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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Tous &#233;gaux face &#224; l'inflation ?</title>
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		<dc:date>2024-09-12T01:24:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julia Posca</dc:creator>


		<dc:subject>Posca, Julia</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>

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&lt;p&gt;Faut-il &#224; ce point se m&#233;fier de l'inflation ? Si la question peut &#233;tonner, la poser nous permet de souligner que ce ph&#233;nom&#232;ne n'a pas les m&#234;mes cons&#233;quences pour tous et toutes, mais aussi que la mani&#232;re d'y r&#233;agir entra&#238;ne des effets diff&#233;rents selon la position que chacun&#183;e occupe dans l'&#233;conomie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le th&#232;me de l'inflation &#233;tait absent de l'espace public au Qu&#233;bec comme au Canada depuis plus de trente ans. Or, en 2022, il ne s'est pratiquement pas d&#233;roul&#233; une semaine sans qu'il en soit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-94-Hiver-2022-2023-" rel="directory"&gt;No 094 - Hiver 2022/2023&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/123123-16.png?1726104173' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;782&#034; height=&#034;848&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Faut-il &#224; ce point se m&#233;fier de l'inflation ? Si la question peut &#233;tonner, la poser nous permet de souligner que ce ph&#233;nom&#232;ne n'a pas les m&#234;mes cons&#233;quences pour tous et toutes, mais aussi que la mani&#232;re d'y r&#233;agir entra&#238;ne des effets diff&#233;rents selon la position que chacun&#183;e occupe dans l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le th&#232;me de l'inflation &#233;tait absent de l'espace public au Qu&#233;bec comme au Canada depuis plus de trente ans. Or, en 2022, il ne s'est pratiquement pas d&#233;roul&#233; une semaine sans qu'il en soit question. Les premi&#232;res interventions de Pierre Poilievre &#224; titre de chef du Parti conservateur du Canada ont port&#233; sur la &#171; Justinflation &#187; et le r&#244;le pr&#233;sum&#233; des d&#233;penses du gouvernement f&#233;d&#233;ral dans la hausse des prix pendant la pand&#233;mie. Au Qu&#233;bec, Fran&#231;ois Legault a cherch&#233; &#224; en faire &#171; la question de l'urne &#187; lors de la derni&#232;re &#233;lection provinciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il donc &#224; ce point se m&#233;fier de l'inflation ? Au moment d'&#233;crire ces lignes, la hausse des prix atteignait des niveaux jamais vus depuis trente ans. En effet, l'inflation a atteint 7,0 % au Canada et 7,1 % au Qu&#233;bec en ao&#251;t 2022 par rapport au m&#234;me mois l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, alors qu'elle avait &#233;t&#233; sous la barre des 3 % presque chaque ann&#233;e depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000. La m&#234;me tendance s'observe dans la plupart des &#233;conomies du monde entier depuis 2021. Alors qu'elle s'&#233;levait en moyenne &#224; 1,24 % dans les pays de l'OCDE en d&#233;cembre 2020, l'inflation avait atteint 10,27 % en juin 2022.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des causes multiples&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs facteurs expliquent cette conjoncture particuli&#232;re, mais contrairement &#224; ce que pr&#233;tendent certains (dont M. Poilievre), l'inflation actuelle d&#233;coule avant tout de probl&#232;mes rencontr&#233;s par les producteurs de biens et de services (l'offre) et non des comportements des consommateurs et des consommatrices (la demande).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la pand&#233;mie a entra&#238;n&#233; une paralysie des cha&#238;nes d'approvisionnement qui a r&#233;duit l'offre pour plusieurs biens, une situation qui commence &#224; peine &#224; se r&#233;sorber. Au m&#234;me moment, les pays producteurs de p&#233;trole r&#233;duisaient leur offre pour soutenir le cours de l'or noir, avec pour r&#233;sultat un prix &#224; la pompe en hausse d&#232;s la fin de 2020. La recrudescence et l'intensification des catastrophes naturelles &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;en raison des changements climatiques ont en outre nui aux r&#233;coltes et aux exportations, tirant ainsi le prix des denr&#233;es vers le haut. La guerre qui fait toujours rage en Ukraine, un important producteur agricole, n'a fait qu'empirer la situation. La crise sanitaire a par ailleurs aliment&#233; la sp&#233;culation sur le march&#233; immobilier et exacerb&#233; la tendance &#224; la hausse des prix des maisons, qui est cela dit soutenue depuis deux d&#233;cennies au Canada. Enfin, la hausse des profits des entreprises, qui ont vraisemblablement profit&#233; du contexte inflationniste pour augmenter leurs prix, est un facteur &#224; consid&#233;rer bien qu'il soit largement pass&#233; sous le radar de nombre d'analystes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette inflation est probl&#233;matique pour les travailleurs et les travailleuses, puisqu'&#224; moins que leur salaire ne suive le rythme de l'augmentation des prix, elle a pour effet de r&#233;duire leur pouvoir d'achat. Au Qu&#233;bec, le salaire horaire moyen des employ&#233;&#183;es a augment&#233; de 8,1 % entre juillet 2021 et juillet 2022, mais cette hausse n'avait &#233;t&#233; que de 1,0 % l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente (et de 3 % en moyenne dans les cinq ann&#233;es qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; la pand&#233;mie). Il faudra voir si cette tendance se maintient et si elle permet le rattrapage qui &#233;tait n&#233;cessaire dans les secteurs &#224; plus faibles salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, l'inflation a l'avantage de r&#233;duire le poids des dettes des m&#233;nages et de plomber les revenus qu'en tirent les cr&#233;anciers. Autrement dit, une inflation mod&#233;r&#233;e peut avoir un effet positif (ou du moins neutre) sur la situation financi&#232;re de travailleurs et de travailleuses dont l'endettement est une source de profits pour les banques. Elle entra&#238;ne aussi une hausse des revenus des gouvernements, qui peuvent utiliser ces fonds suppl&#233;mentaires pour venir en aide aux m&#233;nages. Tant Qu&#233;bec qu'Ottawa ont d'ailleurs r&#233;agi dans les derniers mois en proc&#233;dant &#224; des transferts, quoique pas toujours bien cibl&#233;s, aux citoyen&#183;nes comme moyen d'augmenter leurs revenus en cette p&#233;riode inflationniste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les retomb&#233;es de la politique mon&#233;taire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Puisque l'inflation s'est install&#233;e en dehors de sa cible de 1 % &#224; 3 %, la Banque du Canada a commenc&#233; &#224; intervenir &#8211; c'est son principal mandat &#8211; pour freiner la hausse des prix. Pour ce faire, elle utilise le seul outil dont elle dispose, &#224; savoir le taux directeur. En haussant ce dernier, la banque centrale fait augmenter le co&#251;t des emprunts pour les entreprises comme pour les m&#233;nages. Elle esp&#232;re ainsi faire reculer la demande et rel&#226;cher la pression sur les prix. Alors qu'il &#233;tait &#224; 0,25 % en janvier 2022, le taux directeur a &#233;t&#233; port&#233; &#224; 3,25 % en septembre 2022 et devrait &#234;tre rehauss&#233; &#224; nouveau dans les prochains mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est le probl&#232;me avec cette strat&#233;gie ? D'une part, comme l'action de la banque a un effet sur la demande plut&#244;t que sur l'offre qui, comme nous l'avons vu plus haut, est &#224; l'origine de la pouss&#233;e inflationniste, l'efficacit&#233; de cette strat&#233;gie est incertaine. Au moment d'&#233;crire cet article, elle avait commenc&#233; &#224; reculer tr&#232;s l&#233;g&#232;rement pour un deuxi&#232;me mois de suite, principalement en raison du recul des co&#251;ts de l'&#233;nergie (et du p&#233;trole en particulier) &#224; l'&#233;chelle mondiale. Pour le reste, la hausse des taux s'est jusqu'ici surtout fait ressentir sur le march&#233; immobilier, alors que des donn&#233;es de Desjardins montrent que les ventes et le prix des maisons au Canada &#233;taient en baisse depuis le printemps, particuli&#232;rement en Ontario et en Colombie-Britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, une hausse prolong&#233;e du taux directeur s'accompagne d'un risque non n&#233;gligeable de provoquer une r&#233;cession. En effet, si la demande se resserre trop, les entreprises peuvent en venir &#224; reporter des investissements et &#224; embaucher moins, ce qui ferait augmenter le ch&#244;mage et plomberait le revenu des m&#233;nages. L'&#233;conomiste David MacDonald, du Centre canadien de politiques alternatives, rappelait dans un article paru en juillet dernier que chaque fois que la banque centrale a voulu r&#233;duire l'inflation en haussant le taux directeur depuis les ann&#233;es 1960, elle a provoqu&#233; une r&#233;cession, et donc une baisse de l'emploi et une hausse du ch&#244;mage. Plusieurs autres &#233;conomistes et analystes ont aussi soulign&#233; dans les derniers mois l'existence de ce risque, et ce m&#234;me chez les &#233;conomistes orthodoxes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Combattre les effets de l'inflation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Vu les causes et le niveau actuel de l'inflation, il serait pr&#233;f&#233;rable de mettre en place des moyens d'att&#233;nuer ses effets sur les m&#233;nages. Les entreprises doivent octroyer des hausses de salaire &#224; leurs employ&#233;&#183;es pour s'assurer qu'ils et elles ne s'appauvrissent pas en travaillant. Tant que ces hausses couvrent l'inflation, elles ne risquent pas d'y participer, car les salaires ne sont qu'une des d&#233;penses auxquelles les entreprises doivent faire face. Il serait alors difficile pour ces derni&#232;res de justifier aupr&#232;s de leur client&#232;le des hausses &#233;quivalentes du prix des biens ou des services qu'elles offrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements disposent pour leur part de plusieurs outils pour soutenir les m&#233;nages, particuli&#232;rement ceux &#224; faible revenu. Si les aides ponctuelles qui ont &#233;t&#233; vers&#233;es dans les derniers mois t&#233;moignent du souci des gouvernements d'agir face &#224; la situation, l'absence de solutions plus structurantes participe d'un refus de s'attaquer, &#224; plus long terme, &#224; certains probl&#232;mes structurels que l'inflation actuelle met en lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la paralysie des cha&#238;nes d'approvisionnement a mis en &#233;vidence la fragilit&#233; de nos &#233;conomies mondialis&#233;es et le besoin de relocaliser la production de certains biens essentiels ; la vuln&#233;rabilit&#233; de l'agriculture aux conditions m&#233;t&#233;orologiques rappelle l'importance de s'attaquer aux changements climatiques, &#224; d&#233;faut de quoi le co&#251;t du panier d'&#233;picerie pourrait durablement en subir les cons&#233;quences ; l'explosion des prix de l'immobilier est le reflet d'un march&#233; peu r&#233;gul&#233; et de l'&#233;chec des gouvernements &#224; prot&#233;ger le droit au logement ; enfin, les fluctuations des prix de l'&#233;nergie rappellent l'urgence de modifier nos modes de transport et de r&#233;duire la d&#233;pendance &#224; l'automobile et aux combustibles fossiles qui l'alimente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'inflation nous rappelle combien les r&#233;ponses aux probl&#232;mes &#233;conomiques, si elles ne tiennent pas compte des in&#233;galit&#233;s qui traversent les &#233;conomies capitalistes, peuvent avoir des cons&#233;quences d&#233;sastreuses sur les salari&#233;&#183;es et les m&#233;nages vuln&#233;rables. Cette conjoncture particuli&#232;re met aussi en lumi&#232;re le r&#244;le &#233;vident que peut jouer l'&#201;tat pour stabiliser l'&#233;conomie et mieux encadrer les march&#233;s afin de prot&#233;ger la qualit&#233; de vie de la population de mani&#232;re p&#233;renne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Julia Posca est chercheuse &#224; l'Institut de recherche et d'informations socio&#233;conomiques (IRIS).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Multiplication des postes vacants : o&#249; est le probl&#232;me ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Multiplication-des-postes-vacants-ou-est-le-probleme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Multiplication-des-postes-vacants-ou-est-le-probleme</guid>
		<dc:date>2023-10-09T12:51:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julia Posca</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Posca, Julia</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tout indique que le th&#232;me de la p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre occupera encore la conversation publique en 2022. Le ph&#233;nom&#232;ne, qui a gagn&#233; en importance dans les derni&#232;res ann&#233;es, justifierait qu'on lui accorde notre attention et que les gouvernements agissent pour y rem&#233;dier. Mais rem&#233;dier &#224; quoi exactement ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Au Qu&#233;bec, le taux de postes vacants, soit la proportion de postes que les employeurs cherchent &#224; pourvoir par rapport aux nombres d'emplois occup&#233;s et vacants, est en constante progression (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-91-Printemps-2022-" rel="directory"&gt;No 091 - Printemps 2022&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Posca-Julia-+" rel="tag"&gt;Posca, Julia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/245423.png?1696855785' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;555&#034; height=&#034;370&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tout indique que le th&#232;me de la p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre occupera encore la conversation publique en 2022. Le ph&#233;nom&#232;ne, qui a gagn&#233; en importance dans les derni&#232;res ann&#233;es, justifierait qu'on lui accorde notre attention et que les gouvernements agissent pour y rem&#233;dier. Mais rem&#233;dier &#224; quoi exactement ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, le taux de postes vacants, soit la proportion de postes que les employeurs cherchent &#224; pourvoir par rapport aux nombres d'emplois occup&#233;s et vacants, est en constante progression depuis 2015 &#8211; comme c'est le cas d'ailleurs dans le reste du Canada. Ce taux &#233;tait de 1,8 % lorsque l'&lt;em&gt;Enqu&#234;te sur les salaires et les postes vacants &lt;/em&gt;de Statistique Canada a d&#233;but&#233; il y a 7 ans. Au troisi&#232;me trimestre de 2021, il &#233;tait plus de 3 fois plus haut et s'&#233;levait &#224; 6,1 % dans la province, pour un total de 238 050 postes vacants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon les plus r&#233;centes donn&#233;es trimestrielles disponibles au moment (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des causes m&#233;comprises&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les raisons expliquant cette progression sont multiples. La vigueur de l'&#233;conomie est bien entendu en cause. Le taux de ch&#244;mage avait atteint 4,5 % en f&#233;vrier 2020, un niveau historiquement bas qui a &#233;t&#233; retrouv&#233; en novembre 2021. Le vieillissement de la population entre aussi en ligne de compte. En 2020, toujours selon Statistique Canada, 63 500 personnes ont indiqu&#233; avoir quitt&#233; leur emploi parce qu'elles ont pris leur retraite, soit 25 % des personnes ayant quitt&#233; leur emploi cette ann&#233;e-l&#224;. Ce chiffre ne s'&#233;levait qu'&#224; 31 100 en 2000 (14 % ). Enfin, le nombre d'immigrant&#183;es re&#231;u&#183;es, une population en moyenne plus jeune que celle n&#233;e au pays, a eu tendance &#224; stagner dans la derni&#232;re d&#233;cennie selon les donn&#233;es du minist&#232;re de l'Immigration, de la Francisation et de l'Int&#233;gration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi se pencher sur la nature des emplois &#224; combler pour comprendre la situation. Les deux postes les plus en demande sont ceux de serveur ou serveuse au comptoir (18 795 postes vacants) et de vendeur ou vendeuse dans le commerce de d&#233;tail (10 070 postes vacants). Les services de restauration repr&#233;sentent d'ailleurs l'industrie qui affichait le taux de postes vacants le plus &#233;lev&#233;, soit 14,2 % . Le salaire affich&#233; pour les postes vacants de cette industrie s'&#233;l&#232;ve &#224; 14,55 $/h en moyenne. Le salaire des 10 professions les plus en demande, qui repr&#233;sentent pr&#232;s du tiers (31,9 % ) des postes vacants, &#233;tait de 17,58 $ l'heure, contre 21,70 $ en moyenne pour l'ensemble des postes vacants et 28,73 $/h en moyenne au Qu&#233;bec, d'apr&#232;s Statistique Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; des postes vacants demandent peu de qualifications, peu d'exp&#233;rience et offrent un salaire peu attrayant. Ainsi, parmi les postes vacants au Qu&#233;bec au cours du troisi&#232;me trimestre de 2021, 38,5 % d'entre eux n'exigeaient aucune scolarit&#233; minimale, 20,1 % requ&#233;raient un dipl&#244;me d'&#233;tudes secondaires et 28,4 % demandaient un certificat ou un dipl&#244;me non universitaire. Pour 58,3 % des postes, moins d'un an d'exp&#233;rience est requis. Certaines professions pour lesquelles de nombreux postes sont &#224; pourvoir offrent de meilleurs salaires, mais la plupart d'entre elles viennent avec des horaires atypiques ou des conditions de travail difficiles, comme c'est le cas de la profession d'infirmi&#232;re et d'infirmi&#232;re auxiliaire (10 485 postes vacants) ou de conducteur&#183;rice de camions (5 235 postes vacants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait en somme plus juste de dire que l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise est affect&#233;e non pas par une p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre, mais bien par des difficult&#233;s de recrutement qui touchent principalement (quoique pas exclusivement) les industries et les professions offrant de moins bonnes conditions de travail. Le Qu&#233;bec n'est d'ailleurs pas le seul endroit &#224; faire face &#224; un tel probl&#232;me. Aux &#201;tats-Unis, on parle de &#171; grande d&#233;mission &#187; pour qualifier un mouvement qui touche les bas salari&#233;&#183;es des secteurs de l'alimentation et du commerce.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des solutions aux effets ambigus&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses solutions sont mises de l'avant pour surmonter ce probl&#232;me. Certaines mesures visent &#224; influencer la main-d'&#339;uvre : faire la promotion de domaines d'&#233;tudes donnant acc&#232;s &#224; des industries ou &#224; des professions o&#249; le recrutement est &#233;lev&#233;, inciter les retrait&#233;&#183;es &#224; revenir sur le march&#233; du travail ou encore favoriser l'embauche de personnes exclues du march&#233; du travail. D'autres visent plut&#244;t les emplois : modifier l'organisation du travail pour attirer la main-d'&#339;uvre ou r&#233;duire les besoins en personnel. Deux mesures m&#233;ritent particuli&#232;rement notre attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'implantation de technologies dans les entreprises est pr&#233;sent&#233;e par plusieurs, dont le gouvernement du Qu&#233;bec, comme un moyen d'accro&#238;tre leur productivit&#233; et de compenser le manque de main-d'&#339;uvre. Or, si elle permet dans certains cas de remplacer des &#234;tres humains, l'automatisation permet surtout d'accomplir certaines t&#226;ches &#224; l'aide de machines en tout genre. La main-d'&#339;uvre est plus souvent qu'autrement appel&#233;e &#224; travailler avec les robots, ce qui signifie dans bien des cas de se plier &#224; leur rythme et de s'adapter &#224; leurs exigences, avec la part de souffrance psychologique et physique que cela implique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas des entrep&#244;ts de la multinationale Amazon, o&#249; le recours &#224; des ordinateurs pour communiquer les t&#226;ches au personnel rend le rythme de travail particuli&#232;rement p&#233;nible, est &#224; cet &#233;gard embl&#233;matique, tout comme celui d'Uber, une entreprise qui comme d'autres oblige les personnes offrant un service par son entremise &#224; se plier aux commandes qu'envoie la plateforme. Dans la majorit&#233; des cas, l'automatisation appara&#238;t comme une fausse solution qui ne fait qu'augmenter la cadence du travail, la surveillance des employ&#233;&#183;es et l'ali&#233;nation des travailleurs et des travailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il de l'immigration ? Le milieu des affaires et les repr&#233;sentants patronaux y voient une solution &#224; leurs difficult&#233;s de recrutement. C'est potentiellement que les personnes immigrantes sont, aux yeux des employeurs, une main-d'&#339;uvre pr&#234;te &#224; accepter de mauvaises conditions de travail faute d'avoir l'exp&#233;rience ou le rapport de force n&#233;cessaire pour en exiger de meilleures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe cependant de rappeler que l'immigration est un ph&#233;nom&#232;ne complexe qui existe ind&#233;pendamment de la r&#233;alit&#233; du march&#233; du travail. R&#233;duire notre capacit&#233; d'accueil ne r&#233;glera pas les abus et la discrimination que vivent les personnes immigrantes. En revanche, arrimer la politique migratoire aux besoins des entreprises pourrait &#234;tre le meilleur moyen de garantir que les personnes immigrantes soient trait&#233;es comme des salari&#233;&#183;es de seconde zone. Par exemple, le gouvernement caquiste, qui adh&#232;re aux discours sur les probl&#232;mes d'int&#233;gration qu'une immigration trop abondante poserait, mise sur l'immigration temporaire pour r&#233;pondre aux besoins du secteur priv&#233;. Depuis le 10 janvier, les entreprises de certains secteurs d&#233;sign&#233;s peuvent embaucher jusqu'&#224; 20 % de main-d'&#339;uvre &#233;trang&#232;re temporaire (plut&#244;t que 10 % ). De par leur statut pr&#233;caire, ces travailleurs et ces travailleuses sont plus susceptibles d'&#234;tre victimes d'abus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la politique migratoire ne doit pas &#234;tre soumise en priorit&#233; aux imp&#233;ratifs des entreprises. Il n'en demeure pas moins que les personnes qui choisissent le Qu&#233;bec ont besoin de travailler et que lorsque l'&#233;conomie se porte bien, elles s'int&#232;grent plus ais&#233;ment au march&#233; du travail, comme en t&#233;moigne la diminution constante de leur taux de ch&#244;mage depuis 2009 (de 13,9 %, il est pass&#233; &#224; 7,0 % en 2019, et m&#234;me de 22,7 % &#224; 11,8 % pour les immigrant&#183;es r&#233;cent&#183;es, selon les donn&#233;es de Statistique Canada).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au-del&#224; des emplois vacants&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un constat s'impose alors : la meilleure mani&#232;re de pourvoir bon nombre de postes vacants est d'offrir des conditions salariales et de travail dignes et donnant acc&#232;s &#224; un revenu viable, c'est-&#224;-dire un revenu suffisant pour vivre en dehors de la pauvret&#233; et pour faire des choix. L'IRIS a calcul&#233; que pour une personne seule vivant &#224; Montr&#233;al en 2021, un salaire de 18 $/h &#233;tait requis pour atteindre un tel niveau de vie. Bien que la situation actuelle obligera sans doute des employeurs &#224; emprunter cette voie, il ne faut pas s'attendre &#224; des hausses substantielles, d'autant plus que le gouvernement refuse &#224; ce jour de hausser significativement le salaire minimum (il passera &#224; 14,25 $/h le 1er mai) et qu'il s'est content&#233; d'offrir des primes pour attirer du personnel dans le secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mal nomm&#233;e p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre nous donne l'occasion de nous questionner sur la qualit&#233; des emplois que produit l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise et sur la pertinence de soutenir certaines industries. Pourvoir les postes actuellement vacants serait sans doute b&#233;n&#233;fique pour les entreprises qui cherchent &#224; embaucher, mais rien n'indique que ce soit dans l'int&#233;r&#234;t du plus grand nombre de toujours le faire. &#192; l'heure actuelle, surtout si on tient compte de la proportion d&#233;croissante de la population en mesure de travailler, la solution &#224; ce probl&#232;me est peut-&#234;tre de d&#233;cider collectivement du type d'emplois les plus utiles pour r&#233;pondre aux besoins des citoyen&#183;nes et pour op&#233;rer une r&#233;elle transition &#233;cologique. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon les plus r&#233;centes donn&#233;es trimestrielles disponibles au moment d'&#233;crire cet article (janvier 2022).&lt;/p&gt;
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		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Julia Posca est chercheuse &#224; l'Institut de recherche et d'informations socio&#233;conomiques (IRIS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : David Steward (CC BY 2.0)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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