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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>De &#171; Coule pas chez nous &#187; &#224; &#171; Roule pas chez nous &#187;. Une histoire de r&#233;sistances</title>
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		<dc:date>2024-12-15T19:01:03Z</dc:date>
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		<dc:creator>Mikael Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Rioux, Mikael</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
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&lt;p&gt;Les militant&#183;es bas-laurentien&#183;nes n'en sont pas &#224; leur premier rod&#233;o : l'industrie p&#233;troli&#232;re canadienne reluque depuis longtemps ses berges et ses vallons pour y faire couler ou &#233;taler du bitume. Comment une poign&#233;e de militant&#183;es &#233;cologistes a-t-elle mis &#224; genoux un g&#233;ant de l'industrie ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, le Bas-Saint-Laurent est &#224; l'avant-plan de la lutte contre les m&#233;gaporcheries. Au Kamouraska, l'Union paysanne vient de voir le jour et m&#232;ne une guerre de tranch&#233;es contre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Bas-Saint-Laurent-Repousser-l-horizon-" rel="directory"&gt;Dossier : Bas-Saint-Laurent. Repousser l'horizon&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rioux-Mikael-+" rel="tag"&gt;Rioux, Mikael&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cies-minieres-et-petrolieres-+" rel="tag"&gt;Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/47456.png?1734289188' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1369&#034; height=&#034;671&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les militant&#183;es bas-laurentien&#183;nes n'en sont pas &#224; leur premier rod&#233;o : l'industrie p&#233;troli&#232;re canadienne reluque depuis longtemps ses berges et ses vallons pour y faire couler ou &#233;taler du bitume. Comment une poign&#233;e de militant&#183;es &#233;cologistes a-t-elle mis &#224; genoux un g&#233;ant de l'industrie ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, le Bas-Saint-Laurent est &#224; l'avant-plan de la lutte contre les m&#233;gaporcheries. Au Kamouraska, l'Union paysanne vient de voir le jour et m&#232;ne une guerre de tranch&#233;es contre l'industrie porcine ! Elle r&#233;ussira &#224; &#233;viter le pire en mobilisant toute une population effray&#233;e &#224; l'id&#233;e de voir cette industrie polluer l'air, le sol et l'eau si pr&#233;cieuse &#224; la qualit&#233; de vie de celles et ceux qui habitent ce territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne 2002, un peu plus &#224; l'est sur la Rivi&#232;re Trois-Pistoles, un groupe de personnes d&#233;termin&#233;es, dont je faisais partie, d&#233;cide de s'opposer &#224; la privatisation et au b&#233;tonnage de nos rivi&#232;res en occupant le chantier de construction du barrage nuit et jour. &#192; cette &#233;poque, pr&#232;s de 36 projets de petites centrales hydro&#233;lectriques priv&#233;es devaient voir le jour et venir enrichir plusieurs des firmes d'ing&#233;nieurs qu'on a vues d&#233;filer &#224; la Commission Charbonneau quelques ann&#233;es plus tard. Ce programme de petits barrages &#233;tait en fait un bon moyen de venir remercier ces firmes qui enrichissaient les partis politiques par la technique des pr&#234;te-noms. Ces derniers leur retournaient l'ascenseur en &#233;change de petits cadeaux sous forme de projets &#233;nerg&#233;tiques avec un prix d'achat garanti par Hydro-Qu&#233;bec Distribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une mobilisation citoyenne &#224; la grandeur du Qu&#233;bec et la mise en place de la campagne &#171; Adoptez une rivi&#232;re &#187;, le gouvernement Landry refusait toujours de reculer. Par l'action directe, soit le blocage du chantier et son occupation pendant 40 jours par les militant&#183;es &#233;cologistes, la m&#233;diatisation du dossier de la Rivi&#232;re Trois-Pistoles prit une ampleur nationale. La pression populaire se fit sentir jusqu'&#224; l'Assembl&#233;e nationale et le gouvernement n'eut d'autre choix que de mettre fin &#224; ce programme de copinage d&#233;guis&#233; en d&#233;veloppement &#233;conomique r&#233;gional. Encore une fois, le Bas-Saint-Laurent &#233;tait la figure de proue d'un mouvement national pour la protection du territoire. Des dizaines de rivi&#232;res furent sauv&#233;es du b&#233;tonnage !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cacouna et Trans-Canada : jamais deux sans trois&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 80, Trans-Canada a d&#233;j&#224; dans ses cartons l'id&#233;e d'utiliser le port de mer en eau profonde de Gros-Cacouna comme port m&#233;thanier. Ce projet, compl&#232;tement fou, avait m&#234;me r&#233;ussi &#224; obtenir l'approbation du BAPE de l'&#233;poque, mais &#233;tait finalement tomb&#233; &#224; l'eau. Le projet qui comprenait une exploitation gazi&#232;re dans le Grand Nord de l'Arctique &#233;tait jug&#233; trop risqu&#233; techniquement et financi&#232;rement pour aller de l'avant. En 2005, Trans-Canada est de retour &#224; Cacouna avec Petro-Canada comme partenaire, et propose cette fois-ci d'importer du gaz russe liqu&#233;fi&#233; et de le transporter aux &#201;tats-Unis par gazoduc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population locale est divis&#233;e : d'un c&#244;t&#233;, on s'inqui&#233;tait de la s&#233;curit&#233; et de la protection du territoire ; de l'autre, on &#233;tait attir&#233; par les promesses d'un eldorado &#233;conomique que faisait miroiter la compagnie. Le projet nomm&#233; &#224; l'&#233;poque &#201;nergie Cacouna recevra &#233;galement le OK du BAPE et laissera beaucoup d'amertume chez les citoyen&#183;nes de la municipalit&#233; qui, par un r&#233;f&#233;rendum serr&#233;, s'&#233;taient positionn&#233;&#183;es en faveur du projet. La pers&#233;v&#233;rance des habitant&#183;es de Cacouna qui s'opposaient &#224; Trans-Canada aura toutefois permis d'&#233;viter le pire en retardant le d&#233;but de la construction du terminal m&#233;thanier. Ce d&#233;lai fit en sorte qu'au d&#233;but 2008, Gazprom annonce qu'il retire ses billes des projets Rabaska &#224; Beaumont et d'&#201;nergie-Cacouna en tant que fournisseur de gaz naturel, an&#233;antissant les espoirs des promoteurs. La d&#233;couverte du gaz de schiste aux &#201;tats-Unis sera le pr&#233;lude d'un gigantesque boom gazier qui rendra obsol&#232;te l'importation du gaz naturel provenant de Russie, &#233;vitant du m&#234;me coup les deux &#233;l&#233;phants blancs que seraient devenus ces ports m&#233;thaniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2013, lorsque Trans-Canada annonce son retour &#224; Cacouna, cette fois pour construire un port p&#233;trolier vou&#233; &#224; l'exportation des sables bitumineux, la population locale est pour une troisi&#232;me fois prise en otage. Dans la communaut&#233;, tr&#232;s peu de gens osent lever la main pour reprendre une autre bataille, car les cicatrices des luttes pr&#233;c&#233;dentes ne sont pas encore gu&#233;ries. C'est alors que commence l'une des plus belles luttes environnementales de l'histoire du Qu&#233;bec, qui finira par faire plier bagage &#224; ces cowboys de l'Ouest venus cavali&#232;rement tenter de d&#233;rouler leur tuyau de bitume pour exporter leur p&#233;trole sale &#224; travers Cacouna.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une large mobilisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques mois d&#233;j&#224; s'activait un groupe au Kamouraska qui militait contre le projet &#201;nergie Est et son projet d'ol&#233;oduc &#224; 14 milliards de dollars. Ce groupe deviendra l'initiateur du mouvement &#171; Coule pas chez nous &#187;, qui ne tardera pas &#224; faire des petits au T&#233;miscouata et tout le long du trac&#233; de l'ol&#233;oduc traversant le Qu&#233;bec. Le 10 mai 2014, lors du lancement de la campagne &#171; Coule pas chez nous &#187; &#224; Cacouna, se met en branle simultan&#233;ment la Marche des peuples pour la terre m&#232;re. Cette grande marche de sensibilisation r&#233;unit plus d'une centaine de marcheur&#183;euses, qui, parti&#183;es de Cacouna, termineront leur p&#233;riple de 700 km 34 jours plus tard &#224; Kanehsatake. Cette marche contribuera &#224; renforcer le mouvement anti-ol&#233;oduc et &#224; r&#233;seauter les activistes de partout au Qu&#233;bec qui sont affect&#233;&#183;es et qui luttent contre ce projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Rivi&#232;re-du-Loup, les P&#233;troliques Anonymes sont &#233;galement &#224; l'aff&#251;t, tout comme &#171; Prosp&#233;rit&#233; sans p&#233;trole &#187; et &#171; Non &#224; une mar&#233;e noire dans le Saint-Laurent &#187;, deux groupes tr&#232;s actifs &#224; Rimouski. Un groupe de Trois-Pistoles financ&#233; par Greenpeace organise une vigile citoyenne qui fera de la surveillance en kayak de mer et &#224; partir de la montagne de Gros-Cacouna pour observer les travaux de relev&#233;s sismiques dans la pouponni&#232;re des b&#233;lugas. Cette surveillance, avec l'aide juridique du Centre qu&#233;b&#233;cois du droit &#224; l'environnement, permettra de d&#233;tecter plusieurs infractions au certificat d'autorisation environnementale de Trans-Canada qui, par la voix de son porte-parole Philippe Canon, se targuait de respecter les plus grands standards de s&#233;curit&#233; environnementale. Ces groupes du Bas-Saint-Laurent iront chercher l'appui de nombreuses organisations environnementales nationales et seront &#224; la t&#234;te des deux manifestations d'avril et octobre 2014, cette derni&#232;re venant mettre un clou dans le cercueil du projet de port p&#233;trolier de Cacouna. Quelques mois plus tard, c'est tout le projet &#201;nergie-Est qui tombera, mettant fin une fois pour toutes &#224; cette saga.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Toujours plus de bitume&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme on peut le constater, la r&#233;gion du Bas-Saint-Laurent est foisonnante de groupes citoyens mobilis&#233;s pour la protection du territoire. On l'a vu plus haut, cette lutte n'est jamais r&#233;ellement termin&#233;e, car le syst&#232;me capitaliste se nourrit de la destruction de l'environnement. La principale menace en 2023 pour le Bas-Saint-Laurent provient non pas de l'Alberta, mais plut&#244;t de la Chambre de commerce de Rimouski, appuy&#233;e par une partie de sa population souhaitant d&#233;rouler une autoroute de bitume sur un peu plus de 50 km entre Notre-Dame-des-Neiges et le village du Bic. Cette semi-autoroute 20 &#224; deux voies contigu&#235;s viendrait d&#233;figurer et saccager la majestueuse vall&#233;e de la Rivi&#232;re Trois-Pistoles avec la construction d'un pont gigantesque &#233;valu&#233; &#224; pr&#232;s de 300 millions de dollars. En plus du magnifique paysage bas-laurentien, le projet d&#233;truirait des terres agricoles, de nombreuses &#233;rabli&#232;res, des milieux humides et des kilom&#232;tres de for&#234;t, tout &#231;a pour un co&#251;t total de pr&#232;s de 1,7 milliard de dollars. Alors que la Ville de Rimouski a sign&#233; la d&#233;claration d'urgence climatique, que la perte de biodiversit&#233; est devenue un enjeu critique sur la plan&#232;te et que le GIEC soutient qu'il faut un moratoire sur la construction d'autoroutes, comment se fait-il que l'on puisse toujours r&#234;ver &#224; plus de bitume pour les g&#233;n&#233;rations futures ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population active, celle qui se d&#233;place le plus en voiture, sera en fort d&#233;clin au Bas-Saint-Laurent dans les ann&#233;es &#224; venir. L'&#233;rosion c&#244;ti&#232;re avec laquelle nous devrons composer par la protection des infrastructures routi&#232;res et le d&#233;placement du parc immobilier dans l'Est-du-Qu&#233;bec, co&#251;tera plusieurs milliards de dollars aux contribuables qu&#233;b&#233;cois&#183;es. Pourquoi ne pas utiliser les centaines de millions de dollars qu'on veut d&#233;penser pour ce bout d'autoroute et plut&#244;t en investir une petite partie pour s&#233;curiser la route 132 existante ? On pourrait prendre le reste de l'argent pour prot&#233;ger le mieux possible les nombreuses petites municipalit&#233;s de l'Est-du-Qu&#233;bec. Ces municipalit&#233;s doivent qu&#233;mander au gouvernement des sommes d'argent astronomiques qu'elles re&#231;oivent pr&#233;sentement au compte-gouttes alors que la situation est urgente. Quoi qu'il en soit, la mobilisation contre ce projet d'une autre &#233;poque s'organise et comme par le pass&#233;, les promoteurs de bitume croiseront sur leur route une r&#233;sistance f&#233;roce, forte d'une exp&#233;rience militante qui devrait leur faire r&#233;fl&#233;chir &#224; deux fois avant de se lancer dans cette folie bitumineuse ! &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Mikael Rioux est activiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Des adolescent&#183;es sur la passerelle des portes de l'enfer, au-dessus de la rivi&#232;re Rimouski dans la r&#233;serve Duch&#233;nier, &#224; Saint-Narcisse-de-Rimouski, dans Rimouski-Neigette. Ann&#233;es 2000 (Michel Dompierre).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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