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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Agriculture biologique de proximit&#233;. Pour passer du r&#234;ve &#224; la r&#233;alit&#233; </title>
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		<dc:date>2023-02-17T01:46:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Caroline Poirier</dc:creator>


		<dc:subject>Poirier, Caroline</dc:subject>
		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'agriculture biologique de proximit&#233; s'est d&#233;marqu&#233;e dans la derni&#232;re ann&#233;e par sa r&#233;silience et sa coh&#233;rence avec des valeurs en r&#233;surgence. Elle a le potentiel de transformer notre relation &#224; l'agroalimentaire, dans la mesure o&#249; la soci&#233;t&#233; et l'&#201;tat soutiendront son essor. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a 25 ans cette ann&#233;e, l'anc&#234;tre d'&#201;quiterre, l'ASEED (Action for Solidarity Environment Equality and Diversity), a souhait&#233; mettre en lien d'un c&#244;t&#233; les paysan&#183;ne&#183;s et, de l'autre, les urbain&#183;e&#183;s qui se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Cultiver-la-resistance-agricole-" rel="directory"&gt;Dossier : Cultiver la r&#233;sistance agricole&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Poirier-Caroline-+" rel="tag"&gt;Poirier, Caroline&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/9328749.png?1676598171' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;278&#034; height=&#034;417&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'agriculture biologique de proximit&#233; s'est d&#233;marqu&#233;e dans la derni&#232;re ann&#233;e par sa r&#233;silience et sa coh&#233;rence avec des valeurs en r&#233;surgence. Elle a le potentiel de transformer notre relation &#224; l'agroalimentaire, dans la mesure o&#249; la soci&#233;t&#233; et l'&#201;tat soutiendront son essor.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a 25 ans cette ann&#233;e, l'anc&#234;tre d'&#201;quiterre, l'ASEED (Action for Solidarity Environment Equality and Diversity), a souhait&#233; mettre en lien d'un c&#244;t&#233; les paysan&#183;ne&#183;s et, de l'autre, les urbain&#183;e&#183;s qui se nourrissaient du fruit de leur travail en proposant le concept d'&#171; agriculture soutenue par la communaut&#233; &#187; (ASC). Au Qu&#233;bec, l'ASC a contribu&#233; &#224; la cr&#233;ation de liens de solidarit&#233; entre les villes et les campagnes, entre autres par la cr&#233;ation du R&#233;seau des fermi&#232;res et fermiers de famille. Ce regroupement a grandement contribu&#233; &#224; cr&#233;er une communaut&#233; agricole solidaire, ouverte et innovante en favorisant la coop&#233;ration plut&#244;t que la comp&#233;tition entre des entreprises agricoles qui destinaient leurs r&#233;coltes &#224; un march&#233; de niche. Cette volont&#233; de mutualiser et de partager a non seulement permis l'innovation technique et humaine en agriculture biodiversifi&#233;e, mais a aussi contribu&#233;e &#224; l'attractivit&#233; de cette forme d'agriculture pour la rel&#232;ve. Cette fa&#231;on de penser l'agriculture permettait ainsi &#224; la communaut&#233; de choisir, d'influencer et de soutenir les formes d'agriculture souhaitables. Le concept d'ASC venait &#233;galement mettre en lumi&#232;re la vuln&#233;rabilit&#233; structurelle de la profession agricole tout en proposant une formule pour l'att&#233;nuer. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour pratiquer une agriculture biologique de proximit&#233; qui s&#232;me nos valeurs et fasse fructifier notre vision, nous avons, 25 ans plus tard, encore besoin des communaut&#233;s. Une communaut&#233; form&#233;e par des fermes qui s'&#233;changent, se donnent, s'&#233;coutent, se questionnent. Une communaut&#233; form&#233;e par la ferme et la population locale qui dialoguent, s'ouvrent, s'interinfluencent. Nous avons aussi besoin, aujourd'hui peut-&#234;tre plus que jamais, de respect. Dans notre civilisation, il est difficile de rentabiliser et de comp&#233;titionner tout en faisant bien les choses et en respectant les terroirs. La prise en charge, par les fermier&#183;&#232;re&#183;s, de la distribution alimentaire nous permet non seulement de conserver la marge habituellement prise par les grossistes et d&#233;taillants sur le prix de vente des produits, mais elle nous permet aussi, avant tout, de gagner la visibilit&#233; et la consid&#233;ration que nous m&#233;ritons. &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'agriculture, service public&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec la crainte de la fermeture des fronti&#232;res, la pand&#233;mie a mis en lumi&#232;re la d&#233;pendance du secteur agricole qu&#233;b&#233;cois (notamment de la production mara&#238;ch&#232;re) &#224; la venue de pr&#232;s de plus de 15 000 travailleurs &#233;trangers temporaires (TET). Malgr&#233; les incitatifs mis en place par le gouvernement pour inciter les Qu&#233;b&#233;cois&#183;e&#183;s &#224; travailler aux champs, la grande majorit&#233; du travail a attendu l'arriv&#233;e de ces travailleurs &#233;trangers pour &#234;tre accompli. Les n&#233;ophytes qui s'y sont frott&#233;s ont appris &#224; la dure la r&#233;alit&#233; du travail agricole : des emplois sous-pay&#233;s, exigeants physiquement et, souvent, d&#233;shumanisants par leur sp&#233;cialisation extr&#234;me. La diversification des fermes qu'encourage la mise en march&#233; en circuit court permet de d&#233;nouer l'impasse de la sursp&#233;cialisation du travail agricole. Loin de la monoculture, nos entreprises proposent une agriculture conviviale o&#249; la cr&#233;ativit&#233;, l'autonomie et la polyvalence sont possibles. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#233;quit&#233; salariale, par contre, notre r&#233;alit&#233; ne se distingue pas. Si nous r&#233;ussissons &#224; pourvoir les postes, c'est souvent parce que nous pouvons compter sur la vocation et le sentiment de responsabilit&#233; de passionn&#233;&#183;e&#183;s. Sur le plan moral, nous pouvons nous en r&#233;jouir, mais si nous voulons b&#226;tir un mouvement p&#233;renne, nous devons le d&#233;noncer. Collectivement, nous avons longtemps mis&#233; sur la d&#233;votion pour nous &#233;duquer et nous soigner. Puis, nous avons souhait&#233; nous prendre en main et avons accept&#233; de payer pour des services publics ind&#233;pendants et universels. Il est temps de proposer les m&#234;mes structures pour nous nourrir. &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Favoriser des choix conscients &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour les citoyen&#183;ne&#183;s qui s'alimentent via les circuits courts de distribution alimentaire (paniers bio, march&#233;s publics, march&#233;s de solidarit&#233;, kiosque &#224; la ferme, etc.), les gestes d'acheter et de s'alimenter prennent une autre dimension. Le contact &#233;tabli avec la terre et ses oblig&#233;&#183;e&#183;s les reconnecte aux cycles naturels, &#224; notre vuln&#233;rabilit&#233;, au dur labeur du travail de la terre. Cette relation transforme ce qui &#233;taient des biens de consommation en denr&#233;es pr&#233;cieuses, &#224; c&#233;l&#233;brer. Parce que l'ASC suppose un engagement, un maillage entre ferme et assiettes, elle contribue fortement &#224; la r&#233;duction du gaspillage alimentaire. Les r&#233;coltes, planifi&#233;es et vendues &#224; l'avance, sont achemin&#233;es dans les communaut&#233;s qui apprennent &#224; mieux conserver, appr&#234;ter et appr&#233;cier les denr&#233;es de chaque saison. De part et d'autre, l'engagement g&#233;n&#232;re un sentiment de responsabilit&#233;. Les fermes du mouvement sont &#233;galement nombreuses &#224; approvisionner les frigos en libre-service et les banques alimentaires ou &#224; offrir des paniers solidaires &#224; prix r&#233;duit. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis longtemps, nous avons orient&#233; le d&#233;veloppement de l'agroalimentaire pour l'adapter aux diktats de la distribution et de la consommation (bas prix, uniformisation des produits, allongement des heures d'ouverture des d&#233;taillants, disponibilit&#233; continue de l'ensemble des aliments, transformation industrielle des aliments), avec les r&#233;sultats que l'on conna&#238;t. Une alimentation durable n&#233;cessite de l'adaptation et une r&#233;elle volont&#233; de comprendre les enjeux et les impacts de nos choix. Un choix fait en toute conscience n'est pas une contrainte ; il peut mener &#224; un sentiment d'accomplissement et d'appartenance. La consommation d'aliments biologiques de proximit&#233; est &#233;videmment encore un march&#233; de niche, mais il sera difficile de lui faire prendre son envol si le message dominant la marginalise. Plut&#244;t que d'&#233;noncer que le bio-local s'adresse &#224; une frange de convaincu&#183;e&#183;s et qu'il ne peut correspondre &#224; tous les modes de vie, outillons les fermes et leurs regroupements pour informer les client&#232;les et diversifier les mod&#232;les. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que davantage de gens soient en mesure de consid&#233;rer des crit&#232;res qui d&#233;passent leurs besoins propres et imm&#233;diats en termes d'alimentation, on ne peut compter sur des actions de promotion : l'information et le d&#233;veloppement des comp&#233;tences n&#233;cessitent davantage de ressources que le marketing. Mais leurs b&#233;n&#233;fices sont durables : plut&#244;t que d'entra&#238;ner les consommateur&#183;trice&#183;s &#224; r&#233;agir &#224; une image, ce qui les d&#233;poss&#232;de de leur libre-arbitre, on les outille afin de d&#233;velopper leur esprit critique et leur adaptabilit&#233;. &#192; l'heure o&#249; la demande croissante pour les produits biologiques attise la convoitise de l'agro-industrie, il nous semble urgent de non seulement valoriser l'appellation biologique, mais &#233;galement de favoriser la compr&#233;hension de ses principes fondamentaux : sant&#233;, &#233;cologie, &#233;quit&#233;, pr&#233;caution. &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des &#171; fili&#232;res &#187; aux circuits courts &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rant toutes les probl&#233;matiques soulev&#233;es par le mod&#232;le agricole dominant (pollution et d&#233;gradation des agro-&#233;cosyst&#232;mes, d&#233;shumanisation du travail, endettement et concentration, etc.), on ne peut &#233;viter de se questionner. Depuis l'autosuffisance alimentaire, largement pratiqu&#233;e au d&#233;but du si&#232;cle, quel chemin avons-nous parcouru et vers quelle destination nous dirigeons-nous ? &#192; l'heure o&#249; la rel&#232;ve agricole, la soci&#233;t&#233; et les m&#233;dias parlent d'agriculture biologique de proximit&#233;, nous avons besoin, pour que ces mod&#232;les sortent de la marge, d'un virage marqu&#233;. On ne parle pas ici de fondamentalisme agraire ou de retour &#224; la terre, mais de la capacit&#233; concr&#232;te des mod&#232;les de r&#233;pondre aux besoins et objectifs d'aujourd'hui. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 1990, l'approche &#171; fili&#232;re &#187; d&#233;termine les cibles et moyens du d&#233;veloppement strat&#233;gique de l'agriculture au Qu&#233;bec. Cette approche s'allie &#224; une strat&#233;gie d'exportation et de conqu&#234;te des march&#233;s &#233;trangers. Les fili&#232;res sont des structures verticales rassemblant, autour de la m&#234;me table, tous les maillons de la cha&#238;ne agroalimentaire d'un produit sp&#233;cifique (production, transformation, distribution, commerce de d&#233;tail), sans toutefois y admettre une repr&#233;sentation des consommateurs et consommatrices. Il existe ainsi les fili&#232;res porcine, laiti&#232;re, mara&#238;ch&#232;re, etc. Cette organisation promeut une sp&#233;cialisation des fermes, mais &#233;galement une division stricte des r&#244;les. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agriculture biologique de proximit&#233;, parce qu'elle encourage la diversification des entreprises agricoles et la r&#233;duction du nombre d'interm&#233;diaires entre la ferme et l'assiette, peine &#224; trouver une voix au sein de l'approche fili&#232;re. Si l'on souhaite favoriser le d&#233;veloppement de ces mod&#232;les agricoles alternatifs en effervescence et assurer la p&#233;rennit&#233;, il faudra leur faire une place dans la structure pour que leurs besoins soient entendus et que des moyens substantiels et structurants leur soient donn&#233;s. Une transformation cons&#233;quente des soutiens gouvernementaux vers les circuits courts, la multifonctionnalit&#233;, la r&#233;gionalisation des soutiens, la diversification des activit&#233;s agricoles est donc n&#233;cessaire. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Caroline Poirier est pr&#233;sidente de la Coop&#233;rative pour l'agriculture de proximit&#233; &#233;cologique (CAP&#201;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : R&#233;mi Leroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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