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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Faut-il une gr&#232;ve pour la sant&#233; ?</title>
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		<dc:date>2023-09-16T17:49:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isabelle Bouchard, Julie Bouchard</dc:creator>


		<dc:subject>Bouchard, Isabelle</dc:subject>
		<dc:subject>Bouchard, Julie</dc:subject>
		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les travailleuses de la sant&#233; subissent les graves inconv&#233;nients d'un syst&#232;me affaibli par des ann&#233;es de compressions budg&#233;taires. Faut-il envisager une gr&#232;ve dans le secteur de la sant&#233;, voire une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour corriger cette situation intenable ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; b&#226;bord ! : Quelles seraient les principales raisons d'une gr&#232;ve en sant&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Julie Bouchard : Je dirais d'abord le maintien et le d&#233;veloppement d'un r&#233;seau de sant&#233; et de services sociaux public, accessible et universel. Il faudrait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Syndicalisme-comment-faire-mieux-" rel="directory"&gt;Dossier - Syndicalisme : comment faire mieux ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bouchard-Isabelle-+" rel="tag"&gt;Bouchard, Isabelle&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/3412.png?1694886475' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;407&#034; height=&#034;303&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les travailleuses de la sant&#233; subissent les graves inconv&#233;nients d'un syst&#232;me affaibli par des ann&#233;es de compressions budg&#233;taires. Faut-il envisager une gr&#232;ve dans le secteur de la sant&#233;, voire une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour corriger cette situation intenable ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt; : Quelles seraient les principales raisons d'une gr&#232;ve en sant&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julie Bouchard :&lt;/strong&gt; Je dirais d'abord le maintien et le d&#233;veloppement d'un r&#233;seau de sant&#233; et de services sociaux public, accessible et universel. Il faudrait aussi des conditions de travail justes et d&#233;centes pour les professionnelles en soins. Il faut plus de pr&#233;vention et d'&#233;ducation. Il est essentiel d'humaniser le r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Peut-on envisager une grande gr&#232;ve dans le r&#233;seau ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J. B. : &lt;/strong&gt;Une gr&#232;ve des professionnelles en soins est difficile &#224; concevoir sans tenir compte des lois. L'exercice du droit de gr&#232;ve se fait lors du renouvellement de la convention collective avec le gouvernement, mais des crit&#232;res doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s et des &#233;tapes bien distinctes doivent aussi &#234;tre franchies pour obtenir ce droit de gr&#232;ve. Les professionnelles en soins donnent des services 7 jours sur 7, pendant 24 h, et elles ne peuvent pas abandonner les patients. L'&#201;tat a la responsabilit&#233; de ne pas interrompre ces services. Le r&#233;gime dans lequel nos membres &#233;voluent pr&#233;voit le maintien de services essentiels pour garantir des soins de sant&#233; &#224; la population. Ceci a pour effet de ne pas permettre &#224; tout le monde de faire la gr&#232;ve en m&#234;me temps. C'est seulement une fois que la situation et les besoins de sant&#233; de la population sont analys&#233;s qu'on peut parler de mandat de gr&#232;ve et de vote de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Et qu'en est-il de la gr&#232;ve sociale ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J. B. : &lt;/strong&gt;La gr&#232;ve sociale pose de grands d&#233;fis qui vont au-del&#224; des pouvoirs du mouvement syndical, qui doit chercher l'adh&#233;sion d'une majorit&#233; de personnes dans la soci&#233;t&#233;. Historiquement, les syndicats ont effectu&#233; ce travail pour obtenir des droits sociaux, mais ils ne sont parvenus &#224; obtenir des gains que lorsque leurs revendications rencontraient une l&#233;gitimit&#233; sociale. Prenons pour exemple la loi sur l'&#233;quit&#233; salariale, qui a &#233;t&#233; l'objet d'une longue lutte syndicale et communautaire des femmes, et qui a fini par toucher l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. Pour la sant&#233;, une prise de conscience doit avoir lieu afin de r&#233;ussir &#224; en faire une lutte collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Quelles sont les grandes r&#233;sistances devant ce projet de gr&#232;ve ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J. B. :&lt;/strong&gt; Faire une gr&#232;ve sociale n&#233;cessite une coordination des diff&#233;rents acteurs sociaux. La pand&#233;mie nous a forc&#233;es &#224; nous tourner d'abord vers nos membres qui &#233;taient au front, &#224; consacrer toutes nos &#233;nergies &#224; la protection de leur sant&#233; et de leur s&#233;curit&#233;, pour qu'elles ne tombent pas au combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les secteurs d'activit&#233;s, la pand&#233;mie a d&#233;sorganis&#233; la vie d'avant. On a tent&#233; de se mobiliser contre tant de choses dans les deux derni&#232;res ann&#233;es (les arr&#234;t&#233;s gouvernementaux, la gestion des horaires et du temps suppl&#233;mentaire obligatoire, la suspension des conventions collectives, le mat&#233;riel de protection, etc.). Au quotidien, il fallait se battre pour que les professionnelles des soins puissent faire leur travail en s&#233;curit&#233;. La s&#233;curit&#233; est devenue notre principale bataille. Le gouvernement a tard&#233; &#224; comprendre les cons&#233;quences de l'absence de r&#233;activit&#233; des employeurs et du manque de personnel dans les CHSLD &#8211; par ailleurs v&#233;tustes. Il fallait talonner quotidiennement les d&#233;cideurs du minist&#232;re de la Sant&#233; et des Services sociaux et les inspecteurs de la CNESST. Il a m&#234;me fallu aller devant les tribunaux pour forcer les employeurs &#224; fournir de l'&#233;quipement de protection ! C'&#233;tait l'urgence ! Nous &#233;tions &#224; mille lieues d'une gr&#232;ve sociale&#8230; Nos membres ont exprim&#233; leur col&#232;re. Mais nous &#233;tions coup&#233;es de la possibilit&#233; de les rencontrer physiquement. Les r&#233;seaux sociaux sont devenus des lieux strat&#233;giques de contact avec elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du 13 mars 2020, le gouvernement a monopolis&#233; quasi quotidiennement l'espace public au Qu&#233;bec. Face &#224; un gouvernement per&#231;u par la population comme efficace, responsable et g&#233;n&#233;reux, c'&#233;tait un r&#233;el d&#233;fi pour les instances syndicales de contester des d&#233;cisions arbitraires et de reprocher une absence d'&#233;coute. La mobilisation des membres et l'accumulation de leurs t&#233;moignages sur la place publique ont permis de soulever des doutes sur la gestion du gouvernement et ont pu entra&#238;ner et alimenter les enqu&#234;tes de la Protectrice du citoyen sur la gestion de la premi&#232;re vague et l'enqu&#234;te de la coroner sur les d&#233;c&#232;s survenus dans les CHSLD pendant la premi&#232;re vague. Mais les strat&#233;gies de communication ne peuvent pas remplacer la mobilisation. Il faut donc repenser la mobilisation dans ce contexte de pand&#233;mie, mais aussi penser &#224; d'autres types de mobilisation pour provoquer les changements r&#233;clam&#233;s par la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B ! &lt;/em&gt; : Pensez-vous qu'on peut rallier la population pour d&#233;fendre des services publics en sant&#233; ? Et si oui, de quelle mani&#232;re ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J. B. :&lt;/strong&gt; Les politiques d'aust&#233;rit&#233; et des ann&#233;es de n&#233;gligence ont grandement fragilis&#233; notre syst&#232;me de sant&#233; et de services sociaux. La pand&#233;mie a r&#233;v&#233;l&#233; cette fragilit&#233; et oblig&#233; le gouvernement &#224; &#171; mobiliser &#187; l'ensemble de la soci&#233;t&#233; pour &#233;pargner le syst&#232;me de sant&#233; qui &#233;tait en surcharge. &#201;videmment, il ne s'agit pas ici d'une mobilisation syndicale, mais plut&#244;t d'une mobilisation dans l'urgence pand&#233;mique, motiv&#233;e par des raisons de sant&#233; publique, mais &#233;galement par des pr&#233;occupations &#233;conomiques. Si tout le monde tombe malade, plus rien ne fonctionne. Toutefois, il y a une forme de prise de conscience collective des probl&#232;mes auxquels nous faisons face, et jamais les professionnelles en soins n'auront eu autant de messages de soutien qu'en ce moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'ils le font depuis de tr&#232;s nombreuses ann&#233;es, les syndicats doivent saisir cette occasion pour informer la population et les acteurs sociaux de ce que vivent les travailleuses. Il ne faut pas oublier que les conditions de travail d&#233;terminent en grande partie la qualit&#233; et la s&#233;curit&#233; des services. La FIQ d&#233;nonce depuis plusieurs ann&#233;es le temps suppl&#233;mentaire obligatoire (TSO). Nous avons d&#233;montr&#233; que le travail forc&#233;, devenu un mode de gestion quotidien, avait un impact direct sur la qualit&#233; et la s&#233;curit&#233; des soins, parce qu'il est &#233;vident que l'&#233;tat de fatigue des soignantes apr&#232;s seize heures de travail cons&#233;cutif peut affecter la qualit&#233; des soins. Le 8 avril 2019, nous avons pos&#233; un ultimatum au gouvernement et aux employeurs, et refus&#233; de fait le TSO pendant 24 heures &#224; l'&#233;chelle nationale. En 2021, nous avons r&#233;affirm&#233; que &#171; le TSO, c'est un assassinat professionnel &#187; et qu'il tue le r&#233;seau. Le message, &#224; force d'&#234;tre r&#233;p&#233;t&#233; encore et encore, a &#233;t&#233; re&#231;u : les citoyen&#183;nes savent maintenant que le TSO, c'est inacceptable, comme nous l'a confirm&#233; un r&#233;cent sondage o&#249; nous apprenions que 74 % des Qu&#233;b&#233;cois&#183;es jugent que le recours au temps suppl&#233;mentaire obligatoire devrait &#234;tre interdit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne suffit pas de d&#233;noncer, il faut maintenant faire face &#224; la situation. Personne ne peut rester indiff&#233;rent&#183;e devant des probl&#232;mes comme le report d'interventions chirurgicales ou de traitements en sant&#233; physique et mentale. Personne ne peut demeurer insensible face &#224; la souffrance. Si les citoyen&#183;nes peuvent se rallier, les gouvernements du Qu&#233;bec et du Canada doivent aussi s'entendre, notamment en augmentant les transferts de fonds f&#233;d&#233;raux. C'est une responsabilit&#233; collective et partag&#233;e. Tout le monde a int&#233;r&#234;t &#224; remettre sur pied le r&#233;seau de la sant&#233; et de services sociaux : les syndicats, le gouvernement, les entreprises, et les citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon nous, quand on aborde la question d'une gr&#232;ve sociale et plus particuli&#232;rement en sant&#233;, il est clair qu'il faut un consensus social pour transformer la situation. Comme pour plusieurs grandes batailles syndicales men&#233;es par le pass&#233;, cette transformation ne passera pas forc&#233;ment par une gr&#232;ve sociale, mais par la multiplication des moyens d'action et par l'adh&#233;sion d'une tr&#232;s grande partie de la population. Au moment o&#249; je vous parle, nous pensons avoir cet appui, et il faudra maintenir nos efforts pour que, apr&#232;s la pand&#233;mie, on n'oublie pas ce qui s'est pass&#233; et qu'on puisse am&#233;liorer le r&#233;seau de la sant&#233; gr&#226;ce &#224; de nouvelles formes de mobilisation collective.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Julie Bouchard est pr&#233;sidente de la F&#233;d&#233;ration interprofessionnelle de la sant&#233; (FIQ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Marielle Jennifer Couture&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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