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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Projet &#171; Go&#251;ter NOUS ! &#187; : pour une souverainet&#233; alimentaire</title>
		<link>https://www.ababord.org/Projet-Gouter-NOUS-pour-une-souverainete-alimentaire</link>
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		<dc:date>2023-02-17T01:47:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian B&#233;gin, Donald Dub&#233;, Colombe Saint-Pierre</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>B&#233;gin, Christian</dc:subject>
		<dc:subject>Dub&#233;, Donald</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Pierre, Colombe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, quand on parle de souverainet&#233;, on pense &#233;videmment au projet ind&#233;pendantiste. Or, la souverainet&#233; peut prendre d'autres formes, comme celle de la souverainet&#233; alimentaire. Qu'y a-t-il de plus fondamental pour un peuple que d'&#234;tre capable de se nourrir lui-m&#234;me ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette question, Jean Garon l'a pos&#233; clairement dans son dernier livre, Pour tout vous dire, paru en 2013. Ministre de l'Agriculture de 1976 &#224; 1985, il est nomm&#233; par Ren&#233; L&#233;vesque et a pu b&#233;n&#233;ficier de son appui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Cultiver-la-resistance-agricole-" rel="directory"&gt;Dossier : Cultiver la r&#233;sistance agricole&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Begin-Christian-+" rel="tag"&gt;B&#233;gin, Christian&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Dube-Donald-+" rel="tag"&gt;Dub&#233;, Donald&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Saint-Pierre-Caroline-+" rel="tag"&gt;Saint-Pierre, Colombe&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/ab-88_souverainete.png?1676596553' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;430&#034; height=&#034;660&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, quand on parle de souverainet&#233;, on pense &#233;videmment au projet ind&#233;pendantiste. Or, la souverainet&#233; peut prendre d'autres formes, comme celle de la souverainet&#233; alimentaire. Qu'y a-t-il de plus fondamental pour un peuple que d'&#234;tre capable de se nourrir lui-m&#234;me ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette question, Jean Garon l'a pos&#233; clairement dans son dernier livre, Pour tout vous dire, paru en 2013. Ministre de l'Agriculture de 1976 &#224; 1985, il est nomm&#233; par Ren&#233; L&#233;vesque et a pu b&#233;n&#233;ficier de son appui ind&#233;fectible tout au long de sa carri&#232;re. &#192; l'&#233;poque, Jean Garon modernise le minist&#232;re de l'Agriculture &#224; un point tel que l'autonomie alimentaire du Qu&#233;bec passe de 47 % &#224; plus de 80 %. Selon Garon, rien ne peut g&#233;n&#233;rer plus de fiert&#233; que la capacit&#233; de pourvoir &#224; ses besoins sur le plan de l'alimentation. &#192; la suite des ann&#233;es Garon, notre autonomie alimentaire n'a cess&#233; de d&#233;cliner au m&#234;me rythme que disparaissaient les fermes familiales ind&#233;pendantes. Elle se situe maintenant autour de 35 %.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Souverainet&#233; et autonomie alimentaires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 1950, le nombre de fermes est pass&#233; d'environ 150 000 &#224; moins de 30 000. Le Qu&#233;bec voit donc ses terres agricoles abandonn&#233;es, notamment faute de rel&#232;ve. &#192; ce titre, le Bas-Saint-Laurent compte plus de 8 000 hectares de terres d&#233;valoris&#233;es dites &#171; en friche &#187;. Il est temps de se les r&#233;approprier, il est temps de les remettre en production ! La souverainet&#233; alimentaire s'incarne donc d'abord dans la r&#233;appropriation des terres agricoles et du savoir-faire paysan en mati&#232;re d'agriculture nourrici&#232;re. Pour ce faire, nous devons miser sur la p&#233;dagogie et sur l'enseignement du m&#233;tier. Le C&#233;gep de Victoriaville est un exemple de r&#233;ussite en la mati&#232;re : le cours en production l&#233;gumi&#232;re biologique contribue significativement &#224; l'&#233;mergence de nouvelles fermes de proximit&#233; dans tout le Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; alimentaire est intrins&#232;quement reli&#233;e &#224; l'habitation du territoire et, cons&#233;quemment, red&#233;finit les rapports des habitant&#183;e&#183;s entre eux et elles, mais aussi avec la terre qui les nourrit. &#202;tre souverain, c'est aussi comprendre que chaque r&#233;gion du Qu&#233;bec a ses particularit&#233;s, ses saisons, son temps et que l'agriculture nourrici&#232;re est, par d&#233;finition, une agriculture en constant dialogue avec le territoire et les gens qui l'occupent, &#224; l'&#233;coute et au diapason de ses champs et de ses gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; alimentaire, c'est donc pouvoir d&#233;cider comment on se nourrit et comment on cultive le territoire. Le processus qui nous m&#232;ne vers une plus grande autonomie alimentaire nous m&#232;ne in&#233;vitablement vers une plus grande souverainet&#233;. Cette autonomie est notre capacit&#233; nette &#224; nous nourrir avec ce que nous produisons &#8211; ou ne produisons pas encore &#8211;, et ce, dans le respect de ce que le territoire peut offrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, le concept m&#234;me de l'autonomie alimentaire peut laisser insidieusement sous-entendre que TOUT ce qui nous nourrit serait produit et transform&#233; ici, sur notre territoire. En effet, nous aurons beau nous munir de serres sophistiqu&#233;es pour y cultiver des agrumes ou des fraises en janvier, nous ferons fausse route. La multiplication des serres d&#233;connect&#233;es des particularit&#233;s et des asp&#233;rit&#233;s de notre territoire, d&#233;connect&#233;es de la saisonnalit&#233; et faisant la promotion d'un consum&#233;risme qui laisse miroiter que &lt;em&gt;tout&lt;/em&gt; est accessible &lt;em&gt;tout le temps&lt;/em&gt; ne nous rend ni plus autonomes ni plus souverains, mais bien encore et toujours soumis&#183;e&#183;s &#224; une agriculture d&#233;sincarn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vision politique et occupation du territoire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Viser la souverainet&#233; alimentaire, c'est se mettre collectivement sur le chemin de la reprise du pouvoir. Les moyens d'y arriver existent. Le rapport Pronovost constitue &#224; cet &#233;gard une r&#233;f&#233;rence malheureusement n&#233;glig&#233;e. Publi&#233; en 2006, le rapport est issu de la Commission sur l'avenir de l'agriculture et l'agroalimentaire qu&#233;b&#233;cois (CAAAQ), alors pr&#233;sid&#233;e par Jean Pronovost, et propose une multitude de moyens pour augmenter notre souverainet&#233; dans ce domaine. &#192; la suite de ce rapport, une vaste consultation est mise en branle, dans le cadre de laquelle plus de 800 personnes sont entendues et 770 m&#233;moires sont recueillis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tr&#232;s peu des propositions &#233;manant de ces deux exercices d&#233;mocratiques ont &#233;t&#233; appliqu&#233;es depuis, des centaines d'initiatives citoyennes en ce sens ont tout de m&#234;me &#233;t&#233; lanc&#233;es. Le Bas-Saint-Laurent se r&#233;v&#232;le un laboratoire innovant et un territoire vers lequel les yeux se tournent d&#233;j&#224;, notamment gr&#226;ce au travail exceptionnel de la Table de concertation bioalimentaire du Bas-Saint-Laurent, ou encore au projet de FabR&#233;gion, qui en font un mod&#232;le unique en ce moment. Il faut esp&#233;rer que la d&#233;termination et la pugnacit&#233; de ces nouveaux&#183;elles agriculteur&#183;trice&#183;s forceront le MAPAQ et autres organes du pouvoir en ces mati&#232;res &#224; prendre acte de ce qui se met en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement ne nous arrivera pas par la voie de la politique, puisqu'il est en marche dans nos champs. En fait, nos champs sont d&#233;j&#224; politiques et le sillon de notre souverainet&#233; s'y creuse. L'agriculture soumise aux dictats des ententes de libre-&#233;change et au productivisme effr&#233;n&#233; se r&#233;v&#232;le incapable de nous nourrir sainement et &#233;quitablement sur cette seule Terre que nous avons &#224; partager. Mais voil&#224; que nous assistons &#224; un nouveau &#171; retour &#224; la terre &#187;, &#224; une &#171; r&#233;volution agricole &#187; qui t&#233;moigne de la n&#233;cessit&#233; de devenir souverain&#183;e&#183;s, ici comme partout sur la plan&#232;te, d'un point de vue alimentaire. C'est par la voie de nos champs et d'un &#171; souverainisme agricole &#187; que nous arriverons &#224; NOUS nourrir et &#224; go&#251;ter, chaque ann&#233;e un peu plus, NOUS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons l'espace et la volont&#233; politique pour mettre en place ce qui a d&#233;j&#224; fait la preuve, soit qu'une agriculture nourrici&#232;re de proximit&#233; est plus r&#233;siliente en temps de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons l'espace et la volont&#233; politique pour mettre en place une politique agricole qui veillera &#224; mieux nous nourrir et &#224; retisser le lien indispensable qui doit unir ceux et celles qui nous nourrissent &#224; ceux et celles qui mangent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Go&#251;ter NOUS, le mouvement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises soci&#233;tales ont cette particularit&#233; de faire ressortir, trop souvent, ce qu'il y a de plus sombre en nous. N&#233;anmoins, elles permettent &#233;galement l'&#233;mergence d'initiatives porteuses d'espoir, transport&#233;es par des individus dispos&#233;s &#224; changer de paradigme et &#224; mener notre soci&#233;t&#233; plus loin, pour le bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au c&#339;ur de la premi&#232;re vague pand&#233;mique que Colombe Saint-Pierre (cheffe du restaurant Chez Saint-Pierre), Christian B&#233;gin (animateur, com&#233;dien et nouvellement &#233;picier) et Donald Dub&#233; (producteur et copropri&#233;taire de la ferme maraich&#232;re Le Vert Mouton de Saint-Val&#233;rien-de-Rimouski) ont uni leurs r&#233;flexions autour de la n&#233;cessit&#233; de gagner en autonomie d'un point de vue alimentaire. De cette communion est n&#233; le projet &#171; Go&#251;ter NOUS &#187;, un outil citoyen et p&#233;dagogique de transmission des savoirs li&#233;s &#224; la souverainet&#233; alimentaire. Pour l'heure, le trio a mis en ligne une page Facebook qu'ils alimentent d'articles, de chroniques et de reportages traitant des enjeux incontournables en la mati&#232;re. Persuad&#233;s que la p&#233;dagogie doit &#234;tre au c&#339;ur de ce mouvement, les initiateur&#183;trice&#183;s de &#171; Go&#251;ter NOUS &#187; souhaitent inviter la population &#224; d&#233;couvrir ce qui anime l'univers agroalimentaire qu&#233;b&#233;cois, ce qui le distingue et ce que sont ses forces et ses faiblesses. Les citoyen&#183;ne&#183;s seront &#224; m&#234;me de constater que les rouages sont complexes, mais qu'il est possible de bien comprendre pourquoi, en 50 ans, le Qu&#233;bec est pass&#233; d'une autonomie alimentaire de 80 % &#224; 35 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cr&#233;ateur&#183;trice&#183;s de &#171; Go&#251;ter NOUS &#187; proposeront bient&#244;t leur vision d'un Qu&#233;bec plus souverain et autonome, &#224; travers un manifeste &#233;labor&#233; avec l'aide de divers professionnel&#183;le&#183;s. Ce commando d'expert&#183;e&#183;s &#339;uvrent dans des domaines aussi divers que les m&#233;dias, la recherche fondamentale, la biologie, l'environnement, l'agriculture, l'histoire, l'&#233;conomie et le syndicalisme. Longue vie &#224; &#171; Go&#251;ter NOUS &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : R&#233;mi Leroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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