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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>&#171; Sans espoir, avec conviction &#187;</title>
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		<dc:date>2022-02-14T16:47:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;line Saint-Pierre</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Pierre, C&#233;line</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une revue mensuelle voit le jour &#224; Montr&#233;al en janvier 1975, sous le nom de Chroniques. Elle r&#233;sulte d'une d&#233;marche collective de r&#233;flexion r&#233;unissant une dizaine de personnes, tou&#183;te&#183;s professeurs et professeures d'universit&#233; ou de c&#233;geps en sciences sociales, lettres, et th&#233;&#226;tre, et un journaliste-essayiste. Si la revue n'adopte pas de ligne politique unique, tou&#183;te&#183;s les membres du collectif de production sont des progressistes de gauche et d'orientation th&#233;orique marxiste. &lt;br class='autobr' /&gt; Jean-Marc (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Mini-dossier-Jean-Marc-Piotte-a-80-ans-" rel="directory"&gt;Mini-dossier : Jean-Marc Piotte &#224; 80 ans&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Saint-Pierre-Celine-+" rel="tag"&gt;Saint-Pierre, C&#233;line&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3234.png?1663621307' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;595&#034; height=&#034;341&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une revue mensuelle voit le jour &#224; Montr&#233;al en janvier 1975, sous le nom de &lt;i&gt;Chroniques&lt;/i&gt;. Elle r&#233;sulte d'une d&#233;marche collective de r&#233;flexion r&#233;unissant une dizaine de personnes, tou&#183;te&#183;s professeurs et professeures d'universit&#233; ou de c&#233;geps en sciences sociales, lettres, et th&#233;&#226;tre, et un journaliste-essayiste. Si la revue n'adopte pas de ligne politique unique, tou&#183;te&#183;s les membres du collectif de production sont des progressistes de gauche et d'orientation th&#233;orique marxiste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Jean-Marc Piotte, membre de la revue &lt;em&gt;Parti pris&lt;/em&gt; (1963-1968) et moi, qui viens de quitter la revue &lt;em&gt;Socialisme qu&#233;b&#233;cois&lt;/em&gt; (1969-1974), ferons partie du collectif fondateur et publierons un article mensuellement durant deux ans (1975 et 1976). Je peux dire que durant cette p&#233;riode, Jean-Marc en est le principal inspirateur. En novembre 1976, il quittera le collectif pour des raisons personnelles tout en continuant &#224; publier de temps &#224; autre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Un ordre du jour&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Notre collectif s'est construit autour d'un constat partag&#233;. Apr&#232;s des ann&#233;es de changements dans la mouvance de la R&#233;volution tranquille des ann&#233;es 1960, nous faisions face &#224; une absence d'analyse critique des id&#233;ologies ambiantes au Qu&#233;bec. Tant le lib&#233;ralisme que le nationalisme r&#233;actionnaire et la nouvelle culture escamotaient, sous un angle qui leur &#233;tait propre, la lutte des classes et les rapports de domination se d&#233;ployant sous l'emprise de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Le collectif fera de ces constats les deux piliers conceptuels du traitement des sujets couverts par la revue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un deuxi&#232;me angle sera d&#233;velopp&#233; autour de la d&#233;construction du travail propre de ces id&#233;ologies et de la mise &#224; d&#233;couvert des forces sociales d'opposition en action sur la sc&#232;ne culturelle, sociale et politique du Qu&#233;bec de la d&#233;cennie 1970. Les analyses se devaient d'&#234;tre rigoureuses et document&#233;es, &#233;loign&#233;es du pamphlet de propagande et du discours promotionnel. Tous les membres du collectif devaient les lire et les commenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'ai demand&#233; &#224; Jean-Marc, au moment de r&#233;diger cet article, de me dire, 45 ans plus tard, ce qui l'avait motiv&#233; &#224; s'engager dans un tel projet. &#171; &lt;em&gt;Au cours des ann&#233;es 60, tout comme d'autres, je r&#234;vais d'une soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur l'&#233;galit&#233; hommes-femmes, sur une r&#233;partition &#233;quitable des richesses&#8230; une sorte d'utopie guidait notre pens&#233;e et notre action pour atteindre cet id&#233;al. Mais peu &#224; peu, j'ai perdu espoir de la voir se r&#233;aliser dans un avenir rapproch&#233;. Malgr&#233; les difficult&#233;s, je demeurais convaincu qu'il fallait aller de l'avant et trouver des moyens de poursuivre notre action dans la voie de nos convictions. Je ferai mienne cette ligne de pens&#233;e de Benedetto Croce et d'Antonio Gramsci :&lt;/em&gt; sans espoir, avec conviction. &lt;em&gt;Elle guidera ma vision du projet de la revue et encadrera les sujets dont je traiterai. Pour moi, cette revue devait suivre la ligne du temps de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise, proposer un contenu accessible qui explique les &#233;v&#233;nements et les changements au moment o&#249; ils se produisaient, et rendre compte des d&#233;bats et des luttes du moment.&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Lutte de classes et question nationale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Le choix des th&#232;mes de ses articles explicite sa vision de la mission de la revue et son int&#233;r&#234;t pour certains des acteur&#183;trice&#183;s et des terrains d'expression de la lutte des classes au Qu&#233;bec. En voici quelques exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La question des rapports entre la lutte de classes et la question nationale est l'une de ses pr&#233;occupations majeures (nos 2, 4 et 13). L'ayant d&#233;j&#224; trait&#233;e dans la revue &lt;em&gt;Parti pris&lt;/em&gt;, il y revient &#224; l'occasion de la publication d'un texte qui circule beaucoup parmi les groupes progressistes depuis 1973 sous le titre &#171; Travailleurs qu&#233;b&#233;cois et lutte nationale &#187;. Il en propose une analyse en profondeur (no 2) dans laquelle il fait ressortir une ligne directrice de sa pens&#233;e, &#224; savoir qu'il faut &#233;tablir un lien essentiel entre la lutte de classes et la lutte pour l'&#233;mancipation nationale et prioriser la premi&#232;re. Les divers projets d'ind&#233;pendance nationale des ann&#233;es 1960 et 1970, dont celui du Parti qu&#233;b&#233;cois tendent &#224; occulter &#171; &lt;em&gt;l'ennemi principal qu'est l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain &lt;/em&gt; &#187; qui domine les &#233;conomies canadienne et qu&#233;b&#233;coise de m&#234;me que le caract&#232;re antagonique des rapports entre la bourgeoisie et la petite bourgeoisie qu&#233;b&#233;coises et la classe ouvri&#232;re. Il est clair pour lui que le socialisme pr&#233;sente une &#171; &lt;em&gt;v&#233;ritable solution aux probl&#232;mes des travailleurs&lt;/em&gt; &#187; et que c'est dans ce cadre qu'il faut y int&#233;grer la lutte pour la lib&#233;ration nationale dont il reconna&#238;t toute la l&#233;gitimit&#233;. La fa&#231;on d'articuler lutte de classes et lutte de lib&#233;ration nationale a occup&#233; beaucoup de place dans les d&#233;bats et les actions des divers groupes de gauche au Qu&#233;bec durant toute cette d&#233;cennie et, par la suite, au cours des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Socialisme et syndicalisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &#192; cette &#233;poque, le socialisme prend forme sous divers mod&#232;les &#224; travers le monde. Jean-Marc consacrera certains de ses articles &#224; l'analyse de la pens&#233;e de L&#233;nine, de Staline et de Mao Ts&#233;-Toung pour en identifier les diff&#233;rences. Il questionnera les mod&#232;les &#233;conomiques de la Chine et de l'Union sovi&#233;tique et les fondements de leur mod&#232;le socialiste pour en d&#233;mystifier certains traits, tout en interpellant l'engouement de certains groupes politiques du Qu&#233;bec pour le mod&#232;le chinois (nos 5, 6/7, 8/9).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La mise &#224; d&#233;couvert des forces d'opposition aux id&#233;ologies dominantes et leurs luttes concr&#232;tes le conduira sur le terrain du syndicalisme et des luttes ouvri&#232;res au Qu&#233;bec, terreau fertile de la lutte des classes. Au cours des ann&#233;es 1970, les luttes intersyndicales, surtout dans le domaine de la construction, sont tr&#232;s vives. Il proposera (nos 11 et 12) une analyse tr&#232;s document&#233;e des travaux et des recommandations de la Commission royale d'enqu&#234;te (dite commission Cliche) sur la libert&#233; syndicale dans l'industrie de la construction (1974), tout particuli&#232;rement la corruption dans les rangs des affili&#233;s &#224; la FTQ et les moyens de l'extirper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans un autre article (no 15), il proc&#232;de &#224; une analyse tr&#232;s d&#233;taill&#233;e de l'un des plus importants &#233;v&#233;nements syndicaux de cette p&#233;riode, le second Front commun (1976). Celui-ci rassemblera les syndiqu&#233;&#183;e&#183;s des secteurs public et priv&#233; face aux gouvernements f&#233;d&#233;ral et provincial. Son analyse fait &#233;tat de la difficult&#233; de r&#233;aliser l'unit&#233; intersyndicale et du jeu de l'&#201;tat qui mise sur la division entre les organisations syndicales. &#171; &lt;em&gt;La compr&#233;hension de la nature capitaliste de classe de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois&lt;/em&gt; [le Parti qu&#233;b&#233;cois est au pouvoir] &lt;em&gt;fait ici son chemin&lt;/em&gt; &#187;, &#233;crira-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il bouclera sa contribution &#224; la revue Chroniques par un article important (nos 29-32) dans lequel il pr&#233;sente un portrait exhaustif de 40 pages sur la longue gr&#232;ve du Syndicat des professeurs de l'UQAM (SPUQ, 1976-77), dont il fut l'un des fondateurs et pr&#233;sidents au cours des ann&#233;es 1970. Cet article t&#233;moigne bien du r&#244;le qu'il s'attribuait dans la soci&#233;t&#233;, celui de l'intellectuel organique et d'acteur de premi&#232;re ligne. Il privil&#233;giera le mouvement syndical comme mouvement social porteur de la lutte des classes, et l'UQAM, o&#249; il aura &#233;t&#233; professeur de science politique pendant 32 ans, comme terrain d'intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;LA REVUE CHRONIQUES 1975&#8722;1978&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Publi&#233;e chaque mois en 2 000 exemplaires, chaque num&#233;ro comprend entre 80 et 174 pages et propose une douzaine d'articles courts, des entrevues et des informations culturelles et sociales. R&#233;dig&#233; dans un langage accessible au grand public, chaque num&#233;ro est vendu au prix de 2 $. Trente-deux num&#233;ros ont &#233;t&#233; publi&#233;s, dont le dernier &#224; l'automne 1977, (quadruple num&#233;ro, 319 pages). Le Conseil des arts du Canada ayant coup&#233; son financement, ce fut la fin de la publication.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;C&#233;line Saint-Pierre est professeure &#233;m&#233;rite de sociologie &#224; l'UQAM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Capture issue d'une entrevue r&#233;alis&#233;e par Pierre Laval Mathieu en 1980 dans le cadre d'une s&#233;rie intitul&#233;e Sociologie et sociologues qu&#233;b&#233;cois. Source : Service des ressources p&#233;dagogiques de l'Universit&#233; Laval.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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