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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Je vote pour la science. Entrevue avec Isabelle Burgun </title>
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		<dc:date>2023-05-11T19:55:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isabelle Burgun, Yannick Delbecque</dc:creator>


		<dc:subject>Delbecque, Yannick</dc:subject>
		<dc:subject>Recherche scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Burgun, Isabelle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je vote pour la science est une &#233;mission de radio hebdomadaire diffus&#233;e sur les ondes de Radio Ville-Marie. Elle est issue d'une coalition du m&#234;me nom et diffuse des id&#233;es sur les rapports entre mondes scientifique et politique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Entrevue avec Isabelle Burgun, animatrice de l'&#233;mission radio Je vote pour la science. Propos recueillis par Yannick Delbecque. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; b&#226;bord ! : La coalition Je vote pour la science est n&#233;e en 2008 avec une p&#233;tition appelant les partis politiques f&#233;d&#233;raux et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Sciences-engagees-" rel="directory"&gt;Dossier : Sciences engag&#233;es&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Delbecque-Yannick-+" rel="tag"&gt;Delbecque, Yannick&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Recherche-scientifique-+" rel="tag"&gt;Recherche scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-canadienne-+" rel="tag"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Burgun-Isabelle-+" rel="tag"&gt;Burgun, Isabelle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/456345.png?1683834812' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;626&#034; height=&#034;461&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Je vote pour la science est une &#233;mission de radio hebdomadaire diffus&#233;e sur les ondes de Radio Ville-Marie. Elle est issue d'une coalition du m&#234;me nom et diffuse des id&#233;es sur les rapports entre mondes scientifique et politique. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entrevue avec Isabelle Burgun, animatrice de l'&#233;mission radio Je vote pour la science. Propos recueillis par Yannick Delbecque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt; : La coalition Je vote pour la science est n&#233;e en 2008 avec une p&#233;tition appelant les partis politiques f&#233;d&#233;raux et provinciaux &#224; participer &#224; des d&#233;bats sur la science lors des &#233;lections. Comment a &#233;volu&#233; l'initiative depuis ses d&#233;buts ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Isabelle Burgun&lt;/strong&gt; : Cette p&#233;tition &#233;tait une initiative de l'Agence Science-Presse, inspir&#233;e de Science Debate, une action similaire aux &#201;tats-Unis. Elle a rapidement men&#233; &#224; la formation d'une coalition de diff&#233;rentes organisations importantes comme l'Association francophone pour le savoir (ACFAS). Les revendications de la coalition s'articulaient en trois axes principaux : l'importance de politiques publiques appuy&#233;es sur la science et sur des donn&#233;es scientifiques, la n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er et de maintenir un dialogue entre mondes scientifique et politique et enfin la n&#233;cessit&#233; pour les scientifiques de faire entendre leurs voix dans les d&#233;bats publics. Ces trois axes sont rest&#233;s au c&#339;ur de la mission de Je vote pour la science. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'initiative a permis la tenue de d&#233;bats politiques sur la science dans diff&#233;rentes universit&#233;s. Lors des &#233;lections f&#233;d&#233;rales de 2011 et des &#233;lections provinciales de 2012, nous avons envoy&#233; un questionnaire aux principaux partis, qui ont ensuite particip&#233; &#224; des d&#233;bats publics. Les questions portaient sur des enjeux qui sont toujours d'actualit&#233; : le vieillissement de la population et son impact, les ressources naturelles et l'environnement, l'effritement des comp&#233;tences et la perte d'expertise de l'&#201;tat dus au recours &#224; la sous-traitance, ou encore la mont&#233;e d'une conception marchande des universit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vote pour la science continue sa mission. Aux &#233;lections provinciales de 2018, nous avons organis&#233; un d&#233;bat au sujet de la sant&#233; avec deux infirmi&#232;res qui se portaient candidates et nous avons couvert un d&#233;bat intitul&#233; &#171; Le climat, l'&#201;tat et nous &#187; organis&#233; par des scientifiques et portant sur les changements climatiques.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B ! &lt;/em&gt; :&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;Peut-on aujourd'hui consid&#233;rer que la science occupe davantage de place dans l'espace politique qu'aux d&#233;buts de Je vote pour la science ? &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. B.&lt;/strong&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt; &lt;/span&gt; : &#192; nos d&#233;buts, nous abordions beaucoup la politique f&#233;d&#233;rale, un peu la politique provinciale, mais tr&#232;s peu de ce qui se passe au palier municipal. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je constate que les enjeux municipaux occupent maintenant beaucoup plus d'espace. Cela est notamment d&#251; au fait qu'il y a davantage de regroupements citoyens qui veulent faire entendre leur voix concernant l'environnement et la pollution. Leur visibilit&#233; m&#233;diatique grandissant, les gouvernements ne peuvent plus rester sourds &#224; leurs critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vote pour la science s'est rapproch&#233; des citoyen&#183;ne&#183;s et de leurs pr&#233;occupations, donc de ces mouvements qui agissent souvent au palier municipal. On parle par exemple d'agriculture urbaine, de pollution sonore, des cons&#233;quences de la pr&#233;sence de plomb dans l'eau, de la pollution de l'air &#224; Montr&#233;al-Est. On essaie, &#224; tous les niveaux politiques, d'&#234;tre un relais pour la science et un lieu de discussion de ces enjeux en invitant intervenants politiques et scientifiques. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la d&#233;sinformation est elle aussi devenue plus pr&#233;sente dans les derni&#232;res ann&#233;es. Nous avons fait quelques &#233;missions traitant de la pr&#233;sence des fausses nouvelles, m&#234;me de celles issues du monde scientifique, car il faut aussi se m&#233;fier de certains scientifiques qui prennent des positions bas&#233;es davantage sur leur opinion que sur des faits. Si on n'a pas l'expertise sur un sujet donn&#233;, parfois il vaut mieux s'abstenir, plut&#244;t que de risquer de faire de la d&#233;sinformation. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;em&gt;&#192;B ! &lt;/em&gt; : Quels obstacles rendent difficiles ce lien entre les mondes scientifique et politique ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. B. : &lt;/strong&gt;Le temps et la volont&#233; sont les principaux obstacles. Du c&#244;t&#233; du monde politique, le fait d'avoir trois paliers de gouvernements complique le fonctionnement et, par ricochet, la cr&#233;ation de ce lien entre science et politique. De plus, les politicien&#183;ne&#183;s ne veulent pas toujours participer aux discussions organis&#233;es par Je vote pour la science, surtout si un sujet est d&#233;licat.&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les scientifiques ont aussi peur de s'exprimer. Celles et ceux qu'on invite refusent parfois de participer, pour diff&#233;rents motifs. Par exemple, si on aborde la question des choix politiques en mati&#232;re de financement de la recherche, les scientifiques sont g&#233;n&#233;ralement beaucoup moins enclins &#224; prendre la parole. On peut penser que c'est parce s'exprimer publiquement ressemblerait trop &#224; une forme de reddition de compte, d'&#233;valuation publique des travaux de recherche r&#233;alis&#233;s. On peut aussi avoir peur de perdre une subvention publique ou de subir des r&#233;percussions sur sa r&#233;putation. Enfin, comme le temps consacr&#233; &#224; la vulgarisation n'est pas forc&#233;ment reconnu ou r&#233;mun&#233;r&#233;, on ne juge pas n&#233;cessairement prioritaire de mettre son expertise scientifique au service du bien commun. Entre de lourdes demandes de subventions, l'enseignement, l'encadrement des projets de recherche des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, les scientifiques disposent de peu de temps pour l'engagement politique ou pour agir pour le bien commun. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Est-ce que les scientifiques acceptent davantage de participer &#224; des d&#233;bats publics aujourd'hui que quand votre &#233;mission a &#233;t&#233; lanc&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. B. : &lt;/strong&gt;Les scientifiques restent encore beaucoup dans leurs tours d'ivoire, mais depuis quelques ann&#233;es elles et ils comprennent mieux comment fonctionnent les m&#233;dias et appr&#233;cient mieux l'importance d'y prendre leur place. Les ann&#233;es Harper ont &#233;t&#233; des ann&#233;es noires pour la science tant il y a eu de musellement de scientifiques, de coupes dans le financement de la recherche, de reculs dans la science du climat. Cela a mobilis&#233; le monde scientifique comme jamais : les scientifiques ont compris l'importance de faire entendre leur voix. La science n'a pas de voix par elle-m&#234;me, et c'est pourquoi les scientifiques et les communicateur&#183;trice&#183;s scientifiques doivent prendre la parole pour la d&#233;fendre et parler de ses enjeux sur la place publique. Le Qu&#233;bec compte d'ailleurs une centaine de vulgarisateur&#183;trice&#183;s chevronn&#233;&#183;e&#183;s, r&#233;uni&#183;e&#183;s dans l'Association des communicateurs scientifiques du Qu&#233;bec, qui font conna&#238;tre les d&#233;couvertes scientifiques et doivent placer ces enjeux dans une perspective politique et soci&#233;tale.&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une certaine r&#233;ticence des scientifiques &#224; s'exprimer publiquement s'expliquait sans doute par une frustration quant &#224; la mani&#232;re dont leur parole &#233;tait rapport&#233;e dans les m&#233;dias, une crainte de voir leurs propos d&#233;form&#233;s de mani&#232;re &#224; donner l'impression qu'ils et elles disaient des choses scientifiquement inexactes. Avec les r&#233;seaux sociaux et Internet, il est maintenant tr&#232;s facile pour les scientifiques de prendre directement la parole, sans interm&#233;diaire. Il y a maintenant beaucoup de scientifiques, particuli&#232;rement des jeunes, qui se tournent vers la vulgarisation. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette volont&#233; de prendre la parole peut aussi avoir un lien avec la recherche de financement. Plusieurs scientifiques se sont rendu compte que si elles et ils souhaitent du financement public, leur travail doit &#234;tre mieux compris par le public ! D'ailleurs, comme il y a beaucoup de recherches subventionn&#233;es par des fonds publics, les citoyen&#183;ne&#183;s veulent aussi savoir o&#249; et comment cet argent est d&#233;pens&#233;. Cette volont&#233; d'avoir plus de transparence est cependant &#224; double tranchant : avoir trop de comptes &#224; rendre en science n'est pas n&#233;cessairement souhaitable. Pour obtenir du financement pour un projet de recherche scientifique, on doit d&#233;j&#224; passer &#233;norm&#233;ment de temps &#224; pr&#233;parer des documents pour en d&#233;montrer l'utilit&#233;, ce qui peut limiter le temps disponible pour faire de la science. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Est-ce que la science trouve aujourd'hui sa place parmi les diff&#233;rents enjeux politiques ? &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. B. :&lt;/strong&gt; On parle &#233;videmment beaucoup de la COVID depuis 2020 ! La Sant&#233; publique communique davantage au sujet de la science associ&#233;e &#224; la pand&#233;mie. Plus g&#233;n&#233;ralement, on parle beaucoup de sant&#233;, de climat et d'environnement. D'ailleurs, la question des changements climatiques est tr&#232;s importante, mais elle fait de l'ombre &#224; plusieurs autres enjeux o&#249; la science doit &#233;clairer des d&#233;cisions qui ont un impact sur toustes. Par exemple, comment le gouvernement &#233;labore-t-il ses plans pour le vieillissement ? Est-ce que les d&#233;cisions en ce domaine sont scientifiquement fond&#233;es ? Est-ce qu'on soutient ad&#233;quatement la recherche concernant le vieillissement ? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important d'expliquer la science &#224; tous et toutes, mais aussi d'expliquer de quelle mani&#232;re elle intervient dans la vie des gens afin que tout le monde puisse se questionner sur son impact. On a de magnifiques &#233;missions de vulgarisation scientifique comme D&#233;couverte et Les ann&#233;es lumi&#232;res, qui sont plaisantes et instructives. On peut cependant se demander si, bien que ces &#233;missions constituent de bonnes occasions d'apprentissage, la r&#233;flexion sur les sujets qui y sont trait&#233;s reste trop &#233;ph&#233;m&#232;re. Est-ce que la curiosit&#233; suscit&#233;e ira au-del&#224; de l'&#233;mission ? Est-ce qu'on ira jusqu'&#224; inciter &#224; &#233;tablir un lien entre les informations scientifiques pr&#233;sent&#233;es et les choix que les gens ont &#224; faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B ! &lt;/em&gt; : Est-ce qu'&#233;lu&#183;e&#183;s et partis politiques ont des positions r&#233;fl&#233;chies concernant les conditions dans lesquelles la science est produite, notamment concernant le financement de la recherche ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. B.&lt;/strong&gt; : Il y a des promesses de financement, en particulier pour les jeunes scientifiques qu'on souhaite garder au pays. Cependant, un bon nombre de politicien&#183;ne&#183;s manquent de culture scientifique ou ne connaissent pas bien le fonctionnement de la recherche scientifique. Par exemple, si on mentionne fi&#232;rement une d&#233;couverte &#171; canadienne &#187; ou &#171; qu&#233;b&#233;coise &#187;, on ne tient pas vraiment compte des multiples collaborations internationales qui y ont men&#233;. On exprime aussi des attentes irr&#233;alistes quant aux retomb&#233;es de certaines recherches, en esp&#233;rant des r&#233;sultats trop rapidement. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde politique associe d'ailleurs beaucoup la recherche scientifique avec les nouveaut&#233;s industrielles, mais les sciences sociales sont g&#233;n&#233;ralement laiss&#233;es de c&#244;t&#233;. Il faut d'ailleurs noter que les minist&#232;res f&#233;d&#233;raux et provinciaux responsables de la recherche ont les mots &#171; innovation &#187; ou &#171; industrie &#187; dans leurs noms. La science doit se d&#233;velopper &#224; long terme et pas uniquement avec des vis&#233;es pratiques imm&#233;diates. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les investissements sont souvent cibl&#233;s afin de r&#233;soudre des probl&#232;mes comme les changements climatiques, la diminution de la biodiversit&#233;, etc. On cherche des solutions technologiques, mais de v&#233;ritables solutions ne peuvent pas &#234;tre trouv&#233;es sans r&#233;flexion. Il y a par exemple un projet de recherche &#224; l'Universit&#233; de Sherbrooke o&#249; on vise &#224; cr&#233;er un robot pour s'occuper des personnes &#226;g&#233;es. C'est utile et int&#233;ressant, mais cela passe &#224; c&#244;t&#233; de questions plus fondamentales : pourquoi ces personnes en sont-elles venues &#224; &#234;tre tellement isol&#233;es qu'il nous faut des robots pour les aider ? Quels moyens la soci&#233;t&#233; doit-elle se donner pour &#233;viter ce genre de situation ? La solution n'est pas n&#233;cessairement &#171; industrielle &#187;. On a d'ailleurs d&#233;cid&#233;, &#224; l'&#233;mission, d'avoir plus souvent des invit&#233;&#183;e&#183;s &#339;uvrant en sciences sociales pour commenter des sujets comme les changements climatiques. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Comme autrice d'articles de vulgarisation, comment &#233;value-t-on ce qui est une bonne vulgarisation scientifique ? &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. B.&lt;/strong&gt; : Une bonne vulgarisation doit &#234;tre bien comprise par ses lecteur&#183;trice&#183;s ou auditeur&#183;trice&#183;s. Il faut pouvoir relier les nouvelles id&#233;es avec ce que les gens connaissent d&#233;j&#224;. Une bonne vulgarisation n'est pas simpliste : on prend le temps d'y expliquer les termes ou concepts plus complexes tout en s'assurant qu'ils soient compris. Le ou la journaliste scientifique est un relais, pas une simple courroie de transmission. Elle ou il remet en contexte l'information scientifique pour qu'elle soit plus &#171; parlante &#187; pour un public donn&#233;, pour que ce public puisse la connecter avec sa vie. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; trop vouloir cr&#233;er de la fascination pour la science, on peut perdre de vue la n&#233;cessaire proximit&#233; avec la vie du public. On peut aussi perdre de vue que la science est quelque chose qui est fait par des humains : c'est le fruit de la pens&#233;e humaine, de l'&#233;nergie et de l'argent investi. S'il faut parfois mettre un certain effort pour comprendre la science, m&#234;me vulgaris&#233;e, les scientifiques doivent aussi prendre le temps de l'expliquer. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Isabelle Burgun est journaliste &#224; l'Agence Science-Presse et animatrice de l'&#233;mission radio Je vote pour la science.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Yannick Delbecque. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : &#201;lisabeth Doyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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