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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>L'&#233;conomie circulaire : une transition en cours vers un mod&#232;le plus soutenable ?</title>
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		<dc:date>2024-12-28T18:06:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Coderre-Proulx, Abigaelle Dussol, &#201;variste Feurtey</dc:creator>


		<dc:subject>Coderre-Proulx, Jean-Michel</dc:subject>
		<dc:subject>Dussol, Abigaelle</dc:subject>
		<dc:subject>Feurtey, &#201;variste</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;conomie circulaire permet de red&#233;finir notre mode de production et de consommation pour limiter l'utilisation de ressource et prot&#233;ger les &#233;cosyst&#232;mes. Elle diff&#232;re de l'&#233;conomie lin&#233;aire qui se caract&#233;rise par la cha&#238;ne de valeur suivante : extraire, fabriquer et &#233;liminer. Pour une &#233;conomie alternative, il s'agit de r&#233;cup&#233;rer ce qui se perd comme &#233;nergie dans la production ou qui se retrouve &#224; la fin du cycle pour le r&#233;investir. Au Bas-Saint-Laurent, ce mod&#232;le &#233;conomique s'implante &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/8768.jpg?1735409055' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1427&#034; height=&#034;981&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;conomie circulaire permet de red&#233;finir notre mode de production et de consommation pour limiter l'utilisation de ressource et prot&#233;ger les &#233;cosyst&#232;mes. Elle diff&#232;re de l'&#233;conomie lin&#233;aire qui se caract&#233;rise par la cha&#238;ne de valeur suivante : extraire, fabriquer et &#233;liminer. Pour une &#233;conomie alternative, il s'agit de r&#233;cup&#233;rer ce qui se perd comme &#233;nergie dans la production ou qui se retrouve &#224; la fin du cycle pour le r&#233;investir. Au Bas-Saint-Laurent, ce mod&#232;le &#233;conomique s'implante &#224; travers de nombreuses initiatives citoyennes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e au Qu&#233;bec, pr&#232;s de 271 millions de tonnes de ressources entrent dans les syst&#232;mes de production et de consommation, soit un niveau sup&#233;rieur &#224; la moyenne canadienne. Or, seulement 3,5 % de ces ressources sont dites &#171; circularis&#233;es &#187; en 2022. Pour rem&#233;dier &#224; cette situation, nous devons r&#233;duire cette consommation insoutenable des ressources. C'est pourquoi il est pertinent de s'interroger sur le sujet suivant : peut-on miser sur l'&#233;conomie circulaire pour r&#233;duire notre consommation de mani&#232;re viable &#224; long terme ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;conomie circulaire et d&#233;croissance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; premi&#232;re vue, il serait erron&#233; de voir l'&#233;conomie circulaire comme une voie d'acc&#232;s vers la d&#233;croissance. L'&#233;conomie circulaire vise plut&#244;t un d&#233;couplage de la croissance &#233;conomique et de la consommation grandissante de ressources naturelles. Valoriser ses mati&#232;res r&#233;siduelles ou implanter des mesures d'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique n'emp&#234;che pas une entreprise de faire des profits ou d'&#234;tre en croissance, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, l'&#233;conomie circulaire peut &#234;tre vue comme une solution transitoire de transformation &#233;conomique et sociale qui guide les acteurs &#233;conomiques vers l'atteinte d'objectifs de la d&#233;croissance. L'&#233;conomie circulaire introduit des concepts fondamentaux partag&#233;s par l'approche ax&#233;e sur la d&#233;croissance, comme la mutualisation ou la coop&#233;ration. En cela, l'&#233;conomie circulaire permet aux entreprises de d&#233;roger du cadre &#233;conomique dominant reposant sur l'extraction d'une ressource, la transformation et la vente de celle-ci, r&#233;sultant en bout de piste par la production d'un d&#233;chet et/ou de gaz &#224; effet de serre. Elle permet une sensibilisation des acteur&#183;rices, les invitant &#224; remettre en question les fa&#231;ons de faire dans l'ensemble du cycle &#233;conomique (extraction, production, transformation, consommation, fin de vie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre r&#233;ellement compatible avec la d&#233;croissance, il faut cependant que les gains d'efficacit&#233; engendr&#233;s par l'&#233;conomie circulaire soient r&#233;investis en actifs immat&#233;riels, par exemple en temps de repos, et non en production suppl&#233;mentaire. Plus concr&#232;te et socialement accept&#233;e que la d&#233;croissance, l'&#233;conomie circulaire peut donc &#234;tre comprise comme une &#233;tape essentielle qui peut conduire nos soci&#233;t&#233;s vers une transformation beaucoup plus large de nos fa&#231;ons de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques exemples au Bas-Saint-Laurent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il existe au Bas-Saint-Laurent une forte culture ax&#233;e sur la concertation, les circuits courts, la valorisation des mati&#232;res et le partage de ressources. Aujourd'hui, cette mentalit&#233; s'incarne de plusieurs fa&#231;ons &#224; travers des projets men&#233;s tant par la communaut&#233; bas-laurentienne que par des entreprises et OBNL de notre r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, le Bas-Saint-Laurent est le premier territoire canadien membre du regroupement mondial Fabcity, un large r&#233;seau de villes et de territoires autosuffisants. Nomm&#233; &lt;em&gt;FabR&#233;gion Bas-Saint-Laurent&lt;/em&gt;, cette d&#233;marche mobilise un grand nombre d'acteur&#183;rices, (&#233;lu&#183;es, citoyen&#183;nes, expert&#183;es et institutions de recherche) dans le but d'atteindre d'ici 2054 un seuil d'autosuffisance de 50 % de nos consommations. Apr&#232;s un diagnostic de la situation r&#233;alis&#233; en 2021-2023, la seconde phase 2023-2026 visera &#224; passer &#224; l'action en mettant en &#339;uvre des projets d'autosuffisance territoriale dans les diff&#233;rents axes de travail suivants : se v&#234;tir, se nourrir, se transporter et se loger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve aussi une grande concertation r&#233;gionale sur les plastiques agricoles (notamment les plastiques employ&#233;s pour l'ensilage), puisque le Bas-Saint-Laurent se classe au troisi&#232;me rang des r&#233;gions utilisatrices au Qu&#233;bec, avec pr&#232;s de 1000 tonnes de plastique agricole produit annuellement. Un projet d&#233;but&#233; en 2021, pilot&#233; par &#201;lyme Conseils, a permis de mettre en relation l'ensemble des acteur&#183;rices de la cha&#238;ne de valeur afin de d&#233;terminer comment r&#233;duire &#224; la source leur utilisation par de meilleures pratiques et comment am&#233;liorer le taux de recyclage de ces mati&#232;res. La situation est d'autant plus urgente &#224; traiter que ce taux de r&#233;cup&#233;ration est actuellement de seulement 10 % (le reste se retrouvant &#224; l'enfouissement ou &#224; la valorisation &#233;nerg&#233;tique) et qu'une r&#232;glementation provinciale va encadrer prochainement leur gestion et obliger l'atteinte de cibles plus ambitieuses d'ici juin 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; une &#233;chelle plus locale, un projet de Synergie Matanie est en cours d'implantation &#224; Matane pour r&#233;aliser un incubateur d'entreprises en &#233;conomie circulaire dans une usine laiss&#233;e &#224; l'abandon depuis 2012, l'usine RockTenn. Ce projet implique la r&#233;habilitation compl&#232;te du site (d&#233;contamination, r&#233;habilitation des installations et partage de l'espace) pour permettre de d&#233;marrer des entreprises et des projets innovateurs dans un environnement con&#231;u pour g&#233;n&#233;rer des symbioses industrielles. Ce projet est novateur dans son concept puisqu'il envisage d'autres perspectives que la construction de nouveaux b&#226;timents, celle de la valorisation des &#171; verrues urbaines &#187; comme solutions &#224; la crise du logement que la plupart des r&#233;gions du Qu&#233;bec connaissent actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, on retrouve aussi des entreprises qui innovent en &#233;conomie circulaire en trouvant des d&#233;bouch&#233;s pour des sous-produits. C'est le cas par exemple de l'entreprise Ellipse conservation, qui revalorise des r&#233;sidus d'&#233;picerie pour les transformer en collation &#224; partir d'un processus de lyophilisation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Freins et perspectives d'avenir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les initiatives foisonnent au Bas-Saint-Laurent pour mettre en place des produits et services faits par et pour la communaut&#233; dans le but de tendre vers une carboneutralit&#233; et une forte autonomie r&#233;gionale. De plus en plus d'entrepreneur&#183;euses, d'&#233;lu&#183;es municipaux et de citoyen&#183;nes sont conscient&#183;es des gains &#233;conomiques et sociaux que l'&#233;conomie circulaire peut apporter &#224; leur entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance &#233;conomique a apport&#233; au Qu&#233;bec une prosp&#233;rit&#233; qui profite beaucoup &#224; de nombreuses industries. Toutefois, pour faire face aux enjeux socio&#233;conomiques et environnementaux propres &#224; notre &#233;poque, un changement de paradigme doit s'op&#233;rer. Il nous faut, pour reprendre la d&#233;finition du d&#233;veloppement durable de Gro Harlem Brundtland, pr&#233;sidente de la commission mondiale sur l'environnement et le d&#233;veloppement, &#171; r&#233;pondre &#224; nos besoins actuels sans compromettre la capacit&#233; des g&#233;n&#233;rations futures &#224; r&#233;pondre aux leurs &#187;. Maximiser le potentiel de circularit&#233; de l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise nous semble une avenue porteuse pour respecter un tel engagement au regard du d&#233;fi important qu'il reste encore &#224; surmonter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour y arriver, il importe de faire lever les nombreux freins qui emp&#234;chent de prendre le virage vers l'&#233;conomie circulaire. Ceux-ci sont souvent de nature financi&#232;re ou r&#232;glementaire. Par exemple, concernant les plastiques agricoles au Bas-Saint-Laurent, la plupart des municipalit&#233;s r&#233;gionales de comt&#233; (MRC) et producteur&#183;rices de la r&#233;gion souhaiteraient s'aligner vers des collectes porte &#224; porte par conteneur qui permettent d'atteindre les cibles gouvernementales de mani&#232;re p&#233;renne. Or, que faire lorsque la nouvelle r&#233;glementation implant&#233;e ne tient pas compte des meilleures pratiques du secteur, de la volont&#233; de plusieurs organisations du milieu, et rend le financement de telles initiatives plus difficiles qu'auparavant ? Il faut mobiliser les acteur&#183;rices apr&#232;s coup pour faire adopter des ajustements aux r&#232;glements. D'ailleurs, un tel front commun s'est mis en place au cours des derni&#232;res semaines et des discussions en ce sens sont en cours pour obtenir gain de cause au niveau provincial. Cette situation est contre-productive et constitue une d&#233;plorable perte de temps. Et elle n'est malheureusement pas isol&#233;e ! Pour la valorisation des r&#233;sidus de viande, par exemple, des initiatives technologiques existent et permettraient de r&#233;duire le volume de ces r&#233;sidus de 80 %, mais ce sont des normes sanitaires qui bloquent la r&#233;alisation de projets pilotes en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'organisme d'accompagnement, on se demande comment soutenir les entreprises de mani&#232;re p&#233;renne alors que le financement du gouvernement est allou&#233; au projet, et non &#224; la mission. La transition vers une &#233;conomie plus propre et durable exigera de nos gouvernements et des institutions publiques une grande proactivit&#233; et un soutien continu envers les acteurs locaux qui sont beaucoup plus dispos&#233;s qu'on le pense &#224; changer les fa&#231;ons de faire. Cela passera donc par une reconnaissance du travail des organismes d'accompagnement en d&#233;veloppement durable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jean-Michel Coderre-Proulx, Abigaelle Dussol et &#201;variste Feurtey, &#201;lyme conseils, Organisme sp&#233;cialis&#233; en d&#233;veloppement durable bas&#233; &#224; Rimouski&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : La p&#234;cheuse de crabe Louise Lemay durant une sortie sur le crabier, un matin de printemps. Ann&#233;es 1990, au large de Rimouski. Au loin, on voit l'&#238;le Saint-Barnab&#233; (Michel Dompierre).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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