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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Souverainet&#233; et autonomie alimentaires menac&#233;es</title>
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		<dc:date>2024-12-28T18:18:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Donald Dub&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Dub&#233;, Donald</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les ph&#233;nom&#232;nes d'accaparement, de sp&#233;culation et de surench&#232;re des terres et ils s'intensifient significativement depuis une quinzaine d'ann&#233;es. De grands investisseurs (parfois &#233;trangers) s'approprient nos terres. &lt;br class='autobr' /&gt;
La production agricole en r&#233;gion nordique repr&#233;sente tout un d&#233;fi, puisque les co&#251;ts de production y sont plus &#233;lev&#233;s et que le rendement des cultures ne peut rivaliser avec celui des r&#233;gions du sud. &#192; premi&#232;re vue, le terreau semble peu fertile pour la capitalisation fonci&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Dube-Donald-+" rel="tag"&gt;Dub&#233;, Donald&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/123123-20.png?1735409799' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1369&#034; height=&#034;1031&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les ph&#233;nom&#232;nes d'accaparement, de sp&#233;culation et de surench&#232;re des terres et ils s'intensifient significativement depuis une quinzaine d'ann&#233;es. De grands investisseurs (parfois &#233;trangers) s'approprient nos terres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La production agricole en r&#233;gion nordique repr&#233;sente tout un d&#233;fi, puisque les co&#251;ts de production y sont plus &#233;lev&#233;s et que le rendement des cultures ne peut rivaliser avec celui des r&#233;gions du sud. &#192; premi&#232;re vue, le terreau semble peu fertile pour la capitalisation fonci&#232;re chez nous. Sachez qu'il n'en est rien. Le Qu&#233;bec n'y &#233;chappe pas et ces ph&#233;nom&#232;nes s'accentueront dans l'avenir, notamment au Bas-Saint-Laurent. L'achat de terres par de gros exploitants locaux, des non-r&#233;sident&#183;es ou des non-agriculteur&#183;trices peut-il fragiliser notre souverainet&#233; et notre capacit&#233; &#224; gagner en autonomie d'un point de vue alimentaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. D'apr&#232;s Fran&#231;ois L'Italien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois L'Italien, &#171; L'accaparement des terres et les dispositifs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, chercheur &#224; l'Institut de recherche en &#233;conomie contemporaine, les r&#233;gions vis&#233;es encourent une d&#233;structuration de leurs communaut&#233;s, une augmentation des pressions financi&#232;res et commerciales sur le foncier et une fragilisation g&#233;n&#233;rale du secteur agricole. Qu'en est-il r&#233;ellement ? Comme soci&#233;t&#233; (et r&#233;gion !) qui cherche &#224; gagner en autonomie, sommes-nous r&#233;ellement sensibles &#224; ce qui se joue devant nos yeux ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ph&#233;nom&#232;ne mondial&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t des investisseur&#183;es pour le secteur agricole s'accroit significativement &#224; partir de 2005, o&#249; le mouvement de fond s'acc&#233;l&#232;re dans le contexte de la crise financi&#232;re de 2008. Les crises socio&#233;conomiques qui s'entrechoquent alors restructurent l'&#233;conomie mondiale. Selon L'Italien, &#171; &lt;em&gt;la crise financi&#232;re de 2008 a g&#233;n&#233;r&#233; les conditions pour une v&#233;ritable &#8220;ru&#233;e&#8221; vers les terres consid&#233;r&#233;es avec raison comme une valeur refuge par les gestionnaires de fonds en temps de crise. &lt;/em&gt; &#187; L'Italien nous apprend qu'en seulement cinq ans, soit de 2005 &#224; 2010, le nombre d'hectares transig&#233;s annuellement passe de 2,8 millions &#224; 8,3 millions&#8230; une augmentation vertigineuse de 296 % ! M&#234;me si ces transactions touchaient principalement les pays du Sud global comme des pays d'Afrique, d'Asie ou d'Am&#233;rique du Sud, elles n'&#233;pargnent pas des territoires du Qu&#233;bec comme le Bas-Saint-Laurent, surtout en raison des changements climatiques. L'attrait des r&#233;gions temp&#233;r&#233;es riches en eau ne fera qu'augmenter.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des agriculteur&#183;rices actif&#183;ves sur les march&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#233;tude r&#233;alis&#233;e en collaboration avec le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Philippe Meloche et Guy Debailleul, &#171; Acquisition des terres agricoles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on fait le constat que ce sont majoritairement les agriculteurs et agricultrices qui transigent sur les march&#233;s fonciers agricoles qu&#233;b&#233;cois. Plus r&#233;cemment, dans un ouvrage &#233;crit par Debailleul et Mundler (2018)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Guy Debailleul et Patrick Mundler, 2018. &#171; Terres agricoles : entre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le constat demeure le m&#234;me. Au Bas-Saint-Laurent, les fermes bien &#233;tablies (principalement laiti&#232;res) cherchent &#224; consolider leurs activit&#233;s en prenant de l'expansion. Cette demande soutenue des exploitations agricoles pousse in&#233;vitablement les prix &#224; la hausse, induisant une forte surench&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un article de La Presse paru en f&#233;vrier dernier, on fait mention des terres qui s'envolent &#224; prix d'or. Selon le plus r&#233;cent bilan de Financement agricole Canada, la hausse sur les 20 derni&#232;res ann&#233;es a atteint le taux stratosph&#233;rique de 474 % ! &#192; titre d'exemple, le prix des terres situ&#233;es en Mont&#233;r&#233;gie, terres parmi les plus fertiles du Qu&#233;bec, est pass&#233; de 11 431 $ &#224; plus de 44 460 $ l'hectare en 2023. &#192; ce prix, les revenus tir&#233;s de ces derni&#232;res ne peuvent plus couvrir la valeur marchande ou l'emprunt n&#233;cessaire pour en faire l'acquisition : le &#171; potentiel agronomique &#187; est d&#233;sormais d&#233;pass&#233; ! Peu importe, les actifs de grande valeur d&#233;j&#224; d&#233;tenus par les agriculteurs agissent comme garanties&#8230; au plus fort la poche ! La situation peut sembler moins criante au Bas-Saint-Laurent en raison du co&#251;t inf&#233;rieur des terres. N&#233;anmoins, alors que le prix moyen des terres du Qu&#233;bec en 2022 bondissait de 10 %, celui du Bas-Saint-Laurent augmentait de 9,3 %, pour une valeur moyenne de 9 250 $ l'hectare. &#192; ce rythme, la situation bas-laurentienne ne sera bient&#244;t plus &#233;trang&#232;re &#224; celle de la Mont&#233;r&#233;gie. N'oublions pas que le &#171; potentiel agronomique &#187; de notre r&#233;gion est bien inf&#233;rieur &#224; celui de plusieurs autres r&#233;gions du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De nouveaux acteurs financiers non-agriculteurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les actifs agricoles font maintenant partie de la liste des march&#233;s &#224; fort potentiel de rendement. Les premi&#232;res transactions document&#233;es au Bas-Saint-Laurent datent de l'automne 2015. On y fait mention d'acquisitions dans la r&#233;gion du Kamouraska par le fonds d'investissement PANGEA et de possibles acquisitions dans le secteur de la Mitis. Ailleurs au Qu&#233;bec, en Abitibi-T&#233;miscamingue notamment, Radio-Canada rapportait en 2019 que le taux de propri&#233;t&#233; des non-agriculteurs repr&#233;sentait, seulement pour cette r&#233;gion, plus de 14 % des terres, soit une superficie de plus de 12 000 hectares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'ils s'agissent de fonds d'investissement ou de soci&#233;t&#233;s d'acquisition, c'est l'&#233;pargne capitalis&#233;e des m&#233;nages des pays industrialis&#233;s qui est mobilis&#233;e. Que le mod&#232;le retenu par ces investisseurs soit la location (ex. PANGEA, Gestion AgriTerra inc., le FIRA), l'exploitation directe (ex. Fonds de pension des employ&#233;s de la Banque Nationale) ou l'int&#233;gration (ex. Partenaires agricoles S.E.C.), l'&#233;pargne des travailleur&#183;euses est mobilis&#233;e pour une seule raison : faire des gains en capitaux sur le long terme. Et les investisseurs &#233;trangers dans tout &#231;a ? On semble n'avoir que les rumeurs d'acquisitions par des groupes d'int&#233;r&#234;ts chinois &#224; se mettre sous la dent. Croyez-le ou non, on ne collecte pas les donn&#233;es sur la nature des propri&#233;taires de terres agricoles. Le registre foncier du Qu&#233;bec les concernant ne le pr&#233;voit pas. On semble d'avis que l'accaparement des terres agricoles par des groupes d'int&#233;r&#234;ts, locaux ou &#233;trangers, demeure marginal pour le moment. Pour plusieurs sp&#233;cialistes, nous devons plancher sur la cr&#233;ation d'une base de donn&#233;es sur la propri&#233;t&#233; agricole et sur les transactions fonci&#232;res agricoles avant toute autre &#233;valuation. C'est d'ailleurs la principale recommandation issue des audiences publiques de la Commission de l'agriculture, des p&#234;cheries, de l'&#233;nergie et des ressources naturelles (CAPERN) tenue en 2015. Est-ce utile de rappeler que nous sommes en 2023 et que cette base de donn&#233;es n'existe toujours pas ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Rel&#232;ve menac&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Hors de contr&#244;le, la financiarisation des actifs agricoles pourrait s&#233;rieusement compromettre notre souverainet&#233; et notre autonomie alimentaire. On peut tr&#232;s bien imaginer le pire et particuli&#232;rement en l'absence de rel&#232;ve. Qu'elle soit apparent&#233;e (enfants ou membres plus &#233;loign&#233;&#183;es de la famille) ou non, l'int&#233;r&#234;t des plus jeunes &#224; reprendre la gestion des exploitations agricoles n'a jamais &#233;t&#233; si bas&#8230; Allons-y avec un exemple fictif simple. Supposons que Maurice et Gis&#232;le d&#233;sirent vendre leurs terres et que ces derni&#232;res constituent leur unique fonds de pension. En l'absence de rel&#232;ve, ils se tournent vers le march&#233; pour trouver un acqu&#233;reur. Parmi ces potentiels acqu&#233;reurs, il y a la ferme voisine, un fonds d'investissement priv&#233; et un couple qui d&#233;sire d&#233;marrer une ferme familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous comprendrez que le contexte agricole et &#233;conomique actuel ne favorise en rien le d&#233;marrage d'une nouvelle ferme familiale de proximit&#233;. La partie se jouera entre la ferme voisine et l'investisseur priv&#233;. Cette situation entra&#238;nera s&#251;rement une surench&#232;re qui, au mieux, maintiendra les prix actuellement &#233;lev&#233;s ou, au pire, propulsera de nouveau les prix &#224; la hausse. Si la ferme remporte la bataille, elle verra sa taille augmenter, &#233;loignant toujours davantage les potentielles rel&#232;ves, puisque sa valeur croissante la rendra toujours plus difficilement transf&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, en revanche, les terres sont aval&#233;es par le fonds d'investissement, l'objectif premier sera de capitaliser. Dans cette optique, produire localement pour nourrir et dynamiser la communaut&#233; au risque de conc&#233;der du rendement n'est pas une option. Comme le d&#233;crit L'Italien, &#171; &lt;em&gt;la financiarisation de l'&#233;conomie a g&#233;n&#233;ralis&#233; le d&#233;veloppement des pratiques sp&#233;culatives portant sur les biens dits &#8220;de base&#8221; dont font partie les produits et actifs agricoles&lt;/em&gt; &#187;. Depuis 2005, les investisseurs sont &#224; la recherche de placements dans des cat&#233;gories d'actifs s&#251;rs leur permettant d'&#233;chapper &#224; la volatilit&#233; des march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mobilis&#233;&#183;es pour l'Avenir !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Notre nordicit&#233; et nos lois en mati&#232;re agricole ne constituent pas des remparts absolus contre la financiarisation. C'est &#224; ce moment, quand tout nous parait jou&#233;, que des solutions porteuses d'avenir doivent s'imposer. C'est notamment le cas de l'ambitieux projet bas-laurentien FabR&#233;gion. Men&#233; par le Living Lab en innovation ouverte (LLio) du C&#233;gep de Rivi&#232;re-du-Loup depuis 2020, il vise &#224; atteindre 50 % d'autonomie locale dans les secteurs de la consommation alimentaire, &#233;nerg&#233;tique et de biens manufactur&#233;s d'ici 2054. Parions que les regards seront tourn&#233;s vers notre r&#233;gion pour suivre de pr&#232;s cette initiative unique au Canada. Ce que nous pourrions esp&#233;rer, &#224; tout le moins, c'est le maintien d'un certain &#233;quilibre entre investisseurs priv&#233;s, fermes de grande taille et fermes familiales de proximit&#233;. Le pire des sc&#233;narios serait sans conteste des terres en friches se multipliant dans tout le Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Bas-Saint-Laurent, les terres en friche ne manquent pas. Conserver les terres en production demeure une priorit&#233;. En ce sens, une alternative prometteuse inspir&#233;e des Soci&#233;t&#233;s d'am&#233;nagement foncier et d'&#233;tablissement rural (SAFER), implant&#233;es en France dans les ann&#233;es 1960, m&#233;rite notre attention. Les SAFER ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es dans le but d'acqu&#233;rir des terres agricoles et de les subdiviser au b&#233;n&#233;fice de l'agriculture familiale et ainsi faciliter l'acc&#232;s &#224; la propri&#233;t&#233;. Notez que cette politique n'interdit pas explicitement l'achat de terres par des investisseurs, mais voit &#224; favoriser un groupe pr&#233;cis d'acheteur&#183;euses, soit la rel&#232;ve. L'Italien et Laplante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois L'Italien, Robert Laplante, La Soci&#233;t&#233; d'am&#233;nagement et de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; proposaient en 2012 la mise en place d'une Soci&#233;t&#233; d'am&#233;nagement et de d&#233;veloppement agricole du Qu&#233;bec (SADAC). Selon eux, la cr&#233;ation d'une telle soci&#233;t&#233; constituerait une r&#233;ponse institutionnelle forte pour freiner les ph&#233;nom&#232;nes d'accaparement, de sp&#233;culation et de surench&#232;re des terres tout en favorisant l'installation d'une rel&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu importe le mod&#232;le, rentabiliser les activit&#233;s d'une ferme est un d&#233;fi de taille. La fragilit&#233; financi&#232;re constante et les heures de travail incalculables ont raison de plusieurs d'entre nous chaque ann&#233;e. Qu'il soit physique ou psychologique, l'&#233;puisement finit souvent par &#233;roder la passion. Le contexte socio&#233;conomique actuel exacerbe plus que jamais cet &#233;tat de fait. Alors que le rapport au travail est en pleine mutation et que l'endettement n'&#233;pargne aucun projet d'&#233;tablissement, comment transmettre notre savoir-faire sans sombrer dans le pessimisme ? Et d'ailleurs, &#224; qui le transmettre ? Le manque criant de rel&#232;ve n'est certainement pas &#233;tranger aux conditions du m&#233;tier. Et que dire du manque g&#233;n&#233;ralis&#233; de main-d'&#339;uvre ? Alors que les changements climatiques bouleversent d&#233;j&#224; notre capacit&#233; &#224; s'approvisionner en denr&#233;es, l'avenir m'apparait incertain. J'ose imaginer que la mobilisation des acteur&#183;rices du Bas-Saint-Laurent jouera un r&#244;le d&#233;terminant. J'ose imaginer qu'ils nous sensibiliseront &#224; l'importance de ces enjeux avant qu'il ne soit trop tard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois L'Italien, &#171; L'accaparement des terres et les dispositifs d'intervention sur le foncier agricole. Les enjeux pour l'agriculture qu&#233;b&#233;coise &#187;, Institut de recherche en &#233;conomie contemporaine, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Philippe Meloche et Guy Debailleul, &#171; Acquisition des terres agricoles par des non-agriculteurs au Qu&#233;bec. Ampleur, causes et port&#233;e du ph&#233;nom&#232;ne. &#187; CIRANO, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Guy Debailleul et Patrick Mundler, 2018. &#171; Terres agricoles : entre propri&#233;t&#233;s priv&#233;es et enjeux communs. Une r&#233;flexion sur les logiques d'accaparement et de concentration des terres agricoles &#187;. Dans Lyne Letourneau et Louis-&#201;tienne Pigeon, &lt;em&gt;L'&#233;thique du Hamburger. Penser l'agriculture et l'alimentation au XXIe si&#232;cle&lt;/em&gt;. Qu&#233;bec, Presses de l'Universit&#233; Laval, pp. 235-272.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois L'Italien, Robert Laplante, &lt;em&gt;La Soci&#233;t&#233; d'am&#233;nagement et de d&#233;veloppement agricole du Qu&#233;bec : une mesure d'initiative pour renforcer la vocation et le contr&#244;le du domaine agricole&lt;/em&gt;, Rapport de recherche de L'IR&#201;C, Institut de recherche en &#233;conomie contemporaine, 2012, 59 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Donald Dub&#233; est producteur et copropri&#233;taire de la ferme mara&#238;ch&#232;re Le Vert Mouton de Saint-Val&#233;rien-de-Rimouski.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Au coin du chemin du Canada et de la route du Ch&#244;mage, &#224; Saint-Juste-du-Lac, dans le T&#233;miscouata (Michel Dompierre).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Projet &#171; Go&#251;ter NOUS ! &#187; : pour une souverainet&#233; alimentaire</title>
		<link>https://www.ababord.org/Projet-Gouter-NOUS-pour-une-souverainete-alimentaire</link>
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		<dc:date>2023-02-17T01:47:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian B&#233;gin, Donald Dub&#233;, Colombe Saint-Pierre</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>B&#233;gin, Christian</dc:subject>
		<dc:subject>Dub&#233;, Donald</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Pierre, Colombe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, quand on parle de souverainet&#233;, on pense &#233;videmment au projet ind&#233;pendantiste. Or, la souverainet&#233; peut prendre d'autres formes, comme celle de la souverainet&#233; alimentaire. Qu'y a-t-il de plus fondamental pour un peuple que d'&#234;tre capable de se nourrir lui-m&#234;me ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette question, Jean Garon l'a pos&#233; clairement dans son dernier livre, Pour tout vous dire, paru en 2013. Ministre de l'Agriculture de 1976 &#224; 1985, il est nomm&#233; par Ren&#233; L&#233;vesque et a pu b&#233;n&#233;ficier de son appui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Cultiver-la-resistance-agricole-" rel="directory"&gt;Dossier : Cultiver la r&#233;sistance agricole&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Begin-Christian-+" rel="tag"&gt;B&#233;gin, Christian&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Dube-Donald-+" rel="tag"&gt;Dub&#233;, Donald&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Saint-Pierre-Caroline-+" rel="tag"&gt;Saint-Pierre, Colombe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/ab-88_souverainete.png?1676596553' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;430&#034; height=&#034;660&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, quand on parle de souverainet&#233;, on pense &#233;videmment au projet ind&#233;pendantiste. Or, la souverainet&#233; peut prendre d'autres formes, comme celle de la souverainet&#233; alimentaire. Qu'y a-t-il de plus fondamental pour un peuple que d'&#234;tre capable de se nourrir lui-m&#234;me ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette question, Jean Garon l'a pos&#233; clairement dans son dernier livre, Pour tout vous dire, paru en 2013. Ministre de l'Agriculture de 1976 &#224; 1985, il est nomm&#233; par Ren&#233; L&#233;vesque et a pu b&#233;n&#233;ficier de son appui ind&#233;fectible tout au long de sa carri&#232;re. &#192; l'&#233;poque, Jean Garon modernise le minist&#232;re de l'Agriculture &#224; un point tel que l'autonomie alimentaire du Qu&#233;bec passe de 47 % &#224; plus de 80 %. Selon Garon, rien ne peut g&#233;n&#233;rer plus de fiert&#233; que la capacit&#233; de pourvoir &#224; ses besoins sur le plan de l'alimentation. &#192; la suite des ann&#233;es Garon, notre autonomie alimentaire n'a cess&#233; de d&#233;cliner au m&#234;me rythme que disparaissaient les fermes familiales ind&#233;pendantes. Elle se situe maintenant autour de 35 %.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Souverainet&#233; et autonomie alimentaires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 1950, le nombre de fermes est pass&#233; d'environ 150 000 &#224; moins de 30 000. Le Qu&#233;bec voit donc ses terres agricoles abandonn&#233;es, notamment faute de rel&#232;ve. &#192; ce titre, le Bas-Saint-Laurent compte plus de 8 000 hectares de terres d&#233;valoris&#233;es dites &#171; en friche &#187;. Il est temps de se les r&#233;approprier, il est temps de les remettre en production ! La souverainet&#233; alimentaire s'incarne donc d'abord dans la r&#233;appropriation des terres agricoles et du savoir-faire paysan en mati&#232;re d'agriculture nourrici&#232;re. Pour ce faire, nous devons miser sur la p&#233;dagogie et sur l'enseignement du m&#233;tier. Le C&#233;gep de Victoriaville est un exemple de r&#233;ussite en la mati&#232;re : le cours en production l&#233;gumi&#232;re biologique contribue significativement &#224; l'&#233;mergence de nouvelles fermes de proximit&#233; dans tout le Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; alimentaire est intrins&#232;quement reli&#233;e &#224; l'habitation du territoire et, cons&#233;quemment, red&#233;finit les rapports des habitant&#183;e&#183;s entre eux et elles, mais aussi avec la terre qui les nourrit. &#202;tre souverain, c'est aussi comprendre que chaque r&#233;gion du Qu&#233;bec a ses particularit&#233;s, ses saisons, son temps et que l'agriculture nourrici&#232;re est, par d&#233;finition, une agriculture en constant dialogue avec le territoire et les gens qui l'occupent, &#224; l'&#233;coute et au diapason de ses champs et de ses gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; alimentaire, c'est donc pouvoir d&#233;cider comment on se nourrit et comment on cultive le territoire. Le processus qui nous m&#232;ne vers une plus grande autonomie alimentaire nous m&#232;ne in&#233;vitablement vers une plus grande souverainet&#233;. Cette autonomie est notre capacit&#233; nette &#224; nous nourrir avec ce que nous produisons &#8211; ou ne produisons pas encore &#8211;, et ce, dans le respect de ce que le territoire peut offrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, le concept m&#234;me de l'autonomie alimentaire peut laisser insidieusement sous-entendre que TOUT ce qui nous nourrit serait produit et transform&#233; ici, sur notre territoire. En effet, nous aurons beau nous munir de serres sophistiqu&#233;es pour y cultiver des agrumes ou des fraises en janvier, nous ferons fausse route. La multiplication des serres d&#233;connect&#233;es des particularit&#233;s et des asp&#233;rit&#233;s de notre territoire, d&#233;connect&#233;es de la saisonnalit&#233; et faisant la promotion d'un consum&#233;risme qui laisse miroiter que &lt;em&gt;tout&lt;/em&gt; est accessible &lt;em&gt;tout le temps&lt;/em&gt; ne nous rend ni plus autonomes ni plus souverains, mais bien encore et toujours soumis&#183;e&#183;s &#224; une agriculture d&#233;sincarn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vision politique et occupation du territoire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Viser la souverainet&#233; alimentaire, c'est se mettre collectivement sur le chemin de la reprise du pouvoir. Les moyens d'y arriver existent. Le rapport Pronovost constitue &#224; cet &#233;gard une r&#233;f&#233;rence malheureusement n&#233;glig&#233;e. Publi&#233; en 2006, le rapport est issu de la Commission sur l'avenir de l'agriculture et l'agroalimentaire qu&#233;b&#233;cois (CAAAQ), alors pr&#233;sid&#233;e par Jean Pronovost, et propose une multitude de moyens pour augmenter notre souverainet&#233; dans ce domaine. &#192; la suite de ce rapport, une vaste consultation est mise en branle, dans le cadre de laquelle plus de 800 personnes sont entendues et 770 m&#233;moires sont recueillis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tr&#232;s peu des propositions &#233;manant de ces deux exercices d&#233;mocratiques ont &#233;t&#233; appliqu&#233;es depuis, des centaines d'initiatives citoyennes en ce sens ont tout de m&#234;me &#233;t&#233; lanc&#233;es. Le Bas-Saint-Laurent se r&#233;v&#232;le un laboratoire innovant et un territoire vers lequel les yeux se tournent d&#233;j&#224;, notamment gr&#226;ce au travail exceptionnel de la Table de concertation bioalimentaire du Bas-Saint-Laurent, ou encore au projet de FabR&#233;gion, qui en font un mod&#232;le unique en ce moment. Il faut esp&#233;rer que la d&#233;termination et la pugnacit&#233; de ces nouveaux&#183;elles agriculteur&#183;trice&#183;s forceront le MAPAQ et autres organes du pouvoir en ces mati&#232;res &#224; prendre acte de ce qui se met en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement ne nous arrivera pas par la voie de la politique, puisqu'il est en marche dans nos champs. En fait, nos champs sont d&#233;j&#224; politiques et le sillon de notre souverainet&#233; s'y creuse. L'agriculture soumise aux dictats des ententes de libre-&#233;change et au productivisme effr&#233;n&#233; se r&#233;v&#232;le incapable de nous nourrir sainement et &#233;quitablement sur cette seule Terre que nous avons &#224; partager. Mais voil&#224; que nous assistons &#224; un nouveau &#171; retour &#224; la terre &#187;, &#224; une &#171; r&#233;volution agricole &#187; qui t&#233;moigne de la n&#233;cessit&#233; de devenir souverain&#183;e&#183;s, ici comme partout sur la plan&#232;te, d'un point de vue alimentaire. C'est par la voie de nos champs et d'un &#171; souverainisme agricole &#187; que nous arriverons &#224; NOUS nourrir et &#224; go&#251;ter, chaque ann&#233;e un peu plus, NOUS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons l'espace et la volont&#233; politique pour mettre en place ce qui a d&#233;j&#224; fait la preuve, soit qu'une agriculture nourrici&#232;re de proximit&#233; est plus r&#233;siliente en temps de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons l'espace et la volont&#233; politique pour mettre en place une politique agricole qui veillera &#224; mieux nous nourrir et &#224; retisser le lien indispensable qui doit unir ceux et celles qui nous nourrissent &#224; ceux et celles qui mangent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Go&#251;ter NOUS, le mouvement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises soci&#233;tales ont cette particularit&#233; de faire ressortir, trop souvent, ce qu'il y a de plus sombre en nous. N&#233;anmoins, elles permettent &#233;galement l'&#233;mergence d'initiatives porteuses d'espoir, transport&#233;es par des individus dispos&#233;s &#224; changer de paradigme et &#224; mener notre soci&#233;t&#233; plus loin, pour le bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au c&#339;ur de la premi&#232;re vague pand&#233;mique que Colombe Saint-Pierre (cheffe du restaurant Chez Saint-Pierre), Christian B&#233;gin (animateur, com&#233;dien et nouvellement &#233;picier) et Donald Dub&#233; (producteur et copropri&#233;taire de la ferme maraich&#232;re Le Vert Mouton de Saint-Val&#233;rien-de-Rimouski) ont uni leurs r&#233;flexions autour de la n&#233;cessit&#233; de gagner en autonomie d'un point de vue alimentaire. De cette communion est n&#233; le projet &#171; Go&#251;ter NOUS &#187;, un outil citoyen et p&#233;dagogique de transmission des savoirs li&#233;s &#224; la souverainet&#233; alimentaire. Pour l'heure, le trio a mis en ligne une page Facebook qu'ils alimentent d'articles, de chroniques et de reportages traitant des enjeux incontournables en la mati&#232;re. Persuad&#233;s que la p&#233;dagogie doit &#234;tre au c&#339;ur de ce mouvement, les initiateur&#183;trice&#183;s de &#171; Go&#251;ter NOUS &#187; souhaitent inviter la population &#224; d&#233;couvrir ce qui anime l'univers agroalimentaire qu&#233;b&#233;cois, ce qui le distingue et ce que sont ses forces et ses faiblesses. Les citoyen&#183;ne&#183;s seront &#224; m&#234;me de constater que les rouages sont complexes, mais qu'il est possible de bien comprendre pourquoi, en 50 ans, le Qu&#233;bec est pass&#233; d'une autonomie alimentaire de 80 % &#224; 35 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cr&#233;ateur&#183;trice&#183;s de &#171; Go&#251;ter NOUS &#187; proposeront bient&#244;t leur vision d'un Qu&#233;bec plus souverain et autonome, &#224; travers un manifeste &#233;labor&#233; avec l'aide de divers professionnel&#183;le&#183;s. Ce commando d'expert&#183;e&#183;s &#339;uvrent dans des domaines aussi divers que les m&#233;dias, la recherche fondamentale, la biologie, l'environnement, l'agriculture, l'histoire, l'&#233;conomie et le syndicalisme. Longue vie &#224; &#171; Go&#251;ter NOUS &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : R&#233;mi Leroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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