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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Chili. Participation des peuples autochtones au renouveau constitutionnel</title>
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		<dc:date>2022-09-26T20:42:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jos&#233; Aylwin</dc:creator>


		<dc:subject>Aylwin, Jos&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La constitution chilienne sera bient&#244;t r&#233;&#233;crite par une assembl&#233;e constituante &#233;lue. La question de la place des peuples autochtones et des Afrodescendant&#183;e&#183;s dans cette assembl&#233;e, et donc dans la future constitution du pays, est cruciale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les r&#233;sultats du r&#233;f&#233;rendum tenu le 25 octobre 2020 au Chili sont sans &#233;quivoque : 80 % des citoyennes et citoyens se sont prononc&#233;&#183;e&#183;s en faveur de la r&#233;daction d'une nouvelle constitution et pour que celle-ci soit &#233;labor&#233;e par une assembl&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-87-mars-2021-" rel="directory"&gt;No 087 - mars 2021&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Aylwin-Jose-+" rel="tag"&gt;Aylwin, Jos&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La constitution chilienne sera bient&#244;t r&#233;&#233;crite par une assembl&#233;e constituante &#233;lue. La question de la place des peuples autochtones et des Afrodescendant&#183;e&#183;s dans cette assembl&#233;e, et donc dans la future constitution du pays, est cruciale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;sultats du r&#233;f&#233;rendum tenu le 25 octobre 2020 au Chili sont sans &#233;quivoque : 80 % des citoyennes et citoyens se sont prononc&#233;&#183;e&#183;s en faveur de la r&#233;daction d'une nouvelle constitution et pour que celle-ci soit &#233;labor&#233;e par une assembl&#233;e constituante enti&#232;rement compos&#233;e de membres &#233;lu&#183;e&#183;s. Ces r&#233;sultats constituent une &#233;tape fondamentale pour en finir avec la constitution politique de 1980 impos&#233;e par la dictature d'Augusto Pinochet, qui, malgr&#233; de nombreuses r&#233;formes, continue de limiter l'exercice des droits humains et de la d&#233;mocratie, cr&#233;ant plusieurs types d'exclusions et d'in&#233;galit&#233;s. C'est dans ce contexte que le peuple chilien aborde la question d'ajouter des si&#232;ges r&#233;serv&#233;s aux peuples autochtones ainsi qu'un si&#232;ge pour les Afrodescendant&#183;e&#183;s aux 155 si&#232;ges pr&#233;vus pour l'assembl&#233;e constituante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des exclusions les plus graves g&#233;n&#233;r&#233;es par la constitution h&#233;rit&#233;e de la dictature est celle des peuples autochtones, qui, au nombre de 2 158 792 personnes s'identifiant comme Autochtones, composent 12,8 % de la population. Malgr&#233; le fait que le Chili soit, apr&#232;s les pays andins et m&#233;soam&#233;ricains, le pays des Am&#233;riques ayant la plus importante population autochtone, sa constitution nie leur existence et leurs droits. Ils sont ainsi englob&#233;s dans une conception moniste de la &#171; nation &#187; chilienne, et ce, malgr&#233; les nombreux projets visant leur reconnaissance qui ont &#233;t&#233; infructueusement soumis depuis 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les droits des peuples autochtones sont restreints par des dispositions constitutionnelles qui permettent l'appropriation de leurs ressources naturelles, comme l'eau et les min&#233;raux de leurs sous-sols, ainsi que par un cadre l&#233;gislatif qui limite l'application des normes internationales les concernant. Ainsi, bien que l'&#201;tat chilien ait ratifi&#233; la Convention no 169 de l'Organisation internationale du travail (OIT)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Convention (n&#176; 169) relative aux peuples indig&#232;nes et tribaux.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en 2008 et ait plus tard adh&#233;r&#233; aux d&#233;clarations des Nations Unies et de l'Organisation des &#201;tats am&#233;ricains sur les droits des peuples autochtones, les gouvernements de diff&#233;rentes orientations n'en ont pas respect&#233; les dispositions, sur des questions aussi importantes que la politique des terres autochtones ainsi que le droit d'&#234;tre consult&#233; et le droit au consentement pr&#233;alable, libre et inform&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3242 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/capture_d_e_cran_2022-09-26_a_16.33_05.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH352/capture_d_e_cran_2022-09-26_a_16.33_05-a957b.png?1729030030' width='500' height='352' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les restrictions impos&#233;es &#224; l'exercice de ces droits dans un contexte de prolif&#233;ration de projets miniers, forestiers, hydro&#233;lectriques ou d'&#233;levage de saumons en territoires autochtones ont provoqu&#233; de nombreux conflits sociaux et environnementaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus d'information, voir la carte des conflits sociaux et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les protestations autochtones ont &#233;t&#233; durement r&#233;prim&#233;es et ont entra&#238;n&#233; de nombreuses poursuites judiciaires, ce que des organismes internationaux de droits humains ont condamn&#233;. &#192; cela s'ajoute l'exclusion politique : en d&#233;pit de leur poids d&#233;mographique, la repr&#233;sentation des peuples autochtones au Congr&#232;s national n'est que de 2,5 %. Finalement, l'exclusion &#233;conomique des Autochtones s'observe dans les indices &#233;lev&#233;s de pauvret&#233; : sept des dix communes les plus pauvres du Chili se trouvent en Araucanie, o&#249; vit la majorit&#233; des Mapuches.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La Constituante et les revendications autochtones&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte sociale est &#224; l'origine de l'Accord pour la paix sociale et la nouvelle constitution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En espagnol : Acuerdo Por la Paz Social y la Nueva Constituci&#243;n.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; adopt&#233; le 15 novembre 2019 par les repr&#233;sentantes et repr&#233;sentants des partis politiques. Celui-ci &#233;tablit la proc&#233;dure et le calendrier en vue de l'&#233;laboration d'un processus de Constituante devant faire l'objet d'un r&#233;f&#233;rendum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les retards caus&#233;s par la pand&#233;mie, le processus a renforc&#233; l'activisme et a permis de mettre en lumi&#232;re les revendications autochtones, particuli&#232;rement celles relatives &#224; des r&#233;formes proc&#233;durales &#8212; le droit &#224; une repr&#233;sentation proportionnelle &#224; leur population dans l'&#233;laboration de la nouvelle constitution &#8212; ainsi que celles portant sur la reconnaissance de leurs droits collectifs et sur la cr&#233;ation d'un &#201;tat plurinational.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3243 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH328/97987-578f8.png?1729030030' width='500' height='328' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces demandes ne sont pas nouvelles. En effet, au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie, le parti politique mapuche Wallmapuwen, le mouvement mapuche Identitad Territorial Lafkenche, l'Asociaci&#243;n de Municipalidades con Alcalde Mapuche (AMCAM)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En fran&#231;ais : l'Association de municipalit&#233;s ayant une mairesse ou un maire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et le Consejo de Pueblos Atacamenos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En fran&#231;ais : le Conseil de peuples autochtones de l'Atacama.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont activement fait la promotion d'une assembl&#233;e constituante comme m&#233;canisme d'&#233;laboration d'une nouvelle constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications pour la reconnaissance d'un &#201;tat plurinational et des droits collectifs ont &#233;t&#233; exprim&#233;es avec force lors du processus participatif sur l'assembl&#233;e constituante et lors de la consultation autochtone men&#233;s en 2016 et 2017 sous le gouvernement de Michelle Bachelet. D'autres revendications portaient sur la reconnaissance des territoires autochtones, du droit &#224; l'autod&#233;termination des peuples et de leurs droits sur les ressources naturelles. En outre, on demandait l'inclusion dans la constitution de la Convention no &#1633;&#1638;&#1641; de l'OIT et de la D&#233;claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces revendications s'inspiraient clairement des r&#233;formes constitutionnelles adopt&#233;es entre autres en Colombie (1991), en &#201;quateur (2008) et en Bolivie (2009) au cours des derni&#232;res d&#233;cennies, r&#233;formes pilot&#233;es par les peuples autochtones. Notons en particulier les pays qui ont adopt&#233; de nouvelles constitutions : la Colombie (1991), l'&#201;quateur (2008) et la Bolivie (2009). Il va sans dire qu'il n'y a pas unanimit&#233; chez les peuples autochtones au Chili en ce qui a trait au processus et &#224; leur participation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lacunes dans la mise en &#339;uvre des droits autochtones reconnus dans les constitutions politiques latino-am&#233;ricaines ont amen&#233; quelques organisations mapuches &#224; exprimer leur scepticisme quant au processus de l'assembl&#233;e constituante. Ainsi, Aucan Huilcaman, werken (dirigeant) du Consejo de Todas las Tierras, faisait remarquer que : &#171; Les d&#233;clarations de plurinationalit&#233;, telles que formul&#233;es dans les constitutions d'&#201;tats comme l'&#201;quateur et la Bolivie, n'ont rien donn&#233; pour les peuples autochtones, et n'ont absolument pas garanti la coexistence plurinationale. &#187; De plus, soulignant que le droit &#224; l'autod&#233;termination des peuples autochtones est internationalement reconnu, il affirme que le peuple mapuche exercerait ce droit en cr&#233;ant une assembl&#233;e constituante mapuche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres organisations, comme la Coordinadora Arauco Malleco (CAM), ont mis en cause la participation des organisations du peuple mapuche dans le processus de constituante en cours, car elles le d&#233;finissent comme un processus colonial visant &#224; freiner la lutte pour l'autonomie des Mapuches. La CAM soutient que l'autonomie s'obtient par la lutte territoriale, en proposant des actions de force, principalement contre les entreprises foresti&#232;res qui op&#232;rent dans le Wallmapu (territoire mapuche).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les si&#232;ges autochtones&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un nombre croissant d'organisations de tous les peuples autochtones du pays, y compris des organisations mapuches, font la promotion d'une r&#233;forme constitutionnelle dans le but d'obtenir des si&#232;ges r&#233;serv&#233;s &#224; leurs peuples et de rendre possible leur participation &#224; l'assembl&#233;e constituante qui sera &#233;lue en avril 2021. Cela signifie que les parlementaires de divers partis doivent pr&#233;senter &#224; la Chambre des d&#233;put&#233;s un projet de r&#233;forme constitutionnelle pr&#233;voyant des si&#232;ges r&#233;serv&#233;s aux repr&#233;sentant&#183;e&#183;s des Premi&#232;res Nations au sein de la constituante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs aspects sont &#224; consid&#233;rer en ce qui concerne les si&#232;ges &#224; r&#233;server pour les peuples autochtones. L'une de ces consid&#233;rations est la proportionnalit&#233; entre ces si&#232;ges et la population s'&#233;tant identifi&#233;e comme autochtone lors du recensement de 2017. Cela signifierait ajouter 25 si&#232;ges r&#233;serv&#233;s aux 155 pr&#233;vus dans le projet approuv&#233; lors du r&#233;f&#233;rendum. Par ailleurs, l'&#233;lectorat autochtone devrait &#234;tre d&#233;fini sur la base de l'auto-identification. D'autres consid&#233;rations concernent l'&#233;tablissement de zones g&#233;ographiques sp&#233;ciales o&#249; seraient &#233;lu&#183;e&#183;s des repr&#233;sentants ou repr&#233;sentantes autochtones, la repr&#233;sentation proportionnelle de chaque peuple reconnu l&#233;galement (Loi 19.253), l'inclusion du peuple tribal de descendance africaine (reconnu en 2019 par la Loi 21.151), l'appui des candidatures par des organisations des peuples autochtones, qu'elles soient l&#233;gales ou traditionnelles, une repr&#233;sentation autochtone ind&#233;pendante de tout parti politique et, enfin, la parit&#233; entre les genres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet actuel de r&#233;forme constitutionnelle a &#233;t&#233; approuv&#233; au d&#233;but de 2020 par la Chambre des d&#233;put&#233;s et, par la suite, soumis &#224; la Commission s&#233;natoriale sur la Constitution, la l&#233;gislation et la justice. En octobre 2020, la Commission a approuv&#233; l'inclusion de 23 si&#232;ges additionnels r&#233;serv&#233;s aux peuples autochtones. Toutefois, ce projet de r&#233;forme a &#233;t&#233; rejet&#233; par le S&#233;nat le 18 novembre. Son &#233;tude a &#233;t&#233; confi&#233;e &#224; une commission mixte du S&#233;nat et de la Chambre des d&#233;put&#233;s et son approbation demeure tr&#232;s incertaine en raison de la composition du Congr&#232;s national. En outre, les partis du gouvernement ont annonc&#233; qu'ils &#233;taient seulement dispos&#233;s &#224; r&#233;server 15 des 155 si&#232;ges pr&#233;vus pour la composition l'assembl&#233;e constituante. Il reste &#224; esp&#233;rer qu'un si&#232;ge suppl&#233;mentaire sera cr&#233;&#233; pour une repr&#233;sentante ou un repr&#233;sentant du peuple d'ascendance africaine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3244 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH308/87676-fc6bd.png?1729030030' width='500' height='308' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le refus du gouvernement et de ses partisans d'approuver une r&#233;forme permettant une repr&#233;sentation proportionnelle des peuples autochtones au sein de l'assembl&#233;e constituante a &#233;t&#233; fermement contest&#233; par une alliance transversale d'organisations autochtones du pays. Le 12 octobre, plus de 40 d'entre elles ont publi&#233; une lettre ouverte d&#233;non&#231;ant l'absence de progr&#232;s au Congr&#232;s national quant aux si&#232;ges r&#233;serv&#233;s et &#224; la participation des peuples autochtones : &#171; Nous croyons qu'il est temps que l'&#201;tat du Chili soit &#224; la hauteur des changements que la majorit&#233; des Chiliens et des Mapuches exigent de mani&#232;re urgente afin de r&#233;gler la dette historique envers les peuples autochtones au moyen de meilleurs et de plus importants m&#233;canismes d&#233;mocratiques de participation &#187;. Selon ces organisations, le retard d&#233;montre &#171; le manque de volont&#233; &#187; de progresser et de r&#233;soudre ces questions. Elles expriment &#233;galement leur &#171; incertitude &#187; en ce qui a trait &#224; la fa&#231;on dont elles participeront &#224; un tel processus historique. En conclusion, elles soulignent que le manque de clart&#233; cr&#233;e &#171; un climat de m&#233;fiance, d'incr&#233;dulit&#233; et d'incertitude juridique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inclusion des peuples autochtones dans le processus de la constituante est fond&#233;e non seulement sur le droit &#224; l'&#233;galit&#233; et &#224; la non-discrimination, le droit &#224; la participation politique et le droit &#224; l'autod&#233;termination des peuples &#8212; droits que le Chili a l'obligation de respecter en vertu des trait&#233;s internationaux de droits humains qu'il a ratifi&#233;s &#8212; mais aussi sur d'importants principes politiques. En effet, en plus d'&#234;tre des instruments juridiques, les constitutions sont surtout des instruments politiques et sociaux qui permettent de traiter les conflits existant au sein d'une soci&#233;t&#233; par la voie institutionnelle. L'adh&#233;sion &#224; une constitution et son efficacit&#233; seront d&#233;termin&#233;es par le niveau d'inclusion de tous les secteurs de la population, incluant les peuples autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une occasion historique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle Constitution politique doit &#234;tre comprise comme une occasion unique d'aborder un conflit historique issu d'une conception mono-ethnique de l'&#201;tat, &#224; laquelle s'ajoutent l'exclusion politique et &#233;conomique des peuples autochtones ainsi que l'imposition d'un mod&#232;le &#233;conomique extractiviste sur leur territoire, qui s'est intensifi&#233; au cours des derni&#232;res ann&#233;es, devenant toujours plus &#226;pre. Cette acc&#233;l&#233;ration du conflit est la cons&#233;quence, d'une part, d'une politique r&#233;pressive contre les protestations sociales autochtones et, d'autre part, de la r&#233;ponse toujours plus frontale des communaut&#233;s et organisations autochtones, en particulier mapuches, qui r&#233;sistent &#224; l'&#201;tat et son mod&#232;le actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le processus ne prend pas en compte les peuples autochtones et le peuple chilien en tant qu'acteurs essentiels de l'assembl&#233;e qui sera &#233;lue en avril 2021, il est tr&#232;s possible que ce conflit historique prenne d'autres voies, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; le cas, et que l'affrontement pr&#233;vale sur le dialogue et l'entente entre des peuples qui occupent le m&#234;me territoire. Les &#233;lus conservateurs associ&#233;s au gouvernement, jusqu'&#224; pr&#233;sent r&#233;ticents aux demandes de la majorit&#233; des peuples autochtones, doivent comprendre que la participation autochtone proportionnelle &#224; sa d&#233;mographie permettra d'&#233;tablir de nouvelles formes de cohabitation interethnique, plus justes et plus inclusives. Ils doivent se montrer &#224; la hauteur de cette occasion historique. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Convention (n&#176; 169) relative aux peuples indig&#232;nes et tribaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour plus d'information, voir la carte des conflits sociaux et environnementaux &#233;tablie par l'Institut national des droits humains du Chili. En ligne : &lt;a href=&#034;http://mapaconflictos.indh.cl/#/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mapaconflictos.indh.cl/#/&lt;/a&gt; (en espagnol seulement).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En espagnol : Acuerdo Por la Paz Social y la Nueva Constituci&#243;n.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En fran&#231;ais : l'Association de municipalit&#233;s ayant une mairesse ou un maire mapuche, qui regroupe des villes du centre du pays.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En fran&#231;ais : le Conseil de peuples autochtones de l'Atacama.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jos&#233; Aylwin est coordonnateur, programme Mondialisation et droits de la personne de l'Observatorio Ciudadano (Chili). Traduit de l'espagnol par G&#233;rald McKenzie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Manifestation &#224; Santiago dans le cadre du r&#233;f&#233;rendum constitutionnel, octobre 2020 (Paulo Slachevsky, CC BY-NC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Carte des si&#232;ges &#224; l'Assembl&#233;e constituante. Image tir&#233;e du site Web du S&#233;nat chilien (S&#233;nat du Chili, &#171; Ya es una realidad : esca&#241;os reservados para pueblos originarios en la Convenci&#243;n Constituyente &#187;. En ligne : &lt;a href=&#034;http://www.senado.cl/ya-es-una-realidad-escanos-reservados-para-pueblos-originarios-en-la/senado/2020-12-15/170538.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.senado.cl/ya-es-una-realidad-escanos-reservados-para-pueblos-originarios-en-la/senado/2020-12-15/170538.html&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une Constitution plurinationale au Chili ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-Constitution-plurinationale-au-Chili</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Une-Constitution-plurinationale-au-Chili</guid>
		<dc:date>2018-11-28T01:11:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jos&#233; Aylwin</dc:creator>


		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Aylwin, Jos&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les Chiliennes et Chiliens sont aujourd'hui confront&#233;s au legs de Pinochet. La Constitution de 1980 est un v&#233;ritable caillou dans les souliers vernis de la d&#233;mocratie chilienne. Le peuple est engag&#233; dans une lutte pour changer leur texte constitutionnel, qui devient un enjeu majeur du d&#233;bat public. &lt;br class='autobr' /&gt; Trente-sept ans apr&#232;s l'imposition d'une Constitution &#224; la suite de la tenue d'un pl&#233;biscite frauduleux organis&#233; par la dictature de Pinochet (1973-1990), le Chili est impliqu&#233; dans un d&#233;bat (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-72-dec-2017-janv-2018-" rel="directory"&gt;No 072 - d&#233;c. 2017 / janv. 2018&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Controle-repression-et-securite-+" rel="tag"&gt;Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Conflits-droits-humains-et-+" rel="tag"&gt;Conflits, droits humains et impunit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Aylwin-Jose-+" rel="tag"&gt;Aylwin, Jos&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2641.png?1642092216' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;781&#034; height=&#034;567&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les Chiliennes et Chiliens sont aujourd'hui confront&#233;s au legs de Pinochet. La Constitution de 1980 est un v&#233;ritable caillou dans les souliers vernis de la d&#233;mocratie chilienne. Le peuple est engag&#233; dans une lutte pour changer leur texte constitutionnel, qui devient un enjeu majeur du d&#233;bat public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Trente-sept ans apr&#232;s l'imposition d'une Constitution &#224; la suite de la tenue d'un pl&#233;biscite frauduleux organis&#233; par la dictature de Pinochet (1973-1990), le Chili est impliqu&#233; dans un d&#233;bat sur ce que pourrait &#234;tre une nouvelle Constitution correspondant &#224; la situation actuelle du pays. C'est dans ce contexte qu'a &#233;merg&#233; une discussion sur le caract&#232;re mono-ethnique de l'&#201;tat chilien et sur sa possible reconfiguration en &#201;tat plurinational.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, malgr&#233; de multiples amendements, la Constitution de 1980 continue de nier et de restreindre les droits civils et politiques de la population. Cette absence de reconnaissance s'&#233;tend aussi aux droits &#233;conomiques, sociaux et culturels des personnes et des peuples qui habitent le Chili, notamment aux neuf peuples autochtones comptant pour 1,5 million de personnes, soit pr&#232;s de 10% de la population totale. Cela a donn&#233; lieu &#224; ce que certains analystes ont appel&#233; &#171; &lt;i&gt;d&#233;mocratie restreinte&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;d&#233;mocratie d'exclusion&lt;/i&gt; &#187; ou encore &#171; &lt;i&gt;d&#233;mocratie de basse intensit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire un r&#233;gime caract&#233;ris&#233; par un profond foss&#233; entre les riches et les pauvres ; l'exclusion et la marginalisation ethnique, sociale et politique de larges secteurs de la population ; une abstention &#233;lectorale &#233;lev&#233;e ; la perte de cr&#233;dibilit&#233; des institutions ; et un d&#233;senchantement grandissant des citoyennes et des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le projet de constituante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est justement cette insatisfaction qui a men&#233;, ces derni&#232;res ann&#233;es, une partie croissante de la population, dont les mouvements &#233;tudiant, syndical, environnementaliste ainsi qu'une partie des mouvements autochtones, &#224; r&#233;clamer l'&#233;lection d'une assembl&#233;e constituante dont feraient partie les secteurs sociaux exclus et qui aurait le mandat d'&#233;laborer un nouveau texte constitutionnel. Malgr&#233; la r&#233;sistance aux changements constitutionnels des secteurs de la soci&#233;t&#233; chilienne qui ont appuy&#233; la dictature militaire et qui en ont b&#233;n&#233;fici&#233;, notamment ceux faisant partie de la Nouvelle majorit&#233;, la pr&#233;sidente Michelle Bachelet (2014-2017) a lanc&#233; ce qu'elle a nomm&#233; un &#171; processus constituant &#187; (&lt;i&gt;proceso constituyente&lt;/i&gt;). Ce processus a pris la forme d'un ensemble de consultations citoyennes et de dialogues tenus en 2016 sur les valeurs et les principes, sur les droits, les devoirs et les responsabilit&#233;s sur lesquels devraient se fonder la nouvelle Constitution ainsi que sur les institutions de l'&#201;tat qui devraient &#234;tre cr&#233;&#233;es dans ce cadre. Plus de 200000 personnes ont particip&#233; &#224; ces rencontres dans tout le pays. Parall&#232;lement, la pr&#233;sidente a convoqu&#233; une s&#233;rie de dialogues avec les peuples autochtones sur les &#233;l&#233;ments d'une nouvelle Constitution les concernant plus particuli&#232;rement. Plus de 20000 Autochtones ont pris part &#224; l'exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de ce processus, la pr&#233;sidente Bachelet a soumis au Congr&#232;s, au d&#233;but de 2017, un projet de modification de la Constitution de 1980 dont l'objectif &#233;tait de lui permettre de convoquer une convention charg&#233;e d'&#233;laborer la nouvelle Constitution. Si cette voie est approuv&#233;e, le gouvernement pr&#233;senterait un projet de loi d&#233;finissant la convention, le syst&#232;me de nomination de ses membres, son organisation, son fonctionnement et ses attributions. De plus, au cours du deuxi&#232;me semestre de 2017, la pr&#233;sidente a convoqu&#233; les peuples autochtones &#224; un processus de consultation portant sur le contenu du futur texte constitutionnel traitant des peuples autochtones et de leurs droits. Rappelons que le Chili est tenu, en vertu de la Convention no 169 de l'Organisation internationale du travail (OIT), de consulter les peuples autochtones sur tout projet de loi les affectant directement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un h&#233;ritage de la dictature&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie &#171; institutionnelle &#187; visant &#224; modifier la Constitution se heurte toutefois &#224; ce qu'on appelle &#171; &lt;i&gt;la trampa&lt;/i&gt; &#187; (le pi&#232;ge) de la Constitution de Pinochet. En effet, en vertu de celle-ci, toute r&#233;forme de ses aspects fondamentaux doit &#234;tre approuv&#233;e par les deux tiers des membres du Congr&#232;s. Or, le syst&#232;me &#233;lectoral binominal adopt&#233; par la dictature, et toujours en vigueur, a favoris&#233; la repr&#233;sentation &#233;gale et exclusive des deux grands blocs politiques &#8211; la droite et le centre gauche &#8211; repr&#233;sent&#233;s au Congr&#232;s, ce qui ne leur permet pas d'atteindre la majorit&#233; des deux tiers requise pour modifier la Constitution. Soulignons en outre qu'une bonne partie de la population s'interroge sur la pertinence d'avoir confi&#233; le mandat de d&#233;finir le m&#233;canisme de r&#233;forme constitutionnelle au Congr&#232;s alors que seulement 8% des citoyennes et des citoyens lui accordent leur confiance aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de changement constitutionnel mis en place au Chili diff&#232;re grandement de ceux choisis par d'autres &#201;tats latino-am&#233;ricains au cours des 20 derni&#232;res ann&#233;es. En effet, 11 des 18 constitutions politiques adopt&#233;es pendant cette p&#233;riode furent &#233;labor&#233;es par des assembl&#233;es constituantes regroupant les divers secteurs de la population dont les repr&#233;sentant&#183;e&#183;s furent d&#233;mocratiquement &#233;lu&#183;e&#183;s, et ce, malgr&#233; le fait que de telles assembl&#233;es ne correspondaient pas &#224; un m&#233;canisme pr&#233;vu par les constitutions de ces pays. Les tribunaux de divers pays (notamment la Colombie, le Venezuela, le Guatemala et l'&#201;quateur) ont tout de m&#234;me ent&#233;rin&#233; ces processus en statuant qu'ils &#233;taient &#171; &lt;i&gt;non institutionnels&lt;/i&gt; &#187;. Dans d'autres pays, les assembl&#233;es constituantes ont &#233;t&#233; valid&#233;es par des r&#233;f&#233;rendums populaires. Ces pratiques se fondent sur une conception selon laquelle le pouvoir de d&#233;finir et d'adopter une Constitution appartient en premier lieu au peuple et que, par cons&#233;quent, les cours de justice ou le peuple lui-m&#234;me (par r&#233;f&#233;rendum) peuvent valider des m&#233;canismes comme l'assembl&#233;e constituante, m&#234;me si ceux-ci ne sont pas pr&#233;vus dans les constitutions en vigueur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;pineuse question autochtone&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au Chili, il est n&#233;cessaire d'engager une r&#233;flexion sur les incidences du processus constitutionnel en cours pour les neuf peuples autochtones qui, &#224; ce jour, n'ont pas particip&#233; activement au processus, contrairement &#224; ce qui s'est produit dans d'autres pays d'Am&#233;rique latine. Ainsi, en &#201;quateur et en Bolivie, les mouvements autochtones sont &#224; l'origine des assembl&#233;es constituantes qui ont &#233;labor&#233; les constitutions aujourd'hui en vigueur. Ces constitutions reconnaissent non seulement les peuples autochtones, mais &#233;galement leurs droits collectifs &#224; la terre, au territoire, aux ressources naturelles, &#224; l'autonomie ainsi qu'au &#171; &lt;i&gt;buen vivir&lt;/i&gt; &#187; (bien vivre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs facteurs ont conduit &#224; la situation particuli&#232;re des Autochtones au Chili. Mentionnons, entre autres, la marginalisation des peuples autochtones dans les lieux de participation politique, ce qui les affaiblit en tant qu'acteurs politiques. S'ajoute &#224; cela l'absence de strat&#233;gie d'alliance des mouvements politiques et citoyens de la soci&#233;t&#233; chilienne envers les mouvements autochtones ainsi que la m&#233;fiance que cela g&#233;n&#232;re chez ces derniers. De la m&#234;me fa&#231;on, le climat de plus en plus conflictuel qui r&#232;gne pr&#233;sentement dans les territoires des peuples autochtones, particuli&#232;rement chez les Mapuches dans le centre et le sud du pays, entrave toute possibilit&#233; de participation au processus de la constituante. En effet, parall&#232;lement au processus de consultation de ces peuples sur le nouveau texte constitutionnel, le gouvernement met en &#339;uvre une strat&#233;gie de criminalisation des protestations sociales du peuple mapuche, qui cherche &#224; d&#233;fendre les terres, les territoires et les ressources qu'il occupe et utilise traditionnellement et qui sont gravement affect&#233;s par l'expansion de l'industrie foresti&#232;re, l'&#233;levage de saumon et les projets d'infrastructures, en particulier les projets &#233;nerg&#233;tiques. Actuellement, 23 dirigeants mapuches, dont plusieurs sont des militants des droits de la personne, sont d&#233;tenus et accus&#233;s par le gouvernement d'avoir commis des d&#233;lits terroristes. Quatre d'entre eux ont entrepris une gr&#232;ve de la faim qui, au moment d'&#233;crire ces lignes, dure depuis plus de 100 jours afin d'exiger que le gouvernement retire les accusations de terrorisme et qu'ils ne soient pas jug&#233;s en vertu de lois d'exception. Ce contexte a suscit&#233; de grandes tensions interethniques et, par le fait m&#234;me, a caus&#233; une perte de confiance entre le peuple mapuche et l'&#201;tat ; confiance qui, selon les instances de droits de la personne de l'ONU et de l'OIT, est indispensable &#224; n'importe quel processus de consultation des Autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fis que doit relever la constituante au Chili sont donc multiples. Les plus importants sont ceux relatifs &#224; la construction d'un pays plurinational et interculturel qui remplacerait l'&#201;tat mono-ethnique exclusif qui pr&#233;vaut actuellement. Les exp&#233;riences comparables, non seulement en Am&#233;rique latine, mais aussi au Canada et en Nouvelle-Z&#233;lande, nous montrent que s'il n'y a pas de dialogue entre les peuples autochtones et les &#201;tats, les conflits interethniques s'aggravent. Si les probl&#232;mes soulev&#233;s plus haut sont r&#233;solus et si les peuples autochtones y participent pleinement, le processus de la constituante pourrait repr&#233;senter une occasion &#224; saisir pour transformer un &#201;tat caract&#233;ris&#233; jusqu'&#224; ce jour par l'exclusion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Berta Quintreman et feu Nicolasa Quintreman, deux soeurs qui ont lutt&#233; contre le projet hydro &#233;lectrique Ralco sur le BioBio noyant les terres des Pehuenches (Mapuche) (G&#233;rald McKenzie).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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