<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_mot=1408&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Crise du logement : tout va tr&#232;s bien, madame la ministre</title>
		<link>https://www.ababord.org/Crise-du-logement-tout-va-tres-bien-madame-la-ministre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Crise-du-logement-tout-va-tres-bien-madame-la-ministre</guid>
		<dc:date>2023-02-17T02:47:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claire Ross, Maxime Roy-Allard</dc:creator>


		<dc:subject>Ross, Claire</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Roy-Allard, Maxime</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors qu'une grave crise du logement s&#233;vit au Qu&#233;bec, frappant durement les personnes locataires, les &#233;lu&#183;e&#183;s et les repr&#233;sentants des propri&#233;taires immobiliers se relaient pour nous assurer que tout va pour le mieux. Que r&#233;v&#232;lent ces discours, et que leur r&#233;pondre ? Propos recueillis par Alexis Ross. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; b&#226;bord ! : Tout d'abord, bri&#232;vement, &#224; quoi ressemble la crise du logement ? Et comment contribue-t-elle &#224; aggraver des in&#233;galit&#233;s pr&#233;existantes ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Maxime Roy-Allard : La crise s&#233;vit sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-88-ete-2021-" rel="directory"&gt;No 088 - &#233;t&#233; 2021&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ross-Alexis-+" rel="tag"&gt;Ross, Claire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Roy-Allard-Maxime-+" rel="tag"&gt;Roy-Allard, Maxime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/ab-88_crise-logement-tout-va-bien.png?1676600437' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;530&#034; height=&#034;668&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors qu'une grave crise du logement s&#233;vit au Qu&#233;bec, frappant durement les personnes locataires, les &#233;lu&#183;e&#183;s et les repr&#233;sentants des propri&#233;taires immobiliers se relaient pour nous assurer que tout va pour le mieux. Que r&#233;v&#232;lent ces discours, et que leur r&#233;pondre ? Propos recueillis par Alexis Ross.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt; : Tout d'abord, bri&#232;vement, &#224; quoi ressemble la crise du logement ? Et comment contribue-t-elle &#224; aggraver des in&#233;galit&#233;s pr&#233;existantes ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maxime Roy-Allard :&lt;/strong&gt; La crise s&#233;vit sur plusieurs fronts. D'abord, elle frappe durement l'abordabilit&#233; des logements. Les loyers connaissent une r&#233;elle flamb&#233;e depuis plusieurs ann&#233;es. Un quatre et demi &#224; louer co&#251;te d&#233;sormais en moyenne plus de 1 300 $ par mois &#224; Montr&#233;al et 1000 $ dans la province. Cela a &#233;videmment des cons&#233;quences directes sur le budget des m&#233;nages. Les locataires doivent trop souvent couper dans leurs autres besoins de base pour r&#233;ussir &#224; payer le loyer chaque mois. Il suffit d'une bad luck pour se retrouver en situation de non-paiement de loyer et de risquer une &#233;viction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, la raret&#233; des logements est un autre bon indicateur d'une crise du logement. Dans la plupart des r&#233;gions du Qu&#233;bec, les logements se font tr&#232;s rares, les taux d'inoccupation sont autour de 1 % ou 2 % (alors qu'on juge que le taux d'&#233;quilibre est de 3 %). Et ces taux sont fauss&#233;s dans plusieurs villes en raison d'une forte disponibilit&#233; de logements neufs, donc significativement plus chers. Ainsi, quand on regarde le nombre de logements disponibles qui sont abordables, on est souvent pr&#232;s de 0 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela se traduit aussi en une forte discrimination par les propri&#233;taires, car ils ont le &#171; luxe &#187; de choisir leurs locataires. Les gens se font discriminer en raison de leur condition sociale, de leur origine ethnique, de la pr&#233;sence d'enfants, etc. Or, ce sont tous des motifs de discrimination interdits en vertu de la Charte qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Quels sont les pires mensonges ou demi-v&#233;rit&#233;s qu'aiment r&#233;pandre les associations de propri&#233;taires pour d&#233;nier l'existence d'une crise du logement ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. R.-A. :&lt;/strong&gt; Les associations de propri&#233;taires sont tr&#232;s habiles quand vient le temps de cadrer les d&#233;bats sur le logement. &#192; les &#233;couter, on penserait que l'immobilier n'est pas payant et que les locataires sont rois et maitres. Ces lobbys utilisent abondamment des sondages &#171; maison &#187;, effectu&#233;s aupr&#232;s de leurs membres, pour r&#233;pandre des demi-v&#233;rit&#233;s voulant par exemple que les taux d'inoccupation soient plus &#233;lev&#233;s que les chiffres officiels. Ils affirment &#233;galement sur toutes les tribunes que les loyers n'augmentent pas assez rapidement et que cela emp&#234;che les propri&#233;taires de r&#233;nover leurs logements. Or, jamais ils ne pr&#233;cisent que l'immobilier est tr&#232;s payant sur le moyen et le long terme, lorsqu'on revend les immeubles, ni que la plupart des propri&#233;taires ne respectent pas les taux d'augmentation de loyer &lt;em&gt;sugg&#233;r&#233;s&lt;/em&gt; par le Tribunal administratif du logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Quelle est la part de responsabilit&#233; des propri&#233;taires dans la crise actuelle, et comment en profitent-ils ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. R.-A. :&lt;/strong&gt; Ils profitent abondamment de la crise pour d&#233;loger les locataires et augmenter leurs profits. On voit de plus en plus de tactiques comme les r&#233;novictions, des pratiques malhonn&#234;tes et souvent frauduleuses qui visent &#224; obtenir le d&#233;part des locataires dans le but d'augmenter rapidement les loyers. Ce qui est d&#233;courageant, c'est que les propri&#233;taires sont tr&#232;s originaux quand vient le temps de d&#233;jouer la loi afin d'&#233;vincer les locataires. Alors que &#231;a peut prendre des ann&#233;es pour convaincre les gouvernements de renforcer la loi, les propri&#233;taires r&#233;inventent constamment leurs pratiques pour augmenter leurs profits et bafouer les droits des locataires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Quand Andr&#233;e Laforest, ministre responsable de l'Habitation, dit qu'&#171; &lt;em&gt;on n'est pas du tout dans une situation de crise du logement&lt;/em&gt; &#187;, ou quand Fran&#231;ois Legault affirme que les logements co&#251;tent 500 $ &#224; Montr&#233;al, est-ce de la &#171; d&#233;connexion &#187;, comme l'ont dit plusieurs, ou est-ce plut&#244;t une strat&#233;gie calcul&#233;e de d&#233;ni ? Qu'est-ce que le gouvernement aurait &#224; gagner &#224; nier une crise qui frappe si durement la population ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. R.-A. :&lt;/strong&gt; Nier la crise du logement a d'abord un c&#244;t&#233; pratique pour le gouvernement du Qu&#233;bec : cela le d&#233;douane d'entreprendre toute action pour r&#233;gler ladite crise. De plus, il n'est pas tr&#232;s surprenant que la CAQ refuse de reconna&#238;tre le probl&#232;me, quand on sait que l'&#233;lectorat du parti est fortement compos&#233; de propri&#233;taires : tr&#232;s peu de comt&#233;s caquistes ont une forte proportion de locataires. Il est donc facile pour le gouvernement Legault de nier le probl&#232;me sans avoir peur pour les prochaines &#233;lections. Le d&#233;ni de la CAQ est aussi id&#233;ologique : parler de crise ouvrirait la porte &#224; une ing&#233;rence de l'&#201;tat dans le march&#233; de l'habitation. Et qui dit ing&#233;rence dans le march&#233; dit r&#233;duction des profits pour les propri&#233;taires bailleurs (locateurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Fran&#231;ois Legault affirme qu'en mati&#232;re de logement, &#171; &lt;em&gt;la loi fonctionne tr&#232;s bien&lt;/em&gt; &#187; : si c'est bien le cas, alors on peut imaginer que la loi n'a tout simplement pas pour but de prot&#233;ger les droits des locataires. &#192; quoi sert-elle ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. R.-A. :&lt;/strong&gt; Le probl&#232;me avec la vision des gouvernements lorsque vient le temps de consid&#233;rer les probl&#232;mes de logement, c'est que leur pr&#233;misse de base est que le logement locatif est d'abord et avant tout un investissement. Cette conception du logement entre directement en contradiction avec le droit au logement. Chaque avanc&#233;e pour les droits des locataires est donc per&#231;ue comme un recul pour la capacit&#233; des propri&#233;taires immobiliers &#224; faire du profit. Tant et aussi longtemps que cette conception dominera les politiques de logement des gouvernements, il sera tr&#232;s difficile d'avoir des avanc&#233;es substantielles pour les locataires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est notamment pour ces raisons qu'il faut voir le logement sans but lucratif comme une avenue importante pour garantir le droit au logement. Mais d'ici &#224; ce qu'il y ait plus de logements sociaux, il faut s'assurer que les droits des locataires soient mieux prot&#233;g&#233;s, notamment en mati&#232;re d'&#233;viction et de hausse de loyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Si les rapports entre propri&#233;taires et locataires sont in&#233;gaux, et que les premiers semblent avoir la sympathie du gouvernement, comment peut-on esp&#233;rer renverser la situation ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. R.-A. :&lt;/strong&gt; Si ce n'&#233;tait des comit&#233;s logement, des associations de locataires et des autres organisations de lutte pour le droit au logement, il est clair que la situation des locataires au Qu&#233;bec serait bien pire actuellement. Bien que peu de victoires significatives ont &#233;t&#233; gagn&#233;es au fil des ann&#233;es, ces groupes ont bloqu&#233; de nombreuses r&#233;formes qui auraient fait tr&#232;s mal &#224; l'acc&#232;s au logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc continuer d'organiser la lutte pour le droit au logement &#224; tous les niveaux, que ce soit dans les blocs de logement, dans les quartiers, dans les villes et au niveau provincial et national. Beaucoup reste &#224; faire pour qu'un v&#233;ritable mouvement social pour le droit au logement voie le jour au Qu&#233;bec, mais la crise actuelle nous montre que le vent est en train de tourner, que de plus en plus de personnes s'int&#233;ressent &#224; ces questions. La mission d'un organisme comme le RCLALQ est justement de canaliser ces forces pour arriver &#224; l'am&#233;lioration des droits des locataires et du droit au logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse des groupes de locataires aux discours des propri&#233;taires et du gouvernement est de montrer que la crise du logement n'est pas simplement &#233;pisodique ni uniquement fond&#233;e sur le taux d'inoccupation. La crise perdure depuis d&#233;j&#224; tr&#232;s longtemps. On en parle plus actuellement car &#231;a touche de plus en plus la classe moyenne, mais les m&#233;nages &#224; faible revenu sont affect&#233;s par les probl&#232;mes de logements de fa&#231;on chronique. Le r&#244;le des comit&#233;s logement est justement de porter la parole des locataires qui ont rarement un &#233;cho sur la place publique, par exemple en sortant dans la rue. Pour nous, il y aura crise du logement tant et aussi longtemps que le logement sera vu comme un outil pour faire du profit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Maxime Roy-Allard est porte-parole du Regroupement des comit&#233;s logement et associations de locataires du Qu&#233;bec (RCLALQ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image : RCLALQ. Illustration tir&#233;e d'une brochure de 1983 sur les augmentations de loyers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La restitution des terres, cl&#233; de la vitalit&#233; des syst&#232;mes alimentaires autochtones</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-restitution-des-terres-cle-de-la-vitalite-des-systemes-alimentaires-autochtones</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-restitution-des-terres-cle-de-la-vitalite-des-systemes-alimentaires-autochtones</guid>
		<dc:date>2023-02-17T01:50:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicole Davies, Maxime Roy-Allard</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Davies, Nicole</dc:subject>
		<dc:subject>Roy-Allard, Maxime</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les peuples autochtones sont &#224; la t&#234;te d'un mouvement pour la souverainet&#233; alimentaire qui repose sur la restauration des syst&#232;mes agroalimentaires ancestraux. Bien que nous nous efforcions de restaurer ce que le colonialisme a confisqu&#233; de nos tables, il demeure que sans r&#233;paration ni restitution de nos territoires, aucune justice n'est possible. La souverainet&#233; alimentaire passe par la restitution des terres. &lt;br class='autobr' /&gt;
La revitalisation des chansons, des danses, des c&#233;r&#233;monies, des histoires et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Cultiver-la-resistance-agricole-" rel="directory"&gt;Dossier : Cultiver la r&#233;sistance agricole&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Davies-Nicole-+" rel="tag"&gt;Davies, Nicole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Roy-Allard-Maxime-+" rel="tag"&gt;Roy-Allard, Maxime&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/9879287.png?1676600327' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;638&#034; height=&#034;442&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les peuples autochtones&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le cadre de cet article, &#171; peuples autochtones &#187; r&#233;f&#232;re aux peuples (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sont &#224; la t&#234;te d'un mouvement pour la souverainet&#233; alimentaire qui repose sur la restauration des syst&#232;mes agroalimentaires ancestraux. Bien que nous nous efforcions de restaurer ce que le colonialisme a confisqu&#233; de nos tables, il demeure que sans r&#233;paration ni restitution de nos territoires, aucune justice n'est possible. La souverainet&#233; alimentaire passe par la restitution des terres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La revitalisation des chansons, des danses, des c&#233;r&#233;monies, des histoires et des m&#233;thodes qui se rattachent &#224; la p&#233;riode des semences et &#224; celle des r&#233;coltes est au c&#339;ur de nos efforts, et toute notre attention est port&#233;e vers les enjeux, ins&#233;parables l'un de l'autre, de l'acc&#232;s &#224; la nourriture et de la justice alimentaire. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les peuples autochtones, la conservation des semences et des cultures est un lieu de gouvernance d&#233;coloniale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faut noter que ce ne sont pas toutes les nations et les communaut&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est une d&#233;marche d'entraide qui prend forme dans la pr&#233;servation des &#233;conomies ancestrales par l'&#233;change, le partage et le don de semences, d'aliments, de rem&#232;des et de savoirs. C'est une d&#233;marche abolitionniste qui vise la pr&#233;servation des syst&#232;mes de subsistance bas&#233;s sur la non-ing&#233;rence et sur le soin de la communaut&#233;, syst&#232;mes qui perdurent malgr&#233; la criminalisation violente de nos corps et de ceux de nos proches noir&#183;e&#183;s et racis&#233;&#183;e&#183;s. C'est une d&#233;marche qui nous rappelle l'existence de modes de vie qui pr&#233;c&#232;dent la police et les prisons, les pesticides et les pipelines, une d&#233;marche qui nous fait la promesse que ces mondes peuvent encore exister. C'est un rejet de l'homog&#233;n&#233;it&#233; et de l'h&#233;g&#233;monie de la production alimentaire d&#233;coulant de la supr&#233;matie blanche. C'est une pratique m&#233;ditative centr&#233;e sur la rem&#233;moration, la r&#233;&#233;criture et le r&#233;enracinement de nos existences et de notre r&#233;seau alimentaire, alors que la soci&#233;t&#233; cherche &#224; nous &#233;carter et &#224; nous effacer. C'est une cha&#238;ne de gu&#233;rison nous reliant aux g&#233;n&#233;rations qui nous succ&#232;deront comme &#224; celles qui nous ont pr&#233;c&#233;d&#233;s, tandis que nous les imaginons en train d'&#233;plucher le m&#234;me &#233;pi de ma&#239;s corn&#233; ou de fendre une gousse du m&#234;me haricot. C'est une pratique c&#233;r&#233;moniale par laquelle on tisse l'avenir : planter et r&#233;colter, c'est prendre soin de quelque chose qu'on pourrait ne jamais voir prosp&#233;rer et dont on pourrait ne jamais profiter soi-m&#234;me, que ce soit dans les r&#233;coltes annuelles ou dans l'am&#233;lioration de la stabilit&#233; g&#233;n&#233;tique des semences, visible seulement au bout de nombreuses ann&#233;es. C'est un processus de prise de d&#233;cisions entre nations qui est &#224; la fois complexe et empreint d'amour : &#224; quelles esp&#232;ces, parmi notre r&#233;seau de parent&#233; non humaine, doit-on consacrer nos &#233;nergies cette ann&#233;e ? Comment contribuer &#224; la r&#233;silience des esp&#232;ces face aux changements climatiques ? Quelles esp&#232;ces sont surexploit&#233;es ? Nous sommes, avant tout, les humbles gardiens des aliments qui nous nourrissent, et certains d'entre nous n'ont encore jamais go&#251;t&#233; aux aliments dont ils prot&#232;gent avec tant de diligence les rares semences. &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pas de nourriture sans terres &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Autant en r&#233;serve qu'&#224; l'ext&#233;rieur, les Autochtones qui souhaitent entreprendre des d&#233;marches d'autod&#233;termination et de souverainet&#233; alimentaires sont confront&#233;s &#224; d'importants obstacles d'acc&#232;s au territoire. La fin du 19e si&#232;cle et le d&#233;but du 20e ont &#233;t&#233; marqu&#233;s par l'adoption de nombreuses politiques f&#233;d&#233;rales anti-Autochtones, rassembl&#233;es sous le syst&#232;me de &#171; laissez-passer &#187;. Ce syst&#232;me a divis&#233; les grandes terres agricoles communautaires en petites terres familiales, a d&#233;courag&#233; l'embauche d'employ&#233;&#183;e&#183;s agricoles autochtones et frein&#233; l'achat de produits autochtones par les colonisateurs, en plus d'emp&#234;cher les Autochtones de cultiver la terre, de vendre leurs r&#233;coltes ou d'acheter de la machinerie sans d'abord recevoir un permis. &#192; l'&#233;poque de la mise en place des r&#233;serves, bien des communaut&#233;s ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;es de leurs terres arables vers des sols moins fertiles. Encore aujourd'hui, ces communaut&#233;s doivent composer avec ces conditions de culture inad&#233;quates. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure actuelle, le manque criant de logements ad&#233;quats est un enjeu de premier plan pour les conseils de bande, et la question des terres agricoles, surtout celles consacr&#233;es aux activit&#233;s agricoles peu lucratives, n'est pas une priorit&#233;. Les co&#251;ts de location ou d'achat des terres agricoles sur les r&#233;serves sont souvent prohibitifs pour les membres de la communaut&#233;. Dans certains cas, les terres d&#233;sign&#233;es &#171; r&#233;serves &#187; sont trop petites pour supporter des activit&#233;s agricoles. Dans d'autres, le sol et l'eau de la r&#233;serve ont &#233;t&#233; contamin&#233;s par des industries extractives et manufacturi&#232;res s'&#233;tant &#233;tablies &#224; proximit&#233;, ayant &#233;t&#233; rejet&#233;es par des quartiers &#224; pr&#233;dominance blanche. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs barri&#232;res entravent l'atteinte d'une souverainet&#233; territoriale. Pour les bandes reconnues par le gouvernement, la Couronne d&#233;tient encore en fiducie les titres sur les terres des r&#233;serves, et les conseils de bande &#8211; ces organes de gouvernance impos&#233;s par l'&#201;tat canadien et cr&#233;&#233;s afin de d&#233;l&#233;gitimer les syst&#232;mes de gouvernance traditionnels des communaut&#233;s &#8211; g&#232;rent les terres des r&#233;serves. Les conflits sont courants, dans ce contexte d'interf&#233;rence et d'ing&#233;rence capitaliste de l'&#201;tat colonial. Les pratiques agroalimentaires ancestrales qui existent aux marges des &#233;conomies de march&#233; formelles se trouvent perturb&#233;es, puisque les communaut&#233;s autochtones sont sous-financ&#233;es, exploit&#233;es et &#233;cras&#233;es pour faciliter le projet colonial qu'est le Canada. Dans les mots du penseur navajo Moroni Benally, &#171; &lt;em&gt;les Autochtones ne sont pas simplement vuln&#233;rables, ils et elles sont des cibles&lt;/em&gt; &#187;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que toutes les terres et les eaux situ&#233;es &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res coloniales du Canada sont en territoires autochtones&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les trait&#233;s n'&#233;taient pas des trait&#233;s de cession du territoire, et les m&#234;mes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le racisme environnemental et le d&#233;veloppement entrepris sans le consentement pr&#233;alable des peuples autochtones ont des effets qui d&#233;passent les fronti&#232;res des r&#233;serves. Les statistiques gouvernementales sugg&#232;rent qu'aujourd'hui, plus de la moiti&#233; des Autochtones vivent hors r&#233;serve&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces chiffres sont probablement conservateurs : les statistiques ne prennent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; que ce soit parce que le colonialisme les a arrach&#233;s de leur communaut&#233;, parce qu'ils et elles ont des liens territoriaux ou communautaires hors des r&#233;serves, ou encore en raison du manque d'acc&#232;s au logement ou aux soins de sant&#233;. Il leur faut composer, dans l'acc&#232;s aux terres, avec la comp&#233;tition hyper capitaliste du march&#233; immobilier et du complexe agro-industriel. S'ajoutent &#224; cela les paysages des territoires autochtones d&#233;figur&#233;s par les gratte-ciels, les entrep&#244;ts, les &#171; espaces verts &#187; administr&#233;s par les municipalit&#233;s, la surveillance et la brutalit&#233; polici&#232;re, les vacanciers qui se croient tout permis, les logements trop chers, les quartiers de plus en plus gentrifi&#233;s et le rythme des saisons perturb&#233; par les changements climatiques. L&#224; o&#249; la r&#233;appropriation subversive des terres arables est possible, on n'&#233;chappe pas &#224; l'incarc&#233;ration, et l&#224; o&#249; les terres sont demeur&#233;es plus ou moins intactes, elles sont vendues &#224; un prix que seules peuvent payer les fortunes patrimoniales et b&#226;ties sur l'extraction de ressources. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la vision du mouvement Land Back&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDLR : Selon le site Web du mouvement Land Back, &#171; Land Back est un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est par la restitution et la restauration de nos terres ancestrales souveraines et glorieuses, o&#249; nous pourrons semer et faire les r&#233;coltes, que la justice alimentaire sera rendue aux peuples autochtones. &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Marchandisation et appropriation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce au travail soutenu de militant&#183;e&#183;s antiracistes noir&#183;e&#183;s et racis&#233;&#183;e&#183;s, nos appels &#224; la justice raciale et &#224; la d&#233;colonisation ont gagn&#233; en visibilit&#233;, de m&#234;me que nos d&#233;nonciations de la supr&#233;matie blanche qui existe au sein de la mouvance environnementaliste dominante. En r&#233;ponse, des leaders non autochtones ont r&#233;cup&#233;r&#233; le concept de d&#233;colonisation et affirment vouloir &#171; d&#233;coloniser &#187; des institutions pourtant fondamentalement coloniales. Des colonisateurs ach&#232;tent des terres, en donnent l'acc&#232;s aux Autochtones et clament &#8211; &#224; tort &#8211; contribuer au mouvement Land Back. Des cultivateurs biologiques non autochtones qui cherchent &#224; acqu&#233;rir des connaissances autochtones sur les cultures maraich&#232;res et sur les semences pr&#233;sentent leurs efforts comme des gestes de solidarit&#233; avec les peuples autochtones. Dans les mots de Kim Tallbear, intellectuelle et citoyenne Sisseton-Wahpeton Oyate, &#171; &lt;em&gt;de nombreux Allochtones veulent &#234;tre autochtones au lieu de faire les efforts n&#233;cessaires &#224; l'&#233;tablissement de relations bonnes et justes avec les peuples autochtones&lt;/em&gt; &#187;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit du colonialisme vert qui compromet nos efforts pour l'atteinte d'une v&#233;ritable justice, nous poursuivons la lutte contre l'imposition de solutions coloniales et commerciales &#224; nos crises alimentaires. Cela ne veut toutefois pas dire qu'il faille critiquer les Autochtones qui commercialisent leurs efforts vers la souverainet&#233; alimentaire : s'ins&#233;rer dans le march&#233; agroalimentaire afin de nourrir sa famille et sa communaut&#233; n'est qu'une forme contemporaine de nos pratiques ancestrales. L'enjeu est syst&#233;mique : devant les mod&#232;les pr&#233;caires de financement, dont les sommes sont vers&#233;es au compte-goutte et sous conditions, sans &#233;gards &#224; la richesse d&#233;rob&#233;e et aux privil&#232;ges engendr&#233;s par la d&#233;possession territoriale, trop de communaut&#233;s n'ont d'autre option que de s'en remettre au march&#233;. Les institutions gouvernementales et les organismes de charit&#233; prescrivent des solutions et offrent des ressources qui visent &#224; r&#233;former les pratiques agricoles autochtones pour en faire des entreprises lucratives. Ces solutions font fi des connexions spirituelles et culturelles qu'entretiennent les Autochtones au territoire, lesquelles exigent parfois un rapport non commercial et plus lent avec les esp&#232;ces, et des pratiques de production agroalimentaire plus intimes. Ces programmes de pr&#234;ts et de dons aux initiatives agricoles autochtones reconduisent les discours du sauveur blanc, en plus d'&#233;luder la question de la responsabilit&#233; des colonisateurs dans un processus de justice qui doit passer par la restitution des terres.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;possession territoriale et assimilation forc&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour les Autochtones, la souverainet&#233; alimentaire ne se limite pas au droit de choisir et de produire ses aliments : elle passe par l'ensemble des lois culturelles et des responsabilit&#233;s spirituelles sur lesquelles repose notre relation &#224; notre territoire et aux esp&#232;ces qui nous nourrissent. Un amour et un engagement ind&#233;fectibles nous animent dans la r&#233;sistance au colonialisme. Qu'il soit question d'orignaux ou de homards, nous risquons nos vies pour faire valoir la l&#233;gitimit&#233; de notre savoir intime concernant la conservation et l'utilisation du territoire ainsi que la gestion des esp&#232;ces. Nous am&#233;nageons des potagers sur des terrains pollu&#233;s. Nous conservons des semences de grande importance culturelle sur des balcons de location. Nous rivalisons avec les colonisateurs racistes pour des permis de chasse qu'ils utilisent souvent pour faire de nos subsistances des troph&#233;es, alors que nos a&#238;n&#233;&#183;e&#183;s vieillissent plus vite qu'ils et elles peuvent nous transmettre leurs connaissances. Nous n&#233;gocions avec nos tantes pour obtenir l'une des rares cannes de poisson de la saison, d&#233;chir&#233;&#183;e&#183;s &#224; l'id&#233;e qu'il soit peut-&#234;tre temps de cesser d'exploiter cette parent&#233; non humaine &#224; qui la mauvaise gestion des eaux, l'industrie de la p&#234;che et le r&#233;chauffement climatique ne donnent aucun r&#233;pit. Nous c&#244;toyons des parcs patrouill&#233;s par des employ&#233;s municipaux et des citoyens qui se m&#233;fient de nous alors que nous cueillons des aliments qui nous connaissent et qui connaissent nos pratiques de r&#233;ciprocit&#233; depuis bien avant l'existence des parcs. Non seulement faisons-nous le deuil des lignes de trappe saccag&#233;es par la d&#233;forestation, de la nourriture que nous y trouvons et des connaissances pratiques qui leur sont li&#233;es, nous faisons aussi le deuil des esp&#232;ces souveraines dont la protection est notre responsabilit&#233; spirituelle et politique. Nous nous demandons : en avons-nous fait assez ? Que diraient nos anc&#234;tres ? Quelles connaissances et quelles saveurs restera-t-il &#224; nos enfants ? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous faisons preuve de r&#233;silience, d'adaptation, d'inventivit&#233; et de persistance. Nous avons &#233;t&#233; forc&#233;&#183;e&#183;s de nous ajuster &#224; des conditions qui nuisent &#224; la p&#233;rennit&#233; des &#233;cosyst&#232;mes et des syst&#232;mes des savoirs qui renferment nos modes de vie. Sans abandonner, nous savons pertinemment que la d&#233;possession territoriale ne peut pas &#234;tre combattue &#224; coups de camps culturels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDLR : Nicole Davies pr&#233;cise que ces camps culturels sont organis&#233;s par des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De l'industrie de la r&#233;conciliation jusqu'&#224; la r&#233;cup&#233;ration du mouvement pour la justice agroalimentaire, les discours dissociant la souverainet&#233; alimentaire de la souverainet&#233; territoriale sont une injustice suppl&#233;mentaire envers les peuples autochtones. Sans la restitution des terres et le versement d'indemnisations, il n'est pas question de d&#233;colonisation. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans le cadre de cet article, &#171; peuples autochtones &#187; r&#233;f&#232;re aux peuples originaires de l'Am&#233;rique du Nord. Il n'est pas question d'invisibiliser les communaut&#233;s racis&#233;es qui vivent sur ces territoires et qui sont les premiers peuples d'autres territoires. Il n'est pas question non plus de laisser entendre que le d&#233;placement forc&#233; de communaut&#233;s noires vers ces territoires pour des fins d'esclavage constitue une forme de colonialisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il faut noter que ce ne sont pas toutes les nations et les communaut&#233;s autochtones dont les syst&#232;mes alimentaires incluent des pratiques agricoles. Dans ces communaut&#233;s et ces cultures, la chasse, la trappe, la p&#234;che, la cueillette et la culture d'aliments sauvages repr&#233;sentent l'essentiel, voir le tout de leur syst&#232;me de subsistance. Chez certaines communaut&#233;s, l'agriculture a &#233;t&#233; adopt&#233;e suivant les efforts &#171; civilisateurs &#187; de la colonisation, alors que dans d'autres, l'agriculture s'est ajout&#233;e &#224; leurs syst&#232;mes alimentaires au fur et &#224; mesure qu'elles ont diversifi&#233; les sources d'aliments, qu'elles se sont s&#233;dentaris&#233;es et ont d&#251; composer avec les temp&#233;ratures plus chaudes caus&#233;es par les changements climatiques, ou encore qu'elles ont &#233;chang&#233; des pratiques avec d'autres nations et d'autres communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les trait&#233;s n'&#233;taient pas des trait&#233;s de cession du territoire, et les m&#234;mes trait&#233;s qui sont aujourd'hui instrumentalis&#233;s pour l&#233;gitimer les droits de propri&#233;t&#233; priv&#233;e non autochtone ont &#233;t&#233; sign&#233;s sous la menace de la famine orchestr&#233;e par le Dominion du Canada et l'empire britannique. Depuis bien avant la cr&#233;ation de l'&#201;tat canadien, la nourriture et la famine sont instrumentalis&#233;es contre les peuples autochtones &#224; des fins de coercition et de d&#233;possession du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces chiffres sont probablement conservateurs : les statistiques ne prennent pas en compte le peuple M&#233;tis, les Inuit, les personnes sans statut autochtone vivant hors r&#233;serve ni les personnes des Premi&#232;res Nations non inscrites ou les Autochtones qui ont renonc&#233; &#224; participer au recensement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;NDLR : Selon le site Web du mouvement Land Back, &#171; Land Back est un mouvement qui existe depuis des g&#233;n&#233;rations et qui est h&#233;ritier d'une longue tradition de mobilisation et de sacrifices en vue de remettre les terres autochtones dans les mains des Autochtones. De telles luttes ont cours actuellement partout sur l'&#206;le de la Tortue. &#187; Pour en savoir plus, visiter le site du mouvement : &lt;a href=&#034;https://landback.org/manifesto/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://landback.org/manifesto/&lt;/a&gt; (en anglais seulement).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;NDLR : Nicole Davies pr&#233;cise que ces camps culturels sont organis&#233;s par des Autochtones pour les Autochtones et sont ax&#233;s sur la transmission culturelle. Bien que souvent d&#233;di&#233;s aux jeunes, ils s'adressent aussi parfois aux adultes et peuvent prendre la forme de programmations culturelles s'&#233;tendant sur une journ&#233;e ou une fin de semaine. On y enseigne les connaissances propres au territoire de la nation, la langue, les c&#233;r&#233;monies et les pratiques artistiques. Ces camps servent &#224; contrecarrer les effets du colonialisme sur la transmission des connaissances et visent la revitalisation des pratiques culturelles et spirituelles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Nicole Davies est organisatrice communautaire, conservatrice de semences et chercheuse. Elle est d'origines M&#233;tis de la Rivi&#232;re-Rouge et Saulteaux, et certains de ses anc&#234;tres &#233;taient des colonisateurs blancs. Elle est gestionnaire de projets chez Sovereign Seeds, un organisme dirig&#233; par des Autochtones qui &#339;uvre dans ce qu'on appelle le Canada et qui vise &#224; favoriser la vitalit&#233; des semences et des cultures des peuples autochtones. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par Miriam Hatabi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : R&#233;mi Leroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
