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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Mobilit&#233; durable : un cha&#238;non manquant</title>
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		<dc:date>2025-01-02T16:56:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Fran&#231;ois Lefebvre, Anne-H&#233;l&#232;ne Mai, Marc-Olivier Mathieu</dc:creator>


		<dc:subject>Lefebvre, Jean-Fran&#231;ois</dc:subject>
		<dc:subject>Mathieu, Marc-Olivier</dc:subject>
		<dc:subject>Mai, Anne-H&#233;l&#232;ne</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Le tramway s'est impos&#233; au fil des ann&#233;es, car il r&#233;pond &#224; une logique de r&#233;am&#233;nagement urbain, de planification des transports et de pr&#233;occupations environnementales. C'est un choix politique : il s'ancre dans une logique de d&#233;veloppement durable, permet de repenser la mobilit&#233; urbaine et les projets d'urbanisation. Le tramway est &#233;galement devenu un outil de promotion de la ville, car implanter un tramway c'est aussi vouloir renouveler l'image de la ville qui l'accueille. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Mini-dossier-Le-transport-est-un-bien-commun-" rel="directory"&gt;Mini-dossier : Le transport est un bien commun !&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mathieu-Marc-Olivier-+" rel="tag"&gt;Mathieu, Marc-Olivier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le tramway s'est impos&#233; au fil des ann&#233;es, car il r&#233;pond &#224; une logique de r&#233;am&#233;nagement urbain, de planification des transports et de pr&#233;occupations environnementales. C'est un choix politique : il s'ancre dans une logique de d&#233;veloppement durable, permet de repenser la mobilit&#233; urbaine et les projets d'urbanisation. Le tramway est &#233;galement devenu un outil de promotion de la ville, car implanter un tramway c'est aussi vouloir renouveler l'image de la ville qui l'accueille.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Minist&#232;re de l'&#201;cologie, du D&#233;veloppement durable, des Transports et du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s qu'ils eurent &#233;t&#233; chass&#233;s de nombreuses villes, incluant Montr&#233;al, Qu&#233;bec et Sherbrooke, une nouvelle g&#233;n&#233;ration de tramways est r&#233;apparue partout dans le monde. On y voit maintenant l'un des modes de transports les mieux adapt&#233;s &#224; un environnement plus sain et &#224; une ville plus conviviale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux pays ont accru leurs investissements dans les infrastructures de transports collectifs et actifs. Le r&#233;sultat est notamment un regain de la part du rail dans les services de transports, lequel s'int&#232;gre &#224; la popularit&#233; croissante des am&#233;nagements ax&#233;s sur les transports collectifs (&lt;em&gt;Transit-Oriented Development&lt;/em&gt; ou TOD).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, la renaissance de r&#233;seaux modernes de tramways repr&#233;sente le cha&#238;non manquant entre le mode l&#233;ger, autobus et SRB (syst&#232;me rapide par bus) et les modes lourds (trains de banlieue et m&#233;tro). Son co&#251;t d'implantation est largement inf&#233;rieur &#224; celui du m&#233;tro ou du m&#233;tro automatique l&#233;ger (le skytrain de la CDPQ-Infra) tout en induisant une qualit&#233; de service, un niveau de confort et surtout un effet structurant sur l'am&#233;nagement beaucoup plus importants que l'autobus, m&#234;me en voies r&#233;serv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'exemple de Lyon&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un retour en force qui a clairement fa&#231;onn&#233; les villes fran&#231;aises. L'exp&#233;rience de Lyon est fort r&#233;v&#233;latrice. Entre 1986 et 1995, l'ajout de onze stations de m&#233;tro (hausse de 50 % du r&#233;seau) n'a pas emp&#234;ch&#233; la poursuite du d&#233;clin des transports collectifs et actifs au profit de l'automobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1995 &#224; 2015, s'il y a eu sept nouvelles stations de m&#233;tro, le plus d&#233;terminant fut l'ajout de six lignes de tramways, avec 92 stations (tableau 1). La part modale de la voiture a diminu&#233; de 9 % (une baisse de l'utilisation de 17 %), tandis que le transport collectif a gagn&#233; 5 % de part modale, (une croissance de 37 %). Le taux de possession d'automobiles a chut&#233; de 14,3 % entre 2006 et 2015 dans le quartier central Lyon-Villeurbanne et de 7,8 % pour l'ensemble de la M&#233;tropole de Lyon. (Sytral, 2016)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lyon anticipe maintenant de faire passer la part modale de l'automobile &#224; moins de 35 % des d&#233;placements d'ici 2030. (voir tableau 1)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3756 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/1212-3.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH233/1212-3-681d7.png?1735837020' width='500' height='233' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un tel sc&#233;nario est-il envisageable pour l'ensemble des grandes villes qu&#233;b&#233;coises ? Oui, avec l'int&#233;gration de plusieurs r&#233;seaux de tramways modernes, reliant notamment des &#201;coquartiers denses, am&#233;nag&#233;s en TOD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction du tramway de Qu&#233;bec est bel et bien lanc&#233;e et, contre toute attente, le gouvernement s'est mis &#224; l'&#233;coute des scientifiques et expert&#183;es et vient d'annoncer que le troisi&#232;me lien sera finalement un tunnel r&#233;serv&#233; aux transports collectifs ! Il serait logique d'y mettre un tramway. L'impact attendu du tram de Qu&#233;bec est une hausse des taux d'achalandage des transports collectifs de 30 % &#224; court terme et jusqu'&#224; 50 % par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le cas de Montr&#233;al&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; Montr&#233;al, la privatisation d'une partie de notre r&#233;seau de transport collectif au profit du projet de R&#233;seau express m&#233;tropolitain de la CDPQ-Infra a monopolis&#233; l'attention et les investissements publics, tout en retardant de plusieurs ann&#233;es le d&#233;veloppement du seul mode susceptible de nous permettre r&#233;ellement d'atteindre nos objectifs de transition &#233;nerg&#233;tique, le tramway.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par dollar investi, le tramway permettra de r&#233;aliser pr&#232;s de dix fois plus de kilom&#232;tres de lignes et 20 fois plus de stations que les prolongements du m&#233;tro (compar&#233; &#224; la ligne bleue). On peut raisonnablement estimer qu'un r&#233;seau de trams permettra d'offrir au moins quatre fois plus de kilom&#232;tres de lignes et douze fois plus de stations par dollar investi qu'avec le skytrain de la CDPQ infra. Au moins, car le contrat factur&#233; (pour 99 ans&#8230;) par la CDPQ-Infra repr&#233;sente, dans les faits, une hausse des co&#251;ts d'op&#233;ration par rapport aux alternatives publiques que repr&#233;sentent tramway, train de banlieue ou m&#233;tro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;vitant de dilapider les fonds publics dans un skytrain qui, en fait, vise &#224; privatiser une partie du r&#233;seau de transport collectif, dans l'Est, &#224; Laval et &#224; Longueuil, un sc&#233;nario r&#233;aliste nous permet d'envisager entre 2030 et 2040 la mise en service de pr&#232;s de 140 km de tramway (soit deux fois la longueur du r&#233;seau de m&#233;tro) offrant pr&#232;s de 250 stations de transport collectif &#233;lectrifi&#233; (soit presque quatre fois plus que le m&#233;tro), confortables et accessibles universellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ossature en serait, &#224; court terme, le R&#233;seau &#233;lectrifi&#233; est-ouest de Montr&#233;al partant de Dorval et Lachine, avec une antenne vers Lasalle, se rendant au centre-ville, puis reliant l'est de Montr&#233;al et offrant un r&#233;seau en boucle desservant Montr&#233;al-Nord, Rivi&#232;re-des-Prairies et Pointe-aux-Trembles (80 stations pour 60 km, pour un co&#251;t semblable &#224; celui du prolongement de la ligne bleue).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De nombreux avantages&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Contrairement au &lt;em&gt;skytrain&lt;/em&gt; a&#233;rien qui amplifie les vibrations, le nouveau tramway s'av&#232;re particuli&#232;rement silencieux et s'ins&#232;re harmonieusement dans les quartiers r&#233;sidentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En offrant l'accessibilit&#233; universelle pour un tr&#232;s grand nombre de stations, un r&#233;seau de trams contribuera &#224; diminuer les co&#251;ts croissants du transport adapt&#233;, tout en r&#233;pondant au vieillissement de la population en pouvant offrir plus de places assises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tramway est &#233;galement adapt&#233; aux conditions hivernales, comme le d&#233;montre l'exp&#233;rience de nombreux pays du nord de l'Europe et de l'Europe de l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les temps de parcours dans l'est et le nord de Montr&#233;al ont &#233;t&#233; simul&#233;s pour 30 trajets diff&#233;rents, en auto, avec les transports collectifs actuels, pour le REM envisag&#233; (a&#233;rien et souterrain) et avec un futur tramway. Le tram est syst&#233;matiquement plus avantageux que le service de bus actuel et s'av&#232;re plus rapide que le skytrain pour 26 trajets sur 30, en tenant compte du trajet porte-&#224;-porte (omis dans les &#233;valuations du REM). Ces tendances sont accentu&#233;es lorsqu'on prend en compte la valeur du temps per&#231;ue, que ce soit pour acc&#233;der &#224; la station ou relativement au confort offert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il demeure possible de mettre un tramway en mode souterrain ou a&#233;rien au besoin, si les surco&#251;ts sont jug&#233;s justifi&#233;s sur certains segments du trac&#233;, tout en conservant un mode en surface pour la plus grande portion des trajets desservis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, les trams contribueront fortement &#224; tendre vers la carboneutralit&#233;. Ils permettront d'accro&#238;tre de fa&#231;on spectaculaire le nombre de stations de transport collectif &#233;lectrifi&#233; par fil accessibles &#224; distance de marche, un facteur essentiel pour favoriser le transfert modal. Leurs &#233;missions par passager-kilom&#232;tre sont dix fois moindres que celles du skytrain (qui fait un usage massif du b&#233;ton). Ils favorisent la densification de la population aux stations et tout le long des corridors desservis, l'am&#233;nagement d'&#233;coquartiers et de quartiers sans voitures. Ils permettent une augmentation rapide de l'offre de transport (jumel&#233;s &#224; quelques SRB). Ils r&#233;duisent les crises financi&#232;res d&#233;coulant de la privatisation partielle du r&#233;seau. Et ils rendent ainsi possible un abaissement des tarifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, le tram &#224; Montr&#233;al permettra de se rapprocher de l'objectif du Plan m&#233;tropolitain d'am&#233;nagement et de d&#233;veloppement (PMAD) de faire passer la part modale en pointe dans la Communaut&#233; m&#233;tropolitaine de Montr&#233;al de 26 % (en 2018) &#224; 35 % en 2031.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Minist&#232;re de l'&#201;cologie, du D&#233;veloppement durable, des Transports et du Logement et CERTU (2011), Le renouveau du tramway en France, p. 3 : &lt;a href=&#034;http://www.bv.transports.gouv.qc.ca/mono/1072818.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.bv.transports.gouv.qc.ca/mono/1072818.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Certains &#233;l&#233;ments mentionn&#233;s dans cet article sont tir&#233;s de travaux r&#233;alis&#233;s dans le cadre d'un projet de recherche d'Imagine Lachine-Est appuy&#233; par Qu&#233;bec, dans le cadre du Plan pour une &#233;conomie verte 2030.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mobilit&#233; en d&#233;route. Comment sortir de l'impasse du financement ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Mobilite-en-deroute-Comment-sortir-de-l-impasse-du-financement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Mobilite-en-deroute-Comment-sortir-de-l-impasse-du-financement</guid>
		<dc:date>2025-01-02T16:48:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-H&#233;l&#232;ne Mai</dc:creator>


		<dc:subject>Mai, Anne-H&#233;l&#232;ne</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le transport co&#251;te cher, tr&#232;s cher. La construction d'infrastructures de transports collectifs se chiffre en milliards de dollars, les frais d'exploitation en millions, et les d&#233;penses li&#233;es &#224; l'entretien ont tendance &#224; grossir chaque ann&#233;e. Comment peut-on alors esp&#233;rer financer de nouveaux projets, &#233;tendre nos r&#233;seaux et am&#233;liorer la qualit&#233; de l'exp&#233;rience usager ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces folles d&#233;penses ne sont pas l'apanage des transports en commun. Les m&#233;gaprojets autoroutiers des 70 derni&#232;res ann&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Mini-dossier-Le-transport-est-un-bien-commun-" rel="directory"&gt;Mini-dossier : Le transport est un bien commun !&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mai-Anne-Helene-+" rel="tag"&gt;Mai, Anne-H&#233;l&#232;ne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/245234.jpg?1735836390' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;891&#034; height=&#034;635&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le transport co&#251;te cher, tr&#232;s cher. La construction d'infrastructures de transports collectifs se chiffre en milliards de dollars, les frais d'exploitation en millions, et les d&#233;penses li&#233;es &#224; l'entretien ont tendance &#224; grossir chaque ann&#233;e. Comment peut-on alors esp&#233;rer financer de nouveaux projets, &#233;tendre nos r&#233;seaux et am&#233;liorer la qualit&#233; de l'exp&#233;rience usager ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces folles d&#233;penses ne sont pas l'apanage des transports en commun. Les m&#233;gaprojets autoroutiers des 70 derni&#232;res ann&#233;es ont aussi &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;s &#224; coup de milliards de dollars, afin de stimuler la vitalit&#233; &#233;conomique. Et les montants d&#233;di&#233;s &#224; leurs r&#233;novations n'ont rien &#224; envier aux sommes consacr&#233;es &#224; l'entretien du transport collectif. La reconstruction de l'&#233;changeur Turcot aura totalis&#233; 3,67 G$, le chantier de r&#233;fection de l'autoroute Ville-Marie, 2 G$, et celui du pont-tunnel Louis-Hippolyte Lafontaine, encore plus. Selon le gouvernement provincial, &#224; peine 53 % des chauss&#233;es du r&#233;seau routier sup&#233;rieur seraient en bon &#233;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, de plus en plus d'&#233;tudes d&#233;montrent que d'un point de vue &#233;conomique, le transport en commun a un meilleur impact que le transport routier. Selon la Chambre de commerce du Montr&#233;al m&#233;tropolitain, les d&#233;penses entra&#238;n&#233;es par la mobilit&#233; collective ont des retomb&#233;es sur l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise pr&#232;s de trois fois sup&#233;rieures &#224; celles de l'automobile priv&#233;e en mati&#232;re d'emplois et d'argent. L'Autorit&#233; m&#233;tropolitaine de transport estime quant &#224; elle que les co&#251;ts sociaux g&#233;n&#233;r&#233;s par l'utilisation de la voiture sont neuf fois plus &#233;lev&#233;s que ceux li&#233;s &#224; l'utilisation des transports collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela s'ajoutent les calculs de Marion Voisin et Jean Dub&#233; de l'Universit&#233; Laval selon lesquels, dans la r&#233;gion de Qu&#233;bec, pour chaque dollar d&#233;bours&#233; par un individu pour se d&#233;placer en automobile, la collectivit&#233; paie 5,77 $, contre 1,21 $ pour se d&#233;placer en autobus. Dans l'&#233;quation, les chercheur&#183;euses ont inclus les d&#233;penses en fonds publics, les d&#233;penses personnelles des voyageur&#183;euses, ainsi que les externalit&#233;s n&#233;gatives telles que les pollutions atmosph&#233;rique et sonore, la s&#233;dentarit&#233;, la disparition d'espaces verts et l'&#233;talement urbain. Qui plus est, les donn&#233;es r&#233;v&#232;lent qu'une forte d&#233;pendance &#224; la voiture restreint le d&#233;veloppement &#233;conomique d'une r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres sont sans &#233;quivoque : le transport en commun est un meilleur investissement pour nos communaut&#233;s que l'expansion du r&#233;seau routier. Pourquoi donc le financement du transport collectif semble-t-il si fragile ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des revenus en d&#233;clin&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, le principal outil de financement des services et infrastructures de transport collectif publics et de la construction et de l'exploitation des routes est le Fonds des r&#233;seaux de transport terrestre (FORT). Ses revenus proviennent en grande partie des droits et permis d'immatriculation, de la taxe sur les carburants, du march&#233; du carbone et des contributions f&#233;d&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FORT est cens&#233; s'autofinancer, mais il est d&#233;ficitaire depuis 2017. Le manque &#224; gagner est actuellement absorb&#233; par les surplus cumul&#233;s, mais ceux-ci s'effritent rapidement. Au rythme o&#249; vont les choses, on anticipe un d&#233;ficit de pr&#232;s d'un milliard de dollars d'ici 2026-2027 selon l'Alliance TRANSIT. La raison est simple : les revenus stagnent alors que les d&#233;penses gonflent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des sources de revenus, la taxe sur les carburants, n'a pas &#233;t&#233; revaloris&#233;e depuis 2013, alors qu'il y a eu, en dix ans, 28 % d'inflation&#8230; sans compter la pr&#233;sence grandissante de v&#233;hicules &#233;lectriques qui r&#233;duisent la part de la consommation d'essence. Ainsi, depuis 2014, les revenus annuels g&#233;n&#233;r&#233;s par cette taxe ont diminu&#233; de plus de 750 M$.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contribution des automobilistes au transport en commun par le paiement de l'immatriculation n'a pas &#233;t&#233; index&#233;e depuis sa cr&#233;ation en&#8230; 1992 ! Elle est de 30 $ dans toutes les r&#233;gions dot&#233;es d'une soci&#233;t&#233; de transport collectif. Dans l'agglom&#233;ration de Montr&#233;al, une contribution suppl&#233;mentaire de 45 $ est demand&#233;e depuis 2011, sans suivre l'inflation. Une mise &#224; niveau est donc r&#233;clam&#233;e depuis plusieurs ann&#233;es, notamment par l'Alliance TRANSIT. Ce sera chose faite dans la r&#233;gion montr&#233;alaise : la Communaut&#233; m&#233;tropolitaine de Montr&#233;al imposera une taxe d'immatriculation de 59 $ d&#232;s 2024. Cela permettra &#224; l'Autorit&#233; m&#233;tropolitaine de transport d'engranger quelque 125 M$ par ann&#233;e et d'&#233;ponger partiellement son d&#233;ficit qui atteint les 265,6 M$.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi savoir qu'&#224; partir du FORT, le gouvernement provincial redistribue les sommes aux municipalit&#233;s et aux autorit&#233;s organisatrices de transport par le biais de programmes &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mode de fonctionnement a pour principal d&#233;faut qu'il brouille la pr&#233;visibilit&#233; du financement, puisque ces organisateurs de transport doivent d&#233;poser des demandes annuellement, sans garantie des montants qui leur seront ensuite accord&#233;s. En outre, les investissements en transport collectif du gouvernement provincial se traduisent principalement par de la bonification (acquisition de trains, construction de garages, prolongement de lignes de m&#233;tro, am&#233;nagement de voies r&#233;serv&#233;es&#8230;), tandis que l'entretien et l'exploitation des r&#233;seaux sont principalement &#224; la charge des municipalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entretien du r&#233;seau s'ajoute alors &#224; l'&#233;ventail des responsabilit&#233;s municipales, pour lesquelles le budget provient presque uniquement des taxes fonci&#232;res, dont l'&#233;lasticit&#233; n'est pas infinie. Il reste donc les titres de transport des usagers et usag&#232;res, qui comptaient pour pr&#232;s de 30 % des revenus des soci&#233;t&#233;s de transport avant la baisse d'achalandage caus&#233;e par la pand&#233;mie. Mais leurs prix restent limit&#233;s si l'on veut &#233;viter qu'ils soient r&#233;barbatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dissuade les municipalit&#233;s de d&#233;velopper le transport en commun sur leur territoire et les pousse &#224; miser plut&#244;t sur le r&#233;seau routier sup&#233;rieur, qui, lui, est enti&#232;rement financ&#233; par Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;s&#233;quilibre entre le r&#233;seau routier et le transport collectif&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le Qu&#233;bec a environ la moiti&#233; de la population ontarienne, son r&#233;seau routier est une fois et demie plus vaste que celui de l'Ontario&#8230; Et le gouvernement pr&#233;voit d'y verser 70 % de nos investissements en transport des dix prochaines ann&#233;es, alors que cette part n'atteint pas 30 % dans notre province voisine. Pourtant, le Plan pour une &#233;conomie verte 2030 du Qu&#233;bec (PEV) soutient que le ratio des investissements en transport en commun et dans le r&#233;seau routier doit &#234;tre de 50-50.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les investissements dans le r&#233;seau routier au Qu&#233;bec, pr&#232;s d'un quart est consacr&#233; &#224; l'augmentation de la capacit&#233; routi&#232;re : les d&#233;penses en ce sens ont d'ailleurs tripl&#233; depuis cinq ans pour atteindre 7,2 G$ dans le Plan qu&#233;b&#233;cois des infrastructures (PQI) de 2022-2023. La cr&#233;ation de nouvelles routes ou l'&#233;largissement de routes existantes, en plus d'accaparer de larges portions du budget, participent &#224; la surchauffe du march&#233; dans le domaine de la construction, accentuant l'inflation des prix des mat&#233;riaux et la p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre. Qu'en vaut la peine, quand on sait que cela ne r&#232;gle pas la congestion du fait de la demande induite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars dernier, la ministre des Transports et de la Mobilit&#233; durable, Genevi&#232;ve Guilbault, affirmait que &#171; pour une deuxi&#232;me ann&#233;e cons&#233;cutive, les investissements pr&#233;vus au PQI en mati&#232;re de transport collectif d&#233;passent ceux du r&#233;seau routier &#187;. Or, ces montants reposent en bonne partie sur des projets d'investissements non confirm&#233;s, tels que le prolongement de la ligne jaune du m&#233;tro de Montr&#233;al et le tunnel Qu&#233;bec-L&#233;vis, dont on ne connait ni le mode ni le trac&#233;, et encore moins le co&#251;t estim&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on se concentre sur les investissements confirm&#233;s et en r&#233;alisation, les donn&#233;es pr&#233;sent&#233;es dans le PQI montrent que le r&#233;seau routier re&#231;oit 31,5 G$, et le transport collectif 13,78 G$. On obtient donc le ratio 70 % &#8211; 30 % mentionn&#233; plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le cercle vicieux du sous-financement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un financement insuffisant, les soci&#233;t&#233;s de transport collectif sont forc&#233;es de r&#233;duire leurs services, entra&#238;nant ce que le chercheur Willem Klumpenhouwer appelle la &#171; spirale de la mort &#187;. La fr&#233;quence des passages diminue, l'efficacit&#233; du service d&#233;cline, le confort des usager&#183;&#232;res se d&#233;t&#233;riore. L'achalandage s'affaiblit et la perception des individus envers le transport en commun se d&#233;grade. Il devient alors moins populaire, politiquement, d'investir dans ces infrastructures plut&#244;t que dans le r&#233;seau routier vers lequel les voyageur&#183;euses se seront tourn&#233;&#183;es. La baisse de l'achalandage fait que la demande ne justifie plus d'accro&#238;tre les services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;viter ce cycle de d&#233;sinvestissement, il faut urgemment trouver des solutions durables au financement du transport collectif, r&#233;&#233;quilibrer les investissements d&#233;di&#233;s au r&#233;seau routier et au transport en commun et pallier le d&#233;ficit annonc&#233; du FORT et des soci&#233;t&#233;s de transport qu'il soutient. Des mesures de diversification des revenus ont &#233;t&#233; propos&#233;es par plusieurs acteurs : taxation sur le stationnement non r&#233;sidentiel, instauration d'une tarification kilom&#233;trique, meilleur partage du co&#251;t du r&#233;seau routier sup&#233;rieur avec les municipalit&#233;s, indexation des sources existantes, p&#233;age sur les routes et autres options d'&#233;cofiscalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La balle est dans le camp du Gouvernement du Qu&#233;bec, &#224; lui de d&#233;montrer un leadership fort en faveur de la mobilit&#233; durable !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Anne-H&#233;l&#232;ne Mai est agente de recherche et conseill&#232;re en communication &#224; Trajectoire Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Elisabeth Doyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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