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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Au coeur d'une crise excentr&#233;e</title>
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		<dc:date>2024-08-04T15:39:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;dric Dussault</dc:creator>


		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Dussault, C&#233;dric</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>

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&lt;p&gt;Actuellement, le Qu&#233;bec traverse une crise du logement tr&#232;s particuli&#232;re : alors qu'historiquement, ce probl&#232;me &#233;tait un ph&#233;nom&#232;ne urbain, ses effets semblent maintenant encore plus graves &#224; mesure que l'on s'&#233;loigne des grands centres. &lt;br class='autobr' /&gt;
La Soci&#233;t&#233; canadienne d'hypoth&#232;ques et de logement (SCHL) publie un rapport annuel dans lequel elle d&#233;voile les taux d'inoccupation mesur&#233;s pour toutes les agglom&#233;rations de 10 000 habitant&#183;es ou plus. Son dernier rapport indique que pour l'ensemble du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Dussault-Cedric-+" rel="tag"&gt;Dussault, C&#233;dric&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/234234-9.png?1722529402' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1250&#034; height=&#034;803&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Actuellement, le Qu&#233;bec traverse une crise du logement tr&#232;s particuli&#232;re : alors qu'historiquement, ce probl&#232;me &#233;tait un ph&#233;nom&#232;ne urbain, ses effets semblent maintenant encore plus graves &#224; mesure que l'on s'&#233;loigne des grands centres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Soci&#233;t&#233; canadienne d'hypoth&#232;ques et de logement (SCHL) publie un rapport annuel dans lequel elle d&#233;voile les taux d'inoccupation mesur&#233;s pour toutes les agglom&#233;rations de 10 000 habitant&#183;es ou plus. Son dernier rapport indique que pour l'ensemble du Qu&#233;bec, le taux d'inoccupation est rest&#233; stable entre 2020 et 2021, demeurant &#224; 2,5 % (rappelons que le seuil d'&#233;quilibre reconnu se situe &#224; 3 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sous cet &#233;quilibre apparent se cache une tendance &#224; la fois forte et sans pr&#233;c&#233;dent : ce sont maintenant les r&#233;gions qui tirent le taux d'inoccupation vers le bas, et la m&#233;tropole qui le tire vers le haut. Le taux d'inoccupation &#224; Montr&#233;al a continu&#233; &#224; remonter en 2021 pour atteindre 3 % (&#233;tant m&#234;me sup&#233;rieur sur l'&#238;le de Montr&#233;al, &#224; 3,7 %, par rapport aux banlieues), alors que toutes les autres r&#233;gions m&#233;tropolitaines de recensement (RMR) ont enregistr&#233; un recul important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les logements se rar&#233;fient encore plus rapidement dans des villes que l'on pourrait qualifier d'&#171; interm&#233;daires &#187; comme Granby, Mascouche, Terrebonne, Drummondville, Rouyn-Noranda, Joliette, Rimouski et Rivi&#232;re-du-Loup, o&#249; le taux d'inoccupation est de 0,5 % ou moins. La nature m&#234;me de la p&#233;nurie de logements actuelle, qui s&#233;vit plus fortement &#224; l'ext&#233;rieur des grands centres, pourrait m&#234;me &#234;tre sous-estim&#233;e, puisque la m&#233;thodologie utilis&#233;e par la SCHL ne tient pas compte des municipalit&#233;s de moins de 10 000 habitant&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des loyers qui flambent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2019, le Regroupement des comit&#233;s logements et associations de locataires du Qu&#233;bec (RCLALQ) proc&#232;de &#224; une enqu&#234;te annuelle sur le prix des logements &#224; louer &#224; partir de la compilation de dizaines de milliers d'annonces r&#233;colt&#233;es sur le site Kijiji. La derni&#232;re enqu&#234;te, intitul&#233;e &lt;em&gt;Sans loi ni toit : enqu&#234;te sur le march&#233; incontr&#244;l&#233; des loyers&lt;/em&gt;, publi&#233;e en juin 2022, a r&#233;v&#233;l&#233; que la flamb&#233;e des loyers s'acc&#233;l&#232;re partout au Qu&#233;bec. Mais pour la premi&#232;re fois en trois ans d'enqu&#234;te, les hausses de loyers les plus significatives sont observ&#233;es &#224; l'ext&#233;rieur des grands centres urbains de la province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 2021 et 2022, le prix des logements &#224; louer a bondi de 9 % pour l'ensemble de la province, toute typologie de logement confondue. Pour certaines r&#233;gions, le faible nombre d'annonces de logements &#224; louer ne nous permet pas d'obtenir un &#233;chantillon suffisant pour &#233;tablir une moyenne repr&#233;sentative. M&#234;me dans des villes avec une population appr&#233;ciable comme Rouyn-Noranda, Rivi&#232;re-du-Loup, Matane ou Gasp&#233;, la p&#233;nurie est telle que les rares logements disponibles se louent souvent sans m&#234;me avoir &#233;t&#233; affich&#233;s. Malgr&#233; cette absence de donn&#233;es, de nombreux t&#233;moignages r&#233;colt&#233;s par des comit&#233;s logement ou d'autres organismes nous portent &#224; croire que ces r&#233;gions observent &#233;galement des hausses de loyer tr&#232;s &#233;lev&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toutes les r&#233;gions, les propri&#233;taires de logements locatifs ont profit&#233; de la raret&#233; en augmentant rapidement les loyers, sachant qu'ils pourront facilement relouer leur logement &#224; fort prix. Des r&#233;gions o&#249; les loyers &#233;taient demeur&#233;s relativement accessibles pendant longtemps sont maintenant touch&#233;es par des hausses importantes. Pour les m&#233;nages locataires qu&#233;b&#233;cois &#224; revenus plus modestes, la crise du logement se perp&#233;tue, voire s'accentue de plus en plus depuis au moins vingt ans. Les donn&#233;es nous montrent maintenant que pour ces m&#233;nages, la migration vers une autre r&#233;gion pour trouver un logement plus abordable n'est d&#233;sormais plus possible : la propagation de la p&#233;nurie &#224; l'ensemble du territoire qu&#233;b&#233;cois ne leur offre plus aucune &#233;chappatoire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pand&#233;mie ? Pas tant&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il serait facile d'attribuer la &#171; r&#233;gionalisation &#187; de la p&#233;nurie de logements et l'explosion des loyers qui en d&#233;coule &#224; un exode urbain motiv&#233; par la pand&#233;mie de COVID-19. Les possibilit&#233;s accrues de t&#233;l&#233;travail et l'appel des grands espaces en p&#233;riode de confinement ont certainement pu inciter des citadin&#183;es &#224; d&#233;m&#233;nager &#224; l'ext&#233;rieur des grands centres. Toutefois, quand on y regarde d'un peu plus pr&#232;s, on voit bien que la pand&#233;mie n'a tout au plus qu'acc&#233;l&#233;r&#233; une tendance d&#233;j&#224; bien ancr&#233;e. Dans presque toutes les r&#233;gions, les reculs les plus marqu&#233;s des taux d'inoccupation ont &#233;t&#233; observ&#233;s entre 2017 et 2019, soit avant la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, il s'est construit &#233;norm&#233;ment de logements locatifs &#224; Montr&#233;al, les mises en chantier s'&#233;l&#232;vent en nombre record. Mais le capitalisme &#233;tant ce qu'il est, ce qui s'est construit ne l'a pas &#233;t&#233; pour combler un besoin, ni m&#234;me r&#233;pondre &#224; la demande, mais bien pour d&#233;gager la plus grande marge de profit possible. Et si, dans la derni&#232;re ann&#233;e, les hausses de loyer ont &#233;t&#233; plus spectaculaires en dehors des grands centres, c'est qu'en ville, elles avaient d&#233;j&#224; progress&#233; &#224; bon rythme au cours des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. Elles demeurent largement au-dessus des indices d'augmentation recommand&#233;s par le Tribunal administratif du logement. &#192; Montr&#233;al comme ailleurs, les logements dont le loyer n'est pas prohibitif et les grands logements disponibles restent extr&#234;mement rares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien avant la pand&#233;mie de COVID-19, l'explosion des loyers et des prix de l'immobilier avait d&#233;j&#224; provoqu&#233; un certain exode hors des grandes villes et entra&#238;n&#233; la chute des taux d'inoccupation dans la plupart des r&#233;gions du Qu&#233;bec a &#233;t&#233; beaucoup plus brutale. Ce ph&#233;nom&#232;ne, s'il a pris de l'ampleur r&#233;cemment pour atteindre un sommet l'an dernier, s'est amorc&#233; il y a d&#233;j&#224; une vingtaine d'ann&#233;es. Entre 2001 et 2021, la r&#233;gion de Montr&#233;al a perdu 458 173 personnes au solde migratoire interr&#233;gional&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bernard Vachon, &#171; Ce que nous r&#233;v&#232;lent les migrations interr&#233;gionales &#187;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces personnes ont quitt&#233; la ville pour la banlieue ou des r&#233;gions p&#233;riph&#233;riques (Mont&#233;r&#233;gie, Lanaudi&#232;re, Laurentides, Estrie), mais aussi pour des r&#233;gions interm&#233;diaires et &#233;loign&#233;es qui s'&#233;taient, au cours des d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes, d&#233;peupl&#233;es au profit des grands centres : Gasp&#233;sie&#8211;&#206;les-de-la-Madeleine, Bas-Saint-Laurent, Mauricie, Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean. Bref, en une vingtaine d'ann&#233;es, le Qu&#233;bec est pass&#233; d'une situation d'exode rural massif &#224; une situation d'exode urbain mod&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;O&#249; s'en va-t-on ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On pourrait croire que cet exode urbain mod&#233;r&#233; est &#224; l'origine de la crise que l'on conna&#238;t aujourd'hui en r&#233;gion et penser, comme le font diff&#233;rents acteurs, que la solution &#224; la p&#233;nurie de logements serait de construire davantage. Or, on n'a jamais autant construit de logements locatifs au Qu&#233;bec qu'&#224; l'heure actuelle. En ville comme dans les autres r&#233;gions, le cadre b&#226;ti qu&#233;b&#233;cois n'a pas diminu&#233;, bien au contraire. De plus, la population n'a pas augment&#233; de fa&#231;on spectaculaire. &#192; cela s'ajoute le fait que les logements ne sont pas moins nombreux en r&#233;gion qu'&#224; une &#233;poque o&#249; la population y &#233;tait encore plus importante. Pourquoi donc alors les logements disponibles y sont-ils en nombre insuffisants aujourd'hui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs facteurs, qui convergent et s'alimentent entre eux, nous m&#232;nent &#224; une &#233;rosion du parc locatif : financiarisation de l'immobilier, d&#233;r&#233;glementation du march&#233;, d&#233;sinvestissement de l'&#201;tat dans la construction r&#233;sidentielle hors march&#233;, essor des plateformes d'h&#233;bergement touristique&#8230; Et en ville comme dans les autres r&#233;gions, ces facteurs restent essentiellement les m&#234;mes. Le probl&#232;me n'est donc pas tant qu'on ne construit pas assez, c'est qu'on ne construit pas ce qu'il faut. Et surtout, on perd beaucoup de ce qui manque d&#233;j&#224;. Bon an mal an, le Qu&#233;bec perd des logements, &#224; plus forte raison des logements moins chers, &#224; l'h&#233;bergement touristique, &#224; la concentration de la propri&#233;t&#233; immobili&#232;re, aux cons&#233;quences de la financiarisation de l'immobilier. Le parc immobilier et locatif qu&#233;b&#233;cois est particuli&#232;rement vuln&#233;rable &#224; ces ph&#233;nom&#232;nes qui, mondialisation oblige, ont cours dans le monde entier : le syst&#232;me encadrant les hausses de loyer est largement inefficace, les lois prot&#233;geant les locataires contre les &#233;victions frauduleuses sont ais&#233;ment contourn&#233;es et la r&#233;glementation cens&#233;e encadrer les plateformes d'h&#233;bergement touristique est pratiquement sans effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En refusant de prendre les mesures n&#233;cessaires pour prot&#233;ger le parc locatif et les locataires, en s'obstinant &#224; vouloir laisser le march&#233; trouver seul son &#233;quilibre, on a laiss&#233; la crise du logement prendre racine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bernard Vachon, &#171; Ce que nous r&#233;v&#232;lent les migrations interr&#233;gionales &#187;, &lt;em&gt;Le Soleil&lt;/em&gt;, 22 janvier 2022. En ligne : &lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href='http://www.lesoleil.com/2022/01/22/ce-que-nous-revelent-les-migrations-interregionales-a034ef563ec0f97a58ab4374719e359f' rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lesoleil.com/2022/01/22/ce-que-nous-revelent-les-migrations-interregionales-a034ef563ec0f97a58ab4374719e359f&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;C&#233;dric Dussault, regroupement des comit&#233;s logement et associations de locataires du Qu&#233;bec (RCLALQ)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Sur les 15 000 pi2 du 700 Jarry Ouest, les r&#233;sidents de Parc-Extension souhaitent que la municipalit&#233; fasse valoir son droit de pr&#233;emption et construisent des logements sociaux (R&#233;mi Leroux).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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