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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Expertise sur les gangs de rue. Contr&#244;ler plus et comprendre moins</title>
		<link>https://www.ababord.org/Expertise-sur-les-gangs-de-rue-Controler-plus-et-comprendre-moins</link>
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		<dc:date>2022-12-29T19:46:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benoit D&#233;cary-Secours</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;cary-Secours, Benoit</dc:subject>
		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Recherche scientifique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'esprit policier n'est pas exclusif aux appareils de police. L'imaginaire m&#233;diatique et l'expertise scientifique autour des gangs de rue au Qu&#233;bec manifestent une approche des enjeux sociaux qu'il faut bien qualifier de polici&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;agissant &#224; la multiplication des fusillades dans le nord-est de Montr&#233;al, fin 2019, le journaliste de La Presse Daniel Renaud demande dans son texte &#233;ditorial s'il ne faudrait pas ressusciter l'escouade polici&#232;re &#171; Gangs de rue &#187;, pourtant d&#233;mantel&#233;e en 2016, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-La-police-a-quoi-ca-sert-" rel="directory"&gt;Dossier : La police, &#224; quoi &#231;a sert ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Decary-Secours-Benoit-+" rel="tag"&gt;D&#233;cary-Secours, Benoit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Controle-repression-et-securite-+" rel="tag"&gt;Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Recherche-scientifique-+" rel="tag"&gt;Recherche scientifique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/12341.png?1672343032' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;402&#034; height=&#034;555&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'esprit policier n'est pas exclusif aux appareils de police. L'imaginaire m&#233;diatique et l'expertise scientifique autour des gangs de rue au Qu&#233;bec manifestent une approche des enjeux sociaux qu'il faut bien qualifier de polici&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;R&#233;agissant &#224; la multiplication des fusillades dans le nord-est de Montr&#233;al, fin 2019, le journaliste de &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt; Daniel Renaud demande dans son texte &#233;ditorial&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Renaud, &#171; Fusillades &#224; Montr&#233;al : Faut-il ressusciter les escouades (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; s'il ne faudrait pas ressusciter l'escouade polici&#232;re &#171; Gangs de rue &#187;, pourtant d&#233;mantel&#233;e en 2016, apr&#232;s que le SPVM l'ait lui-m&#234;me reconnu coupable d'avoir favoris&#233; le profilage racial par ses &#171; &lt;em&gt;strat&#233;gies, tactiques et politiques op&#233;rationnelles discriminatoires&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SPVM, Plan strat&#233;gique en mati&#232;re de profilage racial et social 2012-2014, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Spectre d'une forme de d&#233;linquance pr&#233;sent&#233;e comme sp&#233;cialement violente et dangereuse, mais aussi plus &#171; noire &#187;, le gang de rue projette depuis les trente derni&#232;res ann&#233;es au Qu&#233;bec l'ombre d'une nouvelle &#171; classe dangereuse &#187; autour de laquelle s'&#233;difie la surveillance polici&#232;re des jeunes racis&#233;&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par son parcours m&#233;diatique et expertal, la cat&#233;gorie de &#171; gang de rue &#187; mat&#233;rialise une difficult&#233; &#224; penser hors des cat&#233;gories polici&#232;res l'ins&#233;curit&#233; v&#233;cue par les populations marginalis&#233;es. Cette difficult&#233; peut se rapporter au fait que la d&#233;viance est le plus souvent adoss&#233;e &#224; la constitution de r&#233;seaux d'experts qui, comme instances de r&#233;gulation sociale, d&#233;battent des meilleures cat&#233;gories permettant de saisir, pr&#233;venir et contr&#244;ler les individus qui s'&#233;cartent de la norme. Nous proposons ici d'illustrer bri&#232;vement comment la constitution d'un savoir expert sur le gang de rue au Qu&#233;bec a pu contribuer &#224; rendre objectif, quantifiable et gouvernable ce &#171; barbare imaginaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De la panique morale au besoin d'expertise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, le gang de rue devient l'objet de pr&#233;occupations publiques au tournant des ann&#233;es 1980. Il mobilise p&#234;le-m&#234;le une s&#233;rie de peurs collectives entourant l'immigration, l'utilisation des armes &#224; feu et le trafic de drogues. En 1989, cette panique morale trouve &#233;cho au Qu&#233;bec. Identifiant les &#201;tats-Unis comme point d'origine de l'&#233;closion d'une &#171; culture du gang &#187;, le discours m&#233;diatique de l'&#233;poque per&#231;oit ce qu'il croit &#234;tre les signes avant-coureurs d'une prolif&#233;ration des gangs de rue &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 f&#233;vrier 1989, un article qui s'intitule &#171; Les gangs d'adolescents prolif&#232;rent &#224; Montr&#233;al &#187; occupe une page enti&#232;re du &lt;em&gt;Journal de Montr&#233;al&lt;/em&gt;. Le journaliste Serge Labrosse y accorde une place centrale au film hollywoodien &lt;em&gt;Colors&lt;/em&gt; (1988) mettant en sc&#232;ne &#171; &lt;em&gt;l'histoire des gangs &#224; Los Angeles, [qui] semble devoir s'appliquer concr&#232;tement &#224; la r&#233;alit&#233; des gangs d'adolescents criminels qui, &#224; Montr&#233;al, connaissent une prolif&#233;ration inqui&#233;tante &lt;/em&gt; &#187;. D&#233;non&#231;ant l'inaction des pouvoirs publics qu&#233;b&#233;cois devant le ph&#233;nom&#232;ne, le journaliste conclut son texte par une citation de Gilles Gendreau, psycho&#233;ducateur et figure historique du champ de la r&#233;adaptation des jeunes au Qu&#233;bec, qui soulignait que &#171; &lt;em&gt;c'est maintenant qu'il faut intervenir, si l'on ne veut pas que Montr&#233;al connaisse, au cours des 5 ou 10 prochaines ann&#233;es, la m&#234;me escalade de violence qu'ont connue New York et Los Angeles avec les gangs d'adolescents criminels&#8230;&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques mois plus tard, Yves Boisvert, pour le journal &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt;, cite ainsi le chef du Service de police de la Communaut&#233; urbaine de Montr&#233;al (SPCUM), Alain St-Germain, qui r&#233;affirme que le ph&#233;nom&#232;ne des gangs de rue &#171; &lt;em&gt;n'est pas un probl&#232;me majeur en termes de criminalit&#233;&lt;/em&gt; &#187;, ajoutant cependant qu'il s'agit d'&#171; &lt;em&gt;un probl&#232;me majeur parce que maintenant les gens qui prennent le m&#233;tro et l'autobus sont inquiets, et il faut les rassurer &lt;/em&gt; &#187;. Se profile alors entre ces lignes, &#224; la fin des ann&#233;es 1980, la construction d'un consensus autour de la n&#233;cessit&#233; d'anticiper la menace du gang.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une r&#233;gulation des pratiques scientifiques &#224; des fins de gouvernement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mettant &#224; l'avant-sc&#232;ne les images de violence exacerb&#233;e, cette panique morale a eu pour effet d'interpeller et de mettre au d&#233;fi les autorit&#233;s qui expriment alors un urgent besoin d'expertise pouvant orienter l'action publique. Avec l'impulsion du gouvernement et des agences de contr&#244;le du crime, un savoir expert sur le gang de rue se d&#233;veloppe alors au Qu&#233;bec, et ce, dans le cadre d'un r&#233;gime particulier de r&#233;gulation des pratiques scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impliquant la production de connaissances utiles aux politiques publiques, ce r&#233;gime a notamment conduit, au milieu des ann&#233;es 1990, &#224; une collaboration renforc&#233;e entre le champ universitaire et le champ administratif de la sant&#233; et des services sociaux. Cette collaboration a notamment pris la forme de proc&#233;dures de &#171; d&#233;signation universitaire &#187;, offrant &#224; divers &#233;tablissements de sant&#233; et de services sociaux la charge de produire des connaissances scientifiques sur des enjeux de pratiques &#8212; le Centre jeunesse de Montr&#233;al a ainsi obtenu sa premi&#232;re &#171; d&#233;signation universitaire &#187; le 30 ao&#251;t 1996. Ce r&#233;gime lui permet de mettre sur pied son propre centre d'expertise, l'Institut de recherche pour le d&#233;veloppement social des jeunes (IRDS), qui a de fait constitu&#233; l'un des principaux foyers de production de connaissances scientifiques sur les gangs de rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IRDS publie en 1997 l'une des premi&#232;res recherches francophones sur les liens entre &#171; jeunesse et gangs de rue &#187;. Pr&#233;sent&#233;e au SPCUM en vue d'&#233;tablir un plan strat&#233;gique quinquennal, cette recherche pr&#233;sente les d&#233;fis que pose &#171; &lt;em&gt;l'absence d'une d&#233;finition normalis&#233;e du ph&#233;nom&#232;ne&lt;/em&gt; &#187; pour en &#233;valuer &#171; [la] &lt;em&gt;nature&lt;/em&gt;, [l']&lt;em&gt;&#233;tendue et &lt;/em&gt;[la] &lt;em&gt;gravit&#233;&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H&#233;bert (J.), Hamel (S.), Savoie (G.J.), Plan strat&#233;gique jeunesse et gangs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Bien que cet obstacle &#233;pist&#233;mologique fasse consensus dans la litt&#233;rature scientifique sur le sujet, il n'emp&#234;che pas l'IRDS, quelques lignes plus loin, de formuler l'hypoth&#232;se selon laquelle les gangs de rue &#224; Montr&#233;al, &#171; &lt;em&gt;comme ceux des &#201;tats-Unis&lt;/em&gt; &#187;, seraient majoritairement &#171; &lt;em&gt;issus des minorit&#233;s culturelles plus r&#233;cemment immigr&#233;es au Qu&#233;bec&lt;/em&gt; &#187;, et qu'ils seraient &#171; &lt;em&gt;dor&#233;navant davantage orient&#233;s vers la violence, la drogue et les armes et tendent &#224; &#234;tre autant mobiles qu'astucieux&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de remettre en question la cat&#233;gorie de gang de rue, cette instabilit&#233; &#233;pist&#233;mologique a paradoxalement favoris&#233; la production expertale. Cette derni&#232;re s'est progressivement orient&#233;e vers la production d'indicateurs, de sch&#232;mes de classification des individus et d'instruments de calcul des risques qui, s'ils &#233;chouent &#224; rendre le ph&#233;nom&#232;ne plus intelligible, sont destin&#233;s &#224; le rendre &#171; objectif &#187;, univoque et gouvernable.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des savoirs policiers&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la formation de ce savoir expert, certaines formes de connaissances sur le gang de rue, valoris&#233;es par les champs institutionnels, ont &#233;t&#233; mises de l'avant, notamment celles produites dans les disciplines de la psycho&#233;ducation et de la criminologie positiviste. En contrepartie, cela a entra&#238;n&#233; l'occultation d'autres traditions scientifiques dans l'&#233;tude du gang, notamment les approches sociologiques, ethnographiques et r&#233;flexives qui s'inspirent des travaux pionniers de l'&#201;cole de Chicago et qui ont &#233;t&#233; marginalis&#233;es au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cette architecture, la &#171; science du gang de rue &#187; qui s'est institutionnalis&#233;e au Qu&#233;bec a contribu&#233; &#224; faire de son objet d'&#233;tude une &#171; affaire de police &#187;. Elle participe moins &#224; une entreprise d'analyse compr&#233;hensive des r&#233;alit&#233;s sociales qu'au d&#233;veloppement d'outils techniques permettant d'en limiter les cadres interpr&#233;tatifs et d'en faire des r&#233;alit&#233;s quantifiables, pr&#233;dictibles et conformes aux outils du contr&#244;le social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant le philosophe Jacques Ranci&#232;re, la &#171; police &#187; doit &#234;tre entendue non pas seulement au sens de la r&#233;pression, mais de l'activit&#233; qui ordonne la soci&#233;t&#233; et autorise le partage entre ceux qui &#171; savent &#187; et ceux qui sont &#171; sans-part &#187;, dont on dit qu'ils ne manifestent que fureur et hyst&#233;rie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Jacques Ranci&#232;re, Aux bords du politique, Paris, Gallimard, 2004.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En effet, comme l'a montr&#233; le sociologue Ian Hacking, les cat&#233;gories conceptuelles issues de l'expertise parviennent &#224; produire des &#171; genres humains &#187; et des classes d'acteurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Ian Hacking, Entre science et r&#233;alit&#233; : la constructions sociale de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s que nous avons la cat&#233;gorie, l'&#233;tiquette, nous avons l'impression qu'il existe un genre bien d&#233;fini de personne, permettant l'institution d'un principe de partage qui organise notre ontologie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parcours expertal qu'a emprunt&#233; la cat&#233;gorie de &#171; gang de rue &#187; fait ainsi obstacle au d&#233;veloppement d'une d&#233;marche r&#233;flexive et d&#233;mocratique, capable de prendre en compte ce processus d'&#233;tiquetage des &#171; classes dangereuses &#187; qui demeurent encapsul&#233;es dans des cat&#233;gories polici&#232;res. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Renaud, &#171; Fusillades &#224; Montr&#233;al : Faut-il ressusciter les escouades Gangs de rue ? &#187;, &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt;, 5 d&#233;cembre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;SPVM, &lt;em&gt;Plan strat&#233;gique en mati&#232;re de profilage racial et social 2012-2014&lt;/em&gt;, Montr&#233;al : Ville de Montr&#233;al, p. 22.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;H&#233;bert (J.), Hamel (S.), Savoie (G.J.), &lt;em&gt;Plan strat&#233;gique jeunesse et gangs de rue : Phase I. Revue de litt&#233;rature&lt;/em&gt;, Montr&#233;al : I.R.D.S., 1997, p. 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Jacques Ranci&#232;re, &lt;em&gt;Aux bords du politique&lt;/em&gt;, Paris, Gallimard, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Ian Hacking, &lt;em&gt;Entre science et r&#233;alit&#233; : la constructions sociale de quoi ?&lt;/em&gt;, Paris, la D&#233;couverte, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Benoit D&#233;cary-Secours est chercheur postdoctorant au d&#233;partement de sociologie de l'Universit&#233; de Montr&#233;al et au Centre de recherche de Montr&#233;al sur les in&#233;galit&#233;s sociales, les discriminations et les pratiques alternatives de citoyennet&#233; (CREMIS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Ramon Vitesse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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