<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_mot=201&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Nourritures nordiques</title>
		<link>https://www.ababord.org/Nourritures-nordiques</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Nourritures-nordiques</guid>
		<dc:date>2023-12-28T19:41:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ad&#232;le Clapperton-Richard</dc:creator>


		<dc:subject>Arctique et Grand nord</dc:subject>
		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Clapperton-Richard, Ad&#232;le</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Grenier bor&#233;al est une coop&#233;rative agricole et alimentaire situ&#233;e &#224; Longue-Pointe-de-Mingan, un peu au nord du 50e parall&#232;le. &#192; b&#226;bord ! est all&#233; sur place en avril dernier pour discuter du projet, voir les installations et constater que les d&#233;fis, tout comme la neige, abondent. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en 2013 que le Grenier bor&#233;al est mis sur pied par Claude Lussier et Jos&#233;e B&#233;langer. Le projet initial &#233;tait de fournir du travail aux membres travailleur&#183;euses des communaut&#233;s locales &#224; travers la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Cote-Nord-Nitassinan-Territoires-enchevetres-" rel="directory"&gt;Dossier : C&#244;te-Nord - Nitassinan / Territoires enchev&#234;tr&#233;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arctique-et-Grand-nord-+" rel="tag"&gt;Arctique et Grand nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Clapperton-Richard-Adele-+" rel="tag"&gt;Clapperton-Richard, Ad&#232;le&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/868765.png?1703792307' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;323&#034; height=&#034;193&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Grenier bor&#233;al est une coop&#233;rative agricole et alimentaire situ&#233;e &#224; Longue-Pointe-de-Mingan, un peu au nord du 50e parall&#232;le. &#192; b&#226;bord ! est all&#233; sur place en avril dernier pour discuter du projet, voir les installations et constater que les d&#233;fis, tout comme la neige, abondent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est en 2013 que le Grenier bor&#233;al est mis sur pied par Claude Lussier et Jos&#233;e B&#233;langer. Le projet initial &#233;tait de fournir du travail aux membres travailleur&#183;euses des communaut&#233;s locales &#224; travers la production mara&#238;ch&#232;re et l'&#233;ducation dans les &#233;coles, notamment sur les enjeux de l'alimentation locale. La mission avait aussi une part sociale et engag&#233;e, avec la volont&#233; d'offrir et de faire d&#233;couvrir une alimentation saine et locale aux habitant&#183;es de la Minganie, r&#233;gion &#233;loign&#233;e o&#249; les l&#233;gumes frais ne sont pas souvent disponibles et co&#251;tent beaucoup plus cher qu'au sud du Qu&#233;bec. Depuis, le projet a grandi et a d&#233;velopp&#233; de nouveaux volets, dont la cueillette et la transformation des produits forestiers non ligneux (PFNL), c'est-&#224;-dire les plantes sauvages, les petits fruits et les champignons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rose-Aim&#233;e Auclair, directrice g&#233;n&#233;rale depuis janvier 2022, souligne que dans une entreprise traditionnelle, les employ&#233;&#183;es ne d&#233;velopperont pas n&#233;cessairement de sentiment d'appartenance. Le mod&#232;le coop&#233;ratif permet aux travailleur&#183;euses qui ont une vue d'ensemble sur le terrain de participer plus activement au d&#233;veloppement du projet, d'avoir leur mot &#224; dire et d'ainsi se sentir plus impliqu&#233;&#183;es. Pour elle, ce travail collaboratif mettant &#224; profit &#171; l'intelligence collective &#187;, avec un fonctionnement horizontal, est beaucoup plus souhaitable que le mod&#232;le vertical conventionnel. Le Grenier bor&#233;al permet ainsi de &#171; pousser cette id&#233;ologie &#187; coop&#233;rative en Minganie, avec toutes les valeurs de gauche qui l'accompagnent &#8211; solidaires, environnementales, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Agriculture bor&#233;ale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cultiver des l&#233;gumes au nord du 50e parall&#232;le comporte son lot de d&#233;fis et d'enjeux. Par exemple, le type de sol pr&#233;sent &#224; cet endroit sur la C&#244;te-Nord, tr&#232;s sableux, retient moins l'eau et les engrais. Aussi, parce que la saison est tellement courte &#8211; la p&#233;riode sans gel ne s'&#233;tend que de la mi-juin au tout d&#233;but d'octobre ! &#8211;, la p&#233;riode d'activit&#233; biologique l'est &#233;galement, frein&#233;e quand le sol est trop froid. Rendre les sols propices &#224; la production mara&#238;ch&#232;re est donc un travail de longue haleine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3523 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L349xH231/8768-8dc8d.png?1729018173' width='349' height='231' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La fertilisation est en fait un enjeu majeur sur la C&#244;te-Nord, et encore plus en Minganie, en raison du transport et des co&#251;ts. Tout sera plus cher et moins facilement accessible. Faire venir un &#171; douze roues &#187; de fumier, par exemple, co&#251;tera environ 800 $, comparativement &#224; moins de 200 $ dans les r&#233;gions plus au sud. Pour cette raison, plusieurs strat&#233;gies sont d&#233;ploy&#233;es pour amender les sols avec ce qui est disponible localement &#8211; et gratuit. Parmi ces alternatives, il y a l'usage des algues, qui sont ramen&#233;es sur la ferme, puis laiss&#233;es en d&#233;composition pendant l'&#233;t&#233; afin de pouvoir en faire un fertilisant &#224; &#233;pandre &#224; l'automne. De m&#234;me, le capelan, un petit poisson qui vient s'&#233;chouer sur les berges, est ramass&#233; au mois de juin et enfoui dans les sols. Ce genre de savoir provient souvent des a&#238;n&#233;&#183;es des communaut&#233;s locales, qui maintiennent que c'est &#171; le meilleur engrais &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des moyens plus techniques pour allonger la saison de mara&#238;chage dans le climat nordique deviennent aussi n&#233;cessaires, comme la culture en serre, les &#171; tunnels chenilles &#187; (qui ne sont pas chauff&#233;s, mais qui permettent de prot&#233;ger les l&#233;gumes) ainsi que l'usage de b&#226;ches thermiques. Tout cela am&#232;ne des co&#251;ts de production qui sont beaucoup plus grands qu'ailleurs. Malgr&#233; tout, sur ses 0,6 hectare, le Grenier bor&#233;al r&#233;ussit &#224; produire bien plus que les traditionnels &#171; choux, carottes, navets, patates &#187; auxquels les gens des villages nord-c&#244;tiers &#233;taient habitu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cueillir ce qui est &#224; port&#233;e de main&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce climat bor&#233;al de la Minganie repr&#233;sente toutefois un avantage pour d'autres types de cultures. Traditionnellement, c'est la cueillette foresti&#232;re qui est pratiqu&#233;e sur le territoire. L'exploitation des ressources non ligneuses permet alors de mettre en valeur ce qui pousse localement, soit les petits fruits nordiques (l'airelle vigne d'Ida &#8211; ce que les Innu&#183;es appellent les &#171; graines rouges &#187; &#8211;, la camarine, la ronce arctique et la chicoutai). C'est une &#171; escouade &#187; d'environ 80 cueilleur&#183;euses qui sont engag&#233;&#183;es chaque &#233;t&#233; sur 400 km de long, de Kegaska &#224; Sheldrake.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3524 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L317xH213/989-d2cf8.png?1729018173' width='317' height='213' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce volet est beaucoup d&#233;velopp&#233; en partenariat avec la communaut&#233; innue d'Ekuanitshit. Comme le souligne Alex Beaudin : &#171; &lt;em&gt;les a&#238;n&#233;&#183;es des communaut&#233;s allochtones cueillent depuis toujours et les a&#238;n&#233;&#183;e&#183;s des communaut&#233;s autochtones&#8230; c'est encore pire, y cueillent des affaires qu'on ne conna&#238;t m&#234;me pas !&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esprit collaboratif de la coop&#233;rative prend forme aussi &#224; travers diff&#233;rents projets de recherche men&#233;s avec le Centre d'exp&#233;rimentation et de d&#233;veloppement en for&#234;t bor&#233;ale (CEDFOB) situ&#233; &#224; Baie-Comeau, pour mettre en place des essais de culture des petits fruits nordiques et des proc&#233;dures de cueillettes responsables, avec des objectifs de protection des ressources.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3526 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L320xH212/123123-5-a9ade.png?1729018173' width='320' height='212' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Semer du changement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers ces partenariats, le Grenier bor&#233;al entend &#233;largir ses sph&#232;res d'activit&#233;s, en misant de plus en plus sur la formation et l'&#233;ducation, non seulement de ses membres, mais aussi des habitant&#183;es de la r&#233;gion. Le volet &#233;ducatif se lie &#224; l'agrotourisme, avec l'organisation de visites de la ferme ou encore l'accueil de b&#233;n&#233;voles pour travailler aux champs &#8211; pr&#232;s de 40 000 heures de b&#233;n&#233;volat ont d'ailleurs &#233;t&#233; offertes au Grenier bor&#233;al jusqu'&#224; maintenant, par une centaine de personnes !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3525 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L317xH210/345243-c5d6e.png?1729018173' width='317' height='210' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'aspect alimentaire est aussi en d&#233;veloppement, en vue d'initier des jeunes de la r&#233;gion &#224; manger des l&#233;gumes diff&#233;rents. Une collaboration avec l'&#233;cole primaire de la communaut&#233; innue de Nutashkuan, qui souhaite introduire des aliments locaux dans sa caf&#233;t&#233;ria, prendrait ainsi forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Grenier bor&#233;al appara&#238;t ainsi comme un terreau fertile en innovations, apprentissages et collaborations qui permettent de cultiver, au-del&#224; des l&#233;gumes et des petits fruits nordiques, des liens de solidarit&#233; dans les communaut&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Rose-Aim&#233;e Auclair est directrice g&#233;n&#233;rale du Grenier bor&#233;al ; Alex Beaudin est vice-pr&#233;sident et coordonnateur volet forestible du Grenier bor&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photos : Ad&#232;le Clapperton-Richard&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Arctique. Vers le d&#233;gel&#8230;de l'indiff&#233;rence !</title>
		<link>https://www.ababord.org/Arctique-Vers-le-degel-de-l</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Arctique-Vers-le-degel-de-l</guid>
		<dc:date>2015-01-14T01:13:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Diego Creimer</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Arctique et Grand nord</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>
		<dc:subject>Creimer, Diego</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un phoque sur la glace, un chasseur et un activiste de Greenpeace qui se place, d&#233;fiant, entre les deux pour &#233;viter le carnage. Voil&#224; l'image que beaucoup de gens gardent des campagnes de Greenpeace dans l'Arctique. Pourtant, aujourd'hui la situation est tout autre. &lt;br class='autobr' /&gt; Au moment d'&#233;crire ces lignes, quelques faits nous donnent un tableau bien diff&#233;rent de l'Arctique et de la pr&#233;sence de Greenpeace dans cette r&#233;gion du monde : Kuujjuaq enregistre les temp&#233;ratures les plus &#233;lev&#233;es de son (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Changements-climatiques-L-" rel="directory"&gt;Dossier : Changements climatiques - L'urgence d'agir&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arctique-et-Grand-nord-+" rel="tag"&gt;Arctique et Grand nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Creimer-Diego-+" rel="tag"&gt;Creimer, Diego&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1933.jpg?1642092162' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;672&#034; height=&#034;448&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un phoque sur la glace, un chasseur et un activiste de Greenpeace qui se place, d&#233;fiant, entre les deux pour &#233;viter le carnage. Voil&#224; l'image que beaucoup de gens gardent des campagnes de Greenpeace dans l'Arctique. Pourtant, aujourd'hui la situation est tout autre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au moment d'&#233;crire ces lignes, quelques faits nous donnent un tableau bien diff&#233;rent de l'Arctique et de la pr&#233;sence de Greenpeace dans cette r&#233;gion du monde : Kuujjuaq enregistre les temp&#233;ratures les plus &#233;lev&#233;es de son histoire r&#233;cente ; la glace polaire qui fonctionne comme le climatiseur de la plan&#232;te enregistre des &#233;tendues minimales et succombe sous la force des &#233;normes vagues nagu&#232;re peu fr&#233;quentes ; les compagnies p&#233;troli&#232;res d&#233;ploient tous les moyens de pression concevables pour assouplir les lois et les r&#233;gle&#173;mentations et se rendre le plus vite possible jusqu'aux gisements de p&#233;trole qui se trouvent au fond de l'oc&#233;an Arctique, risquant une mar&#233;e noire avec des cons&#233;quences incalculables ; les chalutiers qui pillent les oc&#233;ans de la plan&#232;te avancent de plus en plus vers le Nord, convoitant d&#233;j&#224; les ressources halieutiques d'un des derniers recoins peu pollu&#233;s de notre plan&#232;te. Assez pour vous d&#233;courager ? Il y a pourtant de quoi &#234;tre optimiste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;i&gt;Mea culpa&lt;/i&gt; et main tendue&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En juin dernier, Greenpeace Canada publiait une lettre historique dans laquelle l'organisation s'excusait des torts non intentionn&#233;s caus&#233;s aux peuples autochtones de l'Arctique canadien lors de sa campagne contre la chasse aux phoques commerciale des ann&#233;es 1970 et 1980, soulignant du m&#234;me souffle son respect inconditionnel des droits des peuples autochtones de l'Arctique &#224; pratiquer une chasse traditionnelle de subsistance dans leurs territoires ancestraux. Cette lettre n'est pas pass&#233;e inaper&#231;ue, ni dans le Nord, o&#249; Jerry Natanine, le maire de la petite communaut&#233; inuite de Clyde River, affirme avoir &#233;t&#233; &#233;mu en la lisant, car il avait ha&#239; Greenpeace toute sa vie et que le temps &#233;tait maintenant venu d'enterrer la hache de guerre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lisa Gregoire, &#171; Nunavut Inuit hope to team up with Ecojustice to stop (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; ni dans le Sud, o&#249; les grands journaux n'ont pas manqu&#233; de souligner ce tournant inesp&#233;r&#233; dans les relations entre Greenpeace et les Inuits. En m&#234;me temps, le site Internet de la campagne Arctique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de Greenpeace devenait accessible dans deux des langues originaires du nord du Canada : l'inuktitut et le gwich'in. &#201;tant d&#233;j&#224; convaincus que, dans la lutte pour prot&#233;ger l'Arctique, nos meilleurs outils sont le dialogue et l'entente mutuelle, la traduction de l'information de Greenpeace sur l'Arctique en deux langues autochtones constituait une &#233;tape logique pour y parvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques semaines plus tard, au milieu d'une campagne mondiale lanc&#233;e par Greenpeace contre le partenariat tr&#232;s questionnable de la compagnie de jouets Lego et la p&#233;troli&#232;re Shell, la petite communaut&#233; de Clyde River, appuy&#233;e par des juristes tr&#232;s exp&#233;riment&#233;s et par Greenpeace, contestait &lt;i&gt;in extremis&lt;/i&gt; devant une cour f&#233;d&#233;rale la l&#233;gitimit&#233; des permis d'exploration p&#233;troli&#232;re extrac&#244;ti&#232;re octroy&#233;s par l'Office national de l'&#233;nergie dans les eaux de la baie de Baffin. Ceux qui croyaient, comme les compagnies p&#233;troli&#232;res, que les Inuits resteraient indolents face aux menaces que les tests sismiques sous-marins posent pour l'environnement se sont carr&#233;ment tromp&#233;s. L'heure est plus que jamais &#224; la r&#233;sistance et &#224; la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, m&#234;me si les donn&#233;es scientifiques sur l'Arctique ne cessent de dessiner un sc&#233;nario catastrophique, il y a de quoi esp&#233;rer pour celles et ceux qui se mobilisent pour le sauver. Plus vite que les autres, ils ont compris que l'inaction est aussi une forme de complicit&#233;, et qu'il faut agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#244;t ou tard, d'autres secteurs de la soci&#233;t&#233; suivront. Par bonheur, l'indiff&#233;rence, elle aussi, est en plein d&#233;gel&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lisa Gregoire, &#171; &lt;i&gt;Nunavut Inuit hope to team up with Ecojustice to stop seismic testing&lt;/i&gt; &#187;, Nunatsiaq Online, 11 juillet 2014. URL : &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://www.nunatsiaqonline.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.nunatsiaqonline.ca&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.savethearctic.org/fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.savethearctic.org/fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un autre plan de d&#233;veloppement du Nord du Qu&#233;bec</title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-autre-plan-de-developpement-du</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Un-autre-plan-de-developpement-du</guid>
		<dc:date>2013-03-12T02:43:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Girouard</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Arctique et Grand nord</dc:subject>
		<dc:subject>Girouard, Laurent</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;cemment, un politicien ratoureux a cr&#233;&#233; un slogan publicitaire pour d&#233;tourner l'attention du peuple de ses turpitudes : le Plan Nord. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Plan Nord n'existe pas et n'a jamais exist&#233;. Ni pour les Premi&#232;res Nations, ni pour les Qu&#233;b&#233;cois. Ce qui existe depuis la flamb&#233;e internationale des prix des m&#233;taux, c'est la ru&#233;e vers les gisements miniers du Nord et du moyen Nord du Qu&#233;bec d'un essaim de rapaces qui veulent les exploiter tous azimuts. Le politicien a flair&#233; la bonne affaire et a (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Aux-voleurs-Nos-ressources-" rel="directory"&gt;Dossier : Aux voleurs ! Nos ressources naturelles et le Plan Nord&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arctique-et-Grand-nord-+" rel="tag"&gt;Arctique et Grand nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Girouard-Laurent-+" rel="tag"&gt;Girouard, Laurent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1588.gif?1642092142' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;821&#034; height=&#034;507&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;cemment, un politicien ratoureux a cr&#233;&#233; un slogan publicitaire pour d&#233;tourner l'attention du peuple de ses turpitudes : le Plan Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Plan Nord n'existe pas et n'a jamais exist&#233;. Ni pour les Premi&#232;res Nations, ni pour les Qu&#233;b&#233;cois. Ce qui existe depuis la flamb&#233;e internationale des prix des m&#233;taux, c'est la ru&#233;e vers les gisements miniers du Nord et du moyen Nord du Qu&#233;bec d'un essaim de rapaces qui veulent les exploiter tous azimuts. Le politicien a flair&#233; la bonne affaire et a lanc&#233; son Plan Nord. Il s'est promen&#233; un peu partout pour annoncer le Plan du futur. Tout le monde a analys&#233;, soupes&#233;, vant&#233;, critiqu&#233; et au final aval&#233; la couleuvre. On a fait des colloques. On a fait des &#233;ditoriaux. On a fait num&#233;ros sp&#233;ciaux de revue...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant que le monde des affaires lan&#231;ait ses fanfares, que les sp&#233;cialistes du Nord louangeaient l'entreprise avec, il faut le dire, quelques b&#233;mols, les Inuits, les Cris et les Innus flairant les djobbes, signaient des &#171; ententes administratives &#187; avec les mini&#232;res. Et attendaient les &#233;v&#232;nements...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, des villes et des villages nordiques explosaient. Flamb&#233;es des prix des denr&#233;es et des loyers. Migration de la main-d'oeuvre locale vers les chantiers miniers. Les d&#233;veloppeurs menaient le bal, seuls. Pour combien de temps ? Et si le prix des minerais fl&#233;chissait ? Y aurait-il d'autres Gagnonville, d'autres Schefferville ? Mais, faut en profiter pendant que le train passe. C'est ce qu'on appelle le Plan Nord.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Historique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement du Nord du Qu&#233;bec est une vieille affaire. Reculons dans le temps : Plan Nord, les 100 000 djobbes de la Baie James, le fer de Schefferville de Duplessis, la ru&#233;e vers l'or en Abitibi, le saccage des for&#234;ts de la Mauricie, le petit Nord du Cur&#233; Labelle. Au d&#233;but m&#234;me de la colonie, Iberville et les Anglais dans la Baie d'Hudson, Des groseilliers et Radisson &#224; la Baie James pour les fourrures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge Bouchard rappelle un mot du Cur&#233; Labelle (dans le roman &lt;i&gt;Un homme et son p&#233;ch&#233;&lt;/i&gt; de C.-H. Grignon) &#171; &lt;i&gt;plus un indien dans la for&#234;t&lt;/i&gt; &#187;. Tous dans les r&#233;serves. On est alors en territoires algonquins dans les Laurentides. Puis, en Mauricie, chez les Atikamekws, o&#249; la Wayagamak et autres multinationales auront le champ libre pour sortir le bois par les rivi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;al McKenzie, de Matimekush, nous rappelle que les Innus de son village ont connu la construction et la destruction de Schefferville. Ils sont inquiets de voir la m&#234;me chose se produire avec les nouvelles compagnies qui arrivent sur leur territoire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Exit les Premi&#232;res Nations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le Plan Nord se pr&#233;sente moins comme id&#233;e nouvelle que comme la phase la plus r&#233;cente de l'expansion de l'espace culturel, &#233;conomique et politique de ce qui constitue le coeur d&#233;mographique du Qu&#233;bec, soit la Vall&#233;e du Saint-Laurent &lt;/i&gt;, &#187; affirment Caroline Desbiens et Etienne Rivard dans un r&#233;cent num&#233;ro de la revue Recherches Am&#233;rindiennes au Qu&#233;bec (RAQ)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dossier : &#034;lPlan Nord, &#233;ducation et droit&#034;. Recherches am&#233;rindiennes au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ouvrir le Nord ou s'ouvrir au Nord ? C'est la question que posent ces deux auteurs. L'int&#233;r&#234;t collectif qu&#233;b&#233;cois comprend-il les Am&#233;rindiens et les Inuits ? Long chemin&#8230; Le Plan Nord nous para&#238;t un pr&#233;texte pour l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois et les d&#233;veloppeurs de tout acabit pour &#171; repousser les fronti&#232;res &#187; actuelles, pour rendre accessibles les territoires dits &#171; vierges &#187; &#224; l'exploitation des ressources. Or, ces territoires sont occup&#233;s et exploit&#233;s par les Nations autochtones et inuites. Plan Nord ou non, rien n'a rien &#233;t&#233; pr&#233;vu, ou si peu, pour que les Nations autochtones et inuites se pr&#233;parent aux transformations radicales qu'entra&#238;neront l'exploitation press&#233;e des ressources du territoire. La main-d'&#339;uvre majoritaire dans les mines, l'hydro&#233;lectricit&#233; et la foresterie vient du &#171; Sud &#187; (&#171; &lt;i&gt;fly-in\fly-out&lt;/i&gt; &#187;, 3 semaines au Nord 3 au Sud).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les Innus, cinq communaut&#233;s sur neuf avaient refus&#233; le Plan Nord. Les n&#233;gociations directes entre les Conseils de bande et les compagnies sont devenues plus avantageuses. Finalement, c'est l'ensemble de la Nation innue, dont les droits territoriaux ne sont toujours pas reconnus, qui voit leur Nitassinan morcel&#233; et exploit&#233; dont les populations subiront les cons&#233;quences sociales et environnementales impr&#233;visibles. Dans le m&#234;me num&#233;ro de &lt;i&gt;RAQ&lt;/i&gt;, Hugo Asselin cite plusieurs exemples de communaut&#233;s autochtones qui, &#224; moyen terme, ont vu leur condition de vie se d&#233;t&#233;riorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Algonquins de Pikogan, par exemple, se voient exclus dudit Plan Nord. Les Atikamekws sont aussi exclus du Plan Nord. Mais tous esp&#232;rent que des emplois seront ouverts &#224; leurs jeunes. Le fait que les droits de ces nations ne soient pas d&#233;finis par des conventions va cr&#233;er des &#171; &lt;i&gt;d&#233;chirures et des divisions&lt;/i&gt; selon Bruno et David Kistabish&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Plan Nord a &#233;t&#233; annonc&#233; comme &#171; &lt;i&gt;un projet rassembleur, une vision commune, un projet exemplaire de d&#233;veloppement durable qui int&#232;gre tant le d&#233;veloppement &#233;nerg&#233;tique, minier, forestier, bioalimentaire et touristique que les infrastructures de transport, la mise en valeur de la faune ainsi que la protection de l'environnement et la conservation de la biodiversit&#233; &lt;/i&gt; &#187; rappelle Jean-Fran&#231;ois Artau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Notons qu'on parle peu des populations vivant sur le territoire. Les Inuits ont pr&#233;sent&#233; en contrepartie le Plan Nunavik qui pose des conditions pour accepter le d&#233;veloppement de leur r&#233;gion. Au m&#234;me moment, au Nunavik, Oceanic Iron Ore veut s'installer &#224; Aupaluk sur l'Ungava. Ce projet est &#233;loquent pour illustrer la faiblesse du dit Plan Nord et du faible pouvoir l&#233;gislatif dont dispose le Qu&#233;bec. Tout autour du village de Aupaluk (126 habitants), les &#171; &lt;i&gt;claim block&lt;/i&gt; &#187; de la Compagnie, s'&#233;tendent en dehors des terres de cat&#233;gorie 1 qui elles sont sous juridiction exclusive des Inuits. On parle d'un investissement de 3 milliards de dollars : de l'&#233;lectricit&#233; &#171; verte &#187;, d'un port en eau profonde et d'une ligne de fibre optique pour internet dont une grande partie serait fournie par le Qu&#233;bec. Le fer sera transport&#233; par bateau vers o&#249; ? Qui le transformera ? On pr&#233;voit la venue de pr&#232;s de 2000 travailleurs dans cette r&#233;gion&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pyramide des &#226;ges dans les communaut&#233;s autochtones et inuites, contrairement &#224; celle du Qu&#233;bec, montre que les jeunes forment plus de 50 % &#224; 60 % de la population. Les dirigeants de ces communaut&#233;s sentent la pression et se voient mal refuser les perspectives de d&#233;veloppement &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des femmes autochtones ont march&#233; et bloqu&#233; des routes pour d&#233;noncer les cons&#233;quences du Plan Nord sur la situation des femmes, sur les emplois qu'on leur r&#233;serve. Femmes autochtones du Qu&#233;bec constate qu'il y a l&#224; un cocktail explosif qui a pour cons&#233;quence l'augmentation de la prostitution aux alentours des chantiers dont les femmes autochtones sont les premi&#232;res victimes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Un probl&#232;me de priorit&#233;s dans le d&#233;veloppement du Nord&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui presse ? Comment se fera le d&#233;veloppement r&#233;el des communaut&#233;s : des &#233;coles plus fonctionnelles dont les orientations respectent leur culture et leur langue, des mesures importantes sur le plan de la sant&#233;, de l'habitation, un plan de lutte contre la pauvret&#233; et le non-emploi, des programmes s&#233;rieux de soutien aux femmes, aux enfants ? Avant tout, il faut reconna&#238;tre les droits territoriaux, politiques et culturels des nations autochtones puis, pr&#233;parer l'exploitation &#224; moyen terme des ressources du Nord au b&#233;n&#233;fice de ses habitants et de tout le Qu&#233;bec. Les ressources mini&#232;res et foresti&#232;res ne se sauveront pas. Les besoins en m&#233;taux rares augmenteront s&#251;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le canevas pr&#233;sent&#233; par le gouvernement Charest, aucune loi n'a &#233;t&#233; adopt&#233;e pour le mettre en oeuvre. Avec l'&#233;lection du Parti qu&#233;b&#233;cois on parle maintenant de &#171; d&#233;veloppement &lt;i&gt;du Nord&lt;/i&gt; &#187;. Malgr&#233; le changement d'appellation, les projets d'exploitation des ressources par les multinationales se font encore en acc&#233;l&#233;r&#233;. Un r&#233;el Plan Nord devrait servir d'entonnoir par o&#249; les projets seraient &#233;tudi&#233;s et approuv&#233;s pour les situer dans un grand ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Penser tout le territoire nordique comme un tout, non pas comme une vaste r&#233;serve de ressources &#224; exploiter, mais comme un lieu habit&#233; qu'il faut pr&#233;parer et souvent &#171; r&#233;parer &#187; sur le plan social. L'&#233;tat des lieux, d&#251; &#224; des politiques coloniales et &#224; l'ignorance crasse (entretenue) des gouvernements, est d&#233;plorable et n&#233;cessite un r&#233;el Plan .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dossier : &#034;lPlan Nord, &#233;ducation et droit&#034;. &lt;i&gt;Recherches am&#233;rindiennes au Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, n 1, vol XLI, 2011&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Plan Nord de Jean Charest</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-Plan-Nord-de-Jean-Charest</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-Plan-Nord-de-Jean-Charest</guid>
		<dc:date>2012-04-05T00:20:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Le Collectif de la revue &#192; b&#226;bord !</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Arctique et Grand nord</dc:subject>
		<dc:subject>Le Collectif de la revue &#192; b&#226;bord !</dc:subject>
		<dc:subject>Editoriaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jean Charest est d&#233;sireux de passer &#224; l'histoire. Pour faire oublier qu'il est surtout reconnu comme la t&#234;te dirigeante d'un gouvernement dans lequel gestion rime avec corruption, notre premier ministre entend laisser une image plus positive de son passage &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat. Pour la gauche, l'h&#233;ritage de M. Charest demeurera associ&#233; &#224; ses tentatives de &#171; r&#233;ing&#233;nierie &#187; de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois, &#224; ses politiques en faveur du priv&#233;, &#224; sa &#171; r&#233;volution tarifaire &#187; et autres legs peu glorieux. &#192; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-44-avril-mai-2012-" rel="directory"&gt;No 044 - avril / mai 2012&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arctique-et-Grand-nord-+" rel="tag"&gt;Arctique et Grand nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Le-Collectif-de-la-revue-A-babord-+" rel="tag"&gt;Le Collectif de la revue &#192; b&#226;bord !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Editoriaux-+" rel="tag"&gt;Editoriaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1282.jpg?1642092131' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;2183&#034; height=&#034;3027&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jean Charest est d&#233;sireux de passer &#224; l'histoire. Pour faire oublier qu'il est surtout reconnu comme la t&#234;te dirigeante d'un gouvernement dans lequel gestion rime avec corruption, notre premier ministre entend laisser une image plus positive de son passage &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat. Pour la gauche, l'h&#233;ritage de M. Charest demeurera associ&#233; &#224; ses tentatives de &#171; r&#233;ing&#233;nierie &#187; de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois, &#224; ses politiques en faveur du priv&#233;, &#224; sa &#171; r&#233;volution tarifaire &#187; et autres legs peu glorieux. &#192; cette liste d&#233;j&#224; longue, il faudra ajouter maintenant le dernier n&#233; du PLQ, le d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre Plan Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Chantier d'une g&#233;n&#233;ration pour les uns, retour &#224; l'&#232;re duplessiste pour les autres, le Plan Nord promet d'&#234;tre, pour les ann&#233;es &#224; venir, l'une des lignes de d&#233;marcations entre les partisans d'un Qu&#233;bec plus solidaire et ceux d'un Qu&#233;bec r&#233;solument converti au n&#233;olib&#233;ralisme. Ce projet, loin de correspondre aux promesses du gouvernement &#8211; la cr&#233;ation d'emplois, le d&#233;veloppement r&#233;gional, etc. &#8211;, est vou&#233; &#224; n'&#234;tre qu'un outil de plus aux mains des multinationales mini&#232;res pour se faire offrir des ressources &#224; bon march&#233; sur un plateau d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que la loi sur les mines du Qu&#233;bec donne d&#233;j&#224; d'importants droits &#224; ces multinationales, faisant d'elles les propri&#233;taires &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; de notre sous-sol ; elles peuvent de plus compter sur un syst&#232;me de redevances mini&#232;res qui rabaisse le Qu&#233;bec au rang de pays du tiers-monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement du Qu&#233;bec pr&#233;voit investir entre 16 et 23 G$ pendant les prochaines ann&#233;es pour faire la promotion de l'exploitation des ressources du Qu&#233;bec et fournir aux entreprises de ce secteur les infrastructures n&#233;cessaires au bon d&#233;roulement de leurs op&#233;rations. Cette position du gouvernement est d'autant plus critiquable lorsqu'on se rend compte que le montant investi par l'&#201;tat ne risque pas d'&#234;tre compens&#233; par des retomb&#233;es &#233;quivalentes. Selon les estimations de Desjardins, le Qu&#233;bec pourra obtenir un retour sur investissement d'environ 14,2 G$. En clair, l'&#201;tat va utiliser l'argent des contribuables pour permettre &#224; de riches entreprises &#233;trang&#232;res de venir exploiter &#224; rabais nos ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Charest pr&#233;voit donc appauvrir le Qu&#233;bec sous pr&#233;texte de favoriser le d&#233;veloppement &#233;conomique. De plus, le tout se d&#233;roule sans qu'une politique de protection du territoire et de la faune digne de ce nom soit mise en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous serions en droit de nous attendre &#224; ce que, contre de si g&#233;n&#233;reuses contributions publiques, l'&#201;tat prenne minimalement des parts dans les entreprises concern&#233;es. Que non ! Le d&#233;veloppement se fera par et pour les mini&#232;res. Le gouvernement va m&#234;me jusqu'&#224; affirmer qu'il serait irresponsable d'exiger que les m&#233;taux extraits de notre sol soient transform&#233;s en tout ou en partie au Qu&#233;bec. Une telle exigence aurait comme effet de courroucer les investisseurs, ce que notre premier ministre s'&#233;vertue &#224; &#233;viter depuis son arriv&#233;e au pouvoir. La soumission totale aux humeurs des actionnaires est par ailleurs un v&#233;ritable &lt;i&gt;credo&lt;/i&gt; de ce gouvernement : le ministre d&#233;l&#233;gu&#233; aux Ressources naturelles, Serge Simard, a m&#234;me &#233;nonc&#233; un surprenant sophisme selon lequel cr&#233;er des emplois pourrait faire augmenter la pauvret&#233; ! Le Plan Nord n'est donc pas un projet de d&#233;veloppement &#233;conomique ad&#233;quat pour les r&#233;gions concern&#233;es. Pire, il risque de g&#233;n&#233;rer des impacts socio&#233;conomiques n&#233;fastes comme toute politique de d&#233;veloppement trop rapide et mal r&#233;fl&#233;chi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, il faudrait tout remettre sur la table et r&#233;fl&#233;chir collectivement sur le projet d'exploitation du Nord qu&#233;b&#233;cois. Dans quelle optique et pour qui doit-il se faire ? Quelles sont au juste les ressources &#224; exploiter si tant est que cette exploitation est n&#233;cessaire ? Comment concevoir ce projet avec la collaboration de peuples autochtones dont c'est le territoire ? Comment assurer une protection efficace de l'environnement ? Comment lier le tout &#224; de v&#233;ritables objectifs de d&#233;veloppement r&#233;gional ? Aucune de ces questions fondamentales n'est pos&#233;e par le gouvernement Charest qui, au lieu d'impliquer l'ensemble de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise dans son projet improvis&#233;, offre un grand buffet, avec bar ouvert, &#224; ses amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, la r&#233;sistance s'organise. Si Jean Charest entend entrer dans l'histoire, il faudra faire en sorte que son legs soit autre chose qu'un Qu&#233;bec d&#233;vast&#233;. Ce ne sont plus seulement que des organisations progressistes (syndicales, communautaires, &#233;cologistes, etc.) qui unissent leurs voix afin de contester ce mauvais plan. &#192; travers tout le Qu&#233;bec, une large contestation se constitue contre les politiques de d&#233;veloppement irresponsable du gouvernement Charest. On en appelle &#224; reprendre collectivement possession de ce d&#233;bat au nom du respect de l'environnement, du bien commun et des g&#233;n&#233;rations &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation comprend, et c'est une &#233;tape importante, une large manifestation pr&#233;vue pour le &lt;i&gt;Jour de la Terre 2012&lt;/i&gt;, le 22 avril prochain, qui pourrait &#234;tre poursuivie par une d&#233;nonciation ferme et syst&#233;matique des politiques de Jean Charest lors de la prochaine campagne &#233;lectorale. Le d&#233;veloppement &#233;conomique du Qu&#233;bec doit &#234;tre pens&#233; sur de nouvelles bases : il ne s'agit plus de chercher &#224; plaire &#224; quelques grands investisseurs &#233;trangers, mais bien de r&#233;pondre aux besoins de la population qu&#233;b&#233;coise, ce qui implique de ne plus voir notre territoire comme un r&#233;servoir de ressources &#224; exploiter, mais comme une terre &#224; habiter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La conqu&#234;te du P&#244;le Nord</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-conquete-du-Pole-Nord</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-conquete-du-Pole-Nord</guid>
		<dc:date>2008-08-13T10:43:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Batiste Foisy</dc:creator>


		<dc:subject>Militarisme et antimilitarisme</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Arctique et Grand nord</dc:subject>
		<dc:subject>Foisy, Batiste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que la course au p&#244;le pr&#233;cipite la militarisation de l'Arctique, les populations nordiques canadiennes restent tenues &#224; l'&#233;cart du d&#233;bat. C'est comme si on r&#233;glait la souverainet&#233; du Qu&#233;bec sans les Qu&#233;b&#233;coises. &lt;br class='autobr' /&gt; Avril 2007. La tension est palpable au centre de commandement de Yellowknife. La relationniste a beau r&#233;p&#233;ter &#224; la demi-douzaine de journalistes entass&#233;s dans le salon des officiers que c'est avec grand plaisir que les Forces canadiennes les re&#231;oivent, &#224; voir l'air interdit (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-22-dec-2007-jan-2008-" rel="directory"&gt;No 022 - d&#233;c. 2007 / jan. 2008&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Militarisme-et-antimilitarisme-+" rel="tag"&gt;Militarisme et antimilitarisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arctique-et-Grand-nord-+" rel="tag"&gt;Arctique et Grand nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Foisy-Batiste-+" rel="tag"&gt;Foisy, Batiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton405.gif?1642092268' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;283&#034; height=&#034;338&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que la course au p&#244;le pr&#233;cipite la militarisation de l'Arctique, les populations nordiques canadiennes restent tenues &#224; l'&#233;cart du d&#233;bat. C'est comme si on r&#233;glait la souverainet&#233; du Qu&#233;bec sans les Qu&#233;b&#233;coises.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avril 2007. La tension est palpable au centre de commandement de Yellowknife. La relationniste a beau r&#233;p&#233;ter &#224; la demi-douzaine de journalistes entass&#233;s dans le salon des officiers que c'est avec grand plaisir que les Forces canadiennes les re&#231;oivent, &#224; voir l'air interdit du brigadier g&#233;n&#233;ral Christine Whitecross, commandante en chef de la Force op&#233;rationnelle interarm&#233;es du Nord (FOIN), on se doute bien qu'elle se serait pass&#233;e de ce point de presse impromptu. Elle balaie m&#233;ticuleusement l'assistance du regard, rel&#232;ve la t&#234;te et r&#233;sume enfin la situation : &#171; &lt;i&gt;Nous ne comprenons pas&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;tail qui &#233;chappe &#224; l'arm&#233;e, ce sont les motifs qui incitent les Premi&#232;res nations Dehcho &#224; d&#233;noncer le d&#233;barquement que pr&#233;parerait, selon eux, l'arm&#233;e canadienne dans leur territoire ancestral. C'est un malentendu, insiste Whitecross, l'&lt;i&gt;Op&#233;ration Narwhal&lt;/i&gt; est un exercice routinier qui vise &#224; entra&#238;ner les Forces &#224; r&#233;pondre &#224; des situations d'urgence dans le Nord canadien. C'est pour la s&#233;curit&#233; et la souverainet&#233; nationale, assure-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans son fief de Fort Simpson, le chef des Dehcho, Herb Norwegian, voit l'affaire d'un autre &#339;il. Celui qui proclame la souverainet&#233; de son peuple sur 212 000 km2 de terres au c&#339;ur des Territoires du Nord-Ouest ne s'explique pas de quel droit le Canada entend d&#233;ployer l'arm&#233;e chez lui, sous pr&#233;texte d'affirmer la sienne de souverainet&#233;. &#171; &lt;i&gt;Pour nous, c'est un affront &#224; nos terres et &#224; nos droits&lt;/i&gt; &#187;, dit-il. &#171; &lt;i&gt;On pourrait m&#234;me dire que c'est un exercice d'intimidation des Dehcho&lt;/i&gt; &#187;. Il affirme n'avoir &#233;t&#233; ni consult&#233; ni averti et r&#233;clame une rencontre &#171; &lt;i&gt;de gouvernement &#224; gouvernement&lt;/i&gt; &#187;. Puisque l'exercice en question doit simuler une attaque terroriste dans la vall&#233;e du Mackenzie, le grand chef sugg&#232;re que le Canada &#171; &lt;i&gt;utilise l'excuse du terrorisme pour faire flotter son drapeau sur nos terres&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dehcho First Nations, &#171; Troops at Fort Simpson will not be welcomed &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux jours plus tard, l'arm&#233;e d&#233;barque comme pr&#233;vu &#224; Fort Simpson o&#249; elle est accueillie par des manifestants arm&#233;s&#8230; de tambours traditionnels. Cet incident diplomatique, pass&#233; plus ou moins inaper&#231;u, &#233;claire une facette peu abord&#233;e du discours sur la souverainet&#233; canadienne en Arctique : les investissements r&#233;alis&#233;s pour militariser le Nord se font sans consulter les communaut&#233;s nordiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;n&#233;, Inuit, Gwich'in, Inuvialuit, Tlicho, Chipwyan, Tutchone, M&#233;tis, plus d'une douzaine de nations peuplent les Territoires du Nord, en plus de la population migrante. Il est impossible de r&#233;duire &#224; un seul point de vue l'opinion multi-voix du Canada circumpolaire. Mais &#224; d&#233;faut d'un processus de consultation &#233;tabli, les gouvernements du Nunavut, du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest se sont r&#233;solus &#224; produire une d&#233;claration commune afin de pr&#233;senter leur position &#224; Stephen Harper, qui allait d'un moment &#224; l'autre annoncer son Plan nordique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pour que les habitants du Nord continuent de jouer le r&#244;le de gardiens de la souverainet&#233; canadienne, le Nord a besoin de communaut&#233;s viables&lt;/i&gt; &#187;, sugg&#232;re le document publi&#233; en quatre langues, en mai dernier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une vision nordique, document pr&#233;par&#233; par les gouvernements du Yukon, des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; &lt;i&gt;Les habitants du Nord ont besoin d'appuis pour b&#226;tir des communaut&#233;s o&#249; ils peuvent avoir une vie saine ; o&#249; ils ont des possibilit&#233;s d'emplois, d'&#233;ducation et de formation ; o&#249; ils peuvent &#233;lever leurs familles dans des foyers ad&#233;quats, convenables et abordables ; o&#249; les services de sant&#233; et les services sociaux sont comparables &#224; ceux qui sont offerts dans le reste du pays ; et o&#249; ils peuvent b&#226;tir l'avenir pour eux-m&#234;mes et leurs enfants&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t la suite. Harper a tout mis&#233; sur la D&#233;fense. Plus de sept milliards de dollars sont engag&#233;s dans la construction de navires de guerre, d'un centre d'entra&#238;nement martial et d'un port militaire, ainsi que dans le recrutement des Rangers, les r&#233;servistes autochtones. Pas un sou pour les populations nordiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce de ces investissements a &#233;t&#233; re&#231;ue avec une certaine amertume &#224; Iqaluit, o&#249; l'on attendait depuis plusieurs ann&#233;es d&#233;j&#224; les engagements f&#233;d&#233;raux pour la construction du port en eaux profondes. Cette infrastructure est vue comme un &#233;l&#233;ment essentiel au d&#233;veloppement &#233;conomique du territoire. Il n'y a aucune route au Nunavut et une plus grande mobilit&#233; des marchandises et des individus est fortement souhait&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communaut&#233;s d'Iqaluit, Cambridge Bay et Tuktoyaktuk &#233;taient toutes candidates &#224; l'accueil du port. Or, au grand &#233;tonnement des Nunavummiut, c'est plut&#244;t le site de Nanisivik qui a &#233;t&#233; retenu. Nanisivik est une ex-ville mini&#232;re abandonn&#233;e (et d&#233;truite !) depuis 2002 o&#249; les perspectives d'un usage civil du port sont &#224; peu pr&#232;s inexistantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain des annonces, la mairesse d'Iqaluit, Elisapee Sheutiapik, d&#233;plorait &#224; la cha&#238;ne locale CBC North le choix du f&#233;d&#233;ral et indiquait qu'un port situ&#233; dans la capitale aurait pu servir de centre de services pour les communaut&#233;s &#233;loign&#233;es, ce qui ne sera pas le cas, selon elle, &#224; Nanisivik.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sergent Manasie Kilikishak du corps des Rangers, r&#233;sidant d'une communaut&#233; situ&#233;e non loin du futur port, craint pour sa part que le projet ait des impacts n&#233;gatifs sur la faune et la chasse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Northerners divided over proposed Arctic military facilities &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme politique gwich'in Cece Hodgson-McCauley, c&#233;l&#232;bre dans tout le Denendeh pour ses opinions de droite bien camp&#233;es, se dit &#233;galement oppos&#233;e au projet de port arctique. &#171; &lt;i&gt;Je pense qu'on ferait mieux de renforcer la c&#244;te ! [&#8230;] Ramenez les troupes et la ligne DEW&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit-elle dans sa chronique hebdomadaire du News/North. &#171; &lt;i&gt;Et nous devons compl&#233;ter la route du Mackenzie&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Cece is off to Ottawa &#187;, News/North, 15 octobre 2007. La &#171; ligne DEW &#187; est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ajoute-t-elle. Comme &#224; chaque semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Kaludjak est pr&#233;sident de la soci&#233;t&#233; &lt;i&gt;Nunavut Tunngavik Inc.&lt;/i&gt; (NTI) qui administre les revenus tir&#233;s de la mise en &#339;uvre de l'&lt;i&gt;Accord sur les revendications territoriales du Nunavut&lt;/i&gt;. Ce chasseur et homme d'affaires est, au sens de la loi du moins, le porte-parole officiel des Inuit du Nunavut. Rejoint via une ligne satellitaire qui finira par couper au milieu de l'entrevue, Kaladjuak se dit &#171; &lt;i&gt;pas trop en d&#233;saccord&lt;/i&gt; &#187; avec l'id&#233;e que le Canada doive d&#233;montrer sa souverainet&#233; dans l'Arctique. Mais, s'empresse-t-il d'ajouter, &#171; &lt;i&gt;nous avons nos pr&#233;occupations&lt;/i&gt; &#187;. Au premier chef, il note le choix malavis&#233; de la solution militaire : &#171; &lt;i&gt;Nous pr&#233;f&#233;rerions qu'on investisse dans les gens plut&#244;t que dans les vaisseaux de guerre. Nous n'avons pas besoin de bateaux, nous avons besoin de gens, nous avons besoin des Inuit&lt;/i&gt; &#187;. Surtout, il souhaite que son peuple soit partie prenante des d&#233;cisions. &#171; &lt;i&gt;Les Inuit doivent &#234;tre impliqu&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, mart&#232;le-t-il. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, signale l'ancien Ranger, les Inuit n'ont &#171; &lt;i&gt; &#224; peu pr&#232;s pas&lt;/i&gt; &#187; &#233;t&#233; consult&#233;s. &#171; &lt;i&gt;C'est tr&#232;s minimal. On apprend les d&#233;cisions d'Ottawa le jour des annonces. C'est comme une surprise&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vertu de l'&lt;i&gt;Accord sur le Nunavut&lt;/i&gt;, les Inuit ont abdiqu&#233; leur souverainet&#233; historique sur le territoire contre l'engagement du Canada de le d&#233;velopper et, notamment, de leur retourner une partie des revenus tir&#233;s des ressources. Selon le pr&#233;sident de NTI, la loi est loin d'avoir &#233;t&#233; enti&#232;rement mise en &#339;uvre. Cela n'emp&#234;che pas le Canada de clamer sa souverainet&#233; par la bouche de ses canons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vus du Nord, les montants allou&#233;s &#224; la militarisation de l'Arctique sont colossaux : les navires pour patrouiller le Passage du Nord-Ouest co&#251;tent l'&#233;quivalent de deux fois et demi le budget annuel des gouvernements du Nunavut, du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest r&#233;unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Paul Kaludjak avait autant d'argent &#224; sa disposition, le d&#233;penserait-il de la m&#234;me fa&#231;on que Stephen Harper ? &#171; &lt;i&gt;Non, pas du tout !&lt;/i&gt; &#187; Sa priorit&#233; serait plut&#244;t d'assurer aux r&#233;sidants du Nord un niveau de vie comparable &#224; celui des autres Canadiens. &#171; &lt;i&gt;Et &#231;a co&#251;terait moins cher&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La convoitise industrielle pour les ressources mini&#232;res et gazi&#232;res du Grand Nord, v&#233;ritable enjeu derri&#232;re le d&#233;bat international sur la propri&#233;t&#233; de l'Arctique, attise aujourd'hui une nouvelle course au p&#244;le. Les huit &#201;tats ceinturant le cercle arctique sont d&#233;termin&#233;s &#224; d&#233;montrer leurs droits fonciers sur un Nord bient&#244;t libre de glaces et ouvert &#224; l'exploitation. T&#244;t ou tard, cette course se soldera par une entente internationale &#8212; ou une confrontation arm&#233;e. Ce que le journaliste am&#233;ricain McKenzie Funk entrevoit comme &#171; &lt;i&gt;la derni&#232;re grande partition imp&#233;riale&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Funk, McKenzie, &#171; Cold Rush &#187;, Harper's Magazine, septembre 2007.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On ne peut que souhaiter que, le moment venu, les populations nordiques, tant celles du Canada que celles des autres &#201;tats circumpolaires, soient, au moins pour une fois, invit&#233;es aux discussions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dehcho First Nations, &#171; &lt;i&gt;Troops at Fort Simpson will not be welcomed&lt;/i&gt; &#187;, communiqu&#233; &#233;mis le 13 avril.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Une vision nordique&lt;/i&gt;, document pr&#233;par&#233; par les gouvernements du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, mai 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Northerners divided over proposed Arctic military facilities&lt;/i&gt; &#187;, cbc.ca/north, 13 ao&#251;t 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Cece is off to Ottawa &#187;, News/North, 15 octobre 2007. La &#171; ligne DEW &#187; est une s&#233;rie de stations radars &#233;rig&#233;es par le gouvernement am&#233;ricain dans l'Arctique canadien durant la Guerre froide. Aujourd'hui abandonn&#233;e, la ligne a laiss&#233; sur place une grande quantit&#233; de d&#233;chets dangereux constituant une des pires catastrophes environnementales du Nord. Apr&#232;s avoir soutenu que la t&#226;che incombait aux Canadiens, Washington a consenti en 1992 &#224; d&#233;frayer le sixi&#232;me du co&#251;t des travaux de nettoyage.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Funk, McKenzie, &#171; Cold Rush &#187;, &lt;i&gt;Harper's Magazine&lt;/i&gt;, septembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Batiste Foisy&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur est journaliste ind&#233;pendant. Il vit aux Territoires du Nord-Ouest depuis 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La t&#234;te dans le sable bitumineux</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-tete-dans-le-sable-bitumineux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-tete-dans-le-sable-bitumineux</guid>
		<dc:date>2008-07-21T14:06:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;variste Feurtey</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Energie</dc:subject>
		<dc:subject>Arctique et Grand nord</dc:subject>
		<dc:subject>Feurtey, &#201;variste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'exploitation acc&#233;l&#233;r&#233;e des sables bitumineux constitue le principal enjeu de la politique &#233;nerg&#233;tique du Canada dans la perspective du protocole de Kyoto. Les sables bitumineux sont la principale source d'&#233;mission de gaz &#224; effet de serre (GES) au Canada et la principale raison de leur hausse. Avec tous les projets de d&#233;veloppement actuellement en cours et approuv&#233;s par le gouvernement, la production de GES canadiens va doubler entre 2000 et 2012. Face &#224; ce constat, on comprend mieux (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-17-dec-2006-jan-2007-" rel="directory"&gt;No 017 - d&#233;c. 2006 / jan. 2007&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Energie-+" rel="tag"&gt;Energie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arctique-et-Grand-nord-+" rel="tag"&gt;Arctique et Grand nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feurtey-Evariste-+" rel="tag"&gt;Feurtey, &#201;variste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'exploitation acc&#233;l&#233;r&#233;e des sables bitumineux constitue le principal enjeu de la politique &#233;nerg&#233;tique du Canada dans la perspective du protocole de Kyoto. Les sables bitumineux sont la principale source d'&#233;mission de gaz &#224; effet de serre (GES) au Canada et la principale raison de leur hausse. Avec tous les projets de d&#233;veloppement actuellement en cours et approuv&#233;s par le gouvernement, la production de GES canadiens va doubler entre 2000 et 2012. Face &#224; ce constat, on comprend mieux pourquoi le gouvernement conservateur de Harper et la ministre de l'Environnement Rona Ambrose ont annonc&#233;, le 20 octobre dernier, que le Canada repousse &#224; 2050 ses objectifs de r&#233;duction de GES.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En fait, ce que l'on observe depuis l'arriv&#233;e des conservateurs au pouvoir, c'est l'interf&#233;rence croissante du lobby des producteurs de p&#233;trole sur la politique &#233;nerg&#233;tique du Canada. Ces nouveaux rois du p&#233;trole nord-am&#233;ricains, chefs de multinationales am&#233;ricaines et canadiennes, investiront plus de 125 milliards $ dans l'exploitation des sables bitumineux au cours de la prochaine d&#233;cennie. D'ici 2015, les revenus des sables bitumineux devraient rapporter annuellement plus de 2,4 milliards $ au gouvernement de l'Alberta, et 3,5 milliards $ au gouvernement f&#233;d&#233;ral&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Toutes les donn&#233;es empiriques de cet article proviennent de l'Office (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces chiffres parlent d'eux-m&#234;mes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La ru&#233;e vers l'or noir albertain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au milieu des ann&#233;es 1990, les investissements dans les sables bitumineux &#233;taient risqu&#233;s et peu rentables, d&#251; principalement au prix relativement bas du baril de p&#233;trole sur le march&#233; (autour de 30-35 $). Mais depuis, la forte demande mon-diale en p&#233;trole, propulsant le prix du baril au-del&#224; de 50 $, a compl&#232;tement modifi&#233; la donne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pop&#233;e bitumineuse en Alberta a &#233;t&#233; stimul&#233;e par l'adoption, en 1996, d'une politique fiscale incitative du gouvernement de Ralph Klein. Selon celle-ci, tout promoteur n'est tenu de payer que 1 % de redevances sur ses revenus bruts, tant et aussi longtemps que ses co&#251;ts d'investissement n'aient &#233;t&#233; &#233;pong&#233;s. Apr&#232;s quoi, ce taux est major&#233; &#224; 25 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique tr&#232;s avantageuse, la hausse du prix du baril de p&#233;trole et l'am&#233;lioration des technologies d'extraction ont grandement contribu&#233; &#224; l'essor faramineux du d&#233;veloppement des sables bitumineux, dont la production en 2004 atteignait 1,1 million de barils par jour. Aujourd'hui en 2006, les sables bitumineux repr&#233;sentent 45 % de toute la production canadienne de p&#233;trole brut. Et cette part ira en augmentant avec le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exploitation des sables bitumineux est devenue une op&#233;ration si rentable, qu'elle suscite un engouement sans pr&#233;c&#233;dent chez les promoteurs p&#233;troliers du monde entier. En tenant compte des projets majeurs en cours et des investissements annonc&#233;s dans cette industrie, les experts &#233;valuent qu'on triplera, en dix ans, la production actuelle de p&#233;trole pour atteindre 3 millions de barils par jour en 2015, et 5 millions de barils en 2030. Au rythme de cette expansion ph&#233;nom&#233;nale, on &#233;value que les r&#233;serves de sables bitumineux seront &#233;puis&#233;es d'ici 50 ans, au mieux 80 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une production totale assur&#233;e de 176 milliards de barils de p&#233;trole au cours des prochaines d&#233;cennies, les sables bitumineux de l'Alberta sont le second gisement en importance d'hydrocarbure exploitable (apr&#232;s l'Arabie Saoudite) avec 15 % des ressources mondiales en p&#233;trole. C'est dire toute l'importance strat&#233;gique que rev&#234;t l'exploitation de cette ressource dans le contexte mondial actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#233;trole canadien d&#233;riv&#233; des sables bitumineux a un potentiel &#233;lev&#233; d'expansion sur les march&#233;s : d'abord, saturation du march&#233; int&#233;rieur canadien, puis augmentation de son volume d'exportations actuelles vers les &#201;.-U. tout en &#233;largissant ce march&#233; &#224; la Californie et, finalement, ouverture sur le march&#233; asiatique pour combler la forte demande en p&#233;trole des pays &#233;mergents comme la Chine et l'Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;.-U., avec une capacit&#233; de raffinage de 16 millions de barils par jour, repr&#233;sentent le principal march&#233; d'exportation &#224; d&#233;velopper, d'autant plus que la capacit&#233; pipelini&#232;re de transport est d&#233;j&#224; install&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2002, 63 % de la production de p&#233;trole brut de l'Alberta &#233;tait d&#233;j&#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qui laisse pr&#233;sager un rapport de d&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique encore plus &#233;troit entre les &#201;.-U. et le Canada dans les ann&#233;es &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Impacts environnementaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comparativement &#224; l'extraction du p&#233;trole conventionnel, l'extraction des sables bitumineux est cinq fois plus &#233;nergivore et g&#233;n&#232;re trois fois plus d'&#233;missions de GES. C'est la ressource fossile la plus polluante et la plus &#233;nergivore qui soit, dont l'exploitation est en parfaite contradiction avec les principes animant le protocole de Kyoto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre cet apport important en &#233;mission de GES, l'exploitation des sables bitumineux entra&#238;ne d'autres impacts environnementaux majeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;servation de l'eau. L'extraction des sables bitumineux n&#233;cessite une &#233;norme quantit&#233; d'eau. Il faut en moyenne trois barils d'eau pour produire un baril de p&#233;trole. Actuellement, l'eau utilis&#233;e provient de la rivi&#232;re Athabasca, un affluent du Mackenzie. Les retraits en eau effectu&#233;s par l'industrie bitumineuse s'&#233;l&#232;vent &#224; 140 millions de m3 annuellement, soit l'&#233;quivalent de la consommation en eau de la ville de Calgary (800 000 hab.) Pour mener &#224; bien les nouveaux projets d'exploitation, il faudrait augmenter encore de 50 % les pr&#233;l&#232;vements en eau dans la rivi&#232;re, ce qui, selon une r&#233;cente &#233;tude, est physiquement impossible sans mettre en danger l'approvisionnement en eau potable de la Saskatchewan et des Territoires du Nord-Ouest&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tude r&#233;alis&#233;e par la Sage Foundation et le Fonds mondial de la nature, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour solutionner ce probl&#232;me, on envisage le d&#233;tournement de rivi&#232;res secondaires et d'importants stockages d'eau dans des r&#233;servoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gestion des mati&#232;res toxiques. Les eaux utilis&#233;es dans l'extraction du bitume sont grandement contamin&#233;es par des m&#233;taux lourds (m&#233;thane, arsenic, mercure) et ne sont donc pas retourn&#233;es &#224; la rivi&#232;re. Ces eaux toxiques et naus&#233;abondes sont plut&#244;t stock&#233;es dans d'immenses bassins de d&#233;cantation, constituant ainsi un probl&#232;me majeur pour la sant&#233; publique et l'environnement. Par ailleurs, l'infiltration des eaux de surface dans les sites d'enfouissement des d&#233;chets solides repr&#233;sente &#233;galement un risque de contamination de la nappe phr&#233;atique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;t&#233;rioration des &#233;cosyst&#232;mes. La d&#233;forestation, l'excavation du sol en profondeur, l'occupation du sol par des m&#233;ga-usines de transformation et des infrastructures de transport (r&#233;seau de pipeline, routes, etc.), toutes ces activit&#233;s ont des impacts irr&#233;m&#233;diables sur l'environnement. D'autant plus qu'il n'y a aucune obligation l&#233;gale pour les promoteurs de r&#233;habiliter les terrains. Apr&#232;s qu'ils aient gravement pertub&#233; les &#233;cosyst&#232;mes depuis dix ans, on observe aujourd'hui leurs effets n&#233;gatifs sur la biodiversit&#233; : diminution de 10 % des terres humides, disparition des tourbi&#232;res et des plantes indig&#232;nes, r&#233;duction de l'habitat de la faune sauvage mettant en p&#233;ril la survie de certaines esp&#232;ces animales comme le caribou des bois, le lynx, la martre et divers oiseaux des bois.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un n&#233;cessaire retour &#224; la raison &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si l'expansion bitumineuse s'acc&#233;l&#232;re au rythme pr&#233;vu, on &#233;value que les dommages environnementaux affecteront jusqu'&#224; 20 % du territoire albertain. Un moratoire s'impose... pour emp&#234;cher un d&#233;sastre &#233;cologique &#224; grande &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tout ce d&#233;lire, il y a n&#233;anmoins une lueur d'espoir : les habitantes de l'Alberta commencent &#224; s'interroger sur l'acceptabilit&#233; sociale de l'exploitation effr&#233;n&#233;e des sables bitumineux. Selon un sondage r&#233;alis&#233; en avril 2006 par le Pembina Institute, 86 % des Albertaines souhaitent qu'on &#171; &lt;i&gt;exige des entreprises qu'elles diminuent leurs &#233;missions de GES&lt;/i&gt; &#187;. C'est peut-&#234;tre le d&#233;but de la contestation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essor de l'industrie des sables bitumineux est devenu le moteur &#233;conomique de l'Alberta et l'enjeu majeur de la politique &#233;nerg&#233;tique du gouvernement Harper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure du protocole de Kyoto, le temps presse pour exploiter le filon bitumineux. C'est ainsi que le gouvernement Harper met tous ses efforts &#224; renier ses engagements et &#224; retarder l'atteinte des objectifs du protocole de Kyoto. Loin de lutter contre les changements climatiques, la politique actuelle du gouvernement Harper fait tout pour encourager l'industrie des sables bitumineux qui, en 2012, sera responsable de 50 % des &#233;missions canadiennes de gaz &#224; effet de serre. L'enjeu en cours est simple : des milliards $ de profits &#224; court terme pour le lobby p&#233;trolier nord-am&#233;ricain au d&#233;triment des cons&#233;quences du r&#233;chauffement plan&#233;taire pour les g&#233;n&#233;rations futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sinon, comment expliquer ces d&#233;cisions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. le renoncement du Canada &#224; atteindre les objectifs de Kyoto pour l'ann&#233;e 2012 et leur report jusqu'en 2050 ! ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. l'annulation du budget de 10 miliards $ consacr&#233; au plan canadien de lutte contre les changements climatiques ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. le prolongement de l'all&#232;gement fiscal consenti aux promoteurs de l'industrie bitumineuse ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. l'abolition du cr&#233;dit &#224; l'Encouragement Pour l'&#201;nergie &#201;olienne dans le &#171; plan vert f&#233;d&#233;ral &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le refus de valider le &#171; plan vert &#187; qu&#233;b&#233;cois (y compris le transfert de 328 millions $), tout en d&#233;bloquant en m&#234;me temps des fonds importants pour appuyer l'Ontario dans son &#171; programme de r&#233;duction du smog &#187;. Il est vrai que le plan vert du Qu&#233;bec est ax&#233; sur les &#233;nergies renouvelables et que l'Ontario (sans aucun plan vert int&#233;gr&#233;) est toujours de plus en plus assoiff&#233; de p&#233;trole albertain !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et finalement, le comble... Comment expliquer les comportements erratiques de la ministre Ambrose : d&#233;clarations provocantes, ent&#234;tements, contradictions, multiples volte-face, refus d'entendre... Elle fut la &#171; honte canadienne &#187; &#224; la Conf&#233;rence de Nairobi. Oui, Madame Ambrose, vous avez tout int&#233;r&#234;t, comme le volatile, &#224; vous enfouir profond&#233;ment la t&#234;te dans le... bitume !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Toutes les donn&#233;es empiriques de cet article proviennent de l'Office National de l'&#201;nergie du Canada.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 2002, 63 % de la production de p&#233;trole brut de l'Alberta &#233;tait d&#233;j&#224; export&#233;e vers les &#201;.-U. (source O.N.&#201;.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tude r&#233;alis&#233;e par la Sage Foundation et le Fonds mondial de la nature, section Canada,&lt;i&gt; Le Devoir&lt;/i&gt;, 9 novembre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;variste Feurtey&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ing. Jr., sp&#233;cialiste en &#233;nergie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Extraits des audiences publiques sur le Projet Mackenzie </title>
		<link>https://www.ababord.org/Extraits-des-audiences-publiques</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Extraits-des-audiences-publiques</guid>
		<dc:date>2008-07-19T23:04:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Arctique et Grand nord</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Caroline Yukon de la communaut&#233; de Tulita. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; M&#234;me si on nous offre des millions de dollars, l'argent ne r&#233;soudra pas tous nos probl&#232;mes, &#231;a ne fera pas de nous de meilleures personnes. Quand nous aurons perdu notre territoire, nous ne pourrons plus le remplacer. [&#8230;] Si le pipeline est construit, il peut y avoir des accidents. Et &#231;a causera des dommages &#224; l'environnement qui affecteront les animaux, dont le caribou qu'on mange et le poisson qu'on mange. Nous allons tout perdre. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dolphus (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-25-ete-2008-" rel="directory"&gt;No 025 - &#233;t&#233; 2008&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cies-minieres-et-petrolieres-+" rel="tag"&gt;Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arctique-et-Grand-nord-+" rel="tag"&gt;Arctique et Grand nord&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Caroline Yukon&lt;/strong&gt; de la communaut&#233; de Tulita.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;M&#234;me si on nous offre des millions de dollars, l'argent ne r&#233;soudra pas tous nos probl&#232;mes, &#231;a ne fera pas de nous de meilleures personnes. Quand nous aurons perdu notre territoire, nous ne pourrons plus le remplacer.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Si le pipeline est construit, il peut y avoir des accidents. Et &#231;a causera des dommages &#224; l'environnement qui affecteront les animaux, dont le caribou qu'on mange et le poisson qu'on mange. Nous allons tout perdre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dolphus Tutcho&lt;/strong&gt;, r&#233;sidant de D&#233;line, craint qu'une affluence trop rapide de capitaux dans sa communaut&#233; entra&#238;ne une augmentation des abus de drogues et d'alcool.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;D&#233;line n'est pas pr&#234;te du tout. Nous n'avons pas de services. Nous avons bien quelques travailleurs sociaux, mais je pense qu'ils seront surcharg&#233;s de travail avec tout cet argent qui s'en vient.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Stephen Kakfwi&lt;/strong&gt;, ex-premier ministre des TNO et militant autochtone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le vieux paradigme du d&#233;veloppement d'abord et du&lt;/i&gt; damage control &lt;i&gt;ensuite ne profite pas aux gens de la place, ni au territoire, ni aux g&#233;n&#233;rations futures. Mais jusqu'&#224; pr&#233;sent, cela a &#233;t&#233; la fa&#231;on de faire de toutes les compagnies qui sont venues dans le Nord et qui sont parties ensuite. Cette &#233;poque est r&#233;volue. Nous ne voulons plus de &#231;a &#224; l'avenir. Jamais plus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;James Ahnassay&lt;/strong&gt;, chef de la nation D&#233;n&#233; Tha du Nord de l'Alberta dont le territoire sera travers&#233; par le gazoduc Mackenzie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le d&#233;veloppement&lt;/i&gt; [p&#233;trolier] &lt;i&gt;a eu un impact n&#233;gatif sur nos activit&#233;s de chasse, de p&#234;che, de pi&#233;geage et de cueillette. M&#234;me si nous avons tent&#233; de nous adapter, &#224; un moment donn&#233; on atteint le point de non-retour. Et je dirais que ce point a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; atteint dans certaines portions de notre territoire. Voil&#224; pourquoi nous sommes pr&#233;occup&#233;s par la possibilit&#233; que le Projet Mackenzie promeuve un acroissement du d&#233;veloppement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bobby Clements&lt;/strong&gt; de la communaut&#233; de Tulita, d&#233;plorant la difficult&#233; &#224; obtenir de l'information claire sur le projet notamment pour les personnes ne s'exprimant que dans les langues autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce sont des tonnes de mat&#233;riel et de documents &#224; lire. En plus, c'est un jargon technique et tous ses volumes sont trop compliqu&#233;s pour nous. M&#234;me moi qui ai une bonne &#233;ducation, je n'arrive pas &#224; comprendre tout ce qu'il y a l&#224;-dedans. Nous ne pouvons pas lire les documents. Nous n'avons pas non plus l'occasion de suivre les assembl&#233;es. Tout ce que nous savons, c'est ce qu'on raconte aux nouvelles.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Leroy Andr&#233; de D&#233;line&lt;/strong&gt;, expliquant que tous les programmes d'aide &#224; l'emploi destin&#233;s aux jeunes de sa r&#233;gion sont d&#233;sormais ax&#233;s sur l'industrie gazi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est comme si, en fonction des initiatives gouvernementales, on nous obligeait &#224; choisir l'&#233;conomie salari&#233;e. C'est troublant parce qu'il y a des jeunes comme mon fils qui pr&#233;f&#233;reraient trapper et vivre de &#231;a. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anke Tuininga&lt;/strong&gt;, une interpr&#232;te de langue d&#233;n&#233;e de la Commission qui apr&#232;s plusieurs mois de d&#233;lib&#233;rations se demandait si son travail allait servir &#224; quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le 18 ao&#251;t, j'ai entendu Stephen Harper et&lt;/i&gt; [le premier ministre] J&lt;i&gt;oe Handley parler. J'ai eu l'impression que le pipeline &#233;tait un fait accompli.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rita Allen d'Inuvik&lt;/strong&gt;, accusant les travaux d'exploration des compagnies gazi&#232;res de faire fuir le gibier. Elle travaille elle-m&#234;me pour une compagnie d'exploration gazi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il n'y a plus de li&#232;vres, il n'y a plus de lagop&#232;des, il n'y a plus d'oies. Ils sont tous partis dans les collines.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Il n'y a plus de caribous de ce c&#244;t&#233;-ci. On ne les retrouve plus qu'&#224; Aklavik et &#224; Fort McPherson. C'est l&#224; que les compagnies gazi&#232;res ne font pas de coupes sismiques et c'est l&#224; que les caribous ont d&#233;m&#233;nag&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;James Pokiak&lt;/strong&gt; de Tuktoyaktuk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;En tant que chasseur-trappeur, aucune somme d'argent ne pourra jamais compenser la perte de ma viande de caribou, d'ours polaire ou de grizzly. Il n'y a rien qui peut compenser &#231;a.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elaine Alexie&lt;/strong&gt;, &#233;tudiante &#224; la ma&#238;trise en droit international originaire de Fort McPherson dans le delta du Mackenzie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nos soci&#233;t&#233;s doivent s'engager dans la voie de l'abandon des &#233;nergies fossiles polluantes et destructives et les remplacer par des formes d'&#233;nergie propres et durables. Pour mon peuple, les Tetl'it Gwich'in, notre vitalit&#233;, notre nourriture, notre spiritualit&#233; et les fondements m&#234;me de notre existence proviennent de notre environnement. Alors quand notre environnement et nos ressources naturelles changent, nous sommes les premiers affect&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.ngps.nt.ca" class="spip_out"&gt;Transcription int&#233;grale des audiences sur le site du Northern Gas Project&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le saccage du Grand Nord</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-saccage-du-Grand-Nord</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-saccage-du-Grand-Nord</guid>
		<dc:date>2008-07-19T22:56:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Batiste Foisy</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Arctique et Grand nord</dc:subject>
		<dc:subject>Foisy, Batiste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ottawa s'appr&#234;te &#224; donner le feu vert &#224; un projet colossal qui transformera l'Arctique en un chantier g&#233;ant et en profite pour faire des g&#226;teries aux richissimes p&#233;troli&#232;res. &#201;tat des lieux d'une catastrophe sociale et environnementale en pr&#233;paration. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; L'argent parle. Le pouvoir parle. Nous, les Autochtones, nous parlons aussi, mais notre voix est musel&#233;e par le pouvoir. C'est d&#233;solant. &#192; nouveau, nous devons nous battre pour maintenir nos modes de vie traditionnels. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce cri du c&#339;ur (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-25-ete-2008-" rel="directory"&gt;No 025 - &#233;t&#233; 2008&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cies-minieres-et-petrolieres-+" rel="tag"&gt;Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arctique-et-Grand-nord-+" rel="tag"&gt;Arctique et Grand nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Foisy-Batiste-+" rel="tag"&gt;Foisy, Batiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton188.gif?1642092159' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1708&#034; height=&#034;1324&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ottawa s'appr&#234;te &#224; donner le feu vert &#224; un projet colossal qui transformera l'Arctique en un chantier g&#233;ant et en profite pour faire des g&#226;teries aux richissimes p&#233;troli&#232;res. &#201;tat des lieux d'une catastrophe sociale et environnementale en pr&#233;paration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'argent parle. Le pouvoir parle. Nous, les Autochtones, nous parlons aussi, mais notre voix est musel&#233;e par le pouvoir. C'est d&#233;solant. &#192; nouveau, nous devons nous battre pour maintenir nos modes de vie traditionnels.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cri du c&#339;ur est celui de Richard Gordon, un chasseur et garde-parc inuvialuit qui s'adressait en novembre 2005, &#224; Inuvik dans le Grand Nord canadien, &#224; la commission charg&#233;e de d&#233;terminer si le Projet de Gazoduc Mackenzie vaut la peine d'&#234;tre mis en chantier. Ce projet, dont le co&#251;t est aujourd'hui &#233;valu&#233; &#224; plus de 16 milliards de dollars, est pilot&#233; par Exxon Mobil, Shell et ConnocoPhillips et vise &#224; implanter un couloir de transport de 1 500 kilom&#232;tres dans la vall&#233;e du fleuve Mackenzie pour acheminer le gaz naturel de la mer de Beaufort jusqu'au r&#233;seau de gazoducs albertain. Gordon &#233;tait le premier &#171; repr&#233;sentant du vrai monde &#187; &#224; se positionner publiquement contre le projet. Au cours des deux ans qu'ont dur&#233; les audiences publiques des centaines d'autres r&#233;sidantes du Nord l'ont imit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont quelque 12 000 pages de transcription que la commission pr&#233;sid&#233;e par le consultant Robert Hornal devra &#233;plucher avant de remettre son rapport attendu cet automne. Ces verbatims d'audience se lisent comme un roman et sont truff&#233;s de t&#233;moignages poignants de trappeurs constatant quotidiennement les cons&#233;quences des changements climatiques, de professeurs de petites communaut&#233;s isol&#233;es s'inqui&#233;tant que les jeunes n'auront pas les qualifications requises pour &#234;tre embauch&#233;s par les p&#233;troli&#232;res, d'a&#238;n&#233;es racontant leur expropriation sauvage par ces m&#234;mes p&#233;troli&#232;res au tournant des ann&#233;es 1950, de jeunes Am&#233;rindiennes frais sorties de l'universit&#233; r&#233;clamant l'abandon des &#233;nergies fossiles au profit du solaire et de l'&#233;olien et de m&#232;res de familles s'&#233;mouvant des ravages de la drogue dans les communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelle que soit la d&#233;cision que prendra la Commission Hornal, il y a fort &#224; parier que &#231;a ne changera pas grand-chose. Lors d'une visite &#224; Yellowknife &#224; l'&#233;t&#233; 2006, le premier ministre Stephen Harper a promis &#224; la presse locale que son gouvernement ferait &#171; &lt;i&gt;tout ce qui est l&#233;galement possible pour s'assurer que&lt;/i&gt; [le Projet Mackenzie] &lt;i&gt;aille de l'avant&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut voir des s&#233;quences de la conf&#233;rence de presse sur YouTube : tapez &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Et la Loi pr&#233;voit qu'il peut faire fi des recommandations de la commission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne s'&#233;tonnera pas que la grande majorit&#233; des gens ayant t&#233;moign&#233; aux audiences publiques sur le Projet Mackenzie se soient prononc&#233;s contre. Les opposantes sont naturellement plus enclines &#224; se faire entendre dans ce genre de consultation. Mais aux Territoires du Nord-Ouest (TNO), le dossier divise la population qui est partag&#233;e entre la promesse de milliers d'emplois et la perspective de voir leur territoire, fondement de leur alimentation, de leur spiritualit&#233; et de leur identit&#233; collective, &#224; jamais d&#233;figur&#233; pour 50 ann&#233;es de gaz. En septembre 2007, un sondage r&#233;alis&#233; aupr&#232;s de 500 r&#233;sidantes des TNO classait la protection de l'environnement au premier rang des pr&#233;occupations. Ce m&#234;me sondage r&#233;v&#233;lait que 65 % des r&#233;pondantes estiment qu'il est n&#233;cessaire de prot&#233;ger plus de la moiti&#233; du territoire contre le d&#233;veloppement industriel avant l'autorisation du Projet Mackenzie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;McAllister Research, &#171; Conservation Issues are Top-of-Mind for NWT Residents (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans cette r&#233;gion d&#233;favoris&#233;e o&#249; des villages entiers vivent de l'aide sociale, tous ne peuvent se payer le luxe de penser &#224; l'environnement avant leur ventre. Nellie Cournoyea fait partie des gens favorables au gazoduc. Cette politicienne et femme d'affaires inuivialuite a &#233;t&#233; premi&#232;re ministre des TNO de 1991 &#224; 1995 et est aujourd'hui pr&#233;sidente de la Inuvialuit Regional Corporation et vice-pr&#233;sidente du Aboriginal Pipeline Group, une soci&#233;t&#233; autochtone actionnaire du Projet Mackenzie. Si le pipeline va de l'avant, elle fera beaucoup d'argent : &#171; &lt;i&gt;Le p&#233;trole et le gaz sont nos seules sources d'activit&#233; &#233;conomique.&lt;/i&gt; &#187; Elle en veut personnellement aux environnementalistes et aux m&#233;dias relayant leur message, qu'elle accuse d'avoir tu&#233; l'industrie de la fourrure. Si Paul Watson, PeTA et consorts n'&#233;taient pas aussi z&#233;l&#233;s, laisse-t-elle entendre, son peuple pourrait peut-&#234;tre encore vivre de chasse et de trappe, mais dans le contexte actuel ils n'ont plus d'autre choix que de laisser Exxon Mobil et Shell forer des puits dans leur territoire de chasse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cheval de Troie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'on pr&#233;voit que le Projet Mackenzie fera doubler les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre des Territoires du Nord-Ouest, la construction du pipeline demeure en elle-m&#234;me relativement b&#233;nigne. Il y a d&#233;j&#224; un ol&#233;oduc dans la vall&#233;e du Mackenzie depuis les ann&#233;es 1950 et le territoire se porte pourtant bien. Le v&#233;ritable enjeu se trouve dans les d&#233;veloppements futurs que provoquera le projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agissant comme un cheval de Troie, le nouveau corridor de transport permettra &#224; terme d'ouvrir des dizaines de champs gaziers suppl&#233;mentaires jusque-l&#224; inaccessibles. Tour &#224; tour, les compagnies gazi&#232;res, le ministre f&#233;d&#233;ral de l'Industrie Jim Prentice, le premier ministre des TNO et m&#234;me Stephen Harper ont tous salu&#233; les bienfaits &#224; long terme qu'aura le pipeline, qualifi&#233; en ch&#339;ur de &#171; &lt;i&gt;bassin-opening project&lt;/i&gt; &#187; &#8211; un euph&#233;misme signifiant qu'avec le pipeline le territoire en entier, y compris l'&#233;cosyst&#232;me marin de la mer de Beaufort, sera livr&#233; &#224; la pr&#233;dation des foreuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Canadian Arctic Resources Committee, une ONG qui &#233;tudie depuis les ann&#233;es 1970 les cons&#233;quences des projets miniers et p&#233;troliers dans le Grand Nord canadien, a eu l'id&#233;e de cartographier l'impact de cet &#171; effet cumulatif &#187;, qui fait qu'un projet en attire un autre. Se basant sur les donn&#233;es fournies par les compagnies elles-m&#234;mes, qui doivent d&#233;montrer le potentiel &#224; long terme de leur investissement, le Committee a produit une dizaine de cartes pr&#233;sentant l'&#233;volution du projet sur 50 ans, comme l'envisage Exxon Mobil. Le portrait est saisissant : des milliers de kilom&#232;tres de pipelines, de routes et de coupes de sondage s'enchev&#234;trant pour former une gigantesque toile d'araign&#233;e mortelle dans un des derniers endroits sur Terre encore &#233;pargn&#233;s par la marche du progr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette perspective a particuli&#232;rement &#233;branl&#233; les D&#233;n&#233;s K'asho Got'ine qui se rendaient ainsi compte qu'on convoitait ouvertement le sous-sol de la r&#233;gion de Colville Lake o&#249; se trouve leur territoire de chasse ancestral, un lieu sacr&#233;. Frank T'Seleie, un leader K'asho Got'ine qui est aujourd'hui favorable au pipeline et qui a si&#233;g&#233; quelques temps au conseil d'administration d'Aboriginal Pipeline Group, a exprim&#233; sans d&#233;tour ce qu'il en pensait &#224; la Commission Hornal : laisser les p&#233;troli&#232;res forer la r&#233;gion de Colville Lake, a-t-il pr&#233;venu, &#171; &lt;i&gt;d&#233;truirait notre base traditionnelle et nous emp&#234;cherait de vivre le mode de vie d&#233;n&#233;. Ce ne serait pas un d&#233;veloppement pour les K'asho Got'ine ; ce serait la fin des K'asho Got'ine. Ce serait un g&#233;nocide&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Transcription des audiences publiques de la Commission d'examen conjoint du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement pour T'Seleie et son peuple, il sera difficile d'&#233;viter l'h&#233;catombe. Le contrat &#224; l'origine d'Aboriginal Pipeline Group qui lie les autochtones aux p&#233;troli&#232;res ne le permet simplement pas. Selon les termes de ce contrat, les nations le long de la route du pipeline peuvent esp&#233;rer toucher le tiers des droits d'utilisation du gazoduc (et non pas du gaz), mais seulement dans l'&#233;ventualit&#233; que d'autres champs gaziers soient d&#233;velopp&#233;s. Tant que le pipeline n'attire pas de projets additionnels, la part des Autochtones reste en dessous de 5 % et l'exploitation de leurs terres ne leur rapporte presque rien. En clair : en adh&#233;rant &#224; l'Aboriginal Pipeline Group, les Autochtones ont abdiqu&#233; leur droit de contr&#244;ler le rythme du d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Trop d'argent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En octobre 2005, alors qu'il &#233;tait ministre de l'Environnement au sein du cabinet de Paul Martin, St&#233;phane Dion a fait une confidence d'une rare honn&#234;tet&#233; au journaliste am&#233;ricain Clifford Krauss : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas un seul ministre de l'Environnement sur cette plan&#232;te qui puisse emp&#234;cher le p&#233;trole de se faire extraire de la terre. Il y a trop d'argent en jeu.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Krauss, Clifford, &#171; In Canada's Wilderness, Measuring the Cost of Oil (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Comment, en effet, se montrer ferme quand on n&#233;gocie avec Exxon Mobil, la plus grosse compagnie priv&#233;e au monde, et qu'on n'est que le pauvre repr&#233;sentant du peuple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette souplesse naturelle des gouvernements face aux richissimes p&#233;troli&#232;res ne fait pas exception dans le Grand Nord. Depuis trois ans, Exxon et les autres promoteurs du Projet Mackenzie r&#233;clament des subventions au f&#233;d&#233;ral qui ne les lui refuse pas. Pour ne pas avoir l'air de qu&#234;ter avec les poches pleines, les compagnies pr&#233;f&#232;rent cependant parler de &#171; &lt;i&gt;cadre &#233;conomique&lt;/i&gt; &#187; ; de son c&#244;t&#233;, le gouvernement, qui ne veut pas donner l'impression qu'il enrichit les plus riches, parle d'&#171; &lt;i&gt;incitatifs fiscaux&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; en novembre 2005, la vice-premi&#232;re ministre lib&#233;rale Anne McLellan faisait parvenir une missive au consortium gazier dans laquelle elle annon&#231;ait que &#171; &lt;i&gt;le gouvernement du Canada s'&lt;/i&gt;[&#233;tait] &lt;i&gt;engag&#233; &#224; travailler avec vous en r&#233;ponse &#224; votre demande de bonification des modalit&#233;s financi&#232;res.&lt;/i&gt; &#187; Entre autres bonifications, la vice-premi&#232;re ministre sugg&#233;rait &#171; &lt;i&gt;l'acceptation de redevances en nature&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;des ajustements sym&#233;triques au r&#233;gime de redevances&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;diff&#233;rentes formes d'investissements f&#233;d&#233;raux dans une ou plusieurs composantes du projet&lt;/i&gt; &#187;. Peu importe la surench&#232;re de g&#226;teries, Anne McLellan assurait pourtant que &#171; &lt;i&gt;le gouvernement du Canada n'&lt;/i&gt;[&#233;tait] &lt;i&gt;pas pr&#234;t &#224; subventionner&lt;/i&gt; &#187; le gazoduc&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;McLellan, Ann, &#171; Lettre du gouvernement du Canada aux promoteurs du gazoduc (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Conservateurs, jadis prompts &#224; condamner les cabrioles langagi&#232;res de McLellan, se sont av&#233;r&#233;s tout aussi aptes &#224; se prononcer contre les subventions aux p&#233;troli&#232;res, tout en proposant&#8230; des subventions. Le 23 mai 2006, alors qu'il prenait part au d&#238;ner annuel de l'Association canadienne de pipelines d'&#233;nergie, &#224; Calgary, le ministre Jim Prentice d&#233;clarait aux repr&#233;sentants de l'industrie que &#171; des discussions [&#233;taient] en cours avec les promoteurs du Projet [Mackenzie] et d'autres intervenants, tels que le Mackenzie Explorer's Group, au sujet du r&#233;gime fiscal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Note pour une allocution prononc&#233;e par l'honorable Jim Prentice &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce jour, le f&#233;d&#233;ral et les p&#233;troli&#232;res ne se sont toujours pas entendus sur le moyen le plus s&#251;r de d&#233;guiser les subventions, mais il devient de plus en plus clair que le &#171; &lt;i&gt;r&#233;ajustement du r&#233;gime fiscal&lt;/i&gt; &#187; fera partie de l'&#233;quation. Il s'agit essentiellement de percevoir moins de redevances. C'est une &#233;ventualit&#233; pour le moins inqui&#233;tante quand on sait que le r&#233;gime de taxation des ressources naturelles en vigueur dans les territoires canadiens est d&#233;j&#224; &#171; &lt;i&gt;l'un des plus comp&#233;titifs au monde&lt;/i&gt; &#187;, pour reprendre l'expression d'une brochure du minist&#232;re des Affaires indiennes destin&#233;e aux investisseurs &#233;trangers. En vertu du &#171; R&#232;glement sur les redevances relatives aux hydrocarbures provenant des terres domaniales &#187;, un texte &#233;tabli en 1988 et qui n'a pas &#233;t&#233; r&#233;vis&#233; depuis 18 ans, le Nord offre un commode taux de type &#171; 1/5 &#187;. On pourrait croire que cela signifie qu'on exige des redevances de 20 %, mais en r&#233;alit&#233; il faut plut&#244;t comprendre que le taux commence &#224; 1 % et qu'il augmente par la suite de 1 % tous les 18 mois, jusqu'&#224; concurrence de 5 %. Des pinottes. En moyenne, le f&#233;d&#233;ral se contente de redevances cinq fois inf&#233;rieures &#224; ce que per&#231;oit l'Alberta, qui n'est pas la plus socialiste des provinces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2006, alors qu'il tentait d'&#233;touffer une &#233;ni&#232;me rumeur de subvention douteuse accord&#233;e au Projet Mackenzie, le ministre Jim Prentice a &#233;mis un communiqu&#233; dans lequel il a expliqu&#233; la position f&#233;d&#233;rale en mati&#232;re de d&#233;veloppement industriel nordique. &#171; &lt;i&gt;Toute allusion voulant que le projet soit motiv&#233; par des int&#233;r&#234;ts non commerciaux, comme l'emploi ou les politiques autochtones, est totalement incorrecte et non fond&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clarait le ministre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le communiqu&#233; &#233;mis le 18 mai 2006 a depuis &#233;t&#233; retir&#233; du site Internet du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;]. Qu'on se le tienne pour dit : pour Ottawa, la seule chose qui compte quand vient le temps de d&#233;cider si on d&#233;truira ou non le Nord et ses habitants, c'est la marge de profit des p&#233;troli&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut voir des s&#233;quences de la conf&#233;rence de presse sur YouTube : tapez &#171; Harper's last visit to the north &#187; dans votre moteur de recherche.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;McAllister Research, &#171; Conservation Issues are Top-of-Mind for NWT Residents &#187;, communiqu&#233; &#233;mis le 24 septembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Transcription des audiences publiques de la Commission d'examen conjoint du Projet Gazoduc Mackenzie, vol. 22, p. 2056, audience tenue &#224; Fort Good Hope le 11 avril 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Krauss, Clifford, &#171; In Canada's Wilderness, Measuring the Cost of Oil Profits &#187;, &lt;i&gt;The New York Times&lt;/i&gt;, 9 oct. 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;McLellan, Ann, &#171; Lettre du gouvernement du Canada aux promoteurs du gazoduc &#187;, minist&#232;re des Affaires indiennes et du Nord Canada, 17 novembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Note pour une allocution prononc&#233;e par l'honorable Jim Prentice &#224; l'occasion du d&#238;ner annuel de l'Association canadienne de pipelines d'&#233;nergie &#187;, minist&#232;re des Affaires indiennes et du Nord Canada, 23 mai 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le communiqu&#233; &#233;mis le 18 mai 2006 a depuis &#233;t&#233; retir&#233; du site Internet du minist&#232;re des Affaires indiennes et du Nord Canada.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Batiste Foisy&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur revient d'un s&#233;jour de quatre ans aux Territoires du Nord-Ouest. Il a publi&#233; pr&#232;s d'une centaine d'articles sur l'exploitation mini&#232;re et gazi&#232;re dans le Grand Nord canadien. Voir &#171; La conqu&#234;te du P&#244;le Nord et les autochtones &#187;, &lt;i&gt;AB !&lt;/i&gt;, no 22.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un territoire &#224; prot&#233;ger</title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-territoire-a-proteger</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Un-territoire-a-proteger</guid>
		<dc:date>2008-07-16T14:30:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guertin Tremblay</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Arctique et Grand nord</dc:subject>
		<dc:subject>Tremblay, Guertin </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#238;le Ren&#233;-Levasseur, situ&#233;e dans la r&#233;gion de Manicouagan, est unique au Qu&#233;bec et dans le monde. Son histoire g&#233;ologique tr&#232;s riche en fait un lieu d'&#233;tude exceptionnelle. Sur les cartes et sur les images satellites, sa forme circulaire tr&#232;s nette, accentu&#233;e par l'inondation caus&#233;e par les barrages d'Hydro-Qu&#233;bec, r&#233;v&#232;le son origine m&#233;t&#233;oritique il y a 210 millions d'ann&#233;es. Outre sa richesse g&#233;ologique, la faune et la flore actuelles repr&#233;sentent un important potentiel de recherche et, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-09-avril-mai-2005-" rel="directory"&gt;No 009 - avril / mai 2005&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arctique-et-Grand-nord-+" rel="tag"&gt;Arctique et Grand nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Tremblay-Guertin-+" rel="tag"&gt;Tremblay, Guertin &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#238;le Ren&#233;-Levasseur, situ&#233;e dans la r&#233;gion de Manicouagan, est unique au Qu&#233;bec et dans le monde. Son histoire g&#233;ologique tr&#232;s riche en fait un lieu d'&#233;tude exceptionnelle. Sur les cartes et sur les images satellites, sa forme circulaire tr&#232;s nette, accentu&#233;e par l'inondation caus&#233;e par les barrages d'Hydro-Qu&#233;bec, r&#233;v&#232;le son origine m&#233;t&#233;oritique il y a 210 millions d'ann&#233;es. Outre sa richesse g&#233;ologique, la faune et la flore actuelles repr&#233;sentent un important potentiel de recherche et, surtout, de pr&#233;servation. Mais que restera-t-il de ce patrimoine lorsque les coupes foresti&#232;res auront d&#233;vast&#233; notre for&#234;t bor&#233;ale ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1997, le minist&#232;re des Ressources naturelles accorde &#224; la compagnie Kruger et sa Scierie Manic un contrat d'approvisionnement et d'am&#233;nagement forestier (CAAF) sur le territoire, pour une dur&#233;e de 100 ans. Les activit&#233;s de cette multinationale canadienne de p&#226;tes et papiers s'&#233;tendent des &#201;tats-Unis &#224; l'Amazonie jusqu'au Royaume-Uni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite d'une &#233;tude du Bureau d'audience publique en environnement (BAPE), le projet de coupe foresti&#232;re est d&#233;finitivement lanc&#233; en 1997. Bien que le territoire insulaire ne compte que pour 12 % de la superficie totale, on y retrouve 35 % du volume total des ressources foresti&#232;res. 75 % des r&#233;sineux de l'&#238;le sont des &#233;pinettes noires, esp&#232;ce unique en Am&#233;rique du Nord et tr&#232;s pris&#233;e par les compagnies foresti&#232;res. Les droits de coupe par m&#232;tre cube ne constituent qu'une fraction des droits par rapport &#224; d'autres territoires qu&#233;b&#233;cois. Il en co&#251;te 15,95 $ par m&#232;tre cube dans la r&#233;gion de Charlevoix tandis que le m&#234;me m&#232;tre cube co&#251;te 5,40 $ dans la r&#233;gion de Manic 5. Un volume de 260 000 m3 de bois devrait normalement quitter l'&#238;le &#224; chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Opposition des Innus&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Innus de Betsiamites ont d&#233;pos&#233; deux demandes d'injonction depuis l'automne dernier. Ils r&#233;clament l'annulation des permis de coupe pour des raisons environnementales et le respect de leurs droits ancestraux sur le territoire. De plus, s'appuyant sur une entente de principe conclue avec le gouvernement du Qu&#233;bec le 31 mars 2004 leur accordant le droit d'&#234;tre mieux consult&#233;s avant les coupes, ils d&#233;noncent l'absence de dialogue avec la compagnie. Avec &#224; leur t&#234;te le chef de bande Rapha&#235;l Picard, les Innus ont &#233;t&#233; entendus au palais de justice de Montr&#233;al lors de la premi&#232;re partie des audiences les 14 et 15 f&#233;vrier dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la multinationale ne croit pas &#224; l'urgence d'arr&#234;ter les coupes, elle s'est toutefois formellement engag&#233;e &#224; les suspendre jusqu'au d&#233;but des audiences, le 16 mai 2005. Mince concession : de toutes fa&#231;ons, aucune coupe n'est effectu&#233;e sur l'&#238;le en hiver, les activit&#233;s devant normalement reprendre au printemps. Les Innus demandaient une &#171; ordonnance de sauvegarde &#187; et une acc&#233;l&#233;ration des proc&#233;dures en raison de l'urgence de la situation afin d'obtenir l'interdiction des coupes. La juge devra entendre plusieurs sp&#233;cialistes (historien, &#233;cologiste, anthropologue, ing&#233;nieur forestier) avant de se prononcer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Kruger, BAPE et gouvernement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La compagnie Kruger pr&#233;tend participer &#224; sa fa&#231;on &#224; la pr&#233;servation du milieu en proposant des activit&#233;s qui valorisent la sauvegarde des richesses naturelles. Elle a indiqu&#233;, dans un communiqu&#233; de presse le 26 novembre 2003, qu'elle utiliserait les m&#233;thodes de pr&#233;servation n&#233;cessaires s'il y avait des &#233;cosyst&#232;mes exceptionnels &#224; prot&#233;ger. Ses recherches sur le terrain, combin&#233;es &#224; celles des minist&#232;res des Ressources naturelles et de l'Environnement du Qu&#233;bec, l'ont toutefois amen&#233;e &#224; conclure &#224; l'inexistence de ces sites &#171; exceptionnels &#187; : &#171; &lt;i&gt;&#192; ce jour, rien n'indique que le type de for&#234;t que nous retrouvons sur l'&#206;le est diff&#233;rent de celui que l'on retrouve ailleurs sur la C&#244;te Nord. Cependant, si tel &#233;tait le cas, nous avons des engagements fermes quant &#224; leur protection.&lt;/i&gt; &#187; Le rapport du BAPE, analysant les impacts de l'am&#233;nagement des rampes d'acc&#232;s, accorde aussi le feu vert &#224; la compagnie quant au d&#233;roulement des travaux. Aucune &#233;tude sur les impacts des coupes sur les diff&#233;rents &#233;cosyst&#232;mes de l'&#238;le n'a &#233;t&#233; effectu&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Bien qu'elle constitue la raison d'&#234;tre du projet d'am&#233;nagement des rampes d'acc&#232;s, l'exploitation foresti&#232;re comme telle ne fait pas partie de la liste de projets assujettis &#224; la proc&#233;dure d'&#233;valuation et d'examen des impacts sur l'environnement.&lt;/i&gt; &#187; (BAPE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le minist&#232;re de l'Environnement du Qu&#233;bec avait conclu dans les ann&#233;es 80 que le territoire de l'&#238;le Ren&#233;-Levasseur devait &#234;tre prot&#233;g&#233; dans son int&#233;grit&#233;. Mais &#224; la suite de pressions de la part d'autres minist&#232;res (particuli&#232;rement les Ressources naturelles), il n'a pas boug&#233;. En 2004, le ministre des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, M. Pierre Corbeil, a toutefois adopt&#233; la Loi 48 qui appelle &#224; la consultation avant les coupes. Cette prise de conscience soudaine, puis sa mat&#233;rialisation juridique, seraient cependant &#171; lacunaires &#187; en plusieurs points, selon Gilles Lavoie du bureau du sous-ministre aux for&#234;ts du minist&#232;re des Ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie s'y trouve gagnante et prouve sa forte influence sur la soci&#233;t&#233;. Depuis juin 2003, aucune annonce de nouvelles aires prot&#233;g&#233;es n'a &#233;t&#233; faite par le gouvernement. Ayant promis d'amener la proportion de territoire prot&#233;g&#233; de 2,9 % &#224; 8 % d'ici 2005, le voil&#224; maintenant qui repousse son engagement &#224; la fin de son mandat. Les groupes de conservation proposent pour leur part l'objectif de 12 % d'ici 2008, afin de pallier au d&#233;ficit par rapport aux autres provinces canadiennes ainsi qu'&#224; la moyenne mondiale, qui se situe &#224; 9 %. En ce moment, deux territoires sont prot&#233;g&#233;s sur l'&#238;le : la r&#233;serve &#233;cologique Louis-Babel (245 km2) et depuis peu, la p&#233;ninsule de la baie Memory au nord-est de l'&#238;le (204 km2) pour un total de 20 % du territoire prot&#233;g&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mobilisation pour la protection&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Association touristique r&#233;gionale de Manicouagan ainsi que plusieurs autres groupes et associations proposent de fonder une R&#233;serve mondiale de la biosph&#232;re sur le territoire, c'est-&#224;-dire une zone o&#249; la &#171; &lt;i&gt;conservation de la biodiversit&#233;, le d&#233;veloppement &#233;conomique et social et le maintien des valeurs culturelles&lt;/i&gt; &#187; (UNESCO) devraient cohabiter en &#233;quilibre, dans un esprit de &#171; d&#233;veloppement durable &#187;. Le projet a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; &#224; l'UNESCO et permettrait de d&#233;velopper le potentiel r&#233;cr&#233;otouristique de l&#8216;&#238;le. Des organisations politiques telles que le Parti Vert du Qu&#233;bec et l'Union des Forces Progressistes (UFP) soutiennent aussi la cause de protection du territoire insulaire. Des centaines de militantes environnementalistes, &#224; l'aide d'organisations reconnues, tentent de sensibiliser la population &#224; la cause de la d&#233;forestation de l'&#238;le. Une coalition a &#233;t&#233; form&#233;e et elle organise des activit&#233;s depuis l'automne 2002 afin de r&#233;v&#233;ler au public la gravit&#233; de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et maintenant&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les impacts de la d&#233;forestation de la for&#234;t bor&#233;ale qu&#233;b&#233;coise devraient alarmer celle ou celui qui se soucie du sort de la plan&#232;te et des g&#233;n&#233;rations futures. Il serait l&#226;che, face &#224; la catastrophe visible et largement d&#233;nonc&#233;e, de croire &#224; la sacro-sainte loi &#233;conomique qui brandit l'abominable spectre de la r&#233;cession et des pertes d'emplois. L'id&#233;e n'est pas d'exclure toute activit&#233; &#233;conomique de nos for&#234;ts, mais de trouver l'&#233;quilibre entre l'usage de la ressource et le respect de la Terre. Comme dans bien d'autres cas, la solution repose peut-&#234;tre sur l'&#233;ducation populaire, base d'une prise de conscience. Comme l'explique Lucie Tessier, ing&#233;nieure foresti&#232;re et responsable de la foresterie et de la conservation pour le Fonds mondial pour la nature du Canada (WWF) : &#171; &lt;i&gt;Il est possible de conjuguer foresterie et conservation. C'est simplement une question de volont&#233; politique et de cr&#233;ativit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guertin Tremblay&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tudiant en g&#233;ographie &#224; l'UQAM&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
