el et &#233;motionnel des individus selon une facture narrative conventionnelle. La trame humaine autour de certains personnages est essentielle. Tu sais aussi qu'ils veulent des t&#234;tes d'affiche, du GND, des sc&#232;nes sensationnalistes. Cela dit, on a donc fusionn&#233; ou plut&#244;t adapt&#233; notre style de cr&#233;ation avec les imp&#233;ratifs normatifs exig&#233;es par les institutions de diffusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B ! : &#192; quel moment T&#233;l&#233;-Qu&#233;bec est entr&#233; dans le cadre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Santiago : &lt;/strong&gt; Encore l&#224;, c'est un concours de circonstance comme l'&#233;tait la gr&#232;ve &#233;tudiante pour nous. On avait eu du flair, on &#233;tait l&#224; depuis le tout d&#233;but, on poss&#233;dait tous les &#233;l&#233;ments essentiels pour r&#233;aliser un film et comme la gr&#232;ve devenait historique un peu plus chaque jour tous les m&#233;dias officiels &#233;taient affam&#233;s. Tous les diffuseurs t&#233;l&#233; voulaient un film sur la gr&#232;ve &#233;tudiante, surtout T&#233;l&#233;-Qu&#233;bec qui n'a pas de bulletin d'information mais un mandat de traiter l'actualit&#233; et les enjeux sociaux. Comme notre projet &#233;tait fort avanc&#233; et qu'on y pr&#233;sentait de mani&#232;re in&#233;dite le point de vue int&#233;rieur de la classe, T&#233;l&#233;-Qu&#233;bec s'est embarqu&#233; mais en imposant certaines conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hugo : &lt;/strong&gt; L'implication de T&#233;l&#233;-Qu&#233;bec nous a cr&#233;e un sentiment d'urgence et nous a contraint &#224; des choix d&#233;chirants. TQ voulait que le film sorte plus t&#244;t que pr&#233;vu, au mois de mars. Avec 250 heures de mat&#233;riel &#224; traiter au montage, c'&#233;tait impossible, on n'&#233;tait pas assez avanc&#233; pour &#231;a. Trop stressant. De plus TQ exigeait l'exclusivit&#233; de la diffusion avant la projection en salle. On s'est entendu sur la date de sortie (fin ao&#251;t) avec deux versions, une longue pour la projection en salle et une courte pour la t&#233;l&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Santiago :&lt;/strong&gt; Par contre, l'entente avec TQ nous a permis d'engager une monteuse professionnelle, Andr&#233;a Henriquez, qui avait mont&#233; les films de Patricio Henriquez. On &#233;tait enthousiaste d'avoir une 3e personne qui, ayant v&#233;cu la gr&#232;ve de l'ext&#233;rieur, pouvait avec un &#339;il critique et exp&#233;riment&#233; nous apporter un certain recul. On s'est mis d'accord pour travailler un montage de facture plus classique, un montage avec une structure narrative chronologique pour suivre l'enchev&#234;trement complexe et la diversit&#233; des nombreux &#233;v&#233;nements qui se sont succ&#233;d&#233;s 9 mois durant. On a pu b&#233;n&#233;ficier &#233;galement d'une bande sonore travaill&#233;e et enrichie par la musique de Ren&#233; Lussier qui rythme la tension et l'atmosph&#232;re du film. Une de nos insistances au montage &#233;tait le refus d'utiliser une &lt;i&gt;voix off&lt;/i&gt; &#224; des fins narratives. Le film devait se raconter de lui-m&#234;me pendant une heure et demie avec seulement des intertitres au besoin comme compl&#233;ment d'information. L&#224; r&#233;sidait notre d&#233;fi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B ! :&lt;/strong&gt; Quelle est la diff&#233;rence majeure entre les deux versions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hugo :&lt;/strong&gt; Pour la version courte, on a d&#251; enlever plus de 30 minutes. Plusieurs sc&#232;nes qui apportaient des &#233;l&#233;ments relatifs ou critiques au cours du d&#233;roulement des &#233;v&#233;nements ont &#233;t&#233; coup&#233;es au profit de la trame narrative principale. Par exemple, la version longue pr&#233;sente trois types d'occupation : au c&#233;gep du Vieux, au c&#233;gep de St-Laurent et &#224; l'UQAO. La version t&#233;l&#233; ne garde que la premi&#232;re qui fut la plus radicale, enlevant ainsi tout comparatif. On a supprim&#233; des subtilit&#233;s importantes. Que le titre de la version t&#233;l&#233; &lt;i&gt;Carr&#233; rouge&lt;/i&gt; soit amput&#233; de son deuxi&#232;me axiome &#8211;&lt;i&gt; sur fond noir &lt;/i&gt; &#8211; en dit beaucoup sur les concessions faites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B ! : Quelle est la r&#233;action du public apr&#232;s le visionnement du film ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Santiago : &lt;/strong&gt; Aux repr&#233;sentations que nous avons anim&#233;es, le film suscitait &#233;norm&#233;ment de discussions et de d&#233;bats. Souvent l'orientation du d&#233;bat variait selon l'affiliation politique de la majorit&#233; des individus de la salle (soit p&#233;quiste, solidaire, anarchiste ou autre). La perception qui nous importait le plus &#233;tait celle de gens de la classe et de ceux impliqu&#233;s dans le film. Ces derniers ont soulign&#233; unanimement notre souci d'honn&#234;tet&#233; et d'int&#233;grit&#233; &#224; bien repr&#233;senter les faits, les gestes et les propos des protagonistes sans d&#233;formation aucune. De la mani&#232;re que le film a &#233;t&#233; re&#231;u, j'en retiens plusieurs points positifs. D'abord qu'il est possible de faire du film politique d'auteur et, quoi qu'en disent certains critiques, d'en faire une &#339;uvre esth&#233;tique. Il y a des avenues qui s'ouvrent au documentaire, car il y a un public int&#233;ress&#233; aux films politiques. Qu'&#224; titre de documentaire politique et social, notre film remplit bien sa mission en suscitant d&#233;bats et discussions. Finalement, le film &lt;i&gt;Carr&#233; rouge sur fond noir &lt;/i&gt; constitue une trace mat&#233;rielle et vivante de cette gr&#232;ve &#233;tudiante vue de l'int&#233;rieur de la classe, &#233;chappant ainsi &#224; toute d&#233;formation historique et &#224; l'amn&#233;sie de la m&#233;moire du temps. Gr&#226;ce &#224; la r&#233;alisation de ce film, on l&#232;gue pour l'avenir beaucoup d'archives visuelles tra&#231;ant un portrait social d'ensemble de ce que fut ce Printemps &#233;rable au Qu&#233;bec en 2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Luciano Benvenuto&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Retour sur Octobre</title>
		<link>https://www.ababord.org/Retour-sur-Octobre</link>
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		<dc:date>2011-08-19T01:16:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luciano Benvenuto, Monique Moisan, Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Benvenuto, Luciano </dc:subject>
		<dc:subject>Moisan, Monique </dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Figure incontournable du Front de lib&#233;ration du Qu&#233;bec, Paul Rose a &#224; la fois pratiqu&#233;, sous toutes ses formes, la r&#233;sistance politique et affront&#233; la violence du syst&#232;me qu'il d&#233;non&#231;ait. Docteur en sociologie, il est conseiller syndical depuis plusieurs ann&#233;es. Dans cette entrevue exclusive, il revient sur Octobre 1970, sur les r&#233;flexions qu'il en a tir&#233;es et sur son parcours de militant. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; b&#226;bord ! : Tu as cru en l'usage de la force pour avancer des id&#233;es politiques. O&#249; en es-tu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Violence-et-politique-" rel="directory"&gt;Dossier : Violence et politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Controle-repression-et-securite-+" rel="tag"&gt;Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Benvenuto-Luciano-+" rel="tag"&gt;Benvenuto, Luciano &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Moisan-Monique-+" rel="tag"&gt;Moisan, Monique &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1153.gif?1642092122' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1792&#034; height=&#034;1200&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Figure incontournable du Front de lib&#233;ration du Qu&#233;bec, Paul Rose a &#224; la fois pratiqu&#233;, sous toutes ses formes, la r&#233;sistance politique et affront&#233; la violence du syst&#232;me qu'il d&#233;non&#231;ait. Docteur en sociologie, il est conseiller syndical depuis plusieurs ann&#233;es. Dans cette entrevue exclusive, il revient sur Octobre 1970, sur les r&#233;flexions qu'il en a tir&#233;es et sur son parcours de militant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#192; b&#226;bord ! : Tu as cru en l'usage de la force pour avancer des id&#233;es politiques. O&#249; en es-tu maintenant dans tes r&#233;flexions &#224; ce sujet ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paul Rose&#8194;&lt;/strong&gt; : Je n'ai pas cru en la violence comme telle. Nous y avons &#233;t&#233; amen&#233;s. La violence n'est jamais et ne pourra jamais, au plan r&#233;volutionnaire du moins, &#234;tre un objectif en soi, ce n'est m&#234;me pas une intention lointaine. C'est essentiellement le r&#233;sultat d'une situation politique bloqu&#233;e, d'une absence de d&#233;mocratie ou de sa suspension. Toutes les soci&#233;t&#233;s de m&#234;me que leur &#233;volution sociale sont fond&#233;es sur des rapports de force. Lorsque ces rapports sociaux sont bloqu&#233;s, notamment au plan de l'expression politique, c'est l&#224; qu'on voit appara&#238;tre des mouvements r&#233;volutionnaires. Vers la fin des ann&#233;es 1960, comme bien d'autres nous faisions partie de groupements de jeunes, de travailleurs et d'&#233;tudiants. Nous &#233;tions impliqu&#233;s dans plusieurs groupes communautaires et politiques, notamment le CIS (Comit&#233; ind&#233;pendance socialiste) et le FLP (Front de lib&#233;ration populaire). Comme activit&#233;s politiques, on organisait et on participait &#224; des manifestations &#8211; dans ces ann&#233;es-l&#224;, il y en avait au moins une par mois ! Ce travail de politisation s'est fait intens&#233;ment de 1968 &#224; 1970. C'&#233;tait la p&#233;riode o&#249;, pour la premi&#232;re fois, un aussi grand nombre de jeunes dipl&#244;m&#233;s sortaient des universit&#233;s qu&#233;b&#233;coises, gr&#226;ce &#224; une plus grande accessibilit&#233; aux &#233;tudes au d&#233;but des ann&#233;es 1960. Ils revenaient dans leurs milieux d'origine &#8211; souvent ouvriers &#8211; avec leur formation de m&#233;decin, d'avocat, de travailleur social, de sociologue, de politologue, de th&#233;ologien de la lib&#233;ration... Ils ont cr&#233;&#233; ou se sont int&#233;gr&#233;s aux groupes populaires et communautaires naissants, et &#231;a, dans toutes les r&#233;gions du Qu&#233;bec. Ces jeunes adultes, pour la plupart, sont devenus des revendicateurs populaires avertis, inform&#233;s, participatifs et qui surtout n'avaient pas peur de mettre l'&#233;paule &#224; la roue. Ce n'&#233;tait peut-&#234;tre pas suffisant, diront certains, pour construire un pays libre &#233;mancip&#233; et &#233;galitaire, mais c'&#233;tait un sacr&#233; bon d&#233;but ! En tout cas jusqu'au printemps et &#224; l'automne 1969...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#192;B ! : Qu'est-ce qui vous a pouss&#233;s &#224; la clandestinit&#233; ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P.R.&lt;/strong&gt; : C'est en 1969 que la r&#233;pression politique s'est intensifi&#233;e, et ce, de la part des trois niveaux de gouvernement : f&#233;d&#233;ral, provincial et municipal. &#192; cette &#233;poque, plusieurs mandats d'arrestation ont &#233;t&#233; &#233;mis contre les leaders de ces groupes populaires et plusieurs ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s sous l'accusation vague et pr&#233;texte de &#171; conspiration s&#233;ditieuse &#187;. &#192; force de perquisitions et de descentes, d&#233;vastatrices dans les groupes populaires (locaux vid&#233;s &lt;i&gt;manu militari&lt;/i&gt;, fiches utilitaires r&#233;pandues sur les trottoirs), les autorit&#233;s politiques ont r&#233;ussi &#224; freiner la mont&#233;e d'un mouvement significatif de la jeunesse en neutralisant plusieurs de ces organisations d&#233;mocratiques de base. En novembre 1969, le maire Drapeau fait adopter un r&#232;glement anti-manifestation &#224; Montr&#233;al, qui fut repris dans diff&#233;rentes villes du Qu&#233;bec. Du fait, les militants, dont nous &#233;tions, &#233;taient priv&#233;s de l'information de la rue qui &#233;tait tr&#232;s importante pour nous dans cette &#233;poque d'agitation politique, car nous n'avions aucun acc&#232;s aux m&#233;dias &#224; large diffusion, tous entre les mains de grands propri&#233;taires ou de l'&#201;tat. En 1968 et 1969, les conflits ouvriers et la question nationale &#233;taient &#224; l'ordre du jour, pratiquement par les seules voies de l'asphalte. Les &#233;v&#233;nements s'encha&#238;naient : la fusillade contre les manifestants de Murray Hill lors de la gr&#232;ve des chauffeurs de taxi, la gr&#232;ve des policiers de Montr&#233;al, les manifs contre le Bill 63 minorisant le fran&#231;ais et officialisant le libre-choix de la langue, McGill fran&#231;ais, l'occupation de Sir-George-William (Concordia), le coup fourr&#233; de la Brinks pervertissant le peu de cr&#233;dibilit&#233; qui restait au processus &#233;lectoral, enfin l'incendie de la Maison du p&#234;cheur &#224; Perc&#233;&#8230; Dans ce contexte o&#249; les autorit&#233;s &#233;tendaient leur contr&#244;le, il nous &#233;tait devenu tr&#232;s difficile de fonctionner. C'est ainsi que nous avons &#233;t&#233; pouss&#233;s &#224; la clandestinit&#233;, puisqu'on ne pouvait plus faire d'action politique ouvertement ! Le blocage des seules voies d&#233;mocratiques qui nous restaient (rue interdite, groupes d&#233;stabilis&#233;s, mandats d'arr&#234;t contre leurs leaders, incendie criminel, &#233;lections entach&#233;es, etc.) nous a conduits &#224; des actions plus ponctuelles, plus radicales aussi, ce qui nous a peu &#224; peu amen&#233;s aux &#233;v&#233;nements d'octobre. Ce n'&#233;tait donc pas un premier choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait le choix d'aller planter nos tomates ou de continuer la lutte sous des formes diff&#233;rentes, nouvelles. C'&#233;tait notre perception des faits. Moralement nous ne pouvions pas faire autrement, nous &#233;tions d&#233;j&#224; engag&#233;s &#224; fond. Certaines personnes pourront &#234;tre en d&#233;saccord, nous respections leur point de vue, surtout chez les militants. &#192; l'&#233;poque, il n'existait pas au Qu&#233;bec de parti de gauche large disposant d'une longue tradition de luttes, un parti bien structur&#233;, capable de porter l'essentiel des revendications de la jeunesse militante et en mesure de s'opposer publiquement et efficacement &#224; la vague de r&#233;pression qui s&#233;vissait tout en maintenant des liens solides &#224; l'&#233;tranger. C'&#233;tait pour nous un grand vide que ce manque de liens concrets, nous qui connaissions tout ce qui se passait ailleurs (la d&#233;colonisation, les luttes contre les dictatures en Am&#233;rique latine, le mouvement anti-guerre au Vietnam, le Fatah en Palestine, le parti Sinn F&#233;in en Irlande, la r&#233;volte des Noirs aux &#201;tats-Unis, l'Apartheid&#8230;) et qui nous situions dans un contexte plus large de solidarit&#233; avec les autres peuples en lutte. Voil&#224; pourquoi, &#224; ma sortie de prison, j'ai travaill&#233; avec d'autres &#224; forger ce maillon manquant au Qu&#233;bec : un large parti ind&#233;pendantiste de gauche &#224; l'&#233;tendue du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#192;B ! : Comment en &#234;tes-vous venus &#224; la r&#233;daction des communiqu&#233;s et du Manifeste du FLQ ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P.R.&lt;/strong&gt; : Nous n'avions aucune visibilit&#233; dans les m&#233;dias dits de masse. Nous avons donc &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; cr&#233;er nos modes de communication, &#224; travers nos manifestations mensuelles &#8211; sur des causes vari&#233;es, la gr&#232;ve chez Seven Up, contre la pharmaceutique Ayers. Dans ces rassemblements, on se parlait. Les m&#233;dias couvraient les manifestations, mais plus souvent qu'autrement de fa&#231;on &#224; les discr&#233;diter. D&#232;s qu'il fut interdit de manifester, on a d&#251; penser autrement, d'o&#249; l'id&#233;e du Manifeste du FLQ, r&#233;dig&#233; en majeure partie par un militant incarc&#233;r&#233; avant et pendant les &#233;v&#233;nements d'Octobre. Ce Manifeste ainsi que nos communiqu&#233;s ont &#233;t&#233; lus sur les ondes. La t&#233;l&#233;vision d'&#201;tat n'avait plus le choix de le lire, d'autant plus que les radios se concurren&#231;aient &#224; savoir qui aurait la primeur du jour. Notre projet &#233;tait en fait beaucoup plus m&#233;diatique qu'orient&#233; pour prendre le pouvoir. La lecture du Manifeste &#224; la t&#233;l&#233;vision d'&#201;tat (Radio-Canada) a &#233;t&#233; capitale pour percer le mur des autres m&#233;dias et pour faire ainsi conna&#238;tre nos revendications politiques. D&#232;s l'&#233;t&#233; 1970, le communiqu&#233; no 1, adopt&#233; par l'ensemble des membres, mettait l'accent sur la double r&#233;alit&#233; de la domination du Qu&#233;bec : coloniale (histoire) et &#233;conomique (imp&#233;rialisme). D'o&#249; la pr&#233;paration d'un double enl&#232;vement : un Britannique et un Am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nombreux communiqu&#233;s cherchaient essentiellement &#224; sensibiliser la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise &#224; un mouvement vers l'ind&#233;pendance qui soit v&#233;ritablement lib&#233;rateur. Nous parlions d'un projet d'&#233;mancipation sociale et culturelle. Outre le Manifeste, nous demandions l'embauche des gars de Lapalme cong&#233;di&#233;s par Trudeau et la lib&#233;ration des prisonniers politiques qui historiquement s'&#233;taient battus, qu'on soit d'accord ou non avec eux. Prenez Pierre-Paul Geoffroy : il a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; 124 fois la perp&#233;tuit&#233;. On voit tout de suite derri&#232;re l'absurdit&#233; d'une telle sentence l'intention de discr&#233;diter une cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#192;B ! : Comment fonctionniez-vous au sein du FLQ, dans la prise de d&#233;cision ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P.R.&lt;/strong&gt; : &#192; l'int&#233;rieur du FLQ-70, on fonctionnait de mani&#232;re d&#233;mocratique : les d&#233;cisions et les actions &#233;taient planifi&#233;es et soumises au vote. Au niveau strat&#233;gique, au plan de l'action, il nous fallait par contre rem&#233;dier au manque de communication entre cellules qui pouvait pousser &#224; l'isolement. Comment &#233;tablir un contact entre elles tout en garantissant la s&#233;curit&#233; dans l'action ? Nous en sommes arriv&#233;s &#224; ce que j'appellerais aujourd'hui la &#171; cellule &#224; mandat &#187;. On fonctionnait tous ensemble et on d&#233;terminait &#224; un moment donn&#233; un &#171; mandat &#187;. Les personnes qui prenaient le &#171; mandat &#187; devenaient une nouvelle cellule. Cette cellule se coupait du reste du groupe, ses membres prenaient de nouveaux noms, louaient un local dont le lieu demeurait inconnu des autres. Lorsque le &#171; mandat &#187; &#233;tait compl&#233;t&#233;, ils rejoignaient l'ensemble du groupe. Ce genre de formule permettait d'allier &#224; la fois l'efficacit&#233; de la clandestinit&#233; totale &#224; la n&#233;cessit&#233; de ne pas s'isoler d&#233;finitivement et d'&#233;viter de fonctionner en vase clos sans d&#233;bats comme des &#233;lectrons libres. On &#233;tait engag&#233;s &#233;motionnellement, politiquement, rationnellement &#224; la sueur de notre front. La surveillance de Parthenais et du poste de la rue Hochelaga, c'&#233;tait un mandat. La &#171; prison du peuple &#187; &#224; Ste-Anne de la Rochelle, &#231;a c'&#233;tait un mandat pas mal plus large. Comme la salle de d&#233;bat dans l'arri&#232;re-boutique du quartier St-Antoine. Les caches garde-robes c'&#233;tait planifi&#233; ! &#192; St-Luc, le tunnel, on y avait r&#233;fl&#233;chi longuement. Comme &#224; bien d'autres choses d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#192;B ! : Quelle est la diff&#233;rence entre la loi anti-manifestation de Drapeau en 1969 et ce qui s'est pass&#233; l'&#233;t&#233; dernier &#224; Toronto au G20 ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P.R.&lt;/strong&gt; : C'est exactement et toujours la m&#234;me nature de violence politique d'&#201;tat, le racisme anti-Qu&#233;bec en plus. Pourquoi avoir arr&#234;t&#233; autant de gens ? Pourquoi aller massacrer, diaboliser, l'id&#233;al de toute une jeunesse ? O&#249; est la logique ? Au Sommet des Am&#233;riques, les organisateurs avaient fait un peu la m&#234;me chose, mais en moins &#233;pais. Pourquoi refuser d'entendre toute une jeunesse qui s'implique ? Tu n'es pas d'accord avec eux, OK. Mais ils sont la population de demain et ils s'engagent politiquement. Pourquoi essayer d'&#233;radiquer la dissidence, et &#224; un degr&#233; encore plus &#233;lev&#233; quand elle vient de la jeunesse ? &#199;a c'est une attitude du pouvoir que, fonci&#232;rement, je n'ai jamais comprise... ni accept&#233;e ! Quand tu le vis, tu le ressens vraiment comme une violence qu'on te fait directement. Tu ne peux pas avoir d'id&#233;es politiques, tu ne peux pas avoir des projets &#233;mancipateurs ni de perspectives. Pour ce type de pouvoir de l'absolu, vous ne pouvez &#234;tre au mieux que des &#171; casseurs &#187;, sinon des gens criminalis&#233;s qu'on n'ose pas encore appeler ainsi, mais au grand jamais des personnes qui revendiquent des changements sociaux profonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste donc &#224; une nouvelle mont&#233;e de l'intol&#233;rance du pouvoir politique qui panique au point de refuser d'entendre toute une mouvance, une jeunesse agissante et pensante qui utilise des moyens d&#233;mocratiques et l&#233;gaux. Ou du moins tant que ces moyens ne seront pas d&#233;clar&#233;s interdits sinon ill&#233;gaux ! Les droits d&#233;mocratiques, ce n'est pas seulement &#234;tre d'accord, c'est aussi &#234;tre en d&#233;saccord. C'est &#231;a la d&#233;mocratie : que les &#171; pour &#187; comme les &#171; contre &#187; puissent se faire entendre. Ce n'est pas juste la libert&#233; de penser : &#231;a c'est la d&#233;mocratie formelle, la d&#233;mocratie de papier qu'on d&#233;non&#231;ait d&#232;s les ann&#233;es 1970. La vraie d&#233;mocratie, c'est aussi de se faire entendre r&#233;ellement, largement dans la rue, comme dans tous les espaces civils, comme dans les m&#233;dias publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#192;B ! : Comment se sont d&#233;roul&#233;es tes 12 ann&#233;es d'emprisonnement&#8194;et quel a &#233;t&#233; ton cheminement de militant pendant cette p&#233;riode ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P.R.&lt;/strong&gt; : Apr&#232;s deux ann&#233;es de d&#233;tention en isolement total, on nous a int&#233;gr&#233;s &#224; la population carc&#233;rale. La prison c'est un univers en soi et le milieu carc&#233;ral une mini-soci&#233;t&#233; ferm&#233;e avec sa structure de pouvoir, sa hi&#233;rarchie, ses r&#232;gles. Ton espace d'action est restreint et tes moyens pour agir sont pour le moins limit&#233;s. Bien s&#251;r, il y a d'un c&#244;t&#233; les gardiens et de l'autre les d&#233;tenus parmi lesquels on retrouvait une minorit&#233; de gros bras qui collaboraient avec le syst&#232;me. On s'est aper&#231;u rapidement que la majorit&#233; des d&#233;tenus &#233;taient en prison pour des crimes &#233;conomiques envers la propri&#233;t&#233; et que la plupart provenaient des quartiers populaires. On a d&#233;cid&#233; de militer pour am&#233;liorer les conditions de d&#233;tention dans les p&#233;nitenciers. On a travaill&#233; avec la grande masse des d&#233;tenus, ceux qu'on appelait les &#171; prisonniers &#233;conomiques &#187;, pour faire des gr&#232;ves au Vieux Pen de St-Vincent-de-Paul et &#224; Archambault en 1976-1977. Des mois de gr&#232;ve et plusieurs revendications : le droit de suivre des cours, d'alphab&#233;tisation (plusieurs ne sachant ni lire ni &#233;crire) jusqu'&#224; l'universit&#233;, le droit aux visites-contact avec les proches, le droit de vote... Ensuite, la revendication de la double activit&#233;, c'est-&#224;-dire la possibilit&#233;, pendant les courtes p&#233;riodes de d&#233;tente hors cellule, de tenir deux activit&#233;s diff&#233;rentes dans deux lieux distincts. Exemple : un espace int&#233;rieur pour la t&#233;l&#233;, les jeux et un espace ext&#233;rieur pour la course, le sport... De dehors, &#231;a peut avoir l'air de rien, mais &#231;a r&#233;glait un s&#233;rieux probl&#232;me de tension entre d&#233;tenus. M&#234;me si les deux lieux &#233;taient restreints, au moins la p&#233;riode frustrante du choix unique &#233;tait r&#233;volue. Maintenant, avec la t&#233;l&#233; en cellule... pour le syst&#232;me, c'est parfait, personne ne sort plus de sa cellule. N&#233;anmoins, ce furent des grosses batailles collectives et certains de ces gains perdurent encore. Moi &#231;a m'a amen&#233; au trou &#224; quelques reprises, mon fr&#232;re Jacques aussi, de m&#234;me que Pierre-Paul Geoffroy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ma sortie de prison, une de mes premi&#232;res actions a &#233;t&#233; de travailler avec d'autres &#224; la construction d'un parti politique de gauche. D'abord il y a eu le Mouvement progressiste et plus tard le Parti de la d&#233;mocratie socialiste (PDS) &#8211; dont j'&#233;tais &#224; la t&#234;te aux &#233;lections de 1998 o&#249; nous avons pr&#233;sent&#233; 97 candidats. Puis l'Union des forces progressistes (UFP) et maintenant Qu&#233;bec solidaire (QS). Ce n'est pas rien qu'en moins de 10 ans toutes les tendances de la gauche qu&#233;b&#233;coise, en grande partie ind&#233;pendantiste, aient r&#233;ussi &#224; s'unifier dans un parti de masse, d&#233;mocratique et pragmatique et que QS ait un d&#233;put&#233; &#233;lu &#224; l'Assembl&#233;e nationale. C'est un pas de g&#233;ant dans l'&#233;volution politique du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#192;B ! : Concernant l'ind&#233;pendance, le premier mandat du PQ (1976-1980) et le r&#233;f&#233;rendum : &#233;tais-tu satisfait ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P.R.&lt;/strong&gt; : Non, parce qu'ils ont men&#233; &#231;a comme une simple campagne &#233;lectorale, alors que c'&#233;tait un r&#233;f&#233;rendum sur un choix de pays. Et ils ont fait le r&#233;f&#233;rendum &#224; la fin de leur mandat, alors qu'ils ont refus&#233; m&#234;me d'en parler pendant trois ans emp&#234;chant ainsi tout d&#233;veloppement d'une sensibilisation et d'une politisation larges de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise. Comment se surprendre, dans de telles conditions, de la quadrature du cercle de la question pos&#233;e en 1980 ! Une question r&#233;f&#233;rendaire sans allure, comme on dirait chez-nous, et qui ne faisait pas de sens pour la majorit&#233; du monde ordinaire sinon de r&#233;v&#233;ler au grand jour la panique des suppos&#233;s leaders de l'ind&#233;pendance &#8211; pardon de la souverainet&#233;-association ! On ratatinait m&#234;me la chose &#224; une simple procuration &#8211; du langage d'avocats maniganceux ! Pas tr&#232;s engageant pour faire et b&#226;tir un pays ! Une campagne de 30 jours de slogans creux sur un enjeu aussi crucial, c'&#233;tait facile pour Trudeau d'intervenir avec un coup fumant et de renverser la vapeur sur un coin de table. Au cours du deuxi&#232;me r&#233;f&#233;rendum, avec l'arriv&#233;e de Bouchard, la chose, sous le m&#234;me mod&#232;le de campagne courte, a pu &#234;tre ramen&#233;e facilement &#224; une simple affaire constitutionnelle. Sans parler du vain appel aux capitalistes par le PQ &#8211; et son d&#233;laissement des classes populaires &#8211; comme si l'ind&#233;pendance au Qu&#233;bec pouvait se faire &#224; droite, avec des poss&#233;dants qui chercheront toujours &#224; ratatiner vers l'&#201;tat Z&#233;ro &#8211; sauf pour la r&#233;pression politique &#8211; et &#224; reporter aux calendes grecques toute vell&#233;it&#233; d'&#233;mancipation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#192;B ! : Quelle voie l'ind&#233;pendance peut-elle emprunter aujourd'hui ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P. R.&lt;/strong&gt; : Je pense qu'il faut revenir au sens profond d'un v&#233;ritable projet d'&#233;mancipation sociale, d'un projet lib&#233;rateur. Le projet initial de lib&#233;ration nationale et d'&#233;mancipation sociale &#233;tait un projet o&#249; ces deux aspects &#233;taient intimement li&#233;s. La souverainet&#233;, c'est beaucoup plus qu'une simple d&#233;claration &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Il nous faut d&#233;passer les aspects purement constitutionnels. Tout nous le d&#233;montre : comment peut-on arriver &#224; l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec, &#224; un projet lib&#233;rateur aux plans social, &#233;conomique, environnemental et culturel, sans une r&#233;appropriation de nos pouvoirs politiques ? Faire l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec, c'est aller &#224; contre-courant de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale et en limiter le pouvoir, c'est r&#233;tablir l'&#201;tat dans une position de d&#233;cision, de d&#233;veloppement collectif du bien commun. Sans revenir &#224; l'&#233;poque o&#249; il s'agissait simplement d'&#201;tats nationaux, mais pour cr&#233;er une mondialisation des solidarit&#233;s, pour recr&#233;er un espace o&#249; les gens puissent se reprendre en main. Il faut revenir &#224; l'essentiel, il faut que le projet mis de l'avant en soit vraiment un d'&#233;mancipation nationale et sociale. Sinon, on retombe dans la m&#234;me schizophr&#233;nie qu'au milieu des ann&#233;es 1970 avec les mouvements dits &#171; m.l. &#187;. Mais il ne faudrait pas non plus refaire &lt;i&gt;ad nauseam&lt;/i&gt; l'erreur du PQ, qui s'en est tenu et ne s'en tient toujours qu'&#224; une perspective &#171; nationale nominale &#187;. Il faut au contraire continuer d'y mettre le contenu qui lui appartient en propre, c'est-&#224;-dire un projet de soci&#233;t&#233; lib&#233;rateur pour les classes populaires. Pas de v&#233;ritable ind&#233;pendance sans &#233;mancipation sociale. Et pas de vraie &#233;mancipation sociale avec dans le d&#233;cor une domination nationale qui tra&#238;ne. Au Qu&#233;bec, le r&#232;glement populaire des deux questions est fonci&#232;rement li&#233;. Et &#231;a va prendre un minimum d'audace et de courage politique &#224; gauche pour y arriver.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Violence et politique</title>
		<link>https://www.ababord.org/Violence-et-politique</link>
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		<dc:date>2010-10-06T14:39:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luciano Benvenuto, Monique Moisan, Ricardo Pe&#241;afiel, Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Benvenuto, Luciano </dc:subject>
		<dc:subject>Moisan, Monique </dc:subject>
		<dc:subject>Pe&#241;afiel, Ricardo</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a 40 ans, le gouvernement Trudeau d&#233;cr&#233;tait la Loi des mesures de guerre, en temps de paix, invoquant l'insurrection &#171; appr&#233;hend&#233;e &#187; d'une population refusant pourtant massivement les m&#233;thodes insurrectionnelles des felquistes ; il y a 20 ans, l'arm&#233;e d&#233;barquait &#224; Oka pour d&#233;manteler des barricades de Mohawks voulant emp&#234;cher la construction d'un terrain de golf sur un cimeti&#232;re ancestral et dans une des rares for&#234;ts centenaires de la r&#233;gion ; il y a quelques mois, les forces de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Moisan-Monique-+" rel="tag"&gt;Moisan, Monique &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Penafiel-Ricardo-+" rel="tag"&gt;Pe&#241;afiel, Ricardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Conflits-droits-humains-et-+" rel="tag"&gt;Conflits, droits humains et impunit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1059.gif?1642092117' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1153&#034; height=&#034;1146&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a 40 ans, le gouvernement Trudeau d&#233;cr&#233;tait la Loi des mesures de guerre, en temps de paix, invoquant l'insurrection &#171; appr&#233;hend&#233;e &#187; d'une population refusant pourtant massivement les m&#233;thodes insurrectionnelles des felquistes ; il y a 20 ans, l'arm&#233;e d&#233;barquait &#224; Oka pour d&#233;manteler des barricades de Mohawks voulant emp&#234;cher la construction d'un terrain de golf sur un cimeti&#232;re ancestral et dans une des rares for&#234;ts centenaires de la r&#233;gion ; il y a quelques mois, les forces de &#171; l'ordre &#187; proc&#233;daient dans l'arbitraire le plus total &#224; la plus grande arrestation de masse de l'histoire du Canada pour une nouvelle menace &#171; appr&#233;hend&#233;e &#187;, provenant d'une population qui ne commettait aucun autre crime que celui d'exercer le droit de manifester.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;mesures d'exception&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques exemples embl&#233;matiques d'un usage d&#233;mesur&#233; de la force contre des menaces imaginaires ne sont malheureusement pas exceptionnels et encore moins propres au Qu&#233;bec. Pratiquement toutes les avanc&#233;es de ce qui deviendra post&#233;rieurement des droits se sont d'abord sold&#233;es par des massacres, des arrestations massives ou l'interdiction des partis ou des mouvements qui les soutenaient. Pensons, simplement, au droit de syndicalisation et &#224; la journ&#233;e de 8 heures qui ont connu une lutte pluris&#233;culaire, comportant son lot de sanglantes r&#233;pressions, avant de devenir des droits internationalement reconnus (bien que pas toujours respect&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dissidence, s&#233;dition et r&#233;pression&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien que les actions violentes et ill&#233;gales pos&#233;es par les felquistes il y a 40 ans semblaient justifier des mesures d'exception, leur application de mani&#232;re indiscrimin&#233;e &#224; quiconque avait un profil gauchisant a fourni certains indices sur la nature de la &#171; menace &#187; qui &#233;tait combattue : celle-ci venait moins de quelques dizaines d'extr&#233;mistes que du mouvement ind&#233;pendantiste (syndical, communautaire, socialiste, etc.) dans son ensemble. De m&#234;me que quelques graffitis, vitrines cass&#233;es et voitures de police incendi&#233;es (&#171; n&#233;gligemment &#187; laiss&#233;es sur place sans surveillance), ne peuvent justifier l'arrestation massive de pr&#232;s d'un millier de citoyens manifestant pacifiquement. Pas plus que n'&#233;tait justifi&#233; le d&#233;ploiement de la S&#251;ret&#233; du Qu&#233;bec contre des Mohawks manifestant leur l&#233;gitime opposition &#224; un ignoble projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, l'ill&#233;galit&#233; de certains actes ne suffit pas &#224; justifier les mobiles qui se manifestent dans la d&#233;mesure r&#233;pressive, raflant sur son passage toute forme de dissidence. Dans les deux premiers cas (Octobre 70 et Oka), on peut toujours argumenter que l'&#201;tat ne faisait que r&#233;agir devant la menace &#224; l'une de ses pr&#233;rogatives de base (le monopole de la violence l&#233;gitime) par des groupes arm&#233;s politiquement organis&#233;s. Par contre, dans le troisi&#232;me cas (celui des pseudos &#233;meutes de Toronto), c'est moins la &#171; violence &#187; que la &#171; l&#233;gitimit&#233; &#187; de l'&#201;tat qui est mise en jeu &#8211; non seulement celle de l'&#201;tat canadien mais &#233;galement celle des &#201;tats du G8 ou du G20 &#8211; &#224; gouverner l'humanit&#233; enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Violences l&#233;gitime, structurelle et symbolique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En fait, c'est toujours la l&#233;gitimit&#233; qui est au c&#339;ur des situations exceptionnelles. La violence politiquement organis&#233;e n'est qu'un des moyens permettant &#224; un groupe de devenir &#171; imm&#233;diatement &#187; un acteur politique (antagoniste, contre-h&#233;g&#233;monique) central. C'est aussi le plus superficiel &#8211; puisqu'il f&#233;tichise la violence &#8211; et le plus risqu&#233; &#8211; puisqu'il &#171; justifie &#187; d'autant plus ais&#233;ment l'usage &#171; l&#233;gitime &#187; de la violence &#233;tatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup plus profondes et p&#233;rennes sont les actions qui d&#233;voilent et combattent la violence structurelle d'un syst&#232;me &#233;conomique mondial qui carbure &#224; l'exclusion et &#224; l'exploitation (de l'humain autant que de la nature) ou qui s'attaquent aux violences symboliques &#8211; aux effets bien r&#233;els &#8211; de la discrimination, du sexisme, du racisme, de la haine de classe, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence exerc&#233;e par l'&#201;tat contre ce type de luttes, pourtant &#171; pacifistes &#187; (ou du moins non arm&#233;es), est &#224; la mesure de la &#171; menace &#187; que repr&#233;sente l'organisation autonome de la soci&#233;t&#233; sur d'autres bases que celles du statu quo (et souvent en opposition &#224; celui-ci). Pour que la violence &#233;tatique exerc&#233;e contre ses propres citoyens paraisse l&#233;gitime, il est n&#233;cessaire de les accuser d'&#234;tre violents. C'est ainsi qu'on peut obtenir l'approbation des deux tiers des Canadiens pour des actes r&#233;pressifs violant la Constitution autant que la Charte des droits, comme dans les trois cas mentionn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, entre violence et politique se tissent des liens interconstitutifs qui font en sorte que l'analyse de l'un nous conduit &#224; l'&#233;lucidation de l'autre. C'est ce que nous tenterons de faire dans les pages qui suivent &#224; la lumi&#232;re des cas des plus patents de violence politique au Qu&#233;bec comme ailleurs dans le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dossier coordonn&#233; par Luciano Benvenuto, Monique Moisan, Ricardo Pe&#241;afiel et Claude Vaillancourt&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une d&#233;cennie</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-decennie</link>
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		<dc:date>2010-02-15T15:38:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Normand Baillargeon, Luciano Benvenuto, L&#233;a Fontaine, Monique Moisan, Ricardo Pe&#241;afiel, Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Baillargeon, Normand </dc:subject>
		<dc:subject>Benvenuto, Luciano </dc:subject>
		<dc:subject>Moisan, Monique </dc:subject>
		<dc:subject>Pe&#241;afiel, Ricardo</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Editoriaux</dc:subject>
		<dc:subject>Fontaine, L&#233;a</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au terme de cette premie&#768;re de&#769;cennie des anne&#769;es 2000, quelques membres du collectif de re&#769;daction ont releve&#769; trois bons coups et un espoir pour la gauche et les mouvements sociaux au Que&#769;bec et ailleurs dans le monde. &lt;br class='autobr' /&gt; 1. La b&#234;te est en pleine lumi&#232;re. Amorc&#233; de belle fa&#231;on en 1999, &#224; Seattle, un large mouvement de protestation contre la globalisation de l'&#233;conomie n'a cess&#233; de prendre de l'ampleur tout au long de la d&#233;cennie et contribu&#233; &#224; mettre en pleine lumi&#232;re les institutions qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-33-fevrier-mars-2010-" rel="directory"&gt;No 033 - f&#233;vrier / mars 2010&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Baillargeon-Normand-+" rel="tag"&gt;Baillargeon, Normand &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Benvenuto-Luciano-+" rel="tag"&gt;Benvenuto, Luciano &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Moisan-Monique-+" rel="tag"&gt;Moisan, Monique &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Penafiel-Ricardo-+" rel="tag"&gt;Pe&#241;afiel, Ricardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Editoriaux-+" rel="tag"&gt;Editoriaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fontaine-Lea-+" rel="tag"&gt;Fontaine, L&#233;a&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au terme de cette premie&#768;re de&#769;cennie des anne&#769;es 2000, quelques membres du collectif de re&#769;daction ont releve&#769; trois bons coups et un espoir pour la gauche et les mouvements sociaux au Que&#769;bec et ailleurs dans le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.&lt;/strong&gt; La b&#234;te est en pleine lumi&#232;re. Amorc&#233; de belle fa&#231;on en 1999, &#224; Seattle, un large mouvement de protestation contre la globalisation de l'&#233;conomie n'a cess&#233; de prendre de l'ampleur tout au long de la d&#233;cennie et contribu&#233; &#224; mettre en pleine lumi&#232;re les institutions qui travaillaient dans l'ombre, et &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire, au service des int&#233;r&#234;ts dominants (FMI, OCDE, Banque mondiale, notamment). On en r&#233;colte aujourd'hui les fruits, dans les Forums sociaux et mille autres lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt; L'&#233;cologie est devenue une r&#233;elle pr&#233;occupation, &#224; tout le moins dans le grand public et dans les mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.&lt;/strong&gt; Dans la conversation d&#233;mocratique, Internet et les nouveaux moyens de communication apportent un indispensable contrepoids aux m&#233;dias traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un espoir :&lt;/strong&gt; Nous manquons encore et toujours cruellement de mod&#232;les &#233;conomiques alternatifs cr&#233;dibles capables d'inspirer des pratiques qui traceraient la voie vers de nouvelles mani&#232;res de produire, de consommer et d'allouer des ressources de mani&#232;re &#233;quitable, solidaire, autog&#233;r&#233;e, &#233;cologique, tout en offrant une r&#233;elle diversit&#233; de biens et services. Au travail !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Normand Baillargeon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
* * *&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.&lt;/strong&gt; Les forums sociaux. Qu'ils soient r&#233;gionaux ou mondiaux, les forums sociaux ont form&#233; un vaste mouvement de r&#233;sistance et permis d'&#233;laborer et de diffuser un solide contre-discours &#224; la pens&#233;e unique n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt; L'effondrement de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) : l'&#233;chec des n&#233;gociations &#224; l'OMC a fait la preuve que concevoir un vaste march&#233; mondial sans aucune contrainte, et dans lequel tout serait &#224; vendre, n'&#233;tait que pure folie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.&lt;/strong&gt; La d&#233;monstration flagrante que la d&#233;r&#233;glementation m&#232;ne &#224; des cataclysmes en s&#233;rie. Dommage que cela se soit produit au d&#233;triment de millions et de millions de pauvres qui paieront encore longtemps pour tant d'irresponsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un espoir :&lt;/strong&gt; Que les banquiers, chefs d'&#201;tat, grands patrons, &#233;conomistes enr&#233;giment&#233;s et autres obs&#233;d&#233;s du profit &#224; tout prix aient peur des d&#233;sordres qu'ils cr&#233;ent et qu'ils soient condamn&#233;s &#224; faire un stage de deux ans dans une des zones sinistr&#233;es que leurs politiques ont fait prolif&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Vaillancourt&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* * *&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.&lt;/strong&gt; L'int&#233;gration des dispositions concernant le harc&#232;lement psychologique dans la Loi sur les normes du travail. L'employeur doit veiller &#224; ce que ses salari&#233;Es ne subissent pas de conduites vexatoires portant atteinte &#224; leur dignit&#233; ou &#224; leur int&#233;grit&#233; physique ou psychologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt; La cr&#233;ation du R&#233;gime qu&#233;b&#233;cois d'assurance parentale permet aux travailleuses et travailleurs &#8211; salari&#233;s ou autonomes &#8211; de concilier leurs responsabilit&#233;s professionnelles et familiales gr&#226;ce au versement de prestations pendant leur cong&#233; de maternit&#233;, de paternit&#233;, parental ou d'adoption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.&lt;/strong&gt; Les travailleuses et travailleurs de Walmart Jonqui&#232;re pour avoir amen&#233; devant la Cour supr&#234;me du Canada la question de la fermeture anti- syndicale de leur magasin. &#201;videmment, la d&#233;cision de la Cour est extr&#234;mement d&#233;cevante, voire d&#233;primante, mais leur d&#233;termination permettra de faire &#233;voluer le d&#233;bat sur le respect de la libert&#233; d'association au Qu&#233;bec et inspirera d'autres citoyennes et citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un espoir :&lt;/strong&gt; Que la Loi visant &#224; lutter contre la pauvret&#233; et l'exclusion sociale en soit vraiment une ! En d'autres mots, que l'&#201;tat prenne ses responsabilit&#233;s pour la rendre effective et efficace. Et tant qu'&#224; y &#234;tre, qu'il prenne de s&#233;rieuses mesures permettant de lutter activement contre l'itin&#233;rance, et non contre les itin&#233;rantes et itin&#233;rants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;a Fontaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* * *&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.&lt;/strong&gt; Avril 2001 : Paul Cliche, candidat ind&#233;pendant appuy&#233; par tous les partis de gauche unis pour une premi&#232;re fois, obtient 24,24 % des votes lors de l'&#233;lection partielle de Mercier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt; Juin 2002 : tous les partis de gauche s'unissent pour n'en former dor&#233;navant qu'un seul : l'Union des forces progressistes (UFP), qui entamera en 2004 des n&#233;gociations avec Option citoyenne, un mouvement politique issu des milieux sociaux et communautaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.&lt;/strong&gt; F&#233;vrier 2006 : la fondation de Qu&#233;bec solidaire, mariage de l'UFP et d'Option citoyenne, lors d'un congr&#232;s r&#233;unissant plus de 1 000 personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un espoir :&lt;/strong&gt; L'&#233;lection d'Amir Khadir, le 8 d&#233;cembre 2008 dans Mercier, premier d&#233;put&#233; de Qu&#233;bec solidaire &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Cette gauche des ann&#233;es 2000 s'est construite sur la base et au travers des luttes sociales et elle a su d&#233;velopper une nouvelle culture politique : d&#233;mocratique, pragmatique et ancr&#233;e dans la r&#233;alit&#233;. Vivement la suite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monique Moisan&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* * *&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois grandes mobilisations populaires ont &#233;t&#233; r&#233;v&#233;latrices de la prise de conscience des Qu&#233;b&#233;coisEs au sujet des enjeux suscit&#233;s par la mondialisation n&#233;olib&#233;rale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.&lt;/strong&gt; Le contre-Sommet des Am&#233;riques &#224; Qu&#233;bec en 2001. Un autre monde est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt; Le refus de participer &#224; la guerre-invasion de l'Irak en 2003.La guerre n'est pas une option.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.&lt;/strong&gt; L'opposition citoyenne contre la centrale du Suro&#238;t en 2005. L'environnement n'a pas de prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un espoir :&lt;/strong&gt; Que dans la prochaine d&#233;cennie ces mobilisations se perp&#233;tuent pour accro&#238;tre le pouvoir de la soci&#233;t&#233; civile &#224; influencer le politique et qu'&lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; soit toujours l&#224; pour en faire part...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luciano Benvenuto&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* * *&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.&lt;/strong&gt; La fin de la premi&#232;re d&#233;cennie du troisi&#232;me mill&#233;naire se termine en r&#233;coltant les fruits qu'elle avait sem&#233;s &#224; la fin du mill&#233;naire pr&#233;c&#233;dent. De Seattle &#224; Sao Paulo, en passant par Qu&#233;bec, voici maintenant Copenhague, comme nouveau th&#233;&#226;tre du &#171; Refus global &#187;. De la rue, l'affirmation des peuples s'est maintenant d&#233;plac&#233;e jusqu'aux si&#232;ges m&#234;mes des Nations unies, alors qu'un Indien de Bolivie redonnait sens et vie au tiers-mondisme en s'opposant &#224; &#171; l'accord &#187; impos&#233; par les pays les plus puissants de la plan&#232;te, qui balayait du revers de la main tout le processus de n&#233;gociations entrepris depuis Kyoto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt; Que ce refus soit d'abord assum&#233; par un &#171; Indien d'Am&#233;rique &#187; est symptomatique du &#171; virage &#224; gauche &#187; du subcontinent. Depuis l'&#233;lection de Ch&#225;vez au Venezuela puis de Lula au Br&#233;sil, il y a eu celle de Morales en Bolivie, de Correa en &#201;quateur, du Frente Amplio en Uruguay, de Lugo au Paraguay, et ainsi de suite...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.&lt;/strong&gt; Virage &#224; gauche que d'aucuns appellent le &#171; retour du populisme &#187;...cachant mal leur peur et leur m&#233;pris d'un retour des peuples comme acteurs protagonistes de leur histoire. Retour qui, rappelons-le, a pr&#233;c&#233;d&#233; l'arriv&#233;e au pouvoir de gouvernements &#171; repr&#233;sentant &#187; leurs aspirations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un espoir :&lt;/strong&gt; Apr&#232;s les r&#233;sistances des ann&#233;es 1990 o&#249; la mondialisation n&#233;olib&#233;rale pr&#233;tendait avoir d&#233;pass&#233; le cadre des &#201;tats nations, voici le retour de la souverainet&#233; des peuples. Esp&#233;rons que cette souverainet&#233; parviendra &#224; s'enraciner dans des projets cr&#233;ateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ricardo Pe&#241;afiel&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>40 ans apr&#232;s la R&#233;volution tranquille, pourquoi sommes-nous encore plus d&#233;pendants que jamais ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/40-ans-apres-la-Revolution</link>
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		<dc:creator>Luciano Benvenuto, Monique Moisan</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Benvenuto, Luciano </dc:subject>
		<dc:subject>Moisan, Monique </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Paul Rose a consacr&#233; sa vie &#224; la lutte pour l'&#233;mancipation nationale et sociale du peuple qu&#233;b&#233;cois. Projet&#233; &#224; l'avant-sc&#232;ne lors des &#233;v&#232;nements d'Octobre 1970, prisonnier politique incarc&#233;r&#233; pendant douze ans, docteur en sociologie et syndicaliste actif, il partage avec nous son analyse de l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise au cours des quarante derni&#232;res ann&#233;es. Bilan historique et perspectives d'avenir d'un militant de la gauche politique qu&#233;b&#233;coise. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; b&#226;bord ! &#8211; &#199;a fait plus de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Moisan-Monique-+" rel="tag"&gt;Moisan, Monique &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton41.jpg?1642092268' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;283&#034; height=&#034;203&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Paul Rose a consacr&#233; sa vie &#224; la lutte pour l'&#233;mancipation nationale et sociale du peuple qu&#233;b&#233;cois. Projet&#233; &#224; l'avant-sc&#232;ne lors des &#233;v&#232;nements d'Octobre 1970, prisonnier politique incarc&#233;r&#233; pendant douze ans, docteur en sociologie et syndicaliste actif, il partage avec nous son analyse de l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise au cours des quarante derni&#232;res ann&#233;es. Bilan historique et perspectives d'avenir d'un militant de la gauche politique qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/strong&gt; &#8211; &#199;a fait plus de quarante ans qu'on parle d'ind&#233;pendance au Qu&#233;bec. Aujourd'hui pourtant, le Qu&#233;bec est plus d&#233;pendant &#233;conomiquement et politiquement qu'il ne l'&#233;tait avant les ann&#233;es 70. Qu'est-ce qui nous a men&#233;s dans ce cul-de-sac ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paul Rose&lt;/strong&gt; &#8211; Il faut dire les choses telles qu'elles sont. Depuis une trentaine d'ann&#233;es, ce sont les gens d'affaires qui ont pris le contr&#244;le du mod&#232;le politique. Dans les ann&#233;es soixante-dix, le grand bailleur de fonds &#233;tait l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois, &#233;tant donn&#233; l'absence de capital qu&#233;b&#233;cois important. Cela a produit &#171; l'ind&#233;pendance &#187; des gens d'affaires, le mod&#232;le Provigo, puis Qu&#233;bec inc... Des gens qui, avec l'argent de l'&#201;tat, se sont amass&#233; des fortunes &#233;normes. C'&#233;tait une esp&#232;ce de nationalisme, non pas &#233;conomique mais d'une forme plus restreinte encore, disons plut&#244;t un nationalisme d'affaires. Ces entreprises dites &#171; qu&#233;b&#233;coises &#187; ont ainsi couvert l'ensemble du territoire. Ce mod&#232;le Qu&#233;bec inc a &#233;t&#233; aujourd'hui, &#224; son tour, totalement r&#233;cup&#233;r&#233;, dans la majorit&#233; des cas par les capitaux am&#233;ricains : maintenant, Provigo c'est Loblaws. En r&#233;sum&#233;, le projet initial d'&#233;mancipation sociale et de lib&#233;ration nationale, tout ce projet populaire (il ne faut pas oublier que le PQ d'avant l'&#233;tapisme comptait plus de 300 000 membres), a pour ainsi dire &#233;t&#233; &#171; d&#233;vi&#233; &#187; par le gouvernement du Parti qu&#233;b&#233;cois qui l'a r&#233;cup&#233;r&#233;, avec des gens d'affaires naissants, en mettant de l'avant un &#171; capital national &#187;, qui n'&#233;tait &#171; national &#187; que de nom, mais qui par contre &#233;tait &#171; capitaliste &#187; dans tous les sens du terme. C'est le danger qui guette tous les projets populaires qui n'aboutissent pas, faute de moyens, faute d'autonomie. C'est un &#233;l&#233;ment central &#224; prendre en compte dans l'&#233;volution politique du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Comment expliquer que le PQ ait pu accaparer tout le discours sur la question nationale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P. R.&lt;/strong&gt; &#8211; Le projet initial de lib&#233;ration nationale et d'&#233;mancipation sociale &#233;tait un projet o&#249; ces deux aspects &#233;taient intimement li&#233;s. Je me souviens des d&#233;bats dans la gauche de la fin des ann&#233;es 60, &#224; savoir est-ce que l'ind&#233;pendance doit passer avant la d&#233;mocratie sociale ou vice versa. Finalement, cela a men&#233; &#224; deux mouvements s&#233;par&#233;s : d'une part des ind&#233;pendantistes pour lesquels la d&#233;mocratie sociale n'&#233;tait qu'un paravent et, d'autre part, des mouvements sociaux-d&#233;mocrates, socialistes ou marxistes qui se sont compl&#232;tement dissoci&#233;s de la question nationale, abandonnant au Parti qu&#233;b&#233;cois toute la question de l'oppression nationale et de son int&#233;gration dans le processus de l'&#233;mancipation globale d'un peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PQ d'aujourd'hui, sous l'emprise des gens d'affaires, s'est compl&#232;tement radicalis&#233; &#224; droite (eh oui, c'est encore possible de se &#171; radicaliser &#187; davantage &#224; droite !), tant dans le discours tr&#232;s libre-&#233;changiste que dans le reste des politiques sociales. Le PQ d'apr&#232;s l'&#233;tapisme et encore plus d'apr&#232;s le libre-&#233;change est devenu le gouvernement contemporain champion des coupes dans les affaires sociales, dans l'&#233;ducation, dans les revenus des travailleurs et travailleuses oeuvrant au secteur public, etc., etc. &#199;a, il ne faut pas l'oublier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'erreur qu'on a pu faire dans la gauche, et aussi dans l'ensemble des gens qui militaient pour l'&#233;mancipation sociale, c'est de s'&#234;tre scind&#233; en deux, en laissant au Parti qu&#233;b&#233;cois le monopole du discours ind&#233;pendantiste, avec pour r&#233;sultats les r&#233;cup&#233;rations qu'on a vu s'op&#233;rer par l'&#233;tapisme et le libre-&#233;changisme. C'est pour &#231;a que je trouve important de revenir &#224; l'essentiel : il y a l'oppression nationale &#224; r&#233;gler, il y a l'&#233;mancipation sociale &#224; faire et un projet de soci&#233;t&#233; &#224; b&#226;tir autour de &#231;a, puisque tout est li&#233;. C'est ce seul projet-l&#224; qui a le m&#233;rite de pouvoir faire avancer la soci&#233;t&#233; sous ses aspects sociaux et nationaux de domination. Tout projet &#171; d&#233;croch&#233; &#187; de cette double r&#233;alit&#233; qu&#233;b&#233;coise, c'est-&#224;-dire de la r&#233;alit&#233; v&#233;cue par 90 &#224; 95 % des gens qui constituent les classes populaires, est en quelque sorte condamn&#233; &#224; la schizophr&#233;nie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est s&#251;r que quand on part de l'autre point de vue de la question nationale, de celui des gens d'affaires ou m&#234;me de la d&#233;mocratie sociale du point de vue du capital international, &#231;a n'a plus rien &#224; voir, c'est vider tous les projets &#233;mancipateurs de leur sens. L&#224;-dessus, le PQ n'aura pas &#233;t&#233; tellement diff&#233;rent des autres formations politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Apr&#232;s l'arriv&#233;e au pouvoir du Parti qu&#233;b&#233;cois en 1976, quels ont &#233;t&#233; les &#233;v&#233;nements d&#233;terminants qui nous ont men&#233;s &#224; la situation actuelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P. R.&lt;/strong&gt; &#8211; Si l'on regarde au plan strat&#233;gique, je l'ai &#233;voqu&#233; plus t&#244;t, je pense qu'il y a eu deux grandes coupures dans l'histoire. Il y a d'abord eu la coupure de &#171; l'&#233;tapisme &#187;, qui a &#233;t&#233; une premi&#232;re fa&#231;on de &#171; noyer le poisson &#187; sur toute la question de la souverainet&#233; et, en m&#234;me temps, de se servir de la souverainet&#233; pour banaliser toute la question de la d&#233;mocratie sociale. Le second grand mouvement, qui est venu compl&#233;ter le premier &#8211; les deux &#233;tant des strat&#233;gies anti-populaires allant en-de&#231;&#224; des int&#233;r&#234;ts de la population &#8211;, a &#233;t&#233; toute la question du libre-&#233;change. C'est quand m&#234;me assez curieux qu'un parti qui se disait souverainiste ait abouti, dans les deux cas, &#224; une marginalisation du Qu&#233;bec, &#224; une marginalisation de toute la question de la lib&#233;ration du peuple qu&#233;b&#233;cois. Car le libre-&#233;change, &#231;a veut dire c&#233;der au Fonds Mon&#233;taire International, aux diktats du FMI et de la Banque mondiale, tout le contr&#244;le de ce qui est important dans une soci&#233;t&#233; et, finalement, de se retrouver avec seulement des petits pouvoirs de police, de gestion des chicanes individuelles&#8230; Or, tous les grands projets collectifs sont historiquement d&#233;natur&#233;s de cette fa&#231;on-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Quelle voie peut-on emprunter aujourd'hui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P. R.&lt;/strong&gt; &#8211; Je pense qu'il faut revenir au sens profond d'un v&#233;ritable projet d'&#233;mancipation sociale, d'un projet lib&#233;rateur. Il y aurait possibilit&#233; pour un peuple comme le n&#244;tre, en reprenant l'ensemble de ses r&#234;nes contre le capital financier international, en devenant ind&#233;pendant et social-d&#233;mocrate, c'est-&#224;-dire socialiste au sens profond du terme, de devenir un exemple, une norme, un rep&#232;re pour l'ensemble de la plan&#232;te, &#233;tant donn&#233; notre situation g&#233;ographique particuli&#232;re, de devenir donc un peuple lib&#233;r&#233; de ses cha&#238;nes en Am&#233;rique du Nord, au c&#339;ur m&#234;me du bastion, du chef-lieu du capitalisme. En ce sens, ce projet-l&#224; est majeur parce que situ&#233; dans le mouvement universel d'&#233;mancipation de la plan&#232;te. Il repose essentiellement sur un &#233;l&#233;ment profond d'engagement de l'&#234;tre humain. Il faut percevoir et voir les choses en fonction de l'ensemble de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'erreur majeure du Parti qu&#233;b&#233;cois et de beaucoup d'autres gens en embarquant dans le libre-&#233;change, a &#233;t&#233; de tenir un double discours : ind&#233;pendantiste localement et, en m&#234;me temps, c&#233;dant aux int&#233;r&#234;ts de la mondialisation capitaliste. Ce n'est plus vraiment de la souverainet&#233; dont il est question, c'est en fait tout le contraire de la souverainet&#233;. Ce n'est pas un projet d'ind&#233;pendance, c'est un projet de d&#233;pendance. Voyez plut&#244;t l'implication militante de la jeunesse : &#231;a va beaucoup plus dans le sens de l'affirmation des pouvoirs locaux, toujours dans le sens de contrer cette mondialisation capitaliste dominante d'aujourd'hui, et de reprendre localement les pouvoirs ali&#233;n&#233;s de la population. Je pense que c'est dans ce cadre de la mondialisation des solidarit&#233;s, par la voie de la reprise en mains populaires des pouvoirs locaux (nationaux, r&#233;gionaux), que le projet qu&#233;b&#233;cois prend tout son sens et toute son actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233;, c'est beaucoup plus qu'une simple d&#233;claration &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Tout nous le d&#233;montre : comment peut-on arriver &#224; une souverainet&#233; qu&#233;b&#233;coise, &#224; une ind&#233;pendance qu&#233;b&#233;coise, &#224; un projet tr&#232;s &#233;mancipateur, tr&#232;s lib&#233;rateur aux plans social, &#233;conomique, environnemental et culturel, sans une r&#233;appropriation de nos pouvoirs politiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec, comme partout ailleurs, au m&#234;me titre que la reprise en mains populaires des souverainet&#233;s nationales, c'est aller &#224; contre-courant de la mondialisation capitaliste et en limiter le pouvoir, c'est r&#233;tablir l'&#201;tat dans une position de d&#233;cision. Sans revenir &#224; l'&#233;poque o&#249; il s'agissait simplement d'&#201;tats nationaux, mais pour cr&#233;er une mondialisation des solidarit&#233;s, pour recr&#233;er un espace o&#249; les gens puissent se reprendre en main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Comment arriver &#224; remobiliser les gens pour une carcasse vide ? Comment recr&#233;er l'engouement quand ce qui est propos&#233; par le PQ est d&#233;sormais vid&#233; de toute substance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P. R.&lt;/strong&gt; &#8211; C'est pour &#231;a que &#231;a ne se fait pas. Tant qu'on en restera &#224; des termes qui ont &#233;t&#233; vid&#233;s de leur sens, on passera &#224; c&#244;t&#233;. Le Parti qu&#233;b&#233;cois s'est exclu, je dirais m&#234;me &#171; auto-exclu &#187;, en embarquant dans le libre-&#233;change. Le seul objectif du PQ au Sommet des Am&#233;riques &#224; Qu&#233;bec en 2001, c'&#233;tait d'avoir sa place dans le club s&#233;lect du jet-set international. On est tr&#232;s tr&#232;s loin de tout geste lib&#233;rateur. Le Parti qu&#233;b&#233;cois est devenu le parti &#171; d&#233;pendantiste &#187; des gens d'affaires, pas le parti ind&#233;pendantiste du peuple qu&#233;b&#233;cois. Il faut revenir &#224; l'essentiel, il faut que le projet mis de l'avant en soit vraiment un de lib&#233;ration nationale et d'&#233;mancipation sociale. Sinon, on retombe dans la m&#234;me schizophr&#233;nie que dans les ann&#233;es 70. Mais il ne faut pas refaire non plus l'erreur du PQ, qui n'a fait qu'une lutte &#171; nominale &#187; de souverainet&#233;. Il faut y mettre un contenu, un projet de soci&#233;t&#233;. Sans audace et sans courage politique pour renflouer le projet ind&#233;pendantiste, il est impossible de susciter chez la population qu&#233;b&#233;coise un engouement capable de cr&#233;er le pays du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette d&#233;marche, la mise en place d'une formation politique ind&#233;pendantiste populaire autonome telle l'UFP, qui regroupe plusieurs tendances de la gauche qu&#233;b&#233;coise, est un pas historique marquant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Luciano Benvenuto&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Monique Moisan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Un compromis arrach&#233; dans un champ de mines</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luciano Benvenuto</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Benvenuto, Luciano </dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les pressions des &#201;tats-Unis sur le gouvernement du premier ministre Fouad Sanioura ont fini par porter fruit. Le 6 mai dernier, Sanioura mit le feu aux poudres en ordonnant le d&#233;mant&#232;lement du r&#233;seau de communication du Hezbollah. Ce r&#233;seau tr&#232;s efficace de communication ferm&#233;e &#8211; au point qu'Isra&#235;l n'avait pu le p&#233;n&#233;trer lors de ses revers militaires de l'&#233;t&#233; 2006 &#8211; &#233;tait pourtant un &#233;l&#233;ment strat&#233;gique conc&#233;d&#233; &#224; la r&#233;sistance du Hezbollah. Son d&#233;mant&#232;lement freinerait &#224; coup s&#251;r les moyens (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les pressions des &#201;tats-Unis sur le gouvernement du premier ministre Fouad Sanioura ont fini par porter fruit. Le 6 mai dernier, Sanioura mit le feu aux poudres en ordonnant le d&#233;mant&#232;lement du r&#233;seau de communication du Hezbollah. Ce r&#233;seau tr&#232;s efficace de communication ferm&#233;e &#8211; au point qu'Isra&#235;l n'avait pu le p&#233;n&#233;trer lors de ses revers militaires de l'&#233;t&#233; 2006 &#8211; &#233;tait pourtant un &#233;l&#233;ment strat&#233;gique conc&#233;d&#233; &#224; la r&#233;sistance du Hezbollah. Son d&#233;mant&#232;lement freinerait &#224; coup s&#251;r les moyens d'action du Hezbollah et nuirait grandement &#224; sa s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que pendant 21 jours &#224; Beyrouth et dans plusieurs r&#233;gions du pays, des rixes, des accrochages, puis des combats se sont succ&#233;d&#233;s quotidiennement entre les forces de la &#171; majorit&#233; gouvernementale &#187; et les forces de &#171; l'opposition &#187; men&#233;es par le Hezbollah. Tout au long de ces combats qui ont fait tache d'huile, les esprits ont &#233;t&#233; survolt&#233;s par les d&#233;clarations incendiaires prof&#233;r&#233;es par certains leaders politiques, tant de la majorit&#233; pro-occidentale que de l'opposition prosyrienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette manoeuvre politique de provocation du Hezbollah, d&#233;g&#233;n&#233;rant en guerre larv&#233;e, d&#233;montre bien l'efficacit&#233; sur le terrain de la strat&#233;gie d'exacerbation des clivages intra-islamiques pratiqu&#233;e par Washington. Dans ce contexte et en connaissance de cause, on pourra toujours reprocher au chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, aussi l&#233;gitime que soit sa volont&#233; de d&#233;fendre ses armes, d'&#234;tre tomb&#233; dans ce pi&#232;ge de confrontation sunnite-chiite, et ce d'autant plus que les fondamentalistes sunnites (Al Qa&#235;da et autres factions du genre &#8211; Fath alIslam &#8211;) sont d&#233;sormais bien install&#233;es au Liban. Par contre, on doit &#234;tre reconnaissant au Hezbollah d'avoir agi avec mesure, de ne pas avoir abus&#233; de sa supr&#233;matie militaire sur les forces progouvernementales et d'avoir n&#233;goci&#233; de bonne foi le compromis de Doha. M&#234;me si les combats se sont arr&#234;t&#233;s et que la tension s'est r&#233;sorb&#233;e avec ce compromis sign&#233; par les forces politiques libanaises le 25 mai dernier, il y a h&#233;las un engrenage de doutes et de suspicions qui s'est install&#233; et qu'il s'av&#232;re imp&#233;rieux d'enrayer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;***&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que le g&#233;n&#233;ral Michel Sleimane a &#233;t&#233; unanimement &#233;lu &#224; la pr&#233;sidence et que Fouad Sanioura a &#233;t&#233; renomm&#233; au poste de premier ministre, la mission qui incombe &#224; ce nouveau gouvernement libanais est de r&#233;instaurer rapidement un v&#233;ritable dialogue national non seulement interconfessionnel, mais ouvert &#224; toutes les autres forces politiques non confessionnelles et repr&#233;sentatives de la soci&#233;t&#233; civile libanaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;cisions cruciales &#224; prendre pour sortir de la crise actuelle concernent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; l'instauration d'une nouvelle loi &#233;lectorale non confessionnelle ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; la cr&#233;ation, selon l'Accord de Ta&#235;f, d'une Haute commission pour l'abolition du confessionnalisme ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; une entente claire sur les liens entre le Hezbollah et l'arm&#233;e libanaise ainsi que sur l'usage des armes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; une mise au point sur les relations syro-libanaises ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; la restauration du Conseil &#233;conomique et social afin d'&#233;tudier les mesures urgentes &#224; prendre pour que le Liban puisse sortir de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une entente minimale sur ces points constituerait le garde-fou essentiel pour maintenir un climat de paix et &#233;viter le spectre d'une autre guerre civile. &#192; d&#233;faut de quoi, le Liban risque de sombrer, une fois de plus, dans le chaos.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Luciano Benvenuto&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Autant en emporte l'argent</title>
		<link>https://www.ababord.org/Autant-en-emporte-l-argent</link>
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		<dc:date>2008-07-22T20:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luciano Benvenuto</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Benvenuto, Luciano </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'origine, l'expression &#171; industrie culturelle &#187; d&#233;signait un concept critique &#233;labor&#233; par les sociologues de l'&#201;cole de Francfort, dans les ann&#233;es 1950, afin de d&#233;noncer le mouvement global de production industrielle de la culture sous forme de marchandise, et dont la tendance croissante ne pouvait que conduire &#224; une culture s&#233;rialis&#233;e, standardis&#233;e, voire normative, c'est-&#224;-dire &#224; une culture de masse. &lt;br class='autobr' /&gt; Peine perdue. Deux d&#233;cennies plus tard, ce processus d'industrialisation de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'origine, l'expression &#171; industrie culturelle &#187; d&#233;signait un concept critique &#233;labor&#233; par les sociologues de l'&#201;cole de Francfort, dans les ann&#233;es 1950, afin de d&#233;noncer le mouvement global de production industrielle de la culture sous forme de marchandise, et dont la tendance croissante ne pouvait que conduire &#224; une culture s&#233;rialis&#233;e, standardis&#233;e, voire normative, c'est-&#224;-dire &#224; une culture de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Peine perdue. Deux d&#233;cennies plus tard, ce processus d'industrialisation de la culture tant redout&#233; s'&#233;tait g&#233;n&#233;ralis&#233; dans toutes les soci&#233;t&#233;s occidentales, consommation de masse et culture de masse s'&#233;tant amalgam&#233;es au cours des ann&#233;es 1960. D&#232;s lors, la production culturelle devint un secteur d'investissement de plus en plus convoit&#233; par le capital. C'est ainsi qu'au milieu des ann&#233;es 70, des &#233;conomistes de Standford &#233;laborent la nouvelle notion &#233;conomique d' &#171; industries culturelles &#187; (au pluriel) pour d&#233;signer certains secteurs de la culture poss&#233;dant un haut potentiel de rentabilit&#233; et d'expansion future, sous condition toutefois d'y appliquer une politique &#233;conomique de production industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, apr&#232;s 30 ans d'application de cette logique &#171; d'industries culturelles &#187;, on remarque les faits suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les industries culturelles sont surtout orient&#233;es vers les mass-m&#233;dias, leurs produits &#233;tant facilement reproductibles et naturellement d&#233;di&#233;s &#224; une consommation de masse (films, &#233;missions t&#233;l&#233;visuelles, musique, livres, magazines, jeux vid&#233;os, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les secteurs culturels ont subi une r&#233;organisation en profondeur de leurs modes de production. Les sph&#232;res d'activit&#233;s de cr&#233;ation, de &lt;i&gt;production&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;diffusion&lt;/i&gt; ont &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;es dans un &#233;troit r&#233;seau d'interd&#233;pendance, donnant lieu &#224; un premier niveau de concentration des industries culturelles, les plus gros &#233;liminant la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La multiplication des canaux et moyens de diffusion (t&#233;l&#233; par c&#226;ble, t&#233;l&#233; payante, magn&#233;toscope, balladeur, CD, DVD et maintenant le web) relance la profitabilit&#233; des produits culturels en favorisant leur expansion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Les campagnes de promotion et de placement m&#233;dias sont devenues essentielles &#224; la mise en march&#233; des produits culturels de grande envergure, par exemple les superproductions. Pour qu'un produit culturel de masse puisse atteindre son summum de rentabilit&#233;, il doit &#171; faire l'&#233;v&#233;nement &#187; afin que &lt;i&gt;tout le monde en parle&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette logique &#233;conomique appliqu&#233;e au domaine de la culture a pour effet d'&#233;carter des produits qui, par leur forme d'expression innovatrice ou leur contenu critique, s'&#233;loignent trop des normes commerciales d&#233;finies par l'industrie culturelle qui privil&#233;gie et promeut surtout des produits normatifs grand public, profil&#233;s en fonction d'une consommation de masse et capables d'offrir une rentabilit&#233; &#224; grande &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'impulsion de l'informatisation et des nouvelles technologies, les industries culturelles sont aujourd'hui des vecteurs importants de croissance &#233;conomique, et ce d'autant plus qu'elles sont projet&#233;es au coeur m&#234;me des Technologies de l'Information et des Communications en tant que pourvoyeurs de contenu culturel et informationnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Luciano Benvenuto&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La pens&#233;e politique de gauche</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-pensee-politique-de-gauche</link>
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		<dc:date>2008-07-18T19:21:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luciano Benvenuto, Monique Moisan</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Benvenuto, Luciano </dc:subject>
		<dc:subject>Moisan, Monique </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Cyr, est avocat et professeur de politique. Militant syndical et de la gauche politique qu&#233;b&#233;coise depuis nombre d'ann&#233;es, il fut l'un des fondateurs et animateurs du Rassemblement pour l'alternative progressiste puis de l'Union des forces progressistes. Il est mainteant membre du Comit&#233; de coordination national de Qu&#233;bec solidaire &#224; titre de responsable aux orientations. &#192; b&#226;bord ! s'est entretenu avec lui sur la vision et la pens&#233;e politique du nouveau parti de gauche sur la sc&#232;ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fran&#231;ois Cyr, est avocat et professeur de politique. Militant syndical et de la gauche politique qu&#233;b&#233;coise depuis nombre d'ann&#233;es, il fut l'un des fondateurs et animateurs du Rassemblement pour l'alternative progressiste puis de l'Union des forces progressistes. Il est mainteant membre du Comit&#233; de coordination national de Qu&#233;bec solidaire &#224; titre de responsable aux orientations. &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; s'est entretenu avec lui sur la vision et la pens&#233;e politique du nouveau parti de gauche sur la sc&#232;ne politique qu&#233;b&#233;coise. Il s'exprime ici &#224; titre personnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Avec la cr&#233;ation de Qu&#233;bec solidaire, on sent un rapprochement entre un parti politique et les mouvements sociaux. Quelle est la nature des relations actuellement entre ces deux entit&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.C.&lt;/strong&gt; &#8211; Depuis une dizaine d'ann&#233;es, on n'a pas &#233;puis&#233; le d&#233;bat, mais on a beaucoup fouill&#233; le rapport &#171; mouvements sociaux &#8211; parti &#187; et on a r&#233;gl&#233; un certain nombre de choses. D'abord la reconnaissance fondamentale du principe de l'autonomie des mouvements sociaux et du caract&#232;re diff&#233;rent de l'activit&#233; d'un parti politique. L'un n'est pas le r&#233;pondant de l'autre, l'un n'est pas le vase communicant de l'autre, mais il y a toute une s&#233;rie de liens assez complexes, tr&#232;s riches, qui peuvent aller de la critique de l'un &#224; l'autre jusqu'&#224; une chaleureuse proximit&#233; ! Il y a comme une entente implicite o&#249; l'on peut se critiquer mutuellement, mais dans le respect de nos identit&#233;s respectives. Je ne dis pas que la question est r&#233;gl&#233;e, elle ne le sera sans doute jamais, mais nous avons progress&#233;. L&#224; o&#249; doit porter maintenant la r&#233;flexion, c'est sur le genre de parti que nous voulons, son programme, la construction de notre d&#233;mocratie participative, incluant notre formule originale et collective de &lt;i&gt;leadership&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Justement, comment faire pour que QS qui veut faire de la politique autrement soit un parti diff&#233;rent ? Comment faire pour qu'il &#233;vite les &#233;cueils des partis traditionnels ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.C.&lt;/strong&gt; &#8211; Personnellement, je suis souvent tiraill&#233; entre deux visions des choses &#8211; celle du professeur de politique et celle du militant en moi. Le professeur de politique est plut&#244;t &lt;i&gt;realpolitic&lt;/i&gt;, peut-&#234;tre m&#234;me un peu pessimiste sur ce que repr&#233;sente l'aventure d'un parti politique. L'un des premiers auteurs &#224; avoir &#233;labor&#233; une th&#233;orie des partis politiques, Roberto Mitchell, de triste m&#233;moire, a termin&#233; son &#233;tude en disant qu'il y avait comme une loi d'airain, implacable, menant &#224; la reproduction des &#233;lites &#224; la direction d'un parti. C'est comme s'il y avait une mal&#233;diction : plus les partis s'approchent du pouvoir, plus ils s'&#233;loignent de leur programme ! Les g&#233;n&#233;rations militantes qui l'ont initialement r&#234;v&#233; sont sacrifi&#233;es, tass&#233;es au profit des technocrates, des gestionnaires, des professionnels, bref au profit des gens tristement s&#233;rieux, etc. Je ne dis pas que j'adh&#232;re &#224; cette approche, mais il faut admettre, en observant les partis politiques, qu'il y a une tendance lourde dans cette direction-l&#224;. Cependant, celle-ci n'est pas in&#233;luctable, et l&#224; c'est plut&#244;t le militant qui parle ! Mais n'oublions jamais qu' un parti politique, &#231;a reste une machine &#224; prendre le pouvoir et &#224; garder le pouvoir et qu'au nom de cette finalit&#233;, il peut se passer beaucoup de choses. Un jour ou l'autre peut-&#234;tre c&#233;derons-nous &#224; ce triste conformisme ambiant sur la fa&#231;on de faire la politique, mais j'adore notre actuelle volont&#233; d'innover.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment faire alors pour &#233;viter qu'un parti de gauche s'&#233;loigne de son programme lorsqu'il approche du pouvoir et qu'une &#233;lite dirigeante kidnappe la direction au d&#233;triment des militantes, que la n&#233;cessaire petite cuisine politique prenne le dessus sur une pens&#233;e globale et que les r&#234;ves initiaux soient fondamentalement &#233;mouss&#233;s ? Il n'y a pas de recette, pas de manuel o&#249; c'est &#233;crit : &#171; &lt;i&gt;Voici le contre-poison contre le bureaucratisme au sein d'un parti&lt;/i&gt; &#187;. Il n'y a pas de recette, mais il y a quatre &#233;l&#233;ments que je soumets &#224; la r&#233;flexion des militantes qui veulent bien travailler autour de cette question. Tout d'abord, il faut qu'il y ait une solide &#233;ducation politique dans nos rangs, qu'il y ait le moins d'&#233;cart possible dans la formation politique de la base au sommet. Et par formation politique, j'entend autre chose que l'art d'organiser une lev&#233;e de fonds ou une &#233;pluchette de bl&#233; d'Inde, m&#234;me si ces activit&#233;s sont essentielles. Ensuite, il faut comprendre que ce qui dynamise un parti politique au pouvoir ou dans sa lutte pour la conqu&#234;te du pouvoir, c'est la qualit&#233; et la richesse de cette tension avec les mouvements sociaux progressistes, ceux qui changent la &#171; vraie vie &#187;, ceux qui veulent changer les paradigmes entre les &#234;tres humains et leur environnement, les relations entre les hommes et les femmes, entre les peuples, entre le capital et le travail, avec ceux qui veulent en finir avec l'ordre constitutionnel canadien et qui r&#234;vent encore, et j'en suis, de la souverainet&#233; du Qu&#233;bec. Il faut que le parti accepte &#224; la fois d'&#234;tre critiqu&#233;, red&#233;fini par les mouvements sociaux, mais en m&#234;me temps, il faut que les mouvements sociaux apprennent qu'il y a une n&#233;cessaire division du travail avec un parti politique. Et ce n'est pas vrai que le programme d'un parti politique est strictement la r&#233;p&#233;tition des meilleures revendications des mouvements sociaux. Il faut que le parti assume son propre travail programmatique, son propre effort de synth&#232;se qui va au-del&#224; de la simple addition des revendications. Cette synth&#232;se implique des choix soigneusement document&#233;s, calibr&#233;s et, pourquoi pas, chiffr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me &#233;l&#233;ment : la transparence dans les processus d&#233;cisionnels. Un parti, c'est une organisation et une organisation a parfois tendance &#224; refermer vite les portes tout en oubliant d'ouvrir les fen&#234;tres... Il ne faut pas avoir peur de d&#233;battre, quelquefois sur la place publique, au grand air. On a fait beaucoup de travail et de chemin l&#224;-dessus. La gauche a consid&#233;rablement matur&#233; depuis 6 ou 7 ans. Pourquoi bouder notre plaisir ? Prenons acte et maintenons cette ouverture, cette transparence. Pas pour la petite cuisine politique qui implique souvent une certaine discr&#233;tion. Mais nos grandes interrogations peuvent &#234;tre publiques tant qu'on n'a pas tranch&#233; la question en instance. Quatri&#232;mement, il faut accepter le pluralisme dans nos rangs comme l'expression de la diversit&#233; sociale et celle de notre famille politique : le camp de la gauche.La gauche n'est pas un clan mais une belle tribu qui doit sans cesse travailler &#224; se f&#233;d&#233;rer. Maintenir et &#233;largir l'unit&#233;, c'est une lutte de tous les jours et il faut que tout le monde sente qu'il y a de la place autour de la table. La gauche ? C'est une grande auberge espagnole accueillante, ou &#231;a sent bon lorsqu'on y entre. Admettons qu'il est tout &#224; fait normal d'avoir des approches diff&#233;rentes sur des r&#233;alit&#233;s tactiques, sur des rythmes, sur la fa&#231;on de faire ou de dire les choses. C'est dans la nature m&#234;me du d&#233;bat politique. Mais, en m&#234;me temps, nous sommes une &#171; machine &#224; prendre le pouvoir et &#224; le garder &#187;. &#192; la fois un instrument de combat, donc avec tout ce que &#231;a implique de discipline, de rigueur, de coh&#233;sion, mais en m&#234;me temps, un lieu de r&#233;flexion et de d&#233;bat. C'est contradictoire cette r&#233;alit&#233;-l&#224; et il faut prendre acte de cette contradiction et la g&#233;rer soigneusement. On sent que les &#233;lections approchent, tout naturellement, on va resserrer les rangs et faire front, solidairement, derri&#232;re nos candidates et nos candidats, derri&#232;re nos porte-parole. J'ai confiance comme jamais dans nos capacit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Est-ce qu'on est capable au Qu&#233;bec de concevoir le pouvoir en fonction d'une &#233;quipe et non d'un individu qui arriverait comme un sauveur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.C.&lt;/strong&gt; &#8211; Au Qu&#233;bec, malheureusement, on a encore des r&#233;flexes frileux de minorit&#233;, pour des raisons historiques qu'on conna&#238;t bien. C'est fatigant cette recherche d'un sauveur, cette nostalgie d'un Bouchard, forte image d'un p&#232;re fouettard conservateur qui met de l'ordre dans la maison, dans les finances publiques... Je d&#233;teste visc&#233;ralement notre vieux fonds duplessiste qui ressurgit &#231;a et l&#224; en p&#233;riode de d&#233;faite et de recul. Outre ce trait sans doute culturel, il y a &#233;galement cette dimension spectacle o&#249;, finalement, le parti devient m&#234;me la propri&#233;t&#233; de quelques vedettes. La caricature en est l'ADQ&#8211;&#201;quipe Mario Dumont... Inscrire le nom d'un individu dans la d&#233;nomination d'un parti : faut le faire ! M&#234;me Duplessis n'aurait pas os&#233; ! On est en partie ali&#233;n&#233; par cette vision de la politique qui est l'affaire d'un petit nombre de personnes qui soi-disant ont du charisme, des capacit&#233;s, etc. Le caract&#232;re collectif du pouvoir d&#233;cisionnel c'est intrins&#232;quement une valeur de la gauche, ancr&#233;e tr&#232;s profond&#233;ment dans notre histoire. Le culte du chef, c'est une valeur de droite, voire d'extr&#234;me-droite. Il ne faut pas l'oublier m&#234;me si les staliniens l'ont horriblement trahie. Fonctionner collectivement comme direction, c'est en quelque sorte un retour aux sources. Un vieil air nous rappelle qu'il n'y a pas de sauveur supr&#234;me...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Quel est le principal d&#233;fi pour que Qu&#233;bec solidaire soit consid&#233;r&#233; comme un acteur politique majeur au Qu&#233;bec ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.C.&lt;/strong&gt; &#8211; &#192; court terme d'ici les prochaines &#233;lections, notre premier d&#233;fi est d'essayer de penser comme un parti politique et d'agir en cons&#233;quence... Lors de notre premier Conseil national, nous avons fait un grand pas en avant &#224; ce chapitre en adoptant une proposition orientant le contenu de notre r&#233;flexion autour d'une notion de programme de gouvernement, une sorte de programme d'urgence mais qui pr&#233;pare de fa&#231;on transitoire le terrain &#224; des changements structurels. Une bonne partie de nos r&#233;flexes de la gauche politique sont des r&#233;flexes soit de groupe de pression id&#233;ologique, soit de militantes de mouvements sociaux. Penser comme un parti politique, c'est avoir pour objectif de prendre le pouvoir et de le garder. &#199;a peut sembler baveux de dire &#231;a &#224; une phase si jeune encore de notre d&#233;veloppement, mais c'est bien de cela qu'il s'agit : prendre le pouvoir pour mettre en &#339;uvre notre programme. &#199;a veut dire qu'il faut maintenir le caract&#232;re critique de notre discours : un parti politique, &#231;a na&#238;t dans la diversit&#233;, &#231;a critique l'ordre existant. Si l'on fait tant d'efforts, c'est parce qu'on pense avoir quelque chose de diff&#233;rent &#224; offrir, une alternative &#224; la vision n&#233;olib&#233;rale dominante. Apr&#232;s, le vrai test de Qu&#233;bec solidaire, le test ultime, sera l'acc&#232;s au pouvoir et notre capacit&#233; de mettre en &#339;uvre des r&#233;formes, d'appliquer notre programme. C'est le test pour tous les partis politiques. Ce sera &#233;galement notre cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AB !&lt;/strong&gt; &#8211; Tout parti politique met de l'avant un axe prioritaire qui souvent le d&#233;finit id&#233;ologiquement. Pour Qu&#233;bec solidaire, quel est cet axe et quels sont les changements politiques qu'il sous-tend ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.C.&lt;/strong&gt; &#8211; C'est une question que je me pose souvent et j'ai h&#226;te qu'on en parle dans une commission politique, dans un congr&#232;s ou dans un conseil national. Je pense tr&#232;s personnellement qu'au Qu&#233;bec &#231;a doit commencer par le contr&#244;le voire la propri&#233;t&#233; publique des ressources naturelles et par un v&#233;ritable contr&#244;le &#233;cologique mais efficace sur notre avenir, notre destin &#233;nerg&#233;tique. J'imagine mal un changement important au Qu&#233;bec si dans notre nouvelle Constitution nationale n'est pas inscrite l'appropriation publique des ressources, et particuli&#232;rement l'eau. Si on regarde sur quelle base se restructure la gauche en Am&#233;rique latine, c'est autour de la propri&#233;t&#233; et du contr&#244;le collectif des ressources, qu'importe la forme. Il faut renouer avec notre histoire autour de la nationalisation de l'&#233;lectricit&#233; et faire un grand d&#233;bat public sur la question suivante : &#224; qui appartiennent ces ressources, au profit de qui vont-elles &#234;tre exploit&#233;es et comment vont-elles &#234;tre exploit&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mon avis, ce sera notre premier grand chantier. Le second chantier, c'est sur la sant&#233;, grande pr&#233;occupation publique. Comment sera-t-il possible, sur le plan de la sant&#233;, de contr&#244;ler les co&#251;ts des diff&#233;rents intrants du secteur de la sant&#233; sans poser certaines questions de fond sur le contr&#244;le des multinationales de la pilule...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Lors de son congr&#232;s de fondation, Qu&#233;bec solidaire s'est d&#233;clar&#233; souverainiste. &#192; ce sujet, quelle est la nature des relations entre QS et le PQ ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.C.&lt;/strong&gt; &#8211; Pour le PQ, on est s&#251;rement un aiguillon. Ne serait-ce par le nombre de membres qui quittent leurs rangs pour rejoindre les n&#244;tres. Pour ce qui est du vote nuisible que nous repr&#233;sentons pour lui, le PQ n'a qu'&#224; s'en prendre &#224; lui-m&#234;me. Pendant quatre mandats, il n'a pas eu le courage, malgr&#233; ses promesses, de modifier le mode de scrutin actuel pour y int&#233;grer plus de repr&#233;sentation proportionnelle. Personne ne peut plaider sa propre turpitude. La main est tendue au PQ, mais Boisclair et son &#233;quipe manifestent obstin&#233;ment une fin de non-recevoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la question nationale sur le plan programmatique, &#231;a reste d&#233;cisif. Ma pire crainte, pour l'avenir de notre parti, c'est que s'instaure une division du travail implicite entre nous et le PQ. &#192; nous le social, &#224; eux le national. Je suis absolument en d&#233;saccord avec toute politique qui viserait &#224; faire en sorte que le PQ conserve le &lt;i&gt;leadership&lt;/i&gt; sur cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Mais le PQ, c'est l'h&#233;g&#233;monie sur la Question nationale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.C.&lt;/strong&gt; &#8211; Oui, l'h&#233;g&#233;monie... Quelle belle brochette ! Et c'&#233;tait M. Bouchard. Mais maintenant, on voit ce que fait M. Bouchard. Et c'&#233;tait M. Chevrette. Mais maintenant, on voit ce que fait M. Chevrette. Il d&#233;fend les compagnies priv&#233;es foresti&#232;res. On pourrait passer une bonne partie de leur personnel politique en revue comme &#231;a et voir ce qu'ils font aujourd'hui&#8230; La question nationale aussi, c'est la nature de la soci&#233;t&#233; dans laquelle on veut vivre. Ce n'est pas juste le territoire dans lequel on veut vivre et ce n'est pas juste la nature des institutions de cette soci&#233;t&#233;-l&#224;. Moi, &#231;a ne m'int&#233;resse pas un Qu&#233;bec souverain de Bouchard et Chevrette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Quelle sera la strat&#233;gie mise de l'avant par QS pour atteindre cet objectif de souverainet&#233; du Qu&#233;bec ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.C.&lt;/strong&gt; &#8211; Ce n'est pas juste un hochet &#171; on est souverainiste le dimanche &#187;&#8230; Il faut &#233;galement penser &#224; c'est quoi la strat&#233;gie et il faut avoir l'intelligence politique de ne pas entrer dans ce que j'appelle les &#171; vieilles lunes &#187; p&#233;quistes, i.e. les orni&#232;res p&#233;quistes : souverainet&#233; &#8211; tiret &#8211; association ; association &#8211; tiret &#8211; souverainet&#233; ; &#233;lection r&#233;f&#233;rendaire &#8211; pas &#233;lection r&#233;f&#233;rendaire&#8230; Toute cette histoire-l&#224;, laissons-la de c&#244;t&#233; et essayons de travailler avec l'acquis. L'acquis c'est pr&#232;s de 50 % de gens qui se sont prononc&#233;s plut&#244;t en faveur en 1995 et je pense que la tendance lourde est encore l&#224;. C'est de prendre acte que le gouvernement du Canada a tent&#233; par tous les moyens, y compris la corruption &#224; grande &#233;chelle, de nous emp&#234;cher d'exercer notre droit &#224; l'autod&#233;termination. Ce gouvernement a adopt&#233; la Loi sur la clart&#233; qui fait en sorte de nier l'exercice de notre droit &#224; l'autod&#233;termination. Il refuse d'ent&#233;riner ce qui pourrait &#234;tre une d&#233;cision d&#233;mocratique. Prenons acte de cela, mais prenons acte aussi qu'il y a encore des secteurs tr&#232;s importants de la population du Qu&#233;bec qui sont enclins &#224; dire non ou sont extr&#234;mement h&#233;sitants et prenons le temps n&#233;cessaire pour aller les chercher. Sortir, parler, convaincre&#8230; C'est &#231;a l'id&#233;e qui &#233;tait fondamentalement &#224; la base de cette id&#233;e d'une Assembl&#233;e Constituante : faire &#224; la puissance 10 ce qu'on avait fait dans les ann&#233;es soixante et qui s'appelait les &#201;tats g&#233;n&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AB !&lt;/strong&gt; &#8211; Comment la Commission politique de QS entend-elle pr&#233;senter les choses &#224; son Congr&#232;s national de novembre en vue des prochaines &#233;lections ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.C.&lt;/strong&gt; &#8211; La Commission politique fait une proposition pr&#233;cise &#224; nos membres qui dit ceci : &#171; Envisageons ensemble un programme de gouvernement qui est r&#233;alisable &#224; court terme, dans un cadre et provincial et n&#233;olib&#233;ral, avec la minuscule marge de man&#339;uvre qui est la n&#244;tre (minuscule, il faut l'utiliser &#224; son maximum) tout en &#8211; et c'est le deuxi&#232;me volet de la proposition &#8211; tout en ouvrant tous les chantiers possibles pour des changements plus en profondeur. &#187; Des changements structurels. C'est &#231;a l'orientation de la proposition de la Commission politique. Il y a l'id&#233;e d'urgence : &#171; &#201;tayons 25 propositions d'urgence &#224; appliquer maintenant pour changer la vie, pour commencer &#224; faire reculer la pauvret&#233;, &#224; d&#233;mocratiser nos institutions, &#224; emp&#234;cher des fous furieux de vendre des montagnes ! Faut le faire ! Le gars il vend des montagnes &#224; ses &lt;i&gt;chums&lt;/i&gt; pour qu'ils construisent des condos. Alors ce sont des mesures d'urgence. J'appelle &#231;a des mesures de &#171; salubrit&#233; publique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Mais comment faire quand ils auront tout vendu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.C.&lt;/strong&gt; &#8211; L&#224;-dessus, il faut leur dire tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment que ce qu'ils font, nous allons le d&#233;faire. Donc une s&#233;rie de mesures d'urgence pour r&#233;parer les d&#233;g&#226;ts et essayer de nous redonner confiance en nous-m&#234;mes. &#199;a c'est le premier volet. Puis, l'autre chantier plus en profondeur c'est, pour tous les &#233;l&#233;ments : &#233;conomique, social, culturel, institutionnel, national, d'ouvrir le deuxi&#232;me chantier c'est-&#224;-dire celui des r&#233;formes en profondeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, il y a une marge de man&#339;uvre. Parce que dire le contraire, c'est capituler, c'est renoncer &#224; la libert&#233;. La libert&#233; des humains d'influencer leur destin. C'est devenir des petits bouchons sur un oc&#233;an d&#233;cha&#238;n&#233; et cet oc&#233;an s'appelle le march&#233;. Car derri&#232;re ce d&#233;terminisme &#233;conomique, il y a une esp&#232;ce de refus de notre humanit&#233; premi&#232;re qui est absolument ali&#233;nant. C'est &#231;a le n&#233;olib&#233;ralisme. C'est de ne voir en nous que des &lt;i&gt;homo economicus&lt;/i&gt;, des consommateurs ou des outils de production. &#199;a, c'est leur &lt;i&gt;business&lt;/i&gt;. Notre &lt;i&gt;business&lt;/i&gt; &#224; nous, c'est d'apprendre &#224; devenir des &#234;tres humains libres et solidaires...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Luciano Benvenuto&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Monique Moisan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Un monde &#224; bout d'&#233;nergie</title>
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		<dc:date>2008-07-15T19:48:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luciano Benvenuto, &#201;variste Feurtey</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Energie</dc:subject>
		<dc:subject>Benvenuto, Luciano </dc:subject>
		<dc:subject>Feurtey, &#201;variste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La consommation mondiale d'&#233;nergie primaire a augment&#233; ces dix derni&#232;res ann&#233;es de 13 % pour s'&#233;tablir &#224; un niveau de 9,405 M de T.E.P. Comme nous pouvons le constater &#224; la figure 1 ci-dessous, les combustibles fossiles (p&#233;trole, gaz naturel et charbon) r&#233;pondent &#224; nos besoins &#233;nerg&#233;tiques &#224; hauteur de 85 %, le reste du g&#226;teau &#233;tant partag&#233; par le nucl&#233;aire et les &#233;nergies renouvelables (hydraulique compris). Cela d&#233;montre notre &#233;norme d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard des producteurs de p&#233;trole et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-energie-du-desespoir-" rel="directory"&gt;Dossier : L'&#233;nergie du d&#233;sespoir&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Energie-+" rel="tag"&gt;Energie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Benvenuto-Luciano-+" rel="tag"&gt;Benvenuto, Luciano &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feurtey-Evariste-+" rel="tag"&gt;Feurtey, &#201;variste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La consommation mondiale d'&#233;nergie primaire a augment&#233; ces dix derni&#232;res ann&#233;es de 13 % pour s'&#233;tablir &#224; un niveau de 9,405 M de T.E.P.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M de T.E.P. : Million de tonnes &#233;quivalent p&#233;trole. Toutes les donn&#233;es de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Comme nous pouvons le constater &#224; la figure 1 ci-dessous, les combustibles fossiles (p&#233;trole, gaz naturel et charbon) r&#233;pondent &#224; nos besoins &#233;nerg&#233;tiques &#224; hauteur de 85 %, le reste du g&#226;teau &#233;tant partag&#233; par le nucl&#233;aire et les &#233;nergies renouvelables (hydraulique compris). Cela d&#233;montre notre &#233;norme d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard des producteurs de p&#233;trole et de gaz naturel, qui devrait cro&#238;tre si rien n'est fait au niveau politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par r&#233;gion g&#233;ographique (fig. 2), il ressort rapidement que les pays industrialis&#233;s ou occidentaux s'accaparent &#224; eux seuls quasiment la moiti&#233; de la consommation mondiale d'&#233;nergie. L'Asie est en plein essor et sa part est en constante croissance avec notamment l'&#233;mergence de deux grandes nations : la Chine et l'Inde. L'Am&#233;rique du Sud et l'Afrique repr&#233;sentent quant &#224; elles seulement 8 % de la consommation mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bilan des r&#233;serves mondiales en &#233;nergies fossiles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2001, les donn&#233;es sur l'&#233;valuation des r&#233;serves mondiales d'&#233;nergies fossiles &#233;taient les suivantes (voir figure 3) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le charbon y d&#233;tient la plus grande part avec 65 % du total et une dur&#233;e de vie, au rythme de consommation actuel, de plus de deux si&#232;cles. C'est lui qui poss&#232;de la plus forte intensit&#233; carbonique parmi les &#233;nergies fossiles avec 95 kg de CO2 par GJ. Ses lieux de consommation sont principalement l'Asie &#224; 40 % et les &#201;tats-Unis &#224; 32 %. Le charbon assure 38 % de la production d'&#233;lectricit&#233; mondiale et constitue la mati&#232;re premi&#232;re la plus exploit&#233;e en sid&#233;rurgie. Son r&#244;le est indispensable &#224; long terme, car cette source d'&#233;nergie est stable et abondante. Le charbon est surtout n&#233;cessaire pour les pays en d&#233;veloppement l&#224; o&#249; il est produit. Mais son utilisation requiert principalement des am&#233;liorations techniques pour diminuer notamment la pollution engendr&#233;e par les GES &#233;mis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;serves de p&#233;trole repr&#233;sentent quant &#224; elles 18 % des r&#233;serves mondiales d'&#233;nergies fossiles et permettent une marge d'exploitation estim&#233;e &#224; 40 ans avec le rythme de consommation actuel. Ses &#233;missions de carbone sont comprises entre 70 et 80 kg de CO2 par GJ, ce qui est plus faible que le charbon. Il est consomm&#233; &#224; 31 % pour l'Am&#233;rique du Nord seulement, 21 % pour l'Asie et 17,8 % pour l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des pays producteurs de p&#233;trole sont regroup&#233;s dans l'O.P.E.P. qui repr&#233;sente 78 % de ces r&#233;serves. Le plus important est l'Arabie Saoudite avec le quart des r&#233;serves. Avec l'&#233;puisement du p&#233;trole pr&#233;vu vers les ann&#233;es 2040-50, il faudra trouver d'ici 15 ans une &#233;nergie de remplacement, car au rythme actuel, les pays consommateurs seront de plus en plus d&#233;pendants des pays producteurs. Les technologies innovantes pour am&#233;liorer son extraction et sa r&#233;cup&#233;ration et la d&#233;couverte de nouveaux gisements ne devraient retarder la fin annonc&#233;e de l'&#232;re du p&#233;trole que de quelques ann&#233;es. Sa raret&#233; croissante entra&#238;ne la flamb&#233;e de sa valeur et la cupidit&#233; des p&#233;troli&#232;res et associ&#233;s les entra&#238;ne &#224; outrepasser les lois environnementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gaz naturel. Ses ressources mondiales sont de 17 % et ont une esp&#233;rance d'exploitation de l'ordre de 60 ans. L'&#233;nergie gazi&#232;re &#233;met nettement moins de CO2 (57 kg par GJ) que le p&#233;trole. C'est donc la source la moins polluante des &#233;nergies fossiles, tout en ayant un rendement &#233;nerg&#233;tique quasiment identique au p&#233;trole. C'est le type d'&#233;nergie la plus utilis&#233;e pour le chauffage et il sert dans l'industrie principalement comme combustible ou mati&#232;re premi&#232;re. Le march&#233; du gaz est en plein essor partout dans le monde. Sa consommation est importante dans les pays d&#233;velopp&#233;s. Tout comme pour le p&#233;trole, l'Europe et les &#201;tats-Unis devront trouver &#224; court terme des solutions pour pallier &#224; leur d&#233;pendance croissante en approvisionnement en gaz. Toutefois les pays producteurs sont l&#233;g&#232;rement diff&#233;rents, les r&#233;serves &#233;tant majoritairement en Russie (35 %), au Moyen-Orient (36 %) et en Europe de l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nucl&#233;aire a pris son essor lors des grandes crises p&#233;troli&#232;res de 1973 et de 1979. Face &#224; la flamb&#233;e des prix du p&#233;trole et &#224; l'accroissement massif de la demande &#233;nerg&#233;tique, certains pays ont manifest&#233; un d&#233;sir ardent d'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique en recourant au nucl&#233;aire. Aujourd'hui, il y a quelques 441 r&#233;acteurs en fonctionnement dont 146 en Europe et 125 en Am&#233;rique du Nord. Cette source d'&#233;nergie assure 7 % de la consommation mondiale, soit l'&#233;quivalent de la part de l'hydro&#233;lectricit&#233;. Depuis la catastrophe de Tchernobyl, cette nucl&#233;arisation s'est quasiment totalement arr&#234;t&#233;e partout dans les pays occidentaux. Les r&#233;serves d'uranium (&#233;valu&#233;es &#224; 60 ans) sont principalement r&#233;parties en Australie (28 %), au Kazakhstan (15 %) et au Canada (14 %) qui est le premier producteur d'uranium au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les perspectives de d&#233;veloppement de cette &#233;nergie sont maintenant en Asie et en Europe de l'Est qui se partagent &#224; elles seules les 33 r&#233;acteurs en construction. En fait, ce sont les pays ne poss&#233;dant pas d'autres ressources &#233;nerg&#233;tiques qui tentent de la d&#233;velopper (Cor&#233;e du Sud, Japon, Ta&#239;wan, Chine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La hantise du nucl&#233;aire semble toutefois s'effriter et sera probablement remise en question dans la prochaine d&#233;cennie, qui co&#239;ncide avec la fin de la mise en service de plusieurs centrales nucl&#233;aires aux &#201;tats-Unis, au Canada et ailleurs. Derni&#232;rement, le gouvernement Bush a donn&#233; son aval au re-d&#233;veloppement de l'&#233;nergie nucl&#233;aire, consid&#233;r&#233;e maintenant comme &#171; &lt;i&gt;une composante majeure de la politique &#233;nerg&#233;tique nationale&lt;/i&gt; &#187;. Curieusement, le gouvernement Harper vient d'abonder dans le m&#234;me sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs pays jaugent aujourd'hui le nucl&#233;aire de mani&#232;re diff&#233;rente selon que cette &#233;nergie rev&#234;t un caract&#232;re strat&#233;gique pour contrer leur d&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique. Il n'existe en fait aucun consensus social ou politique sur cette forme d'&#233;nergie. L'&#233;nergie nucl&#233;aire, bien que non &#233;mettrice de GES, ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une source d'&#233;nergie durable &#224; cause notamment de ses nombreux probl&#232;mes s&#233;curitaires (accidents, d&#233;chets radioactifs, prolif&#233;ration nucl&#233;aire). C'est en 2012, &#224; l'&#233;ch&#233;ance du protocole de Kyoto, que se posera v&#233;ritablement la question du r&#244;le du nucl&#233;aire dans notre soci&#233;t&#233; future.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;nergies renouvelables ne repr&#233;sentent que 8 % (1 % si on exclut l'hydro&#233;lectricit&#233;) de la demande d'&#233;nergie mondiale mais leur part devrait augmenter substantiellement d'ici 2015 en vue de respecter les accords de Kyoto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Canada, gr&#226;ce &#224; son potentiel hydro&#233;lectrique, est le chef de file mondial dans l'utilisation de ces formes d'&#233;nergie propre. Environ 17 % de son approvisionnement en &#233;nergie primaire provient des &#233;nergies renouvelables, comparativement &#224; 6 % pour les autres pays de l'OCDE. Le Canada a ainsi produit 13,3 % de l'hydro&#233;lectricit&#233; mondiale en 2002. Le potentiel hydro&#233;lectrique pr&#233;sente des perspectives int&#233;ressantes de d&#233;veloppement, surtout en Am&#233;rique du Sud et en Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;nergie &#233;olienne conna&#238;t depuis les deux derni&#232;res d&#233;cennies la croissance la plus &#233;lev&#233;e, avec un taux de 20 &#224; 30 % annuellement, et aucune perspective d'essoufflement n'appara&#238;t &#224; l'horizon. Au contraire. L'essor faramineux de la technologie &#233;olienne a permis une augmentation de 500 % de sa production &#233;nerg&#233;tique par rapport &#224; 1997. Cette &#233;volution est particuli&#232;rement spectaculaire en Europe, o&#249; on retrouve 70 % de la production mondiale d'&#233;nergie &#233;olienne avec comme chefs de file : l'Allemagne (14,612 MW), l'Espagne (6,420 MW) et le Danemark (3,076 MW). On estime actuellement la puissance &#233;olienne r&#233;cup&#233;rable &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire au double de ce que sera la demande mondiale en &#233;lectricit&#233; pr&#233;vue pour l'an 2020. Il y a de quoi &#234;tre souffl&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une crise de l'&#233;nergie &#224; l'horizon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au rythme actuel de la croissance de la consommation &#233;nerg&#233;tique mondiale d'une part et de la diminution des ressources disponibles d'autre part, la catastrophe &#171; d'un monde en manque d'&#233;nergie &#187; appara&#238;t in&#233;luctable. L'&#233;nergie va devenir in&#233;vitablement un enjeu crucial au cours du XX1e si&#232;cle. L'&#233;tat de la balance &#233;nerg&#233;tique de certains pays (voir figure 4) aura des impacts majeurs sur la g&#233;opolitique du monde. De vrais choix &#233;nerg&#233;tiques pour l'avenir des g&#233;n&#233;rations s'imposent d&#232;s aujourd'hui. Et le constat est clair : seules les &#233;nergies renouvelables sont garantes de l'environnement et &#233;conomiquement rentables &#224; long terme pour l'approvisionnement en &#233;nergie. Il n'en reste pas moins que la meilleure &#233;nergie qui soit est celle que l'on ne consomme pas... Pourquoi tant d'ent&#234;tement ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M de T.E.P. : Million de tonnes &#233;quivalent p&#233;trole. Toutes les donn&#233;es de cet article sont tir&#233;es de &#171; &lt;i&gt;L'&#233;nergie dans le monde, au Canada et au Qu&#233;bec&lt;/i&gt; &#187;, M. Benhaddadi, G. Olivier, Polytechnique de Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;variste Feurtey&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ing. Jr., Sp&#233;cialiste en &#233;nergie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;avec la collaboration de &lt;strong&gt;Luciano Benvenuto&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Du cin&#233;ma engag&#233;</title>
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		<dc:date>2008-07-15T14:05:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luciano Benvenuto</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Benvenuto, Luciano </dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Collectif des Lucioles est un groupe de jeunes vid&#233;astes qui ont d&#233;cid&#233;, face &#224; la concentration- censure des m&#233;dias de masse, de prendre cam&#233;ra et micro comme moyen de prise en compte du r&#233;el social. Pour que leur cin&#233;ma engag&#233; soit aussi un cin&#233;ma d'intervention, les Lucioles organisent chaque mois la diffusion de leurs derniers films. Du cin&#233;ma pour r&#233;fl&#233;chir et pour d&#233;battre. &lt;br class='autobr' /&gt; Au cours de la nuit suivant le filmage de la manif anti-G20 &#224; Ottawa, un groupe de jeunes d&#233;cid&#232;rent de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-0-avril-2003-" rel="directory"&gt;No 0 - avril 2003&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cinema-+" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Benvenuto-Luciano-+" rel="tag"&gt;Benvenuto, Luciano &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton21.gif?1642092172' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;100&#034; height=&#034;67&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Collectif des Lucioles est un groupe de jeunes vid&#233;astes qui ont d&#233;cid&#233;, face &#224; la concentration- censure des m&#233;dias de masse, de prendre cam&#233;ra et micro comme moyen de prise en compte du r&#233;el social. Pour que leur cin&#233;ma engag&#233; soit aussi un cin&#233;ma d'intervention, les Lucioles organisent chaque mois la diffusion de leurs derniers films. Du cin&#233;ma pour r&#233;fl&#233;chir et pour d&#233;battre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au cours de la nuit suivant le filmage de la manif anti-G20 &#224; Ottawa, un groupe de jeunes d&#233;cid&#232;rent de former un collectif de vid&#233;astes engag&#233;s. Ainsi des t&#233;n&#232;bres de la nuit jaillirent Les Lucioles pour indiquer des voies alternatives &#224; suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compos&#233; actuellement de 13 personnes, combinant des formations universitaires en sciences sociales, en communication et en cin&#233;ma, ma&#238;trisant les nouvelles technologies audiovisuelles (infographie, vid&#233;o num&#233;rique, Web), les membres de ce collectif ont pris conscience de la responsabilit&#233; de leur pratique cr&#233;atrice &#224; l'&#233;gard de la r&#233;alit&#233; sociale. Faisant fi du glamour accol&#233; aux fabricants d'images, d&#233;cid&#233;s et assur&#233;s de leur capacit&#233; &#224; pouvoir interf&#233;rer sur les mentalit&#233;s, Les Lucioles mettent en images leur vision critique de la soci&#233;t&#233; n&#233;olib&#233;rale et en m&#234;me temps proposent des alternatives sociales et populaires pour la transformer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cin&#233;ma des Lucioles est engag&#233; &#224; plus d'un titre. Primo, les sujets de leurs films sont toujours de l'ordre du r&#233;el, du social, b&#226;tis sur un contenu d'id&#233;es articul&#233;es v&#233;hiculant un message critique et limpide contre l'ordre ambiant du n&#233;olib&#233;ralisme. Anti-mondialiation, mouvement pacifiste, libert&#233;s d&#233;mocratiques, f&#233;minisme, &#233;cologie, pauvret&#233; et exclusion, surconsommation productiviste, autant de th&#232;mes f&#233;conds qui jalonnent leurs exp&#233;riences filmiques. Le style d'&#233;cri-ture est aussi en soi contestataire. Tous les genres s'entrecroisent : cin&#233;ma direct, reportage, animation, docu-fiction o&#249; souvent le spectateur est interpell&#233;. Ici point d'esth&#233;tique l&#233;ch&#233;e, mais des esth&#233;tiques d'&#233;criture au service du contenu. A contrario du cin&#233;ma dominant, c'est aussi une remise en question des codes classiques dans la fa&#231;on de faire et de monter des images-sons, amenant ainsi une autre fa&#231;on de transposer &#224; l'&#233;cran leur prise en direct de la v&#233;rit&#233; de notre temps. Finalement, le cin&#233;ma des Lucioles en est un d'intervention sociale par les projections publiques qu'ils organisent chaque mois, cr&#233;ant ainsi des lieux de d&#233;bats et de r&#233;flexion politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le catalogue de films des Lucioles comprend plus de 40 courts et moyens m&#233;trages sur support vid&#233;o. Plusieurs associations &#233;tudiantes et associations locales de l'UFP y puisent all&#232;grement pour animer leurs activit&#233;s, car les Lucioles, loin d'&#234;tre chiches, encouragent la diffusion de leurs vid&#233;os. Bient&#244;t, le CMAQ (Centre des m&#233;dias alternatifs du Qu&#233;bec) aura sur son site l'int&#233;gralit&#233; de leurs productions dont il sera loisible &#224; tout militantE de t&#233;l&#233;charger gratuitement les oeuvres d&#233;sir&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concevoir, produire, r&#233;aliser, diffuser leurs propres vid&#233;os engag&#233;s, telle est la mission des Lucioles. Le tout g&#233;r&#233; sur un mode anarchique fonctionnel, selon leurs dires, favorisant la cr&#233;ativit&#233;, l'initiative collective et la mise en commun des expertises et des ressources de tout un chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avantage des faibles co&#251;ts de production en vid&#233;o num&#233;rique permet au cin&#233;ma militant de rena&#238;tre. Maintenant lib&#233;r&#233; de l'h&#233;g&#233;monie de l'industrie qui le maintenait dans une marginalisation, le cin&#233;ma engag&#233; s'affiche d&#233;sormais et devient pour certains militantEs un outil d'information pr&#233;cieux en cette p&#233;riode de concentration m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le cin&#233;ma militant de Dziga-Vertov, de Jean-Luc Godard ou de Chris Marker &#233;tait vu comme &#171; une &#233;tincelle de conscience politique &#187;, aujourd'hui &#224; l'&#232;re du num&#233;rique et de la mondialisation, le cin&#233;ma engag&#233; d'ici s'est transform&#233; en &#171; une Luciole de conscience alternative &#187;. Long feu et grandes nuits aux Lucioles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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