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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>D&#233;mocratie municipale : si pr&#232;s, et pourtant si loin</title>
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		<dc:date>2023-05-01T16:37:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurence Bherer</dc:creator>


		<dc:subject>Bherer, Laurence</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les municipalit&#233;s sont souvent pr&#233;sent&#233;es comme des &#171; gouvernements de proximit&#233; &#187;, proches de la r&#233;alit&#233; quotidienne des Qu&#233;b&#233;cois&#183;e&#183;s. Pourtant, leur fonctionnement demeure peu connu. Voici quelques rep&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;lection qui aura lieu le 7 novembre prochain permettra d'&#233;lire les membres du conseil municipal des 1 100 municipalit&#233;s du Qu&#233;bec. Les citoyen&#183;ne&#183;s les plus curieux des enjeux locaux auront toutefois remarqu&#233; que la municipalit&#233; n'est pas la seule institution locale. Selon que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/23423-2.png?1682958969' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;600&#034; height=&#034;589&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les municipalit&#233;s sont souvent pr&#233;sent&#233;es comme des &#171; gouvernements de proximit&#233; &#187;, proches de la r&#233;alit&#233; quotidienne des Qu&#233;b&#233;cois&#183;e&#183;s. Pourtant, leur fonctionnement demeure peu connu. Voici quelques rep&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;lection qui aura lieu le 7 novembre prochain permettra d'&#233;lire les membres du conseil municipal des 1 100 municipalit&#233;s du Qu&#233;bec. Les citoyen&#183;ne&#183;s les plus curieux des enjeux locaux auront toutefois remarqu&#233; que la municipalit&#233; n'est pas la seule institution locale. Selon que l'on r&#233;side en milieu rural ou urbain, on parlera aussi de municipalit&#233;s r&#233;gionales de comt&#233; (MRC), de conseils d'arrondissement, de structures intermunicipales volontaires, de conseils d'agglom&#233;ration ou encore de communaut&#233;s m&#233;tropolitaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rassurez-vous, le Qu&#233;bec n'a pas un probl&#232;me de &#171; structurite &#187;. Dans la plupart des pays, le niveau local se caract&#233;rise par une superposition d'institutions et de micro&#233;chelons. Le besoin de coordonner au plus pr&#232;s des actions exige &#224; la fois des organisations tr&#232;s localis&#233;es (comme les arrondissements), mais aussi des institutions qualifi&#233;es de supramunicipales (comme les MRC ou les communaut&#233;s m&#233;tropolitaines).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; politique municipale fondamentale demeure toutefois la municipalit&#233;, puisque ce sont les repr&#233;sentant&#183;e&#183;s municipaux&#183;ales qui, une fois &#233;lu&#183;e&#183;s &#224; cette &#233;chelle, vont ensuite si&#233;ger aux &#233;chelons infralocal ou supramunicipal. Il existe toutefois des exceptions &#224; ce principe de repr&#233;sentation indirecte : les pr&#233;fet&#183;&#232;te&#183;s de 17 des 87 MRC sont &#233;lu&#183;e&#183;s au suffrage universel direct, de m&#234;me que les 18 maire&#183;sse&#183;s d'arrondissement et les 38 conseiller&#183;&#232;re&#183;s d'arrondissement de la Ville de Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi des partis politiques locaux ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une autre caract&#233;ristique importante de la d&#233;mocratie municipale au Qu&#233;bec est la pr&#233;sence de partis politiques exclusivement locaux (sans lien avec les partis des paliers politiques sup&#233;rieurs, contrairement &#224; ce qu'on trouve dans la plupart des pays europ&#233;ens). Il s'agit l&#224; d'une exception bien qu&#233;b&#233;coise (il n'existe pas de partis locaux dans les autres provinces canadiennes), mais qui a des fondements politiques bien &#233;tablis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis politiques locaux ont &#233;t&#233; autoris&#233;s formellement en 1978. L'objectif &#233;tait de r&#233;pliquer &#224; l'&#233;chelle locale le syst&#232;me parlementaire en favorisant la pr&#233;sence d'un parti majoritaire et d'une opposition qui pourraient publiquement discuter d'enjeux locaux et ainsi dynamiser la d&#233;mocratie municipale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis politiques locaux permettent &#233;galement de rendre plus clairs les clivages politiques locaux et de montrer les all&#233;geances existantes entre les candidat&#183;e&#183;s en lice. La mise en commun des ressources financi&#232;res et organisationnelles au moment des campagnes &#233;lectorales permet &#233;galement de diversifier le profil des candidat&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, les r&#232;gles de financement ont &#233;t&#233; resserr&#233;es depuis les scandales de corruption au tournant des ann&#233;es 2010, mais demeurent favorables aux partis politiques : si les partis politiques comme les candidat&#183;e&#183;s ind&#233;pendant&#183;e&#183;s peuvent recevoir des dons de 100 $ &#224; 200 $ (en plus d'une contribution de 800 $ qui peut provenir des poches d'un candidat), peu importe la taille de la population, seuls les partis politiques peuvent recevoir une allocation annuelle s'ils ont obtenu au moins 1 % du vote lors des &#233;lections g&#233;n&#233;rales pr&#233;c&#233;dentes. Le montant varie en fonction du nombre de voix re&#231;ues. L'allocation annuelle existe pour les partis politiques des municipalit&#233;s de plus de 20 000 habitant&#183;e&#183;s. Les partis politiques sont autoris&#233;s dans les municipalit&#233;s entre 5 000 et 20 000 habitant&#183;e&#183;s, mais sans allocation annuelle, tandis que dans les municipalit&#233;s de moins de 5000 habitant&#183;e&#183;s, s eul&#183;e&#183;s les candidat&#183;e&#183;s ind&#233;pendant&#183;e&#183;s (en &#233;quipe ou pas) peuvent se pr&#233;senter. Dans ces deux derni&#232;res cat&#233;gories de municipalit&#233;s, le financement politique s'appuie donc seulement sur les dons des individus et les contributions des candidat&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les avantages consentis aux partis locaux, ils sont peu p&#233;rennes. Ce sont bien souvent des organisations cr&#233;&#233;es pour les campagnes &#233;lectorales autour d'un candidat &#224; la mairie et leur programme politique est rarement manifeste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Beaucoup d'&#233;lu&#183;e&#183;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le conseil de ville de Montr&#233;al est-il compos&#233; de 65 &#233;lu&#183;e&#183;s, alors que Toronto en compte 45 et Los Angeles, 16 ? Voici une question qui revient &#233;pisodiquement dans le d&#233;bat public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours dans l'id&#233;e de reproduire la d&#233;mocratie parlementaire, il semblait important pour le l&#233;gislateur de favoriser l'ancrage local en instituant des districts &#233;lectoraux de petite taille, ce qui am&#232;ne tout naturellement &#224; augmenter le nombre d'&#233;lu&#183;e&#183;s. Par exemple, &#224; Montr&#233;al, le nombre moyen d'&#233;lecteur&#183;trice&#183;s par district est de 24 900, alors qu'&#224; Toronto, il est de 55 600.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#234;me veine, le conseil municipal doit compter un nombre suffisant d'&#233;lu&#183;e&#183;s pour cr&#233;er une dynamique int&#233;ressante entre la majorit&#233; et l'opposition. Le principe de loyaut&#233; partisane et un nombre d'&#233;lu&#183;e&#183;s suffisant pour maintenir des groupes politiques int&#233;ressants permettraient d'assurer la bonne d&#233;lib&#233;ration du conseil municipal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons toutefois que l'&#233;lection directe du maire ou de la mairesse demeure une entorse au mod&#232;le de la d&#233;mocratie parlementaire (aux paliers sup&#233;rieurs, le premier ministre l'emporte plut&#244;t car son parti obtient une majorit&#233; de si&#232;ges), ce qui fait que le syst&#232;me municipal qu&#233;b&#233;cois est qualifi&#233; de r&#233;gime &#171; semi-pr&#233;sidentiel &#187;. Le maire ou la mairesse y a un pouvoir tr&#232;s important, notamment de nomination. Par comparaison avec la mairesse de Montr&#233;al, le maire de Toronto n'est pas aussi fort et doit constamment n&#233;gocier avec son conseil municipal.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une participation &#233;lectorale faible&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La participation aux &#233;lections municipales demeure faible, comme le montre la moyenne du taux de participation des derni&#232;res &#233;lections municipales g&#233;n&#233;rales : 44,8 % (2017), 47,2 % (2013), 44,8 % (2009), 44,5 % (2005). Cette situation viendrait de la faible lisibilit&#233; et visibilit&#233; des enjeux municipaux. Non seulement l'actualit&#233; municipale est peu couverte, mais les valeurs politiques qui y sont peu v&#233;hicul&#233;es sont aussi peu rep&#233;rables. Les enjeux sont souvent pr&#233;sent&#233;s comme techniques et peu politiques. Bref, il est particuli&#232;rement complexe de bien s'informer sur les questions municipales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es montrent que la participation &#233;lectorale est plus importante dans les municipalit&#233;s de petite taille, sans doute parce que les &#233;lecteur&#183;trice&#183;s de ces villes ont davantage le sentiment que leur vote a de l'influence que les &#233;lecteur&#183;trice&#183;s d'un grand centre urbain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, les plus petites municipalit&#233;s sont aussi celles o&#249; on vote le moins, faute de candidat&#183;e&#183;s en nombre suffisant pour justifier la comp&#233;tition &#233;lectorale : dans les municipalit&#233;s de moins de 2 000 habitant&#183;e&#183;s, 24,4 % des conseils municipaux form&#233;s en 2017 &#233;taient compos&#233;s enti&#232;rement de personnes &#233;lues sans opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que le potentiel de candidat&#183;e&#183;s est moins &#233;lev&#233; que dans une grande municipalit&#233; : pour assurer une &#233;lection &#224; chacun des 7 postes &#224; pourvoir dans une municipalit&#233; de 1 000 habitant&#183;e&#183;s (dont environ la moiti&#233; sont des &#233;lecteur&#183;trice&#183;s) on a besoin de 14 candidat&#183;e&#183;s, ce qui donne un ratio de 36 personnes &#233;ligibles par poste. Par comparaison, &#224; Montr&#233;al, ce ratio est d'environ 5 000 pour chacun des 105 postes &#224; combler.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La soci&#233;t&#233; civile et les &#233;lections&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quelle place y a-t-il pour la soci&#233;t&#233; civile et les citoyen&#183;ne&#183;s dans les &#233;lections, dans un contexte o&#249; l'information et le d&#233;sint&#233;r&#234;t sont importants ? Il existe, dans plusieurs r&#233;gions du Qu&#233;bec, plusieurs initiatives de groupes locaux ou nationaux qui &#171; forcent &#187; en quelque sorte les partis et les candidat&#183;e&#183;s &#224; se prononcer sur divers enjeux. Ils envoient aux candidat&#183;e&#183;s des questionnaires qui permettent &#224; ces dernier&#183;&#232;re&#183;s de pr&#233;ciser leurs engagements sur diff&#233;rentes th&#233;matiques. Ces questionnaires sont ensuite rendus publics. Les groupes &#233;cologistes sont souvent les initiateurs de ces outils (car les comp&#233;tences municipales touchent plusieurs enjeux environnementaux), mais on retrouve aussi la Ligue d'action civique (sur les enjeux de transparence et de corruption) et des groupes sp&#233;cifiques &#224; chaque r&#233;gion. Dans la m&#234;me veine, le r&#233;seau Vague &#233;cologiste au municipal ou encore plusieurs groupes f&#233;ministes aident les candidat&#183;e&#183;s &#224; se lancer en politique et &#224; construire un programme politique plus engageant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Laurence Bherer est professeure en science politique &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Christian de Massy, alias Cveta ou Shr&#252;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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